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vendredi 2 août 2013

Les bougies, on ne s'en lasse pas ! [à l'affiche]

La Academia Nacional del Tango continue à fêter les quatre-vingts ans de son fondateur et président, le Maestro Horacio Ferrer (ça a commencé début juin...)

Lundi 5 août 2013, à 19h30, premier Plenario du mois au siège de l'institution (Avenida de Mayo 833, 1er étage), présentation du nouveau disque du Maestro, Flor de Tangos y Poemas (fine fleur de tangos et de poèmes), où Horacio Ferrer récite ses propres vers sur des musiques composées par Juan Trepiana et du nouveau livre, El Tango, arte y misterio, Meditaciones bajo la luna, un ouvrage de 14 chapitres où Horacio Ferrer repasse toute l'histoire du tango (Editorial Losada).

Tango rituel : Poema a los Zapatos de Lucía (1) de Horacio Ferrer et Juan Trepiana interprété par eux-mêmes.



Dans l'espace artistique, Horacio Ferrer et le pianiste et compositeur Juan Trepiana donneront un aperçu du contenu du disque.

Entrée libre et gratuite, comme toujours.



(1) Ce "poème aux souliers de Lucía" (dite aussi Lulú, l'épouse de Horacio Ferrer) fait partie de la sélection d'œuvres de ce poète que j'ai traduites dans un cahier de 15 pages inclus dans la revue Triages n° 20, parue en juin 2008, pour les 75 ans de l'artiste, chez Tarabuste Editions. Disponible chez l'éditeur au prix de 20 € (150 pages).

mardi 23 août 2011

Ce soir, Horacio Ferrer au 25 de Mayo [à l'affiche]

Cette soirée du Teatro 25 de Mayo, situé avenida Triumvirato 4444, s'inscrit dans le cadre du Festival de Tango de Buenos Aires, toujours avec les énormes problèmes d'organisation qui étaient déjà apparus sous une autre forme l'année dernière (les places pour les spectacles du 25 de Mayo sont par exemple à retirer le jour même au guichet de ce théâtre très périphérique, dans le quartier excentré de Villa Urquiza, entre 11h et 18h, donc quand la majorité des Argentins sont au travail et la majorité des touristes dans l'ignorance de l'existence même de ce théâtre...).

Le poète Horacio Ferrer et le pianiste et compositeur Juan Trepiana présenteront donc à 20h30, ce mardi 23 août 2011, un spectacle de musique et de poésie intitulé Flor de tango y poemas.

Entrée libre et gratuite. Très beau spectacle en perspective...

Pas de retour sur images cette fois-ci sur la participation du Maestro au Festival, puisque je ne peux pas me couper en deux. Je serai à la même heure ou presque de l'autre côté de la ville, au siège du Festival pour une assez longue soirée dont Cucuza sera l'une des toutes premières vedettes. C'est-y bête !

mercredi 8 juin 2011

Leonardo Pastore et Hernán Genovese célèbrent Lanús et l'opéra au Bar 36 Billares demain soir [à l'affiche]

Ce sera demain soir, jeudi 9 juin 2011, à 21h30, au Bar Los 36 Billares, avenida de Mayo 1265. Les deux chanteurs, lyrique pour le premier et tanguero pour le second, seront accompagnés par le violoniste Fabián Bertero, qui assure aussi les arrangements, et le pianiste Juan Trepiana, qui jouent souvent en duo, notamment dans les événements abrités par la Academia Nacional del Tango, située à quelques cuadras (1) des 36 Billares.

Entrée : 40 €.

Le spectacle s'intitule De Lanús al Colón. Lanús est une ville de la banlieue sud de Buenos Aires, c'est là qu'est né Hernán Genovese (c'est aussi la ville natale d'Alfredo Arias). Le Colón désigne ici l'opéra de Buenos Aires, qui porte le nom du découvreur du Nouveau Monde comme un grand nombre de théâtre en Amérique du Sud...

(1) Sur le vocabulaire argentin, consulter la Trousse lexicale d'urgence, située dans la partie médiane de la Colonne de droite.

mercredi 9 mars 2011

Hommage à Astor Piazzolla : grand concert gratuit en plein air à Buenos Aires [à l'affiche]

Vendredi prochain, le 11 mars 2011, cela fera 90 ans que naissait le Maestro Astor Piazzolla à Mar del Plata, lui qui a quitté ce monde le 4 juillet 1992, à Buenos Aires, après avoir fait plusieurs fois le tour du monde avec sa musique qui a révolutionné le tango à partir de 1955.

Affiche officielle envoyée par la Academia Nacional del Tango

Buenos Aires a décidé de saluer sa mémoire avec un grand concert de la Orquesta de Tango de Buenos Aires, à l'Anfiteatro Eva Perón, au Parque Centenario, esquina Avenida Leopoldo Marechal y Lillo, dans le quartier de Caballito, là où en décembre 2009 les mêmes artistes avaient célébré les 40 ans de la création de Balada para un loco (voir le retour en images du 11 décembre 2009 que nous en avait offert Solange Bazely, quelques jours après). C'est d'ailleurs de cette manifestation que témoigne la photo qui illustre l'affiche du nouveau concert (1).

L'Orchestre sera dirigé tour à tour par les Maestros Raúl Garello et Néstor Marconi, les deux chefs qui sont aussi compositeurs et bandonéonistes, deux des grandes caractéristiques du musicien célébré...

Le chanteur titulaire de l'orchestre, Marcelo Tommasi, sera de la partie ainsi que le couple de dansuers que sont Paola Parrondo et Víctor Nieva.

Les invités d'honneur seront comme on peut l'avoir deviné sans même que je le dise, le Maestro Horacio Ferrer qui fut le complice de création de Astor Piazzolla pendant plus de vingt ans, et la chanteuse Amelita Baltar, qui fut sa partenaire à la scène et à la ville entre 1968 (création de María de Buenos Aires) et 1975, année de leur divorce. Se joindra à eux le pianiste Juan Trepiana.

L'entrée au concert, qui est programmé pour le 11 mars à 21h, est gratuite. Les places sont à retirer au guichet de l'amphithéâtre, le jour même à partir de 19h. Attention : en cas de pluie, le concert sera très certainement annulé et reporté à une date ultérieure. Informez-vous sur place si vous vous trouvez à Buenos Aires.

(1) Trois grands classiques du duo Piazzolla-Ferrer font partie de Barrio de Tango, l'anthologie bilingue que j'ai publiée aux éditions du Jasmin, en mai 2010 : Balada para un loco, p 316, Chiquilín de Bachín, p 156, et El Gordo Triste, p 302. Dans Barrio de Tango, il y a d'autres morceaux du duo, légèrement moins connu, comme Los Paraguas de Buenos Aires, p 318, ou quasiment inconnu comme Yo soy el bandoneón, p 320 (qui n'a jamais été enregistré).
Dans Deux cents ans après, publié en janvier 2011 dans la revue Triages, Tarabuste Editions, j'ai traduit d'autres morceaux, comme Fábula para Gardel, p 70-71, El Diablo, p 61, et un classique, souvent enregistré depuis Amelita Baltar, la créatrice (à écouter, chanté entre autres par Cecilia Bonardi, sur la liste d'écoute Deux cents ans après (Tarabuste Editions) de ma page Myspace), Preludio para el año 3001, p 72. Preludio para el año 3001 fait partie du nouveau tour de chant de Ute Lemper, qui l'a présenté le 5 février à Paris et est actuellement en tournée en Europe, et du spectacle de Alfredo Arias, Tatouage, prochainement au Théâtre du Rond-Point à Paris et en tournée à travers toute la France.

lundi 14 septembre 2009

De Buenos Aires a Horacio Ferrer poeta au Teatro Avenida [à l'affiche]

Rédigé à Buenos Aires le 23 août 2009

Superbe hommage conçu et monté par Gabriel Soria et présentant, grâce à des nombreux artistes invités, différentes facettes de l'oeuvre du poète avant-gardiste que fut et qu'est toujours Horacio Ferrer.

(Photo ajoutée le 26 septembre 2009)
Susana Rinaldi en train de lire la préface de Castillo à Romancero Canyengue, en présence de Horacio Ferrer (assis à droite)

Horacio Ferrer était lui-même sur scène pour réciter, dans son style si particulier, différentes pièces (souvent fort longues) de sa composition (de su autoría, comme on dit en Argentine). C'est lui qui a ouvert le spectacle sous un tonnerre d'applaudissements avec Moriré en Buenos Aires, un texte sublime entre tous... Le choix qui a été fait m'a touchée à de nombreuses reprises : je retrouvais dans sa voix (en su voz) des textes que j'ai moi-même traduits et publiés dans un petit cahier d'hommage que je lui avais fait consacrer pour ses 75 ans, dans le numéro de juin 2008 de la revue Triage (Editions Tarabuste, cf. mon profil, en bas de la Colonne de droite). Parmi ces poèmes : Existir, qu'il récita avec une interprétation chorégraphiée sans musique de Miguel Angel Zotto avec beaucoup de sobriété et une technique impeccable, Mi viejo Piazzolla, un poème écrit à Paris deux ans après la mort du compositeur et mis en musique ensuite par le fils de ce dernier, Daniel Piazzolla.

Participèrent à la soirée : Guillermo Fernández, avec un Chiquilín de Bachin qu'ils finirent tous les deux en duo, Raúl Lavie avec son interprétation de La Bicicleta Blanca, l'un des morceaux phares de ce chanteur, Julia Zenko avec Preludio por el año 3001, Susana Rinaldi qui ne devait faire qu'une apparition de courtoisie, pour saluer le public et le Maestro, et qui arriva tenant à la main son exemplaire de la première édition de Romancero Canyengue, le recueil initial de Horacio Ferrer, en 1967. Elle entreprit alors de lire in extenso la préface que Cátulo Castillo avait rédigée sous forme d'une lettre puis elle enchaîna, de manière improvisée, avec une interprétation a capella de La última grela, un poème de Romancero Canyengue, mis un peu plus tard en musique par Astor Piazzolla (il était prévu en fait qu'Horacio Ferrer récite ce texte après son départ). Ce fut époustoufflant. D'abord pour la beauté de la voix. Susana Rinaldi est une des plus grandes chanteuses actuelles (n'hésitez pas à ce propos à vous reporter à son interview d'avril dernier dans Página/12, lire mon article à ce sujet). Ensuite pour la sobriété de l'interprétation en contraste absolu avec ce que j'avais pu voir dans ce même théâtre l'année dernière, une version de Che bandoneón (Troilo-Manzi), qu'elle avait chantée accompagnée du seul Leopoldo Federico avec un jeu de scène exacerbé (cf. mon article sur le concert d'ouverture du Festival 2008).

La plupart du temps, c'était Juan Trepiana qui accompagnait tous ces chanteurs, seul au piano. Là aussi, la sobriété était au rendez-vous, pour laisser tout l'espace à la poésie. Et c'était très puissant, car cette poésie n'a besoin d'aucun effet de manche, contrairement à ce que trop de chanteurs, dont le talent n'est peut-être pas à la hauteur, se sentent obligés de faire lorsqu'ils chantent Chiquilín de Bachin, Balada para un loco o Mi loco bandoneón.

En dernier lieu, vint le Maestro Raúl Garello avec qui Horacio Ferrer rendit hommage à sa femme, Lulú Michelli, présente dans une baignoire du second étage : la valse Lulú, un texte atypique et très touchant, lui aussi, sur une mélodie infiniment délicate (tout cela s'écoute sur Homenaje a Woody Allen chez Melopea, ou Diálogo de poeta y bandoneón, chez Pichuco Records). Et ils ont fini le spectacle avec un Balada para un loco, récité-chanté par Horacio Ferrer accompagné d'un solo de bandonéon du Maestro Garello... Une splendeur, qui fut applaudie à tout rompre.

Par le biais d'archives filmées participèrent aussi à la soirée Amelita Baltar dont on admira la création (mouvementée, façon bataille d'Hernani) de Balada para un loco (on en fêtera en novembre le quarantième anniversaire comme on fêtait l'année dernière les 40 ans de María de Buenos Aires) et feu Gustavo Nocetti (un grand chanteur uruguayen que vous pouvez retrouver dans cet Homenaje a Woody Allen, déjà cité). Ce chanteur, grand ami personnel du Maestro Horacio Ferrer, a trouvé la mort dans un accident de voiture à 42 ans en 2002. L'artiste a laissé le souvenir d'une présence rayonnante sur scène et il a laissé sur le disque la trace d'une voix très particulière, à l'esthétique très caractéristique du Río de la Plata.

En sortant de cette soirée tous très émus, nous avons été un petit groupe de grupies et pour quelques uns d'amis personnels du Maestro à aller dîner ou tenter de le faire dans un restaurant de la rue Montevideo, un peu plus au nord, à l'angle avec l'avenue Corrientes (le teatro Avenida se trouve lui sur Avenida de Mayo). Quelques uns se sont perdus en route et pour ma part et avec trois autres personnes, dont le directeur du festival international de Granada (que je ne pouvais rencontrer qu'à Buenos Aires, c'est tellement plus simples pour des Européens !), j'ai fini cette soirée chez Ramos, un resto de quartier à une cuadra de Chiquilín. Après ce dîner très animé, j'ai pris mon taxi devant l'enseigne lumineuse de cette parilla (grill) qui occupe l'emplacemetn de ce qui fut le Bachín, le grill où toutes les nuits Piazzolla voyait passer entre les tables un petit vendeur de roses, sale et pouilleux, un enfant des bidonvilles d'au-delà du Riachuelo. Cet enfant (ou plutôt ces enfants, car il y a eu plusieurs), c'est celui dont parle Chiquilín de Bachin. Après cette soirée poétique et musicale, il y avait là un bon paquet d'émotions...

Le lundi précédent, malgré un énorme rhume, j'avais pu assister au Plenario de la Academia Nacional del Tango, où Horacio Ferrer avait reçu des mains de Julio Maffia, au bord des larmes, le bandonéon du Maestro Pedro Maffia. J'ai entendu jouer Gabriel Chula Clausi, 98 printemps et un jeu de jeune homme. Raúl Garello était là lui aussi. Et j'ai pris des photos...

Pour aller plus loin : consultez dans la Colonne de droite les raccourcis Festival de Tango de Buenos Aires (rubrique Grands Rendez-vous du Tango) et Festivals (rubrique Tangoscope), voir aussi le raccourci rassemblant mes articles sur les poètes (rubrique Les artistes) et celui consacré à Horacio Ferrer (rubrique Vecinos del Barrio, sections Les Poètes).


Dès que je dispose à nouveau d'une connexion convenable, normale, j'ajoute une de mes photos sur cet article. Pour le moment et ce depuis mercredi 9 au petit matin, un incident technique indépendant de ma volonté, une rupture complète de service de mon fournisseur d'accès à mon domicile, m'empêche de tenir ce blog dans des conditions acceptables. Je n'ai en particulier guère de possibilité pour publier des photos (la manipulation à effectuer est assez gourmande en temps) ni celle de publier mes articles à mon rythme normal, ce qui me fait différer les hommages à Alorsa que je vous annonçais mardi dernier, juste avant l'incident qui me prive d'internet...


Pour aller plus loin, lire l'article de Carlos Bevilacqua dans Página/12 du 24 août 2009

mercredi 28 janvier 2009

Nolo Correa à ADN Tango le 29 janvier [radio]

Image extraite du blog de Marta Iglesias, la productrice de l'émission.


Dans l’émission de Claudio Tagini, ADN Tango, une émission de radio par internet, produite par Marta Iglesias pour Radio Sentidos, à Buenos Aires, vous pourrez entendre, demain soir, l’animateur d’émissions télévisuelles, Nolo Correa, lui-même chanteur de tango.

Tout récemment, j’ai eu l’occasion d’écrire quelques mots sur lui. Il s’agissait d’un article consacré aux nouvelles vidéos proposées par la chanteuse Jacqueline Sigaut. Ces deux vidéos, où elle est accompagnée par le guitariste Raúl Luzzi, ont été tournées sur le plateau de Por el Tango, l’émission conçue et animée par Nolo Correa, sur le canal de Sólo Tango (1). Por el Tango passe le vendredi à 21h, heure de Buenos Aires, et est ensuite multi-diffusé sur la même antenne tout au long de la semaine.

Cette fois-ci, c’est lui, Nolo Correa, en sa qualité d’artiste, que vous pourrez découvrir de vos propres oreilles. Claudio Tagini nous le fera écouter (sous forme de disque ou d’enregistrements divers et variés) et l’interviewera sur son parcours et l’exercice son métier. Et vous n’aurez même pas un centime à débourser pour en profiter (si le Canal Sólo Tango émet bien sur Internet, le visionnage des émissions en est néanmoins payant... On n’a rien sans rien en ce bas monde !).

En prime, écouter des chouettes émissions de radio, sur un sujet qui nous passionne (et si vous êtes arrivé sur ce blog, c’est sûrement que le tango vous intéresse de près ou de loin), c’est une excellente manière, fort agréable et pas vraiment harassante, de se frotter à cet espagnol si particulier qu’est celui qui se parle Buenos Aires et de se désinhiber de toutes ces frayeurs que nous inspire en général n’importe quelle langue étrangère, même les bien dressées qui ne mordent jamais (ce "nous" regroupe essentiellement les Français) (2).

En vous connectant au streaming de Radio Sentidos, vous pouvez écouter ADN Tango en direct le jeudi à 19h (heure de Buenos Aires, voir le décalage horaire avec Paris et la façade ouest de l’Union Européenne, dans Buenos Aires : infos pratiques, sur la droite de cet écran).


Toutes les émissions de Radio Sentidos restent accessibles sur le site pendant toute la semaine qui suit leur diffusion en direct, 24h sur 24. C’est l’avantage de la radio par internet. Vous accédez facilement à ce site, dans la rubrique Ecouter, en partie basse de la colonne de droite, celle des liens externes).

Attention toutefois : Radio Sentidos ne met en ligne aucun podcast. L’émission n’est donc pas téléchargeable sur votre disque dur. Il faut vous connecter dans le délai imparti à chaque numéro de chaque émission hebdomadaire pour en profiter.
Radio Sentidos, gratuite pour l’auditeur, est financée par la publicité, pour que les professionnels qui la font vivre vivent eux-mêmes de leur travail. Au début de l’émission, ne vous laissez donc pas décourager par les spots successifs et passablement absconds pour nous, qui vivons sur la côte est de l’Atlantique et/ou dans l’hémisphère nord (3). Le public de Radio Sentidos est essentiellement argentin et le contenu publicitaire est calibré en fonction de cette réalité...

En ce qui concerne Por el Tango (on revient à la télé), Nolo Correa consacrera son émission de vendredi prochain, le 30 janvier 2009, au Café Tortoni, célèbre établissement "à la Parisienne" qui joue un grand rôle dans la vie intellectuelle, culturelle et artistique de Buenos Aires depuis les années 1920 (et même un peu avant déjà). Le Tortoni se trouve Avenida de Mayo, au numéro 825. Participeront entre autres à ce Especial Tortoni deux musiciens très actifs au sein de la Academia Nacional del Tango (qui a son siège juste au-dessus du Tortoni) : Fabián Bertero et Juan Trepiana.





Raccourcis vers d’autres articles de Barrio de Tango sur des sujets connexes :
Les émissions de radio
Les émissions de télévision
El Gran Café Tortoni
La Academia Nacional del Tango







(1) Sólo Tango : en français, ça se traduit "Rien que du tango".
(2) Surtout qu’aucun lecteur n’y voit l’ombre d’une moquerie. Je sais de quoi je parle : j’ai moi-même longtemps redouté les langues vivantes, notamment à cause de quelques profs d’anglais dont j’aurais volontiers fait de la chair à saucisse si mes parents ne m’avaient éduquée dans le respect des gens en général et donc, aussi, des profs en particulier, même les pas bons du tout. Sur toute ma scolarité, je ne me souviens que d’une seule bonne professeur d’anglais. C’est vous dire. Ils sont, en revanche, beaucoup plus nombreux au rayon latin et grec.
Au Teatro Alvear, un jour, en attendant le début d’un concert, mon voisin, un charmant Portègne d’un certain âge, comprenant que j’étais française, m’a dit : "Ah Paris, c’est beau ! C’est beau !... Mais alors, les Français, ils ne parlent que le français. C’est impossible de demander son chemin, dans la rue, même en anglais. Personne ne répond."
(3) Ce blog étant rédigé en français, il se trouve qu’il attire un public très majoritairement européen. Cela ne veut pas dire que l’auteur de ces lignes compte pour rien ceux de ses lecteurs qui habitent le continent américain, depuis le cercle polaire anglo-saxon jusqu’à la Terre de Feu en passant par le Québec. Barrio de Tango a aussi eu l’honneur de s’ouvrir à quelques clics activés au Japon et en Australie. Que tous se sachent les très bienvenus sur ces pages, elles sont pour tous sans distinction de latitude ni de longitude. Todos están bienvenidos. Welcome everybody on board ! (je ne sais pas le dire en japonais. Que les internautes du Soleil Levant me pardonnent !)

mardi 23 décembre 2008

Academia Nacional del Tango : inscriptions pour l'année scolaire 2009 [actu]


La Academia Nacional del Tango, à travers le Conservatorio de estilos Argentino Galván, forme des musiciens de tango dans 3 disciplines : l'arrangement musical (le métier d'arrangeur est un des piliers de la tradition du tango), les techniques et styles des différents instruments (piano, guitare, bandonéon, violon et même flûte) et le chant. Chacune de ces formations s'étale sur 3 ans. Les inscriptions pour les nouveaux éléves qui commenceront en mars 2009 sont ouvertes depuis le 17 novembre et vont se clore avec l'arrivée des vacances scolaires (la Academia Nacional del Tango comme toutes les academias nacionales du pays a en effet pour autorité de tutelle et financeur le Ministère de l'Education Nationale, au niveau fédéral, elle ferme donc boutique à Noël jusqu'à la fin du mois de février).

Les programmes sont détaillés sur le site de la Academia, aux pages consacrées au Conservatorio, dirigé par Juan Trepiana (directeur pédagogique) et avec une pléïade de professeurs parmi lesquels figurent des maîtres comme Aníbal Arias (guitare) et Osvaldo Montes (bandonéon) ainsi qu'une chanteuse, José María Mentana, une vedette du tango et... du petit écran.

Les cours ont lieu le soir, deux à trois jours par semaine, un jour sur deux seulement (lundi, mercredi et vendredi), après 18 heures, pour laisser à tous ces jeunes gens la possibilité d'exercer un métier alimentaire à l'extérieur.

vendredi 14 novembre 2008

Noche de los Museos : Museo Mundial del Tango [à l’affiche]



La Noche de los Museos (nuit des musées) est une nocturne spéciale au cours de laquelle la quasi-totalité des 135 musées qu’on dénombre à Buenos Aires ouvriront leurs portes au public, gratuitement, le 15 novembre à partir de 19h et au moins jusqu’à minuit et pour beaucoup d’entre eux bien plus tard encore.

Le Museo Mundial del Tango n’est certes pas le plus grand des musées portègnes mais c’est l’un des plus intenses, des plus riches et des plus émouvants, disposant à la vue du public un nombre considérable d’objets et de documents qui racontent et évoquent les 130 ans d’existence du tango. Certains objets ont appartenu à Carlos Gardel, dont divers documents trouvés à côté de son corps lorsqu’on put l’extraire de l’incendie de l’avion dans la collision duquel il venait de perdre la vie d’une manière atroce, le 24 juin 1935 peu après midi. Ce musée est l’oeuvre de Gabriel Soria, journaliste et animateur audio-visuel et Vice-Président de l’Academia Nacional del Tango. Gabriel Soria est aussi le Directeur du Musée. C’est dans ce musée que se situe la salle de conférences publiques de la Academia Nacional del Tango, le célèbre Salón de los Angelitos Horacio Ferrer, qui est la dernière salle du musée et qui ne va pas désemplir de toute la nuit... De l’autre côté, la pièce symétrique, qui est aussi un lieu d’exposition, sert de loge aux artistes lorsqu’ils se produisent au Salón de los Angelitos et dans le couloir qui les dessert trône, tout seul dans une belle vitrine étincelante, l’un des bandonéons de Aníbal Troilo. Le musée occupe une bonne moitié du premier étage du siège de la Academia, situé Avenida de Mayo, au numero 833 (mais on entre en fait par l’arrière de cet ancien hôtel particulier, du côté Rivadavia, à la hauteur du 830). L’autre partie de l’étage, celle dont les fenêtres donnent sur Avenida de Mayo, est réservée à la direction, avec trois bureaux séparés par une petite salle de réunion et de répétition baptisée Rincón de los Académicos (le coin des Académiciens). Dans les étages au dessus, salles de conférences, salles de cours et de répétition, bibliothèque...

On pourra donc admirer l’exposition et écouter 5 récitals d’une heure puis 5 shows d’une demi-heure chacun. Ça nous fait un bon programme tout ça !

Dans l’ordre

A 19h : concert de La Biyuya, un quintette atypique qui sont aussi cinq très bons amis personnels. Musique originale avec compositions personnelles de Pablo Dichiera, le guitariste, et de Marina Baigorria, la chanteuse, entre autres et reprise, avec leurs propres arrangements de divers grands classiques (dont Pena Mulata de Sebastián Piana et Homero Manzi que j’aime par dessus tout). Comme toujours, vous pouvez écouter la Biyuya sur leur site (qui se trouve dans la liste des liens à droite) et sur leur page My Space.

20h : concert de Pablo Banchero, un chanteur et auteur de son propre répertoire que vous pouvez écouter sur son site : il s’ouvre sur sa Milonga del Parakultural, une célèbre tanguería de Buenos Aires qui reçoit des artistes de toute sorte. Son site bénéficie d'abord des auspices de la Academia Nacional del Tango et de la Academia Porteña del Lunfardo... et non de la célèbre pizzeria à succursales Banchero de la Boca (c'est par pure coïncidence qu'il porte le même nom et c'est ce qui vous explique la part de pizza qu'il s'envoie derrière la cravate sur la première page de son site !). Vous pouvez aussi écouter une interview de Pablo Banchero (avec la Milonga del Parakultural) sur Fractura Expuesta. C'est l'émission du 25 août dernier, n° 232 (2ème partie. Et à cheval sur la 1ère et la 2nde, vous pouvez déguster une interview du poète et compositeur Alejandro Szwarcman, de la Academia Nacional del Tango).

21h : le trio de tango La Otra Esquina

22h : un trio de guitare, bandonéon et contrebasse et un chanteur. C’est comme les Trois Mousquetaires. En fait c’est un quatuor.

23h : Tangozando. C’est le titre d’un disque de Astor Piazzolla. Ce groupe de six musiciens se produira aussi mardi prochain, au Bartolomeo Bar avec l’un des Académiciens, José María Kokubu, el Ponja del Tango (le japonais du Tango, ponja, c’est Japón en verlan). Vosu pouvez les découvrir sur leur page My Space.

A 23h30, un show de tango intitulé Al limite.

À minuit : Si yo mismo fuera ese invierno sombrío (si j’étais moi-même cet hiver tout noir).

A minuit et demi : Tanga, un show de musique populaire, donc pas exclusivement du tango. Ce show se produit à divers endroits au cours de la nuit et du week-end.

A 1h du matin : le duo Juan Trepiana (violon) et Fabián Bertero (piano) qui sont des habitués de la Academia où ils exercent aussi des fonctions pédagogiques et sont tout deux des compositeurs du tango nuevo. Vous pouvez écouter Juan Trepania sur son site.

A 1h30 : la chanteuse María José Mentana, qui fit une grande partie de sa carrière à la télévision et anime toujours des émissions de radio, consacrées au tango, accompagnée par le guitariste Ramón Maschio. Vous pouvez écouter la chanteuse sur son site. Elle vient de sortir un disque, en juillet, Por amor a Buenos Aires (je lui ai consacré en son temps un article).
Ramón Maschio est l’un des accompagnateurs fétiches de María José, longtemps connue du public sous son seul prénom, et de Patricia Andrade, pour ne citer que deux chanteuses. Il est aussi un interprète réputé de fado et parcourt souvent le Portugal et l’Europe avec cette autre musique populaire. Vous pouvez visiter le blog de Ramón Maschio et écouter sa musique sur sa page My Space.

mercredi 3 septembre 2008

Les Amis de la Academia Nacional del Tango [à l’affiche]

Ce lundi 8 septembre, qui est aussi le jour de la fête du quartier de Monserrat, placé sous le patronnage de Notre Dame de Montserrat, une célèbre vierge catalane, ce lundi 8 septembre donc, à 19h30, à la Academia Nacional del Tango (1er étage, Salón de los Angelitos Horacio Ferrer, comme d’habitude) le Cuadro de Amigos organise sa 5ème rencontre Por Amor a Buenos Aires, sur convocation d’Horacio Ferrer et de Fabio Zerpa (qui aura la responsabilité de la soirée) pour un Homenaje a Buenos Aires.

El Cuadro de Amigos est le cadre destiné à réunir les bienfaiteurs de la Academia Nacional del Tango autour de soirées qui leur sont réservés, de divers avantages qui leur sont concédés (notamment des prix préférentiels pour un certain nombre de livres et de disques), ils ont aussi le droit à un beau diplôme fileteado par Jorge Muscia et à leur nom sur une liste d'honneur placardée dans les locaux de la Avenida de Mayo, dans le coeur historique de Buenos Aires.

A cet hommage à Buenos Aires, participeront les chanteuses Roxana Fontán, qui interprétera Malena (de Lucio Demare et Homero Manzi) et Siempre se vuelve a Buenos Aires (on revient toujours à Buenos Aires, d’Astor Piazzolla et Eladia Blázquez) et María José Mentana, qui chantera Romance de Bandoneón (de Fabián Bertero et César Rossi) qu’elle interprète dans le disque qu’elle vient de sortir et dont je vous ai déjà parlé (Por amor a Buenos Aires).

Le pianiste Juan Trepiana et le violoniste Fabián Bertero, tous les deux également compositeurs et arrangeurs, joueront Niebla del Riachuelo (Brume du Riachuelo), un classique de Juan Carlos Cobián et Enrique Cadícamo, et un morceau récent de Fabián Bertero, Serenata para la Negra de uno (titre intraduisible, negra désignant ici la personne chère au coeur de uno, qui est une forme particulière de sujet indéterminé et néanmoins 1ère personne du singulier).

Juan Trepiana est un pianiste de tango qui a une formation de musique classique et a fait un détour par le jazz avant de verser dans le tango il y a plus de 15 ans de cela. A l’initiative d’Horacio Ferrer, il a pris en main la partie pédagogique du Conservatorio de estilos tangueros Argentino Galván, l’un des départements de la Academia, où il enseigne lui-même l’harmonie et le piano. Il est membre du Conseil pédagogique de cette même institution, ainsi que de son Bureau Exécutif (Consejo directivo). Sa discographie compte 9 albums. Il a participé à de nombreux programmes de radio produits par la Academia nacional del Tango sur les ondes de la 2x4 et est l’un des rédacteurs des publications périodiques de la maison.

Fabián Bertero est l’un des violons de la Orquesta de tango de la Ciudad de Buenos Aires, il appartient aussi au Cuarteto de Osvaldo Montes et au Quinteto Fernando Marzán, il enseigne dans plusieurs institutions musicales dont la Escuela de Música Popular d’une ville limitrophe du sud de la capitale, Avellaneda (la banlieue sud à Buenos Aires, c’est la banlieue populaire, voire très pauvre...).

La partie conférence de la soirée sera consacrée au quartier de Barracas, dans le sud-est de Buenos Aires, avec un exposé de Gregorio Traub, illustré par deux tangos, Tres Esquinas (Angel D’Agostino et Enrique Cadícamo) chanté en vivo par la chanteuse Gloria Pagura (Yo soy del Barrio de Tres Esquinas, viejo baluarte del arrabal... Je suis du quartier des trois esquinas, un vieux pilier du faubourg...) et El Cuarteador de Barracas (qu’on pourrait traduire par le désembourbeur de Barracas, le cuarteador étant un conducteur de chevaux qui se postait aux endroits difficiles, accidentés de ce sud marécageux de la ville, sillonné de fossés de drainage, du temps des voitures à chevaux qui circulèrent comme véhicules utilitaires jusque très tard dans les années 50). El Cuarteador de Barracas sera écouté avec onction dans l’enregistrement qu’en fit Aníbal Troilo avec un de ses meilleurs chanteurs, Francisco Fiorentino dit Fiore.

Une partie cinéma, confiée aux mains expertes de Gabriel Soria qui fait des montages aux petits oignons, permettra de revoir dans des films ayant Buenos Aires et notamment Barracas comme décor des vedettes du grand écran et tous de grands chanteurs de tango : Tita Merello, Alberto Castillo, Hugo del Carril, Azucena Maizani et Carlos Gardel...