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lundi 2 décembre 2019

Reconnaissance à Héctor Larrea, un grand de la radio argentine [à l’affiche]

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Ce soir, lundi 2 décembre 2019, pour son avant-dernier plenario de l’année, la Academia Nacional del Tango remettra un Gobbi de Oro à Héctor Larrea, un grand producteur et animateur de radio. C’est aussi un grand serviteur du tango, qui connaît très bien les artistes et les met en valeur.

Ce soir, il recevra le Gobbi d’or, la distinction que l’académie a inventé sur l’initiative de son fondateur, Horacio Ferrer. Ce sera son successeur, le président Gabriel Soria, qui le lui remettra au cours de cette soirée, d’accès libre et gratuit, ouverte à tous au siège de l’institution, juste à côté du Gran Café Tortoni, sur Avenida de Mayo.

Le tango rituel est un morceau composé par Osvaldo Pugliese, décédé en 1995, et qui porte le nom du producteur ! Il a été enregistré par l'orchestre Color Tango.

jeudi 1 novembre 2018

Nicolás Ledesma demain au Palacio Carlos Gardel [à l'affiche]


Le pianiste et compositeur Nicolás Ledesma se produira demain soir, vendredi 2 novembre 2018, à la Academia Nacional del Tango, Palacio Carlos Gardel, avenida de Mayo 833, à 19h30 dans le cadre des concerts Maestros en Concierto.

L'une des manifestations payantes proposées par l'institution.

Participation aux frais : 250 $ ARG par personne.

Pour en savoir plus sur l'artiste, cliquez sur son nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, sous le titre.

mercredi 16 mai 2018

Hernán Genovese et Nicolás Ledesma se produisent au Borges [à l'affiche]

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Le chanteur Hernán Genovese et le pianiste Nicolás Ledesma, tous deux aussi compositeurs, présenteront le samedi 19 et le dimanche 20 mai 2018, à 19h, un nouveau spectacle commun, intitulé Pampa y París, au jazz club Borges 1975, dans la rue homonyme, dans le quartier de Palermo.

Il est conseillé de réserver.

Entrée : 200 $ ARG (notons qu'actuellement le cours de l'euro en Argentine donne un 1 € pour environ 30 $).

Prévoir les consommations en plus.

Vous pouvez découvrir l'établissement à travers sa page Facebook.

mercredi 7 juin 2017

Eleonora Barletta et Horacio Romo chez Jacqueline Sigaut samedi [à l'affiche]


La chanteuse et parolière Eleonora Barletta et le bandonéoniste Horacio Romo se produiront en duo ce samedi 10 juin 2017 à 21h30 chez Jacqueline Sigaut, qui reçoit dans son quartier de Palermo. Ils ont eux-mêmes invité le pianiste Nicolás Ledesma.

Pour participer, il faut respecter les consignes contenus dans le trac numérique ci-dessus.

Pour découvrir un peu plus Eleonora Barletta, consulter sa fiche sur le site encyclopédique argentin Todo Tango. L'artiste dispose également de son propre site Internet.

lundi 5 décembre 2016

Une semaine entière sous le signe du tango au CCK [à l'affiche]


Le Centro Cultural Kirchner (CCK), qui dépend du ministère des médias et contenus publics au niveau national, propose tout au long de la semaine, de demain mardi jusqu'à dimanche 11 décembre 2016, un large programme de concerts instrumentaux, de récitals de chanteurs et chanteuses (Amelita Baltar, María Graña et Raúl Lavié, excusez du peu), cours de danse et grande milonga de clôture le 11 à partir de 18h.

Comme toujours, il faut retenir ses places à l'avance, dans des conditions qui ne sont guère commodes pour les gens soumis à des horaires de bureau, ce qui est la majorité de la population à Buenos Aires.

Dimanche marquera la date traditionnelle du Día nacional del Tango et, malgré l'organisation déplorable des réservations, c'est une bonne chose qu'un centre culturel national de cette taille et de ce prestige s'associe amplement aux célébrations. Ce n'était pas vraiment le cas sous les gouvernements de Néstor et Cristina Kirchner.

Pour connaître l'intégralité du programme, consulter le site Internet du CCK.

Ce matin, Página/12 commente l'événement dans un article court où la rédaction a réussi à glisser des critiques de la politique économique du gouvernement. Ce n'est pas que ce soit faux (les milongas ont été fortement impactées par l'augmentation soudaine de l'énergie) (1) mais ça ne leur arracherait pas ni plume ni la rotative de reconnaître que l'initiative du CCK va plutôt dans le bon sens !


Il est probable que je ne pourrai pas publier les mardi et mercredi 6 et 7 décembre. Pendant ces deux jours, je suis en réunion à la Société des Gens de Lettres.
Donc pas de mise à jour de Barrio de Tango,
sauf événement majeur lié à l'actualité argentine ou uruguayenne.



(1) En fait, l'énergie (électricité et gaz) était fortement subventionnée, tout comme l'eau. On pouvait arriver à une facture de 50 ou 60 $ ARG (moins de 5 €) pour deux mois pour un particulier. Et il n'y a pas de différence de tarification entre particuliers et entreprises. Ce qui explique l'emploi disproportionné de l'électricité ou du gaz (il faut voir les Argentins mettre et remettre la bouilloire sur le feu pour se servir l'eau chaude du mate au lieu d'employer une bouteille thermos comme font les Uruguayens ou comme nous-mêmes le ferions en Europe pour le même usage) et le gâchis de l'eau. A Buenos Aires en particulier, il y a des fuites d'eau partout et tout le temps, des robinets qui gouttent dans la cuisine comme dans la salle de bain, des chasses d'eau qui ne se remplissent jamais, etc.

samedi 18 juin 2016

Festival de Tango de ECuHNi [à l'affiche]


Ce sera ce soir la sixième édition de ce festival de tango, Abrazo (1), qui revient dans un centre culturel, Espace Culturel Nos Enfants (Nuestros Hijos), qui a perdu de sa capacité d'action du fait de la brusque disparition, à la rentrée de mars, des très généreuses subventions publiques dont il bénéficiait sous le précédent gouvernement (2). Du coup, cette année, ce festival qui tous les ans s'étendait sur un long week-end, se voit réduit cette année à une seule demie-journée et une longue soirée, aujourd'hui, ce samedi 18 juin 2016, qui fait partie du très long week-end qui relie désormais deux jours fériés nationaux, le 17 juin, en mémoire de Martín Miguel de Güemes, et le 20 juin, en mémoire de Manuel Belgrano.

Comme les années précédentes, la SADAIC, association des auteurs-compositeurs, et l'AADI, association des interprètes, apportent leur concours financier à la manifestation qui permettra au public, contre une entrée libre à participation volontaire (3), de vivre toutes les dimensions du genre, grâce au programme concocté par Lucrecia Merico, co-directrice de ECuNHi, depuis que Teresa Parodi s'est lancée dans une carrière politique d'élue (l'auteur-compositeur interprète est maintenant députée au Parlasur, le parlement de l'UNASUR, après avoir été ministre de la culture de juin 2015 au 9 décembre dernier).

Lucrecia a fait appel à une brochette d'excellents tangueros : les chanteurs Cucuza Castiello et Osvaldo Peredo, le quintette de Javier González (guitariste et compositeur) et Patricia Barone (chanteuse), les formations du violoniste Pablo Agri et du pianiste Nicolás Ledesma et ni plus ni moins que le Sexteto Mayor pour conclure la soirée.

Il y aura une milonga avec des musiciens et un DJ, des cours de danse et des exhibitions des professeurs, une peña pour chanteurs amateurs, qui seront accompagnés par le guitariste Nacho Iruzubieta (qu'ils chantent juste ou faux, peu importe, a précisé Lucrecia Merico, l'essentiel est que tout le monde participe, s'amuse et s'empare de cette opportunité pour vivre le tango dans sa chair et son sang). Une restauration de spécialités nationales est prévue, sous forme de buffet...

Dans un article paru ce matin dans Página/12, qui soutient à fond l'institution avec des accents révolutionnaires, Lucrecia Merico annonce le retour en août dans ces mêmes murs de la Milonga de la Liberación, lancée l'année dernière et qui, un samedi par mois, remplissait le lieu de danseurs locaux qui appréciaient cette occasion gratuite de pratiquer leur activité préférée...

Pour aller plus loin :
lire l'article de Página/12 (remonté comme une pendule)



(1) Abrazo veut dire "étreinte" mais c'est aussi le geste le plus quotidien pour se saluer : tout le monde serre tout le monde dans ses bras.
(2) A côté de quoi il faut aussi rappeler les insultes inouïes dont la très peu commode présidente de l'association Madres de Plaza de Mayo a abreuvé le Président Macri et son gouvernement dès le mois de décembre dernier. Or le centre ECuNHi est la vitrine culturelle de cette association. Si Macri est, comme elle le dit à qui veut l'entendre, son ennemi, alors qu'il est démocratiquement élu, personne ne peut se plaindre que ECuNHi ne reçoive plus le moindre sou. Quand on ne joue pas le jeu démocratique et institutionnel et qu'on insulte l'élu du peuple qui ne vous plaît pas, l'absence de subvention est d'autant moins une aberration que les associations militantes devraient être financées en majeure partie par les militants et non par l'argent public. Qui plus est, cet argent était celui de l'Etat national et il était investi dans un organisme qui ne joue qu'un rôle d'animation culturelle locale, dont seuls profitaient les Portègnes et les habitants de la banlieue de la capitale fédérale. Même si cette décision est difficile à encaisser pour les artistes qui bénéficiaient de ce lieu pour s'exprimer, force est de reconnaître que la décision n'est pas dénuée de fondement démocratique.
(3) Les années précédentes, l'entrée était tout simplement libre et gratuite.

lundi 19 octobre 2015

Nicolás Ledesma présente son nouveau disque [à l'affiche]


Ce jeudi 22 octobre 2015, à 21h, au Centro Cultural Torquato Tasso, Defensa 1575, le pianiste Nicolás Ledesma présentera un nouveau disque intitulé Cuando llora la milonga (quand la milonga pleure), son cinquième album riche de 16 pistes.

La semaine dernière, Leonardo Liberman l'a interviewé dans le cadre des émissions en espagnol de RAE et cet entretien est disponible en écoute à la demande, sur le blog du journaliste, El Mirador Nocturno, comme sur le blog de RAE, la station internationale de Radio Nacional.

vendredi 30 septembre 2011

Le retour de Vos y yo à Clásica y Moderna [à l'affiche]

En octobre, les quatre premiers samedis, les 1er, 8, 15 et 22 octobre 2011, à 22h, la chanteuse Susana Rinaldi et le compositeur et bandonéoniste Leopoldo Federico sont de retour au Bar Notable Clásica y Moderna, Callao 892, avec leurs musiciens invités, Nicolás Ledesma au piano et Horacio Cabarcos à la contrebasse.

Ils présenteront leur disque sorti en mai dernier, Vos y yo (voir mon article du 10 mai 2011 à ce sujet).

Et tous les dimanches de ce même mois d'octobre, la chanteuse Marikena Monti donnera, quant à elle, à 20h30, un tour de chant intitulé De París à Pehuajó, composé de chansons de María Elena Walsh (décédée au début de cette année, voir mon article du 12 janvier 2011 à ce sujet) et de chansons françaises, qu'elle interprète à la perfection (Piaf, Ferré, Brel, Aznavour...). Elle sera accompagnée au piano par Oscar Laiguera.

lundi 11 juillet 2011

Imperdibles (1) de juillet à Clásica y Moderna [à l'affiche]

En juillet 2011, le Bar Notable Clásica y Moderna maintient ses deux soirées événements de tango, le jeudi soir à 21h30, la chanteuse Susana Rinaldi et le Maestro Leopoldo Federico continuent à présenter leur disque commun, Vos y yo, accompagnés par Nicolás Ledesma au piano et Horacio Cabarcos à la contrebasse, et le samedi soir à 22h, Amelita Baltar et Horacio Molina prolongent leur récital à deux voix...

Et il semble bien qu'en août, l'établissement n'ait pas l'intention de changer un programme qui marche...

Pour en savoir plus, voir le site Internet de Clásica y Moderna

(1) Imperdible : incontournable, qu'il ne faut pas manquer (perder)

vendredi 3 juin 2011

Pablo Aslan réhabilite des enregistrements reniés par Piazzolla [à l'affiche]

Le contrebassiste argentin, installé à New-York, Pablo Aslan, joue ce soir, vendredi 3 juin 2011, à 21h30, au Notorious Bar, Callao 966, dans le sud du quartier de Recoleta, cette partie de la ville, qui chevauche plusieurs quartiers et qu'on appelle communément à Buenos Aires Barrio Norte.


Comme hier à la même heure, il présentera son nouveau disque, Tango Grill, alors qu'il est en plein enregistrement d'un autre album où il rend une forme d'hommage à Astor Piazzolla, dont il reprend des morceaux que le Maestro enregistra en 1959 à New-York, sous une forme commerciale qu'il renia ensuite (1). Il n'aimait pas ce disque, et il était loin d'avoir complètement tort.

Ces deux soirs, au Notorious, Pablo Aslan sera entouré de Abel Rogantini (piano), Gustavo Bergalli (trompette), Nicolás Enrich (bandonéon) et Daniel "Pipi" Piazzolla (batterie), le petit-fils du compositeur qui mène, quant à lui, une carrière de musicien de jazz... à Buenos Aires et en Argentine, à la tête du groupe Escalandrum. A coup sûr, il y aura bien ce soir dans la salle une bonne âme pour venir l'ennuyer comme toujours après le concert avec de pseudo-anecdotes sur Astor (voir mon article du 22 mai 2011 sur l'interview que Pipi Piazzolla a donnée récemment au quotidien Página/12 à l'occasion de la sortie de son propre disque, autre hommage au grand-père en question).

Tango Grill, traduction littérale en anglais de l'expression argentine Tango a la parilla (2), comporte un certain nombre de classiques du répertoire comme Viejo Smoking, El Amanecer, El Marne, La Trampera, Dandy et Divina. C'est cette sélection qu'on entend hier et ce soir au Notorious, dans des arrangements de Aslan lui-même. Pour ce disque, il a fait appel à quelques grands du tango actuel comme le bandonéoniste Néstor Marconi, le pianiste Nicolás Ledesma et le violonniste Ramiro Gallo, ex-Arranque.

A l'occasion de son passage à Buenos Aires, le contrebassiste a accordé une interview à Página/12 sur ce prochain album de reprises piazzolliennes et cet étrange sentiment de décalage que ressentent la plupart des musiciens argentins vivant à l'étranger dès qu'ils veulent jouer, dans leur pays d'adoption, la musique de leur pays.

“Por un lado es cierto que con ‘Oblivion’ o ‘Milonga del ángel’ es difícil hacer algo nuevo. Pero, hablando un poco más en serio, me resultaban sumamente atractivas esas grabaciones de las que Piazzolla renegó pero que son, sin duda, el eslabón inevitable antes del quinteto que forma en 1960, al regresar de Nueva York. Había, también, una especie de identificación. Me lo imaginaba en esa ciudad donde yo vivo, con mi mujer y mis hijos, a pocas cuadras, con los suyos, unos cincuenta años antes pero con las mismas sensaciones y, también, teniendo que tocar con músicos que no entendían los acentos, el gesto, de la música de acá”.
Pablo Aslan, dans Página/12

D'un côté, c'est sûr qu'avec Oblivión et Milonga del Ángel, c'est difficile de faire quelque chose de neuf. Mais, pour parler un peu plus sérieusement, je les ai trouvés extrêmement intéressants, ces enregistrements parmi ceux que Piazzolla a reniés mais qui sont, sans aucun doute, le maillon incontournable avant le quintette qu'il forme en 1960, à son retour de New York (3). Il y avait aussi une espèce d'identification. Je me l'imaginais dans cette ville où je vis moi aussi, avec ma femme et mes enfants, à quelques centaines de mètres, avec les siens, quelque cinquante années avant mais avec les mêmes sensations et devant lui aussi jouer avec des musiciens qui ne comprennaient pas les accents, le geste de la musique d'ici (4).
(Traduction Denise Anne Clavilier)

“Cada género tiene sus protocolos; en el tango se escribe todo; los arreglos, generalmente, están pautados al detalle. En el jazz lo más importante es el individuo, que alguien, a través de su manera propia e intransferible de tocar algo, exprese su individualidad. No es que el músico de tango no tenga individualidad, desde ya, pero la expresa de una manera muy distinta. El arreglador de jazz trata de poner lo menos posible, para dejar la máxima posibilidad de expresión a los músicos. Y, en este caso, yo intenté hacer lo mismo. Hubo algo de revelación, en ese sentido, cuando tocamos con Paquito en el Lincoln Center. Hicimos ‘Verano porteño’ y lo tomamos como una gran zapada.”
Pablo Aslan, dans Página/12

Chaque genre a son protocole. Dans le tango, on écrit tout. Les arrangements en général sont notés jusqu'au plus petit détail (5). Dans le jazz, le plus important, c'est l'individu, que quelqu'un, à travers sa façon personnelle et non transposable de jouer quelque chose, exprime son individualité. Non pas que le musicien de tango n'ait pas d'individualité, loin de là, mais il l'exprime d'une façon bien différente. L'arrangeur de jazz essaye d'être le plus discret possible, pour laisser la plus grande liberté d'expression aux musiciens. Et, dans ce cas, moi j'ai essayé de faire pareil. Il y a eu quelque chose d'une révélation dans ce sens, quand nous nous sommes produits avec Paquito (6) au Lincoln Center. Nous avons joué Verano Porteño (7) et nous l'avons traité en grand boeuf.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Pour aller plus loin :

(1) Le disque, qui mélangeait tango et jazz, s'appellait Take me dancing (Fais-moi danser). Le titre, à lui tout seul, raccoleur au possible, devait passablement déplaire au musicien argentin. Ce disque mêle des tangos de Piazzolla, comme Triunfal, sa toute première composition reconnue, et des standards de jazz, comme April in Paris ou Laura, le tout interprété par un ensemble composé d'un bandonéon, d'un piano, d'un vibraphone, d'une contrebasse et d'une guitare électrique, plus d'autres instruments que Aslan lui-même trouve contestables et qui étaient censés, à cette époque-là, donner le son latino, nécessairement exotique aux oreilles de producteurs nord-américains très soucieux de la rentabilité de ce 33 tours (rappelons que dans les années 50 et 60, l'Amérique Latine était considérée par les Etats-Unis comme un sous-continent d'opérette, colonisé et culturellement insignifiant). Dans la version qu'en prépare Aslan, c'est Pipi Piazzolla qui tient la batterie à la place de tous ces hochets dont le contrebassiste a nettoyé les arrangements de Astor Piazzolla.
(2) Tango a la parilla : expression qui désigne en Argentine et singulièrement à Buenos Aires une manière d'improviser ou de jouer sans partition qui est la manière originelle du tango, lorsque des musiciens, qui parfois ne savaient pas lire la musique, inventaient le genre. On a joué traditionnellement a la parilla très longtemps à Buenos Aires, jusque dans les années 30, avant que cette manière de faire ne cède toute à fait la place à une musique aux arrangements totalement écrites (époque qui correspond à peu près à la fondation de la SADAIC (1936), qui reconnaît presque comme des oeuvres originales les arrangements effectués par les musiciens, d'où l'abondance et la variété des arrangements dans la tradition interprétative propre au tango). Puis le jeu a la parilla est revenu à la surface à partir des années 1990 et en particulier dans les années 2000, avec la réappropriation du tango par la jeune génération. La parilla, en langage courant, c'est le grill du barbecue. C'est aussi le nom du restaurant de grillades, notre grill en franglais traditionnel..
(3) Astor Piazzolla a vécu souvent aux Etats-Unis, à New-York, où ses parents ont émigrés en 1926 jusqu'en 1932 puis à nouveau en 1933 jusqu'à fin 1935. Il a donc passé son enfance et une grande partie de son adolescence dans Big Apple. Devenu adulte, il a fait à nouveau de nombreux séjours dans la ville de son enfance, dont il parlait parfaitement la langue et connaissait par coeur la culture, et en particulier le jazz. Le retour, dont il est question dans les propos de Aslan, est un retour vers l'Argentine. En 1975, Piazzolla a quitté durablement l'Argentine pour s'installer à Milan, dont il fit son port d'attache dans une vie de voyages incessants à travers toute la planète ou presque.
(4) Tango Grill a d'ailleurs été enregistré non pas à New-York mais à Buenos Aires. Parce que Aslan ne trouvait pas à New-York les musiciens capables de rendre le caractère argentin de cette musique. C'est d'ailleurs quelque chose que l'on déplore très souvent ici, en Europe, où de très nombreux musiciens se targuent de jouer du tango mais où il y en a très peu qui le fassent bien, avec authenticité et personnalité. La plupart, faute de rien connaître à la culture du tango, passe à côté de l'essentiel ou imitent servilement un modèle argentin, lui-même pas toujours très authentique. Or à ce jeu de l'imitation, les Japonais ont souvent bien plus sûr goût et sont bien plus efficaces que les Européens.
(5) C'est un des points que contestent aujourd'hui de nombreux musiciens de tango par rapport à une expérience comme celle que pouvait avoir Horacio Ferrer, par exemple, précisément en 1960, lorsqu'il écrit la première monographie véritablement historique sur le tango, El tango, su historia y evolución : dès le début il y affirme que l'une des caractéristiques du tango, dans l'univers musical américain, est d'être une musique intégralement écrite. Cette assertion révulse aujourd'hui certains musiciens. Et pourtant elle est vraie, surtout en 1960. Même si aujourd'hui, cinquante ans plus tard, quelques artistes ont retrouvé le chemin de l'improvisation et du boeuf qui montre si bien le lien fraternel que le tango entretient avec le jazz ou d'autres musiques américaines, comme la musique populaire cubaine.
(6) Il s'agit de Paquito D'Rivera, le clarinettiste et saxophoniste de jazz et de musique cubaine, avec lequel Aslan joue souvent aux Etats-Unis. Pipi Piazzolla l'a croisé lui aussi. Voir son interview récemment traitée dans Barrio de Tango.
(7) Verano Porteño est l'un des morceaux (courts) des Quatre Saisons de Astor Piazzolla. Le morceau que Troilo lui-même a enregistré dans cette série. Je vous le signale en passant parce que cette version, dans un arrangement de Piazzolla pensé pour Troilo, veut son pesant de vinyle... Il a d'ailleurs donné son nom à l'album, remasterisé depuis en CD et disponible sur le marché argentin (voir la boutique en ligne de Zivals, Tangostore, dans la rubrique Les commerçants du Barrio de Tango, dans la partie basse de la Colonne de droite de ce blog).

lundi 7 mars 2011

L'orchestre de San Martín se rebelle et ne se tient pas pour vaincu [Actu]

L'orchestre municipal de tango de San Martín, dans la banlieue de Buenos Aires, se rebelle devant sa dissolution décidée de manière unilatérale par le maire de la ville, Ricardo Ivoskus, et au lendemain de la manifestation de soutien à laquelle les douze musiciens de cette formation avaient appelé, pour le vendredi 4 mars (voir mon article du 17 février 2011 à ce sujet), le quotidien Página/12 soutenait hier les musiciens, en leur consacrant un article avec une interview du chef de l'orchestre, le bandonéoniste et compositeur Cholo Mamone (1), qui fêtera dans quelques jours ses 90 ans et ne s'attendait pas à un cadeau aussi déplaisant pour cette occasion (photo ci-contre, signée Bernardino Avila, pour  Página/12).

La décision de dissoudre l'orchestre a été prise par le Maire, pour ne pas avoir à accepter les exigences des musiciens qui demandaient, légitimement, que leurs salaires soient régularisés, alors qu'à 12, ils n'avaient que 5 contrats de travail, en tout et pour tout, et se partageaient les salaires versés au titre de ses 5 contrats. tout ça après vingt ans de bons et loyaux services.

Outre le Maestro Mamone, qui a derrière lui une belle carrière, notamment dans les orchestres historiques de Osvaldo Pugliese, Alfredo Gobbi et Pedro Laurenz, la formation comptait aussi parmi ses membres le pianiste Nicolás Ledesma, un des plus brillants inteprétes actuels de cet instrument capital dans un orchestre de tango.

Chaque samedi désormais, l'orchestre, malgré sa dissolution, jouera en plein air, dans la rue piétonne de San Martín, devant la Mairie, avec l'appui du public. N'hésitez pas à aller leur apporter leur soutien si vous êtes de passage ou si vous vivez dans la région.

Pour en savoir plus :

mardi 9 mars 2010

Cycle Pianistes remarquables à Clásica y Moderna [à l’affiche]

Il s’agit d’une série de concerts gratuits, organisée le samedi à 18h30, à Clásica y Moderna, dans le cadre du programme public (1) des Bares Notables.
Le cycle a commencé le 27 février avec un concert de Nicolás Ledesma, suivi par Abel Rogantini le 6 mars.

Les prochaines dates et prochains artistes sont :
Facundo Ramírez le 13 mars, Miguel Angel Barcos le 20 mars, Leo Sujatovich le 27 mars.
En avril, se succèderont le duo Zunini - Cosentino le 3 avril (Samedi Saint), Polly Ferman le 10 avril, Federico Mizrahi (de Demoliendo Tangos) le 17 avril et Martín Leopoldo Díaz le 24 avril, qui clôturera la série de récitals.

Clásica y Moderna, Callao 892 dans le quartier de la Recoleta.

Pour en savoir plus, visitez le site de Clásica y Moderna en cliquant sur le lien.

(1) Les Bars Remarquables (Bares Notables), de la Ville de Buenos Aires, sont des établissements distingués et classés pour le rôle historique qu’ils ont joué et continuent à jouer dans la vie culturelle et sociale de la capitale argentine. En compensation de la publicité gratuite dont ils bénéficient du fait de leur inscription sur cette liste très sélective, ils ont l’obligation d’accueillir des spectacles et conférences organisés par la Ville autonome de Buenos Aires avec des artistes qui habitent Buenos Aires. Toutes ces activités publiques doivent accessibles gratuitement pour tous, dans la limite des places disponibles (cela va sans dire). En l’espèce pour ces concerts pianistiques, il n’y existe même pas de possibilité de réserver sa place. Il faut donc arriver assez tôt, la qualité des musiciens risquant d’attirer beaucoup, beaucoup de monde.

samedi 19 décembre 2009

Festival de tango en el Tasso : 4ème semaine [à l'affiche]

Pour cette 4ème et dernière semaine de ce festival, organisé par le Centro Cultural Torcuato Tasso, le programme est beau et chargé...

Le 23 décembre 2009, à 22h, le pianiste Nicolás Ledesma et son orchestre, Pablo Agri et son trio (Pablo Agri au violon, Juan Pablo Navarro à la contrebasse, Laurato Greco au bandoneon et Emiliano Greco au piano) et un invité spécial, Juan José Mosalini. Entrée : 50 $.

Le 24, le centre fait relâche. Tout le monde fête Noël en famille ou avec des amis.

Le 25 décembre au soir, à 22h, la scène sera pour le bandonéoniste Julio Pane et le guitariste Hugo Rivas en première partie et en seconde, un autre bandonéoniste, Pablo Mainetti, et un autre guitariste, César Angeleri. Entrée 50 $.

A la trasnoche, donc vers minuit, le groupe Vice Versa, un quintette típico (piano, violon, contrebasse, bandonéon + guitare électrique) prendra possession des lieux...

Le 26 décembre, qui tombe cette année un samedi mais est d'ordinaire férié en Argentine, le chanteur Juan Carlos Baglietto se présentera avec le pianiste Lito Vitale, à 22h, pour le concert de clôture. Entrée : 100 $.
Et ce sera la fin de l'année et de la saison (là-bas, les deux vont ensemble).
Pour connaître d'un peu plus près les artistes mentionnés ici, vous pouvez allez consulter l'ensemble des articles déjà parus à leur sujet dans Barrio de Tango en cliquant sur leur nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.

Vous pouvez aussi visiter leurs sites. Je vous donne ici ceux des artistes dont je n'avais jamais parlé autrement dans ce blog :
Pablo Mainetti
Vice Versa (dont j'ai fort peu souvent parlé encore, malgré près de 1070 articles déjà publiés)
Juan Carlos Baglietto
Lito Vitale, dont je n'avais que mentionné le nom dans mon article sur la présentation qui fut faite du festival à la fin novembre.

mercredi 5 novembre 2008

A dúo Tango, le nouveau disque de Pablo Agri [disques & livres]

Le violoniste Pablo Agri est le fils de cet autre violoniste de légende, Antonio Agri, musicien d’Astor Piazzolla entre autres grands maîtres et décédé il y a une dizaine d’années.

Sur une idée née d’une conversation avec la chanteuse Susana Rinaldi, la Tana, Pablo Agri vient de sortir chez Acqua Records un disque où il interprète avec La Tana et différents autres musiciens des grands standards du répertoire, de Cobián à Piazzolla : les musiciens de la génération de son père Osvaldo Berlinghieri (piano) et Leopoldo Federico (bandonéon), les pianistes de sa génération que sont Nicolás Ledesma et Cristian Zárate, des chanteurs comme Guillermo Fernández (de sa génération) ou Susana Rinaldi. Pour citer les morceaux dans l’ordre des interprètes ci-dessus : El día que me quieras (Carlos Gardel et Alfredo Le Pera), Vida mía (Osvaldo Fresedo), Fuimos (version instrumentale du tango de José Dames et Homero Manzi), Los Mareados (Juan Carlos Cobián - Enrique Cadícamo en version instrumentale), Soledad, Cuando tú no estás (tous deux signés Carlos Gardel - Alfredo Le Pera, le second en version instrumentale). Sur la boutique en ligne de Zivals, vous pouvez écouter les 30 premières secondes de chaque piste du disque.
Vous aurez aussi accès aux deux autres disques, Cuadros Tangueros avec son Sextuor (Pablo Agri Sexteto) et le premier, Agri x 2, un récital que père et fils ont enregistré très peu de temps avant la mort de Antonio Agri (malheureusement pour le moment épuisé, mais dont vous pourrez tout de même écouter le petit extrait habituel).

Il y a quelques semaines, Pablo Agri partageait la scène avec Litto Nebbia dans le cadre d’un concert avec une formation de jeunes. C’est un violoniste très délicat, doté d’une grande personnalité musicale (il le faut pour faire sa carrière et être reconnu comme il l’est aujourd’hui en étant le fils de ce père-là...). De surcroît, je sais pour avoir pu le croiser à la fête d’ouverture du 10ème Festival de Tango ce 15 août à Tango Porteño, c’est un homme très simple, très humble et comme tant d’artistes de tango, extrêmement abordable. Dire que je n’ai pas eu le temps de profiter de cette rencontre pour rapporter dans ce blog une petite contribution de sa part...

Aujourd’hui, Pablo Agri enseigne une fois par semaine à la Casa de Cultura de Almirante Brown, une ville de la banlieue portègne dont il dirige aussi l’orchestre, il joue tous les vendredis dans l’orchestre symphonique national. Il est le violon du Cuarteto Osvaldo Berlinghieri et s’apprête à partir en tournée dans la province de San Juan avec le Quinteto Daniel Binelli. Il a aussi parrainé le trio de cordes de Córdoba récemment primé, Las Rositas. Tous les trois ont été ses élèves (cf. mon article sur ce trio et son premier disque, Estaciones). Pablo Agri est programmé dans Todas Las Músicas de novembre : dimanche 23, Radio Ciudad, alias la Once Diez (Am 1110), une émission qui passera des extraits de son disque et présentera aussi une interview en direct et en public dans ses studios, installés dans le Centro Cultural San Martín, qui appartient aussi à la Ville, rue Sarmiento 1551 (entrée libre et gratuite dans la mesure des places disponibles).

A l’occasion de la sortie de A dúo Tango, Pablo Agri accorde une interview à Cristian Vitale dans les pages culturelles de Página/12 (édition de ce matin, 5 novembre 2008). Dans sa longue introduction-critique musicale, Cristian Vitale glisse que les versions de Oblivión et Kicho (Astor Piazzolla) et de Vida mía présentées ici sont à "rendre un sourd fou de jalousie".