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lundi 17 novembre 2025

Carlos Andreoli de passage à Buenos Aires [à l’affiche]


L’auteur-compositeur-interprète argentin Carlos Andreoli, installé à Grenade en Espagne, sera ce soir, lundi 17 novembre 2025, à 18h, à la Academia Nacional del Tango, avenida de Mayo 833, pour le second Plenario ordinaire de novembre.

L’artiste sera accompagné ce soir en autre par le poète Alejandro Szwarcman, dont j’ai traduit une dizaine de tangos iconoclastes dans Deux cents ans après, le Bicentenaire de l’Argentine à travers le patrimoine littéraire du tango, paru en décembre 2010 chez Tarabuste Éditions.

Entrée libre et gratuite comme d’habitude.

© Denise Anne Clavilier

vendredi 18 février 2011

La rentrée se prépare à la Academia Nacional del Tango : Seminario Homero Expósito [Actu]

La Academia Nacional del Tango a entamé les inscriptions pour le 1er quadrimestre 2011 du Séminaire Homero Expósito, qui forme des paroliers et poètes de tango, sous la coordination de Alejandro Martino, responsable de la bibliothèque de cette institution, installée sur la célèbre Avenida de Mayo.

Dans ce séminaire, on retrouve comme professeurs Alejandro Martino, qui est responsable des cours de versification, et Ernesto Pierro, Bibi Albert, Marcela Bublik et Raimundo Rosales, qui donnent les cours de poétique (1).

Le séminaire est complété par des conférences, ouverte au grand public (mais payantes), données par des artistes représentant différente disciplines, comme Javier González (guitariste et compositeur) (2), Horacio Ferrer (poète et historien), Carlos Andreoli (auteur-compositeur-interpréte), Eugenio Mandrini et Héctor Negro (1), tous deux poètes...

Cette nouvelle session commence le vendredi 1er avril 2011. L'inscription est ouverte du lundi au vendredi de 16h à 20h, dans les locaux de la Academia (Avenida de Mayo, 833, 3ème étage). Les élèves qui s'inscriront en février bénéficieront de 25% de réduction sur le prix du quadrimestre.

Pour en savoir plus sur cette formation, cliquez sur le mot-clé "Taller letrista", dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus, ou sur l'un ou l'autre des noms des artistes qui y figurent également.

(1) Marcela Bublik (née en 1957), Raimundo Rosales (né en 1954), Héctor Negro (né en 1934) et Horacio Ferrer (né en 1933) ont chacun un chapitre consacré à plusieurs de leurs oeuvres (une dizaine environ pour chacun), en vers pour tous et en prose aussi pour les deux derniers, dans ma nouvelle anthologie bilingue, qui constitue le Supplément 2010 de la revue Triages, Deux cents ans après, le Bicentenaire de l'Argentine à travers le patrimoine littéraire du tango, publiée le 26 janvier 2011, par Tarabuste Editions, avec le concours du Conseil National du Livre. Cette nouvelle anthologie fera l'objet d'une deuxième présentation le 5 mars à Paris, à l'Académie Esprit Tango, 3 rue des Vignoles, M° Avron (entrée libre et gratuite), après celle du 15 février 2011, à l'Espace Tango Negro, à Paris également (voir mon article du 5 février 2011 sur ce sujet)
(2) Javier González, vous le connaissez aussi comme chef de la Orquesta Escuela de Tango do Conservatoire de Morón, dans la banlieue sud de Buenos Aires. Il m'a gracieusement offert, pour Deux cents ans après, deux partitions qui illustrent deux tangos qu'il a co-signés avec le poète Alejandro Szwarcman, qui fut jusqu'à la fin de l'année 2009 l'un des deux coordinateurs de ce Séminaire.

lundi 8 juin 2009

Hernán Genovese à Bruxelles [ici]

Pochette de Barajando


Le chanteur argentin, né à Lanus (1), Hernán Genovese, une des plus belles voix de basse de la génération montante, est en tournée en Europe.
Il se rend tout d’abord aux festivals de tango d’Albacete (qui avait lieu du 3 au 7 juin) et de Séville (du 11 au 13 juin, il chante le 13 à 241h).
Ces deux festivals appartiennent à la même famille culturelle andalouse que le grand festival international de tango qu’est celui de Grenade tous les ans depuis plus de 20 ans au mois de mars (lire mon article de mars à ce sujet).

Hernán Genovese chantera ensuite à Bruxelles :

Le 26 juin 2009 à 21h, à Art Base, 29 rue des Sables (1000 Bruxelles). Entrée à 12,50 € (plein tarif), 8 €, tarif réduit pour les moins de 26 ans.

Le 27 juin à la Milonga du Kiosque, au Kiosque du Parc Royal au coeur de Bruxelles (place de la Nation, entre le Palais du Congrès et le Palais Royal). Cette milonga de plein air et d’été a lieu tous les 1er et 3ème samedis du mois de juillet à septembre, de 17h à 23 h. L’entrée est de 2 € pour les danseurs. En l’occurrence, ce sera la première milonga de la Saison.

Le 28 juin à 19h30 au Garage Culturel, 81 rue de l’Albanie (empruntez le tram 18). Entrée 20 €. Le spectacle s’accompagnera d’un buffet argentin (empanadas y vino).
Hernán Genovese présentera à cette occasion son récent CD, Barajando (battre les cartes), dont j’ai déjà eu l’occasion de parler en juillet de l’année dernière (lire l'article). Barajando (qui est aussi le titre d'un tango) est son premier disque de soliste et mélange les grands classiques et des oeuvres de sa propre composition (et de sa plume), comme cet hommage à sa ville natale qui s’intitule Lanus...

A noter dans le programme de Séville, la participation, le 12 juin, de Enrique Moratalla et de son quintette Versus Ensemble dont je vous ai déjà vanté l’admirable interprétation des oeuvres de Piazzolla-Ferrer et le disque Suite María de Buenos Aires (voir mon article d’août au sujet de ce disque et mon article de novembre sur la tournée qu’il a effectuée en Espagne avec Horacio Ferrer à l’automne). A la même soirée, au Teatro Lope de Vega, participeront également l’auteur-compositeur-interprète et guitariste Carlos Andreoli (quelque peu connu des lecteurs de Barrio de Tango, voir son raccourci dans la rubrique Vecinos del Barrio, en Colonne de droite) et la chanteuse Marisa Vázquez qui passera aussi tout prochainement dans la région bordelaise (voir l’article sur cette autre tournée, publié ce jour même).

En savoir plus :
Le site de Hernán Genovese est disponible dans la rubrique Grillons, zorzales et autres cigales de la Colonne de droite.
Vous pouvez lire l’ensemble des articles le concernant dans Barrio de Tango en cliquant sur son nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus (sous le titre) ou sur le raccourci à son nom dans la rubrique Vecinos del Barrio de la Colonne de droite.
Visiter la page du festival d’Albacete.
Visiter la page du festival de Séville.
Visiter le blog milonga.be où vous trouverez l’info sur la Milonga du Kiosque (en cliquant sur l’image y afférente).
Le site de l’ensemble des festivals de tango en Andalousie est accessible dans la rubrique Cambalache (casi ordenado) de la Colonne de droite. Il est fort possible que je bascule prochainement ce lien dans la rubrique Grands Rendez-vous du Tango de cette même Colonne.

Pour avoir une idée de ce qui se passe à Bruxelles : cliquez sur Ville de Bruxelles dans la rubrique Quelques quartiers, villes et lieux dans la partie haute de la Colonne de droite ou sur le nom de la ville parmi les mots-clés du bloc Pour chercher, sous le titre du présent article...

(1) dans la banlieue sud de Buenos Aires, la banlieue limitrophe, populaire et ouvrière d’où vient la majorité des artistes de tango qui ne sont pas nés dans la capitale elle-même.

jeudi 19 mars 2009

Festival internacional de Tango de Granada [ici]


Du 31 mars au 5 avril, aura lieu à Grenade dans le sud de l'Espagne le 21ème festival international de Tango. Le Festival Internacional de Tango de Granada est le tout premier festival de tango qui soit digne de ce nom et qui se soit monté en dehors de la patrie du tango (Argentine et Uruguay). C'est le doyen des festivals tangueros d'Europe. Et il s'agit d'un vrai festival avec un programme très complet avec concerts, rencontres littéraires (on est en terre hisponophone), colloques, dialogues artistiques entre musiques d'origine différentes, stages et spectacles de danse, milongas...

A l'inverse des tout prochains festivals de Paris, Bruxelles, Bâle et Turin qui sont essentiellement l'affaire de professeurs de tango exerçant sur place et de passionnés animés d'une immense volonté mais peu outillés, le Festival Internacional de Tango de Granada est une manifestation on ne peut plus officielle, organisée par une agence de spectacle, Andart Producciones Culturales, qui dispose donc de ressources techniques et logistique d'une toute autre ampleur. Le Festival, dirigé par Horacio Rébora, a l'appui de la Mairie de Grenade qui a consacré un budget de 90 000 € cette année à la manifestation et celui de la Junta de Andalucía, l'entité politique régionale à laquelle appartient la ville de Grenade. C'est un festival qui est du niveau de celui de Buenos Aires. Et pourtant de toutes les manifestations de ce début de printemps en Europe, c'est celle qui connaît le plus de problèmes avec son site. Si jamais le lien que je vous joins ici ne marchait pas correctement, cliquez sur l'ouverture via le cache Google qui devrait vous être proposée. En espérant que ça marche un peu mieux comme ça.

Andart Producciones Culturales organise aussi le Festival de Sagunto, qui a eu lieu le mois dernier, les 20 et 21 février, le Festival de Lanjarón, celui de la Costa del Sol, celui de Almería et celui de Jerez de la Frontera (tout ça; c'est l'Andalousie).

Parmi la soixantaine d'artistes attendus cette année à Grenade, on compte parmi les Argentins le danseur Miguel Angel Zotto, le chanteur Caracol, l'auteur compositeur interprète Carlos Andreoli, Graciela Novellino, le pianiste Cristian Zárate, le chanteur et auteur-compositeur Guillermo Fernández (qui vient de sortir un disque sur lequel il marie le tango et la musique gitane notamment andalouse). Des artistes viendront aussi de Colombie, du Danemark, de Finlande, de Suède, du Japon et bien sûr il y aura aussi des musiciens locaux, en particulier des artistes du flamenco (qui a sa part dans la naissance du tango, notamment le canto jondo, qui est une des manières de chanter le flamenco. C'est même du flamenco que vient très vraisemblablement le nom lui-même du tango, nom qui a sans doute été emprunté à l'un des modes du flamenco très en vogue au 19ème siècle. Vers 1870 à Buenos Aires, on distinguait le "tango criollo", qui a donné ce qu'on appelle aujourd'hui le tango, et le "tango andaluz", qui désignait cette forme du flamenco).

La soirée d'ouverture est confiée à un ensemble d'artistes suédois et argentins vivant en Suède...

Beaucoup de manifestations auront lieu au Teatro Isabel La Católica, mais le Festival se répandra aussi dans les quartiers et à l'Université qui est co-organisatrice comme la Junta et la Municipalité. Une rencontre autour de l'influence du poète andalou Federico García Lorca sur l'univers esthétique du tango devrait se tenir dans les locaux universitaires. Federico García Lorca a fait un voyage à Buenos Aires en 1932 et son passage a beaucoup marqué les poètes de l'époque, notamment quelqu'un comme Enrique Santos Discépolo, anarchiste lui aussi, et jusqu'aux poètes argentins d'aujourd'hui.
Horacio Ferrer, Président de la Academia Nacional del Tango et prestigieux auteur s'il en est, devrait être là comme tous les ans (il aime beaucoup cette manifestation et visite aussi très souvent l'Espagne où il a passé trois semaines au mois d'octobre dernier à tourner dans toute la Péninsule pour présenter le disque María de Buenos Aires Suite). L'année dernière, il avait présenté son Teatro Completo (Editorial del Soñador) le 6 avril dans ce cadre grenadin.

lundi 9 mars 2009

Cumbre Mundial del Tango - du 7 au 10 mars [à l’affiche]


Dans mon premier article, publié jeudi dernier, 5 mars 2009, je vous avais décrit par le menu les réjouissances des deux premiers jours.

Voici maintenant un échantillon de quelques temps forts de ce week-end et jusqu’à demain soir dans les catégories déjà décrites dans mon précédent article (il s’agit plus de vous donner une idée que d’établir une hiérarchie dans un programme débordant où il n’y a pas moyen d’en établir une) :

Le 7 : Encuentro de poetas, avec Miguel Jubany, Eugenio Mandrini et Héctor Negro (ce dernier était inscrit sous réserve au moment du bouclage du programme). Eugenio Mandrini et Héctor Negro sont deux poètes de Buenos Aires et ils animent ensemble la revue Buenos Aires el Tango y lo Demas, dont je vous ai parlé à l’occasion de sa dernière présentation dans la bodega du Gran Café Tortoni en décembre dernier.

Le concert de Tango en las Nubes (à l’heure du déjeuner, dans un confitería panoramique perchée sur le sommet Cerro Otto -avec accès par téléphérique) : la chanteuse auteur-compositrice et pianiste Claudia Levy (de Buenos Aires) et le duo Tango Nomade (représentant Brême et Genève)
Voir les articles sur Claudia Levy et le site de l’artiste dans les liens externes, en rubrique Grillons, zorzales et autres cigales. Pour Tango Nomade, se reporter au premier article sur la Cumbre.

Au cinéma Arrayanes, à 23h, il y a eu un concert avec, entre autres, Carlos Andreoli (voir les articles de Barrio de tango sur cet auteur-compositeur interprète en cliquant sur son nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus).

Hier dimanche, le 8 mars : re-Claudia Levy au ciné Arrayanes à 21h avec, dans le même spectacle et parmi beaucoup d’autres, l’autre chanteuse portègne qu’est Marisa Vázquez (cliquez sur son nom en haut, sous le titre, pour lire les autres articles la concernant).

Un peu plus tôt dans la soirée (en fin d’après-midi pour un Portègne), à 19h, au Camping Musical, s’était produit le pianiste et compositeur Emilio de la Peña, un grand monsieur, qui n’est plus tout jeune et qui est toujours resté un artiste rare (peu de concerts, peu de disques mais beaucoup d’élèves et partant beaucoup d’admirateurs). Emilio de la Peña est interviewé aujourd’hui par le quotidien Página/12, sous le titre El maestro occulto (le maître caché).

De 23h30 à 4h du matin, une milonga à la Discoteca By Pass, toujours sous la houlette de Omar Viola, le DJ de Salón Caning, célèbre milonga de Buenos Aires, qui a déjà tenu les 2 milongas précédentes, vendredi et samedi. Mais aussi, une autre milonga, à la discothèque Roxvury, de minuit à 5 heures du matin, et celle-là, elle est confiée à Milonga Queer (une milonga homosexuelle de Buenos Aires) avec son DJ, Tango Negro, et diverses démonstrations tout au long de la nuit.

Aujourd’hui lundi 9 mars, un tout petit programme après les excès du week-end... Un seul concert au ciné Arrayanes, celui de 21h, avec 6 artistes ou couples d’artistes.

Plus la milonga quotidienne à la Discoteca By Pass, sous la houlette du DJ Horacio Godoy, de La Viruta (à Buenos Aires).

Demain mardi : programme réduit également (le programme de semaine, quoi !) mais avec deux personnes que j’ai particulièrement plaisir à présenter :

Marcela Bublik, poète, compositrice et chanteuse, qui se produira au Ciné Arrayanes à 21h, en représentation de la capitale argentine, voir affiche jointe.

Les autres articles sur Marcela sont accessibles en cliquant sur son nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search. Vous pouvez aussi accéder à son site, dans la rubrique Grillons, zorzales et autres cigales, dans la Colonne de droite. Enfin, Marcela, qui prépare en ce moment un nouveau disque, s’est récemment installée sur My Space (voir mon article d’il y a quelques semaines à ce sujet).

Et, au même horaire à la même adresse, un autre (1) lecteur de Barrio de Tango, que je tenais à saluer personnellement, sachant tout le trac qu’il a accumulé depuis plusieurs semaines. C’est un musicien et un peintre, il manie très bien le français et il vit en Equateur (Amérique centrale) et habite à Guayaquil : Eloy Velazquez se présente sur scène avec un petit groupe baptisé, en français dans le texte, Le Tango... Vous pouvez d’ailleurs le vérifier sur le blog d’Eloy.

(1) Je dis "autre" parce qu’il arrive à Marcela Bublik de passer de temps en temps sur ce blog pour voir ce qui se passe à Buenos Aires mais en français !

samedi 7 mars 2009

Reprise du Seminario Homero Expósito à la Academia Nacional del Tango [actu]

Cette formation destinée aux letristas de tango (poètes et paroliers) est coordonnée par Alejandro Martino (du Bureau Exécutif) et Alejandro Szwarcman. Le programme se déploie sur 4 quadrimestres (l'unité d'organisation de l'année scolaire argentine) et porte bien sûr d'abord et avant tout sur le Tango mais s'élargit aussi à l'étude de la chanson argentine et latino-américaine.

L'enseignement prend deux formes complémentaires : un atelier d'écriture de deux heures tous les mardis de l'année scolaire, animé directement par les deux enseignants responsables, et une série de conférences montée par les responsables et données par des compositeurs et des poètes éminents du genre. Ont dans ce cadre délivré des conférences les poètes Héctor Negro, Carlos Andreoli et Raimundo Rosales (voir mes articles sur eux, en cliquant sur leur nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search) et les musiciens Javier González et Quito Gato, pour en citer que les deux compositeurs dont Barrio de Tango avait présenté en leur temps les interventions au cours du dernier quadrimestre 2008.

Le cycle 2009 débutera le mardi 31 mars à 19h, avec un Alejandro Szwarcman, qui, pour affronter l'automne portègne, aura fait des provisions de froid sibérien, au sens propre de l'expression pour une fois (voir mon article sur sa tournée en Russie publié aujourd'hui même).

Les inscriptions sont ouvertes jusqu'à la veille incluse, le 30 mars, du lundi au vendredi, de 16h à 20h au siège de la Academia Nacional del Tango (Avenida de Mayo 833).

mercredi 4 mars 2009

Le 8ème Davos du Tango [à l’affiche]

Affiche tirée du site de la ville de San Carlos de Bariloche

Non mais qu’est-ce que vous croyez ? Bien sûr que le tango argentin a son G8, son Davos et son sommet alter-mondialiste tout ensemble et même son assemblée plénière des Nations Unies... Il ne manquerait plus qu’il soit le seul à ne pas avoir sa rencontre au sommet.

Même que c’est la huitième fois que l’événement a lieu.

Et cette année, cette rencontre internationale, baptisée Cumbre Mundial del Tango (je vous jure que ce n’est pas des blagues !) se tient dans une station de sport d’hiver pré-andine très renommée sur tout le continent sud-américain, San Carlos de Bariloche, dans la Province de Río Negro, au nord de la Patagonie. La ville compte 130 000 habitants et se situe à plus de 1600 km de la capitale fédérale. Elle est très appréciée des nordistes, des Portègnes et des Bonaerenses qui aiment venir y faire du ski... quand ils en ont les moyens (pour ne rien dire des Brésiliens ou des Uruguayens). Mais ce n’est pas encore l’heure des skis, nous ne sommes qu’à la fin de l’été et c’est pour une foule de tangueros venus du monde entier que la ville s’apprête à mettre les petits plats dans les grands dès le 5 mars et jusqu'au 14. Tous les domaines du tango seront représentés : la danse, la musique, la poésie, le disque, le livre, le cinéma, la production de spectacles, la presse... Et une trentaine de villes du monde entier vont participer.

Ce Sommet Mondial du Tango s’ouvrira le jeudi à 19h par une soirée privée, réservée à la presse et à une large liste d'invités, à l’hôtel Llao-Llao, avec la participation des Maestros Horacio Ferrer, Président-fondateur de la Academia Nacional del Tango, Raúl Garello, Directeur-fondateur de la Orquesta de Tango de la Ciudad de Buenos Aires, représentant tous deux Buenos Aires, la chanteuse japonaise Anna Saeki (représentant Tokyo) et le couple de danseurs Pablo Contreras et Cynthia Palacios, champions patagoniens de tango de scène (représentant la ville de General Roca, dans la province de Río Negro) (1).

Les mêmes se retrouvent à 21h au cinéma Arrayanes pour un concert inaugural placé sous la responsabilité des deux Maestros.
Aux artistes déjà nommés se joindront le groupe de Graciela Novellino (chanteuse) accompagnée de Roberto Tormo à la contrebasse et de Diego Rapoport au piano (des artistes originaires de Bariloche), le couple de danseurs, Edwin et Lina, de Cali en Colombie, et le chanteur (et compositeur) Hernán Genovese (Buenos Aires). Le site Web 10tango annonce aussi, en plus de ces artistes inscrits au programme officiel (bouclé il y a quelque temps déjà) le chanteur Caracol, le Maestro Néstor Marconi (bandonéoniste, compositeur et chef d’orchestre, directeur de la Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce et co-directeur de la Orquesta de Tango de la Ciudad de Buenos Aires depuis le début 2008), et le Quinteto Típico féminin China Cruel.

Le lendemain, c’est le premier jour à proprement parler et le programme est chargé...

A l’heure du déjeuner, il est prévu un Tango en las nubes (Tango dans les nuages). Tout le monde emprunte le téléphérique pour aller déjeuner à 13h dans une confitería giratoria (un restaurant panoramique monté sur une plateforme qui tourne) et à 14h, aura lieu un concert de la chanteuse Marisa Vázquez, de Buenos Aires. Deux couples de danseurs, Tango Vivo, de Cali en Colombie, participeront à cette fête.

Le soir, à 21h, concert au cinéma Arrayanes avec Roberto Rimoldi Fraga de Buenos Aires, le groupe Paola Schiavoni - Ariel Ascheri de Bariloche (une chanteuse accompagnée d’un guitariste, d’un pianiste et d’un contrebassiste), les danseurs John et Sofiani, de Caracas, capitale du Venezuela, le duo Kohan-Solare baptisé Tango Nomade, de Brême, en Allemagne, et Genève, en Suisse, et la Orquesta de la Ciudad de Córdoba (Argentine), placée sous la direction du Maestro Osvaldo Piro.

A 21h30, au Salón Araucania, commence un autre concert : Tango en concierto de cámara où se produira un quintette à cordes de Tenerife (Espagne), composé de deux violons, un alto, un violoncelle, un contrebasse et un chanteur.

A 22h, à Rincón Patagónico, aura lieu le dîner inaugural où les délégations seront officiellement reçues. Le concert permettra d’applaudir le Bariloche Tango Sexteto, le Ballet Folklorico Tolkeyen (de Bariloche aussi), le chanteur de folklore Roberto Rimoldi Fraga (qui se sera déjà produit, une heure avant, au cinéma Arrayanes) et un ensemble tokyoïte baptisé 2x4 Tokyo (chanteur, contrebasse, piano et violon).
Enfin une milonga conclura cette première journée à la Discoteca By Pass, avec Omar Viola, le DJ de Salón Caning, une célèbre milonga du centre de Buenos Aires. Il y aura de la musique vivante (plusieurs orchestres sont inscrits, dont un de San Luis, en Argentine) et diverses exhibitions de danseurs.

Dans la journée, tout un programme d’échanges, de rencontres, ce que le programme rassemble sous le vocable d’activités parallèles, est prévu avec vernissage de plusieurs expositions d’art, des cours de tango (danse), le lancement d’un concours d’écriture de letras de tango, une scène ouverte entre 12 h 30 et 14 h pour des musiciens et des danseurs (2) et à 18h, dans la biblioteca Sarmiento, une première rencontre de poètes avec une conférence d’ouverture par le Maestro Horacio Ferrer, une lecture par les auteurs Carlos Andreoli (qui est aussi chanteur) et Marta Pizzo (poétesse, narratrice et éditrice) et la présentation d’un livre de Ana Jaramillo intitulé Tango, vida y pasión de las dos orillas (Tango, vie et passion des deux rives, sous entendu du Río de La Plata) (3).

Le programme complet est disponible sur le site des Sommets mondiaux du Tango (Cumbredeltango).

La Ville de San Carlos de Bariloche sur le Web.

Quelques uns de ces artistes sur le Web :
Plusieurs d'entre eux figurent déjà dans les liens aux sites extérieurs dans la Colonne de droite de Barrio de Tango, dans les rubriques Les Troesmas et Grillons, zorzales et autres cigales.

Anna Saeki sous ce lien.
Tango Nomade sous celui-ci.
Le chanteur Caracol sur You Tube sous ce lien.
Le blog de la chanteuse Marisa Vázquez (lavazquez.blogspot).
Roberto Rimoldi Fraga sur You Tube ici.
Le blog de la poète Marta Pizzo : Puerto Palabra.
La page My Space de Carlos Andreoli sous le lien.

(1) Le Général Roca a dirigé ce qu’on a appelé dans les années 1870 la Campagne du Désert. La guerre d’extermination contre les Indiens dans les Provinces de Patagonie ! Le souvenir du Général Roca est un des plus ambigus qui soit dans l’histoire de l’Argentine indépendante.
(2) On appelle scène ouverte (escena abierta en espagnol) un moment où tous les artistes qui le veulent peuvent, dans un temps délimité mais égal pour tous, dire et montrer ce qu’ils veulent, à condition, généralement, de s’être inscrits à l’avance.
(3) Ce livre est illustré. Le nom donné par le programme officiel et que les rares articles d’Internet qui font déjà référence à l’ouvrage reprennent allègrement est celui d’un chanteur de Buenos Aires, doté de très nombreux talents (chanteur, compositeur et auteur) mais qui ne dit pas un mot sur son site des talents d’illustrateur qui lui sont ici prêtés. Aussi se peut-il que l’illustrateur de ce livre, que je n’ai pas eu en main, soit en fait un fileteador des plus controversés et des plus contestables, certes homonyme du chanteur (mais pour le patronyme seulement), peintre assez désagréable qui tente de ramener à lui (et y réussit parfois) tout l’art du fileteado, occupe l’espace médiatique et éditorial sans se laisser étouffer par le reste confraternel. Mais impossible de vérifier sur son site (j’ai tenté ma chance) car il n’y parle que des livres dont il est le seul auteur, alors qu’il a illustré à la chaîne des tas de trucs et dans tous les sens. Dans le monde tanguero, ce type est une espèce d’ovni comportemental trop proche pour être honnête de notre propre modèle de show-business où les basses manoeuvres de rivalité l’emportent et largement sur l’amitié, la loyauté et la solidarité que les vrais artistes du tango cultivent entre eux à Buenos Aires avec un soin farouche et persévérant. Je garde néanmoins un doute parce que je ne crois pas qu’Horacio Ferrer aimerait beaucoup que son nom côtoie celui de ce bonhomme. Or dans le doute abstiens-toi. Si un jour, je tombe sur ce bouquin, je viendrais corriger cet article en indiquant qui en a réalisé effectivement les illustrations.

vendredi 28 novembre 2008

Présentation du nouveau numéro de Buenos Aires Tango y lo demás au Tortoni [à l’affiche]

Le Maestro Héctor Negro, qui est l'un des trois membres du Comité de Rédaction de Buenos Aires Tango y lo demás (Buenos Aires, Tango et tutti quanti, BAT pour les intimes), présentera le nouveau numéro de cette revue (le 57ème) dans la bodega (la cave, le sous-sol) du Gran Café Tortoni, sa recalada préférée (1), un véritable temple de la culture portègne. Cette bodega, qui accueille aujourd’hui des shows de tango, la plupart du temps, et voit défiler les meilleurs musiciens de la ville, jeunes et anciens, a été longtemps le siège d’un cercle d’artistes et d’intellectuels qui a profondément marqué l’histoire culturelle de Buenos Aires. On l’appelait la Peña del Tortoni, elle était animée par le peintre Quinquela Martín. Plus récemment, elle a fait office de siège pour la Academia Nacional del Tango, de sa création en 1990 jusqu’à l’acquisition épique de ses locaux actuels (juste au-dessus) en 2001.

La présentation prendra la forme d’une soirée littéraire et musicale, elle aura lieu lundi soir, le 1er décembre, à 19h30 (entrée libre et gratuite).

Une brochette de participants, plus prestigieux et talentueux les uns que les autres, seront de la fête :

Côté chant : Carlos Andreoli, qui, nous précise le Maestro, rentre tout juste d’Espagne (2), Norberto Roldán (3), Patricia Barone (4) et Caracol (Escargot) accompagné par le duo de guitares Tanguido.

Côté musique instrumentale : el Cuarteto Al Limite.

Côté poètes : Luis Alposta, Eugenio Mandrini (Héctor Negro vient de lui consacrer une entrée de son blog), Hugo Enrique Salerno, Roberto Selles (autre récent article d’Héctor Negro sur son blog), Alejandro Szwarcman (présent sur My Space, comme vous le savez déjà) et Héctor Negro (voir aussi les liens de la colonne de droite). Tous liront leurs poèmes publiés dans ce numéro... (5).

Natalio Etchegarray, le Rédacteur en chef, jouera les Monsieur Loyal de la soirée.

La revue Buenos Aires Tango y lo demás a son siège dans la rue Holmberg au n° 950, C1427CYD Buenos Aires (Argentine). Vous pouvez demander les numéros anciens en adressant un courrier à Héctor Negro. La revue paraît comme et quand elle peut. Conçue comme un bimensuel, elle n'aura publié que deux numéros cette année, le n° 56 est daté de janvier 2008.

Buenos Aires compte de nombreuses revues sur le tango. Les plus connues, à couverture en papier glacé, gratuites, celles auxquelles tous les touristes du tango ont facilement accès, sont en fait des supports de publicité pour les cours de danse, les milongas et les marchands de chaussures (et pas seulement les bons). Buenos Aires Tango y lo demás, que j’ai moi-même connue grâce à Héctor Negro, qui m’en a apporté plusieurs exemplaires quand il m’a reçue pour la première fois à Buenos Aires l’année dernière, est une revue sur la culture du tango dans toute son ampleur et sa profondeur. Elle publie les poètes mais aussi des articles d’histoire, de musicologie, de sociologie tant sur le genre que sur le contexte dans lequel il vit et se déploie.

Si vous préférez le genre feuille de chou, vous jetterez votre dévolu sur El Chamuyo, le mensuel gratuit de la Academia Nacional del Tango, imprimé sur une page A3 recto-verso (un périodique d’entrefilets). En libre service dans l’entrée de l’Academia (1er étage).

(1) recalada : expression maritime très employée à Buenos Aires pour désigner un lieu où l’on vient se ressourcer, se retrouver, faire une pause. Il n’existe pas à ma connaissance d’expression similaire en français.
(2) sur sa page
My Space, cet auteur-compositeur-interprète (cantautor en portègne) se définit comme "un poeta entre la ciudad y el río" (c’est joli et ça se comprend tout seul). Il est rédacteur régulier dans cette revue.
(3) dont le dernier disque, Tangos, valses y milongas por Norberto Roldán, aux éditions Fonocal, comporte un morceau écrit par Héctor Negro (musique de José Colangelo) : Cuando somos (quand nous sommes).
(4) Vous savez déjà aller sur son site les yeux fermés :
baroneygonzalez.com.ar.
(5) La majeure partie de ces écrivains, y compris Natalio Etchegarray, sont des rédacteurs réguliers de BAT, ils collaborent également à la première encyclopédie tango du net,
Todo Tango, de Ricardo García Blaya et siègent, à des titres divers (Académico de numero, Cuadro Jóvenes, Cuadro de Académicos Consultos, etc.), deux étages plus haut à la Academia Nacional del Tango (là, on est sous la belle voûte du sous-sol du Tortoni, donc il faut remonter au rez-de-chaussée, sortir sur le trottoir, longer la façade sur la droite et sur deux mètres pour passer du numéro 833 au numéro 835 de la Avenida de Mayo et emprunter l’escalier qui monte à la Academia, après avoir salué le portier, qui est charmant). Tous se connaissent, se fréquentent, se croisent à tout bout de champ et partout, s’estiment et se respectent... Luis Alposta a croqué Héctor Negro pour la couverture d’une récente anthologie de ce dernier chez leur éditeur commun Corregidor (voir les liens à droite). Alejandro Szwarcman cite Eugenio Mandrini sur sa page My Space... Je ne vous énumère pas tout parce que sinon on y sera encore au réveillon....