dimanche 25 octobre 2009

Suisse Romande : une nouvelle milonga dans le canton de Vaud [ici]

Blason de Chexbres

Ce sera le samedi 31 octobre de 21 h à 2 h au Caveau du Coeur d'Or à Chexbres, dans le Canton de Vaud.
Cette milonga, organisée par Romain Bovy, avec la participation du DJ Pascal, mêlera les plaisirs de la danse et de la table de terroir suisse (vins et spécialités locales). Entrée gratuite.
Pour plus d'informations, vous pouvez consulter les sites des organisateurs Coeur d'Or et Tango OZ.
Et si vous voulez connaître cette commune vaudoise, visitez son site, tout en image de vignobles !

Le même jour, à Sierre, dans le Valais, est prévue une autre milonga de 21 h à 1 h du matin, à la Salle de la Sacoche, avec Margareth Kardosh et Victor Costa. L'association Les Trottoirs de Buenos Sierre (cours et milonga), qui l'organise, me fait l'honneur d'avoir mis, il y a plusieurs semaines déjà, un lien vers Barrio de Tango (voir le site des Trottoirs de Buenos Sierre). Un grand merci à eux et un salut amical aux danseurs du Valais (on dit " valaisans").
Et pour les amoureux du tourisme dans cette région helvétique fort attractive (vignobles parmi les plus renommés du pays, soleil, vieilles tours fortifiées, musée Rainer Maria Rilke et Crans Montana un peu plus haut), voici son site.
Bandeau iconographique tiré du site de la Région de Sierre

Ces informations sont tirées de l'agenda de Tango SR de Luis Lazaro (le lien permanent à ce blog sur le tango en Suisse Romande se trouve dans la rubrique Eh bien dansez maintenant !, dans la partie basse de la Colonne de droite).

La Fête des Cafés sous le signe du tango demain [Coutumes]

Affiche pour l'affichage public dans Buenos Aires
Demain, 26 octobre, Buenos Aires fêtera la Fête des Cafés (el Día de los Cafés) avec une opération autour des Bares Notables (les grands bars, les bars historiques de la ville). Le tout sous le signe du tango dont le surmon est le 2 x 4 (prononcez dos por cuatro, en français : deux sur quatre, une allusion au rythme fondamental et caractéristique : deux temps forts, deux temps faible en alternance). Le thème est bien sûr lié à la récente déclaration du Tango comme patrimoine universel de l'humanité par l'UNESCO, sur une demande conjointe des villes de Buenos Aires et de Montevideo.

De 18h à 20h demain (ce qui est considérée comme la tarde, la tardecita, l'après-midi), dans la plupart des Bares Notables de Buenos Aires, les clients pourront commander 4 cafés pour le prix de deux (à condition d'être quatre clients attablés, le but étant de favoriser les réunions amicales dans le cadre de la fête).

La fête a été instituée par une loi votée à la Legislatura de Buenos Aires le 5 octobre 2000 et la date elle-même, du 26 octobre, fait référence à l'installation sur la Avenida de Mayo du célèbre Gran Café Tortoni le 26 octobre 1894 (mais ce Café a été fondé en 1859, à quelques pas de là).

Parmi les établissements qui prendront part à l'opération, à San Telmo, le Café La Poesía, récemment déclaré d'intérêt culturel (voir mon article sur cette déclaration, le 25 septembre dernier), le Tortoni, le 36 Billares, le London City, le Iberia et la Confitería de l'Hôtel Castelar de part et d'autre de l'avenida de Mayo, El Gato Negro et La Girarlda sur l'avenida Corrientes et la Confitería Ideal tout à côté dans la rue Suipacha, la Esquina Homero Manzi sur le carrefour San Juan y Boedo (voir les articles concernant ce café et grand rendez-vous des amateurs de tango, des connaisseurs tard la nuit et des touristes durant le prime-time de la soirée), Clásica y Moderna (autre grand lieu tanguero, à La Recoleta) et La Perla, un café de La Boca, tout à côté du splendide Museo de Bellas Artes de La Boca Benito Quinquela Martín, à deux pas de l'épouvantable attrappe-touristes intitulé Caminito (à fuir comme la peste).

samedi 24 octobre 2009

Noelia Moncada retourne à Rosario pour présenter A Tiempo [à l'affiche]

Affiche diffusée par l'agent de Noelia Moncada

La chanteuse Noelia Moncada, qui a souvent travaillé avec Raúl Garello et assure aujourd'hui la partie vocale de El Arranque, vient de sortir son premier disque de soliste, A Tiempo.
Native de Rosario, la grande ville de la Province de Santa Fe, qu'elle a quittée en 2001, pour partir comme beaucoup à la conquête de Buenos Aires, retournera le 6 novembre présenter dans sa ville natale son nouveau disque.

Ce sera dans la salle Lavarden, esquina Sarmiento et Mendoza, en compagnie de El Arranque. 21H30. L'entrée est à 25 € et il faut réserver à l'avance.

Le joueur d'harmonica Franco Luciani sera lui aussi de la fête.

Le site Web de Buenos Aires se souvient de César Tiempo [Actu]

Plaque posée en l'honneur de César Tiempo par la Ville de Buenos Aires esquina San Juan y Boedo

Le 24 octobre 1980, le poète et dramaturge César Tiempo quittait ce monde. Il était né en Ukraine le 3 mars 1906, dans une famille juive, et il était arrivé à Buenos Aires la même année avec ses parents qui fuyaient l'Empire russe, son antisémitisme et ses pogroms à répétition.

Il appartint au groupe littéraire Boedo avec d'autres écrivains comme Dante A. Linyera, Alvaro Yunque, Raúl González Tuñón, Nicolás Olivari (qui appartenait aussi au groupe opposé, le Grupo Florida). Le dramaturge et écrivain Roberto Arlt lui aussi participa parfois aux discutions du groupe Boedo, qui devait son nom à son lieu de rencontre, sur l'avenue Boedo au numéro 837, juste à côté de ce qui est aujourd'hui la Esquina Homero Manzi...

Le portail de la Ville de Buenos Aires présente pour l'occasion un très beau poème de Tiempo, toujours dans le domaine privé, mais que je ne résiste pas au bonheur de vous présenter en version bilingue...
Tous ces poètes sont quasiment inconnus chez nous et pourtant ils ont une vocation universelle. Jugez-en :

A un obrero (1)

Toda desnuda me ofrezco a tu instinto,
muerde mis pechos, estruja mi cuerpo,
quiero brindarte esta fiesta de carne
para que olvides tus días acerbos.

Sé que padeces, tu vida es amarga
vida de todos los tristes obreros,
sin una luz de esperanza en su noche,
sin la caricia cordial de un consuelo.

¡Cómo conforta sentirse piadosa,
dulce es la simple bondad de mi gesto;
tú que así sufres, mereces la efímera
fiesta que quiere brindarte mi cuerpo!

César Tiempo

A un ouvrier

Toute nue, je m'offre à ton instinct,
mords mes seins, étreins mon corps,
je veux t'offrir cette fête charnelle
pour que tu oublies l'âpreté de tes jours.

Je sais que tu souffres, ta vie est amère,
vie de tous les pauvres ouvriers,
sans une lueur d'espérance dans leur nuit,
sans la caresse chaleureuse d'une consolation.

Comme cela fortifie de se sentir dévouée
tendre est la bonté simple de mon geste ;
toi qui souffres ainsi, tu mérites l'éphémère
fête que veut t'offrir mon corps
(Traduction Denise Anne Clavilier)

(1) Ce dont il s'agit ici, c'est bien sûr la rédemption sociale et morale de la figure de la prostituée, par un homme d'ailleurs, comme Roberto Gohyeneche, le pianiste et compositeur, l'a fait aussi dans son tango De mi barrio, où lui aussi fait parler une femme livrée à la prostitution. Mais il s'agit aussi d'un véritable enjeu social, très probablement dans les années 20, l'époque du Grupo Boedo, dans une société très déséquilibrée entre hommes et femmes, la plus grande masse des immigrants étant composée d'hommes seuls. Ce qui a; bien entendu; provoqué non pas une amélioration de la condition féminine mais exactement l'inverse : un invraisemblable trafic de blanches et la tentation pour beaucoup de femmes pauvres de se sortir de la misère par une pratique, plus ou moins consentie, d'une certaine prostitution, à la recherche d'un riche protecteur capable de les entretenir. L'enjeu dont parle César Tiempo ici est très proche de l'enjeu que nos sociétés développées (du primer mundo, comme disent les Argentins) commencent à envisager : la sexualité des handicapés à qui les progrès de la médecine et des systèmes de protection sociale permettent aujourd'hui de vivre, de vivre bien et de vivre longtemps. Il y a dans ce domaine des prostituées libres (ne dépendant d'aucun proxénète) qui tiennent à l'égard des handicapés les propos que Tiempo attribue à cette "pute au grand coeur".

Nora Bilous au Sotano Teatro de Colegiales [à l'affiche]

Affiche diffusée par Nora Bilous

Tout est dans l'affiche, en espagnol, je vous l'accorde, mais tout de même tout y est :

les artistes : la chanteuse Nora Bilous, le pianiste Matías Feigin, le guitariste Hugo Castañaga et la percussionniste Cecilia La Forgia.
l'heure : 21h30
l'adresse : Teodoro García 3234, dans le quartier de Colegiales (dans le nord de Buenos Aires)
le prix : 20 $
et même le menu de l'entracte : empanadas et boissons. Bref une collation très typique de Buenos Aires.

Ce sera vendredi prochain. Il ne vous reste plus qu'à y aller.

Mercredi prochain au CAFF, chanteurs et guitaristes et une tripotée de disques [à l'affiche]



Ce sera à 22h au CAFF, Sánchez de Bustamante 764 (dans le quartier de l'Abasto), avec d'une part le quatuor La Quimera del Tango, composé du chanteur Rodrigo Guerra et des trois guitaristes, Santiago Fernandez, Gonzalo Santos et Julio Sleiman, et d'autre part le trio composé du chanteur Javier Domínguez dit Cardenal et les deux guitaristes Hernán Reinaudo et Ariel Argañaraz.

La Quimera présentera son second disque, La Muerte del Tango, tout en incluant des morceaux issus de son premier disque et du troisième, encore dans les limbes d'on ne sait quel studio d'enregistrement...

Cardenal, Hernán Reinaudo et Ariel Argañaraz présenteront, quant à eux, leur premier disque en commun, Trío, qui devrait sortir très prochainement...

Pour en savoir plus, vous savez que l'ensemble des articles concernant ces artistes sont accessibles à travers les mots-clés du bloc Pour chercher, para buscar, to search ou les raccourcis de la rubrique Vecinos del Barrio dans la Colonne de droite.

Dans la partie inférieure de la Colonne de droite, vous trouverez différents liens extérieurs. Les sites des artistes eux-mêmes sont regroupés dans les rubriques Troesmas et Zorzales, grillons et autres cigales...

Les samedis après-midi de la Ideal [à l'affiche]

C'est la soirée chant et danse que la chanteuse Alicia Pometti et les journalistes radio de la 2 x 4, Mabel Simoncini et Graciela Raffa, avaient fait démarrer à Taconeando le vendredi soir et qu'elles ont rapatriée dans le centre et sous forme de matinée à la Confitería La Ideal, à quelques mètres de l'avenue Corrientes, esquina Suipacha y Corrientes. C'est tous les samedis à partir de 16h, depuis le mois d'août dernier.

Cet après-midi hebdomadaire est réservé à ceux qui aiment partager le chant, la musique et la danse. Tout le monde peut contribuer avec son bout de talent, sa voix, ses capacités d'instrumentiste ou son goût de la danse.

Vous pouvez y aller et vous présenter de ma part, elles savent toutes les trois que j'en parle sur ce blog, et voilà plusieurs semaines qu'Alicia attendait que j'aie enfin le temps de présenter les nouveautés. Dont acte.

En savoir plus : se reporter à mon article du 28 mars dernier sur la soirée de Taconeando (à San Telmo).

Concours de colombophilie Del Obelisco al Interior [Actu]

Petit salut amical à mes lecteurs belges (la colombophilie est l'activité de loisirs n° 1 en Belgique). Pour les non Belges (il y en a parmi les lecteurs de Barrio de Tango), rappelons que la colombophilie est l'art d'élever et de dresser des pigeons-voyageurs et que dans le Plat Pays (pas si plat que ça, soit dit en passant, surtout du côté des Ardennes) on en fait des championnats très populaires les samedis et dimanches...

Aujourd'hui, autour de l'Obélisque à Buenos Aires, au croisement des avenues 9 de Julio et Corrientes, grand rassemblement de colombophiles pour un concours qui comportera un parcours des oiseaux depuis ce centre symbolique de Buenos Aires, cette espèce de km 0 de l'Argentine (1), vers l'ouest du pays, ce qu'on appelle el Interior, les Provinces de Córdoba, de Mendoza, de San Luis... Que le meilleur pigeon gagne !

(1) l'autre km 0 à Buenos Aires, une ville fondée deux fois et qui depuis adore les doublons dans tous les domaines, c'est la Pyramide, la colonne gravée à la date du 25 mai 1810, surmontée d'une statue de la République, de la Victoire ou de la Liberté (en une seule figure féminine en armes telle la déesse Athéna), qui se dresse sur Plaza de Mayo. C'est autour de ce monument que manifestent tous les jeudis après-midi, depuis plus de 30 ans, les Madres de Plaza de Mayo (les mères de la Place de Mai).

vendredi 23 octobre 2009

La Nuit des Couleurs [ici]

Affiche diffusée par le Colectivo

C’est le titre d’une milonga qui durera exceptionnellement de 21h30 à 5h du matin le samedi 7 novembre, à Paris, au Colectivo Tango, 46 rue des Rigoles, dans le 20ème arrondissement (Mo Jourdain). L’entrée est à 10€ (l’année dernière, la milonga normale du samedi, qui dure jusqu’à 3h du matin, était à 8 €).

Il y aura de la musique vivante (avec un trio d’instrumentistes) et un DJ pour faire tourner les CD pendant le reste de la nuit. Un photographe sera là, comme la plupart du temps, pour immortaliser la fête et vous retrouverez ces photos sur le site de la milonga quelques jours plus tard.

Le Colectivo est une milonga qui fonctionne le jeudi de 22h à 1h30 et le samedi de 21h30 à 3h du matin et qui est couplée avec des cours donnés par Florencia et René, qui sont là à la milonga et qui dansent comme tout le monde. Un coin bar vous offre boissons et petite restauration, dont de vraies empanadas qui valent le coup (attention à ne pas vous brûler, elles sortent du four).

Le Colectivo accueille de temps en temps des musiciens argentins en tournée en Europe. L’année dernière, je vous avais parlé du concert qu’y a donné la Orquesta Astillero (voir mon article du 10 novembre 2008).
Cette année, le 29 octobre, le Colectivo (le bus, en Argentine) accueillera un concert de la Orquesta Típica El Afronte (voir mon article de ce jour sur la tournée de ce groupe de 11 musiciens en Europe et singulièrement en France, pour la partie francophone).

Attention : cette même nuit du 7 novembre, la Casa del Tango de Frédérique Behar (aux Buttes Chamont) organise sa propre soirée au Cabaret Sauvage, au Parc de la Villette. Le monde du tango-baile à Paris (et parfois dans d’autres villes de France aussi, hélas) est ainsi : concurrentiel.
Pour en savoir plus, vous pouvez retrouver tous les articles de Barrio de Tango sur la danse en cliquant sur ce raccourci dans la rubrique Les avenues - Las avenidas dans la Colonne de droite, ou dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search. Vous pouvez également y trouver d’autres mot-clés en fonction du lieu (ville, pays ou ensemble de l’Europe sous le mot-clé ici).

Bon anniversaire, Palermo ! [Coutumes]

Affiche officielle de la journée


Demain, c’est la fête du quartier de Palermo, l’un des berceaux, dit-on, du tango argentin, grâce à des personnalités comme Evaristo Carriego, un des premiers poètes qui ait parlé de la vie quotidienne du peuple des faubourgs et qui a inspiré les plus grands poètes du tango comme Pascual Contursi, Celedonio Flores et Homero Manzi, pour ne citer que ceux-là, et des lieux mythiques comme le Café de Hansen (dont on a retrouvé des vestiges au début de cet été, voir mon article du 27 décembre à ce sujet) ou le restaurant-cabaret El Armenonville qui vit se produire Carlos Gardel, Juan Carlos Cobián, Eduardo Arolas, Agustín Bardi, et tant d’autres à qui l’on doit la paternité du genre...
Palermo est aussi le quartier de l’écrivain, poète et esprit universel que fut Jorge Luis Borges, qui y a passé une bonne partie de son enfance, et de l’écrivain et militant de gauche que fut Julio Cortázar, qui y vécut une longue partie des années qu’il n’a pas passées en exil (1).

Le Gouvernement de la Ville de Buenos Aires organise demain, à l’occasion de cette fête, toute une journée printanière et écologique (car sans voiture) d’activités culturelles, sportives et sociales, à partir de 10 h du matin et jusqu’au soir. La plupart des institutions installés à Palermo seront mises à contribution : le Centro Cultural Coreano, le Club de Amigos, le centre des expositions de La Rural, le Planetario (centre culturel sur l’astronomie), le célèbre zoo de Buenos Aires y la Junta de Estudios Históricos de Palermo (le cercle des études historiques de Palermo, il y a peu de quartiers qui n’ait pas le sien).

Le programme est riche (et parfois contestable), jugez-en un peu :

à 10 heures, une exposition de photos sur l’histoire de Palermo sur les grilles du Jardin Botanique (à la haute de Avenida Santa Fé, au numéro 3900),
à 14h, un spectacle pour les enfants au Planetarium (situé esquina Sarmiento et Belisario Roldán),
à 15h un spectacle-rencontre-conférence autour des anecdotes du quartier de Palermo, dans le Patio Andaluz de la Roseraie du Parque del 3 de Febrero,
à 16h, différentes démonstrations sportives dont du Taekwondo et du slalom en patins à roulettes,
à 18h, le groupe Nuripe viendra donner un concert de percussions coréennes,
et à 20h (et pour ça, les Portègnes auraient sans doute pu s’en passer), un hommage démentiel et mégalomane à une machine à vendre des disques, le défunt Michaël Jackson, sous forme d’une rencontre avec un lien en direct et en multiplex avec 300 villes à travers le monde pour danser tous ensemble sur Thriller.
Franchement, quelques jours après l’inscription du tango au patrimoine de l’humanité, n’y avait-il rien de mieux à faire pour célébrer un quartier aussi imprégné d’histoire locale et d’histoire tout court que Palermo ?

(1) C’est en hommage à son roman le plus important qu’il y aura dans l’après-midi toute une activité offerte sous forme de jeux de marelles géantes. Pour le coup, c’est culturel comme proposition. Julio Cortázar est en effet l’auteur d’un merveilleux roman où il mêle Paris, la ville où il s’était réfugié et où il est décédé en 1982, et Buenos Aires où il a vécu (mais il était né à Bruxelles, de parents diplomates) et qui porte ce titre : Marelle (Rayuela).

El Afronte au Colectivo Tango et à Artefacto [ici]

La Orquesta Típica El Afronte (11 musiciens), qui joue tous les dimanches (sauf par temps de pluie) à la Feria de San Telmo et anime tous les lundis et tous les mercredis la milonga de la rue Perú au 571, est en tournée en Europe depuis le 17 octobre dernier.


Ils ont d’abord circulé en Allemagne, ils étaient à Karlsfed, la patrie du bandonéon, dimanche dernier. Ils sont ce soir, vendredi 23 octobre 2009, à Turin en Italie.
Ils seront ce week-end et au début de la semaine prochaine en Suisse Alémanique (à Stäffa demain et à Zürich mardi soir) puis ils donneront deux concerts en France, à Paris et à Albi, avant de terminer leur tournée par le pays d’arrivée, l’Allemagne, avec une dernière étape dans la ville de Brême, le 6 novembre.
A Paris, ils joueront ce jeudi 29 octobre, au Colectivo, une milonga du nord de la ville, située 46 rue des Rigoles, dans le 20ème arrondissement (Mo Jourdain).
Le Colectivo est une milonga qui fonctionne tous les jeudis de 22h à 1h30 et tous les samedis de 21h30 à 3h du matin. Des cours sont donnés par les animateurs de la milonga. Cette année, leur site Web n’affiche pas les prix d’entrée (8 € l'année dernière et 2 € l'empanada, excellente !).

A Albi, le concert de El Afronte conclura une journée entière consacrée au tango le samedi 31 octobre par l'association de tango argentin Artefacto (cours et milonga). Le concert est prévu à 21h30, dans la salle Pratgaussals. Il sera précédé d’un long stage de danse, entre 10h30 et 17h30 et de la projection d’un film (dont le titre n’est pas annoncé), à 18h30, au Cinéma Athanor. Le concert sera accompagné de quelques démonstrations de ce que les Francophones d’Europe appellent tango nuevo, un style chorégraphique, tout en déhanchés et en tremblements des pieds à la tête ou de la tête aux pieds, très en vogue ici mais très rare à Buenos Aires, où ce style est, avouons-le, plutôt mal vu dans les milongas. L’information sur le site semble indiquer que cette journée de tango albigeois est à 20 € mais renseignez-vous plutôt sur place (la com' du site l'association Artefacto n’est pas très précis sur ce point).

Salgán père et fils : interview dans Página/12 [Actu]

Une du complément Cultura y Espectaculos de l'édition d'aujourd'hui

Sous le titre, En el tango, la base del asunto es la inspiración (dans le tango, le fonds de l’affaire, c’est l’inspiration), le journaliste Carlos Bevilacqua signe aujourd’hui dans le supplément culturel de Página/12 une longue, passionnante et rare interview de deux musiciens de grand talent peu présents dans les médias, le Maestro Horacio Salgán, une légende vivante à lui tout seul, et son fils, le bassiste et désormais aussi pianiste César Salgán, qui a pris la place de son père au sein du Quinteto Real, depuis que le Maître a décidé, en 2003, il y a déjà 6 ans, de ne plus se produire en public.
Il serait difficile et, pour tout dire, il serait même vain de tenter de faire un résumé d’une conversation à bâtons rompu, où qui plus est, les blagues, n’ont pas manqué. Il y a des occasions où il n’y a pas à barguigner : il faut oser s’aventurer dans une langue étrangère. Cette interview offre l’une de ces occasions : allez-y sans crainte. L’espagnol du quotidien n’est pas une langue si éloignée de la nôtre qu’il ne soit pas possible de la comprendre en la lisant à tête reposée...

Pour lire l’interview, cliquez sur ce lien direct vers l’article de Página/12.

Vous pouvez aussi lire, avant ou après, l’entrefilet biographique qui repasse le parcours artistique (73 ans sur scène) d’un Maître qui, à 93 ans, continue à jouer, à étudier le piano ("pour jouer mieux") et à composer ou à faire des arrangements de morceaux à lui ou d’autres compositeurs (en ce moment, Estudiante, de Carlos Gardel) mais chez lui, sans public ni micro et dans l’intimité de son logis. Le dernier disque en public d’Horacio Salgán (avec le guitariste Ubaldo De Lío, avec lequel il forma un duo de légende) est sorti en mai dernier chez Melopea (voir mon article à ce sujet).

jeudi 22 octobre 2009

Une Nuit Tango au Cabaret Sauvage [ici]

Affiche diffusée par La Casa del Tango et Gazetta Tango

C’est une soirée organisée par la Casa del Tango, la petite, celle des Buttes Chaumont, presque en face de l’église Ste Colette à Paris, à ne surtout pas confondre avec l’autre, la grande, la toute première, la Casa del Tango fondée par Osvaldo Pugliese à Buenos Aires (celle-là s’est aujourd’hui installée dans le quartier d’Almagro, dans le centre de la capitale argentine, et elle est dirigée par Nélida Rouchetto).

La Casa del Tango, celle des Buttes Chaumont (19 allée Darius Milhaud), est établie au nord de la capitale française, dans le 19ème arrondissement. Il s’agit d’une toute petite salle de plain pied, avec parquet, agréablement aménagée pour des cours de tango et des milongas d’après-midi (tous les jours en semaine, du mardi au samedi, de 16h à 19h). De temps à autre, s’y produit un petit groupe ou un musicien soliste qui vient donner un concert. Ajouter un petit rayon de chaussures artisanales (en provenance de Buenos Aires) et de gadgets, inutiles mais sympathiques, type pin’s et magnets, à la sauce tango argentin. Le tout est complété par un coin bar avec boissons non alcoolisées et petite restauration légère, servie avec courtoisie, chaleur et sans façon par la maîtresse de maison, Frédérique Behar, qui a fondé ce lieu de rendez-vous pour passionnés.

Frédérique Béhar a l’habitude de produire de temps à autre tel ou tel événement, qui a la vertu de mobiliser et d’attirer à lui comme un aimant la petite communauté des amateurs de milonga de la capitale française et de ses environs.

En l’occurrence, la Nuit Tango, puisque c’est le nom de cette soirée, aura lieu le 7 novembre de 21h à l’aube le lendemain, au Cabaret Sauvage, une salle très en vogue du boulevard MacDonald dans le 19ème arrondissement, au Parc de la Villette, important complexe de la vie culturelle dans le nord de Paris, avec, les uns à côté des autres, la Cité des Sciences, la Cité de la Musique, le Conservatoire National de Musique... (métro Porte de la Villette). Le Bassin de La Villette n’est pas loin non plus. Bref un coin de Paris qui a beaucoup gagné ces dernières années en prestige et en convivialité.

L’entrée est fixée à 12 (pour les fidèles de la Casa) et 15 € (en pré-vente à la FNAC, hors frais de location) et 20 € sur place (ce qui n’est pas indiqué sur l’affiche).
Les informations supplémentaires sont disponibles sur le site de la Casa del Tango (celle de Paris).

Sortie posthume d’un double album de Pepe Libertella [Disques & Livres]

Pepe Libertella était un grand bandonéoniste, c’était aussi un compositeur et un arrangeur. Il fut l’un des fondateurs du Sexteto Mayor, ces six musiciens qui quittèrent soudain la Orquesta Típica Osvaldo Pugliese en 1968 pour fonder un groupe plus petit qui s’est construit depuis une glorieuse réputation. C’était l’époque où les grands orchestres finissaient de disparaître tous les uns derrière les autres au profit de petits groupes, évolution induite par la disparition des cabarets à la fin des années 50 et l’importance croissante de la télévision, dont les plateaux (et les petits écrans) valorisaient mieux les formations réduites.
Pepe Libertella est décédé d’un arrêt cardiaque à Paris, le 8 décembre 2004, sur une tournée au cours de laquelle il participait à Tango Pasión, grand spectacle, avec musiciens, danseurs, costumes et mise en scène.

Ce sont ses fils qui ont rassemblé de multiples prises restées inexploitées par leur père pour composer un album double composé de 2 CD, l’un intitulé Tango íntimo et l’autre Tango orquestal, sous le titre global de Colección Pepe Libertella inédito, sous le label Típica.

Ces deux disques comportent de nombreuses joyitas (petits joyaux, comme disent les Portègnes) : enregistrements avec orchestre réalisés avec le grand chanteur Edmundo Rivero, duo bandonéon-guitare avec Roberto Grela, solos de bandonéon mais également enregistrements effectués lors de deux tournées au Japon en 1978 et 1979 et dans lesquels Libertella et son orchestre interprètent de la musique traditionnelle nippone en arrangements de tango.

Pour aller plus loin : lire la critique discographique de Karina Micheletto dans Página/12 du mercredi 21 octobre 2009.

Joli mois de novembre pour Lucrecia Merico [à l’affiche]

Mais Lucrecia n’attendra pas pour autant le mois de novembre pour profiter du printemps portègne, puisqu’elle sera avec ses complices, la chanteuse Valeria Shapira et leur accompagnateur à la guitare Daniel Pérez, à Clásica y Moderna, Callao 892, un bar-librairie très emblématique, déclaré d’intérêt culturel par la Législature de Buenos Aires et multi-primé par de nombreuses autorités locales. Ce sera un spectacle des Minas del Tango Reo, le 27 octobre, à 19h30.

Et puis en novembre, elle donnera 5 spectacles dans différentes salles à travers la capitale argentine et même un peu au-delà.

Le mercredi 4 novembre à 23h45, accompagnée par Daniel Pérez, Lucrecia Merico chantera à la Zonatango Milonga, de Venezuela 2943 (entrée libre et gratuite).

Le vendredi suivant, 6 novembre à 21h, elle partagera la scène avec Roberto Vassallo, tous deux accompagnés à la guitare par Tony Gallo, à Opíparo, rue Hipólito Irigoyen 3301 (Almagro). Entrée : 20 $.
La semaine d’après, le jeudi 12 novembre à 23h, un concert dans le noir absolu par Lucrecia et Daniel Pérez, au Teatro Ciego de Zelaya 3006, au coeur de l’Abasto, à deux pas du Museo Casa Carlos Gardel. Entrée 20 $. Le teatro ciego (théâtre aveugle) est une salle où les artistes se produisent comme des non-voyants : la salle et la scène sont plongés dans l’obscurité complète. Un exercice difficile pour les musiciens qui ont l’habitude de travailler en se consultant en permanence du regard. Sans parler des partitions, qu’il n’est plus question de consulter. Il faut tout savoir par coeur. Beaucoup de répétitions en perspective...

Le samedi 14, Buenos Aires fêtera la Noche de los Museos comme l’année dernière à la même époque. Lucrecia et Daniel se produiront au Museo Casa Carlos Gardel, rue Jean Jaurés 735 (adresse mythique à Buenos Aires, puisque c’est celle de la dernière maison où vécut le Zorzal Criollo avant de partir pour une tournée mondiale dont il ne devait pas revenir. Lucrecia et Daniel sont casés à 20 h puis ils filent à la Academia Nacional del Tango, où ils se sont déjà produit en septembre dernier (voir l’article sous le lien), et où ils sont attendus au Salón de los Angelitos Horacio Ferrer pour un show à 23h45 (avenida de Mayo 833). Dans les deux cas, c’est gratuit (comme la quasi totalité des activités de la Nuit des Musées).

Enfin le 25 novembre à 20h, Lucrecia Merico sera la chanteuse invitée par la Orquesta Juan de Dios Filiberto au Centro Cultural Plaza. Ce sera en banlieue, dans le département de San Martín, au nord-ouest de Buenos Aires, dans ce qu’on appelle là-bas le Gran Buenos Aires ou el Conurbano... L’entrée sera libre et gratuite.