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| "Mileí l'a fait", dit le gros titre Cliquez sur l'image pour une haute résolution |
Le pneumatique argentin Fate, 80 ans d’existence, faisait travailler beaucoup de monde à San Fernando, dans la province de Buenos Aires. Il avait compté jusqu’à 2000 salariés et depuis que Javier Mileí avait ouvert les frontières aux produits d’importation, l’usine était en difficulté.
Hier matin, les ouvriers ont trouvé porte close au moment de prendre leur poste et un communiqué accroché aux grilles d’entrée pour expliquer succinctement la situation.
En Argentine, le marché du pneu est aujourd’hui tenu à 75 % par des produits d’importation venus de pays, surtout la Chine, qui ont encore moins d’obligations sociales que l’Argentine, laquelle, avant Mileí, avait un système beaucoup moins généreux qu’en Europe mais encore trop par rapport à d’autres acteurs sous d’autres cieux.
Aujourd’hui, c’est 925
personnes qui vont se retrouver à la rue, sans travail, sans
perspective d’avenir et avec des aides très très faibles dans un
bassin d’emploi sinistré comme partout dans le pays. Selon la UIA,
l’union patronale industrielle, l’Argentine a perdu 65 000
postes de travail depuis l’arrivée au pouvoir de Mileí.
Le gouvernement a ordonné une période de 15 jours de conciliation qui n’aboutira pas à grand-chose. Peut-être les salariés arracheront-ils des primes de travail convenables mais si l’entreprise a perdu ses parts de marché, ce n’est pas une conciliation patron-salariés qui va les lui redonner. Malgré les portes closes, les ouvriers ont forcé l’entrée et actuellement, ils occupent l’usine et le terrain qui l’entoure.
Pendant ce temps, Mileí est aux États-Unis pour le lancement du prétentieux Conseil de la Paix dont Trump est le tout puissant grand patron régnant sur sa cour de vassaux dictateurs et autres chefs d’État ou de gouvernement autoritaires.
Aujourd’hui, une grève générale paralyse toute l’Argentine contre la réforme du code du Travail actuellement en débat au Congrès, une réforme qui, si elle est adoptée en l’état, détruirait tous les droits sociaux acquis par les salariés et même les indépendants depuis l’arrivée en 1916 du premier gouvernement de gauche. La grève semble très suivie alors que le pays est dans l’équivalent de notre mois d’août. C’est le plein été dans l’hémisphère sud.
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