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jeudi 30 septembre 2010

Rentrée des classes à Espace Oxygène [ici]


La rentrée se poursuit dans tous les cours de tango en Europe. A Paris, ce week-end, Claudia Rosenblatt offre deux cours gratuits aux futurs élèves désireux de découvrir son enseignement.

Cela se passera à l’Espace Oxygène où elle office depuis de nombreuses années, 4 impasse Cordon Boussard, dans le 20ème arrondissement de Paris, M° Gambetta, à 12h pour les débutants et à 13h30 pour les intermédiaires.

Claudia Rosenblatt donne aussi des cours au Théâtre de la Terre, passage du Buisson Saint Louis dans le 10ème arrondissement, et au Rétro Dancing le vendredi soir, rue du faubourg du Temple, dans le 10ème également et toujours à Paris.

Pour en savoir plus : consulter son site.

A Paris encore, les cours et les pratiques ont également repris à l’Académie Esprit Tango, rue des Vignoles dans le 20ème (M° Nation ou Avron), avec Luis Bruni et Pascale Coquigny.
Les cours reprennent la semaine prochaine chez Gisela Passi et Rodrigo Rufino, sur Paris en semaine et en région le week-end.
Liens vers les sites dans la rubrique Eh bien dansez maintenant ! dans la partie basse de la Colonne de droite.

Retour de Jean-Louis Mingalon et de sa chronique sur France Musique [ici]

C’est encore la rentrée et sur France-Musique, dans l’émission de Benoît Duteurtre, Etonnnez-moi Benoît, qui recevait cette semaine le grand baryton français Gabriel Bacquier (une merveille ! un régal aussi musicalement savoureux que le jovial accent biterrois de l’artiste), Jean-Louis Mingalon devrait reprendre ce 2 octobre sa chronique mensuelle sur le tango.

Pour l’occasion, il rendra hommage à Ruben Juárez, compositeur, bandonéoniste et chanteur, qui nous a quittés à l’âge de 62 ans à la fin du mois de mai dernier. A Buenos Aires, la mort du Negro Juárez, comme il était surnommé, a laissé un vide manifeste. Au mois d’août, là-bas, j’ai entendu parler de lui presque tous les jours.

En cette rentrée, Benoît Duteurtre fait un peu bouger la place accordée à ses chroniqueurs réguliers. La chronique tango passera vers 12h ou 12h15.

Comme l’année dernière, l’émission reste téléchargeable par podcast automatique pendant une semaine ou est disponible en écoute volontaire pendant 30 jours après la diffusion sur l’antenne.

Attention pour cette semaine : le site de l’émission sur le portail de France Musique annonce la prochaine émission pour le 9 octobre seulement, très certainement à cause du préavis de grève générale lancé par tous les syndicats français pour la journée du 2 octobre. Une déprogrammation peut donc intervenir à tout moment dans la gestion de la grille de programme de ce samedi. En cas de mobilisation social au niveau national, il est fréquent que le service public audio-visuel français fasse massivement grève.

Pour en savoir plus et/ou pour vous abonner au podcast et/ou pour écouter l’émission consacrée à Gabriel Bacquier (il dit deux ou trois vérités sur la commercialisation des festivals de musique et les prétentions des metteurs en scène d’opéra, qui valent le détour), visitez le site de Etonnez-moi Benoît sur le portail de France Musique.
Pour en savoir plus sur les chroniques précédentes, cliquez sur le mot-clé JLM dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.

jeudi 9 septembre 2010

Barrio de Tango à la Fête de l'Huma ce week-end [Livres & Disques]

Mon éditeur, les Editions du Jasmin, présente ses publications à la Fête de l'Huma, au Parc départemental de La Courneuve, tout ce week-end, à partir de demain, vendredi 10 septembre, jusqu'au dimanche 12 septembre.

Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, publié en mai dernier, sera, pendant toute la durée de la fête, sur le stand de l'éditeur, situé dans Le Village du Livre.

Divers auteurs du Jasmin sont attendus pour signer leurs ouvrages sur place tout au long du week-end. Je serai moi-même sur le stand dimanche, de 15h à 18h, et je partagerai l'espace du stand avec Aline Mechin, auteure de Mon mai 68...
Osvaldo, Dany et María de Buenos Aires, même combat ! (1)

La RATP a prévu une desserte renforcée à partir du RER Le Bourget, du métro et du tramway La Courneuve-8 mai 1945, avec une navette gratuite jusqu'au parc.

En revanche, l'entrée à la fête est, elle, payante : 19 € pour les trois jours en prévente ou 25 € sur place. L'entrée est valable pour les trois jours (ce qui en relativise le prix).

D'ici la fin de l'année, les Editions du Jasmin ont un programme très chargé de présence dans différents salons du livre sur tout le territoire français et parfois au-delà. Barrio de Tango sera systématiquement présent sur le stand du Jasmin et je m'efforcerai de vous tenir au courant de chaque manifestation, même si je n'y suis pas personnellement présente.
La semaine suivante, les Editions du Jasmin seront ainsi au Salon du Livre de Rambouillet, et j'y serai.

Pour en savoir plus sur le programme de la Fête de l'Huma, visitez le site général.
Pour en savoir plus sur les moyens de transport, visitez la page Infos pratiques du site.
Pour en savoir plus sur le programme du Village du Livre, visitez la page qui lui est consacré au milieu d'un programme culturel plus vaste, avec concerts, débats, théâtre, activités pour les enfants, stands gastronomiques etc...
Pour en savoir plus sur les publications des Editions du Jasmin, visitez le site de l'éditeur.

(1) Pour ceux qui ne saisissent pas toutes ces allusions, allez voir mes articles sur Osvaldo Pugliese (grand militant communiste devant l'Eternel), en cliquant sur son nom dans la rubrique Vecinos del Barrio, dans la Colonne de droite. Allez également consulter mes articles sur María de Buenos Aires, une oeuvre théâtrale de Astor Piazzolla et Horacio Ferrer, créée à Buenos Aires, en... mai 1968... Si, si !

samedi 17 juillet 2010

Barrio de Tango : le programme de la rentrée [ici]

A la rentrée, la présentation de mon livre, Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins (ed. du Jasmin, mai 2010) et ma série des conférences itinérantes reprendra…

Quelques dates et lieux que vous pouvez d’ores et déjà noter sur vos agendas :

Rambouillet (78) : au Salon du Livre, le dimanche 19 septembre, de10h à 18h30, Salle Patenôtre (rue Gambetta), sur le stand des Editions du Jasmin
Un lien vers le site des Editions du Jasmin est disponible en permanence dans la rubrique Cambalache (casi ordenado) (entendez "grand bazar à peu près ordonné"), dans la partie basse de la Colonne de droite.

Paris (75) : à Tango Negro, 71 rue Rochechouart, dans le 9ème arrondissement, M° Anvers, le mercredi 22 septembre à 20h.
Tango Negro est le studio de répétition et de concert de Juan Carlos Cáceres. La soirée est organisée par le maître des lieux et son épouse. Juan Carlos et Alicia sont tous deux des hôtes d’une exquise et chaleureuse cordialité…
Pour en savoir plus sur le travail de Juan Carlos Cáceres, vous pouvez visiter son site trilingue (espagnol, français, anglais), géré par Mañana (le label français qui édite ses disques) et lire les articles que je lui ai déjà consacrés sur Barrio de Tango (ce blog), notamment au sujet de la parution récente de son livre Tango negro : la historia negada (Planeta, Buenos Aires, juin 2010).

Orléans (45) : le vendredi 24 septembre au soir, dans une salle encore à déterminer.
La soirée sera organisée par l’association Tango Porteño Orléans, dont vous trouverez le site dans la rubrique Eh bien dansez maintenant ! en partie basse de la Colonne de droite.

Caen (14) : le samedi 9 octobre au soir, au Vieux Saint-Sauveur, Place Saint-Sauveur. Le Vieux-Saint-Sauveur est une ancienne église carolingienne à choeur gothique, classée monument historique en 1951. Très tôt sous la Révolution, elle a été désaffectée et, contrairement à de nombreux autres édifices religieux vendus comme biens nationaux, elle n’a jamais été réaffectée au culte par la suite. Ainsi au 19ème siècle a-t-elle servi de halle aux grains puis de halle au beurre et localement, elle est encore connue sous ces deux dénominations. Son aspect actuel est postérieur à 1837, année au cours de laquelle la flèche a été abattue par mesure de sécurité. Le Vieux-Saint-Sauveur abrite désormais des manifestations culturelles de toute sorte tandis qu’une église proche, ex-Notre-Dame de Froide-Rue, a repris son nom dès 1791.
Si donc vous n’êtes pas de Caen, ne confondez pas Vieux-Saint-Sauveur et église Saint Sauveur. Celle-ci est un bâtiment consacré et l’on n’y disserte donc pas sur le tango argentin.
La soirée sera organisée par l’association Tempo Tango en partenariat avec la librairie caennaise Au brouillon de culture, 29 rue Saint Sauveur, où vous pouvez d’ores et déjà vous procurer le livre si vous le souhaitez (pour visiter le site de la librairie, cliquez sur le lien).

Vous pouvez trouver le blog de Tempo Tango dans la rubrique Eh bien dansez maintenant ! en partie basse de la Colonne de droite.

Quelques autres dates seront établies prochainement, notamment à l’Ecole Normale Supérieure (rue d’Ulm, à Paris) au début de l’année universitaire, dans le cadre d’un cycle de conférences sur les cultures d’Amérique Latine.

Ajout du 15 septembre 2010 :

Je serai aussi présente sur les trois salons suivants, sur le stand des Editions du Jasmin bien entendu :

Gagny (93) : le 30 octobre au Salon de l’Ecrit en Aulnoye, dont ce sera la première édition, de 10h à 18h, salle Arena, 121 rue Jules Guesde. Entrée libre et gratuite. Le Salon est organisé par la Société Historique du Raincy et du Pays d’Aulnoye.

Paris  : les 12, 13 et 14 novembre (horaire exact à préciser ultérieurement), à l’Espace d’Animation des Blancs-Manteaux (4ème arrondissement), au Salon L’Autre Livre, où il est possible que je fasse une conférence un après-midi du week-end (à confirmer ultérieurement).

Maule (78) : le 28 novembre, au Salon du Livre de ce village des Yvelines, en région parisienne.

Les associations, les centres culturels et les librairies qui souhaitent organiser quelque chose peuvent prendre contact avec moi par l’intermédiaire du mail de ce blog ou avec mon éditeur, via son site, par courrier ou par mail (pour lui envoyer un mail, cliquez ici). Le mail devrait permettre de me joindre même lorsque je serai à Buenos Aires, d’ici quelques jours.

dimanche 18 avril 2010

La Suisse CEPEC s'appuie sur la Academia Nacional del Tango pour former ses étudiants au tango [à l'affiche]

Affiche diffusée par la Academia Nacional del Tango

La Suisse dont il s'agit ici n'est pas la Confédération Helvétique dont je salue les habitants, essentiellement romands mais parfois aussi alémaniques, qui viennent visiter régulièrement Barrio de Tango. La Suisse est un institut privé de formation supérieure spécialisé dans les métiers du tourisme, de la restauration et de l'hôtellerie, très réputé à Buenos Aires. La Suisse propose en particulier une formation supérieure pour les guides touristiques professionnels, qui portent le titre officiel de Guía de Turismo e Intérprete del Patrimonio Cultural y Natural. Cette école supérieure a conclu un partenariat avec la Academia Nacional del Tango pour proposer une formation (catedra) professionnalisante sur la culture du tango.

Le lancement de ce cursus de formation professionnelle supérieure aura lieu à la Esquina Carlos Gardel, demain, lundi 19 avril 2010, à 12h30.

Le programme pédagogique affiché par La Suisse est très ambitieux et couvre un champ particulièrement complet et exigeant de la matière : il est présenté en détail sur le site de La Suisse Cepec, que je vous invite à consulter. Il s'agit donc de donner aux étudiants, qui seront les acteurs qualifiés du secteur touristique de Buenos Aires et de la Province, une connaissance solide du tango (qui, pour l'heure, fait encore défaut dans le secteur).

Le cursus propose 5 niveaux différents de formation :

- un choix de cours pour le grand public pour auditeurs libres,

- sept séminaires de culture tanguera, dont le premier, Historia social del Tango est confié à Alejandro Molinari, de la Academia Nacional del Tango,

- un cursus qualifiant (capacitación) destiné aux futurs ou actuels guides touristiques professionnels, qui devront, pour recevoir l'attestation de formation conjointe de La Suisse et de l'ANT, suivre 3 séminaires parmi les 4 proposés ainsi que l'un des 4 cours (cursos) retenus pour ce niveau,

- une maîtrise (magisterio) de tango (formation diplômante), pour laquelle les étudiants devront avoir suivi 4 des sept séminaires proposés, dont obligatoirement celui sur l'histoire sociale du tango ou celui sur l'histoire générale du tango, et 4 des 12 cours proposés

- et enfin une école de tango danse, animée par les professeurs de tango qui exercent à la Academia Nacional del Tango, et où il sera proposé aux étudiants de s'initier à la danse pour que les guides touristiques sachent au moins se débrouiller sur la piste (1) et puissent faire bonne figure avec les touristes qu'ils accompagneront, ce qui va dans le même sens que ce qu'annonçait Hernán Lombardi, le Ministre de la Culture et du Tourisme de Buenos Aires, lorsqu'il inaugurait, chez Mora Godoy, l'année dernière, le futur Ballet-Escuela de Tango de Buenos Aires (2) : il est nécessaire d'élever le niveau technique et esthétique du tango-danse dans la ville de Buenos Aires, notamment après l'inscription du tango au Patrimoine de l'Humanité (3).

Bien entendu, cette initiative, venant tant d'une école privée comme La Suisse que d'une institution officielle comme la Academia Nacional del Tango, ne manquera pas de faire hurler une certaine gauche tanguera et portègne, celle-là même qui conteste précisément l'inscription du tango au patrimoine de l'humanité de l'UNESCO, parce que celle-ci ne répondrait qu'à une seule finalité, l'exploitation touristique du tango (4).

Le lieu de cette présentation est symbolique : la Esquina Carlos Gardel se situe à deux pas du bâtiment de l'Abasto, lieu touristique s'il en est à Buenos Aires, l'ancienne halle centrale aux fruits et légumes qui a donné son nom (Abasto = les halles) à un coin de la capitale qui chevauche les quartiers de Balvanera, Almagro (au sud) et Recoleta et Palermo (au nord). C'est dans ce quartier que Carlos Gardel a vécu toute son enfance et une bonne partie de sa vie d'adulte. Et c'est dans cette bâtisse qu'occupe aujourd'hui la Esquina Carlos Gardel que le grand artiste a fait ses débuts comme chanteur. C'était alors une gargotte, le bar Cuatro Chanta, fréquentée par les forts des halles qui travaillaient à côté. Il y imitait les chanteurs lyriques du Teatro Colón, qu'il observait souvent le soir, car au milieu de mille métiers peu qualifiés, il aidait les machinistes et assurait la claque dans la salle quand le besoin s'en faisait sentir. En paiement de son numéro d'imitation, le patron du Chanta Cuatro, que Gardel aimait comme un père de substitution, lui offrait un repas gratuit. A l'époque, Gardel était un jeune homme obèse qui pesait 120 kg... (5)

A Buenos Aires, la Esquina Carlos Gardel est aujourd'hui un cena-show (6), un de ces lieux emblématiques et luxueux de l'exploitation commerciale du tourisme et du tango pour touristes (le tango for export) et cela se voit du premier coup d'oeil sur la page d'accueil de son site (en anglais). Le danseur Juan Carlos Copes s'y produit très régulièrement, malgré ses 80 printemps, et la danseuse Dolores de Amo en est la chorégraphe attitrée. Contrairement à la maison soeur, la Esquina Homero Manzi, qui se trouve dans le quartier de Boedo, la Esquina Carlos Gardel n'est plus un café fréquenté le jour par les Portègnes. L'établissement de l'Abasto ne propose que des spectacles avec repas et n'accueille que des touristes et des manifestations de prestige.

Ce sera le cas lundi midi.

La Suisse, qui est à Buenos Aires ce que les grandes écoles de commerce sont en Europe, va sortir ses plus beaux atours pour se lancer dans un projet de tourisme durable à haute valeur culturelle ajoutée...

Acceptons-en l'augure !

Pour en savoir plus :
Visitez le site de La Suisse CEPEC
Visitez le site de la Esquina Carlos Gardel
Le site de la Academia Nacional del Tango se trouve dans la Colonne de droite (partie basse, sur fond blanc), dans la rubrique Les Institutions.
Pour accéder aux autres articles publiés dans Barrio de Tango sur les activités de la Academia, cliquez sur son nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.

(1) Aussi curieux que cela puisse nous paraître à nous autres Européens, pour qui le tango est essentiellement une danse, ce en quoi nous nous trompons du tout au tout, beaucoup d'Argentins et même de Portègnes sont incapables de faire un seul pas sur une piste de tango. Et le niveau que montrent les premières épreuves du Mundial de Tango dans la catégorie Tango Salón l'indique assez bien : ce n'est pas brillant. Or parmi les candidats, il y a une majorité d'Argentins. En fait, si le style dansé de l'Argentin lambda est différent de celui (ou de ceux) de l'Européen, le niveau technique de l'un est assez proche du niveau technique de l'autre. C'est au-delà de cette moyenne que la différence éclate à l'oeil nu.
(2) A ce propos, lire
mon article du 30 octobre 2009 sur le lancement du Ballet-Escuela de Tango de Buenos Aires.
(3) Et il faut avouer que ce que l'on voit, surtout dans les lieux de Buenos Aires qui sont connus et fréquentés par les touristes, est assez souvent déplorable, comme aux premières phases du Mundial de Tango, mais en pire. C'est laid, c'est techniquement faiblard, c'est souvent du niveau des débutants ici en Europe. En fait, en ce qui concerne le tango danse, n'importe qui se donne en spectacle dans la rue (en spectacle au chapeau), voire dans les cafés, en spectacle payant et c'est pire, en se faisant passer pour danseur de tango. Et la plupart des touristes n'y voient que du feu...
Sur l'inscription du tango au Patrimoine de l'Humanité, lire
mon article du 30 septembre 2009.
(4) J'ai peur qu'en cela cette gauche, qui se veut populaire, progressiste et anti-capitaliste, ne fasse finalement que figer la situation présente et empêcher le développement de la culture, qui ne peut exister, me semble-t-il, sans un développement économique qui ne peut, à son tour, se passer de rentabilité, de productivité et de profit.
Sur ce thème ultra-polémique du bien fondé ou non de l'inscription du tango au Patrimoine de l'Humanité et de l'exploitation commerciale du genre qui en serait la finalité cachée, vous pouvez vous reporter à mes autres articles, notamment celui que j'ai consacré à une table-ronde du récent 1er Festival du Tango Indépendant.
L'ensemble des articles sur ce sujet est rassemblé sous le mot-clé TPH (pour Tango Patrimoine Humanité) dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, situé sous le titre de chaque article.
A lire tout particulièrement l'article du 6 mars 2010 sur l'interview accordée par Juan José Mosalini à Página/12 et celui du 20 février 2010 sur l'interview croisée de Guillermo Fernández, Adriana Varela et Mora Godoy en février, dans le même quotidien.
(5) Carlos Gardel n'est venu qu'assez tard au tango, en 1916 seulement, à l'âge de 26 ans, lorsque Pascual Contursi est venu le trouver pour lui proposer la letra qu'il avait écrite sur la mélodie de Lita, un tango instrumental du pianiste Samuel Castriota, qu'il n'avait pas consulté avant de coller sur cette partition son histoire, fort émouvante et éminemment triste, d'un jeune ouvrier que sa bien-aimée a quitté pour un plus riche. En 1916, Carlos Gardel était un interprète et un auteur-compositeur à succès de folklore pampero et non pas de tango (le tango de qualité n'existait pas encore vraiment). Il se produisait tous les soirs devant le public huppé du restaurant El Armenonville dans le quartier de Palermo (1910-1920). Que Gardel adoptât Mi noche triste, la version chantée de Lita, et c'était sans doute pour Pascual Contursi l'assurance que Castriota se calme et abandonne ses menaces de poursuite judiciaire. Et Gardel accepta. Il enregistra même ce tango en 1917. Quelques mois plus tard, il avait abandonné le folklore pour se consacrer au tango. On peut dire de lui qu'il a inventé ce qui allait devenir le tango-canción, grâce à son choix pertinent des meilleurs poètes populaires de son temps, comme Celedonio Flores, dont il adopta très vite le premier poème publié, Por la pinta, qu'il rebaptisa Margot, Enrique Cadícamo, Homero Manzi, Enrique Santos Discépolo et plus tard, Alfredo Le Pera (pour lire mes articles liés à ces poètes, cliquez sur les raccourcis à leurs noms situés dans la rubrique Vecinos del Barrio, section Toujours là, dans la partie haute de la Colonne de droite, sur fond gris).
(6) Il y a donc deux manières de donner un sens cette nouvelle initiative selon qu'on voit le verre à moitié plein ou à moitié vide. La vision pessimiste sera celle de la gauche militante qui voit la main du capitalisme et de l'exploitation commerciale partout et pensera que cette initiative sert les intérêts de Mauricio Macri, l'actuel chef (libéral) du Gouvernement de la Ville Autonome de Buenos Aires, et de ses pairs, chefs d'entreprise comme lui. La vision optimiste soulignera qu'il s'agit d'élever le niveau culturel des professionnels au service des touristes et donc d'affiner et d'améliorer à terme la perception que ceux-ci pourront avoir sur place de la réalité du tango.
A titre personnel, le contenu très approfondi et solide du programme détaillé sur le site de La Suisse (qui reprend rubrique par rubrique le programme de culture générale dispensé à la Academia Nacional del Tango, au grand public et aux artistes professionnels) me fait pencher du côté de l'optimisme, même si je suis sans illusion sur le peu d'authenticité que conserveront longtemps encore les spectacles vendus (à prix prohibitifs) dans les cena-shows de Buenos Aires.
De l'exploitation touristique de mauvaise qualité culturelle, il y en aura toujours et partout. Il y en a en Grèce à côté des plus beaux sites antiques. Il y en a en Italie dans les hauts-lieux de l'histoire romaine et italienne. Il y en a à Paris juste à côté du Louvre et de Notre-Dame. Il y en avait dans la Cour des Gentils du Temple de Jérusalem, au 1er siècle ! Il n'y a donc aucune raison que Buenos Aires et le tango échappent au sort commun. Ceci étant concédé à la vulgarité qui plaît à une partie du genre humain, l'histoire montre que partout et en tout temps, l'école, l'Université et la formation professionnelle ont toujours permis à un pays, une région ou une ville d'élever le niveau culturel et intellectuel général de sa population et d'améliorer ainsi, parfois à un rythme rapide, la qualité des activités économiques, celle du secteur touristique incluses, et que tout le monde y gagne, les professionnels et les clients, y compris quand ils sont étrangers de passage. A Paris même, le secteur touristique a même fini par se mettre à l'anglais, en commençant par les couches économiques supérieures (palaces et magasins de luxe) et en descendant peu à peu vers des couches de plus en plus populaires, jusqu'à arriver récemment dans plusieurs stations de métro, où il y a encore quelques années, il n'était pas même pas imaginable qu'un guichetier ou un contrôleur parle un seul mot d'anglais !

mercredi 31 mars 2010

Premier Plenario de l’année 2010 en hommage à Juan Carlos Cobián [à l’affiche]

Ce premier Plenario aura lieu lundi 5 avril 2010, à 19h30, comme d’habitude, au 1er étage du siège de la Academia Nacional del Tango, Avenida de Mayo 833. En Argentine, le Vendredi Saint est férié (comme en Espagne, et en Alsace aussi), mais pas le Lundi de Pâques.

Comme d’habitude pour un Plenario, l’entrée sera libre et gratuite dans la limite des places disponibles.

La rencontre se tiendra autour de la figure du compositeur et pianiste Juan Carlos Cobián. Le tango rituel de la soirée sera La Casita de mis viejos, de Juan Carlos Cobián et Enrique Cadícamo pour le texte, dans un enregistrement instrumental qu’en fit au piano Lucio Demare, autre compositeur et pianiste de grand talent (1).

Horacio Ferrer prononcera une conférence sur la personnalité de Juan Carlos Cobián, décédé en 1953. Suivra ensuite une présentation à deux voix sur sa vie par Walter Piazza et Gabriel Soria.
Au cours de ce Plenario, seront reçus au sein de la Academia en qualité d’Académicien de plein droit (académicos titulares) Fernando Finvarb, qui occupera le fauteuil La Cumparsita, Osvaldo Minian, qui occupera le fauteuil Responso et Oscar Fresedo qui occupera le fauteuil Vida Mía (2).

Quant à la partie artistique, elle sera confiée au Maestro Raúl Garello, compositeur et bandonéoniste parmi les plus grands de l’actualité. Au cours de cette deuxième partie de la rencontre, la Academia Nacional del Tango présentera la Selección de Tangos de Juan Carlos Cobián, avec des arrangements et sur une idée de Aníbal Troilo (1914-1975), avec une orchestration dû à Argentino Galván (1913-1960), dans une interprétation de la Orquesta del Tango de la Ciudad de Buenos Aires, placée sous la direction de son fondateur, Raúl Garello (3).

Comme si vous étiez là-bas, grâce à Todo Tango :
La Casita de mis viejos, par l'orchestre de Héctor Artolas, avec le chanteur Jorge Vidal
Responso, dans une interprétation de l'orchestre de Atilio Stampone
Vida mía, par l'orchestre de Osvaldo Fresedo, avec le chanteur Héctor Pacheco
La Cumparsita interprétée par le Sexteto Mayor en 1998

Pour aller plus loin :
Cliquez sur les noms des artistes qui vous intéressent dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus, pour accéder à l’ensemble des articles qui leur sont consacrés sur Barrio de Tango.
Dans la partie basse de la Colonne de droite (sur fond blanc), vous pouvez aussi visiter les sites de Raúl Garello (rubrique Troesmas) et de la Academia Nacional del Tango (rubriques Les institutions).

(1) Lucio Demare est le compositeur entre autres chefs d’oeuvre de Malena, sur un texte de Homero Manzi. La Casita de mis viejos comme Malena font partie des 231 letras que je présente, dans le texte original et en français, dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, à paraître courant avril aux Editions du Jasmin (France).
(2) Les Académiciens en titre occupent des fauteuils qui portent des titres de grands tangos et de grandes milongas. La Cumparsita se passe de commentaire. Responso est un instrumental composé par Aníbal Troilo pendant la veillée mortuaire de son ami, Homero Manzi (responso, c’est l’absoute, cette prière qu’on dit généralement au cimetière à l’issue de funérailles catholiques. Le mot a le sens du mot requiem en Europe, où la pratique des absoutes n’est connue que des fidèles très pratiquants et particulièrement informés des règles liturgiques. Vida mía (ma vie) est un tango de Osvaldo Fresedo, sur un texte de Emilio Fresedo.
(3) Horacio Ferrer vient de publier l’année dernière une biographie de Aníbal Troilo (voir
mon article du 19 septembre 2009 sur la présentation de cet ouvrage à Buenos Aires). Argentino Galván a donné son nom, à titre posthume, au programme de formation professionnelle musicale dispensée par la Academia Nacional del Tango (voir mon article du 27 février 2010, sur la rentrée 2010 du Conservatorio Argentino Galván à ce sujet).

vendredi 19 mars 2010

La rentrée de la OTFF aura lieu demain [à l'affiche]

C'est avec une citation très célèbre (à Buenos Aires) de Aníbal Troilo que la Orquesta Típica Fernández Fierro annonce son retour au CAFF (el Club Atlético Fernández Fierro), leur salle de la rue Sánchez de Bustamante, à la hauteur du 764, dans le quartier de l'Abasto.

Les prix sont les mêmes que l'année dernière : 35 $ la place à table, 25 $ sans table.
Et ce premier concert de l'année aura lieu demain, samedi 20 mars 2010, à minuit.
Voici cette célèbre citation de Pichuco :
Alguien dijo una vez que yo me fui de mi barrio.
¿Cuándo?... ¿Cuándo?...
Si siempre estoy llegando...
Aníbal Pichuco Troilo, el Gordo

Quelqu'un a dit un jour que j'avais quitté mon quartier.
Quand donc ? Quand donc ?
Si je ne fais qu'y revenir
...
(traduction Denise Anne Clavilier)

Pichuco était un petit gars de l'Abasto. Il était né le 11 juillet 1914 dans ce coin de Buenos Aires, à cheval entre Balvanera, Almagro, Recoleta et Palermo. Il y a passé toute son enfance, dans la maison de sa mère, restée veuve très jeune, alors que ses deux fils étaient encore hauts comme trois pommes. Il avait quitté le domicile maternel à son mariage avec Zita, le grand amour de sa vie. Le couple était parti s'installer à la Recoleta. Mais Pichuco était toujours présent à l'Abasto. Il y rendait au moins visite à sa mère tous les jours.
Pour mieux connaître cet orchestre qui est un des plus fameux de Buenos Aires aujourd'hui, cliquez sur le sigle OTFF dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessous, ou retrouvez-les en cliquant sur leur raccourci dans la rubrique Vecinos del Barrio, section Les orchestres. Ce clic sélectionnera automatiquement tous les articles que j'ai affecté du mot-clé OTFF.
Le lien vers le site de la OTFF se situe dans la partie basse de la Colonne de droite, rubrique Grillons, zorzales et autres cigales.

dimanche 14 mars 2010

Pour apprendre à danser le tango à Montevideo [Actu]

A Montevideo aussi, on danse le tango. L'une des associations les plus dynamiques de la capitale uruguayenne démarre son année en ce moment même : Joven Tango, au Centro Cultural Mercado de la Abundancia.

L'affiche parle d'elle-même. Je la laisse donc parler.


Pour contacter Joventango Uruguay :
Centro Cultural Mercado de la Abundancia
Aquiles Lanza 1290 esq. San José CP 11 100
Site internet
Téléphone (sur place) : 901.55.61

mercredi 3 mars 2010

L'atelier d'écriture de Raimundo Rosales à Colegiales recrute pour l'année [Actu]

La rentrée scolaire a eu lieu lundi à Buenos Aires, correctement, sans grève des professeurs qui ont trouvé un accord salarial la semaine dernière. Les inscriptions sont en cours à la Academia Nacional del Tango et c'est la même chose dans les Centres culturels de quartier, qui reprennent leurs activités, la plupart du temps gratuitement.

C'est le cas de cet atelier d'écriture qu'anime depuis 25 ans le poète et chroniqueur culturel Raimundo Rosales au Centre culturel Colegiales, rue Conde 943 (dans le quartier Colegiales). Cet atelier se tiendra les jeudis de 18h30 à 20h30 à partir du 25 mars. Les inscriptions auront lieu du 8 au 19 mars, de 18h à 20h. Et c'est gratuit.
Le programme est le même que l'année dernière (voir mon article du 18 mars 2009).

Il s'agit donc d'un atelier d'écriture de chanson, qui couvre tous les genres : tango, folklore, rock et musique populaire en général. Le programme comporte une partie théorique et une partie pratique et s'adresse à toute personne qui se sent le goût d'écrire, qu'elle connaisse ou non la musique. Les différents thèmes qui seront abordés au cours de l'année :

Structure et langage, écriture de chanson, ressources et techniques, le travail avec les musiciens (les compositeurs), des analyses de différents auteurs, des exercices de créativité, la maîtrise du langage, l'utilisation de la métaphore et des autres figures littéraires, les lois de la poésie, les rimes internes, la musique des mots, le sonnet (forme traditionnelle de poème inventée à la Renaissance de deux quatrains et deux tercets, soit 14 vers en tout et pour tout), le haiku (une forme japonaise de poème extrêmement bref) et la copla (une forme traditionnelle hispanique de chanson en octosyllabes).

Les personnes intéressées parmi les lecteurs de Barrio de Tango (le blog) peuvent s'adresser directement à Raimundo Rosales, en espagnol (par mail).

Pour en savoir plus sur les propositions d'atelier d'écriture, cliquez sur le mot-clé Taller Letristas dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus, pour accéder à l'ensemble des articles, y compris celui-ci, consacrés à ces cours à Buenos Aires.

samedi 27 février 2010

Seminario Argentino Galván 2010 : inscriptions ouvertes [Actu]

C'est la rentrée à Buenos Aires et ça se voit ! Le Conservatoire de tango Argentino Galván, qui est l'école de formation de la Academia Nacional del Tango pour tous les métiers de la musique, recrute actuellement ses élèves pour la nouvelle année scolaire, en deux quadrimestres, qui s'ouvre lundi (pour les enfants).
Tous les métiers sont donc concernés : arrangeur (c'est très important, les arrangements originaux des partitions, dans la tradition du tango, c'est une des sources de l'extraordinaire variété qui règne dans les interprétations), bandonéoniste, pianiste, guitariste, violoniste, flûtiste, contrebassiste et chanteur.

La liste des enseignants est elle aussi très impressionnante. Jugez plutôt :
Aníbal Arias, Osvaldo Montes, Roberto Siri, Fabián Bertero, Juan Trepiana, Oscar De Elía, María José Mentana. Alejandro Martino, Ramón Maschio, Pedro Ochoa, Julián Hasse, Emiliano Greco, Virginia Tenconi et Julián Graciano (et encore, la liste n'est pas complète).

Cette formation avait déjà fait l'objet d'autres articles lors de la rentrée 2009. Je vous invite donc à aller y jeter un coup d'oeil pour de plus amples informations : mon article du 23 décembre 2008.

En cliquant dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, sous le titre de cet article, sur le mot-clé Academia Nacional del Tango, vous pouvez accéder à l'ensemble des articles de ce blog sur le vaste programme d'activités culturelles et pédagogiques de cette insitution phase à Buenos Aires, qui fêtera en juin son 20ème anniversaire.

jeudi 25 février 2010

Reprise des inscriptions pour le Séminaire d’écriture Homero Expósito [Actu]

Le Séminaire d’écriture Homero Expósito est la formation proposée par la Academia Nacional del Tango à Buenos Aires aux artistes qui écrivent ou veulent écrire des tangos. La formation est confiée à Alejandro Martino et Alejandro Szwarcman. Elle se présente sous forme de cours et de travaux pratiques en soirée réservés aux inscrits et de conférences, généralement ouvertes au public (mais à entrée payante).

Le séminaire commencera le jeudi 18 mars à 19h. Les inscriptions sont ouvertes au siège de la Academia, au 3ème étage (Avenida de Mayo, 833) depuis le 15 février et jusqu’au 17 mars du lundi au vendredi de 16h à 20h.

L’année dernière, ce séminaire avait été décrit déjà dans Barrio de Tango, donc je vous renvoie à ce premier article et à celui que j'ai consacré à la soirée de présentation des oeuvres des étudiants en décembre 2009. En cliquant sur le mot clé Taller Letristas, dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, qui se situe sous le titre de chaque entrée de ce blog, vous pouvez aussi accéder à tous les articles déjà publiés sur ce site au sujet des programmes de formation très pointus proposés à Buenos Aires par des poètes et des meilleurs, au sein d’une institution aussi prestigieuse que la Academia comme dans un simple centre culturel de quartier...

Pour embrasser d’un seul clic toute l’activité de la Academia Nacional del Tango à travers les articles de Barrio de Tango, cliquez sur son nom dans le bloc Pour chercher. La Colonne de droite dans sa partie supérieure vous donne aussi un certain nombre de raccourcis thématiques qui vous permettent de vous orienter au milieu des nombreux articles de ce blog.

vendredi 12 février 2010

Le coût de la vie en Argentine évalué avant la rentrée de mars [Actu]

Sur cette une, voir la note 3
C’est le nouveau sujet dont la presse argentine s’occupe beaucoup, après le feuilleton de la Banque Centrale et de son Gouverneur révoqué et démissionnaire (voir mes articles sur cet épisode récent) : le coût de la vie a fortement augmenté dans le pays pendant l’été, alors que la rentrée des classes se profile à l’horizon (début mars).

Le dossier a été ouvert dans les journaux au début de la semaine quand le minimum vieillesse a été revalorisé, conformément à son indexation qui évite aux retraités de voir fondre leurs revenus et de mourir de faim. En l’occurrence, la valeur plancher des pensions de vieillesse a été relevée de 8,21 % et passe donc en mars de 827 à 895 pesos argentins ($) par mois. A cette pension minimale, s’ajoute un petit pécule distribué, sous plafond de ressource, par l’Institut national de services sociaux aux retraités, dit PAMI d’après son slogan (Para una Argentina con Mejores Ingresos, pour une Argentine avec de meilleurs revenus). L’addition des deux fait un revenu de 940,15 $, soit en tout une augmentation de 29,7 %. La grande majorité des retraités couverts par le système national de retraite par répartition servi par l’ANSeS, l’organisme de sécurité sociale du pays, ont droit à l’allocation du PAMI.

Mais que ce pourcentage qui nous paraît mirobolant, à nous, Européens, ne vous trompe pas : pour vivre avec 940,15 $ par mois en Argentine, il faut vivre en ascète.

D’autant que le coût de la vie continue à grimper inexorablement et qu’on observe depuis quelques jours une augmentation très sensible du prix de la viande, en particulier sur le marché en gros du quartier de Liniers. En fonction des différents critères retenus par les statisticiens, le prix de la viande a augmenté entre novembre et févier de 30 à 50%. La Présidente, qui ne peut nier l’évidence (1), a estimé que cette hausse résultait de la conjonction de deux facteurs, de fortes pluies qui, en ravageant plusieurs régions agricoles, ont renchéri la production et une spéculation de nature saisonnière (en été, les commerçants augmenteraient leurs prix pour profiter de la manne touristique). Son explication a fait s’esclaffer le sieur Buzzi, l’un des principaux responsables du puissant secteur agricole, qui a traité les propos présidentiels d’explications tragicomiques. En sa qualité de président de la FAA (fédération agricole argentine), l’un des deux gros acteurs du secteur avec la Sociedad Rural (dite La Rural), Buzzi est aussi un opposant traditionnel du péronisme et un opposant personnel à la politique de Cristina Kirchner, depuis l’arrivée de celle-ci au pouvoir et sa tentative d’imposer des taxes indexables sur les exportations de soja, dont l’expansion de la culture cause toutes sortes de catastrophes économiques, alimentaires, sociales et écologiques du nord au sud du pays.

Or il se trouve que l’on remarque aussi à la pompe une hausse conséquente des carburants (naftas), notamment à Buenos Aires. Cette hausse serait en ce début d’année de 3,8 à 5,3% pour les carburants de haut de gamme et juste un peu moins pour les produits de premier prix. Et il se trouve aussi que les parents d’élèves, qui font actuellement les courses dans les librairies (2), se plaignent que le prix des fournitures scolaires (útiles) ait battu cette année son record de saut en hauteur enregistré l’année dernière. Comme c’est le quotidien La Nación, de l’opposition, qui s’en fait l’écho, l’article peut être lu de deux manières : d’un côté, le journaliste souligne les ratés du Gouvernement incapable de juguler l’inflation, de l’autre il ne donne la parole qu’aux commerçants, lesquels défendent leur politique de prix en accusant le client particulier de se plaindre de manière incohérente : ces parents qui trouvent chers les crayons et les cahiers n’hésitent pourtant pas à dépenser beaucoup plus sur des factures d’Internet haut débit.

Voici sur le sujet une sélection d’articles sur deux jours (mardi 9 et mercredi 10 février 2010) où vous verrez s’exprimer des points de vue politiques différents entre droite et gauche, opposition et majorité.

Lire l’article de Página/12 sur la revalorisation des retraites, avec le jeu de mot intraduisible de d'habitude (3)
Lire l’article de Clarín sur la même question
Voir la vidéo de La Nación sur le sujet
Lire l’article de Página/12 sur le cours de la viande
Lire l’article de Clarín sur l’augmentation des prix
Lire l’article de La Nación sur les cours du carburant et de la viande
Lire l’article de La Nación sur l’augmentation du cartable scolaire moyen
Visiter le site du PAMI
Visiter le site de l’ANSeS

(1) Même son plus fidèle soutien, le truculent ancien camionneur et actuel patron de la CGT, a reconnu que l’inflation était une réalité bien tangible.
(2) En Argentine, les fournitures scolaires sont distribuées par les librairies-papeteries ou les papeteries, généralement des magasins de proximité à petite surface (mais on peut trouver des grandes surfaces dans des zones commerciales, qu’on appelle là-bas les shoppings). On ne trouve pas de rayon papeterie dans les supermarchés. Pas la moindre enveloppe, ni le moins crayon, ni le plus minuscule rouleau de ruban adhésif. On ne trouve en supermarché que de l’alimentation, de la vaisselle, du tout petit électroménager, du linge de table, des produits ménagers et des produits d’hygiène corporelle.
(3) La Une de Página/12 (en illustration) montre une retraitée qui joue aux cartes en annonçant "8 – 21 je paye". Comme vous le constatez, elle a en main un jeu de cartes dit espagnol (un jeu qui compte en tout 48 cartes, réparties en 4 enseignes traditionnelles dont les noms sont non pas pique, coeur, carreau et trèfle, mais espadas, c'est-à-dire épées, copas, c'est-à-dire coupes, oros, c'est à dire écus, et bastos, c'est-à-dire massues). C'est ce qui complique tant la tâche des traducteurs quand un tango fait appel au jeu dans ses métaphores poétiques (Monte Criollo, Barajando, Canchero...). Il existe en Argentine un jeu de cartes très populaire, un jeu de hasard qui donne lieu à des parties ultra-rapides d'une à deux minutes que l'on enchaîne les unes derrières les autres. Cela s'appelle le Siete y Media (sept et demi). Cette dame joue au siete y media, vous le voyez au fait qu'elle cache une carte (ce qui est la règle du jeu : chaque participant montre ses cartes aux autres, sauf une, qui doit rester cachée). Chaque joueur dépose sa mise et une personne, la banca, distribue une carte à chaque joueur, sans la montrer, et tire elle-même une carte. Le joueur pour lequel cette première carte est un habillé (sota, caballo, rey...) a déjà ½ point (d'où le nom de 7 et ½) et peut demander à la banca une autre carte. Tant qu'il reçoit des habillés, il peut encore demander des cartes et chaque habillé lui vaut d'avoir le droit de jouer comme s'il était autant de joueurs qu'il a d'habillés. La banca est la dernière à tirer sa carte et la première à abattre son jeu. Le joueur qui a plus qu'elle sans dépasser la valeur de 7,5 gagne. Celui dont le jeu est supérieur à 7,5 gagne le double de sa mise. Le jeu de notre retraitée se compose d'une carte de 8 oros, une carte de 10, la Sota (valet ou écuyer) de ce qui semble bien être les copas et une carte de 11 points, le caballo (cavalier, comme on dit aux échecs), incontestablement le caballo des espadas. Avec une telle une, comment voulez-vous que les étrangers comprennent quelque chose à Página/12 !

mardi 9 février 2010

Inscriptions ouvertes pour le Lady’s Tango Festival [à l’affiche]

La rentrée se profile à l’horizon pour la Academia Nacional del Tango à Buenos Aires.

Du 8 au 14 mars prochain, s’y célèbrera le Lady’s Tango Festival, un festival de danse consacrée au rôle de la femme dans le tango.

Cinq professeurs animeront cours, ateliers et pratiques : Vilma Vega, Corina De La Rosa, Lorena Ermocida, Natalia Hills et Johana Copes, qui est l’organisatrice et l’initiatrice de la manifestation (elle est aussi l’un des professeurs de tango danse résidentes à la Academia Nacional del Tango).
La semaine comptent trois invités spéciaux : la danseuse Milena Plebs, qui se produit actuellement au Teatro Presidente Alvear (voir mon article sur Tramatango, ce spectacle en cours) et les danseurs (il faut bien des hommes, même minoritaires !) : Julio Balmaceda et Gabriel Missé.

Le festival s’ouvrira le 8 mars, institué Journée internationale de la Femme. A cette occasion, il y aura aussi un défilé organisé par les grandes marques de vêtements et accessoires de tango et une soirée avec dîner et spectacle dans le célèbre Cena Show Piazzolla Tango, dans la rue Florida.

Capture d'écran du site du Festival


Les inscriptions sont ouvertes d’ores et déjà.

Pour en savoir plus :
Visiter le site du Lady’s Tango Festival