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vendredi 30 octobre 2009

Une petite nouvelle sur Todo Tango [Actu]

Todo Tango est ce site web encyclopédique consacré entièrement au tango dans toutes ses formes : musique, poésie, histoire, interprètes, discographie. Y collaborent une cohorte de spécialistes plus prestigieux les uns que les autres,, parmi lesquels Oscar del Priore, Horacio Ferrer, Roberto Selles, Luis Alposta... Le site, gigantesque, est dirigé par Ricardo García Blaya, auteur de très nombreux articles.

Vous y trouverez plus de 4000 textes de tango et autant de partitions. Quand aux enregistrements que vous pouvez écouter en streaming, je renonce à les compter. Il y en a trop.

Dernièrement, en juin, une page biographique est venue rendre justice à Luis Alposta. Jusqu’à présent, pour accéder à quelques renseignements sur lui, vous deviez passer par la rubrique Quienes somos. Un peu compliqué. Lui-même avait au début de l’année signé la page biographique de Daniel Melingo.

Le 23 octobre, l’auteure-compositrice Marta Pizzo, dont je vous ai parfois parlé à l’occasion de tel ou tel spectacle auquel elle a participé et dans mes articles sur la Cumbre Mundial del Tango à Bariloche en mars dernier, Marta Pizzo donc nous a informés avec fierté et joie que Ricardo García Blaya avait créé une page qui lui est consacrée dans la catégorie Poetas.

Vous trouverez aussi dans Todo Tango une trentaine de textes d’elle, ce qui est un chiffre impressionnant. En revanche, il n’y a pas encore de partition.
Pour aller plus loin (en espagnol) :
Lire la page consacrée à Daniel Melingo
Lire la page consacrée à Luis Alposta
Lire la page consacrée à Marta Pizzo

Pour aller plus loin (en français) :
Lire mes articles sur la Cumbre Mundial del Tango.

vendredi 24 juillet 2009

Anna Saeki dans Ecos de la Voz sur Radio Sentidos (article n° 800) [Radio]


Un événement familial m'a éloignée temporairement de Barrio de Tango. Mais à Buenos Aires, la vie continuait et mercredi, Marta Iglesias envoyait à tous ses contacts l'information selon laquelle elle recevrait (hier soir) au micro de Ecos de la Voz, son émission sur Radio Sentidos, la chanteuse japonaise Anna Saeki, actuellement à Buenos Aires, après sa participation au Festival de La Falda (lire mon article à ce sujet). J'ai donc décidé aujourd'hui de consacrer le 800ème article de ce blog sur l'actualité du tango argentin à une chanteuse japonaise de tango ET de folklore qui "cause dans le poste" d'une radio digitale toute nouvelle, offrant un vaste choix de contenu culturel accessible au monde entier, pour autant qu'il se donne la peine d'apprendre un peu la langue de Cervantes et de Villoldo (1) (car il existe de menues différences lexicales et grammaticales entre l'une et l'autre).

Ce soir, vendredi, Anna Saeki est au Chalmers Club avec Nosotras y el tango (lire l'article).
Demain soir, elle sera au Velma Café comme chanteuse invitée de Tangoloco, un groupe de tango, qui fait dans l'électro-tango et aime revisiter les standards du rock (lire mon article à leur sujet l'année dernière). Tangoloco est dirigé par le compositeur Daniel García qui a signé Cantar es vivir, que la chanteuse japonaise crééra demain soir au Velma Café. Le lien entre les deux concerts, celui du Chalmers Club et celui du Velma Café, c'est la letrista Marta Pizzo qui le fait. En effet, elle est, avec Claudia Cartié, l'une des initiatrices de Nosotras y el Tango, un groupe de chanteuses qui revendique l'apanage de donner au tango un visage féminin (2). Et Marta Pizzo est aussi l'auteur des paroles de Cantar es vivir (Chanter c'est vivre).

Du coup, le bandonéoniste invité par Marta Iglesias lui ayant fait faux bond à l'avant-dernier moment (pour cause de grippe ou d'angine, des maladies de saison), Marta Pizzo a suggéré à l'animatrice, qui est aussi son amie, d'inviter Anna Saeki. Tant mieux pour nous qui pouvons ainsi entendre une trop courte interview de cette excellente chanteuse japonaise et écouter trois morceaux de son dernier CD, un album de folklore argentin et non de tango, car Anna Saeki ne se cantonne pas au tango...

L'émission est disponible pendant une semaine, depuis hier soir 18 h, heure de Buenos Aires, en streaming sur la page de Ecos de la Voz (sous le lien). La chanson qui ouvre l'émission est écrite (et interprétée) en japonais, elle n'en a pas moins un véritable cachet sud-américain sans aucune ambiguité possible. Cette chanson, Aika-Kizuma, appartient au plus récent album de la chanteuse, Yo vengo a ofrecer mi corazon (je viens vous offrir mon coeur), enregistré l'année dernière à Buenos Aires et sorti cette année en mars-avril. Un bel équilibre pour une pièce écrite par Anna Saeki elle-même et composé par le pianiste argentin Popi Spatocco, qui est aussi le directeur de production du CD, lequel compte parmi les artistes invités des musiciens de la taille de Mercedes Sosa (l'une des plus grandes folkloristes actuelles en Argentine), León Gieco (Marta Iglesias y fait souvent allusion au cours de l'émission) et Teresa Parodi, la directrice du centre culturel ECuNHi, dont je vous ai parlé il y a quelques mois; à l'occasion d'un spectacle qu'elle a conçu avec Horacio Molina et qu'ils ont donné à City Bell, dans le Gran Buenos Aires (lire l'article).
Peut-être serez-vous surpris d'entendre Anna Saeki s'exprimer en japonais (avec traduction par sa représentante en Argentine). J'ai moi-même eu un sursaut ce matin en écoutant l'émission puisque je me souviens clairement avoir entendu Anna Saeki parler en espagnol et très bien sur la scène du Salón de los Angelitos Horacio Ferrer à la Academia Nacional del Tango en août dernier (lire l'article). Il est vrai que répondre en direct à une interview au micro d'une radio est plus impressionnant que de parler à un public, que l'on peut voir, dans une salle éclairée, et en ayant pu préparer soigneusement son discours auparavant (et avec Horacio Ferrer à côté de soi) (3). Ainsi donc Anna Saeki parle en japonais, ce qui réduit de moitié, hélas, son temps de parole, déjà pas bien long. Dans les 50 minutes que dure l'émission, malgré les tunnels de pub et les interventions téléphoniques, flatteuses pour Anna Saeki et auto-promotionnelles, de Claudia Cartié et Marta Pizzo, Marta Iglesias et Susana Lopez parviennent à passer trois pistes du disque, ce qui a le mérite incontestable de constituer pour nous une excellente façon de découvrir l'album en question, ce talent et cette voix, puisque le site de la chanteuse ne présente aucun document audio.

Horacio Ferrer, dont elle est l'une des meilleures interprètes de l'heure, dit de la voix d'Anna Saeki qu'elle "est comme un parfum". Alors disons qu'ainsi vous en aurez une exhalaison. Pour le parfum lui-même, il faudra tout de même vous rabattre sur les flacons, vrai de vrai. Mais rassurez-vous, les disques ne sont pas si difficiles à acquérir pour les francophones si vous vous adressez (hors période de vacances estivales) à l'association AKJW, qui représente la chanteuse en Europe. L'antenne française de cette association promeut la culture japonaise en francophonie, elle est installée à Paris, en plein coeur de la zone Euro, ce qui nous simplifie la vie par rapport à Osaka, je vous l'accorde volontiers. Je vous renvoie donc à ce propos à mon article du 25 avril dernier sur les CD de la chanteuse (lire l'article).

Et si j'ai parlé d'une "courte interview", c'est que Ecos de la Voz présente quelques petits défauts de jeunesse. En fait l'émission a, comme on le dit ordinairement, les défauts de ses qualités. L'émission se veut fidèle reflet de la vie artistique et culturelle à Buenos Aires (et Dieu sait si dans la capitale argentine cette vie est riche, multiforme et si elle part dans tous les sens, Barrio de Tango tâche de vous en donner une petite idée depuis un peu plus d'un an). La conceptrice et principale animatrice, Marta Iglesias, qui assure la technique de ADN Tango, sur la même radio digitale, veut faire, ce qui est fort louable, une émission sans directivité de sa part et sans censure, elle veut offrir un espace interactif où public et invités disposent de la plus grande liberté de dire ce qu'ils veulent, un peu comme lors d'une scène ouverte. L'idée est des plus sympathiques et doit être encouragée et soutenue. Mais elle présente plusieurs difficultés de mise en oeuvre.

Tout d'abord, l'émission est très récente (moins d'un an) et logée sur un média lui-même très récent (moins d'un an) et donc encore assez peu connu. Du coup, les animatrices consacrent un temps certain à la promotion de l'émission elle-même et plus largement à celle de Radio Sentidos. Or en ce moment, cette auto-promotion occupe un temps d'antenne considérable car le site s'apprête à fêter son premier anniversaire en septembre et les animateurs entendent bien que la fête ne passe pas inaperçue. On les comprend.

Ajoutez à cela que pour vivre, Radio Sentidos a besoin de passer de la publicité dans toutes ses émissions. Celles-ci sont donc parsemées de coupures publicitaires à caractère hyper-local, particulièrement ennuyeuses pour les auditeurs étrangers que nous sommes, vous et moi (4).

Et à la différence de ADN Tango, qui consacre tout son temps libre à son unique invité, dans Ecos de la Voz, à tout ce matériel sonore qui n'apporte pas grand-chose d'essentiel à l'auditeur, s'ajoutent des appels téléphoniques (c'est la part interactive), appels d'auditeurs, présentés comme des auditeurs surprises (on a tout de même du mal à y croire) qui, en fait, la plupart du temps dans cette première année d'existence de l'émission, ne sont pas tant des auditeurs en tant que tels que des artistes, plus ou moins amis des animatrices, et qui profitent du coup de fil pour faire, eux aussi, leur propre publicité, à l'oeil (tant mieux pour eux) et, malheureusement, au détriment du temps d'antenne réservé à l'invité(e). En l'occurrence, vous entendrez Claudia Cartié puis Marta Pizzo promouvoir toutes les deux, l'une après l'autre et à peu près dans les mêmes termes, le concert de Nosotras y el Tango, le lendemain, donc pour nous ce soir, et se répandre en compliments très flatteurs sur Anna Saeki. Compliments qui occupent un temps d'antenne qu'il eût été plus astucieux de laisser à l'invitée du jour (dont je rappelle que le lieu de résidence habituelle est Osaka, ce qui n'est pas la porte à côté pour Buenos Aires).

Et bien sûr, tout cela est d'autant plus dommage que débiter des exclamations admiratives sur une personne, dire, comme c'est le cas ici, qu'Anna Saeki a l'air d'un ange (ce qui est exact, je confirme) n' a jamais convaincu personne de dépenser 15 $ (+ le prix du bus ou de l'essence et du parking) pour aller l'écouter à Palermo (au contraire, cela aurait même un peu tendance à susciter la méfiance : pourquoi tant de compliments et si peu d'elle-même ? Nous cacherait-on quelque chose ?). Il est clair que c'est en donnant la parole à quelqu'un et en faisant entendre cette personne qu'on peut faire découvrir au public un talent, un tempérament, un parcours artistique, une intelligence. La méthode Coué en l'espèce risque plutôt d'être contreproductive. Ces minutes occupées par les appels téléphoniques, Anna Saeki aurait pu les occuper à bon escient pour nous parler d'un tas de choses passionnantes, comme sa récente tournée en Amérique du Sud et toutes ses fructueuses collaborations avec les grands artistes argentins dont ses disques portent témoignage : Raúl Garello, Horacio Ferrer, Leopoldo Federico, Gustavo Beytelmann, Nicolás Ledesma, Mercedes Sosa, Teresa Parodi, Liliana Herrero... Excusez du peu et j'en ai oubliés !

Aujourd'hui, en matière de radio, l'interactivité existe dans une tranche horaire sur La 2 x 4 (Ranking Porteño) sous forme d'interventions préenregistrées sur répondeur automatique (donc c'est court, une phrase, pas beaucoup plus), mais il est vrai que La 2 x 4 est une radio publique, sans publicité commerciale, qu'elle a plusieurs années d'existence et s'est à présent taillé une place-forteresse dans le paysage audiovisuel portègne et tanguero à l'échelle mondiale. Dans Fractura Expuesta (6 ans d'existence bientôt et de la pub réduite au minimum syndical, on est sur La Voz de las Madres), il n'y a pas d'interactivité. Les appels téléphoniques sont une méthode d'interview comme une autre, sous le contrôle complet des deux animateurs-programmeurs. Sur Tango City Tour, l'interactivité est partielle comme dans Ranking Porteño : Juan Espósito et Mabel Pramparo restent les maîtres de l'émission et se contentent de passer une courte sélection de quelques phrases d'auditeurs, recueillies sur un répondeur automatique, façon Courrier des lecteurs, à côté de la lecture de deux ou trois mails d'auditeurs, généralement de pays étrangers.

Marta Iglesias a fait un choix différent, très difficile à mettre en oeuvre et qui pourrait s'avérer assez piégeux puisque que dans toute interactivité, radiophonique ou télévisuelle (ou Internet), on ne maîtrise pas la qualité des interventions qui viennent de l'extérieur. Et la bonne intention de départ (donner la parole à tout le monde) peut se retourner contre l'émission elle-même qui risque d'y perdre en qualité et en intérêt. Espérons que dans le cas de Ecos de la Voz, l'équilibre s'établira et se consolidera au fur et à mesure que la notoriété de l'émission grandira et c'est une minuscule contribution à cette future notoriété sécurisante que ce 800ème article de Barrio de Tango espère pouvoir apporter en conduisant vers cette émission et son numéro exceptionnel d'hier quelques auditeurs francophones, voire même des auditeurs venus d'autres horizons linguistiques mais tous passionnés par le tango et l'Argentine (Barrio de Tango a aussi des lecteurs anglophones, lusitanophones, néerlandophones, hispanophones et même... japonais. Si, si ! Etonnant mais vrai !).

Pour aller plus loin :
visiter la page de Ecos de la Voz (vous pouvez entendre l'émission jusqu'au 30 juillet prochain en cliquant sur les petits écouteurs légendés Último programa)
visiter le site quadrilingue (japonais, français, anglais, espagnol) de Anna Saeki
visiter le site français de AKJW (l'association qui vend les disques de Anna Saeki en Europe)
visiter le site de Mercedes Sosa
visiter le site de Teresa Parodi
visiter le site de l'Espace Culturel nos Enfants, ECuNHi, que dirige Teresa Parodi
L'ensemble des articles consacrés aux émissions de radio sur Barrio de Tango sont rassemblés sous un même raccourci, dans la Colonne de droite, à la rubrique Tangoscope, ou ci-dessus, dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search.
L'ensemble des articles sur Anna Saeki sont eux aussi rassemblés sous son nom, dans la rubrique Vecinos del Barrio (section Los gringos) à droite, ou dans le bloc Pour chercher, sous le titre de la présente entrée.




(1) Angel Villoldo (1861-1919), le compositeur de El Choclo, qu'on surnomme el Padre del Tango, ce qui est historiquement faux. Mais bon ! La tradition orale a des charmes que l'histoire rigoureuse ignore...
(2) La revendication féministe n'est pas en soi quelque chose de très original dans l'histoire et l'univers du tango. Aujourd'hui un groupe comme China Cruel fait cela avec beaucoup de talent et sans discours. La Maestra Beba Pugliese (pianiste, compositrice, arrangeuse et chef d'orchestre) l'a fait et continue à le faire sans bruit inutile. Sa fille, Carla Pugliese, aussi.
Dans les années 20, 30 et 40, il existait ce qu'on appellait des Orquestas de señoritas (orchestres de demoiselles), qui officiaient dans les confiterías, des lieux alors réputés convenables pour des jeunes filles alors que le cabaret, où se produisaient des orchestres masculins et quelques chanteuses aguerries qui ne s'en laissaient pas compter, était considéré comme un endroit beaucoup moins recommandable (et c'est peu de le dire).
Tout le monde à Buenos Aires garde le souvenir d'une grande bandonéoniste, la première femme qui joua de cet instrument, Paquita Bernardo, morte à 25 ans en 1925. C'est elle qui découvrit un tout jeune pianiste de 18 ans, Osvaldo Pugliese, dans un bar populaire, pas vraiment reluisant, du quartier de Villa Crespo, en 1923, et le fit jouer avec elle, au Café Domínguez, qui se trouvait là où se s'élève aujourd'hui le Centro Cultural de la Cooperación Floreal Gorini, dont Barrio de Tango parle assez souvent.
En fait, cette revendication féministe n'est jamais mieux servie que lorsqu'elle passe par un contenu musical et poétique consistant plutôt par un discours.
Allez voir sur scène China Cruel, Susana Rinaldi, Jacqueline Sigaut, Las Minas del Tango reo (Lucrecia Merico avec Valeria Shapira), Patricia Barone, Las Rositas (
lire l'article) et Anna Saeki elle-même (elles disposent toutes d'un raccourci dans la rubrique Vecinos del Barrio, dans la Colonne de droite, à l'exception pour le moment du trio de cordes Las Rositas) et vous serez vite convaincus que les propos machistes, qu'affectent un bon nombre de passionnés de tango, qui n'y croient guère eux-mêmes (el tango es macho et tout le toutim), ce ne sont que des poses qui n'ont rien à voir avec la réalité. Ce qui fait la réalité du tango, c'est la qualité de la musique (et de la poésie). Le Tango, ce n'est pas féminin ou masculin. C'est bon ou c'est mauvais. Et les autres genres (rock, jazz, variété, classique, blues, fado, flamenco, folklore et tout le reste), c'est pareil...
(3) Pour mon humble part, Claudio Tagini et Marta Iglesias m'ont tous deux d'ores et déjà invitée à leur micro lorsque je serai à Buenos Aires et bien que me sentant parfaitement à mon aise pour parler en espagnol dans les circonstances ordinaires de la vie en société, je peux vous assurer que je n'en mène pas large à la perspective de participer à ces émissions en direct. Le micro de Juan Espósito, à Tango City Tour (voir les liens dans la rubrique Ecouter, en Colonne de droite), ne m'a jamais causé ce trac. Je sais que Juan est un as du montage, je me repose sur lui. Mais le direct est une autre paire de manches...
(4) La publicité est la plaie de Radio Sentidos. Mais il faut bien que le site vive. Faire de la radio, disposer d'un studio avec à l'intérieur un matériel de bonne qualité, cela a un coût. Mais la publicité reste de la pollution sonore sur toute station quelle qu'elle soit. C'est la raison pour laquelle je refuse toutes les offres qui me sont faites d'associer de la publicité sur Barrio de Tango. Je suis fière pour le moment de pouvoir vous offrir un lieu culturellement écologique. La gratuite est un luxe dont il faut savoir profiter.

mercredi 24 juin 2009

Décès du Maestro Emilio de la Peña [Actu]

C'est avec une très grande tristesse que la poétesse Marta Pizzo vient d'annoncer la nouvelle de la mort du Maestro Emilio de la Peña, un pianiste et compositeur très discret, qui avait consacré une grande partie de sa longue vie à l'enseignement.

Emilio de la Peña avait ces derniers temps donné plusieurs concerts dont Barrio de Tango s'était fait l'écho.

Il est décédé hier, mardi 23 juin.
Dans un livre qui sortira d'ici quelques mois, j'ai moi-même traduit un tango qu'il avait composé en hommage à Osvaldo Pugliese, sur un texte de Norberto Rizzi.

A l'heure où l'Argentine et l'Uruguay commémore une autre mort, d'un Maestro qui s'en est allé beaucoup plus jeune, à peine 45 ans, il était naturel que Barrio de Tango s'unisse à la peine de nombreux des artistes qui lui transmettent les informations dont il regorge...

samedi 18 avril 2009

Remerciements - Agradecimientos

Huit mois après la naissance de Barrio de Tango, de nombreuses personnes ont déjà participé activement à sa diffusion en plaçant un lien sur leur site, en envoyant la Gazette ou la Gacetilla à leurs amis et connaissances ou me citant au micro de leur émission radiophonique.
Demain, Barrio de Tango aura 8 mois. A la veille d'une semaine, où ce blog va faire une petite sieste (1), j'ai pensé que c'était le bon moment pour remercier toutes ces personnes qui se sont déjà donné tant de mal, et en particulier tous ceux et celles dont j'ai vu effectivement les lecteurs arriver sur ce site...

Pierre Clavilier, "un homme-livre" ainsi qu’il se définit lui-même, un écrivain français passionné d’Amérique Latine, Juan Carlos Espósito, créateur et animateur à l'Abasto du podcast Tango City Tour, et la chanteuse Anna Saeki. Ils furent les tout premiers à m’envoyer des lecteurs alors que Barrio de Tango ne comptait guère plus de 70 articles.

Un merci très ému à l’Association des Grands-Mères de la Place de Mai, Abuelas de Plaza de Mayo, ONG des droits de l’homme très prestigieuse en Argentine et en Amérique Latine, pour l'honneur qu'elle m'a fait et me fait en plaçant sur sa page d'accueil un lien à mes articles concernant ses activités.

Merci aussi au groupe La Biyuya, aux chanteuses Lucrecia Merico et Marcela Bublik, aux chanteurs Hernán Cucuza Castiello, José María Pepe Kokubu, el Ponja Malevo, Alorsa et son groupe La Guardia Hereje, aux journalistes et conférenciers Claudio Tagini et Marta Iglesias, animateur et productrice de ADN Tango sur Radio Sentidos, à Solange Bazely, une spécialiste française de l’histoire du bandonéon, au duo Mariel Martínez et Alejandro Picciano (sur My Space et sur leur site), Marcelo Villegas, directeur du site Noticia Buena, Germán Marcos et Maximiliano Senkiw, co-animateurs de l’émission Fractura Expuesta, à Luis Lazaro (Tango en Suisse Romande), à Web Tango (un site français très complet), à Miguel Gadea Sandler, modérateur du groupe Perfiles de Tango qui m’a fait l’honneur de m’inviter dans cette communauté de plus de 250 membres argentino-uruguayens, et tout récemment à la poète et letrista argentine Marta Pizzo.

Dans le présent article, tous les liens renvoient aux sites des personnes remerciées...

(1) Beaucoup de travail sur le livre que je prépare pour la fin de cette année (enfin on espère !) et puis Paris se prépare un excellent programme d'excellents concerts avec des artistes qui n'y viennent pas tous les jours : les 24 et 25 avril, c'est le récital de la chanteuse Anna Saeki à la Maison de la Culture du Japon à Paris, et le 27 avril, le concert de la Orquesta Típica Fernández Fierro au New Morning.
Comme dit le proverbe français, on ne peut pas être à la fois au four et au moulin...
D'autant qu'aussitôt après, il faudra enchaîner : la jeune chanteuse Vanina Tagini s'apprête à venir en Suisse et en Allemagne !

mercredi 8 avril 2009

Patricia Zappia à el Empujón del Diablo [à l'affiche]

La chanteuse Patricia Zappia présentera demain, jeudi 9 avril, à 21h30, à El Empujón del Diablo, Angel Carranza 1969, dans le quartier de Palermo, un tour de chantd de tangos, valses et milongas. L'entrée est fixée à 20$.

Elle sera accompagnée par Beto Merino à la percussion, Mario Avendaño à la guitare et Claudio Gandolfo au bandonéon.

Une partie de ce qu'elle chantera demain soir se retrouvera dans son prochain disque, qui sera aussi le premier de cette chanteuse, à découvrir sur sa page My Space (avec Soledad, un grand classique du tandem Gardel-Le Pera et Buenos Aires gris, un tango écrit par Marta Pizzo, que je vous présente dans l'article d'aujourd'hui sur le Sommet Mondial de Tango de Bariloche, et composé par le Maestro Emilio de la Peña, un compositeur et pianiste très discret dans le monde du tango).

Patricia Zappia était samedi dernier à la Peña del Colorado. Le concert suivant est programmé le 16 mai.

C'est la première fois que je présente cette chanteuse dans les colonnes de Barrio de Tango. En revanche, j'ai déjà parlé de la salle (à rechercher à travers le mot-clé Palermo, en haut, dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, sous le titre, ou à travers le moteur de recherche interne, disponible dans la petite fenêtre en haut à droite).

Bariloche : retour sur images [à l’affiche]

Marta Pizzo avec Horacio Ferrer à Bariloche


La mort récente de Raúl Alfonsín et la charge politique et émotionnelle qu’elle portait a retardé cet article que je voulais consacrer au Sommet mondial du tango (Cumbre mundial del Tango) qui s’est tenu au début du mois de mars dans la station montagnarde de San Carlos de Bariloche, dans le nord de la Patagonie argentine.

Diálogo de poeta y bandoneón,
le spectable commun de Raúl Garello et Horacio Ferrer,
qui faisait l'ouverture de la Cumbre Mundial del Tango

Avec beaucoup de gentillesse, la chanteuse Gabriela Novaro m’a fait parvenir quelques photos. L’auteur-compositeur interprète Marcela Bublik a mis sur You Tube un petit clip de son concert (passé sur l’émission Sarpando Tango de l’unique chaîne de télévision publique argentine, Canal 7). La poète Marta Pizzo m’a signalé aussi des souvenirs déposés sur son blog et Sandra Savoia a partagé avec toute la communauté Perfiles de Tango un clip où elle chante Oro y Plata (de Charlo et Homero Manzi) lors du concert qu'elle a donné là-bas.

Marta Pizzo avec la chanteuse Anna Saeki
qui participait au concert d'ouverture
et qui sera à Paris les 24 et 25 avril prochain

Marta Pizzo est poète et elle expose ses activités diverses et variées sur la blogosphère Blogspot. Son site s’appelle Puerto Palabras (Port-Paroles, c’est joli, non ?).

La rencontre de poètes à laquelle Marta Pizzo a participé
(à droite, en bleu clair, Horacio Rébora,
créateur des sommets mundiaux du tango
et président du Festival Internacional de Tango de Granada, en Espagne)

Allez-y faire un tour sur cette partie de son blog. Même si vous ne parlez pas un seul mot d’espagnol, ce n’est pas grave : pas besoin de parler espagnol pour admirer la cargaison de très jolies photos que Marta a mise en ligne sur Bariloche, côté grande rencontre tanguera et côté magnifiques paysages andins (comme ci-dessous).


Toutes les photos que j'ai marquées Puerto Palabras en proviennent. Sur le blog de Marta Pizzo, tout en bas de l’écran, quelque soit l’article par lequel vous débarquez à Puerto Palabras, vous pouvez écouter en MP3 quelques uns de ses tangos. Allez donc promener vos oreilles par là-bas, histoire de vous faire une idée.
La ville natale de Carlos Di Sarli, Bahía Blanca, station balnéaire du sud de la Province de Buenos Aires, était elle aussi représentée, en l'occurence par la chanteuse Sandra Savoia, filmée fort professionnellement par son mari (on ne filme bien qu’avec le coeur, comme aurait le Petit Prince de Saint Ex.). Oro y Plata, par Sandra Savoia !

Et ici, l’ensemble des clips de la chanteuse bahiense sur You tube. La chanteuse bahiense est aussi présente sur My Space. A découvrir !

Las chicas : de droite à gauche, Marta Pizzo, Claudia Levy, Marcela Bublik et Marisa Vazquez

Marcela Bublik, qui sera ce mercredi prochain, 15 avril, sur la scène de la Sala Osvaldo Pugliese au CCC Floreal Gorini (voir mon article d'hier à ce sujet), est l’auteur de plusieurs tangos. En particulier un, qui m’émeut particulièrement, dont j’ai déjà traduit un couplet dans un article du 11 septembre 2008 consacré à l’identification simultanée de deux petits-enfants recherchés par Abuelas : il s’agit de Soy, letra de Marcela Bublik, musique du Maestro Raúl Garello. Ce tango parle de la quête angoissante de l’identité réelle de ces enfants, volés en bas âge à leur famille après ou juste avant l’assassinat de leurs parents par les barbouzes de la Junte Militaire (1976-1983). En 2004, Soy a obtenu le premier prix d’un concours organisé par l’Association Abuelas de Plaza de Mayo sur le thème de l’identité.

Voilà Marcela interprétant elle-même ce tango bouleversant sous ce lien vers You Tube.
Le 13 mars, la chanteuse Gabriela Novaro chantait, elle aussi, à Bariloche.
Elle pose ici devant le cinéma Arrayanes.

La voici interprétant Cristal (sur You tube) et ici, toujours en vidéo, enchaînant De otro tiempo et Que buena fe, au cours de ce même récital...


Son concert (en haut sur scène avec Norberto Vogel)

Les photos qu'elle a eu la gentillesse de m'envoyer le 30 mars nous permettront de nous fabriquer (à peu de frais) des souvenirs de Bariloche comme si on y était allé.
A nous donner envie de partir très loin faire du ski en plein mois d’août ou aller vivre le tango sur place...
Démonstration des danseurs Frankie et Johnny

Le Maestro Néstor Marconi pendant le concert final

Néstor Marconi dirigeant l'orchestre du concert de clôture du Sommet.

mercredi 4 mars 2009

Le 8ème Davos du Tango [à l’affiche]

Affiche tirée du site de la ville de San Carlos de Bariloche

Non mais qu’est-ce que vous croyez ? Bien sûr que le tango argentin a son G8, son Davos et son sommet alter-mondialiste tout ensemble et même son assemblée plénière des Nations Unies... Il ne manquerait plus qu’il soit le seul à ne pas avoir sa rencontre au sommet.

Même que c’est la huitième fois que l’événement a lieu.

Et cette année, cette rencontre internationale, baptisée Cumbre Mundial del Tango (je vous jure que ce n’est pas des blagues !) se tient dans une station de sport d’hiver pré-andine très renommée sur tout le continent sud-américain, San Carlos de Bariloche, dans la Province de Río Negro, au nord de la Patagonie. La ville compte 130 000 habitants et se situe à plus de 1600 km de la capitale fédérale. Elle est très appréciée des nordistes, des Portègnes et des Bonaerenses qui aiment venir y faire du ski... quand ils en ont les moyens (pour ne rien dire des Brésiliens ou des Uruguayens). Mais ce n’est pas encore l’heure des skis, nous ne sommes qu’à la fin de l’été et c’est pour une foule de tangueros venus du monde entier que la ville s’apprête à mettre les petits plats dans les grands dès le 5 mars et jusqu'au 14. Tous les domaines du tango seront représentés : la danse, la musique, la poésie, le disque, le livre, le cinéma, la production de spectacles, la presse... Et une trentaine de villes du monde entier vont participer.

Ce Sommet Mondial du Tango s’ouvrira le jeudi à 19h par une soirée privée, réservée à la presse et à une large liste d'invités, à l’hôtel Llao-Llao, avec la participation des Maestros Horacio Ferrer, Président-fondateur de la Academia Nacional del Tango, Raúl Garello, Directeur-fondateur de la Orquesta de Tango de la Ciudad de Buenos Aires, représentant tous deux Buenos Aires, la chanteuse japonaise Anna Saeki (représentant Tokyo) et le couple de danseurs Pablo Contreras et Cynthia Palacios, champions patagoniens de tango de scène (représentant la ville de General Roca, dans la province de Río Negro) (1).

Les mêmes se retrouvent à 21h au cinéma Arrayanes pour un concert inaugural placé sous la responsabilité des deux Maestros.
Aux artistes déjà nommés se joindront le groupe de Graciela Novellino (chanteuse) accompagnée de Roberto Tormo à la contrebasse et de Diego Rapoport au piano (des artistes originaires de Bariloche), le couple de danseurs, Edwin et Lina, de Cali en Colombie, et le chanteur (et compositeur) Hernán Genovese (Buenos Aires). Le site Web 10tango annonce aussi, en plus de ces artistes inscrits au programme officiel (bouclé il y a quelque temps déjà) le chanteur Caracol, le Maestro Néstor Marconi (bandonéoniste, compositeur et chef d’orchestre, directeur de la Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce et co-directeur de la Orquesta de Tango de la Ciudad de Buenos Aires depuis le début 2008), et le Quinteto Típico féminin China Cruel.

Le lendemain, c’est le premier jour à proprement parler et le programme est chargé...

A l’heure du déjeuner, il est prévu un Tango en las nubes (Tango dans les nuages). Tout le monde emprunte le téléphérique pour aller déjeuner à 13h dans une confitería giratoria (un restaurant panoramique monté sur une plateforme qui tourne) et à 14h, aura lieu un concert de la chanteuse Marisa Vázquez, de Buenos Aires. Deux couples de danseurs, Tango Vivo, de Cali en Colombie, participeront à cette fête.

Le soir, à 21h, concert au cinéma Arrayanes avec Roberto Rimoldi Fraga de Buenos Aires, le groupe Paola Schiavoni - Ariel Ascheri de Bariloche (une chanteuse accompagnée d’un guitariste, d’un pianiste et d’un contrebassiste), les danseurs John et Sofiani, de Caracas, capitale du Venezuela, le duo Kohan-Solare baptisé Tango Nomade, de Brême, en Allemagne, et Genève, en Suisse, et la Orquesta de la Ciudad de Córdoba (Argentine), placée sous la direction du Maestro Osvaldo Piro.

A 21h30, au Salón Araucania, commence un autre concert : Tango en concierto de cámara où se produira un quintette à cordes de Tenerife (Espagne), composé de deux violons, un alto, un violoncelle, un contrebasse et un chanteur.

A 22h, à Rincón Patagónico, aura lieu le dîner inaugural où les délégations seront officiellement reçues. Le concert permettra d’applaudir le Bariloche Tango Sexteto, le Ballet Folklorico Tolkeyen (de Bariloche aussi), le chanteur de folklore Roberto Rimoldi Fraga (qui se sera déjà produit, une heure avant, au cinéma Arrayanes) et un ensemble tokyoïte baptisé 2x4 Tokyo (chanteur, contrebasse, piano et violon).
Enfin une milonga conclura cette première journée à la Discoteca By Pass, avec Omar Viola, le DJ de Salón Caning, une célèbre milonga du centre de Buenos Aires. Il y aura de la musique vivante (plusieurs orchestres sont inscrits, dont un de San Luis, en Argentine) et diverses exhibitions de danseurs.

Dans la journée, tout un programme d’échanges, de rencontres, ce que le programme rassemble sous le vocable d’activités parallèles, est prévu avec vernissage de plusieurs expositions d’art, des cours de tango (danse), le lancement d’un concours d’écriture de letras de tango, une scène ouverte entre 12 h 30 et 14 h pour des musiciens et des danseurs (2) et à 18h, dans la biblioteca Sarmiento, une première rencontre de poètes avec une conférence d’ouverture par le Maestro Horacio Ferrer, une lecture par les auteurs Carlos Andreoli (qui est aussi chanteur) et Marta Pizzo (poétesse, narratrice et éditrice) et la présentation d’un livre de Ana Jaramillo intitulé Tango, vida y pasión de las dos orillas (Tango, vie et passion des deux rives, sous entendu du Río de La Plata) (3).

Le programme complet est disponible sur le site des Sommets mondiaux du Tango (Cumbredeltango).

La Ville de San Carlos de Bariloche sur le Web.

Quelques uns de ces artistes sur le Web :
Plusieurs d'entre eux figurent déjà dans les liens aux sites extérieurs dans la Colonne de droite de Barrio de Tango, dans les rubriques Les Troesmas et Grillons, zorzales et autres cigales.

Anna Saeki sous ce lien.
Tango Nomade sous celui-ci.
Le chanteur Caracol sur You Tube sous ce lien.
Le blog de la chanteuse Marisa Vázquez (lavazquez.blogspot).
Roberto Rimoldi Fraga sur You Tube ici.
Le blog de la poète Marta Pizzo : Puerto Palabra.
La page My Space de Carlos Andreoli sous le lien.

(1) Le Général Roca a dirigé ce qu’on a appelé dans les années 1870 la Campagne du Désert. La guerre d’extermination contre les Indiens dans les Provinces de Patagonie ! Le souvenir du Général Roca est un des plus ambigus qui soit dans l’histoire de l’Argentine indépendante.
(2) On appelle scène ouverte (escena abierta en espagnol) un moment où tous les artistes qui le veulent peuvent, dans un temps délimité mais égal pour tous, dire et montrer ce qu’ils veulent, à condition, généralement, de s’être inscrits à l’avance.
(3) Ce livre est illustré. Le nom donné par le programme officiel et que les rares articles d’Internet qui font déjà référence à l’ouvrage reprennent allègrement est celui d’un chanteur de Buenos Aires, doté de très nombreux talents (chanteur, compositeur et auteur) mais qui ne dit pas un mot sur son site des talents d’illustrateur qui lui sont ici prêtés. Aussi se peut-il que l’illustrateur de ce livre, que je n’ai pas eu en main, soit en fait un fileteador des plus controversés et des plus contestables, certes homonyme du chanteur (mais pour le patronyme seulement), peintre assez désagréable qui tente de ramener à lui (et y réussit parfois) tout l’art du fileteado, occupe l’espace médiatique et éditorial sans se laisser étouffer par le reste confraternel. Mais impossible de vérifier sur son site (j’ai tenté ma chance) car il n’y parle que des livres dont il est le seul auteur, alors qu’il a illustré à la chaîne des tas de trucs et dans tous les sens. Dans le monde tanguero, ce type est une espèce d’ovni comportemental trop proche pour être honnête de notre propre modèle de show-business où les basses manoeuvres de rivalité l’emportent et largement sur l’amitié, la loyauté et la solidarité que les vrais artistes du tango cultivent entre eux à Buenos Aires avec un soin farouche et persévérant. Je garde néanmoins un doute parce que je ne crois pas qu’Horacio Ferrer aimerait beaucoup que son nom côtoie celui de ce bonhomme. Or dans le doute abstiens-toi. Si un jour, je tombe sur ce bouquin, je viendrais corriger cet article en indiquant qui en a réalisé effectivement les illustrations.