mercredi 21 avril 2010

25 ans de prison pour le dernier dictateur argentin, Reynaldo Bignone (82 ans) [Actu]

L'ex-général Reynaldo Bignone a été le dernier dictateur d'Argentine, depuis la défaite des Malouines en 1982. C'est lui qui était au pouvoir quand il a fallu revenir à la Constitution et organiser des élections libres en octobre 1983 qui ont porté au pouvoir le Président Raúl Alfonsín au moins de décembre suivant (lire ici l'ensemble de mes articles sur ce Président du retour à la Démocratie).

La phase finale du procès contre Bignone avait commencé il y a plusieurs mois (lire mon article du 2 novembre 2009 sur le début des audiences). Hier, Bignone a été condamndé à 25 ans de prison ferme, sans adaptation de peine, comme c'est fréquent pour des personnes de cet âge et de ce niveau de responsabilité (dont la peine est souvent adouci en résidence surveillée, ce que les Argentins appellent la prison à domicile). Il a été écroué dans une prison ordinaire. Il a 82 ans.

Les autres accusés du procès ont eu aussi été sévèrement condamnés : 17, 18, 20 et 25 ans pour plusieurs d'entre eux.

Pour sa défense, il a minoré le nombre de disparus, estimé à 30 000 par les observateurs de bonne foi. Lui a osé justifier les disparitions qui seraient certes illégales en temps de paix mais on était, selon lui, en guerre et il les a évaluées à moins de 8 000 en 10 ans de guerre (la Dictature stricto-sensu a duré de 1976 à 1983).
Bignone a aussi fait cette déclaration ahurissante devant la cour :

"Fue una guerra. Lo real era que existían clandestinas organizaciones terroristas que no eran demasiados jóvenes ni idealistas, su ideal era la toma del poder por la fuerza subversiva. Tenían combatientes, tácticas...fabricaban bombas, cargamento. Mataban indiscriminadamente y a traición. Asaltaban y cambiaban su identidad"
cité par Clarín

"Ça a été une guerre. La réalité, c'est qu'il existait des organisations terroristes clandestines qui n'étaient pas trop jeunes ni trop idéalistes. Leur rêve était la prise du pouvoir par la force subversive. Ils avaient des combattants, des tactiques... Ils fabriquaient des bombes, des recharges. Ils tuaient de manière indiscriminée et en traître. Ils attaquaient et ils changeaient leur identité".
(Traduction Denise Anne Clavilier)

On croirait entendre les criminels nazis devant leurs propres juges en Europe.

Bien entendu, les principales ONG des droits de l'homme étaient dans la salle pour entendre ce verdict. La présidente de Abuelas, dont l'Association est candidate au Prix Nobel de la Paix 2010, les représentants de Madres, de H.I.J.O.S et des autres associations qui s'occupent de retrouver les traces des disparus ont fait des déclarations à l'issue de l'audience. Vous pouvez retrouver les récits judiciaires, les analyses des commentateurs et celles des ONG dans les éditions de la presse d'aujourd'hui.

Pour lire l'ensemble des articles (y compris celui-ci) relatifs au même sujet dans Barrio de Tango, cliquez sur les mots-clés histoire ou JDH (pour Justice et Droits de l'Homme) dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus, ou les raccourcis présentés dans la Colonne de droite (partie haute, pour les raccourcis internes).
Dans la partie basse de la Colonne de droite, vous trouverez les liens avec plusieurs associations de droits de l'homme argentines dans la rubrique Cambalache (casi ordenado).

mardi 20 avril 2010

Patricia Barone, Sandra Mihanovich et Osvaldo Piro en hommage à Eladia Blázquez vendredi [à l'affiche]

Ce sera à ECuNHi, le centre culturel des Madres de Plaza de Mayo, Avenida Libertador 8468 (dansl le quartier de Palermo), vendredi 23 avril à 19h. Entrée libre et gratuite.

La Orquesta nacional de música Juan de Dios Filiberto a invité les chanteuses Patricia Barone et Sandra Mihanovich et le chef (et compositeur) Osvaldo Piro et plusieurs instrumentistes solistes, Brigitta Danko, au violon, Sergio Rivas, à la contrebasse, Daniel Lifschitz, à la flûte et Lautaro Greco, au bandonéon, pour cette belle soirée.

Le concert sera un hommage à l'auteur-compositeur-interprète Eladia Blázquez (24 février 1931 – 31 août 2005).

A aller écouter absolument si vous êtes à Buenos Aires ce jour-là...

Pour en savoir plus :
le site que Patricia Barone partage avec son mari, le guitariste et compositeur, Javier Gonzalez, se trouve parmi les liens externes de la rubrique Grillons, zorzales et autres cigales, dans la Colonne de droite, partie inférieure (sur fond blanc)
Le site de Sandra Mihanovich, chanteuse de jazz et de tango ainsi qu'actrice, n'y figure pas encore. Le voici (en cliquant sur le lien). C'est elle qui s'occupe de faire vivre Eladia Blázquez sur le web.
Le site officiel d'Eladia Blázquez.
Et la page Myspace consacrée à Eladia Blázquez pour écouter sa voix et son talent musical.

Joventango lance le championnat uruguayen de tango [à l'affiche]

L'association montevidéenne Joventango organise le championnat national de tango pour déterminer les représentants officiels du pays au prochain Mundial del Tango qui se tiendra la dernière semaine d'août 2010 à Buenos Aires.

Deux catégories existent : tango salón, celui qu'on danse en bal (milonga) et tango escenario, réservé aux professionnels du spectacle.

A la clé, 500 dollars US à gagner (de quoi vous offrir un joli séjour dans la capitale argentine) et l'assurance de quatre places pour deux couples pour aller concourir de l'autre côté du Río de la Plata.

Affiche officielle diffusée par Joventango

Ceci dit, l'inscription au Mundial est libre. Donc même les perdants pourront participer (à leurs frais) s'ils le souhaitent...

El Arranque avec Noelia Moncada ce vendredi à No Avestruz [à l'affiche]

Photo extraite du site de No Avestruz

Le 23 avril 2010 à 21h30, l'orchestre El Arranque se produira, comme il le fait les vendredis de ce mois d'avril 2010, en un concert acoustique (cela devient très rare) avec la chanteuse Noelia Moncada qui vient, en solo, de présenter son prochain disque (lire mon article du 14 avril à ce sujet).

Ce sera à No Avestruz, Humboldt 1857, dans le quartier de Palermo.

El Arranque s'apprête par ailleurs à partir au Brésil (Sao Paolo) et prépare sa prochaine tournée en Europe qui aura lieu en septembre.
En courant un peu et avec de la chance, vous pouvez peut-ête enchaîner le concert de la Orquesta Juan de Dios Filiberto à ECuNHi le même jour à 19h et celui-ci une heure et demie après. Si vous n'êtes pas doué pour la chance ou pour la course, mieux vaut choisir entre les deux...

Pour aller plus loin :
consulter le site de No Avestruz (Autruche interdite).
Vous disposez d'un lien vers le site de Noelia Moncada dans la Colonne de droite, en partie basse, dans la rubrique Grillons, zorzales et autres cigales.
Cliquez sur le nom des artistes ou du quartier dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus, pour accéder à l'ensemble des articles (y compris celui-ci) qui leur ont déjà été consacrés dans ce blog depuis le 19 juillet 2008, date de son ouverture.

lundi 19 avril 2010

Milonga clermonteña : Tango volcanique avec Taquetepa à Clermont-Ferrand [ici]

Rien à voir avec le volcan islandais dont les francophones ont tant de mal à prononcer le nom et qui fait des misères à tout le monde aéronautique de toute l'Europe nord. Les volcans auvergnats dorment du sommeil du juste depuis de nombreux millénaires et purifient une eau minérale vendue par Danone à coup de verts paysages vallonnés.


Tango volcanique est une association qui rayonne sur toute la région auvergnate et qui organise ce vendredi 23 avril à partir de 20h, avec le trio Taquetepa une petite milonga des familles à la Brasserie L'Europe, place des Carmes, en plein Clermont-Ferrand.

Entrée libre et gratuite. La soirée est ouverte à tous.

Le trio Taquetepa sera là dans une formation que nous avons connue lors de leur tournée de l'année dernière : l'Argentin Daniel Pérez à la guitare, la Française Marie Crouzeix à la flûte et la chanteuse chilienne Claudia Urrutia.

Bonne soirée à tous.

Pour en savoir plus sur la soirée et le lieu :
Visitez le blog de la Brasserie L'Europe.
Pour en savoir plus sur les artistes, cliquez sur leurs nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus, pour accéder à l'ensemble des articles que je leur ai déjà consacrés.
Pour en savoir plus sur Tango Volcanique, cliquez sur le lien vers leur site dans la rubrique Eh bien dansez maintenant, dans la partie basse de la Colonne de droite (sur fond blanc).

Deux chanteurs ce mercredi soir à touche-touche [à l'affiche]

Les deux chanteurs sont Luis Filipelli et Marisa Vazquez. Ils se produisent ce mercredi soir à quelques cuadras l'un de l'autre.

Luis Filipelli sera sur la scène de Clásica y Moderna, Callao 892, à 21h30, avec le pianiste Franco Polimeni. Entrée 40 $. Clásica y Moderna est à la fois un café, une librairie et une salle de concerts et de conférences, qui compte parmi les Bars classés (Bares Notables) de la ville de Buenos Aires.

Marisa Vazquez sera quant à elle sur la scène de la Sala Osvaldo Pugliese au CCC, Corrientes 1543, une heure avant à 20h30 (ce qui est peu habituel), avec Ramón Maschio à la guitare, Carolina Cajal à la contrebasse et Rubén Slonimsky au bandonéon. Elle a invité aussi Barnardo Baraj, à la flûte et au saxo. Elle présentera des morceaux de son prochain disque, dont les arrangements et la direction musicale sont assurés par Ramón Maschio. Entrée : 25 $ ($ étant le symbole du peso argentin et non celui du dollar des Etats-Unis).

Alan Haksten et son Grupp repassent par les colonnes de Página/12 [à l'affiche]

Alan Haksten Grupp au Festival de Tango Indépendant, esquina San Juan y Boedo
Photo extraite de leur page Myspace

C'est à la suite du Festival de Tango Independiente dont je vous ai parlé dans Barrio de Tango au début du mois de mars 2010 que Alan Haksten a rencontré un nouveau public. Je vous avais déjà parlé pour la première fois de ce groupe de huit musiciens à l'occasion de la Noche de los Museos, en octobre dernier, puisqu'il avait été l'un des invités de la nuit à la Academia Nacional del Tango (voir le raccourci consacré à la Noche de los Museos, dans la rubrique Grands Rendez-vous du Tango, dans la Colonne de droite, partie supérieure).

Hier, c'est le journaliste Carlos Bevilacqua (1), qui l'a interviewé à l'occasion du concert qu'il donnait ce dimanche à 22h à El Fino (l'élégant), un nouvel espace culturel situé dans la rue Paraná à quelques encablures de la Avenida Corrientes.

Alan Haksten a choisi de prendre pour nom de scène son deuxième patronyme, celui de sa mère d'origine suédoise, et de nommer son groupe dans cette lointaine langue scandinave qui n'est pas sans lien avec les origines du tango : l'un de ses berceaux fut le Café de Hansen, dans le quartier de Palermo, ce Lo de Hansen (chez Hansen) ou Antiguo Hansen dans les dernières années (2). Hansen était un immigrant danois ou suédois, on ne sait pas très bien à l'heure actuelle.

Alan Haksten est donc un jeune guitariste et compositeur argentin de 25 ans (le tango a toujours été une affaire de jeunes gens), passionné de cinéma argentin (il se sert d'une réplique cinématographique comme message sur son répondeur téléphonique). Il a fondé et dirige un ensemble de huit musiciens qui joue une musique originale qui a beaucoup plu et surpris en mars dernier. Lui-même gagne sa vie comme professeur de guitare et en coulisse, comme salarié de production artistique. Il est le programmateur artistique de El Fino et celui du cercle La Paila qui organise des fêtes les 1ers et 3èmes mardis de chaque mois.

“Hoy en día tocar tangos nuevos requiere creer mucho en lo que uno hace, porque muchas veces no te pagan o te pagan poco y, si te pagan un poco mejor, como somos muchos igual es poco lo que queda para cada uno [...] En enero, preocupado, me suelo plantear: ‘Tengo que conseguirme un laburo fijo’, pero después encuentro la manera de seguir dedicándome sólo a la música”
Página/12

De nos jours, jouer des tangos nouveaux demande de croire beaucoup en ce qu'on fait, parce que souvent on ne te paye pas ou de paye mal et si on te paye un peu mieux, comme nous sommes beaucoup, de toute façon, ça fait peu pour chacun. [...] En janvier, inquiet, je me suis dit : il faut que je trouve un boulot fixe. Mais après j'ai trouvé la façon de continuer à me consacrer uniquement à la musique.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

En plus de Alan Haksten lui-même, le groupe rassemble Aldana Bozzo et Andrés Kozak au bandonéon, Hernán Díaz Kárich et Florencia Prieto au violon, Juan Borjas au piano, Alejandro Abbonizio à la contrebasse y Agustín Uriburu au violoncelle.
Alan Haksten reconnaît des influences de Osvaldo Pugliese, Eduardo Rovira et Aníbal Troilo et il apprécie les grands orchestres typiques des années 30 et 40 qui ont disparu maintenant. Et il faut en effet qu'il les aime pour s'être lancé si jeune dans une aventure aussi périlleuse que d'animer un orchestre aussi important pour des artistes dans cette tranche d'âge. Les ensembles au dessus de 6 musiciens sont généralement le fait de musiciens installés et déjà reconnus, pas de jeunes débutants inconnus.

Se dice que el tango nos espera a todos, pero a Haksten lo cooptó temprano. “El primer tango que me enseñaron siendo adolescente fue ‘La última curda’, en un arreglo para guitarra solista. Fue lo que más me emocionó de todo lo que había aprendido. Es que dentro del tango hay mucha tela para cortar. Si primero te interesás por los cantores y te aburrís, te podés meter con las orquestas. ¿Te volvés a aburrir? Podés ir a bucear entre los tríos...”, celebra. Sólo le faltó exclamar, como el personaje de Alterio, “¡La puta que vale la pena estar vivo!”.
Página/12

On dit que le tango nous attend tous [un jour ou l'autre] mais Haksten, il l'a coopté très tôt : Le premier tango qu'on m'a appris quand j'étais adolescent, c'est La última curda (3), dans un arrangement pour guitare seule. C'est ce qui m'a le plus touché de tout ce que j'avais appris. C'est que dans le tango tu as l'embarras du choix. Si tu commences par t'intéresser aux chanteurs et que tu t'ennuies, tu peux aller fourrer ton nez dans les orchestre. Tu t'ennuies encore ? Tu peux plonger au milieu des trios... s'enthousiasme-t-il. Il ne lui manque plus que de s'exclamer, comme le personnage d'Alterio : "Putain, ça vaut la peine d'être en vie !" (4)
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Il ne vous reste plus qu'à aller lire l'article au complet sur le site de Página/12 et à écouter la musique originale de ce groupe sur sa page Myspace.

(1) Je vous ai signalé récemment son superbe blog sur l'actualité de la musique populaire argentine, Melografías, dont vous trouverez le lien dans la rubrique Cambalache (casi ordenado) en bas de la la Colonne de droite. Lire mon article de présentation de Melografías.
(2) Le Café de Hansen, fondé dans les années 1850, a disparu en 1910, il y a un siècle cette année. Le propriétaire de l'époque, qui n'était plus Hansen depuis belle lurette, s'est fait exproprier pour libérer de l'espace dans le Parque del 3 de Febrero. Il y a un peu plus d'un an, les archéologues ont retrouvé et identifié le sol du rez-de-chaussée (lire
mon article du 27 décembre 2008 à ce propos). Lo de Hansen est souvent cité dans les tangos des années 20, 30 et 40. Borges l'a connu, Gardel aussi et Eduardo Arolas qui a dû y jouer, et Juan Carlos Cobián aussi, à ce que l'on dit.
(3) un tango devenu un classique, de Cátulo Castillo et Aníbal Troilo, et intégré à ce titre dans le corpus présenté dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, à paraître aux Ed. du Jasmin (France), à la toute fin avril.
(4) Une réplique culte du cinéma argentin, prononcée par le très populaire et très célèbre acteur argentin Héctor Alterio, né le 21 septembre 1929, à Buenos Aires, et qui tenait le premier rôle dans un film intitulé Caballos salvajes (les chevaux sauvages), realisé par Marcelo Piñeyro et sorti en salle en août 1995.

Quand Litto Nebbia célèbre le rock nacional [Disques & Livres]

Une du supplément culturel d'hier.
Cliquez sur l'image pour la télécharger et faites attention au torticoli !

L'auteur compositeur interprète Litto Nebbia (au centre, sous l'espèce du M des graffitis), que les lecteurs de Barrio de Tango connaissent bien désormais (je lui ai consacré de nombreux articles dans ce blog) vient de réaliser l'un de ses rêves les plus fous, lui qui n'est pas avare en la matière : réunir 300 musiciens pour enregistrer 200 morceaux de rock argentin des 10 dernières années. Et ce ne sont pas moins de 9 CD que Melopea vient de sortir, avec un DVD, un livre abondamment illustré et une carte présentant l'arbre généalogique du rock argentin, pack collector impressionnant dont Litto Nebbia, artiste et producteur, dit qu'il s'agit seulement "de la pointe de l'iceberg d'un répertoire de grande valeur".

Parmi les artistes qui ont participé à cette opération : quelques uns des meilleurs représentants du genre, Ricardo Soulé, Emilio Del Guercio, Fito Páez, Rodolfo García, Litto Nebbia lui-même, León Gieco, Silvina Garré et Miguel Cantilo, photographiés dans cet ordre, de bas en haut (ou de gauche à droite) par Pablo Piovano sur cette une renversante du supplément culturel de Página/12 dans son édition d'hier, dimanche 18 avril 2010. Et Cristian Vitale les a rassemblés et les a laissé discuter entre eux. Il en a tiré un entretien à 8 voix publié hier et dont je vous donne en espagnol et en français quelques extraits :

León Gieco: –¿Cómo se te ocurrió hacer semejante cosa?
Litto Nebbia: –Hace años tenía la idea de hacer un songbook mezclando gente de diversas generaciones, famosa y desconocida.
L. G.: –¿Los temas los elegiste vos?
L. N.: –El 40 por ciento del comienzo sí, pero después empecé a oír otras voces, a invitar gente que conocía. Entonces se me acercaba uno y me decía “che, no puede ser que no esté tal tema”.
Emilio del Guercio: –Ese era un lobbista (risas).
Página/12

León Gieco : Comment t'est venue l'idée de faire un truc pareil ?
Litto Nebbia : Il y a des années, j'avais l'idée de faire un recueil de chansons en mélangeant des gens de différentes générations, des gens célèbres et des gens inconnus.
L.G. : Les morceaux, c'est toi qui les as choisis ?
L.N. : 40% du début, oui, mais après j'ai commencé à entendre d'autres voix, à inviter des gens que je connaissais. Alors il y avait Untel qui venait me trouver et me disait : "dis donc, c'est pas possible que tel morceau n'y soit pas !"
Emilio del Guercio : C'était un lobbyiste, celui-là (rires).
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Luego de una sesión de fotos callejera que aglomeró a medio Villa Urquiza en un mediodía de sol, los siete rodean a Nebbia. Abrazan al “padre del rock argentino”, según Gieco. Lo exaltan. Lo miman. El toma cerveza y se ríe. Está ansioso y feliz: es anfitrión, centro y parte. “Lo interesante de esto es que es como un espejo en el que nos miramos nuevamente y con otras versiones, con versiones de otros. Acá está su solidez”, se planta Del Guercio, sobre el espíritu de esta colección que el ex Los Gatos trabajó durante tres años para ofrecer al mundo en un paquete esencial.
Página/12

Sous le préteste d'une séance photo dans la rue qui a attiré là la moitié de Villa Urquiza (1) un jour de soleil à midi, les sept entoure Nebbia. Ils étreignent le "père du rock argentin" (2), comme dit Gieco. Ils le portent aux nues. Ils le chouchoutent. Et lui, il boit une bière et rigole. Il est inquiet et heureux, il est l'Amphitryon, le centre et un participant. L'intéressant là-dedans, c'est que c'est comme un miroir dans lequel nous nous regardons à neuf et dans d'autres moutures, des moutures faites par d'autres. C'est ça, sa solidité, déclare Del Guercio, en parlant de l'esprit de cette collection que l'ex-Los Gatos (2) a travaillée pendant trois ans pour offrir le monde dans un ensemble fondamental.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

“Hay gente de las nuevas generaciones o de las generaciones intermedias que no conoce cierto material, incluso muchos de los que empezaron con nosotros. Tenemos una radio de rock que sigue pasando ‘Jugo de tomate frío’, ‘Muchacha’ y ‘La balsa’. ¿Y estos temas, loco? ¿Qué pasa? A lo mejor, esta caja sirve para que un tipo escuche ‘Cruzando la calle’, y de hecho la cruce para comprarse un disco de Aquelarre. O para que otros no sigan pensando que Los Mockers eran un chocolate”, se embala Litto [...], tratando de encontrarle otro núcleo al compendio que condensa canciones del período 1963-1973, desde las más diversas miradas y enfoques, estéticos y generacionales. Y que será mostrado en vivo –por todos los que están sentados ante Página/12– el 21 de mayo en plena 9 de Julio, como parte de los actos del Bicentenario. Todos quieren hablar de la multijugada de Litto apoyada por la Secretaría de Cultura de la Nación.
Página/12

Il y a des gens des jeunes générations ou des générations intermédiaires qui ne connaissent pas certaines musiques, y compris beaucoup de ceux qui ont commencé avec nous. Nous avons une radio de rock qui continue à passer Jus de tomate glacé, Fillette et Le radeau... Et ces morceaux-ci, pardi ? Tu en fais quoi ? Au moins, ce pack servira à ce qu'un type entende En traversant la rue et effectivement qu'il la traverse pour s'acheter un disque de Aquelarre. Ou à ce que d'autres arrêtent de penser que Los Mockers, c'est un chocolat chaud, dit Litto lancé à fond de train à la rechercher d'un autre noyau dur pour contrebalancer le condensé de chansons de l'époque 1963-1973, depuis les points de vue et les angles d'attaques les plus divers, esthétiques et générationnels. Et tout cela sera présenté au public, par tous ceux qui sont là, assis face à Página/12, le 21 mai dans l'avenue 9 de Julio, dans le cadre des manifestations du Bicentenaire. Tous veulent parler de la brillante partie jouée par Litto en simultané avec le soutien du Secrétariat d'Etat à la Culture.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Páez arranca: –La sensación primera y hermosa es que Litto, en su carácter de productor antropólogo de la Argentina, tiene la idea de juntar todo este repertorio y encima hacer nuevas versiones, porque esto también hay que contarlo como un gesto artístico de gran riesgo. Es de un valor importantísimo para la cultura argentina.
L. G.: –Porque no es sólo buscar los temas ya grabados y ponerlos en un disco. Hay que tener ganas y ánimo para hacer esto... Hay que sentirlo, y más viniendo de él, que nunca hace nada si no lo siente.
Silvina Garré: –Creo que este proyecto se puede hacer porque el que convoca es Litto.
Página/12

[Fito] Paez démarre : La première chose qui me touche, et ce qui est beau là-dedans, c'est que Litto, avec son côté producteur anthropologue de l'Argentine (3), ait eu cette idée de rassembler tout ce répertoire et de faire en prime de nouvelles moutures, parce que ça aussi il faut le lui compter comme geste artistique et grande prise de risque. C'est extrêmement précieux pour la culture argentine.
L.G. : Parce que ce n'est pas seulement de chercher des morceaux déjà enregistrés et de les mettre sur un disque. Il faut avoir envie et il faut avoir du courage pour faire ça... Il faut le sentir, et surtout si ça vient de lui, qui ne fait jamais rien s'il ne le sent pas.
Silvina Garré : Je crois que ce projet peut se faire parce que celui qui l'a lancé, c'est Litto.
(4)
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Ce n'est pas l'envie que me manque de continuer à tout vous traduire.
Si vous lisez ce blog depuis un moment, vous connaissez la cordialité qui me lie à Litto Nebbia et l'admiration que je porte à son travail. Mais hier, dans ce supplément Culture et Spectacles de Página/12, il y avait un autre article, de Carlos Bevilacqua, qui parlait de Alan Haksten et de son ensemble. Alors, aujourd'hui, je me partage entre tous. Je quitte Litto Nebbia et sa collection sur le rock pour rédiger cet autre billet sur Haksten. Et j'ai aussi quelques infos à vous donner sur Luis Filipelli et Marisa Vazquez qui se produisent tous les deux mercredi soir, l'un à Clásica y Moderna, l'autre au CCC, et sur Taquetepa, qui donne un concert à Clermont-Ferrand samedi prochain pour une milonga de Tango Volcanique. Je garde Patricia Barone pour demain, ainsi que quelques articles qui restent en suspens depuis jeudi midi et la suite de l'hommage de Luis Alposta au poète et dramaturge César Tiempo sur Noticia Buena (lire mon précédent article sur la première partie de l'hommage)...

Je vous laisse donc comme des grands cliquer sur le lien vers l'article de Página/12 et si vous avez besoin encore d'un peu d'aide pour comprendre cette interview dans le texte, vous disposez d'un outil de traduction en ligne très performant, Reverso, dont vous trouverez le lien dans la rubrique Cambalache (casi ordenado) de la partie basse (sur fond blanc) de la Colonne de droite (5).

Et pour le reste, vous savez vous débrouiller : vous disposez en haut, dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, de mot-clés qui vous permettront de faire remonter des articles en fonction de certains thèmes appartenant à cet article et dans la partie haute de la Colonne de droite de raccourcis, classés du plus large au plus précis, qui vous feront remonter d'autres articles en fonction de toutes les thématiques abordées dans Barrio de Tango, depuis le début, le 19 juillet 2008.

(1) Le studio de Melopea se trouve dans le quartier de Villa Urquiza.
(2) Litto Nebbia est le créateur du premier rock à texte d'expression hispanique, La Balsa (le radeau), sorti en 1967. Il faisait alors partie d'un groupe de jeunes musiciens baptisés Los Gatos (les chats ou les rien du tout, selon que vous prenez l'un ou l'autre sens qu'a en Argentine le terme gato). Ce groupe s'est dissous en 1969 et s'est reformé temporairement en 2007 pour une tournée qui a eu un grand succès et dont vous trouverez de nombreux témoignages vidéo sur les sites de partage en ligne comme You Tube ou Dailymotion. Melopea en a tiré aussi un disque qui vaut le coup. Vous pouvez lire, en français,
l'histoire de la carrière de Litto Nebbia sur le site de Melopea puisqu'il m'en a confié il y a un an la traduction.
(3) Le catalogue de Melopea est reconnu en Argentine comme l'un des labels indépendant argentins les plus exhaustifs en matière de musique populaire de qualité. Et Litto est connu lui-même pour ne travailler qu'avec ce qu'il aime et ceux qu'ils aiment. Il ne fait jamais rien pour l'argent, ni pour la gloire. Ce qu'il aime, c'est être libre de faire ce qu'il veut et ce en quoi il croit. C'est la raison pour laquelle j'avais sollicité Litto en avril 2008 pour le disque qui accompagne ma première anthologie bilingue de tango argentin, Barrio de Tango, ed. du Jasmin : il a réalisé une compilation de 22 pistes qui semble plaire beaucoup aux happy fews qui ont déjà pu l'écouter en avant-première. Melopea n'est pas très bien distribué en Europe francophone malheureusement mais une quantité astronomiques de leurs albums sont disponibles sur la boutique en ligne de Zivals, Tangostore, dont vous trouverez le lien dans la Colonne de droite, dans la rubrique Les Commerçants del Barrio de Tango, pas très loin du lien vers le site de Melopea lui-même...
(4) Si vous avez l'occasion de parler avec de nombreux artistes à Buenos Aires, c'est quelque chose de très étonnant à constater : l'admiration éperdue et cette tendresse très fraternelle qu'une grande majorité d'entre eux éprouvent à son endroit. On retrouve ici toute la couleur de ces sentiments qu'il fait naître autour de lui. Et rassurez-vous, Litto a aussi quelques ennemis qui ne lui épargnent pas leur venin. Il m'a été donné d'entendre aussi quelques discours nauséeux.
(5) Attention tout de même : de la traduction automatique reste de la traduction automatique (ce n'est que du dépannage). En plus, là, l'espagnol de référence est celui qui se parle outre-Pyrénées et l'argentin présente des différences non négligeables avec la langue de l'Espagne.

dimanche 18 avril 2010

La Suisse CEPEC s'appuie sur la Academia Nacional del Tango pour former ses étudiants au tango [à l'affiche]

Affiche diffusée par la Academia Nacional del Tango

La Suisse dont il s'agit ici n'est pas la Confédération Helvétique dont je salue les habitants, essentiellement romands mais parfois aussi alémaniques, qui viennent visiter régulièrement Barrio de Tango. La Suisse est un institut privé de formation supérieure spécialisé dans les métiers du tourisme, de la restauration et de l'hôtellerie, très réputé à Buenos Aires. La Suisse propose en particulier une formation supérieure pour les guides touristiques professionnels, qui portent le titre officiel de Guía de Turismo e Intérprete del Patrimonio Cultural y Natural. Cette école supérieure a conclu un partenariat avec la Academia Nacional del Tango pour proposer une formation (catedra) professionnalisante sur la culture du tango.

Le lancement de ce cursus de formation professionnelle supérieure aura lieu à la Esquina Carlos Gardel, demain, lundi 19 avril 2010, à 12h30.

Le programme pédagogique affiché par La Suisse est très ambitieux et couvre un champ particulièrement complet et exigeant de la matière : il est présenté en détail sur le site de La Suisse Cepec, que je vous invite à consulter. Il s'agit donc de donner aux étudiants, qui seront les acteurs qualifiés du secteur touristique de Buenos Aires et de la Province, une connaissance solide du tango (qui, pour l'heure, fait encore défaut dans le secteur).

Le cursus propose 5 niveaux différents de formation :

- un choix de cours pour le grand public pour auditeurs libres,

- sept séminaires de culture tanguera, dont le premier, Historia social del Tango est confié à Alejandro Molinari, de la Academia Nacional del Tango,

- un cursus qualifiant (capacitación) destiné aux futurs ou actuels guides touristiques professionnels, qui devront, pour recevoir l'attestation de formation conjointe de La Suisse et de l'ANT, suivre 3 séminaires parmi les 4 proposés ainsi que l'un des 4 cours (cursos) retenus pour ce niveau,

- une maîtrise (magisterio) de tango (formation diplômante), pour laquelle les étudiants devront avoir suivi 4 des sept séminaires proposés, dont obligatoirement celui sur l'histoire sociale du tango ou celui sur l'histoire générale du tango, et 4 des 12 cours proposés

- et enfin une école de tango danse, animée par les professeurs de tango qui exercent à la Academia Nacional del Tango, et où il sera proposé aux étudiants de s'initier à la danse pour que les guides touristiques sachent au moins se débrouiller sur la piste (1) et puissent faire bonne figure avec les touristes qu'ils accompagneront, ce qui va dans le même sens que ce qu'annonçait Hernán Lombardi, le Ministre de la Culture et du Tourisme de Buenos Aires, lorsqu'il inaugurait, chez Mora Godoy, l'année dernière, le futur Ballet-Escuela de Tango de Buenos Aires (2) : il est nécessaire d'élever le niveau technique et esthétique du tango-danse dans la ville de Buenos Aires, notamment après l'inscription du tango au Patrimoine de l'Humanité (3).

Bien entendu, cette initiative, venant tant d'une école privée comme La Suisse que d'une institution officielle comme la Academia Nacional del Tango, ne manquera pas de faire hurler une certaine gauche tanguera et portègne, celle-là même qui conteste précisément l'inscription du tango au patrimoine de l'humanité de l'UNESCO, parce que celle-ci ne répondrait qu'à une seule finalité, l'exploitation touristique du tango (4).

Le lieu de cette présentation est symbolique : la Esquina Carlos Gardel se situe à deux pas du bâtiment de l'Abasto, lieu touristique s'il en est à Buenos Aires, l'ancienne halle centrale aux fruits et légumes qui a donné son nom (Abasto = les halles) à un coin de la capitale qui chevauche les quartiers de Balvanera, Almagro (au sud) et Recoleta et Palermo (au nord). C'est dans ce quartier que Carlos Gardel a vécu toute son enfance et une bonne partie de sa vie d'adulte. Et c'est dans cette bâtisse qu'occupe aujourd'hui la Esquina Carlos Gardel que le grand artiste a fait ses débuts comme chanteur. C'était alors une gargotte, le bar Cuatro Chanta, fréquentée par les forts des halles qui travaillaient à côté. Il y imitait les chanteurs lyriques du Teatro Colón, qu'il observait souvent le soir, car au milieu de mille métiers peu qualifiés, il aidait les machinistes et assurait la claque dans la salle quand le besoin s'en faisait sentir. En paiement de son numéro d'imitation, le patron du Chanta Cuatro, que Gardel aimait comme un père de substitution, lui offrait un repas gratuit. A l'époque, Gardel était un jeune homme obèse qui pesait 120 kg... (5)

A Buenos Aires, la Esquina Carlos Gardel est aujourd'hui un cena-show (6), un de ces lieux emblématiques et luxueux de l'exploitation commerciale du tourisme et du tango pour touristes (le tango for export) et cela se voit du premier coup d'oeil sur la page d'accueil de son site (en anglais). Le danseur Juan Carlos Copes s'y produit très régulièrement, malgré ses 80 printemps, et la danseuse Dolores de Amo en est la chorégraphe attitrée. Contrairement à la maison soeur, la Esquina Homero Manzi, qui se trouve dans le quartier de Boedo, la Esquina Carlos Gardel n'est plus un café fréquenté le jour par les Portègnes. L'établissement de l'Abasto ne propose que des spectacles avec repas et n'accueille que des touristes et des manifestations de prestige.

Ce sera le cas lundi midi.

La Suisse, qui est à Buenos Aires ce que les grandes écoles de commerce sont en Europe, va sortir ses plus beaux atours pour se lancer dans un projet de tourisme durable à haute valeur culturelle ajoutée...

Acceptons-en l'augure !

Pour en savoir plus :
Visitez le site de La Suisse CEPEC
Visitez le site de la Esquina Carlos Gardel
Le site de la Academia Nacional del Tango se trouve dans la Colonne de droite (partie basse, sur fond blanc), dans la rubrique Les Institutions.
Pour accéder aux autres articles publiés dans Barrio de Tango sur les activités de la Academia, cliquez sur son nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.

(1) Aussi curieux que cela puisse nous paraître à nous autres Européens, pour qui le tango est essentiellement une danse, ce en quoi nous nous trompons du tout au tout, beaucoup d'Argentins et même de Portègnes sont incapables de faire un seul pas sur une piste de tango. Et le niveau que montrent les premières épreuves du Mundial de Tango dans la catégorie Tango Salón l'indique assez bien : ce n'est pas brillant. Or parmi les candidats, il y a une majorité d'Argentins. En fait, si le style dansé de l'Argentin lambda est différent de celui (ou de ceux) de l'Européen, le niveau technique de l'un est assez proche du niveau technique de l'autre. C'est au-delà de cette moyenne que la différence éclate à l'oeil nu.
(2) A ce propos, lire
mon article du 30 octobre 2009 sur le lancement du Ballet-Escuela de Tango de Buenos Aires.
(3) Et il faut avouer que ce que l'on voit, surtout dans les lieux de Buenos Aires qui sont connus et fréquentés par les touristes, est assez souvent déplorable, comme aux premières phases du Mundial de Tango, mais en pire. C'est laid, c'est techniquement faiblard, c'est souvent du niveau des débutants ici en Europe. En fait, en ce qui concerne le tango danse, n'importe qui se donne en spectacle dans la rue (en spectacle au chapeau), voire dans les cafés, en spectacle payant et c'est pire, en se faisant passer pour danseur de tango. Et la plupart des touristes n'y voient que du feu...
Sur l'inscription du tango au Patrimoine de l'Humanité, lire
mon article du 30 septembre 2009.
(4) J'ai peur qu'en cela cette gauche, qui se veut populaire, progressiste et anti-capitaliste, ne fasse finalement que figer la situation présente et empêcher le développement de la culture, qui ne peut exister, me semble-t-il, sans un développement économique qui ne peut, à son tour, se passer de rentabilité, de productivité et de profit.
Sur ce thème ultra-polémique du bien fondé ou non de l'inscription du tango au Patrimoine de l'Humanité et de l'exploitation commerciale du genre qui en serait la finalité cachée, vous pouvez vous reporter à mes autres articles, notamment celui que j'ai consacré à une table-ronde du récent 1er Festival du Tango Indépendant.
L'ensemble des articles sur ce sujet est rassemblé sous le mot-clé TPH (pour Tango Patrimoine Humanité) dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, situé sous le titre de chaque article.
A lire tout particulièrement l'article du 6 mars 2010 sur l'interview accordée par Juan José Mosalini à Página/12 et celui du 20 février 2010 sur l'interview croisée de Guillermo Fernández, Adriana Varela et Mora Godoy en février, dans le même quotidien.
(5) Carlos Gardel n'est venu qu'assez tard au tango, en 1916 seulement, à l'âge de 26 ans, lorsque Pascual Contursi est venu le trouver pour lui proposer la letra qu'il avait écrite sur la mélodie de Lita, un tango instrumental du pianiste Samuel Castriota, qu'il n'avait pas consulté avant de coller sur cette partition son histoire, fort émouvante et éminemment triste, d'un jeune ouvrier que sa bien-aimée a quitté pour un plus riche. En 1916, Carlos Gardel était un interprète et un auteur-compositeur à succès de folklore pampero et non pas de tango (le tango de qualité n'existait pas encore vraiment). Il se produisait tous les soirs devant le public huppé du restaurant El Armenonville dans le quartier de Palermo (1910-1920). Que Gardel adoptât Mi noche triste, la version chantée de Lita, et c'était sans doute pour Pascual Contursi l'assurance que Castriota se calme et abandonne ses menaces de poursuite judiciaire. Et Gardel accepta. Il enregistra même ce tango en 1917. Quelques mois plus tard, il avait abandonné le folklore pour se consacrer au tango. On peut dire de lui qu'il a inventé ce qui allait devenir le tango-canción, grâce à son choix pertinent des meilleurs poètes populaires de son temps, comme Celedonio Flores, dont il adopta très vite le premier poème publié, Por la pinta, qu'il rebaptisa Margot, Enrique Cadícamo, Homero Manzi, Enrique Santos Discépolo et plus tard, Alfredo Le Pera (pour lire mes articles liés à ces poètes, cliquez sur les raccourcis à leurs noms situés dans la rubrique Vecinos del Barrio, section Toujours là, dans la partie haute de la Colonne de droite, sur fond gris).
(6) Il y a donc deux manières de donner un sens cette nouvelle initiative selon qu'on voit le verre à moitié plein ou à moitié vide. La vision pessimiste sera celle de la gauche militante qui voit la main du capitalisme et de l'exploitation commerciale partout et pensera que cette initiative sert les intérêts de Mauricio Macri, l'actuel chef (libéral) du Gouvernement de la Ville Autonome de Buenos Aires, et de ses pairs, chefs d'entreprise comme lui. La vision optimiste soulignera qu'il s'agit d'élever le niveau culturel des professionnels au service des touristes et donc d'affiner et d'améliorer à terme la perception que ceux-ci pourront avoir sur place de la réalité du tango.
A titre personnel, le contenu très approfondi et solide du programme détaillé sur le site de La Suisse (qui reprend rubrique par rubrique le programme de culture générale dispensé à la Academia Nacional del Tango, au grand public et aux artistes professionnels) me fait pencher du côté de l'optimisme, même si je suis sans illusion sur le peu d'authenticité que conserveront longtemps encore les spectacles vendus (à prix prohibitifs) dans les cena-shows de Buenos Aires.
De l'exploitation touristique de mauvaise qualité culturelle, il y en aura toujours et partout. Il y en a en Grèce à côté des plus beaux sites antiques. Il y en a en Italie dans les hauts-lieux de l'histoire romaine et italienne. Il y en a à Paris juste à côté du Louvre et de Notre-Dame. Il y en avait dans la Cour des Gentils du Temple de Jérusalem, au 1er siècle ! Il n'y a donc aucune raison que Buenos Aires et le tango échappent au sort commun. Ceci étant concédé à la vulgarité qui plaît à une partie du genre humain, l'histoire montre que partout et en tout temps, l'école, l'Université et la formation professionnelle ont toujours permis à un pays, une région ou une ville d'élever le niveau culturel et intellectuel général de sa population et d'améliorer ainsi, parfois à un rythme rapide, la qualité des activités économiques, celle du secteur touristique incluses, et que tout le monde y gagne, les professionnels et les clients, y compris quand ils sont étrangers de passage. A Paris même, le secteur touristique a même fini par se mettre à l'anglais, en commençant par les couches économiques supérieures (palaces et magasins de luxe) et en descendant peu à peu vers des couches de plus en plus populaires, jusqu'à arriver récemment dans plusieurs stations de métro, où il y a encore quelques années, il n'était pas même pas imaginable qu'un guichetier ou un contrôleur parle un seul mot d'anglais !

samedi 17 avril 2010

Présentation de Barrio de Tango le 3 mai à Paris [ici]

Comme je l'avais déjà annoncé dans d'autres articles de ce blog, j'aurai l'honneur et la joie de présenter mon anthologie bilingue de tango argentin Barrio de Tango (1), le lundi 3 mai à 19h30, dans un lieu très beau et très prestigieux pour tous les amoureux de la culture argentine à Paris : la Maison de l'Argentine, à la Cité Internationale Universitaire de Paris (27 A, boulevard Jourdan, 14ème arrondissement, M° Cité Universitaire), que je tiens à remercier de son accueil.
Ce lundi 3 mai, ce sera aussi le 59ème anniversaire de la mort du grand poète Homero Manzi, celui qui a écrit ce tango immortel qu'est Barrio de Tango, et dont la musique est d'un de ses amis, Aníbal Troilo.

La soirée se déroulera en trois temps :

- une conférence-débat avec le public (environ 45 mn) autour du livre, du tango, de sa culture, de ses poètes, de Buenos Aires et du disque Melopea qui accompagne le livre,

- un concert (environ 45 mn aussi) avec mes invités, le trio Taquetepa et le duo composé de la chanteuse Mariel Martínez et Alejandro Picciano, que les lecteurs de ce blog connaissent bien désormais.

- et nous pourrons ensuite bavarder autour d'un verre de l'amitié, convivial et sans prétention, dont je prépare en ce moment la composante gastronomique, un petit soupçonbabélienne.

A ma demande, les artistes profiteront de la soirée pour présenter le contenu de leurs disques respectifs :

Au Taquet du trio Taquetepa, dont vous connaissez déjà bien le guitariste, charanguiste, arrangeur et compositeur argentin Daniel Pérez, et la flûtiste française Marie Crouzeix. Ils seront accompagnés de Fabrice Gouterot, un contrebassiste français avec lequel ils ont enregistré Au Taquet.

Perfume de Tango (ed. Melopea Discos) de Mariel Martínez et Alejandro Picciano, dont une plage du précédent album (De mi barrio) figure sur le disque Melopea de 22 pistes offert avec Barrio de Tango (le livre).

Capture d'écran du site de la CIUP (image inerte).
Pour lire le plan, cliquez sur l'image (elle apparaîtra en meilleure résolution).
Pour plus d'information, allez sur le site de la CIUP et consulter le plan interactif.

A la Maison de l'Argentine, l'entrée est libre et gratuite.
Barrio de Tango (et son CD cadeau) et les albums des artistes invités (2) seront en vente lors de la soirée.
Le public peut se présenter à partir de 19h30 à la Maison de l'Argentine.
Le temps pour les spectateurs de s'installer dans la salle et la soirée commencera.
On réduira donc le traditionnel et cafouilleux "quart d'heure parisien" jusqu'à mettre en pratique une autre tradition française dont un dicton clame que "la ponctualité est la politesse des rois". Or comme les Français et singulièrement les Parisiens se prennent, comme les Argentins d'ailleurs (fort peu ponctuels eux aussi), pour les rois du monde....
Avec les remerciements de nos hôtes de la Cité Universitaire pour un démarrage pas trop tardif de la soirée.

Si donc, pour ne pas être en retard, vous arrivez tôt, je vous conseille une petite promenade dans le parc : au printemps, c'est un enchantement.

J'ai aussi beaucoup de plaisir à signaler les autres concerts parisiens de mes invités, dont j'aurai l'occasion de parler en propre plus tard :

Mariel Martínez et Alejandro Picciano seront au restaurant L'Angora, 3 boulevard Richard Lenoir, dans le 11ème arrondissement, à 17h, le dimanche 2 mai (M° Bastille)

Et le trio Taquetepa sera à la Péniche Demoiselle, amarrée au Bassin de La Villette, dans le 19ème arrondissement, dans l'après-midi du samedi 8 mai (M° Jean Jaurès ou Ricquet) et le soir de ce même samedi, au restaurant sud-américain El Camino, 16 rue Guillaume Bertrand, dans le 11ème arrondissement, M° Rue Saint Maur, Ménilmontant ou Père Lachaise.

Autres dates de présentation de Barrio de Tango, d'ores et déjà prévues ou prévisibles :
le samedi 1er mai, au Salon du Livre d'expression populaire et de critique sociale d'Arras (62), de 10h à 21h (les heures exactes où je serai présente dépendent un petit peu des horaires de train du matin et du soir -un jour férié- mais je fais tout mon possible pour me rendre disponible le plus largement possible tout au long de la journée) : il s'agira d'une rencontre informelle avec le public, avec vous, les lecteurs de ce blog, avec les souscripteurs du Nord-Pas de Calais (ils ont été très nombreux), au stand des Editions du Jasmin,
le mercredi 9 juin au soir à Clermont-Ferrand, en partenariat avec Taquetepa et l'association Tango Volcanique
les 11, 12 et 13 juin à Paris, dans le 4ème arrondissement (je dois donner une conférence en ouverture d'une grande milonga festive mais on en reparlera)
Un des tout premiers jours de juillet à Toulouse, en préambule du festival Tangopostale
enfin, le 19 septembre, à Rambouillet (en région parisienne)
Quelque chose est possible en Suisse Romande en mai ou juin prochain (dès que j'en sais plus, je vous en parle).

Pour en savoir plus sur le livre : cliquez sur le mot-clé Ant Jasmin ci-dessus, dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, pour accéder à l'ensemble des articles liés à cette anthologie de 231 tangos de 96 auteurs (et plus de 100 compositeurs)
Pour en savoir plus sur les artistes : cliquez sur leur nom dans le bloc Pour chercher, ou sur le raccourci à leur nom dans la rubrique Vecinos del Barrio dans la Colonne de droite.
Pour les sites externes :
voici celui de la Cité Internationale Universitaire de Paris (très intéressant pour les informations pratiques, notamment les questions d'accessibilité et le plan interactif)
Le site des Editions du Jasmin se trouve dans la rubrique Cambalache (casi ordenado) en partie inférieure de la Colonne de droite.
Dans cette même rubrique, vous trouverez le site de la Péniche Demoiselle qui accueillera le concert de Taquetepa le 8 mai.
Un peu plus haut, dans la rubrique Grillons, zorzales et autres cigales, vous trouverez les sites ou les pages Myspace des artistes invités.

(1) à paraître dans les jours qui viennent aux Editions du Jasmin (France).
(2) Pour le mode de règlement : pour les disques des artistes, il est préférable de régler en espèces directement aux musiciens (en euros). Le livre sera à régler aux Editions du Jasmin, qui seront représentées par Saad Bouri, le patron, de préférence par chèque (à cause du prix de 24,90 €). Le paiement par carte ne sera techniquement pas possible.
Les souscripteurs qui compteraient venir à la soirée de présentation sont invités à s'annoncer d'avance par mail auprès de l'éditeur ou auprès de moi. Cela facilitera les opérations puisqu'ils ont déjà réglé le livre mais ne l'auront pas encore reçu.

La Orquesta del Tango de Buenos Aires au Solis [à l'affiche]

Photo extraite du site du Solis (de dos, le Maestro Raúl Garello)


La Orquesta del Tango de la Ciudad de Buenos Aires vient de traverser une nouvelle fois le Río de la Plata et va se produire ce soir à l'opéra de Montevideo, la capitale de l'Uruguay.

Le concert débute ce soir au Teatro Solis à 21h.
Les places sont au prix de 200 pesos uruguayens (un prix très, très, très raisonnable).

L'orchestre sera dirigé par les trois chefs : Raúl Garello, Néstor Marconi et Juan Carlos Cuacci. Les présentations seront assurées comme toujours par Oscar del Priore, dont je vous ai parlé récemment puisqu'il a été élu grande personnalité de la culture par la Legislatura de Buenos Aires (lire mon article du 23 mars 2010 à ce propos).

Pour aller plus loin :
Jeter un coup d'oeil sur la page du site du Solis
Cliquez sur le nom de l'orchestre dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus pour accéder à l'ensemble des articles déjà publiés dans ce blog à son sujet.

Pour rappel : Guitarra Negra joue ce soir à Clásica y Moderna [à l'affiche]

Je vous l'avais déjà annoncé en annexe de l'article que j'ai publié le 20 mars dernier sur leur concert au Teatro Alvear, où ce nouveau groupe, qui se consacre au répertoire du chanteur uruguayen Alfredo Zitarrosa, a lancé son premier disque, Milonga de la A a la Z.

D'ordinaire en ce mois d'avril, le samedi soir, c'est la maman du chanteur de Guitarra Negra et ses deux partenaires qui occupent la scène de Clásica y Moderna avec leur spectacle Tres mujeres para el show (lire mon article du 31 mars au sujet de cette 4ème reprise depuis novembre dernier).

La maman s'appelle Susana Rinaldi. Le fils s'appelle Alfredo Piro et il chante accompagné par un groupe de guitaristes, dirigé par Moscato Luna et composé de Carlos Filipo, Aníbal Corniglio et Nacho Iruzubieta, ainsi que Jeronimo Aceituno Peña à la percussion.

Ils seront donc ce soir à Clásica y Moderna à 21h30 (Callao 892).
Entrée : 35 $ (c'est tout à fait raisonnable).

Plus aller plus loin :
lire mon article précédent sur la toute première présentation du disque.

mercredi 14 avril 2010

Le programme à venir de Mariel Martínez et Alejandro Picciano [ici]

La chanteuse Mariel Martínez et le guitariste et arrangeur Alejandro Picciano viennent de rentrer de leur tournée d'été en Argentine où ils ont présenté leur nouveau disque, le second, Perfume de Tango (1), enregistré en mai dernier dans le Studio du Nouveau Monde, celui de Melopea (2), et sorti à Buenos Aires il y a quelques mois (lire mon article du 11 février dernier sur la présentation à l'intérieur et celui du 1er mars sur la présentation à Buenos Aires).


Ils étaient déjà venus présenter à Paris leur premier disque, De mi Barrio, en octobre puis en novembre 2008, étaient partis en Allemagne puis en Angleterre.

Cette année, c'est une autre tournée de présentation qui commence : en Espagne (ils seront samedi prochain à Barcelone et le 29 à Madrid, comme l'annonce leur affiche ci-dessus), à Paris, à la Maison de l'Argentine, où ils assureront la partie artistique de la soirée de présentation de mon anthologie Barrio de Tango, avec le trio Taquetepa, le 3 mai (3), puis un retour exprès à Madrid, puisqu'ils y joueront le 5 mai et jusqu'au Portugal en juin. Et ce ne sont que les dates fixées pour le moment.

Si vous souhaitez les faire venir dans votre région ou votre ville, n'hésitez pas à me contacter. Je ferai le lien avec beaucoup de plaisir.

Le lien vers leur site se trouve dans la rubrique Grillons, zorzales et autres cigales dans la partie basse de la Colonne de droite. Vous pouvez les écouter sur le site.

Vous pouvez accéder aux autres articles que je leur ai déjà consacrés en cliquant sur leur nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci dessus, ou sur leurs raccourcis respectifs dans la rubrique Vecinos del Barrio, dans la partie supérieure de la Colonne de droite. Alejandro est dans la section Musiciens et compositeurs et Mariel dans celle des chanteurs (ça, vous l'aviez deviné).

(1) Lire mon premier article sur ce tout nouveau disque à l'occasion des voeux du début d'année 2010. Très jolie carte envoyée par les deux artistes.
(2) Lire
mon article du 13 juin 2009 sur ce séjour d'automne en Argentine.
(3) Je ne tarderai pas à vous donner prochainement les détails pratiques. Je peux déjà vous indiquer l'heure : 19h30, l'adresse : la Cité universitaire internationale de Paris, et le prix : entrée libre et gratuite (dans la limite des places disponibles).

Nouveau Plenario sur Paris [à l’affiche]

Ce lundi 19 avril, à 19h30, entrée libre et gratuite, le Plenario de la Academia Nacional del Tango sera consacré à Paris : le Paris mythique du tango.

Le tango rituel sera Soledad, de Carlos Gardel et Alfredo Le Pera (1), chanté par Gardel, bien entendu !

La conférence sera à la charge de Néstor Luis Cordero, correspond académique à Paris. Je vous avais rendu compte de sa précédente intervention, l’année dernière, lorsqu’il avait disserté au Salón de los Angelitos Horacio Ferrer sur le Paris de Gardel (lire mon article du 4 avril 2009).

Le maître de cérémonie de la soirée sera Eduardo Rubén Bernal. Exceptionnellement, aucune partie artistique n'est annoncée à ce Plenario. C'est peut-être pour cela que le titre de la soirée est une citation de Soledad : "Es un fantasma que crea mi ilusión". C'est un des plus beaux vers de ce tango magnifique et il est une partie artistique à lui tout seul...

Allez ! On se l’écoute grâce à Todo Tango, comme toujours, et dans l’interprétation de Carlos Gardel, qui la chante dans un film long métrage, tourné à New-York en 1934 : El tango de Broadway, où il joue le rôle d’un séducteur impénitent qui se laisse finalement capturer dans les filets de l’amour sincère pour une jeune fille honnête. Dans le film, Gardel chante ce tango dans un moment dramatique du scénario, où il ne sait pas si la jeune fille reviendra ou non vers lui. L’action ne se passe pas à Paris mais bien à New-York et si le vers a été choisi pour être mis en exergue de cette soirée, c’est bien parce qu’en effet, le Paris du tango, à l’inverse de la Buenos Aires du tango, est bien éloigné de la réalité que vécurent de nombreux Argentins en France dans les années 20 et 30. Le Paris du tango est un Paris idéalisé, une espèce de ville de rêve où tout est plus beau qu’ailleurs, un Paris qui est le fruit d’une rêverie exotique...

(1) Soledad est un des chefs-d’oeuvre qu’ils ont signés tous les deux dans ces trois années que dura leur collaboration, entre 1932 (grâce à une rencontre organisée par la Paramount aux studios cinématographique de Joinville, à côté de Paris, où Carlos Gardel tournait une espèce de film à sketches qui était surtout un prétexte à interventions chantées et exotiques) et 1935, lorsqu’ils trouvèrent la mort ensemble, sur l’aérodrome de Medellín. Du fait de ce caractère de classique que l’histoire a donné à ce morceau, il fait partie des 231 tangos que j’ai traduits en français dans mon anthologie bilingue, que je présenterai le lundi 3 mai 2010, à 19h30, à la Maison de l’Argentine à Paris. Lire à ce sujet mon article du 8 mars 2010 sur la table des matières de l’anthologie (Barrio de Tango, aux Editions du Jasmin, parution fin avril 2010).
Parmi les letras que j'ai traduites et qui ont trait au sujet de ce Plenario : Araca París, de Ramón Collazo et Carlos Lenzi (deux auteurs de la Troupe de los Atenienses, un groupe de carnaval de Montevideo dans les années 30), Anclao en París de Guillermo Barbieri et Enrique Cadícamo, La que murió en París de Enrique Maciel et Héctor Pedro Blomberg, Noches de Montmartre de Manuel Pizzaro et Carlos Lenzi. Mais le sujet essentiel de Barrio de Tango, c'est le lien indéfectible qui lie le tango et la ville de Buenos Aires.

Noelia Moncada à No Avestruz [à l'affiche]

Tout est sur l'affiche, diffusée par l'artiste, sauf le prix : 30 € la place.


La chanteuse Noelia Moncada présentera divers morceaux de son prochain disque dans cette salle du quartier de Palermo, vendredi prochain, 16 avril, à 23h30 (1).

Elle sera accompagnée de César Rago au violon, Matías Rubino au bandonéon, Daniel Falasca à la contrebasse et Franco Polimeni au piano (c'est aussi lui qui assure la direction musical du concert).

Retrouvez les autres articles déjà publiés dans Barrio de Tango sur cette chanteuse qui monte très fort à Buenos Aires en cliquant sur son nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus. Noelia Moncada dispose aussi d'un raccourci à son nom dans la rubrique Vecinos del Barrio (habitants du quartier), dans la Colonne de droite, partie haute (en dessous des rubriques Agenda de Barrio de Tango et Par chez nous), à la section des chanteurs.
Dans la partie basse de la Colonne de droite, vous disposez d'un vaste choix de liens vers des sites externes, comme ceux de différents artistes, ceux des grands organes de presse, ceux de radios et de podcasts consacrés au tango, ceux des grandes institutions que sont par exemple la Academia Nacional del Tango et le site encyclopédique où on trouve tout, comme à la Samaritaine, Todo Tango.

(1) mais le mail diffusé par No Avestruz annonce 21h30.
Si vous êtes à Buenos Aires, avant d'y aller, passer donc un coup de fil. Ce sera plus prudent.