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samedi 10 juillet 2010

Série de concerts de Tangoloco avec Anna Saeki au Velma Café [à l'affiche]

Le groupe de tango-rock de Daniel García, Tangoloco, présentera les 16, 17, 24 et 30 juillet à 21h au Velma Café, Goritti 5520, dans le quartier de Palermo, son nouveau disque auquel a participé la chanteuse japonaise Anna Saeki, qui y interprète et y crée un tango de Daniel García (musique) et Marta Pizzo (texte).


Le disque est distribué en Argentine et au Japon. Anna Saeki est donc l'invitée du groupe pour ces quatre concerts à Buenos Aires.
Elle sera prochainement aussi, comme l'année dernière, au Festival de La Falda, où elle doit chanter au cours du concert du 23 juillet à 20h, avec entre autres Jairo, Patricia Barone et Esteban Riera pour n'en citer que quelques uns.

Le disque, intitulé Tangos del Mundo, rassemble des morceaux rock (et non tango) de Queen, des Carpenters, des Beattles (qui ont fait la réputation du groupe), de Sting, du groupe ABBA et des compositions originales du pianiste et directeur de Tangoloco.

dimanche 21 mars 2010

Le Festival de Zárate s'achève ce soir [à l'affiche]

L'info m'est arrivée dans la nuit, de la part du chanteur Hernán Genovese qui s'y produit ce soir.
Un très beau festival s'est tenu tout ce week-end dans la ville natale de Homero (1) et Virgilio Expósito, tout au nord de la Province de Buenos Aires, sur la rive sud du Paraná.

Etaient là Beba Pugliese qui présente mardi prochain sa biographie de son père (lire mon article du 18 mars à ce sujet), le chanteur Raúl Lavié, la chanteuse japonaise Anna Saeki, l'orchestre Juan de Dios Filiberto qui était dirigé hier par Atilio Stampone avec pour invitée ni plus ni moins que Amelita Baltar, et la chanteuse et actrice Soledad Villamil, dont le nom de super-vedette succède sur l'affiche à celui de Hernán Genovese.

Malheureusement, pour le moment, je ne peux pas télécharger la photo de l'affiche, pourtant très belle : elle apparaît entièrement noire. Peut-être l'effet de cette fin de campagne électorale particulièrement miteuse en France.

Pour le reste, vous savez naviguer dans ce blog et ses nombreux articles :
les mots-clés de chaque article sont rassemblés dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, sous le titre. Ils vous permettent d'accéder aux autres articles concernant des sujets similaires à ceux abordés dans cet article : artistes, festival etc...
Dans le haut de la Colonne de droite, vous avez plusieurs rubriques qui contiennent des raccourcis thématiques vers les articles de ce blog.
Dans la partie basse de la Colonne de droite, vous pouvez trouvez les sites externes, dont ceux de la plupart des artistes majeurs cités sur l'affiche. Sur leur site, vous pouvez généralement les écouter, et même pour beaucoup d'entre eux visionner des vidéos.

(1) en fait, je vais un peu vite : Homero est né en 1918 à Campana, chez sa grand-mère maternelle. Il a passé toute son enfance dans la confitería que tenaient ses parents à Zárate, où son frère cadet Virgilio est né en 1924.

vendredi 24 juillet 2009

Anna Saeki dans Ecos de la Voz sur Radio Sentidos (article n° 800) [Radio]


Un événement familial m'a éloignée temporairement de Barrio de Tango. Mais à Buenos Aires, la vie continuait et mercredi, Marta Iglesias envoyait à tous ses contacts l'information selon laquelle elle recevrait (hier soir) au micro de Ecos de la Voz, son émission sur Radio Sentidos, la chanteuse japonaise Anna Saeki, actuellement à Buenos Aires, après sa participation au Festival de La Falda (lire mon article à ce sujet). J'ai donc décidé aujourd'hui de consacrer le 800ème article de ce blog sur l'actualité du tango argentin à une chanteuse japonaise de tango ET de folklore qui "cause dans le poste" d'une radio digitale toute nouvelle, offrant un vaste choix de contenu culturel accessible au monde entier, pour autant qu'il se donne la peine d'apprendre un peu la langue de Cervantes et de Villoldo (1) (car il existe de menues différences lexicales et grammaticales entre l'une et l'autre).

Ce soir, vendredi, Anna Saeki est au Chalmers Club avec Nosotras y el tango (lire l'article).
Demain soir, elle sera au Velma Café comme chanteuse invitée de Tangoloco, un groupe de tango, qui fait dans l'électro-tango et aime revisiter les standards du rock (lire mon article à leur sujet l'année dernière). Tangoloco est dirigé par le compositeur Daniel García qui a signé Cantar es vivir, que la chanteuse japonaise crééra demain soir au Velma Café. Le lien entre les deux concerts, celui du Chalmers Club et celui du Velma Café, c'est la letrista Marta Pizzo qui le fait. En effet, elle est, avec Claudia Cartié, l'une des initiatrices de Nosotras y el Tango, un groupe de chanteuses qui revendique l'apanage de donner au tango un visage féminin (2). Et Marta Pizzo est aussi l'auteur des paroles de Cantar es vivir (Chanter c'est vivre).

Du coup, le bandonéoniste invité par Marta Iglesias lui ayant fait faux bond à l'avant-dernier moment (pour cause de grippe ou d'angine, des maladies de saison), Marta Pizzo a suggéré à l'animatrice, qui est aussi son amie, d'inviter Anna Saeki. Tant mieux pour nous qui pouvons ainsi entendre une trop courte interview de cette excellente chanteuse japonaise et écouter trois morceaux de son dernier CD, un album de folklore argentin et non de tango, car Anna Saeki ne se cantonne pas au tango...

L'émission est disponible pendant une semaine, depuis hier soir 18 h, heure de Buenos Aires, en streaming sur la page de Ecos de la Voz (sous le lien). La chanson qui ouvre l'émission est écrite (et interprétée) en japonais, elle n'en a pas moins un véritable cachet sud-américain sans aucune ambiguité possible. Cette chanson, Aika-Kizuma, appartient au plus récent album de la chanteuse, Yo vengo a ofrecer mi corazon (je viens vous offrir mon coeur), enregistré l'année dernière à Buenos Aires et sorti cette année en mars-avril. Un bel équilibre pour une pièce écrite par Anna Saeki elle-même et composé par le pianiste argentin Popi Spatocco, qui est aussi le directeur de production du CD, lequel compte parmi les artistes invités des musiciens de la taille de Mercedes Sosa (l'une des plus grandes folkloristes actuelles en Argentine), León Gieco (Marta Iglesias y fait souvent allusion au cours de l'émission) et Teresa Parodi, la directrice du centre culturel ECuNHi, dont je vous ai parlé il y a quelques mois; à l'occasion d'un spectacle qu'elle a conçu avec Horacio Molina et qu'ils ont donné à City Bell, dans le Gran Buenos Aires (lire l'article).
Peut-être serez-vous surpris d'entendre Anna Saeki s'exprimer en japonais (avec traduction par sa représentante en Argentine). J'ai moi-même eu un sursaut ce matin en écoutant l'émission puisque je me souviens clairement avoir entendu Anna Saeki parler en espagnol et très bien sur la scène du Salón de los Angelitos Horacio Ferrer à la Academia Nacional del Tango en août dernier (lire l'article). Il est vrai que répondre en direct à une interview au micro d'une radio est plus impressionnant que de parler à un public, que l'on peut voir, dans une salle éclairée, et en ayant pu préparer soigneusement son discours auparavant (et avec Horacio Ferrer à côté de soi) (3). Ainsi donc Anna Saeki parle en japonais, ce qui réduit de moitié, hélas, son temps de parole, déjà pas bien long. Dans les 50 minutes que dure l'émission, malgré les tunnels de pub et les interventions téléphoniques, flatteuses pour Anna Saeki et auto-promotionnelles, de Claudia Cartié et Marta Pizzo, Marta Iglesias et Susana Lopez parviennent à passer trois pistes du disque, ce qui a le mérite incontestable de constituer pour nous une excellente façon de découvrir l'album en question, ce talent et cette voix, puisque le site de la chanteuse ne présente aucun document audio.

Horacio Ferrer, dont elle est l'une des meilleures interprètes de l'heure, dit de la voix d'Anna Saeki qu'elle "est comme un parfum". Alors disons qu'ainsi vous en aurez une exhalaison. Pour le parfum lui-même, il faudra tout de même vous rabattre sur les flacons, vrai de vrai. Mais rassurez-vous, les disques ne sont pas si difficiles à acquérir pour les francophones si vous vous adressez (hors période de vacances estivales) à l'association AKJW, qui représente la chanteuse en Europe. L'antenne française de cette association promeut la culture japonaise en francophonie, elle est installée à Paris, en plein coeur de la zone Euro, ce qui nous simplifie la vie par rapport à Osaka, je vous l'accorde volontiers. Je vous renvoie donc à ce propos à mon article du 25 avril dernier sur les CD de la chanteuse (lire l'article).

Et si j'ai parlé d'une "courte interview", c'est que Ecos de la Voz présente quelques petits défauts de jeunesse. En fait l'émission a, comme on le dit ordinairement, les défauts de ses qualités. L'émission se veut fidèle reflet de la vie artistique et culturelle à Buenos Aires (et Dieu sait si dans la capitale argentine cette vie est riche, multiforme et si elle part dans tous les sens, Barrio de Tango tâche de vous en donner une petite idée depuis un peu plus d'un an). La conceptrice et principale animatrice, Marta Iglesias, qui assure la technique de ADN Tango, sur la même radio digitale, veut faire, ce qui est fort louable, une émission sans directivité de sa part et sans censure, elle veut offrir un espace interactif où public et invités disposent de la plus grande liberté de dire ce qu'ils veulent, un peu comme lors d'une scène ouverte. L'idée est des plus sympathiques et doit être encouragée et soutenue. Mais elle présente plusieurs difficultés de mise en oeuvre.

Tout d'abord, l'émission est très récente (moins d'un an) et logée sur un média lui-même très récent (moins d'un an) et donc encore assez peu connu. Du coup, les animatrices consacrent un temps certain à la promotion de l'émission elle-même et plus largement à celle de Radio Sentidos. Or en ce moment, cette auto-promotion occupe un temps d'antenne considérable car le site s'apprête à fêter son premier anniversaire en septembre et les animateurs entendent bien que la fête ne passe pas inaperçue. On les comprend.

Ajoutez à cela que pour vivre, Radio Sentidos a besoin de passer de la publicité dans toutes ses émissions. Celles-ci sont donc parsemées de coupures publicitaires à caractère hyper-local, particulièrement ennuyeuses pour les auditeurs étrangers que nous sommes, vous et moi (4).

Et à la différence de ADN Tango, qui consacre tout son temps libre à son unique invité, dans Ecos de la Voz, à tout ce matériel sonore qui n'apporte pas grand-chose d'essentiel à l'auditeur, s'ajoutent des appels téléphoniques (c'est la part interactive), appels d'auditeurs, présentés comme des auditeurs surprises (on a tout de même du mal à y croire) qui, en fait, la plupart du temps dans cette première année d'existence de l'émission, ne sont pas tant des auditeurs en tant que tels que des artistes, plus ou moins amis des animatrices, et qui profitent du coup de fil pour faire, eux aussi, leur propre publicité, à l'oeil (tant mieux pour eux) et, malheureusement, au détriment du temps d'antenne réservé à l'invité(e). En l'occurrence, vous entendrez Claudia Cartié puis Marta Pizzo promouvoir toutes les deux, l'une après l'autre et à peu près dans les mêmes termes, le concert de Nosotras y el Tango, le lendemain, donc pour nous ce soir, et se répandre en compliments très flatteurs sur Anna Saeki. Compliments qui occupent un temps d'antenne qu'il eût été plus astucieux de laisser à l'invitée du jour (dont je rappelle que le lieu de résidence habituelle est Osaka, ce qui n'est pas la porte à côté pour Buenos Aires).

Et bien sûr, tout cela est d'autant plus dommage que débiter des exclamations admiratives sur une personne, dire, comme c'est le cas ici, qu'Anna Saeki a l'air d'un ange (ce qui est exact, je confirme) n' a jamais convaincu personne de dépenser 15 $ (+ le prix du bus ou de l'essence et du parking) pour aller l'écouter à Palermo (au contraire, cela aurait même un peu tendance à susciter la méfiance : pourquoi tant de compliments et si peu d'elle-même ? Nous cacherait-on quelque chose ?). Il est clair que c'est en donnant la parole à quelqu'un et en faisant entendre cette personne qu'on peut faire découvrir au public un talent, un tempérament, un parcours artistique, une intelligence. La méthode Coué en l'espèce risque plutôt d'être contreproductive. Ces minutes occupées par les appels téléphoniques, Anna Saeki aurait pu les occuper à bon escient pour nous parler d'un tas de choses passionnantes, comme sa récente tournée en Amérique du Sud et toutes ses fructueuses collaborations avec les grands artistes argentins dont ses disques portent témoignage : Raúl Garello, Horacio Ferrer, Leopoldo Federico, Gustavo Beytelmann, Nicolás Ledesma, Mercedes Sosa, Teresa Parodi, Liliana Herrero... Excusez du peu et j'en ai oubliés !

Aujourd'hui, en matière de radio, l'interactivité existe dans une tranche horaire sur La 2 x 4 (Ranking Porteño) sous forme d'interventions préenregistrées sur répondeur automatique (donc c'est court, une phrase, pas beaucoup plus), mais il est vrai que La 2 x 4 est une radio publique, sans publicité commerciale, qu'elle a plusieurs années d'existence et s'est à présent taillé une place-forteresse dans le paysage audiovisuel portègne et tanguero à l'échelle mondiale. Dans Fractura Expuesta (6 ans d'existence bientôt et de la pub réduite au minimum syndical, on est sur La Voz de las Madres), il n'y a pas d'interactivité. Les appels téléphoniques sont une méthode d'interview comme une autre, sous le contrôle complet des deux animateurs-programmeurs. Sur Tango City Tour, l'interactivité est partielle comme dans Ranking Porteño : Juan Espósito et Mabel Pramparo restent les maîtres de l'émission et se contentent de passer une courte sélection de quelques phrases d'auditeurs, recueillies sur un répondeur automatique, façon Courrier des lecteurs, à côté de la lecture de deux ou trois mails d'auditeurs, généralement de pays étrangers.

Marta Iglesias a fait un choix différent, très difficile à mettre en oeuvre et qui pourrait s'avérer assez piégeux puisque que dans toute interactivité, radiophonique ou télévisuelle (ou Internet), on ne maîtrise pas la qualité des interventions qui viennent de l'extérieur. Et la bonne intention de départ (donner la parole à tout le monde) peut se retourner contre l'émission elle-même qui risque d'y perdre en qualité et en intérêt. Espérons que dans le cas de Ecos de la Voz, l'équilibre s'établira et se consolidera au fur et à mesure que la notoriété de l'émission grandira et c'est une minuscule contribution à cette future notoriété sécurisante que ce 800ème article de Barrio de Tango espère pouvoir apporter en conduisant vers cette émission et son numéro exceptionnel d'hier quelques auditeurs francophones, voire même des auditeurs venus d'autres horizons linguistiques mais tous passionnés par le tango et l'Argentine (Barrio de Tango a aussi des lecteurs anglophones, lusitanophones, néerlandophones, hispanophones et même... japonais. Si, si ! Etonnant mais vrai !).

Pour aller plus loin :
visiter la page de Ecos de la Voz (vous pouvez entendre l'émission jusqu'au 30 juillet prochain en cliquant sur les petits écouteurs légendés Último programa)
visiter le site quadrilingue (japonais, français, anglais, espagnol) de Anna Saeki
visiter le site français de AKJW (l'association qui vend les disques de Anna Saeki en Europe)
visiter le site de Mercedes Sosa
visiter le site de Teresa Parodi
visiter le site de l'Espace Culturel nos Enfants, ECuNHi, que dirige Teresa Parodi
L'ensemble des articles consacrés aux émissions de radio sur Barrio de Tango sont rassemblés sous un même raccourci, dans la Colonne de droite, à la rubrique Tangoscope, ou ci-dessus, dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search.
L'ensemble des articles sur Anna Saeki sont eux aussi rassemblés sous son nom, dans la rubrique Vecinos del Barrio (section Los gringos) à droite, ou dans le bloc Pour chercher, sous le titre de la présente entrée.




(1) Angel Villoldo (1861-1919), le compositeur de El Choclo, qu'on surnomme el Padre del Tango, ce qui est historiquement faux. Mais bon ! La tradition orale a des charmes que l'histoire rigoureuse ignore...
(2) La revendication féministe n'est pas en soi quelque chose de très original dans l'histoire et l'univers du tango. Aujourd'hui un groupe comme China Cruel fait cela avec beaucoup de talent et sans discours. La Maestra Beba Pugliese (pianiste, compositrice, arrangeuse et chef d'orchestre) l'a fait et continue à le faire sans bruit inutile. Sa fille, Carla Pugliese, aussi.
Dans les années 20, 30 et 40, il existait ce qu'on appellait des Orquestas de señoritas (orchestres de demoiselles), qui officiaient dans les confiterías, des lieux alors réputés convenables pour des jeunes filles alors que le cabaret, où se produisaient des orchestres masculins et quelques chanteuses aguerries qui ne s'en laissaient pas compter, était considéré comme un endroit beaucoup moins recommandable (et c'est peu de le dire).
Tout le monde à Buenos Aires garde le souvenir d'une grande bandonéoniste, la première femme qui joua de cet instrument, Paquita Bernardo, morte à 25 ans en 1925. C'est elle qui découvrit un tout jeune pianiste de 18 ans, Osvaldo Pugliese, dans un bar populaire, pas vraiment reluisant, du quartier de Villa Crespo, en 1923, et le fit jouer avec elle, au Café Domínguez, qui se trouvait là où se s'élève aujourd'hui le Centro Cultural de la Cooperación Floreal Gorini, dont Barrio de Tango parle assez souvent.
En fait, cette revendication féministe n'est jamais mieux servie que lorsqu'elle passe par un contenu musical et poétique consistant plutôt par un discours.
Allez voir sur scène China Cruel, Susana Rinaldi, Jacqueline Sigaut, Las Minas del Tango reo (Lucrecia Merico avec Valeria Shapira), Patricia Barone, Las Rositas (
lire l'article) et Anna Saeki elle-même (elles disposent toutes d'un raccourci dans la rubrique Vecinos del Barrio, dans la Colonne de droite, à l'exception pour le moment du trio de cordes Las Rositas) et vous serez vite convaincus que les propos machistes, qu'affectent un bon nombre de passionnés de tango, qui n'y croient guère eux-mêmes (el tango es macho et tout le toutim), ce ne sont que des poses qui n'ont rien à voir avec la réalité. Ce qui fait la réalité du tango, c'est la qualité de la musique (et de la poésie). Le Tango, ce n'est pas féminin ou masculin. C'est bon ou c'est mauvais. Et les autres genres (rock, jazz, variété, classique, blues, fado, flamenco, folklore et tout le reste), c'est pareil...
(3) Pour mon humble part, Claudio Tagini et Marta Iglesias m'ont tous deux d'ores et déjà invitée à leur micro lorsque je serai à Buenos Aires et bien que me sentant parfaitement à mon aise pour parler en espagnol dans les circonstances ordinaires de la vie en société, je peux vous assurer que je n'en mène pas large à la perspective de participer à ces émissions en direct. Le micro de Juan Espósito, à Tango City Tour (voir les liens dans la rubrique Ecouter, en Colonne de droite), ne m'a jamais causé ce trac. Je sais que Juan est un as du montage, je me repose sur lui. Mais le direct est une autre paire de manches...
(4) La publicité est la plaie de Radio Sentidos. Mais il faut bien que le site vive. Faire de la radio, disposer d'un studio avec à l'intérieur un matériel de bonne qualité, cela a un coût. Mais la publicité reste de la pollution sonore sur toute station quelle qu'elle soit. C'est la raison pour laquelle je refuse toutes les offres qui me sont faites d'associer de la publicité sur Barrio de Tango. Je suis fière pour le moment de pouvoir vous offrir un lieu culturellement écologique. La gratuite est un luxe dont il faut savoir profiter.

mercredi 15 juillet 2009

Anna Saeki invitée d'honneur de Nosotras y el Tango le 24 juillet [à l'affiche]

La chanteuse japonaise de tango argentin Anna Saeki sera l'invitée d''honneur de Nosotras y el Tango le 24 juillet prochain à 21h au Chalmers, Niceto Vega 5248 (à Palermo). Entrée 15 $.

Nosotras y el Tango est un spectacle régulier d'artistes exclusivement féminines qui célèbrent ensemble le genre, à leur façon, entre femmes mais pour un public mixte. Jusqu'à présent, l'abondance d'informations m'avait fait le mettre de côté. Il faut donc un événement exceptionnel comme celui de la présence d'Anna Saeki, qui arrive à Buenos Aires après avoir fait le festival de La Falda, pour que je prenne le temps de vous en toucher deux mots.

Anna Saeki, les lecteurs de Barrio de Tango la connaissent déjà. Elle est passée à Paris en avril dernier pour deux concerts qui ont rempli la grande salle de la Maison de la culture du Japon à Paris au pied de la Tour Eiffel. Je ne peux donc que renvoyer les lecteurs arrivés depuis sur ce blog et qui s'étonnent de voir vanter les mérites d'une Japonaise (qu'est-ce que le Japon peut bien venir faire dans un quartier de tango ? Oh mais, beaucoup de choses et très bien !) je ne peux donc, disais-je, que renvoyer mes plus récents lecteurs à l'ensemble des articles que Barrio de Tango a déjà consacrés à cette artiste tout à fait remarquable, par la voix, par la présence en scène, par l'intelligence du choix de son répertoire et par l'accord parfait qu'elle a avec l'oeuvre du tandem Astor Piazzolla-Horacio Ferrer dont elle est aujourd'hui une interprète en tout point extraordinaire (cliquez sur son nom dans la rubrique Vecinos del Barrio, dans la Colonne de droite, dans la section Los gringos).

Quelques mots sur les chanteuses de Nosotras y el tango (nous, les femmes, et le tango) :
Naty Cortez est une chanteuse de Castelar, dans la Province de Buenos Aires, qui fait quotidiennement les beaux soirs d'un restaurant du quartier de Palermo, Cangas del Narcea, Berruti 4643, à 22h30. Vous pouvez l'écouter sur sa page MySpace.
Patricia Serra est portègne, elle est du quartier de Belgrano. Sur sa page Myspace, elle a mis un enregistrement d'elle dans l'air vedette de María de Buenos Aires (Piazzolla-Ferrer), qu'elle exécute dans un style revue, façon cena-show, tout à fait étranger au caractère mystico-symbolique de l'oeuvre.
Selva Montenegro illustre sa page Myspace d'une photo d'elle chantant en mars au Sommet mondial du Tango à San Carlos de Bariloche (pour lire mes articles sur la manifestation, reportez-vous à la rubrique Grands rendez-vous du Tango dans la Colonne de droite, partie haute). En écoute, plusieurs classiques.
Irene Sanders habite elle aussi Buenos Aires, elle est de Villa Urquiza. Une voix très grave et un timbre particulier que vous pouvez écouter dans des morceaux peu connus, sur sa page MySpace.
Alejandra Palermo, de la ville de Vicente López, dans le Gran Buenos Aires, avec une voix grave elle aussi, a fait un choix inverse : rien que des classiques sur sa page... Son style s'inspire de celui de la grande Susana Rinaldi (lire les articles sur Susana Rinaldi : La Tana dispose d'un raccourci, dans la rubrique Vecinos del Barrio, dans la Colonne de droite).
Quant à Claudia Cartié, elle coiffe deux casquettes, puisqu'elle à la fois manager de l'ensemble et l'une des voix du spectacle. Elle a choisi de placer sur sa page Myspace deux succès du chanteur de variété qui s'est parfois installé dans le tango, Cacho Castaña, avec son célèbre Garganta con arena (un hommage à Roberto Goyeneche) et son non moins célèbre Que tango hay que cantar, écrit par Cacho Castaña mais composé par Rubén Juárez (que Patricia Serra a aussi placé sur sa propre page. Comme ça, si vous voulez, vous pouvez les comparer)...
La poète Marta Pizzo est aussi de la partie. Elle a, quant à elle, choisi de s'exprimer sur un blog : puertopalabras, que j'ai déjà cité ailleurs dans Barrio de Tango.

lundi 15 juin 2009

De nouveaux venus parmi les Vecinos del Barrio : Los gringos

Los gringos, à Buenos Aires, ce sont les étrangers. Ceux qui débarquèrent par bateaux entiers depuis l’Europe, entre 1880 et 1930 (voir l’article sur l’histoire de l’Argentine et de l’Uruguay, dans la rubrique Petites Chronologies, dans la partie centrale de la Colonne de droite).

C’est donc le nom que j’ai choisi pour une nouvelle section de Vecinos del Barrio (Colonne de droite, partie supérieure). Une section qui rassemblera désormais les raccourcis des très rares artistes de tango qui ne soient ni argentins ni uruguayens et qui trouvent néanmoins leur place dans Barrio de Tango, un blog que je veux consacrer essentiellement au tango de là-bas et où je n’entends donc pas parler des artistes installés en Europe, qu’ils soient européens ou rioplatenses, pour la simple et bonne raison qu’il y a abondance de sites et de réseaux internet, ici et en français, mais aussi en italien, en allemand, en néerlandais... qui se consacrent déjà à leur activité et qu’ils n’ont donc ni peu ni prou besoin du présent site de tango pour se faire connaître.
Les artistes dont les noms seront inscrits dans cette nouvelle section de Vecinos del Barrio se distinguent tous par l’authenticité de leur travail tanguero et l’amour exceptionnel qu’ils portent au genre et à la réalité argentine que ce genre raconte, dont il vit, dont il se nourrit et qu’à son tour il enrichit et transforme et développe. Ils se distinguent aussi par le fait qu’ils sont et qu’ils restent eux-mêmes, qu’ils assument de n’être pas argentins et qu’ils n’essayent d’imiter personne (ce en quoi ils ont bien raison parce que personne n’est jamais devenu Gardel en imitant Gardel).

Les uns, comme la chanteuse japonaise (ponja en lunfardo) Anna Saeki et le chanteur espagnol Enrique Moratalla (vasco ou gallego ou même gaita à Buenos Aires, alors qu’en fait il est andalou) (1), m’ont été signalés par Horacio Ferrer, à l’occasion de mes passages à la Academia Nacional del Tango où je les ai moi-même entendu chanter. Tous les deux sont d’exceptionnels interprètes de tango et tout particulièrement de l’oeuvre commune d’Astor Piazzolla et Horacio Ferrer dont ils ont fait plusieurs enregistements, qu’ils ont présentés sur scène avec Horacio Ferrer lui-même...

Marie Crouzeix, quant à elle, se partage entre Buenos Aires et Clermont-Ferrand, en France, et joue, travaille, enregistre en duo avec le guitariste et compositeur argentin Daniel Pérez. Elle est flûtiste.

Une violoniste belge viendra bientôt les rejoindre, qui joue en trio avec le clarinettiste Néstor Tomassini et le guitariste Hernán Reinaudo, tous deux compositeurs et argentins eux aussi. Ananta retrouvera bientôt ses deux complices sur la rive occidentale du Río de la Plata, puisqu’elle va passer le mois de juillet à travailler avec eux. Il feront tous les trois ensemble au moins un concert dont les lecteurs de Barrio de Tango devraient avoir bientôt des nouvelles (puisqu’on est déjà le 15 juin).

Profitant de la création de cette section, j’ai ajouté ailleurs différents autres liens :

Marisa Vázquez, qui chante demain du côté de Bordeaux, a enfin son raccourci au milieu des chanteurs de Vecinos del Barrio.

Et Diego Dipi Kvitko a rejoint les Vecinos dans la section des musiciens et compositeurs.

Côté liens externes (partie inférieure de la Colonne de droite), dans la rubrique Cambalache (casi ordenado), j’ai ajouté le site de la Péniche Demoiselle (où Litto Nebbia se produira en septembre prochain, dans le cadre des événements de l’Agenda de Barrio de Tango) et celui de l’Association Culturelle Franco-Argentine (ACFA) qui organise son concert de Ploërmel.

Et aussi un petit nouveau dans la rubrique Eh bien dansez maintenant : l’association Tango Porteño Orléans qui anime avec beaucoup d’exigence et une grande loyauté un lieu de convivialité et d’apprentissage pour de nombreux passionnés de tango dans la vieille cité de la Loire (lire l’article que j’ai consacré à la préparation de leur rentrée 2009). Bienvenue à eux tous.

(1) Mais faire ce distingo-là, à Buenos Aires, c’est le cadet des soucis du Portègne lambda. A 10 000 km de distance et avec un équateur et un océan au milieu, comment voulez-vous qu’il distingue entre un Galicien et un Andalou ? Tout ça, en 1880, ça descendait du même transatlantique battant pavillon espagnol et aujourd’hui, à l’aéroport international d’Ezeiza, ils descendent tous de l’avion de Madrid...
Vasco : Basque. Gallego : Galicien. Gaita : la gaita, c’est la musette galicienne, un instrument de musique que l’on retrouve sous des formes et des tailles variables dans tout le monde celte. A Buenos Aires, l’instrument de musique a fini par désigner les Espagnols par confusion avec les seuls Galiciens, très nombreux à avoir immigré. La gaita, au féminin, c’est l’instrument de musique. El gaita, au masculin, c’est un Espagnol. Comme nous, les Français, nous sommes capables d’utiliser le mot biniou pour désigner les Bretons dans certains contextes.

mercredi 13 mai 2009

La tournée en Europe d’Anna Saeki : retour sur images [ici]

Photos AKJW
Le 25 avril dernier, je faisais déjà un retour (sans image) sur le 1er concert de Anna Saeki à Paris, à la Maison de la Culture du Japon.
Lire ici l’article (en français) du 25 avril (traduction en japonais ci-dessous).

L’association AKJW, qui organise les concerts parisiens de Anna Saeki tous les ans, m’a gentiment fait parvenir plusieurs photos des récitals donnés à la Maison de la Culture du Japon à Paris et dans une salle de concert de Hanovre, avec les musiciens du Quinteto El Después.


Anna Saeki à Paris le 24 avril 2009

Anna Saeki à Hanovre avec le Quinteto El Después


Anna Saeki à Hanovre

A l’intention des fans japonais de Anna Saeki qui visitent Barrio de Tango, depuis l’Europe, le Japon, les Etats-Unis ou l’Argentine (pour ne citer que quelques unes des provenances des internautes intéressés par cette chanteuse) :
Madame AKUTSU Yasuko, de l’association Kagayaku Jossei No Wa, organisatrice du concert, a bien voulu traduire mon article dans votre langue (cliquez sur l’image pour le lire). Domo aligato Yasuko.

To Anna Saeki’s japanese fans who visit Barrio de Tango:
Mrs AKUTSU Yasuko, from AKJW society, kindly translated my article in your language (click on the picture to read it). Domo aligato to her.

A los admiradores japoneses de Anna Saeki, que se conectan a este blog:
la Señora AKUTSU Yasuko, de AKJW, tradujo mi artículo a su idioma (hagan click en la imágen para leer el texto). Domo aligato gozaïmas.


En savoir plus :
Tous les articles de Barrio de Tango parlant de Anna Saeki en cliquant sur le nom de l’artiste dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus. Anna Saeki disposera prochainement d’un raccourci à son nom dans la rubrique Vecinos del Tango (partie haute de la Colonne de droite).
Visiter le site de Anna Saeki (dépourvu de document audio. La notoriété de la chanteuse en Asie la dispense de charger son site, par ailleurs quadrilingue et par lequel vous pourrez aussi revenir sur Barrio de Tango, puisque le webmaster a disposé des liens vers quelques articles de mon blog la concernant).
Pour vous procurer les disques de Anna Saeki : connectez-vous au site de AKJW

samedi 25 avril 2009

Anna Saeki en Europe : retour "sans image" [Disques & Livres]


Anna Saeki à la Academia Nacional del Tango, Buenos Aires, 18 août 2008 (X° Festival del Tango de BsAs)


Il sera dit qu'Anna Saeki m'aura fait rompre toutes les règles que je m'impose dans Barrio de Tango pour pouvoir faire vivre ce blog dans le court délai des 24 heures que compte la journée terrestre. L'une de ces règles est en effet de ne parler que des artistes argentins et uruguayens menant carrière chez eux (1). Or Anna Saeki est japonaise. Ce qui n'empêche pas qu'elle soit une très grande chanteuse de tango argentin et, de vous à moi, une des plus impressionnantes qu'il m'ait déjà été donné de voir sur scène. Et puis, dans Barrio de Tango, quand je fais un retour sur un concert déjà annoncé (lire l'article), c'est pour faire un retour sur images. Or je n'ai pas une seule photo du concert d'hier. On ne peut pas photographier le spectacle : les flashes déconcentrent tout le monde, les artistes et le public. Alors je vais tout de même mais sans image vous faire retour sur ce récital, parce qu'il y a vraiment beaucoup de choses à en dire.

D'abord sur le programme que l'artiste a choisi et qui sera peu ou prou le même sur le reste de la tournée. Le concert dure une heure et demie, que l'on ne voit pas passer, et se constitue de deux parties sans entracte.

1ère partie : La Cumparsita (Si supieras, la letra de Pascual Contursi) (lire l'article sur l'histoire de cet hymne du tango), Sin palabras, Che Bandoneón, Parlez-moi d'amour (en japonais), Alfonsina y el mar, Yo vengo a ofrecer mi corazón, Dejá la vida volar, Todo cambia (ces trois derniers étant des créations nouvelles, tirées de son dernier disque).

La coupure entre les deux parties est un temps de musique instrumentale où le Quinteto El Después, qui l'accompagne dans sa tournée, joue sa propre musique, c'est-à-dire celle de ses deux membres argentins que sont le bandonéoniste Victor Hugo Villena et le guitariste Alejandro Schwarz. Leurs deux morceaux s'appellent Efecto Tango 2 et Anna de San Telmo (une milonga camdombe). Hier, j'ai nettement ressenti qu'à partir de ce moment-là, les musiciens se sont enfin lâchés. Dans la première partie, où leurs arrangements sont pourtant excellents, j'avais l'impression d'un quintette cantonné à un rôle de faire-valoir, comme écrasé, volontairement ou non, par la partie vocale (qui en impose).

La deuxième partie est entièrement consacrée au duo Astor Piazzolla-Horacio Ferrer. Le quintette ne se contente plus d'accompagner mais devient partie prenante du concert au même titre que la chanteuse. L'introduction instrumentale qu'ils ont faite pour Balada para un loco est très originale. D'ordinaire, ce tango n'a pas d'introduction (c'est même un de ses traits distinctifs) mais pour un public linguistiquement hétérogène, qui ne peut pas goûter pleinement le récitatif de début, l'idée de faire entrer le spectateur dans la folie du personnage et de cette histoire par la musique et la danse, légèrement flamenca, que nous offre Anna Saeki, est une vraie idée théâtrale. A la voir dans cette deuxième partie, on croirait qu'Anna Saeki est née pour le répertoire Piazzolla-Ferrer. A moins que ce ne soit l'inverse. Dans cet univers artistique, esthétique, musical et poétique singulier, elle revèle un faste vocal et une justesse de jeu à la mesure des joyaux de théâtre dont elle se pare sur les planches.

Cette dernière partie comporte 5 pièces, deux très connues et trois beaucoup moins : Chiquilín de Bachín, Oblivion (en japonais), Las Ciudades, Balada para un loco (avec le récitatif du début essentiellement en japonais et un couplet repris aussi en traduction), Balada para mi muerte et Preludio para el año 3001.

L'ensemble du tour de chant est très structuré avec une montée en puissance de la chanteuse, de la musique et de l'émotion, qui se ressentait même dans cette salle à forte culture japonaise, tellement plus retenue et disciplinée qu'un public latin. J'ai pour ma part rarement vu un récital de tango aussi émouvant que la deuxième partie de ce spectacle.
A voir absolument.
Au besoin, déplacez-vous en Allemagne, partez à Tokio, retenez votre avion pour Lima ou pour Buenos Aires mais surtout ne ratez pas cette chanteuse. Elle passe régulièrement en France mais il nous faudra attendre au moins l'année prochaine pour la revoir...

En Allemagne où sa tournée va prochainement la mener (lire l'article), le programme du tour de chant sera, je suppose, adapté et il y a fort à parier que Parlez-moi d'amour (qui fait plaisir aux Français) fera place à Lily Marlène... sans doute en japonais là aussi. Les traductions nippones du tour de chant sont musicalement excellentes (et c'est une intégriste de la VO en tout et surtout dans le tango qui l'écrit !). J'ignore évidemment à quel point ces versions sont fidèles aux textes originaux (2) mais Anna Saeki réussit cet exploit de chanter des textes japonais qui sonnent comme les originaux. Il est vrai aussi que la langue japonaise le permet puisqu'elle ne se compose que de phonèmes qui existent dans les langues latines et que le rythme et la modulation de la parole n'y sont pas incompatibles avec ceux de l'espagnol. L'effet serait très différent avec du mandarin, du vietnamien, du tamoul ou une langue sémite.

Les équipes locales qui accueillent la chanteuse, l'association AKJW à Paris, vendent ses disques à l'entrée et à la sortie du concert. 5 disques sont disponibles. Deux sont destinés au marché extrême-oriental (tout est écrit en japonais) et trois sont des disques accessibles aux Occidentaux idéographiquement illettrés dans mon genre.

Canto de sirena, chez Rentrak Japan 2001, présente principalement du Piazzolla avec différents letristas : Los pájaros perdidos, Peludio para el año 3001, Vuelvo al sur, La ciudades, Oblivión, Balada para un loco. L'album compte en tout 11 pistes et est vendu au prix de 20 € (à Paris).

Anna Saeki, tango clásico y moderno, chez Oriente Musik (un label allemand), double CD de 21 pistes + 2 bonus vidéo, vendu à Paris au prix de 25 €. Quelques titres : Sin palabras, Malena (qui fait aussi le bonus vidéo), Azabache (qui est le bis du récital actuel), La Cumparsita, María, Sur, El Día que me quieras (en version originale puis en version japonaise) pour le disque Clásico et trois Piazzolla-Ferrer pour Moderno : Chiquilín de Bachín, Balada para mi muerte (qui fait aussi le bonus vidéo) et La última grela (comme Las ciudades, c'est un morceau peu chanté et peu enregistré depuis la création par Amelita Baltar et Astor Piazzolla, au début des années 70).

Et chez Moon Music, en 2009, Yo vengo a ofrecer mi corazón (je viens offrir mon coeur), le plus récent de ses disques, qu'elle a monté et enregistré l'année dernière avec la grande chanteuse de folklore argentine qu'est la Maestra Mercedes Sosa (70 ans). Lorsque la lumière s'éteint dans la salle, la projection d'un petit clip vidéo, résumant les séances d'enregistrement et montrant les Maestras Mercedes Sosa et Teresa Parodi, aux côtés de Anna Saeki, précède d'ailleurs l'entrée en scène du Quinteto el Después. Dans ce disque, plusieurs créations spécifiques : Los Hermanos (la chanson du clip d'ouverture), Todo cambia, Yo vengo a ofrecer mi corazón (qui forme deux pistes, l'une en espagnol, l'autre en japonais), Deja la vida volar. En tout 17 pistes (vendu à 20 €, donc des prix raisonnables pour des disques produits dans le Primer Mundo, comme disent les Argentins, c'est-à-dire dans l'hémisphère nord, au niveau de vie plus élevé qu'au sud de notre planète).

Pour la France, c'est donc l'association AKJW qui s'occupe d'accueillir Anna Saeki. Ce sont eux qu'il faut contacter pour vous procurer ces disques, si vous ratez le second et dernier concert qu'elle donne dans l'Hexagone, ce soir, à la Maison de la Culture du Japon à Paris (quai Branly, au pied de la Tour Eiffel et au bord de la Seine).

Pour en savoir plus : le site d'Anna Saeki elle-même (sans document audio ni vidéo mais en 5 langues) et le site de AKJW.

Pour vous faire une idée de la voix d'Anna Saeki, lire mes articles la concernant en cliquant sur son nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, en haut de l'article, sous le titre.

(1) Il est en effet impossible à un seul rédacteur de rendre compte de tout ce qui se passe de bon dans le monde en matière de tango, qui connaît un succès mondial. Des pays comme le Japon, la Finlande, les Pays-Bas, l'Espagne, le Brésil, les Etats-Unis, la France abritent d'excellents artistes de tango, argentins ou autochtones.
(2) En japonais, je ne connais qu'un seul mot : aligato. Ce n'est pas lourd. Mais, pour le coup, la qualité l'emporte sur la quantité...

samedi 18 avril 2009

Remerciements - Agradecimientos

Huit mois après la naissance de Barrio de Tango, de nombreuses personnes ont déjà participé activement à sa diffusion en plaçant un lien sur leur site, en envoyant la Gazette ou la Gacetilla à leurs amis et connaissances ou me citant au micro de leur émission radiophonique.
Demain, Barrio de Tango aura 8 mois. A la veille d'une semaine, où ce blog va faire une petite sieste (1), j'ai pensé que c'était le bon moment pour remercier toutes ces personnes qui se sont déjà donné tant de mal, et en particulier tous ceux et celles dont j'ai vu effectivement les lecteurs arriver sur ce site...

Pierre Clavilier, "un homme-livre" ainsi qu’il se définit lui-même, un écrivain français passionné d’Amérique Latine, Juan Carlos Espósito, créateur et animateur à l'Abasto du podcast Tango City Tour, et la chanteuse Anna Saeki. Ils furent les tout premiers à m’envoyer des lecteurs alors que Barrio de Tango ne comptait guère plus de 70 articles.

Un merci très ému à l’Association des Grands-Mères de la Place de Mai, Abuelas de Plaza de Mayo, ONG des droits de l’homme très prestigieuse en Argentine et en Amérique Latine, pour l'honneur qu'elle m'a fait et me fait en plaçant sur sa page d'accueil un lien à mes articles concernant ses activités.

Merci aussi au groupe La Biyuya, aux chanteuses Lucrecia Merico et Marcela Bublik, aux chanteurs Hernán Cucuza Castiello, José María Pepe Kokubu, el Ponja Malevo, Alorsa et son groupe La Guardia Hereje, aux journalistes et conférenciers Claudio Tagini et Marta Iglesias, animateur et productrice de ADN Tango sur Radio Sentidos, à Solange Bazely, une spécialiste française de l’histoire du bandonéon, au duo Mariel Martínez et Alejandro Picciano (sur My Space et sur leur site), Marcelo Villegas, directeur du site Noticia Buena, Germán Marcos et Maximiliano Senkiw, co-animateurs de l’émission Fractura Expuesta, à Luis Lazaro (Tango en Suisse Romande), à Web Tango (un site français très complet), à Miguel Gadea Sandler, modérateur du groupe Perfiles de Tango qui m’a fait l’honneur de m’inviter dans cette communauté de plus de 250 membres argentino-uruguayens, et tout récemment à la poète et letrista argentine Marta Pizzo.

Dans le présent article, tous les liens renvoient aux sites des personnes remerciées...

(1) Beaucoup de travail sur le livre que je prépare pour la fin de cette année (enfin on espère !) et puis Paris se prépare un excellent programme d'excellents concerts avec des artistes qui n'y viennent pas tous les jours : les 24 et 25 avril, c'est le récital de la chanteuse Anna Saeki à la Maison de la Culture du Japon à Paris, et le 27 avril, le concert de la Orquesta Típica Fernández Fierro au New Morning.
Comme dit le proverbe français, on ne peut pas être à la fois au four et au moulin...
D'autant qu'aussitôt après, il faudra enchaîner : la jeune chanteuse Vanina Tagini s'apprête à venir en Suisse et en Allemagne !

mardi 17 mars 2009

Anna Saeki en tournée à Paris et en Allemagne avec le Quinteto El Después [ici]

Affiche officielle du concert, fournie par l'Association Kagayaku Jossel No Wa (AKJW), qui soutient le concert avec la Maison de la Culture du Japon à Paris
Cliquez sur l'image pour l'obtenir en résolution optimale et pouvoir l'imprimer

La chanteuse de tango argentin Anna Saeki chantera prochainement à Paris accompagnée par le quintette argentino-international El Después.

Bien qu’elle soit japonaise, Anna Saeki est une authentique artiste de tango, qui chante les textes originaux en espagnol (y compris la poésie complexe d’Horacio Ferrer) et parfois aussi des versions en japonais de quelques grands classiques (je l’ai entendue dans les deux langues à la Academia Nacional del Tango lors d’une belle rencontre de poètes où elle était l’interprète choisie par le Maestro Ferrer. Voir l’article sur cette rencontre en août 2008 sous ce lien et sous l’autre tous les articles consacrés à Anna Saeki dans Barrio de Tango).

L’artiste a déjà une belle carrière à son actif (un peu plus de 20 ans) et une discographie impressionnante (il suffit de jeter un coup d’oeil sur son site pour s’en convaincre). Son premier disque date de 1987 (tout en japonais) et on voit sa progression dans l’univers culturel du tango dans l’évolution du contenu de ses albums successifs...

Anna Saeki se produira à Paris les vendredi 24 et samedi 25 avril 2009 à 20h à la Maison de la culture du Japon à Paris (MCJP), 101 quai Branly, Paris XV, un lieu très parisien puisqu’il se trouve presque au pied de la Tour Eiffel et à deux pas de la Seine (M° Bir Hakheim).

Prix des places : 15€ (plein tarif), 12 € (tarif réduit) et 9€ pour les adhérents de la MCJP.

Si vous vivez à Paris ou en région parisienne ou si vous vous trouvez ce week-end-là dans la capitale, ne manquez pas ce concert (pour les conditions de réservation, voir l’affiche ci-contre. Cliquez sur l’image pour l’obtenir dans sa résolution maximale, qui vous permettra de l’imprimer en format A3 et d’en faire un poster pour votre bureau, votre milonga ou les locaux de votre association...)

Par la suite, Anna Saeki chantera à Berlin le 29 avril à Quasimodo (voir le site sous le lien), le 30 avril à Hanovre au International Tango Festival Hannover. Le 17 mai, elle chantera à Dresde, à Kleine Haus et le 19 mai, à Hambourg à Fabrik. Elle chantera aussi à Frankfort à Brot Fabrikà une date qui reste encore à déterminer (voir les sites sous les liens pour chaque concert).

Le Quinteto El Después qui l’accompagne au moins à Paris, à Berlin et à Hanovre, a été fondé en 2004 par deux musicien argentins, le guitariste et compositeur Alejandro Schwarz et le bandonéoniste Victor Hugo Villena auxquels se sont joints un violoniste, Cyril Garac, un pianiste, Ivo De Greef et un double bassiste, Bernard Lanaspèze. Dans une autre vie, Alejandro Schwarz a été l’un des co-fondateurs avec Ignacio Varchausky de El Arranque. C’était avant, en 1996, du temps où il vivait encore en Argentine et où ce groupe s’est formé comme quintette (voir mes articles sur El Arranque, qui était le week-end dernier à Bruxelles). Alejandro Schwarz s’est installé à Paris en 2001, a partagé la scène du Châtelet (à Paris) avec la chanteuse lyrique Julia Migenes et a participé à l’enregistrement de deux disques de Anna Saeki.
Le Quinteto El Después vit et travaille en Europe, même s’il leur arrive de se produire à Buenos Aires (ça a été le cas en 2005 pendant la 7ème édition du Festival de Tango). C’est un groupe qui interprète surtout sa propre musique (ou plutôt celle de Alejandro Schwarz) mais ils aiment bien aussi jouer un arrangement de tel ou tel classique, de Aníbal Troilo, par exemple, comme ce Pa’ que bailen los muchachos (pour que les gars puissent danser) qui figure sur leur disque, baptisé Reunión (2006).

Vous pouvez les découvrir sur leur site quadrilingue (néerlandais, français, anglais et espagnol) , où il est possible d’écouter quelques brefs extraits musicaux des pistes de Reunión. Ce groupe n’est d’ailleurs pas inconnu du public parisien puisqu’ils se produisent fréquemment dans la capitale française dans différents lieux (Café de la Danse, Studio de l’Ermitage essentiellement) et dans différentes villes de l’Hexagone, sur invitation des associations de tango locales (Tango de Soie à Lyon, Tango Sud à Montpellier, Tango-Menton etc...).

Ils seront d’ailleurs au Studio de l’Ermitage, à Paris, 8 rue de l’Ermitage dans le 20ème arrondissement, le 16 avril à 20h30 (réservation au 01 44 62 20 86 et informations sur le site du Studio). Ils accompagnent Anna Saeki jusqu’à Hanovre (après, on ne sait pas encore).

Anna Saeki elle aussi dispose d’un site (quintilingue ou pentaglotte selon que vos préférences vont au latin ou au grec : espagnol, anglais, japonais, français, allemand) où vous pouvez lire sa biographie et divers articles de journaux et interviews traduits en français. En revanche, vous ne pouvez pas l’écouter. C’est dommage, car elle a vraiment une très belle voix et n’est connue en Europe que d’un petit cercle d’initiés et non du grand public, à l’inverse de ce qui se passe dans son pays et en Asie en général, ce qui induit qu’il soit inutile, voire contreproductif pour elle, de disposer du MP3 sur son site. Le mot "diva" sur l’affiche n’est pas là juste pour faire joli mais parce qu’il représente une certaine réalité.

Pour l’entendre, il faut donc aller à la Maison de la culture du Japon en cette fin d’avril ou à Berlin, à Hanovre, à Dresde, à Frankfort, à Hambourg, voire à Buenos Aires (mais le dernier concert, c’était le 15 mars) ou... à Tokyo.

Ceci dit, si vraiment tout ça, c’est trop loin, la voici chantant, en version originale, Nostalgia (Juan Carlos Cobían - Enrique Cadícamo), sur You Tube.. en kimono rouge feu et sandales traditionnelles ! 100% argentin ! Ou ici, un peu plus exotique : Caminito (Juan de Dios Filiberto - Gabino Coria Peñalosa) en japonais (et toujours en kimono) Et pour finir, on mélange tout : un petit Astor Piazzolla - Horacio Ferrer, en fourreau de soirée occidental, avec récitatifs en japonais et couplets chantés en VO : Balada para un loco, le classique d’entre les classiques du tandem. Le tout est accompagné à chaque fois par le Cuarteto Tito Castro et a été enregistré au Japon.

Et maintenant, zou ! Direction, Paris, la Tour Eiffel et la Seine !

mercredi 4 mars 2009

Le 8ème Davos du Tango [à l’affiche]

Affiche tirée du site de la ville de San Carlos de Bariloche

Non mais qu’est-ce que vous croyez ? Bien sûr que le tango argentin a son G8, son Davos et son sommet alter-mondialiste tout ensemble et même son assemblée plénière des Nations Unies... Il ne manquerait plus qu’il soit le seul à ne pas avoir sa rencontre au sommet.

Même que c’est la huitième fois que l’événement a lieu.

Et cette année, cette rencontre internationale, baptisée Cumbre Mundial del Tango (je vous jure que ce n’est pas des blagues !) se tient dans une station de sport d’hiver pré-andine très renommée sur tout le continent sud-américain, San Carlos de Bariloche, dans la Province de Río Negro, au nord de la Patagonie. La ville compte 130 000 habitants et se situe à plus de 1600 km de la capitale fédérale. Elle est très appréciée des nordistes, des Portègnes et des Bonaerenses qui aiment venir y faire du ski... quand ils en ont les moyens (pour ne rien dire des Brésiliens ou des Uruguayens). Mais ce n’est pas encore l’heure des skis, nous ne sommes qu’à la fin de l’été et c’est pour une foule de tangueros venus du monde entier que la ville s’apprête à mettre les petits plats dans les grands dès le 5 mars et jusqu'au 14. Tous les domaines du tango seront représentés : la danse, la musique, la poésie, le disque, le livre, le cinéma, la production de spectacles, la presse... Et une trentaine de villes du monde entier vont participer.

Ce Sommet Mondial du Tango s’ouvrira le jeudi à 19h par une soirée privée, réservée à la presse et à une large liste d'invités, à l’hôtel Llao-Llao, avec la participation des Maestros Horacio Ferrer, Président-fondateur de la Academia Nacional del Tango, Raúl Garello, Directeur-fondateur de la Orquesta de Tango de la Ciudad de Buenos Aires, représentant tous deux Buenos Aires, la chanteuse japonaise Anna Saeki (représentant Tokyo) et le couple de danseurs Pablo Contreras et Cynthia Palacios, champions patagoniens de tango de scène (représentant la ville de General Roca, dans la province de Río Negro) (1).

Les mêmes se retrouvent à 21h au cinéma Arrayanes pour un concert inaugural placé sous la responsabilité des deux Maestros.
Aux artistes déjà nommés se joindront le groupe de Graciela Novellino (chanteuse) accompagnée de Roberto Tormo à la contrebasse et de Diego Rapoport au piano (des artistes originaires de Bariloche), le couple de danseurs, Edwin et Lina, de Cali en Colombie, et le chanteur (et compositeur) Hernán Genovese (Buenos Aires). Le site Web 10tango annonce aussi, en plus de ces artistes inscrits au programme officiel (bouclé il y a quelque temps déjà) le chanteur Caracol, le Maestro Néstor Marconi (bandonéoniste, compositeur et chef d’orchestre, directeur de la Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce et co-directeur de la Orquesta de Tango de la Ciudad de Buenos Aires depuis le début 2008), et le Quinteto Típico féminin China Cruel.

Le lendemain, c’est le premier jour à proprement parler et le programme est chargé...

A l’heure du déjeuner, il est prévu un Tango en las nubes (Tango dans les nuages). Tout le monde emprunte le téléphérique pour aller déjeuner à 13h dans une confitería giratoria (un restaurant panoramique monté sur une plateforme qui tourne) et à 14h, aura lieu un concert de la chanteuse Marisa Vázquez, de Buenos Aires. Deux couples de danseurs, Tango Vivo, de Cali en Colombie, participeront à cette fête.

Le soir, à 21h, concert au cinéma Arrayanes avec Roberto Rimoldi Fraga de Buenos Aires, le groupe Paola Schiavoni - Ariel Ascheri de Bariloche (une chanteuse accompagnée d’un guitariste, d’un pianiste et d’un contrebassiste), les danseurs John et Sofiani, de Caracas, capitale du Venezuela, le duo Kohan-Solare baptisé Tango Nomade, de Brême, en Allemagne, et Genève, en Suisse, et la Orquesta de la Ciudad de Córdoba (Argentine), placée sous la direction du Maestro Osvaldo Piro.

A 21h30, au Salón Araucania, commence un autre concert : Tango en concierto de cámara où se produira un quintette à cordes de Tenerife (Espagne), composé de deux violons, un alto, un violoncelle, un contrebasse et un chanteur.

A 22h, à Rincón Patagónico, aura lieu le dîner inaugural où les délégations seront officiellement reçues. Le concert permettra d’applaudir le Bariloche Tango Sexteto, le Ballet Folklorico Tolkeyen (de Bariloche aussi), le chanteur de folklore Roberto Rimoldi Fraga (qui se sera déjà produit, une heure avant, au cinéma Arrayanes) et un ensemble tokyoïte baptisé 2x4 Tokyo (chanteur, contrebasse, piano et violon).
Enfin une milonga conclura cette première journée à la Discoteca By Pass, avec Omar Viola, le DJ de Salón Caning, une célèbre milonga du centre de Buenos Aires. Il y aura de la musique vivante (plusieurs orchestres sont inscrits, dont un de San Luis, en Argentine) et diverses exhibitions de danseurs.

Dans la journée, tout un programme d’échanges, de rencontres, ce que le programme rassemble sous le vocable d’activités parallèles, est prévu avec vernissage de plusieurs expositions d’art, des cours de tango (danse), le lancement d’un concours d’écriture de letras de tango, une scène ouverte entre 12 h 30 et 14 h pour des musiciens et des danseurs (2) et à 18h, dans la biblioteca Sarmiento, une première rencontre de poètes avec une conférence d’ouverture par le Maestro Horacio Ferrer, une lecture par les auteurs Carlos Andreoli (qui est aussi chanteur) et Marta Pizzo (poétesse, narratrice et éditrice) et la présentation d’un livre de Ana Jaramillo intitulé Tango, vida y pasión de las dos orillas (Tango, vie et passion des deux rives, sous entendu du Río de La Plata) (3).

Le programme complet est disponible sur le site des Sommets mondiaux du Tango (Cumbredeltango).

La Ville de San Carlos de Bariloche sur le Web.

Quelques uns de ces artistes sur le Web :
Plusieurs d'entre eux figurent déjà dans les liens aux sites extérieurs dans la Colonne de droite de Barrio de Tango, dans les rubriques Les Troesmas et Grillons, zorzales et autres cigales.

Anna Saeki sous ce lien.
Tango Nomade sous celui-ci.
Le chanteur Caracol sur You Tube sous ce lien.
Le blog de la chanteuse Marisa Vázquez (lavazquez.blogspot).
Roberto Rimoldi Fraga sur You Tube ici.
Le blog de la poète Marta Pizzo : Puerto Palabra.
La page My Space de Carlos Andreoli sous le lien.

(1) Le Général Roca a dirigé ce qu’on a appelé dans les années 1870 la Campagne du Désert. La guerre d’extermination contre les Indiens dans les Provinces de Patagonie ! Le souvenir du Général Roca est un des plus ambigus qui soit dans l’histoire de l’Argentine indépendante.
(2) On appelle scène ouverte (escena abierta en espagnol) un moment où tous les artistes qui le veulent peuvent, dans un temps délimité mais égal pour tous, dire et montrer ce qu’ils veulent, à condition, généralement, de s’être inscrits à l’avance.
(3) Ce livre est illustré. Le nom donné par le programme officiel et que les rares articles d’Internet qui font déjà référence à l’ouvrage reprennent allègrement est celui d’un chanteur de Buenos Aires, doté de très nombreux talents (chanteur, compositeur et auteur) mais qui ne dit pas un mot sur son site des talents d’illustrateur qui lui sont ici prêtés. Aussi se peut-il que l’illustrateur de ce livre, que je n’ai pas eu en main, soit en fait un fileteador des plus controversés et des plus contestables, certes homonyme du chanteur (mais pour le patronyme seulement), peintre assez désagréable qui tente de ramener à lui (et y réussit parfois) tout l’art du fileteado, occupe l’espace médiatique et éditorial sans se laisser étouffer par le reste confraternel. Mais impossible de vérifier sur son site (j’ai tenté ma chance) car il n’y parle que des livres dont il est le seul auteur, alors qu’il a illustré à la chaîne des tas de trucs et dans tous les sens. Dans le monde tanguero, ce type est une espèce d’ovni comportemental trop proche pour être honnête de notre propre modèle de show-business où les basses manoeuvres de rivalité l’emportent et largement sur l’amitié, la loyauté et la solidarité que les vrais artistes du tango cultivent entre eux à Buenos Aires avec un soin farouche et persévérant. Je garde néanmoins un doute parce que je ne crois pas qu’Horacio Ferrer aimerait beaucoup que son nom côtoie celui de ce bonhomme. Or dans le doute abstiens-toi. Si un jour, je tombe sur ce bouquin, je viendrais corriger cet article en indiquant qui en a réalisé effectivement les illustrations.

dimanche 22 février 2009

La chanteuse Anna Saeki bientôt à Buenos Aires [à l'affiche]

Anna Saeki et Horacio Ferrer à la Academia Nacional del Tango (août 2008)



Dans les colonnes de Barrio de Tango, il est rare que je parle d'artistes qui ne soient ni argentins ni uruguayens. C'est qu'ils sont déjà si nombreux là-bas que les vingt-quatre heures d'une journée ne me suffisent déjà pas à rendre compte des activités de tous ceux d'entre eux qui là-bas ont du talent. Alors élargir aux étrangers, c'est mission impossible ! Mais bien sûr, à toute règle, il faut une exception et, l'exception, la voilà.

Anna Saeki est japonaise. Et elle chante le tango avec une authenticité remarquable. Le Japon est une grande terre d'adoption du tango argentin (vous pouvez le découvrir en lisant l'ouvrage de Luis Aposta, El Tango en Japon, Ed. Corregidor, BsAs, 1987, 171 pages). J'ai déjà eu l'occasion de vous parler de Rosita Quiroga, qui fut la première chanteuse argentine à se produire au pays du Soleil Levant (c'était au sujet d'un hommage que Luis Alposta lui rendait sur Noticia Buena au mois de janvier). Je vous ai un peu parlé de l'immigration japonaise à Buenos Aires, qui explique la présence d'Argentins d'origine nippone dans l'univers du tango sur place (c'était au sujet d'un concert de Pepe Kokubu). Depuis jeudi dernier et jusqu'à jeudi prochain, vous pouvez écouter sur Radio Sentidos María José Mentana parler avec Claudio Tagini notamment de son expérience au Japon (elle y est très connue et elle chante, en tournée là-bas, en japonais !). Ce soir, je vous parle d'une artiste qui vit là-bas. En août 2008, elle était invitée par Horacio Ferrer lors du Festival de Tango pour une soirée consacrée aux poètes du tango où elle s'est produite avec le Maestro sur la petite scène du Salón de los Angelitos (Academia Nacional del Tango, photo ci-dessus, qui j'ai prise à cette occasion).

Anna Saeki retourne en Argentine. Elle chantera lors du spectacle d'ouverture du Sommet Mondial du Tango (Cumbre Mundial del Tango), qui aura lieu du 5 au 14 mars 2009 à San Carlos de Bariloche, la grande station de sport d'hiver de la Patagonie argentine. A la fin du Sommet, elle retrouvera Buenos Aires, pour se produire au COA (Centro Okinawense en Argentine), avenida San Juan, à la hauteur 2651. Ce sera le 14 mars à 19h30.

Vous pouvez en savoir plus sur Anna Saeki sur son site (mais vous ne pourrez pas l'écouter, il n'y a pas de document audio sur ce site).

Elle viendra ensuite en Europe (je vous en parlerai le moment venu).
Elle se produira à Paris (en avril) puis parcourra l'Allemagne en mai avant de retourner en Argentine pour le Festival de La Falda en juillet prochain.