jeudi 19 février 2026

925 personnes sur le carreau : fermeture d’un fabriquant de pneus [Actu]

"Mileí l'a fait", dit le gros titre
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Le pneumatique argentin Fate, 80 ans d’existence, faisait travailler beaucoup de monde à San Fernando, dans la province de Buenos Aires. Il avait compté jusqu’à 2000 salariés et depuis que Javier Mileí avait ouvert les frontières aux produits d’importation, l’usine était en difficulté.

Hier matin, les ouvriers ont trouvé porte close au moment de prendre leur poste et un communiqué accroché aux grilles d’entrée pour expliquer succinctement la situation.

En Argentine, le marché du pneu est aujourd’hui tenu à 75 % par des produits d’importation venus de pays, surtout la Chine, qui ont encore moins d’obligations sociales que l’Argentine, laquelle, avant Mileí, avait un système beaucoup moins généreux qu’en Europe mais encore trop par rapport à d’autres acteurs sous d’autres cieux.

Aujourd’hui, c’est 925 personnes qui vont se retrouver à la rue, sans travail, sans perspective d’avenir et avec des aides très très faibles dans un bassin d’emploi sinistré comme partout dans le pays. Selon la UIA, l’union patronale industrielle, l’Argentine a perdu 65 000 postes de travail depuis l’arrivée au pouvoir de Mileí.

"Annonce surprise de Fate :
son usine de pneumatiques ferme
et 920 salariés sont licenciés", dit le gros titre
sur cette photo des ouvriers montés sur le toit de l'usine
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Le gouvernement a ordonné une période de 15 jours de conciliation qui n’aboutira pas à grand-chose. Peut-être les salariés arracheront-ils des primes de travail convenables mais si l’entreprise a perdu ses parts de marché, ce n’est pas une conciliation patron-salariés qui va les lui redonner. Malgré les portes closes, les ouvriers ont forcé l’entrée et actuellement, ils occupent l’usine et le terrain qui l’entoure.

Pendant ce temps, Mileí est aux États-Unis pour le lancement du prétentieux Conseil de la Paix dont Trump est le tout puissant grand patron régnant sur sa cour de vassaux dictateurs et autres chefs d’État ou de gouvernement autoritaires.

Aujourd’hui, une grève générale paralyse toute l’Argentine contre la réforme du code du Travail actuellement en débat au Congrès, une réforme qui, si elle est adoptée en l’état, détruirait tous les droits sociaux acquis par les salariés et même les indépendants depuis l’arrivée en 1916 du premier gouvernement de gauche. La grève semble très suivie alors que le pays est dans l’équivalent de notre mois d’août. C’est le plein été dans l’hémisphère sud.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 qui fait sa Une et qui ne paraît pas en kiosque aujourd’hui par respect pour la protestation générale contre la politique du gouvernement