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dimanche 15 août 2021

Página/12 va elle aussi raconter l’histoire à travers ses unes [Disques & Livres]


Le quotidien national de gauche lance aujourd’hui le premier de ses neufs volumes d’histoire de l’Argentine vue à travers ses unes. La Nación, le grand journal conservateur, a fait la même chose un peu plus tôt dans l’année.

On commence avec le retour à la vie constitutionnelle à la fin de la présidence de Raúl Alfonsín, sous le titre La casa está en orden (la maison est en ordre), une phrase tirée d’un discours du président à Pâques 1987, après l’échec d’une rébellion d’une faction militaire dont les Argentins ont pu craindre une tentative de reprise du pouvoir. C’était peu de temps après la fondation du journal en mai 1987.

La série s’intitule Tapas que hacen historia (les unes qui font l’histoire). Elle a demandé deux ans de travail aux rédacteurs du groupe Octubre. Chaque volume est introduit par María Seoane, l’une des principales signatures du mensuel culturel du groupe, Caras y Caretas.

Le premier tome est en vente dans les librairies et les kiosques.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

dimanche 8 décembre 2013

Il y a trente ans : les souvenirs de Ricardo Alfonsín et de Estela de Carlotto [Actu]

"Au seul président capable de nous démontrer que
tout ce qu'on nous apprend à l'école peut être vrai !"
A Raúl Alfonsín, avec gratitude et affection
Quino, 31 octobre 1988
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Dans le cadre des célébrations du trentième anniversaire du retour à la démocratie, qui sera fêté mardi en grande pompe, Página/12 publie ce matin deux interviews, celle de Ricardo Alfonsín, député radical (assez virulent) et fils du premier président de la récupération démocratique, et celle de Estela de Carlotto, la présidente, sympathisante kirchneriste, de Abuelas de Plaza de Mayo. Tous deux racontent "leur" 10 décembre 1983, le premier dans l'entourage immédiat du président qui prenait possession de sa charge, la seconde dans la foule qui l'acclamait, sur Plaza de Mayo, alors qu'il prononçait son discours inaugural depuis le balcon du Cabildo, ce balcon duquel le 25 mai 1810 on avait proclamé l'abolition de la vice-royauté, l'abolition de l'Ancien Régime et la constitution d'un gouvernement collégial révolutionnaire, qu'on allait appeler Primera Junta (voir mes articles sur la Semaine de Mai, dans la rubrique Petites Chronologies, en partie médiane de la Colonne de droite).

Raúl Alfonsín, le 10 décembre 1983, sur le balcon du Cabildo
En bas, la foule sur Plaza de Mayo
au fond, la colonnade française de la cathédrale de Buenos Aires

Bilan d'un mandat présidentiel avec ses hauts et ses bas, avec ses réussites et ses échecs et surtout avec ses difficultés que l'on a tendance à minimiser ou à ignorer trente ans plus tard de la part du député, avec quelques étonnantes phrases de gratitude à l'égard de Cristina pour son attitude envers son père vieillissant et malade. Ricardo Alfonsín avoue aujourd'hui qu'il a été surpris par la vague de popularité qui s'est manifestée autour du souvenir de son père au moment des funérailles (voir mes articles à ce propos).

Bilan de trente ans de vie démocratique où les pouvoirs publics, justice et police, n'auront finalement jamais pris en charge ce qui leur revenait dans un Etat de droit : la recherche des disparus et des enfants volés. Abuelas reste l'enquêteur en chef, malgré l'âge de plus en plus avancé des militantes qui s'épuisent dans ce combat depuis tant et tant d'années.

Pour aller plus loin :

lundi 2 novembre 2009

Ouverture du procès du dernier dictateur argentin [Actu]

Demain, s’ouvrira le procès du dernier président anti-constitutionnel sous la dictature militaire de 1976-1983. C’est lui, Reynaldo Benito Bignone, qui, le 10 décembre 1983, avait transmis l’écharpe bicolore et le bâton de commandement présidentiel à Raúl Alfonsín, après les élections démocratiques d’octobre précédent, mettant, contraint et forcé, le point final à huit ans de la plus sanglante dictature connue en Argentine (1).

Bignone était arrivé au pouvoir après la défaite argentine aux Malouines (2).

Bignone, qui a 81 ans aujourd’hui, est poursuivi pour de nombreuses violations des droits de l’homme intervenues au Campo de Mayo, un lieu éloigné de tout qui avait été transformé par la junte en place en camp de torture et de détention arbitraire. Il est aussi poursuivi pour la destruction des archives des Forces Armées concernant ces faits de torture et de détention illégale. A ses côtés, comparaîtront 5 généraux, dont trois ont déjà été condamnés en août pour d’autres crimes du même ordre, un chef de bataillon de l’intelligence militaire et un ancien commissaire de police. En tout, ils sont poursuivis pour 56 cas de séquestration, torture et homicide. Les cinq généraux sont eux aussi octogénaires, ils ont entre 82 et 86 ans.

Aujourd’hui, seul le quotidien Página/12 parle de ce procès. Et il en fait sa une. Le journal ajoute aussi au dossier une analyse sous forme d’interview de ce qui fut la position et le rêve de Raúl Alfonsín, l’avocat militant des droits de l’homme qui rétablit la Constitution en Argentine et qui est décédé quelques semaines après les célébrations solennelles qui ont marqué l’année dernière, d’octobre à décembre, les 25 ans de ce retour à la démocratie (voir mes articles à son sujet, y compris celui-ci, en cliquant sur son nom dans le blog Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus). Página/12 donne en effet longuement la parole à Marcos Novaro, un chercheur qui apporte son interprétation de la stratégie menée par Alfonsín et de ses rapports avec les autres courants nationaux qui composent l’actuel démocratie argentine, notamment l’apport toujours central de l’idéologie péroniste (3).

Pour en savoir plus :
Lire l’article de Página/12 sur le procès
Lire l’interview de Marcos Novaro dans Página/12
Pour accéder à tous les articles de Barrio de Tango relatifs à cette douloureuse question des droits de l’homme en Argentine et en Uruguay (y compris celui-ci), cliquez sur le mot-clé JDH dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, en haut, sous le titre, ou sur le raccourci Justice et droits de l’homme, dans la Colonne de droite, dans la rubrique Quelques rubriques thématiques (partie haute).


(1) Mettons à part la dictature de Juan Manuel de Rosas, qui s’étendit de 1835 à 1852, qui ne concerne que Buenos Aires et l’actuelle Province de Buenos Aires, et qui est intervenue avant que la notion de démocratie telle que nous l’entendons aujourd’hui se forme, y compris en Europe.
(2) La Guerre dite des Malouines, en français, des Fauklands en anglais et de las Malvinas en espagnol a opposé de mai à juin 1982 la flotte anglaise et les trois armées argentines, après que l’Argentine avait pris militairement le contrôle de ces îles de l’Atlantique Sud, au large du sud de la Patagonie, sous souveraineté britannique en droit territorial international. Au 19ème siècle, ces îles appartenaient de fait et de droit à l’Argentine qui en a été dépossédée par l’Angleterre et qui continue à en réclamer le retour aujourd’hui encore. Du côté argentin, la guerre des Malouines a été faite essentiellement par de jeunes appelés, peu ou pas formés au combat, armés de fusils et sans protection vestimentaire contre l’hiver de cette région proche du cercle polaire.
(3) Raúl Alfonsín était un militant de l’UCR, Unión Cívica Radical, vieux parti de gauche, fondé en 1891 par des membres de la classe moyenne (professions intellectuelles et libérales) contre la classe dirigeante et corrompue des gros propriétaires terriens (dite Generación del Ochenta) et qui fut le premier mouvement nationaliste favorable à une décolonisation économique de l’Argentine (plutôt dirigé contre l’emprise capitaliste britannique, et, pour une plus faible part, française). Aujourd’hui, le Gouvernement argentin est aux mains des péronistes, autre mouvement, né au début des années 40, sous l’impulsion de Juan Perón, à une époque où la pression étrangère politique, géostratégique et économique, venait presque exclusivement des Etats-Unis d’Amérique et qui s’est épanoui au début de la guerre froide, dans des tensions idéologiques peu propices aux développement d’une culture de la pluralité d’opinions dans le pays. Concernant ces repères essentiels à la compréhension de l’histoire et du présent dans cette région du monde, se reporter à mon article Vademecum historique, dont le lien se trouve dans la rubrique Petites Chronologies (en partie centrale de la Colonne de droite).

lundi 6 avril 2009

Quand El Feo (1) faisait rire Raúl Alfonsín [Troesma]


Les hommages à l’ancien Président, décédé le 31 mars, se poursuivent dans la presse argentine. Clarín publie aujourd’hui un cahier sur Raúl Alfonsín intime qu’il accompagne de nombreuses photos, dont celle-ci, qui fut prise en 1984, à la fin d’un repas en petit comité, dans la résidence de campagne (quinta) des présidents argentins, située à Los Olivos, dans le Gran Buenos Aires. On y reconnaît le chanteur et compositeur Edmundo Rivero, dit El Feo, en train de chanter en s’accompagnant à la guitare, comme il le faisait si souvent, devant un Alfonsín plié de rire... Regardez l’expression de Rivero : il ne faut pas être grand sorcier pour deviner qu’il est en train d’en faire des tonnes et de parodier quelqu’un ou quelque chose. Debout derrière le Président, hilare elle aussi, une ministre en fonction en 1984.

Je vous laisse aller lire vous-même ces portraits touchants, pittoresques ou profonds de l’homme d’Etat disparu (Clarín).

Une autre série d’articles portant sur l’homme, sa disparition et le retentissement de celle-ci dans la vie nationale (et dans la campagne électorale en cours) est disponible sur l’édition du 5 avril de Página/12.

Les liens vous conduisent directement aux éditions de ces jours-là.

Sous le lien, un enregistrement de Edmundo Rivero, chantant avec un accompagnement de guitare tout simple, Audacia, en 1950, dans une interprétation tout ce qu'on fait de plus sérieuse, sur Todo Tango...

(1) El Feo : c’était le surnom de Edmundo Rivero. Cela veut dire le Laid. Il faut pouvoir porter un tel surnom de son vivant, surtout quand on vit du contact avec le public ! Mais il faut bien avouer que Dame Nature ne l’avait pas gâté côté visage. Il aurait eu du mal à être crédible dans le rôle de Christian (si, peut-être... à la radio). En revanche, dans celui de Cyrano, même au cinéma et en gros plan, il faisait l’affaire. Et puis il aurait fait faire des économies à la production : il n’aurait pas eu besoin de postiche... Heureusement que du côté de la voix, Dame Nature s’était rattrapée et avec générosité... Merci à elle.

vendredi 3 avril 2009

L'hommage de Paris à Raúl Alfonsín [ici]

C'est la Maison de l'Amérique Latine qui appelle à rendre cet hommage à l'ancien Président argentin.

Vous pouvez connaître les missions de la Maison de l'Amérique Latine en cliquant sur son lien dans la rubrique Cambalache (casi ordenado), dans la partie basse de la Colonne de droite de ce blog.

Funérailles nationales [Actu]

Résumé en images des deux jours de deuil national que l’Argentine vient de vivre dans une émotion populaire très forte telle qu’on n’en avait plus vu depuis le décès de Juan Perón en 1974. En l’absence de Cristina Fernández de Kirchner, retenue à Londres par le G20, c’est le Vice-Président, Julio Cobos, qui a conduit le deuil de la Nation.

Les images proviennent des sites de Clarín, Página/12, La Nación, de l’agence de presse DyN, du service de presse du Sénat argentin.

Les Présidents des deux assemblées autour du cercueil à l’arrivée du corps au Palais du Congrés pour son installation dans la chapelle ardente du Salón Azul, dans la nuit du 31 mars au 1er avril. Julio Cobos, Vice-Président et Président du Sénat, se tient au fond à gauche sur la photo (donc à la droite du défunt). De l’autre côté, symétriquement, le Président de la Chambre des Députés, Eduardo Alfredo Fellner, un élu de Jujuy, dans le nord de l’Argentine. Autour du cercueil, un escadron de Grenadiers, régiment fondé par San Martín, en tenue d’apparat.



Les couronnes de fleurs arrivent au pied de l’escalier monumental du Congrés.



Monseñor Justo Laguna bénit le défunt. Monseigneur Laguna est l’ancien évêque du diocèse de Morón dans la proche banlieue sud de Buenos Aires, c’est lui qui a assisté Raúl Alfonsín sur son lit de mort au matin de 31 mars. Ce prélat très respecté, qui s’est retiré en 2004, atteint par la limite d’âge canonique, a joué un grand rôle dans le rétablissement de la démocratie en 1983 et plus tard et a eu sous la Dictature un comportement très courageux et très digne, reconnu de tous (ou presque), comme un certain nombre de ses frères dans l’épiscopat d’ailleurs.


Le drapeau argentin en berne, Plaza República, à côté de l’Obélisque. La photo est prise dans la perspective de Avenida 9 de Julio (140 mètres de large). Les gens qui traversent 9 de Julio suivent l’avenue Corrientes.



La foule des anonymes venant se recueillir au Salón Azul dans l’avenue Entre Rios qui mène au Congrès par le nord et par le sud. La foule était si dense que les services de protocole ont demandé aux gens de ne pas s'attarder dans la chapelle ardente, pour permettre au plus grand nombre de personnes de pouvoir saluer l'ancien Président.


Sur la Plaza Congreso. Sous le portrait de Raúl Alfonsín en pleine harangue pendant sa campagne électorale de 1983, on lit Démocratie pour toujours.

Le Congrés, avec ses grilles de protection, utilisées en cas de grandes manifestations.


La messe de funérailles célébrée en plein air sur l'escalier monumental. Derrière le cercueil puis l’autel, on aperçoit la mitre de l’archevêque de la ville de Rosario, proche parent de Raúl Alfonsín, qui présidait la messe.

Le cercueil, recouvert du drapeau national et sur lequel est arrimé le bâton de commandement symbolisant le pouvoir présidentiel quitte le palais en procession vers La Recoleta. Ce bâton est remis à chaque chef d’Etat après sa prestation de serment devant le Congrès.

La foule autour du cercueil, posé sur la plateforme d’une pick-up militaire, à l’avant duquel deux officiers de Grenadiers ont pris place (sous le feuillage). Le toit vert à côté du store beige est un kiosque à journaux (puestito de diarios, kiosco).

L’arrivée devant la porte monumentale du cimetière de La Recoleta, tout à côté de l’église del Pilar, l’une des rares églises de style colonial subsistant à Buenos Aires.

Bien sûr, les journaux ont continué leurs éditions spéciales que vous pouvez retrouver sous le liens qui suivent.

Edition du 2 avril de Página/12
Edition du 2 avril de Clarín
Edition du 2 avril de La Nación
Edition du 2 avril de La Prensa
Et une interview de Raul Alfonsi par le grand journaliste que fut Jorge Ginzburg (décédé il y a un an, voir article sous le lien)

Edition du 3 avril de Clarín
Edition du 3 avril de Página/12
Edition du 3 avril de La Nación

Le site de la Honorable Cámara de Diputados de la Nación Argentina
Le site de Le Honorable Senado de la Nación Argentina

mercredi 1 avril 2009

Raúl Ricardo Alfonsín (Chascomús, Province de Buenos Aires, 12 mars 1927 - Buenos Aires, 31 mars 2009)

Le 10 décembre 1983, revêtu des attributs présidentiels, après sa prestation de serment


Il fut le premier Président de la République de la démocratie, le chef d’Etat qui succéda à la Junte Militaire après avoir été élu démocratiquement en octobre 1983. Il présida le pays du 10 décembre 1983 (jour de sa prestation de serment) jusqu’au 8 juillet 1989.

Hier soir, Raúl Alfonsín est décédé dans son sommeil, à 20h30, entouré de ses enfants et de plusieurs de ses petits-enfants, chez lui, dans un appartement de la Recoleta, comme il l’avait souhaité.

Un deuil national de trois jours a été immédiatement décrété en Argentine, par le Vice-Président, Julio Cleto Cobos, en l’absence de la Présidente Cristina Fernández, en déplacement à Londres à l’occasion de la réunion du G20.

La chapelle ardente est installée au Salón Azul (le salon bleu) du Congrès de la Nation (le parlement), depuis 8h ce matin. Et les Argentins pourront sans doute s’incliner devant la dépouille à partir 10h (heures locales, bien sûr). Selon l’usage hispanique, les obsèques seront célébrées dès demain, jeudi 2 avril, en milieu de journée. L’inhumation aura lieu au Cimetière de la Recoleta, où sont ensevelis la plupart des chefs d’Etat argentins.

Raúl Alfonsín reposera temporairement dans le caveau des Morts de la Révolution de 1890 (Boveda de los Caidos de la Revolución del 1890). Ultérieurement, ses restes seront déposés dans un mausolée qui lui sera dressé, probablement après une campagne de souscription publique en hommage à sa mémoire.

La révolution de 1890 n’est autre qu’un soulèvement armé à Buenos Aires qui donna naissance à la Unión Cívica Radical, ce parti de gauche aujourd’hui très déchiré et en plein déclin mais dont Raúl Alfonsín était membre et l’un des plus brillants représentants depuis Hipólito Yrigoyen.

Avec les liens disposés ci-après, vous aurez accès directement aux éditions des différents quotidiens argentins de ce jour (même si vous ne lisez cet article que dans plusieurs jours, voire plusieurs mois) :

L’édition de Clarín
L’édition de Página/12
Le dossier de La Nación
L’édition de La Prensa

Raúl Alfonsín chez lui en 2007



L’article de El País (quotidien de Montevideo) du 1er avril 2009
Le dossier de El País (quotidien de Madrid) du 1er avril 2009
L'article de El Mundo du 1er avril 2009 (Madrid)
Le petit dossier de ABC le 1er avril 2009 (Madrid)
L’article du New York Times le 1er avril 2009
La Tribune de Genève du 1er avril 2009
Le Soir du 1er avril 2009 (Bruxelles)
La Libre Belgique du 1er avril 2009
Le Monde du 1er avril 2009 (France)
(Ce matin, Le Figaro n’a pas jugé le sujet digne de ses colonnes. Libération et La Croix non plus. Aussi surprenant qu’affligeant).
L'article du Irish Times du 1er avril 2009
L'entrefilet dans The Guardian de ce jour. Rien dans The Times (mais les Britanniques ont le G20 à domicile).
L'article de La Stampa du 1er avril 2009 (Rome)
(Ni La Reppublica ni Corriere della Sera n’ont jugé bon de mettre une ligne à ce sujet sur leur site).

Aux Pays-Bas, dont la femme (née argentine) du prince héritier (HKH Prinses Maxima), très jolie et très populaire, est aussi la fille d’un ancien ministre de la Junte militaire qui a été persona non grata aux noces, le 2 février 2002, ni Algemeen Dagblad ni De Telegraaf n’ont consacré la moindre ligne au deuil national argentin sur leur site Web.

mardi 31 mars 2009

Dernier combat pour Raúl Alfonsín [actu]

Raúl Alfonsín est le premier président argentin démocratiquement élu après la chute de la Junte Militaire, en octobre 1983. Cet avocat de formation, militant de la Unión Cívica Radical, est celui qui a rétabli le cours constitutionnel de la vie politique en Argentine. Aujourd’hui atteint d’un cancer du poumon qui a évolué en cancer osseux, il y a bien longtemps que les Argentins le savent très malade. Mais depuis dimanche, il lutte aussi contre une pneumonie. Devant son appartement, situé sur avenida Santa Fe au n° 1678, dans le quartier de La Recoleta à Buenos Aires, les gens ont commencé à se rassembler depuis qu’on a su ce matin que son état de santé s’était brutalement aggravé. Monseigneur Justo Laguna, évêque émérite de Morón en banlieue sud de Buenos Aires, très connu pour son action publique et pastorale en faveur de la démocratie et du dialogue entre les catholiques et les juifs, a été appelé auprès de lui pour célébrer le sacrement des malades. Un médecin de l’Hospital Italiano, grand établissement du quartier d’Almagro, est constamment à son chevet. Il a mis en place une hospitalisation à domicile et informé la presse que son patient resterait désormais chez lui quoi qu’il arrive.

Depuis le Qatar où elle est en déplacement officiel, l’actuelle Présidente de la République, Cristina Fernández de Kirchner, a pris de ses nouvelles par téléphone.

Si le décès intervient maintenant, si près du Día nacional de la Memoria para la Verdad y la Justicia, qui se célèbre tous les ans au jour anniversaire du Coup d’Etat de 1976, chaque 24 mars, il faut d’autant plus s’attendre à voir couler des fleuves d’encre dans tous les journaux d’Argentine et sans doute aussi des pays frontaliers. Raúl Alfonsín est celui grâce à qui toute une génération d’Argentins, tous ceux qui ont 25 ans aujourd’hui ou qui ne les ont pas encore, n’aura connu que la démocratie sur sa propre terre, après plus de 50 ans d’instabilité politique entre1930 et 1983.

L’article de Barrio de Tango consacré à Raúl Afonsín sous ce lien et ceux consacrés aux 25 ans du retour à la démocratie en 2008 ici.

jeudi 30 octobre 2008

Hommage populaire à Raúl Alfonsín [actu]

Photo officielle de Raúl Alfonsín prise le jour de sa prestation de serment le 10 décembre 1983


Dans l’attente d’une manifestation de commémoration des 25 ans du retour de l’Argentine à la démocratie, une foule de jeunes et de moins jeunes s’est rassemblée spontanément devant le domicile de l’ancien président Raúl Alfonsín, le militant des droits de l’homme dont l’élection le 30 octobre et la prise de fonction le 10 décembre 1983 permirent le retour en Argentine d’un régime constitutionnel et démocratique. Cet avocat militant du vieux parti d’Hipólito Yrigoyen, fondé en 1891, l’UCR, avait obtenu une majorité de 51,7%, soit 317 des 600 grands électeurs (1).

Raúl Alfonsín a aujourd’hui 81 ans et on le sait malade depuis quelques temps.

Ce matin, il a rendu publique, dans la toute première édition de Página/12, une déclaration où il se dit satisfait d’avoir accompli son devoir de construire une démocratie pour 100 ans de paix et de prospérité (100 ans de paix : tout au long du 20ème siècle, l’Argentine n’a jamais connu de périodes de véritable paix qui durent plus d’une quinzaine d’années...). Raúl Alfonsín appelle aussi tous ses compatriotes à unir leurs efforts "pour réaliser la tâche cyclopéenne de conjuguer dans la démocratie la liberté et l’égalité, la participation et la solidarité".

Les manifestants du 1600 avenida Santa Fe n’espèrent pas le voir se joindre à eux ni participer à la cérémonie organisée par Juventud Radical, le mouvement de la jeunessede la Unión Cívica Radical, au Luna Park à 18h (heure locale) mais ils souhaitent l’encourager et participer à son rétablissement à force de bons voeux. Les observateurs ont décelés beaucoup d’émotion sur les visages des gens au pied de l’immeuble.

La Présidente Cristina Fernández de Kirchner (CFK pour les journalistes de Página/12) présidera un autre hommage officiel le 10 novembre prochain.

(1) En 1995, la constitution argentine a établi la désignation du Président de la République au scrutin universel direct nominal à 2 tours mais elle prévoit qu’il n’y a pas de second tour lorsque l’un des candidats reçoit au premier tour plus de 45% des voix, ce qui fut le cas de Cristina Fernández de Kirchner le 28 octobre 2007 avec 45,25% des voix contre presque 23% à Elisa Cario, la chef de file d’une coalition de droite.