lundi 21 mars 2011

Une réflexion révélatrice du Secrétaire du Gouvernement portègne... relévé par Página/12 comme toujours [Actu]

Alors que Mauricio Macri achève son séjour parisien, où il est venu se montrer au Salon du Livre de Paris, dont Buenos Aires, capitale mondiale du livre 2011, était la première ville invitée d'honneur, Marcos Peña, le Secrétaire du Gouvernement de la Ville Autonome de Buenos Aires présidait récemment une réunion des principaux responsables culturels de la ville pour fixer les derniers détails de La Noche en Vela (La nuit aux chandelles ou la nuit à veiller), une manifestation culturelle de 24 heures consécutives que monte le Ministère de la Culture.

C'est le quotidien irrévocablement de gauche Página/12, qui a des oreilles qui traînent partout semble-t-il, qui révèle ce matin l'étrange conception de la culture et de la sociologie démocratique que possède ce monsieur. En écoutant les directeurs exposer la manière dont va se dérouler la journée, il les a regardés, "sans rire", tient à préciser le journal, et leur a lancé : "Cette affaire, c'est pour des gens normaux, pas pour des pauvres". Et le quotidien commente que les responsables se sont retirés en en ayant perdu leur latin mais qu'aucun d'entre eux n'a cependant osé relever l'absurdité assez révoltante de cette consigne officielle (on croirait entendre la parole d'un Ambassadeur de France en Tunisie, non ?).

Etant donné que les responsables culturels à Buenos Aires sont majoritairement des gens de gauche, peut-être ont-ils été tout simplement assomés par la brutalité du propos et son incroyable cynisme.

Pour lire cette anecdote dans le texte, connectez-vous sur l'entrefilet sur le site de Página/12.

Sortie de La Cantante de Tango en France : le 30 mars 2011 [ici]

Le film franco-germano-argentin La Cantante de Tango, du réalisateur argentin installé à Bruxelles Diego Martínez Vignatti, sorti en Belgique l'année dernière, sortira en France le 30 mars prochain. Je vous en ai déjà parlé à plusieurs reprises, parce que le réalisateur avait été invité en mai 2010, pour les fêtes du Bicentenaire, au micro de la RTBF (voir mon article du 2 juin 2010 à ce sujet), et parce que le film est déjà sorti en Argentine, où il a été projeté notamment au Museo Casa Carlos Gardel (voir mon article du 10 novembre 2010 à ce sujet).

Photo du film extaite du site Internet

La sortie sera accompagnée de plusieurs projections en avant-première un peu partout dans le pays, dont une dès cette semaine à Toulouse, dans le cadre des Rencontres des cinémas d'Amérique Latine.

Solange Bazely, qui est une spécialiste de l'histoire du bandonéon et de la relation entre cinéma et tango, a diffusé ce week-end une critique fort intéressante de ce film qu'elle a déjà vu. Comme sa critique ne peut pas trouver sa place dans les pages du prochain numéro du magazine trimestriel Tout Tango, je lui accorde bien volontiers un peu d'espace dans ce blog dont elle est une fidèle lectrice et qu'elle soutient de tout son enthousiasme, dont ceux qui la connaissent savent qu'il est fort généreux...

* * * *

Cela n'arrive pas tous les ans, un long-métrage dans le milieu du tango argentin. Celui-ci ne tourne pas autour de la danse (même s'il y a quelques scènes) mais du tango chanté. Présenté en août 2009 au festival de Locarno, puis sorti en Belgique en juin et en novembre 2010 en Argentine, ce film débarque enfin sur les écrans français le 6 avril 2011.


On connaît déjà le réalisateur argentin résidant en Belgique depuis 1997 où il a fait l'INSAS (Ecole de cinéma, après un diplôme d’avocat), notamment pour son documentaire Nosotros en 2004, ou son premier long-métrage La Marea, en 2007 avec déjà celle qui, de son égérie, est devenue sa femme, la danseuse, actrice et désormais chanteuse de tango Eugenia Ramírez Miori. Ils font tous deux partie des acteurs de la scène tanguera à Bruxelles et savent donc de quoi ils parlent !


Réalisateur, scénariste et chef-opérateur, Diego Martinez Vignatti nous plonge ici au coeur de l'expérience solitaire d'une femme dévastée par la fin d'une histoire d'amour et pour qui le chant et l'exil volontaire permettra peut-être de refermer les plaies. Amateurs de film d'action s'abstenir, ce film assume le choix du silence, des plans séquences (et des plans fixes), du temps de l'introspection et de la sensation. Obsédée par la perte de son amour, la jeune femme s'enfonce dans la douleur. Malgré un nouveau contrat qu'elle accepte avec ses musiciens au Théâtre Homero (parce que son maître, Oscar Ferrari veut croire qu'elle chantera pour lui), elle finira par quitter Buenos Aires, dans un parcours en taxi où chaque coin de rue lui rappellera ce monde qu'elle quitte.


Dans ce nouveau pays où les éléments se déchaînent, la mer, le froid et le vent balayent peu à peu, à coup de ballades à pied ou à bicyclette, sur les falaises ou la jetée, le malêtre. Une noyade littérale et symbolique dans le chagrin et la mer, la découverte du pétrissage de la pâte à pain et un retour difficile et progressif vers le chant finiront par la transformer et l’amener à pouvoir écrire une nouvelle page de vie sur le mur fraîchement peint de sa nouvelle demeure en bord de mer.


Grâce à des flash-backs et ellipses, le film navigue et laisse comme une option, que se serait-il passé si un autre choix avait été fait ?


Tout le film est centré sur elle et sa blessure absurde (comme dit le tango qu'elle interprète, La última curda), les autres personnages étant flous, de dos, ou en second plan, comme dans ce long plan-séquence où elle suit son ancien compagnon, lui toujours filmé de dos, au son des notes aigües du bandonéon.


La bande-son est particulièrement intéressante notamment par de multiples distorsions du son (parfois étouffé) en accord avec la perception décalée de l'héroïne, quand son regard s'éveille dans le bal, le son s'atténue; la ballade en taxi, la scène sous l'eau sans aucun son. Le seul son direct est quand Helena chante avec ses musiciens sur scène.


La musique de tango prend une place centrale dans ce film, notamment par le chant, soulignant la vie intérieure et la mélancolie des personnages, peu bavards. Même entre frère et soeur, ils ne se parlent quasiment pas.


La voix permet de traduire les tourments d'Helena qui s'exprime en chantant sur scène mais s'enferme dans le silence dès qu'elle l'a quittée. Les paroles des tangos sont un véritable personnage, celui qui dit lorsqu'elle tait.


L'esthétique des cadres est cruciale, de même les paysages choisis, les couleurs et contrastes... qui surenchérissent la sensation d'étrange, d'éloignement, de façon quasi onirique parfois. Rien n'est laissé au hasard. Il y a toujours une fenêtre d'où voir la mer ou la ville, souvent un cadre dans le cadre, comme pour voir la réalité au travers d'une vitre, tant à Buenos Aires qu'en Europe.


Les effets de distorsion d'images renforcent la perte de sens ou des réalités, comme quand elle porte son regard au loin, perdue et où le bal est flou ou lors d'un transtrav (travelling compensé) quand elle vient écouter la chorale chanter et que cela lui procure une forte émotion puis quand on la voit enlacée à un homme, sans bouger alors que les autres couples dansent autour de la piste.


Quelques éléments fantastiques sont disséminés ça et là, comme ce téléphone rouge qui sonne sans arrêt sur la jetée.


Quelques bémols cependant dans le mutisme excessif qui nous éloigne parfois des personnages, avec lesquels j'ai eu du mal à entrer en empathie. Du coup, par contraste, quelques dialogues sonnent faux de même l'utilisation des mains d'Helena lorsqu'elle chante... Certains spectateurs pourraient être laissés au bord du cadre car si "la caméra est capable de lire les pensées et de radiographier l’âme", le spectateur le peut-il ? Le sens aigu du tragique peut friser parfois, selon les sensibilités, l'excès de pathos.


Le réalisateur a refusé une autre actrice, une autre chanteuse qui ne soit sa femme, qui n'a pas été doublée et assure chaque scène, avec force et fragilité.


Carlos Gardel est présent à plusieurs reprises dans le film, d'abord comme modèle suprême pour Helena puis avec Alma en pena dans la version qu'il a immortalisée.


Quelques références subtiles également au cinéaste Hugo Santiago, que ce soit dans le nom du quartet Aquilea, le Café Invasion ou le vieux monsieur qui écoute Eduardo Rovira. Pour ce nouveau film bilingue, français et espagnol, Diego Martinez Vignatti signe une fois encore la réalisation, l’image, et le scénario en collaboration avec Luc Jabon. avec Eugenia Ramírez Miori, Bruno Todeschini, et l'apport incontestable d’Alfredo Piró et d’Oscar Ferrari devenu le Maestro, voire l’ange gardien d’Helena/Eugenia (Ferrari est décédé avant d'avoir pu voir le film. Il était également présent dans le documentaire Café de los Maestros) dans leur propres rôles qui ont formé l'actrice à l'interprétation du tango. On les voit réunis dans la scène de la leçon de chant où Alfredo Piró s'entraîne au vibrato. Signalons les arrangements originaux de Juan Otero en Argentine et Hernán López Ruiz en Europe.


2009-2010 - 1h40 - Scope - Couleur - Dolby SRD - Visa 120115 - Production Tarantula -
Distribution Tamasa - lacantantedetango.com

Solange Bazely (mars 2011)

Pour en savoir plus :
vous pouvez lire tous les articles que j'ai consacrés à Solange Bazely dans ce blog en cliquant sur son nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus, y compris les deux articles qu'elle a elle-même écrits dont celui-ci.
Vous trouverez aussi, en lien permanent sur Barrio de Tango, son blog sur le bandonéon et son histoire dans la Colonne de droite, dans la partie basse.

samedi 19 mars 2011

Premier Plenario 2011 à la Academia Nacional del Tango lundi prochain [à l'affiche]

La Academia Nacional del Tango reprend sa série de séances académiques, le 1er et 3ème lundis de chaque mois, comme tous les ans d'avril à décembre.

Le premier Plenario de l'année aura donc lieu lundi 4 avril 2011 à 19h30, comme d'habitude, dans le Salón de los Angelitos Horacio Ferrer, au siège de l'institution, Avenida de mayo 833, 1er étage.

Le tango rituel de la soirée sera La Cumparsita, que l'on écoutera dans deux versions très différentes, d'une part celle de Juan D'Arienzo, dans un enregistrement qu'en fit la télévision uruguayenne à Montevideo, et d'autre part, celle de Astor Piazzolla, telle qu'il l'enregistra dans son anthologie discographique La historia del tango (dans une version très personnelle, où le célèbre morceau est à peine reconnaissable, tant et si bien que Piazzolla l'appelait en plaisantant la Cumparzolla).

Au cours de cette soirée, Horacio Ferrer, Président de la Academia Nacional del Tango, remettra à Juan Montero Aroca, Professeur de droit procédural à l'université de Valence et magistrat au Tribunal Supérieur de la Communauté Valencienne, son titre d'Académico Correspondiente à Valence, en Espagne.

A l'issue de cette remise honorifique, le nouvel académicien présentera son ouvrage intitulé La Cumparsita - Vida y Derecho en el Tango más universal (La Cumparsita, Vie et droit dans le tango le plus universel) (1).

L'espace artistique qui clôture traditionnellement ces soirées sera confié au compositeur et pianiste José Colangelo et à la chanteuse Gabriela Rey.

(1) La Cumparsita a une histoire mouvementée avec toute une série de procès intentés par le compositeur uruguayen Gerardo Matos Rodríguez, qui avait tout d'abord vendu sa partition pour une somme dérisoire à un imprimeur et voulu lui reprendre les droits lorsque, sous l'impulsion de Carlos Gardel, le morceau rencontra enfin le succès, ensuite contre Pascual Contursi et Enrique Maroni, qui avaient repris le morceau pour une revue à Buenos Aires et y avaient associé des paroles qui déplaisaient au compositeur. Le tout se régla en 1938 à la SADAIC avec un accord léonin qui laissait à Matos Rodríguez des droits très largement supérieurs à ceux des deux auteurs, qui avaient pourtant permis au morceau de sortir de l'ombre et de devenir le succès mondial qu'il est aujourd'hui.

vendredi 18 mars 2011

Milonga en plein air samedi dans le cadre du Festival Indépendant [à l'affiche]

Grande milonga pour clore le deuxième Festival Indépendant de Tango à Buenos Aires, ce samedi 19 mars à partir de 19h, à la hauteur de Avenida Patricio 1900, à cheval entre La Boca et Barracas. En cas de pluie, tout le monde se repliera au Malevaje Arte Club, Garibaldi 1670, dans le quartier de La Boca.

Les musiciens programmés sont : Proyecto LCB, le chanteur Dema et son orquestre La Petitera, Alan Haksten Grupp, bien connu de mes lecteurs réguliers, le Quinteto El Berretín, et le duo Angel Pulice et Ruth de Vicenzo, que vous connaissez bien eux aussi.

Pour en savoir plus sur le festival, cliquez sur le mot-clé FIT dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus. Vous accéderez ainsi à l'ensemble des articles que je lui ai consacrés sur les deux édtions, celle de mars 2010 et celle de cette année.

Harmonica, piano et guitare au CAFF ce soir [à l'affiche]

Franco Luciani, 29 ans, est considéré en Argentine comme le meilleur joueur d'harmonica depuis feu Hugo Diaz. Il se présente ce soir au CAFF, rue Sánchez de Bustamante, 764, à 22h, dans le quartier de l'Abasto, pour un concert de tango avec le pianiste Daniel Godfrid et le guitariste Ariel Argañaraz.

Le concert est annoncé dans les pages culturelles de Página/12, qui consacre à l'événement tout un article ce matin.

L'article nous dévoile qu'ils joueront ce soir des morceaux variés, Moneda de cobre (de Carlos Viván et Horacio Sanguinetti) (1), Margarita Gauthier (de Joaquín Mora et Julio Jorge Nelson), Después (de Hugo Gutiérrez et Homero Manzi), et Los ejes de mi carreta (milonga de Atahualpa Yupanqui et Romildo Risso).

“Para mí, el tango y el folklore son una unidad. En Cosquín siempre meto un tango. [...] Adhiero al concepto del cantor nacional, al estilo de Gardel o Nelly Omar. Y ojo que, si bien somos relativamente pocos los que hacemos los dos géneros, tal vez no sea algo que está muriendo sino algo que crece”
Franco Luciani, cité par Carlos Bevilacqua, dans Página/12

Pour moi, le tango et le folklore forment une unité (2). A Cosquín (3), je fourre toujors un tango [...]. J'adhère au concept du chanteur populaire national, façon Gardel ou Nelly Omar. Et attention, hein, parce que, si nous sommes relativement peu nombreux nous qui jouons les deux genres, ce n'est pas pour autant quelque chose qui se meurt mais au contraire quelque chose qui grandit.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Carlos Bevilacqua donne dans son article l'impressionnant agenda du musicien, qui doit même jouer sur la scène du Teatro Colón, si toutefois le conflit social qui affecte le théâtre depuis bientôt six mois permet les représentations dans lesquelles il est attendu.

J'ai moi-même eu la chance de pouvoir entendre Franco Luciani sur scène, au Festival de Tango de Buenos Aires en 2009 (voir mon retour sur images du 15 octobre 2009) et il vaut la peine : grande technique, sensibilité esthétique brillante et énorme présence physique, ce qui est fort important dans un concert.

Pour aller plus loin :

(1) Moneda de Cobre fait partie des 231 letras de tango que j'ai traduites dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, publié en mai 2010 aux Editions du Jasmin, p 107.
(2) En Argentine, le tango est un musique citadine, urbaine, pratiquée surtout dans les grandes villes comme Buenos Aires, La Plata ou Rosario, dont Franco Luciani est natif. Le folklore est la musique des zones rurales et des petites bourgades, sans aucune des dimensions nostalgiques qui peuvent exister dans ce que nous appelons folklore en Europe.
(3) Il s'agit là du Festival de Musique folklorique de Cosquín, où de temps en temps se produit tel ou tel artiste de tango, mais c'est assez exceptionnel.

La Métropolitaine a du plomb dans l'aile [Actu]

Alors que Mauricio Macri fait de la représentation à Paris, à la porte de Versailles, au Salon du Livre, avec sa jeune épouse fièrement enceinte (sans doute fallait-il qu'il se marie et qu'il ait un enfant pour prétendre au poste de plus haut magistrat dans son pays), la justice argentine vient de mettre la main sur un butin fort compromettant pour le Gouvernement de la Ville autonome de Buenos Aires, qu'il dirige depuis le 10 décembre 2007 : des balles en plomb, découvertes dans le magasin aux armes de la Police Métropolitaine, placée sous la reponsabilité de Guillermo Montenegro, le Ministre de la Sécurité du Gouvernement Portègne.

Comme c'est bizarre !

En décembre 2010, après que des manifestants avaient été atteints de balles en plomb, lors des émeutes de Villa Soldati (lire mes articles de 2010 sur ces événements tragiques), alors que les forces de l'ordre qui leur faisaient face appartenaient à la Métropolitaine, Montenegro avait juré ses grands dieux que sa police n'était armée que de balles en caoutchouc et que jamais la Ville n'avait acheté de munitions en plomb. Pourtant, avec les munitions contestées, les enquêteurs ont trouvé des documents comptables qui font apparaître que l'achat remonte au mois d'octobre 2010... Cette perquisition a eu lieu dans le cadre de l'instruction sur les homicides et les coups et blessures à Villa Soldati.

Pendant ce temps-là, grâce à sa présence à la Porte de Versailles, Mauricio Macri a pu ne pas se rendre devant un autre juge, qui aimerait l'entendre depuis le 10 décembre dernier sur les agissements de l'UCEP, une milice privée, placée sans doute sous ses ordres et qui semait la terreur il y a un peu plus d'un an, la nuit, parmi les sans abris de Buenos Aires. Le voici qui pose pour les photographes devant quelques immeubles bourgeois de la capitale française et disserte en exclusivité pour Clarín sur la meilleure façon d'envisager l'avenir et d'aborder ses futures responsabilités à la tête du pays.

Pour en savoir plus :
lire l'article de Página/12 sur les découvertes compromettantes dans le magasin de la Métropolitaine
lire mon article d'hier sur les sanctions qui tombent sur quelques ripoux haut placés de la Police Fédérale (comme quoi, le Gouvernement fédéral mène une politique bien différente du Gouvernement portègne)
lire mon article d'avant-hier sur l'annonce de la grossesse de Juliana Awada de Macri et la pose de son époux devant la Seine
lire l'article de Clarín sur l'inauguration hier de la participation portègne au Salon du Livre de Paris, dont Buenos Aires est la première ville invitée d'honneur, à côté de la littérature scandinave
lire l'article de Clarín sur les propos de campagne électorale tenus par Mauricio Macri pendant son séjour à Paris.

Daniel Melingo à Bagnoles de l'Orne [ici]

L'auteur-compositeur-interprète Daniel Melingo se produira au Printemps de la Chanson en Normandie, à Bagnoles de l'Orne, Centre d'Animation et de Congrès, le 23 mars 2011, à 20h30. Places : 8 € et 10 €.

Pour en savoir plus, consulter la page Web du Festival sur le site de l'Office départemental de la Culture. Vous pouvez y écouter des extraits de chansons des artistes invités.

Dans la programmation de ce Festival, Daniel Melingo arrive, dans cette sixième édition, après Juan Carlos Cáceres, Leonardo Sánchez et Las Hermanas Caronni.

jeudi 17 mars 2011

Hommage nord-américain et philatélique à Carlos Gardel [Troesma]


Les Etats-Unis viennent d'émettre une série de timbres intitulée Forever Stmaps qui ont été présentés hier à Austin au Texas. L'image de Carlos Gardel a été retenue dans la série comme celle d'un artiste majeur de l'Amérique Latine, lui qui vécut temporairement, à plusieurs reprises, à New York au début des années 30 et où il fit carrière notamment au cinéma, après la mort de Rudolf Valentino, qui avait laissé vide une place exceptionnelle de latin lover, que l'Argentin remplit à merveille.

C'est le quotidien Clarín qui rapporte cet hommage septentrional dans son édition de ce matin. Le journaliste a poussé la conscience professionnelle jusqu'à se rendre à la Academia Nacional del Tango pour s'entretenir avec Walter Piazza, le Secrétaire permanent de l'institution, au sujet de la carrière du Zorzal Criollo.

Pour en savoir plus :
lire mon article du 24 juin 2010 sur la sortie d'un timbre argentin en juin 2010 pour la commémoration des 75 ans de la mort de Gardel
lire mon article du 9 juillet 2010 sur la sortie d'une carte postale commémorative en Argentine
lire mon article du 26 septembre 2010 sur la présentation de cet ouvrage, en août 2010, à Buenos Aires, en présence de Luis Alposta, auteur de la préface du livre et du portrait figurant sur le timbre argentin de juin dernier.

Embarras du choix pour samedi soir [à l'affiche]

Samedi 19 mars 2011,

à 21h30, à la Milonga del Morán, le chanteur Ariel Ardit vient se produire avec ses musiciens et les danseurs Javier Rodríguez et Andrea Missé feront des exhibitions (Club Social y Deportivo Morán, Pedro Morán 2446

à 22h, le chanteur, compositeur et guitariste Tata Cedrón viendra donner un tour de chant, comme tous les samedis de ce mois, accompagné par le bandonéoniste Miguel López et le guitariste Miguel Praino, à l'Espace Eclectico, Humberto 1° 730

et à 22h, toujours, à Clásica y Moderna, ce sera un concert de la chanteuse Lidia Borda, accompagnée pour l'occasion du pianiste Daniel Godfrid et du guitariste Ariel Argañaraz, à Callao 892.

Opération de nettoyage dans la Police Fédérale argentine [Actu]

Les lecteurs de ce blog qui le lisent régulièrement depuis au moins le mois d'octobre se souviennent sans doute de ce très jeune militant ouvriériste, Mariano Esteban Ferreyra, qui mourut pendant une manifestation de cheminots externalisés dans le quartier de Barracas à la suite de violences venant des forces de l'ordre, officielles ou privées, déployées pour empêcher la manifestation de dégénérer, voire de se tenir (consulter à ce propos mes articles sur ce drame et ses conséquences politiques et judiciaires).

Une enquête avait été aussitôt diligentée par la Justice, dont la famille de la victime se disait satisfaite, et il semble bien que le présent Gouvernement argentin s'emploie à tirer toutes les conséquences de cette enquête et de celle qui, en décembre, a suivi les émeutes qui se sont produites dans le quartier de Villa Soldati (voir mes articles sur les émeutes de Villa Soldati). Les deux événements mettaient en effet en cause les dirigeants des polices, fédérale ou locale.

C'est ainsi que la toute nouvelle Ministre de la Sécurité, nommée à la fin des troubles de Villa Soldati, vient de mettre en disponibilité le Superintendant (1) de la Police Fédérale, qui était à la tête des 53 districts de la capitale argentine.

La Ministre reproche à Hugo Lompizano des agissements des plus suspects dans la mort violente de Mariano Ferreyra, notamment la disparition de plusieurs minutes de vidéo de surveillance, précisémment celles pendant lequel le jeune homme a été atteint par balle, des appels reçus et donnés depuis son portable à des personnes mêlées à un trafic de prostitution dans les quartiers de Recoleta et de Flores alors que les hommes déployés sur place ne voyaient jamais rien de suspect dans ces deux coins.

On imagine que les sanctions ne vont pas s'arrêter là et on s'attend à un vrai jeu de chaises musicales dans la direction de la Police et les 53 commissariats qui veillent sur la sécurité des Portègnes. Il semblerait donc que le présent gouvernement soit bien déterminé à faire cesser les scandales ou en tout cas un certain nombre d'entre eux, comme la corruption de la police et le travail au noir, qui affecterait d'après l'INDEC encore un tiers des travailleurs (on l'estimait à 40%, il n'y a encore que quelques mois). En tout cas, on s'en prend là aux hauts fonctionnaires et non pas aux lampistes de service, comme à l'ordinaire en Argentine. Un pas supplémentaire vers l'implantation d'une démocratie de plus en plus digne de ce nom, après tant et tant d'années de dictatures et de magouilles en tout genre ?

Pour en savoir plus :

(1) C'est l'histoire qui veut ça. L'organisation fédérale de l'Argentine date de 1853, date à laquelle un gouvernement libéral prenait en tout exemple sur l'Angleterre victorienne et sur les Etats-Unis. Ainsi est-ce le titre britannique de Superintendant qui est utilisé pour la Police et le modèle des Etats-Unis qui l'est pour l'organisation du Gouvernement, avec Président et Vice-Président, Sénat et Chambre des Députés rassemblés dans un même bâtiment qui ressemble furieusement au Congrès de Washington...

Cycle de Tangos Pollués du côté du Riachuelo [à l'affiche]

Demain soir, vendredi 18 mars 2011, à 21h, alors qu'on célèbrera à Paris les 140 ans du début de La Commune, trois groupes d'artistes se réuniront au Malevaje Arte bar, sous un intitulé qui dénonce le désastre écologique du cours d'eau voisin, le Riachuelo : Tangos Contaminados (entendez Tangos Pollués).

Les artistes dont il s'agit sont le Quinteto Negro La Boca, qui a pris pour enseigne le pont transbordeur du port de ce quartier de Buenos Aires, le chanteur Cucuza accompagné de son partenaire guitariste privilégié, Moscato, et la Orquesta Típica Esquina Sur.

Entrée 10 $.

El Malevaje Arte Bar, Garibaldi 1670.
Réservation au 4362 2632 (si vous êtes sur place).

Pour en savoir plus, vous disposez de différents outils dans ce blog : des mot-clés qui vous permettent de sélectionner les articles par thème dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus, la rubrique Vecinos del Barrio dans la partie haute de la Colonne de droite, et dans la partie droite, une rubrique Grillons, zorzales et autres cigales où vous trouverez des liens avec des très nombreux sites internet de chanteurs, de musiciens et de formations contemporaines.

mercredi 16 mars 2011

Le week-end très chargé de la OT La Vidú [à l'affiche]

Vous saviez déjà que cet orchestre était attendu à la SFCO de Avellaneda, à l'invitation du quintette La Biyuya, puisque je vous en ai parlé en début de semaine.

Mais ils seront aussi jeudi à la Milonga La Viruta, qu'ils animeront après minuit, dans le quartier de Palermo, puis dimanche, sur la Place Dorrego, à San Telmo, pour la fête qui clôturera le Festival Indépendant du Tango, à partir de 18h30 (croisons les doigts pour que l'automne n'apporte pas la pluie, comme celle qui a fait reporter de 24 h la grande milonga d'ouverture de ce festival, qui célèbre cette année sa deuxième édition).


Toutes les informations pratiques sont sur l'affiche diffusée par le groupe.

Pour en savoir plus sur ce festival, cliquez sur le sigle FIT dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.

Horacio Molina à No Avestruz vendredi soir [à l'affiche]

Le chanteur Horacio Molina se produira vendredi 18 mars, à 21h30, à No Avestruz, Humboldt 1857, une salle de concert du quartier de Palermo.

Il sera accompagné par le guitariste Paulo Passerini et le pianiste Pablo Fraguela, dont je vous parlais il y a quelques jours au sujet du tour de chant de Patricia Bélières au Museo Casa Carlos Gardel (voir les activités de ce musée en cliquant sur son raccourci dans la rubrique Quelques quartiers, villes et lieux, dans la partie haute de la Colonne de droite).

Entrée : 60 $

Pour en savoir plus :
connectez-vous au site de No Avestruz
et au site de Horacio Molina, que vous trouverez dans la rubrique Grillons, zorzales et autres cigales, dans la partie inférieure de la Colonne de droite.

Un costume taillé sur mesure pour Macri [Jactance & Pinta]

C'est un vrai costume que le très péroniste Premier Ministre argentin, Aníbal Fernández, vient de tailler au Chef du Gouvernement de Buenos Aires, l'ultra-libéral Mauricio Macri, qui entend bien se présenter à l'élection présidentielle qui se profile à l'horizon printanier du mois d'octobre prochain. Jugez-en plutôt. Voici la phrase avec laquelle le Premier Ministre a salué l'annonce, d'ailleurs totalement déplacée, de la grossesse de la nouvelle femme de Mauricio Macri, Juliana Awada (voir mon article du 20 septembre 2010 sur le reportage très "pipeul" que le magazine argentin Gente avait consacré au futur couple en août dernier) :

“Uno no puede en esos casos menos que desearle el bien, ¿no? No sé si le tengo que tirar buena onda a Macri, le tiro buena onda a su hijo, porque en definitiva es un inocente y me imagino que Dios le pondrá la mano para que le salgan las cosas bien. Como buen cristiano, le tengo que desear que no salga al papá, que le guste trabajar.”
Aníbal Fernández, cité par Página/12

Dans ces cas-là, on ne peut pas moins que lui souhaiter le meilleur, non ? Je ne sais pas si je dois envoyer des bonnes ondes à Macri (1), j'envoie des bonnes ondes à son enfant, parce qu'en définitive, c'est un innocent et j'imagine que Dieu lui tendra la main pour que les choses tournent bien pour lui. En tant que bon chrétien, je dois lui souhaiter de ne pas ressembler à son papa, d'aimer le travail.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

C'est ce qui s'appelle habiller quelqu'un pour l'hiver, non ? (2)

Gageons que ce bébé ne fera pas partie, lui, des affreuses statistiques sur la mortalité infantile qui augmente à grande vitesse dans la capitale argentine, sous l'influence de la politique sociale menée par le présent gouvernement portègne (voir mon article du 14 décembre 2010 sur cette question).

Cette petite phrase politique du Premier Ministre a été citée hier par Página/12, le quotidien de gauche qui déteste Macri et qui aime Cristina de Kirchner, la Présidente péroniste qui gouverne le pays depuis le 10 décembre 2007 (3).

Par ailleurs, le couple est actuellement à Paris, alors que le Salon du Livre qui s'ouvre ce vendredi compte Buenos Aires parmi ses invités d'honneur. Monsieur pose ici, devant l'Ile de la Cité, et même plus précisément devant le Palais de Justice et le siège (toujours actuel, mais plus pour très longtemps) de la Police Judiciaire, le fameux Quai des Orfèvres (4) immortalisé par le cinéma et le polar. Le titre de Página/12 brocarde donc ce énième voyage en Europe en rappelant qu'avec ce déplacement, Mauricio Macri échappe une nouvelle fois à ses obligations judicaires. Il est en effet à nouveau convoqué à Buenos Aires et pour la troisième fois, par le juge qui enquête sur l'affaire de la milice privée UCEP, qui, pour le compte du Gouvernement portègne, tabassait les indigents pour leur faire fuir la Capitale argentine (voir mon article du 7 février 2011 sur la deuxième convocation, à laquelle il ne s'est pas rendu, fin février, prétextant un déjeuner de campagne électorale, tandis qu'il était déjà parvenu à faire reporter la première). Le gros titre de cette édition de ce matin n'est autre que celui d'un célèbre tango, Anclao en París, du poète Enrique Cadícamo et du compositeur Guillermo Barbieri, guitariste de Carlos Gardel (pour qui ce tango fut écrit) et qui mourut avec lui à Medellín, le 24 juin 1935 (5). La manchette supérieure fait, quant à elle, allusion à la crise nucléaire au Japon.

Pour vous reporter à l'entrefilet de Página/12, cliquez sur le lien.

(1) Les bonnes ondes, la buena onda ou las buenas ondas : c'est une forte croyance, très unanimement partagée par tous les Argentins, et qui leur vient des traditions amérindiennes, totalement digérée dans un syncrétisme qui n'a jamais dit son nom mais n'en est pas moins bien réel. Il s'agit d'une opposition constante dans le monde entre la buena onda et la mufa (le mauvais sort). Certaines personnes, certaines oeuvres, certaines phrases sont mufa (elles portent malheur), c'est le cas de l'ancien président Carlos Menem par exemple, et même du compositeur Carlos Di Sarli, qui en souffrit beaucoup dans sa carrière. En revanche, d'autres personnes, d'autres oeuvres, d'autres phrases portent bonheur, tiran buena onda (jettent des bonnes ondes) ou llevan suerte (portent chance). C'est le cas du compositeur Osvaldo Pugliese, dont le seul nom est un porte-bonheur. C'est aussi le cas de Carlos Gardel.
(2) "habiller quelqu'un pour l'hiver" : expression idiomatique populaire française par laquelle on désigne une critique très sévère contre la personne en question. L'expression "tailler un costume" (ou en argot "tailler un costard") dit la même chose, avec une nuance nettement plus agressive.
(3) Cristina de Kirchner n'a pas encore annoncé ses intentions concernant sa candidature. Elle est en tête des sondages d'intentions de vote même si les sondages des dernières semaines faisaient apparaître qu'aucun des présidentiables identifiés ne pourrait être élu au premier tour. Néanmoins ce week-end, c'est une Gouverneur péroniste kirchneriste que viennent d'élire les habitants de la Province de Catamarca. Cette élection partielle semble de buena onda pour l'avenir politique de Cristina et a été saluée comme telle lundi par Página/12 (voir le lien vers le site dans la rubrique Actu, dans la partie basse de la Colonne de droite) et une bonne partie de la gauche argentine, qui redoute beaucoup les politiques ultra-libérales annoncées par les candidats de la droite, toutes tendances confondues.
(4) Pour mes lecteurs étrangers et en particulier pour les Portègnes, qui lisent ce blog, cette image mérite quelques commentaires : le premier bâtiment que vous voyez au-dessus de l'épaule de Macri, c'est la Conciergerie, un vieux palais citadin qui servit de prison à la famille royale pendant la Révolution. Il abrite aujourd'hui un musée historique et notamment le dernier cachot de Marie-Antoinette, une partie du Palais de Justice et, hors cadre, plus loin sur votre gauche, la Sainte Chapelle. Derrière la Conciergerie, avec cette tour pointue que l'on voit à peine, au-delà du pont, c'est le fameux Quai des Orfèvres qui abrite les locaux de la Police Judiciaire, dont les services vont bientôt déménager pour d'autres locaux, plus modernes et plus confortables, mais qui ne possèderont plus ce cachet des vieux monuments historiques qui auront attaché leur nom à des films et, en l'occurrence pour celui-ci, à presque tous les romans policiers de Simenon... Je ne peux pas imaginer un seul instant que la rédaction de Página/12 ait choisi ce cliché sans savoir ce qu'il représente dans la capitale française.
(5) Anclao en París fait partie des 231 tangos, valses et milongas que j'ai traduits dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, sortie en mai 2010 aux Editions du Jasmin, p 284. On aura l'occasion de le voir pendant l'une des rencontres littéraires que j'anime à Paris depuis le début février, à l'Académie Esprit Tango (M° Avron) et à l'Espace Tango Negro (M° Anvers). Sur le livre comme sur les rencontres littéraires, voir les raccourcis de la rubrique Agenda de Barrio de Tango, en haut de la Colonne de droite.

Reprise des cours réguliers de danse au Museo Casa Carlos Gardel [Actu]

Le Museo Casa Carlos Gardel, qui dépend de la Direction Générale des Musées, au Ministère de la Culture de la Ville autonome de Buenos Aires, reprendra le mercredi 23 mars les cours de tango de Luis Boccia, qui fut le partenaire de Madonna dans le film Evita.

Luis Boccia est professeur de danse à la Escuela Nacional Superior de Danzas María Ruanova. Cette année, il reprend ses cours gratuits, tous les mercredis et vendredis, à 18h, au Museo Casa Carlos Gardel, situé rue Jean-Jaurès au n° 735, comme le savent désormais très bien mes fidèles lecteurs.

Pour en savoir plus sur les activités proposées par le Musée dont je parle dans ces colonnes, cliquez sur son nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.
Pour tout savoir sur la danse, spectacles, milongas, stages et cours, et ce que j'en dis dans ce blog consacré à l'actualité culturelle du Río de la Plata, cliquez sur le mot-clé Danse dans ce même bloc Pour chercher.
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