dimanche 21 décembre 2008
C'est le jour ou jamais [actu]
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Denise Anne CLAVILIER
La dernière de ETvaB pour 2008 : retour sur image [à l'affiche]
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Denise Anne CLAVILIER
Vendredi dernier, 19 décembre, Cucuza, le chanteur au crâne rasé (cucuza, c'est le coco, la tête en lunfardo), et son ami, Moscato, le guitariste, clôturait l'année de leur cycle El Tango vuelve al Barrio (le tango revient dans le quartier), dans le café-pizzeria El Faro de Villa Urquiza.

Bon Noël à tous les deux, au patron et au personnel d'El Faro, à leurs familles et amis...
Photo envoyée par Cucuza
samedi 20 décembre 2008
Navidad criolla [Coutumes]
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Denise Anne CLAVILIER
Un choix de villancicos argentins, signés par quelques grandes plumes du pays, Cátulo Castillo (grand poète et non moins grand compositeur de tango, né en 1906 et décédé en 1975, qui fut l'un des grands présidents de la Sadaic), le folkloriste mondialement connu, auteur-compositeur-interprète et guitariste, Atahualpa Yupanqui (Pergamino, Pr. de Buenos Aires 1908 - Nîmes, en France, 1992) et l'historien, homme politique radical et parolier de chansons Felix Luna (né à Buenos Aires en 1925).
Ces villancicos font partie du disque Navidad 2000 Los Arroyeños, chez Epsa, Buenos Aires 1997, conçu et enregistré par quatre chanteurs-instrumentistes : Miguel Angel Inchausti (pianiste et ténor), Gustavo Santa Coloma (guitariste et baryton), Fernando Collados (charanguiste, guitariste et tenor, le charangua est un instrument amérindien à cordes pincées, comme la guitare) et Luis Araujo (percussioniste et basse).
En un burrito orejón (Sur un petit âne à grandes oreilles)
Zamba, de Víctor Schlichter et Cátulo Castillo (1)
No llores más vida mía
Que llega la Navidad
San José con María vendrán
Con un burro orejón
Cargadito de turrón
San José con María vendrán
Y en un burro orejón
Por aquí pasarán.
En pleure pas, mon chéri
Car Noël arrive
Saint Joseph et Marie viendront
avec un âne aux grandes oreilles
tout plein chargé de turron (2)
Saint Joseph et Marie viendront
et sur un âne aux grandes oreilles
ils passeront par ici.
No llores más mi guaguita
Que estoy amasando el pan.
Mazapán con miel y humita fiel
Calentita en la sartén.
Vendrán en un burrito
Caminito por Belén
Amados los dos amados
Amados del Niño Dios.
Por aquí vendrán
Y te besarán
Corazón de mazapán.
Ne pleure pas, mon bébé mignon,
car je suis en train de pétrir le pain.
De la pâte d'amande au miel et la bonne humita (2) toute chaude dans la poêle.
Ils viendront sur un petit âne
en chemin pour Bethléem.
Tout aimés tous les deux, tout aimés
Aimés par l'Enfant Dieu.
Ils viendront par ici
et ils t'embrasseront
Mon petit cœur en sucre (2).
(Traduction Denise Anne Clavilier)
El niño duerme (L'enfant dort)
Arrullo (berceuse) Atahualpa Yupanqui
La noche con la espumita del río
Te está tejiendo un encaje, mi niño.
La nuit avec l'écume du fleuve
est en train de te tisser un tricot, mon enfant.
Quiero la estrella del cielo más bella
Para hacerte un sonajero, mi niño.
Je veux l'étoile du ciel la plus belle
pour te faire un hochet, mon enfant.
El niño se está dormiendo sonriendo
Ah ah mi niño
L'enfant s'est endormi en souriant.
Mon enfant, mon enfant.
Que bello mundo es tu mundo mi niño
Ah ah mi niño
Quel beau monde est le tien, mon enfant
Mon enfant, mon enfant...
(Traduction Denise Anne Clavilier)
Navidad en verano (Noël en été),
Canción, Ariel Ramírez et Felix Luna
Mi Navidad está metida en el verano
No tiene pinos ni la nieve le da luces;
Mi Navidad con el calor va de la mano
Y un dulce olor a sidra y a pan dulce...
Mon Noël est fourré en été
Il n'a pas de pin, et la neige ne lui donne pas son éclat ;
Mon Noël va main dans la main avec le temps chaud
et une odeur sucrée de cidre et de pan dulce... (2)
Paz a todos los hombres
Paz en la tierra,
En mi tierra caliente
Y en la que nieve
Paix à tous les hommes
Paix sur la terre
Sur ma terre chaude
et sur celle où il neige
Sur ma terre chaude
et sur celle où il neige
Mi Navidad no viene nunca en un trineo
Papá Noel en esta tierra es un extraño
Mi Navidad es el jazmín de fin de año,
Es la felicidad que te deseo.
Mon Noël en vient jamais en traîneau
Le Père Noël sur cette terre est un étranger (3)
Mon Noël c'est le jasmin de la fin d'année,
C'est le bonheur que je te souhaite...
(Traduction Denise Anne Clavilier)
(1) Une zamba est une danse et une musique folklorique des provinces nord de l'Argentine, apparentée à la samba brésilienne.
(2) Turrón, sidra, mazápan et pan dulce :
les spécialités gastronomiques de Noël enArgentine et en Uruguay.
Le turrón est celui apporté par les immigrants de la côte du Levant espagnol (Alicante, Jijona, Valencia, les marques 1880, El Almendro, La Jijonenca par exemple), plus que les tourons fabriqués en Catalogne et au Pays Basque (surtout du côté français). Les Italiens aussi, qui représentent 50% de l'immigration des années 1880 à 1930, ont, dans les régions de Florence et de Turin, un torrone qui se situe entre le nougat de Montélimar et le turrón duro (appelé aussi turrón de Alicante ou Torta Imperial) et le Panforte de Sienne, qui ressemble aussi à certaines spécialités de l'Espagne intérieure.
La sidra : le cidre est arrivé dans le sillage des Navarrais et des Galiciens. La plupart des cidres dans le monde sont plutôt doux et sucrés. Le cidre breton en fera donc pas trop l'affaire en l'occurrence. Pour une table de Noël à l'Argentine, chercher des sidres espagnols (marque La Gaita, par exemple) ou certains cidres doux basques ou normands.
Le mazápan : pâte d'amande présentée sous forme de petits sujets. Une tradition espagnole. Voir les marques de turrón ou les tourons qu'on fabrique à Biarritz, en pays palois, dans l'ensemble des Pyrénées françaises. Certains massepains provençaux ou alsaciens peuvent faire l'affaire.
Le pan dulce : la version argentino-uruguayenne du Pannetone du nord de l'Italie, avec fruits confits et amandes. A défaut de cette version australe, un vrai Pannetone fera très bien sur la table (je vous donnerai bien la recette mais avec nos températures d'hiver, bonjour les consommations d'énergie pour mettre la pièce à la température suffisante pour faire monter comme il faut une pâte levée !). A défaut de Pannetone de Turin ou de Milan (les meilleurs aux dires des Italiens... du nord), et selon les régions, une brioche des rois conviendra à Bordeaux et dans toute l'Aquitaine (à condition de se passer de l'eau de fleur d'oranger et de mettre les fruits confits dans la pâte et pas dessus) ou un kouglehof en Alsace (il faudra juste utiliser un autre type de moule : un moule à brioche, rond et haut, façon cheminée). En Belgique, on doit pouvoir se débrouiller très bien avec un cramique à condition de lui ajouter des fruits confits et qu'il ne faille pas un vélo pour aller d'un raisin sec à l'autre.
Et pour achever tout à fait la touche criolla de votre table, vous offrirez aussi des cacahuètes caramélisées (ça, ce n'est pas un héritage de l'Europe) : on appelle ça des chouchous dans le Midi, des pralines dans le reste de la France...
(3) ce vers-là, c'est pour dire "US go home!" Parce que Santa Claus (le nom du Père Noël dans son pays d'origine, où il n'est rien d'autre que la version publicitaire que donna Coca Cola à la fin des années 20 à notre Saint Nicolas) a aussi envahi l'Argentine mais les Rois Mages ne s'en laissent pas compter et le tiennent en respect (comme en Espagne d'ailleurs).
Le turrón est celui apporté par les immigrants de la côte du Levant espagnol (Alicante, Jijona, Valencia, les marques 1880, El Almendro, La Jijonenca par exemple), plus que les tourons fabriqués en Catalogne et au Pays Basque (surtout du côté français). Les Italiens aussi, qui représentent 50% de l'immigration des années 1880 à 1930, ont, dans les régions de Florence et de Turin, un torrone qui se situe entre le nougat de Montélimar et le turrón duro (appelé aussi turrón de Alicante ou Torta Imperial) et le Panforte de Sienne, qui ressemble aussi à certaines spécialités de l'Espagne intérieure.
La sidra : le cidre est arrivé dans le sillage des Navarrais et des Galiciens. La plupart des cidres dans le monde sont plutôt doux et sucrés. Le cidre breton en fera donc pas trop l'affaire en l'occurrence. Pour une table de Noël à l'Argentine, chercher des sidres espagnols (marque La Gaita, par exemple) ou certains cidres doux basques ou normands.
Le mazápan : pâte d'amande présentée sous forme de petits sujets. Une tradition espagnole. Voir les marques de turrón ou les tourons qu'on fabrique à Biarritz, en pays palois, dans l'ensemble des Pyrénées françaises. Certains massepains provençaux ou alsaciens peuvent faire l'affaire.
Le pan dulce : la version argentino-uruguayenne du Pannetone du nord de l'Italie, avec fruits confits et amandes. A défaut de cette version australe, un vrai Pannetone fera très bien sur la table (je vous donnerai bien la recette mais avec nos températures d'hiver, bonjour les consommations d'énergie pour mettre la pièce à la température suffisante pour faire monter comme il faut une pâte levée !). A défaut de Pannetone de Turin ou de Milan (les meilleurs aux dires des Italiens... du nord), et selon les régions, une brioche des rois conviendra à Bordeaux et dans toute l'Aquitaine (à condition de se passer de l'eau de fleur d'oranger et de mettre les fruits confits dans la pâte et pas dessus) ou un kouglehof en Alsace (il faudra juste utiliser un autre type de moule : un moule à brioche, rond et haut, façon cheminée). En Belgique, on doit pouvoir se débrouiller très bien avec un cramique à condition de lui ajouter des fruits confits et qu'il ne faille pas un vélo pour aller d'un raisin sec à l'autre.
Et pour achever tout à fait la touche criolla de votre table, vous offrirez aussi des cacahuètes caramélisées (ça, ce n'est pas un héritage de l'Europe) : on appelle ça des chouchous dans le Midi, des pralines dans le reste de la France...
(3) ce vers-là, c'est pour dire "US go home!" Parce que Santa Claus (le nom du Père Noël dans son pays d'origine, où il n'est rien d'autre que la version publicitaire que donna Coca Cola à la fin des années 20 à notre Saint Nicolas) a aussi envahi l'Argentine mais les Rois Mages ne s'en laissent pas compter et le tiennent en respect (comme en Espagne d'ailleurs).
Biscuits au parmesan et au safran pour un Noël montevidéen [Coutume]
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Denise Anne CLAVILIER
Image extraite du site Montevideo.com.uy

Pour donner un toque uruguayo à votre table de Noël... A l'apéritif.
Pour une cinquantaine de petits biscuits (galletas navideñas)
Ingrédients : 125 gr. de farine, 80 gr. de beurre ramolli, 100 gr. de parmesan (vous pouvez remplacer par un autre fromage, les sud-américains ont rarement sous la main du vrai parmiggiano regiano), 1 pincée de safran en poudre ou 1 brin de safran, sel et poivre.
Pour le décor, vous aurez besoin d'un jaune d'oeuf et au choix de graines de sésame (blanc, blond ou noir), de cumin, de la fleur de gros sel, des pignons, des amandes effilées, des cerneaux de noix...
Commencer par mélanger, sur votre plan de travail ou dans un bol de la taille voulue, la farine et le safran avec un peu de sel et de poivre (attention : le fromage apporte lui-même une bonne dose de sel).
Faire une pâte ferme avec la farine safranée et assaisonnée et le beurre ramolli en pétrissant du bout des doigts.
Amalgamer à la pâte ainsi obtenue le parmesan, si possible fraîchement rapé.
Puis étaler la pâte à l'aide d'un rouleau à pâtisserie pour obtenir une couche d'environ 1 centimètre et demi et la tailler à l'aide d'emporte-pièce ou au couteau dans les formes que vous souhaitez (étoile, sapin, croissant de lune, coeur, pique, carreau, couronne, animaux...).
Poser les biscuits crus sur une plaque allant au four recouverte d'un papier cuisson (vous n'aurez pas besoin de beurrer votre plaque et les biscuits ne colleront pas).
Badigeonner chaque biscuit avec un peu de jaune d'oeuf battu (que vous pouvez mouiller d'un peu d'eau si vous voulez éclaircir l'effet ou de quelques gouttes d'extraits de café si vous souhaitez obtenir une dorure plus foncée).
Décorer à l'aide des graines de votre choix et enfourner dans un four préchauffé à 180° pendant 10 mn.
Ces biscuits se dégustent froids.
Si vous souhaitez découvrir plus de recettes uruguayennes, vous pouvez visiter ce site touristique sur Montevideo.
Noël celte à Montevideo [à l'affiche]
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Denise Anne CLAVILIER
Hier le groupe de musique celte Los Casal présentait son concert de Noël, désormais traditionnel, à la Sala Zitarrosa, un haut-lieu de la musique à Montevideo. C'est la 5e édition de ce concert.
Los Casal est un sextette uruguayen de musique celte qui mêle en fait la musique celtique, galicienne, irlandaise et écossaise (ils ont oublié la Bretagne !) et plusieurs traditions uruguayennes comme le candombe, la murga et le tango. Leur nom, Casal, est clairement un nom du nord de l'Espagne. Le groupe a été fondé par trois frères Casal, Juan Jo, Juan Cho et Martín, en 2002. Très vite, Enzo Forte Casal et Daniel Escallenas les ont rejoints avec deux autres musiciens, qui ont quitté le groupe depuis et ont été remplacés.
Dans cette région de l'Amérique du Sud, l'immigration galicienne a été l'une des plus importantes en provenance d'Espagne à la fin du 19ème siècle. Les grandes régions d'Espagne qui ont fourni le plus plus d'immigrants sont les régions qui étaient alors les plus pauvres du pays, des régions rurales, fort peu industrialisées : Pays Basque, Galice, Navarre et Catalogne (l'intérieur du pays a aussi fourni son quota d'immigrés). Sur la route de Buenos Aires, certains se sont arrêtés à Montevideo et si beaucoup d'entre eux ont repris la route, au bout de quelques mois ou de quelques années, quelques uns se sont enracinés du côté uruguayen et ont fécondé les arts populaires qu'ils ont trouvés là, au premier rang desquels bien sûr la musique. Dans la région, on désigne souvent les Espagnols par le terme gallegos (et il ne faut surtout pas comprendre Galiciens). Parfois même, et c'est plus inattendu, on parle de "un gaita" (la gaita, subst. féminin, c'est la cornemuse, le biniou de la Galice).
Si cette musique vous tente, allez vous ballader sur le site de Los Casal. Ils ont installé divers clips et vidéos de plusieurs concerts. Ils ont également plusieurs disques à leur actif. Le plus récent s'appelle Los Inmigrantes, ils se compose de 11 pistes dont la majorité sont des morceaux originaux co-signés Juan Jo, Juan Cho et Martín, ou Juan Jo et Enzo Forte ou de l'autre compositeur du groupe, Daniel Escanellas (qui a en charge toute sorte d'instruments à vent, notamment la flûte que vous entendez dans leurs enregistrements).
Spectacles et concerts de Noël à Buenos Aires [à l'affiche]
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Denise Anne CLAVILIER
Dans les quelques jours qui viennent, les concerts et spectacles de Noël vont se bousculer à Buenos Aires. Quelques uns d'entre eux...
Bajo el cielo de Belén (Sous le ciel de Bethléem), crèche vivante (pesebre viviente) avec un mélange de textes inspirés de la Bible et des villancicos (les chants de Noël traditionnels, souvent anomynes, typiques du monde hispanique auxquels se mêleront des chants de Noël de plusieurs pays non hispanophones).
C'est ce soir et demain, 20 et 21 décembre, à 21h, à la Manzana de las Luces, dans le quartier de Monserrat. Entrée : 10 $Arg.
Villancicos de Europa y Argentina, un concert de chambre avec la soprano Soledad de la Rosa et le guitariste Guillermo Gutkin. Le programme prévoit des chants de Noël d'Ukraine (du 18ème siècle), d'Allemagne, d'Angleterre, d'Italie et de France et un pot-pourri de villancicos argentins.
Ce sera à la Manufactura Papelera, à San Telmo, dimanche 21 décembre, à 18h (entrée : 25 $, donnant droit à une boisson).
La Misa Criolla, chantée par Juan Juncales et Marcela Aguilera, est présentée tous les dimanches de décembre, jusqu'au 28, à 20h, au Centro Cultural Borges de Viamonte y San Martín (le CC Borgés est au deuxième étage des Galerías Pacífico, donc on peut entrer par n'importe laquelle des 4 rues qui encadrent la manzana : Cordoba, Florida, San Martín ou Viamonte). Le CC Borgés est situé dans le quartier San Nicolás.
La Misa Criolla est une véritable messe, avec les éléments classiques d'une messe catholique (Kyrie, Gloria, Credo, Agnus Dei), composé par le grand compositeur de musique de l'intérieur, de folklore, Ariel Ramírez. Il en existe une foultitude d'enregistrements. L'un des plus faciles à trouver en Europe est celui effectué par Mercedes Sosa, une grande, très grande folkloriste argentine (chanteuse, compositrice et auteure).
Au CC Borges également, mardi 23, vendredi 26 et samedi 27, à 20h, concert de villancicos, intitulé Navidad para el mundo (Noël pour le monde).
Pour les deux spectacles, deux catégories de places : 25 et 30 $.
vendredi 19 décembre 2008
Une tripotée de tortionnaires remis en liberté ? [actu]
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Denise Anne CLAVILIER
Alors qu’au cours du premier procès sur ce sujet tenu au sud du pays, un tribunal de Neuquen a hier prononcé, pour enlèvements, vols, actes de violence et de torture en association, plusieurs condamnation, à des peines de prison ferme (de 7 ans à la perpétuité) contre huit tortionnaires responsables entre 1976 et 1979 de La Escualita (la petite école), un camp de concentration installé en pleine Patagonie argentine, la Chambre pénale de la Cour de Cassation à Buenos Aires a résolu hier de libérer 11 accusés d’actes de torture pendant la Dictature militaire, dont le très célèbre Alfredo Astiz (dit l’Ange de la Mort ou l’Ange blond, que la justice française a condamné par contumace pour l’assassinat de deux religieuses françaises et de quelques autres compagnons de passeport français eux aussi), et Jorge Acosta, surnommé el Tigre, ce qui, dans ce contexte, se traduit le sauvage ou la bête fauve (1).
La décision est motivée par la trop longue durée de prison préventive subie par ces hommes (7 ans) puisque l’audience de jugement ne s’est toujours pas tenue. La loi argentine prévoit en effet pour la prison préventive un durée maximale de 2 ans, éventuellement prolongeable d’un an et exceptionnellement encore plus longue dans certaines circonstances. Deux des trois juges de la Cour ont estimé que ce délai devait s’apprécier à partir du premier jour d’incarcération.. Jusqu’à présent les demandes des accusés avaient été écartées par les juges qui calculaient le délai de préventive à partir de chaque signification d’un nouveau chef d’inculpation, ce qui s’est produit à plusieurs reprises au cours de cette instruction qui n’en finit pas (comme la liste des crimes de ces bourreaux).
Curieusement, c’est le droit ordinaire, le droit commun qui s’applique dans ces procès de crime contre l’humanité alors même que le propre de ces derniers sont imprescriptibles. Dans de nombreux autres pays, les procédures qui s’appliquent sont spécialement calibrées pour la complexité de ces affaires.
La Cour de Cassation a toutefois assorti son jugement de conditions suspensives : pour obtenir une levée d’écrou effective, chaque accusé devra présenter trois personnes se portant caution de leur présentation effective à l’audience de jugement sur leur patrimoine personnel.
Et le département du Ministère public (Fiscalía) chargé de poursuivre les crimes de la Dictature va faire appel de cette décision auprès de la Cour Suprême et a fait savoir que cet appel était suspensif de la décision de libération. Les tourmenteurs ne fêteront donc pas la Noël chez eux.
La Présidente de la République a appris la nouvelle alors qu’elle effectuait sa première visite comme chef d’Etat à el Espacio para la Memoria comme on appelle aujourd’hui le centre de détention et de torture que fut l’ESMA, où sévirent les accusés. Elle a aussitôt déclaré qu’il s’agissait d’"un jour de honte pour les Argentins, pour l’humanité et aussi pour [notre] système judiciaire". Taty Almeida, de Madres de Plaza de Mayo Linea Fundadora, a déclaré, quant à elle, que cette décision de la Cour de Cassation était un affront, en ce moment où les associations des droits de l’homme se félicitaient des progrès récents de la justice argentine en la matière. L’avocat argentin des parties civiles françaises (familles de disparus) contre Astiz et Acosta a déclaré qu’il ne convenait pas que les deux hommes puissent se présenter libres à l’audience de jugement lorsque celle-ci aura lieu. Leur avocate française a elle aussi fait quelques déclarations dans le même sens.
(1) Ne pas confondre avec le surnom d’Eduardo Arolas, el Tigre del Bandoneón. C’est le même mot, la même origine lunfardesque, mais dans ce cas, ça veut dire La Bête du Bandonéon et ça sous-entend qu’il passait pour virtuose de son instrument à l’époque... C’est toute la difficulté de la traduction du lunfardo : un même recouvre une grande variété d’acceptions et de nuances.
Du vrai de vrai boulevard à Mar del Plata [à l’affiche]
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Denise Anne CLAVILIER

Rien à voir avec le tango. Mais lisez bien cette affiche. Je suis sûre que grâce au nom de l’auteur, avec deux sous d’espagnol, vous arrivez à deviner de quel gros succès du théâtre de boulevard bien parisien il s’agit.
Pour ma part, l’année dernière, an août 2007, j’ai vu s’étaler en grosses lettres sur un théâtre de la avenida Corrientes le titre La Jaula de las Locas. Une pièce de Jean Poiret. Avec tous les clichés qu’il fallait sur la photo pour reconnaître immédiatement... L Cage aux Folles. C’était quelques semaines après la mort de Michel Serrault...
Pourquoi si eux ils connaissent si bien notre théâtre, Les femmes savantes le week-end dernier au Teatro Alvear (entrée gratuite), Le Malade Imaginaire en ce moment à el Espacio Colette, avenida Corrientes 1660 (entrée 25$, vous donne droit à une consommation), le Dîner de C... à Mar del Plata (flûte, je m’étais promis de ne rien vous souffler !) ou La Cage aux Folles l’année dernière sur l’avenue Corrientes, pourquoi nous, on sait si peu de choses de et sur leur vie culturelle, hein ?
Vous ne m’ôterez pas de l’idée qu’il y a un truc qui cloche....
Le site de l’Espacio Colette à Buenos Aires ici...
L’actualité des théâtres de Mar del Plata (qui est tout à la fois le Pornic, le Knokke-le-Zoute et le Saint Trop argentin + la ville natale de Piazzolla, en 1921) ici.
Le Cuarteto Bien Pulenta à la Scala de San Telmo [à l'affiche]
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Denise Anne CLAVILIER
"Photo" du Cuarteto Bien PulentaLe Cuarteto Bien Pulenta est un quatuor qui échappe aux catégories habituelles. Sa musique est à la fois âpre et dansable, elle a un son moderne, très oppressant mais conserve un lien avec le répertoire de la Guardia Vieja... Ce groupe insolite et de grand talent est né en mai 2005.
Il se compose d'un bandonéoniste, Clemente Carrascal, d'une pianiste María Laura Antonelli (qui est aussi l'arrangeuse et la compositrice du groupe), d'un violoncelliste Federico Sarudiansky et un contrebassite, Patricio Peralta.
Ils se présentent à la Scala de San Telmo ce soir à 20 h, avec pour artiste invité le chanteur Alejandro Guyot. Ils joueront leur répertoire habituel (des classiques de la Guardi Vieja, du Gardel, du Di Sarli... de leur disque Tango a la que te criaste) et plusieurs morceaux originaux de leur nouveau répertoire.
Ils sont présents sur le Web, à travers une page My Space, où vous pouvez écouter ce style décapant...
Le groupe s'est choisi pour nom un jeu de mot entre la polenta (cette bouillie de maïs italienne dont les Argentins raffolent et qu'ils appellent Pulenta), la richesse (l'or a la même couleur jaune que la polenta) et la blondeur d'une femme...
Lucas Kohan et son quintette à la Scala de San Telmo samedi [à l’affiche]
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Denise Anne CLAVILIER
La page d'accueil du site de la Scala de San TelmoLe guitariste et compositeur Lukas Kohan présente, à la Scala de San Telmo, son nouveau disque, Partiendo. Il sera entouré de ses musiciens : Diego Braconi au bandonéon, Gonzalo Braz à la clarinette (plusieurs tessitures), Daniel Figueroa à la percussion et Carla Mouchard au violon.
Partiendo est un disque de musique rioplatense qui mêlent les genres du tango, du candombe et du jazz contemporain.
Le musicien a sa page sur Myspace : vous pouvez donc aller écouter sa musique et voir à quoi il ressemble (mais vous aviez déjà sa photo sur un précédent article de Barrio de Tango, cliquez sur son nom, en dessous du titre de cette entrée, parmi les mots clés).
La Scala de San Telmo, Pasaje Giuffra, 371, samedi 20 décembre à 20h, participation : 15$ Arg (voir le site de cette salle).
En ce moment au CC Torcuato Tasso [à l’affiche]
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Hier jeudi, à 22h, la chanteuse Adriana Varela donnait un récital.
Adriana Varela, la Gata Varela (la Petite Varela) est une des chanteuses de tango les plus connues en Europe. Elle est aussi très populaire en Argentine. Elle a sorti de nombreux disques dont certains, particulièrement originaux, chez Melopea. L’un d’eux, Tango de Lengue (tango du foulard autour du cou), est consacré à la création de tangos jusqu’alors inédits au disque de Enrique Cadícamo, paroles et musique (1).
Si vous ne connaissez pas déjà cette voix rauque, râpeuse, et ce style très personnel et à part (et donc très contesté aussi, c'est le revers de la médaille), reportez-vous d’urgence sur son site. Il s’ouvre directement sur sa voix chantée (attention : si vous êtes au bureau, ça peut surprendre !).
Demain, samedi à 22h, ce sera Astillero, un sextuor típico avec chanteur (Peyo), qui fait sa propre musique (celle de Julián Peralta, pianiste échappé de la Orquesta Típica Fernández Fierro sur un coup de sang, il y a quelques années). Cette formation a déjà fourni quelques articles à Barrio de Tango, dont deux sur leur récente tournée en Europe. Ils sont pour leur part sur My space, à la page Astillero.
(1) le lengue, le foulard autour du cou, c’était un élément indispensable de la panoplie du parfait compadrito portègne, le titi de Buenos Aires. C’est toujours un accessoire que bien des hommes aiment arborer, surtout s’ils sont des tangueros (des artistes du tango).
Esteban Morgado au Club Lounge [à l’affiche]
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Le guitariste et compositeur de tango Esteban Morgado est ce soir, vendredi 19 décembre, à 22h, au Club Lounge, Reconquista 974, dans le quartier de Retiro.
Il présentera son nouveau disque, intitulé Milonguero, entouré de ses musiciens : Quique Condomi au violon, Eduardo Hurtado dit Mono (le singe) à la contrebasse et Walter Castro au bandonéon.
Milonguero est inscrit pour le prix Latin Grammy. Vous trouverez facilement chez les disquaires de Buenos Aires (par Internet y compris) une bonne demi-douzaine de disques toujours en circulation.
Ce soir, 22h, au rez de chaussée (entrée 40$).
Esteban Morgado dispose d’un site web sur lequel vous pouvez écouter sa musique, avec un choix de 4 morceaux (l’onglet à droite en haut, si vous utilisez Internet Explorer).
Juan Vattuone à la Peña del Colorado [à l’affiche]
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Denise Anne CLAVILIER
L’auteur-compositeur-interprète Juan Vattuone chantera à la Peña del Colorado, une salle de Palermo (Güemes 3657) ce dimanche, à 21h30 et présentera son disque Escuchame una cosa (entrée : 20 $).
Juan Vattuone, un guitariste qui joue avec un bonnet sur la tête et l’air aimable d’un bull-dog privé de nourriture depuis 15 jours, compose, écrit et chante un répertoire à l’opposé du politiquement correct. Il cultive un tango underground, un tango de la zone, un tango loubard, le tango d'une des origines, celui des marginaux de la ceinture de Buenos Aires et de l’univers carcéral, celui d'Andrés Cepeda. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir ses entrées à la Academia Nacional del Tango, preuve s’il en est que cette institution est beaucoup plus ouverte que la rumeur veut bien le dire dans une moitié de Buenos Aires (cf. mon article d’août sur la Rencontre des poètes).
Belle voix et une manière de chanter et de jouer très impressionnantes. Plusieurs disques à son actif. Même si pour le moment sur Zivals, vous ne trouverez que Tangos al mango (tangos pour faire la manche ou Tangos contre un talbin).
Julio Pane et Hugo Rivas à la Casona de Fernando [à l’affiche]
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Yasmin Ventura
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Denise Anne CLAVILIER
La Casona de Fernando (l’Auberge de Fernando) est un cena-tango-show de qualité.
L’établissement a d’ailleurs été déclaré "Sitio de interés cultural", une distinction que distribue la Ville de Buenos Aires (et aussi la Secretaría de Cultural, c’est-à-dire le Ministère de la Culture, au niveau fédéral).
Le bandonéoniste, arrangeur et compositeur Julio Pane et son complice à la guitare, Hugo Rivas, seront ce samedi 20 décembre à 22h dans ce haut-lieu du quartier de Monserrat (Avenida Garayn 2301) dans le cadre des soirées du vendredi et du samedi, "Las Máximas Figuras del Tango" (les plus grandes figures du tango). Ils seront entourés d’une pléiade d’invités.
L’affiche de ce week-end sera présentée par Yasmin Ventura. Abel Córdoba et Nelly Vázquez, l'un, le dernier chanteur de Pugliese, l’autre, la dernière chanteuse de Troilo, doivent aussi se produire dans ces murs.
Le 6 décembre, La Casona de Fernando recevait le chanteur et compositeur José Angel Trelles, le dernier chanteur de l’orchestre de Piazzolla. Une autre référence et une vraie personnalité musicale à découvrir si vous ne le connaissez pas encore en allant visiter son site (écoute et possible téléchargement en Mp3 de divers morceaux tous meilleurs et plus intéressants les uns que les autres).
Tous les jeudis à 21h, la Casona propose une soirée intitulée "Puchero y tango", avec les artistes résidents. (Pour savoir ce qu'est un puchero, lire cet article de la rubrique Gastronomie).
En revanche, au niveau de l’assiette, ce n’est pas la typicité qui domine. Bien au contraire. La Casona se vante de servir lors de ces dîners spectacles une cuisine internationale, ce qui veut généralement dire pseudo-française mais dépourvue de tout cachet. A leur décharge, il paraît que cette cuisine sans identité est préparée avec les meilleures viandes locales (carne de exportación) et servi avec les vins des meilleures caves nationales (ça doit pas être donné !).
Pour ceux qui sont sur place, la Casona propose les deux réveillons, Noche Buena (24 décembre) et Noche Vieja (Saint Sylvestre). Si ça vous tente et si tout n’est pas déjà archi-réservé...
Las Ranas à la Manufactura Papelera samedi [à l’affiche]
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Denise Anne CLAVILIER
Ce samedi, 20 décembre à 22h30, le duo Las Ranas (les petits malins, pas les grenouilles, c'est du lunfardo), se produiront à La Manufactura Papelera, une salle du sud de San Telmo. Leandro Schnaider (bandonéon) et Pablo Schiaffino (piano) seront rejoint par ARRE, un ensemble de violoncelles qui se consacre à la musique improvisée (une rareté).
La Manufacture Papelera, Bolivar 1582, 22h30. Entrée 15$ (boisson comprise).
Las Ranas jouent actuellement tous les mercredis à la Milonga Buenos Aires Club avec le chanteur Luis Linares.
Vous pouvez les écouter sur leur site. J’ai déjà eu l’occasion de vous recommander d’aller y faire un tour pour entre autres leur version de Recuerdo, d’Osvaldo Pugliese.
Pour découvrir ARRE, il vous suffira de cliquer sur ce lien. Vous tomberez sur leur page My space (qui indique d’ailleurs un autre prix pour demain : 20 $).
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