mercredi 30 septembre 2020

Invitée de Nolo Correa dans Hablando de Arte [à l’affiche]


Hier en fin de journée, grâce à Skype, le producteur et animateur de radio et de télévision Nolo Correa m’a invitée dans son émission Hablando de Arte. Une nouvelle interview en espagnol sur les ondes argentines mais cette fois-ci à distance, façon pandémie.

L’entretien sera diffusé le dimanche 11 octobre 2020 à 13h (heure argentine) à la télévision, sur GenTV (1), puis à 22h, à la radio, sur les ondes de Radio Hermes. Je me console ainsi des salons du livre qui sont annulés, de ce côté-là de l'équateur, les uns derrières les autres.

Le lendemain, l’entretien sera publié sur la chaîne Youtube de Radio Hermes.

Pour aller plus loin :
podcasts de GenTV sur Google Play


(1) Le nom de cette chaîne est un jeu-valise entre « les gens » (gente) et TV.

Médaille d’or argentine [Actu]

Le gros-titre emprunte lui aussi aux mathématiques
mais parle de politique
En dessous, la photo de l'équipe argentine médaillée
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Hier, La Prensa était le seul quotidien national à se faire écho des bons résultats de l’équipe de matheux qui représentait l’Argentine à l’Olympiade Internationale de Mathématiques qui a été organisée en ligne par la Russie, à Saint-Pétersbourg.

La Prensa en a même fait sa une, en mentionnant les félicitations officielles envoyées aux membres de l’équipe par le président Alberto Fernández.

Sur le site de la compétition, on peut retrouver ces résultats brillants : une médaille d’or, deux médailles de bronze et deux mentions « honorable ».

La France et la Belgique s’est sont elles aussi bien sorties : la France fait un tout petit peu mieux que l’Argentine en remportant une médaille d’or, trois d’argent et une de bronze (+ une mention honorable, donc toute l’équipe rentre avec quelque chose) ; les Belges ont gagné une médaille d’argent, trois de bronze et une mention ; le score suisse reste légèrement inférieur avec quatre médailles de bronze et une mention.

L’Uruguay n’a remporté que quatre mentions.

Pour aller plus loin :
visiter le site Web de la compétition à la page du tableau des résultats
visiter celui de l’édition russe de la compétition.

samedi 26 septembre 2020

Le centenaire de Piazzolla s’annonce en ligne depuis le Centro Cultural Konex [à l’affiche]


Ce soir, samedi 26 septembre 2020, à 20h (heure argentine), la Fundación Astor Piazzolla, la Fundación Konex et le Centro Cultural Konex anticipent à travers un concert en ligne le centenaire de la naissance de Astor Piazzolla, qui devrait marquer l’année prochaine si la pandémie nous laisse respirer.

L’événement sera retransmis en direct, à partir d’1 heure du matin (heure française), sur la chaîne Youtube du CC Konex et sur le site Internet Experienciapiazzolla.com.

Participeront à l’événement le petit-fils du grand compositeur, Daniel Pipi Piazzolla, percussionniste et fondateur du groupe rock-jazz Escalandrum, le Quinteto Astor Piazzolla, le Trio Luminar, la saxophoniste Yamila Burich et son sextuor et les chanteuses Paula Maffia et Sandra Mihanovich.

Pour aller plus loin :

Victimes du Covid-19 en Argentine : hausse des chiffres [Actu]

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La province de Buenos Aires vient de reconnaître que 3.523 personnes sont mortes du covid-19 sans avoir été déclarées comme telles jusqu’à présent. Il s’agit d’un changement dans les paramètres de déclaration, comme cela s’est déjà produit en France, en Belgique, en Grande-Bretagne ou aux USA, quand les uns ont enfin compté les morts à domicile et les autres déclarés les décès dans les maisons de retraite…


C'est très discret mais c'est en bas à gauche
(nueva estrategía de medición)
La une est réservée à un scandale qui s'est produit à la Chambre
lors d'une session par Zoom
(un député de la majorité a oublié la caméra et montré une scène intime)

Ce nouveau chiffre fait bondir l’Argentine au 13e rang des pays endeuillés par cette maladie.


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La mortalité s’élève désormais à 406 morts par millions d’habitants et le total des pertes humaines à 18.289 disparitions hier soir.


Le sujet est traité tout en bas
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Tous les journaux ont mis l’information à la une, sauf La Prensa qui n’a pas encore changé sa une sur son site Internet (comme c’est très souvent le cas le week-end).

Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12 qui s’attarde aussi sur la technique d’assistance respiratoire qui se répand en Argentine : un casque, fabriqué localement,plutôt qu’une intubation
lire l’article de El Día, le quotidien local de La Plata.

Chômage à 13 % en Argentine [Actu]

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Depuis six mois, l’Argentine vit au ralenti. Le gouvernement vient de prolonger jusqu’au 11 octobre l’interdiction de licencier mais cela est maintenant une vue de l’esprit. De nombreuses entreprises ont dû mettre la clé sous la porte en particulier dans le commerce et le secteur HORECA, lié au tourisme, au point mort depuis la mi-mars.


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L’INDEC, l’institut national des statistiques, a publié mercredi les chiffres du chômage pour le second trimestre. Il grimpe à 13,1 % sur une population de 11 millions d’actifs, soit 1,4 millions de chercheurs d’emploi, dont une partie travaille à temps partiel.

En 2020, l’ensemble de la population argentine est estimée à 45,5 millions de personnes, toutes catégories confondues, dont 38,4 % forment la population active.


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Ce taux, qui ramène le pays au niveau d’emploi qu’il avait en 2005, a fait la une des journaux mainstream. Página/12, favorable à l’actuel gouvernement, a traité l’information en pages intérieures, préférant mettre en avant le scandale des écoutes de l’ancienne majorité à l’encontre des familles des sous-mariniers disparus après l’explosion du ARA San Juan.

Pour en savoir plus :
lire le rapport de l’INDEC (pdf téléchargeable).

Le scandale du ARA San Juan revient au premier plan [Actu]

"Espionner sous l'eau", dit le gros titre
Quiconque suit l'actualité argentine reconnaît l'œil droit de Macri !

Il y a trois ans, disparaissait en mer le sous-marin ARA San Juan avec ses quarante-quatre membres d’équipage. Aucun hommage officiel ne leur fut rendu par le gouvernement de Mauricio Macri, lequel se permit même, juste après un discours annonçant la perte du bâtiment, d’aller faire la fête chez des amis personnels.

Il a fallu attendre le nouveau président, Alberto Fernández, pour que les sous-mariniers disparus soient décorés et reçoivent les honneurs que leur sacrifice méritait.

L’audit des services secrets, l’AFI, ordonné par Alberto Fernández quelques jours après sa prise de fonction, vient de révéler que les familles des sous-mariniers ont été mises sous écoute illégalement, sans qu’un juge ne délivre d’autorisation. Cette affaire vient grossir le dossier des écoutes illégales conduites pendant le mandat de Mauricio Macri contre des personnalités de l’opposition, des journalistes et mêmes certains membres de sa famille. Ce qui n’est pas sans rappeler la sinistre affaire des écoutes de l’Elysée (cette fois-ci, sous un président de gauche qui semblait vouloir protéger sa vie privée).

Certaines familles avaient dit être écoutées mais peu de gens les avaient crues. Cela paraissait délirant mais tout montrerait que c’était bel et bien la réalité, ce dont un tribunal de Mar del Plata (1) aura à juger. Les familles écoutées se portent partie civile.

Pour en savoir plus :
lire l’article de Página/12 sur les réactions des familles


(1) Le sous-marin, disparu en Atlantique sud, était basé dans la rade militaire de Mar del Plata où vivaient les conjoints et enfants des marins.

mercredi 23 septembre 2020

Ramona Galarza s’en est allée : le chamamé est en deuil [Actu]

"Le chamamé fait ses adieux à une pionnière,
la Fiancée du Paraná", dit le gros titre
sur une photo tirée du concert de Ramona Galarza
à la Fiesta Nacional del Chamamé, un des derniers concerts
de la chanteuse avant que le confinement ne soit décrété.
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On la surnommait "La fiancée du Paraná", le fleuve principal qui délimite le "Litoral" argentin (le nord-est du pays). Elle était née dans la province de Corrientes, le 15 juin 1940. Ramona Galarza, l’une des plus grandes représentantes du chamamé, le genre emblématique de cette région de l’Argentine, est décédée hier, dans un hôpital de Buenos Aires, où elle avait été admise après un arrêt cardiaque, chez elle.

La Prensa a fait sa une sur le premier discours
de Alberto Fernández à l'Assemblée générale de l'ONU
(exigence envers l'Iran pour l'attentat contre l'AMIA
et envers la Grande-Bretagne contre l'occupation des îles Malouines)
En haut, à droite, l'hommage à Ramona Galarza
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Elle avait commencé sa carrière dans les années 1950. A son actif, elle avait une trentaine de disques et une dizaine de films.

A l’exception de La Nación, qui n’en dit pas un mot ni sur sa une ni sur son site Internet, les journaux nationaux ont traité l’information en titre secondaire à la une de ce matin.


En haut à droite et sans photo
tandis que l'opération minime subie par Macri
a droit à la sienne !
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Dans sa province natale, l’émotion est encore plus manifeste : le gouverneur Gustavo Valdés et le ministre provincial de la Culture ont rendu hommage à l’artiste disparue. Le site de l’Instituto de Cultura de Corrientes a remis en ligne la vidéo de la dernière participation de Ramona Galarza à la Fiesta Nacional del Chamané de l’été dernier.


Le titre secondaire est placé en bas à gauche
La une privilégie les manœuvres politiciennes
à la Cour Suprême et les déclarations du président
à l'Assemblée générale de l'ONU


Elle avait célébré le chamamé à travers toute l’Amérique, invitée au Chili, au Paraguay, aux États-Unis ou au Canada.

Pour en savoir plus :

Dans la presse locale :
lire l’article de El Litoral (édition de Corrientes)

Sur le site Web de l’Instituto de Cultura de Corrientes :
écouter le dernier tour de chant de Ramona Galarza au festival de janvier 2020

mardi 22 septembre 2020

Dédicace au salon de Lagny-sur-Marne [ici]

Ajout du 28 septembre 2020 :
Sans surprise eu égard à l'évolution de la situation sanitaire en région parisienne, le salon vient d'être annulé cet après-midi.

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Le samedi 3 octobre 2020, de 10 h à 18 h, je serai présente sur l’un des stands des Éditions du Jasmin au deuxième salon du livre de Lagny-sur-Marne (77), organisé par le Lions Club et la municipalité dans les galeries de la mairie, place de l’Hôtel de Ville.



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Cette séance de dédicace prend place dans l’Année du Général Manuel Belgrano qui salue en Argentine les 250 ans de la naissance et le bicentenaire de la mort d’un des deux principaux héros de l’indépendance du pays (1). La table sera donc organisée autour de la biographie Manuel Belgrano – L’inventeur de l’Argentine, sa première vie publiée en France et en français.

Toutefois le Pérou ne sera pas oublié pour autant : ce pays de la côte pacifique vient d’entrer dans son bicentenaire qui s’achèvera sur le bicentenaire de la bataille d’Ayacucho, l’ultime victoire de Simón Bolívar sur les troupes coloniales royalistes (1824). José de San Martín, Fondateur de la Liberté du Pérou (2), aura donc lui aussi une place d’honneur sur la table.

Il va sans dire que mes autres livres seront là aussi : sur le tango (culture urbaine) et sur les contes (culture rurale). A proximité, une autre table présentera le reste du catalogue du Jasmin.

Entrée libre et gratuite.
Port du masque obligatoire et respect des distances et des gestes barrière. Pour cette raison et pour la durée de la crise sanitaire, je romps avec mon habitude de partager le mate avec les visiteurs qui le souhaitent.

Et cette semaine, rendez-vous à Paris, dans le Quartier latin, jeudi 24 septembre 2020, à partir de 18h30 pour une soirée Argentine organisée par les Éditions du Jasmin.


(1) L’autre est le général José de San Martín (1778-1850), né en Argentine et mort en France, à Boulogne-sur-Mer.
(2) Tel est le titre qui lui fut accordé en septembre 1822 par le premier Congrès du Pérou indépendant. C’est l’un de ceux que sa fille et son gendre firent porter sur son acte de décès qui se trouve toujours aujourd’hui dans les archives départementales du Pas-de-Calais pour la ville de Boulogne-sur-Mer (1850).

lundi 21 septembre 2020

Bientôt une journée des charanguistes en Argentine ? [Actu]

Charango traditionnel (site Internet de la Province de Salta)

Le groupe des députés Frente de Todos (actuelle majorité nationale) vient de déposer sur le bureau de la chambre basse une proposition de loi pour faire de chaque 21 septembre la journée nationale des joueurs de charango, un tout petit luth andin qui joue un rôle important dans la musique rurale traditionnelle au nord du pays.

La date correspond à celle de la naissance de Jaime Torres (1938-2018), l’un des plus grands charanguistes du pays, qui s’est particulièrement illustré en créant en 1964 la Misa Criolla de Ariel Ramírez, la première messe en espagnol mise composée avant même la promulgation des décrets pontificaux fixant les textes en langue vernaculaire de l’ordinaire de la messe après la conclusion du concile Vatican II.


Jaime Torres

La proposition de loi est soutenue par un nombre considérable de musiciens populaires, parmi lesquels on trouve le nom de Teresa Parodi, l’équipe municipale de la petite ville de Hurlingham et deux formations professionnelles de charanguistes, Charangos al Oeste et Charango Argentino. Frente de Todos disposant d’une majorité solidement constituée au Congrès, la proposition devrait être acceptée dans les deux chambres.

Ce soir, dans le respect des mesures sanitaires, plusieurs hommages à Jaime Torres se tiendront travers les réseaux sociaux et sur l’antenne de TV Pública.

Pour en savoir plus :

Ajout du 22 septembre 2020 :

mardi 15 septembre 2020

Le pèlerinage national n’aura pas lieu [Actu]

C’est une vieille tradition qui remonte à la fin du dix-neuvième siècle (1) que la pandémie met à bas cette année : le pèlerinage national à la basilique de Luján. A Buenos Aires, cette marche à pied part du sanctuaire de Liniers, à l’ouest de la capitale fédérale, pour gagner la cité mariale, située à 70 km plein ouest.

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Traditionnellement, le pèlerinage se tient le week-end le plus proche de la fête de Notre-Dame du Rosaire, quand le printemps est là, au début du mois d’octobre.

Hier, en sa qualité de primat d’Argentine, le cardinal Mario Poli a annoncé que ces célébrations n’auront pas lieu eu égard à la situation sanitaire du pays où l’épidémie fait rage. Il en a appelé à la foi des catholiques qu’il invite à faire le pèlerinage dans leur cœur puisque, selon ses propres déclarations, « La Vierge écoute en quelque lieu [que nous soyons] ».

Seul La Prensa se fait l’écho de cette décision et le journal catholique la met à sa une de ce matin.

Pendant ce temps-là, histoire de mettre de l’huile sur le feu comme la droite dure dont je parle dans mon article précédent, certains représentants (de droite) de la communauté juive (politiquement partagée) ont demandé, pour raison liturgique, à bénéficier d’un allègement des mesures sanitaires pendant les trois semaines qui viennent (fêtes de Roch-Hachana, Yom Kippour et Soukot, d’autant plus démonstratives qu’en Argentine, elles correspondent au début du printemps, au moment où la chaleur revient). Qu'ils sont pénibles avec leur perpétuelle politisation de la religion : l’État d’Israël lui-même, pourtant gouverné par une coalition droite libérale, centre et droite religieuse, reconfine précisément pour éviter que ces fêtes donnent lieu à de grandes réunions festives qui provoqueront des contagions en pagaille !

Pour aller plus loin :
lire la dépêche de l’agence de presse confessionnelle AICA (agence de la Conférence des Évêques d’Argentine) avec message vidéo où le cardinal s’exprime avec à côté de lui une réplique de la statue iconique de Notre Dame de Luján et une image du serviteur de Dieu (2), le Negro Manuel.



(1) Le pèlerinage national a été inventé et promu par un prêtre français, le père Georges Marie Salvaire, nommé curé de Luján. Il fut le grand historien du sanctuaire dont l’origine remonte à un fait miraculeux de 1630. Salvaire s’inspira du pèlerinage de Chartres dont la cathédrale servit de référence pour l’actuelle église de style néogothique. Le procès en canonisation de Salvaire a été ouvert à Rome, en même temps que celui du Negro Manuel, l’esclave africain qui fut donné par son maître à la Vierge, à la suite du miracle, pour veiller sa vie durant sur la petite statue de terre cuite que les fidèles vénèrent à Luján depuis bientôt quatre siècles.
(2) Serviteur de Dieu : premier stade de reconnaissance officielle par l’Église catholique des vertus spirituelles et de la foi d’un baptisé dont s’engage le procès en béatification. Pendant cette étape, le candidat à la béatification peut être honoré par les fidèles dans une prière privée selon une formule de demande de grâces diffusée par le promoteur de la cause (en l’occurrence, le diocèse de Mercedes-Luján, en province de Buenos Aires).

Nouvelles manifestations contre les mesures sanitaires [Actu]

Une de Página/12 ce matin : "Ensemble mais pas tant que ça !"
D'un côté, les deux chefs de la droite dure (Macri et Bullrich), en perte de vitesse
de l'autre, les deux figures de la droite qui dialogue (Rodríguez Larreta et Vida)

Dimanche, à l’appel presque ouvert du seul Mauricio Macri, qui a ouvertement violé la quarantaine qu'il devait respecter après son voyage en Europe, quelques manifestants de droite se sont montrés et fait entendre dans plusieurs villes d’Argentine, martelant des slogans hostiles au gouvernement et à sa stratégie contre l’épidémie de covid-19.

Une du même quotidien hier lundi
'Problème d'affichage", dit le gros titre
en montrant un Macri qui pousse Rodríguez Larreta
qui résiste de toutes ses forces

La Prensa parle de manifestations massives mais ne montre qu’une photo représentant quelques voitures pare-choc contre pare-choc. Si les manifestations avaient vraiment rassemblé du monde, il ne fait aucun doute que les journaux, surtout mainstream, auraient envoyé des drones survoler la foule et prendre des clichés impressionnants. Ce que Página/12 ne manque pas de remarquer, tout en consacrant sa une aux manœuvres cyniques et étroitement partisanes de Mauricio Macri, qui tente (en vain jusqu’à présent) de déterrer la hache de guerre alors que son successeur, à la tête de la capitale fédérale, le libéral Horacio Rodríguez Larreta, a, dès le début de l’épidémie, fumé le calumet de la paix avec son successeur à la tête du pays, le péroniste (de gauche) Alberto Fernández.

Une de La Nación hier
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Cette assez bonne entente entre ses deux successeurs, au-delà de leur opposition idéologique, pour gérer le pays au mieux de l’intérêt commun au milieu de la crise sanitaire, semble insupportable à l’ancien président dont les décisions politiques n’ont jamais servi que des intérêts particuliers, les siens d’abord et ceux du grand patronat ensuite, au cours de ses trois mandats exécutifs successifs, deux à Buenos Aires et un à la Casa Rosada, de 2007 à 2019, tout en disant bien entendu le contraire. Les photos et vidéos publiées par Clarín montrent une faible mobilisation, sauf celle choisie pour la une qui montre un grand nombre de véhicules dans Avenida 9 de Julio près de l’Obélisque. De même, la première photo qui illustre l’article de La Nación est un peu plus convaincante mais les manifestants ne parviennent pas à occuper toute la largeur de l’avenue où les voitures continuent à circuler normalement. Quant à la galerie photographique publiée par le même journal, elle ramène le lecteur à une réalité décevante pour l’opposition. Dans certaines grandes villes, la manifestation était aussi pitoyable que les légendes des photos sont triomphalistes (à Rosario ou Mar del Plata, par exemple).

"Drapeaux de sortie contre le gouvernement dans différents lieux du pays",
dit le gros titre sur cette photo qui n'arrive pas à impressionner vraiment
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Les clichés publiés par Página/12 confirment l’impression d’un tout petit rassemblement autour de l’Obélisque à Buenos Aires. On y lit clairement les sempiternels slogans de la droite dure : Basta de impunidad (l’impunité, ça suffit) ou Juntos por la Democracia y la República (ensemble pour la démocratie et la république). Ce qui est curieux, c’est que les urnes viennent de parler haut et clair il y a moins d’un an et que la démocratie consiste, entre autres, à accepter leur verdict (1).
Par ailleurs, le premier procès pour corruption impliquant des ministres de Mauricio Macri (gros scandale d’irrégularité dans le secteur des autoroutes à péages) vient d’être étouffé : des juges (dont les penchants de droite sont un secret de Polichinelle) en ont invalidé l’instruction pour un vice de forme assez contestable. C’est curieux comme tout va toujours dans le même sens avec ces excités, heureusement très minoritaires (ce qui explique peut-être leur hargne).
Vendredi, au lendemain de cet arrêt discutable, seul Página/12 a traité le sujet. Aucun des trois quotidiens de droite n’en a dit un mot sur son site Internet : ils préfèrent passer sous silence l’inculpation de ces trois ténors du macrisme et ne pas même en informer leurs lecteurs.

Manifestation massive, dit le gros titre
sur une image qui montre l'inverse
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Ce matin, Daniel Paz et Rudy s’en amusent dans leur vignette du jour :

 La journaliste : Que devrait faire le gouvernement pour améliorer la situation ?
Mauricio Macri : Bon ! Moi, ce que je ferais…
La journaliste : Non, non ! Pour-améliorer-la-situation.
Traduction © Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :
lire l’entrefilet de La Prensa (et pourtant l’info faisait la une du journal)
Aujourd’hui, Página/12 et Clarín tâchent d’analyser la stratégie de Mauricio Macri et son apparent échec au sein de son camp où les partisans du dialogue avec le gouvernement semblent l’emporter :



(1) La démocratie consiste aussi à laisser toute sa place à la défense dans un procès et on ne peut pas dire que cette partie de l’opinion publique respecte ni le droit de la défense ni la présomption d’innocence dès que Cristina Kirchner ou quelqu’un réputé lui être proche est dans le collimateur d’un juge soient respectés ni de près ni de loin.

lundi 14 septembre 2020

Fernando Suárez Paz, violoniste de Astor Piazzolla, vient de nous quitter [Actu]

Image Télam

Aujourd’hui, le monde du tango dit adieu au violoniste et compositeur Fernando Suárez Paz qui appartint pendant dix ans, de 1978 à 1988, au Quinteto Nuevo Tango fondé et dirigé par Astor Piazzolla. Mais ce ne fut pas là son seul titre de gloire : il fut aussi l’un des fondateurs du Sexteto Mayor et joua, entre autres formations, au sein de la Orquesta Sinfónica Nacional et de la Orquesta Filarmónica de Buenos Aires. Il a travaillé avec à peu près tout ce que le tango compte et a compté de grands noms comme Aníbal Troilo ou Horacio Salgán, avant de fonder son propre groupe.

Samedi dernier, il est parti rejoindre tous ces grands artistes au paradis des musiciens à cause d’un cancer. Il avait 79 ans. Il avait commencé à jouer du violon à l’âge de cinq ans !

A cause des restrictions sévères dues à la pandémie, il ne pourra pas recevoir l’hommage de ses proches au sens large, ni de ses confrères ni de ses admirateurs. C’est une grande injustice. En un autre temps, il est probable qu’une chapelle ardente aurait été monté dans un bâtiment officiel.

Ce matin, Página/12 était le seul quotidien d’envergure nationale à lui rendre hommage.
Voir la page que lui consacre le site encyclopédique argentin Todo Tango.

mercredi 9 septembre 2020

Le dernier bicentenaire de la geste sanmartinienne commence [Bicentenaire]

Le buste de San Martín à Paracas enveloppé hier dans les couleurs du Pérou
Photo Présidence du Pérou
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Hier, le Pérou a solennellement ouvert les festivités du bicentenaire de son indépendance en commémorant l’arrivée sur son sol du général José de San Martín (1778-1850).

Le BAP Unión illuminé dans la nuit aux couleurs nationales
Photo Présidence du Pérou
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Barrio de Tango suivra les célébrations qui tourneront autour de ce personnage historique auquel trois pays doivent leur indépendance : l’Argentine (où il a consolidé le processus), le Chili (qu’il a libéré du joug colonial grâce à sa campagne militaire en 1817 et 1818) et le Pérou (campagne de 1820-1821 et période du Protectorat de la Liberté en 1822).

Reportage en direct sur TV Perú

Hier matin, le président de la République du Pérou, Martín Vizcarra, s’est donc rendu à Paracas où, sur Plaza del Desembarco (place du débarquement), il a salué la mémoire d’un homme pour lequel les Péruviens, quelle que soit leur couleur de peau 1, professent une affection hors du commun et qu’ils considèrent comme le père fondateur du pays 2. Après la cérémonie, les services de la Présidence ont publié une magnifique galerie de 32 photos toutes plus belles les unes que les autres et qui mettent parfaitement en valeur le paysage de cette anse péninsulaire où San Martín avait choisi de faire ses premiers pas sur le sol péruvien.

En duplex de Santiago du Chili, Sebastián Piñera présente ses vœux aux Péruviens
Au-dessus de l'écran, la devise du Bicentenaire au milieu de la pandémie :
"Construisons ensemble le pays que nous imaginons"
Photo Présidence du Pérou
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Le chef de l’État était accompagné de sa ministre des Affaires étrangères et de son ministre de la Défense. Et tout le monde était masqué, malgré le climat tropical.

Au cours de cette cérémonie, les présidents argentin et chilien ont pris la parole à distance, chacun chez lui. Trois monuments ont été inaugurés pour l’occasion : une plaque supplémentaire en l’honneur de San Martín, un buste de Bernardo O’Higgins (1778-1842), le Directeur suprême du Chili qui avait donné mission à San Martín (sur un plan de celui-ci), et un autre de Toribio de Luzuriaga (1782-1842) 3, l’un des Péruviens de l’expédition.

En duplex de Buenos Aires, Alberto Fernández salue son homologue et le peuple péruvien
Photo Présidence du Pérou
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Le BAP Unión 4, l’élégant quatre-mâts-barque à voile carrées spécialement construit pour la Marine péruvienne comme navire école, est venu rendre les honneurs militaires dans la baie, ce qui, dans la nuit comme en plein jour, a donné de majestueuses images.

Depuis ce matin, avec les huit heures de décalage horaire qui séparent Lima de la façade ouest de l’océan Atlantique, nous pouvons découvrir sur les sites de quelques quotidiens, de la radio et de la télévision nationales les échos de la cérémonie d’hier qui s’est tenue malgré la tragédie que traverse le Pérou depuis l’irruption du covid-19 devant lequel le système sanitaire s’est effondré et qui a déjà provoqué plus de trente-mille décès, dont ceux de déjà plus de 125 médecins de tous âges (sans parler des autres soignants).

Le président et la suite officielle après les inaugurations, la baie de Paracas derrière eux
Photo Présidence du Pérou
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Pour cette raison, le président Vizcarra a également dévoilé à cette occasion un monument en mémoire des victimes du covid dans cette région, la vallée d’Ica.

Pour aller plus loin :
lire l’article de TV Perú, avec son reportage filmé intégré (grâce à YouTube)



(1) Au Pérou beaucoup plus encore qu’en Argentine où c’est pourtant déjà un phénomène significatif, le phénotype reste un facteur de grave discrimination socio-culturelle, ce qui crée une société plus injuste encore qu’aux États-Unis, qui ont tenté de rééquilibrer les choses en créant des quotas. La société péruvienne continue, hélas, de cultiver un racisme profond qui ne laisse pas cet abolitionniste de l’esclavage et cet adepte de l’universalité humaine qu’était José de San Martín reposer en paix dans son mausolée, dans la cathédrale de Buenos Aires.
(2) Le Chili est moins attaché à San Martín que ses deux voisins de l’est et du nord. Il existe en effet deux personnages chiliens qui ont joué un rôle important dans le processus anticolonial du Chili, ce qui n’est pas le cas au Pérou : José Miguel Carrera, qui prit la tête de la Junta autonomiste de septembre 1810 et devint, à la fin du 19e siècle, une figure vénérée (à tort) par la gauche qui s’en fait une image largement imaginaire, et Bernardo O’Higgins, le premier Directeur Suprême du Chili, lui qui fit déclarer l’indépendance en février 1818 et fut un compagnon d’armes et un ami personnel de San Martín jusqu’à sa mort en exil à Lima en 1842. C’est lui qui fit partir l’expédition qui allait libérer le Pérou dont son père, Ambrosio O’Higgins avait été vice-roi.
Malheureusement, le souvenir de Bernardo O’Higgins a été très vite récupéré par la droite libérale dans la seconde moitié du 19e siècle puis par la droite la plus autoritaire et la plus réactionnaire, au 20e, notamment celle de Pinochet. Ce qui n’aide évidemment pas à en faire le héros national consensuel que devraient lui valoir son action historique et les valeurs éthiques dont il a vécu.
(3) Luzuriaga était un général de l’indépendance sud-américaine. Il était né au Pérou, à Huaraz. Il a combattu du côté révolutionnaire dans le Haut-Pérou (actuelle Bolivie) et dans le nord-ouest de l’Argentine. En 1816, il avait succédé à San Martín comme gouverneur de la province de Cuyo (aujourd’hui Mendoza, San Luis et San Juan). En janvier 1820, il l’avait rejoint au Chili et avait intégré l’Expédition libératrice du Pérou. Le 8 septembre 1820, il était à la tête des forces qui débarquèrent sur la plage de Paracas et prirent le village de Pisco, préalablement déserté par ses habitants. Il fut par la suite président d’un département péruvien et fut le premier à recevoir la dignité de maréchal du Pérou indépendant. Par la suite, il retourna en Argentine où il subit des déconvenues de toutes sortes, notamment de la part des responsables politiques qui se succédèrent à Buenos Aires. Réduit à la misère par une succession de catastrophes agricoles, il se suicida dans son uniforme de maréchal. Ses descendants vivent aujourd’hui dans la province de Corrientes, celle où était né San Martín. Son souvenir est particulièrement vénéré dans son pays natal.
(4) BAP : sigle de Buque [de la] Armada del Perú (ce qui se traduit en français par « bâtiment militaire péruvien »).

L’université de Salamanque se joint à l’Année du Général Manuel Belgrano [ici]

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L’université de Salamanque, dans le centre de l’Espagne, est celle où est venu se former au droit le jeune Manuel Belgrano de 1786 à 1790. C’est là qu’il a découvert une toute nouvelle discipline qu’il a très vite préférée au droit mais qui ne débouchait alors sur aucun métier : l’économie.

Deux professeures de droit, l’une installée à Salamanque et l’autre qui se partage entre la UBA, à Buenos Aires, et la célèbre et historique institution salmantine, proposent vendredi 11 septembre 2020 à 18h30 (heure espagnole) une table-ronde à distance grâce à Google Meet.

La manifestation est gratuite mais il faut s’inscrire auprès de l’organisatrice comme l’indique l’affiche numérique ci-dessus.

La table-ronde rassemblera des chercheurs espagnols, argentins, chiliens et colombiens.

L’Année du Général Manuel Belgrano s’ouvre sur l’international.

Pour y participer, je quitterai le salon du livre de la Bellevilloise à 17h et non à la fermeture de la manifestation.

mardi 8 septembre 2020

Il y a deux cents ans aujourd’hui, San Martín foulait le sol de Pisco [Bicentenaire]

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Le 8 septembre 1820, le général José de San Martín, à la tête d’un corps expéditionnaire envoyé par le Chili 1, débarquait sur une plage péruvienne, la Bahía de Paracas, à « trois lieues au sud du port de Pisco » 2, dans la partie méridionale du pays. Cette expédition, San Martín l’avait conçue en août 1814, alors qu’il était convalescent à Córdoba, dans la future Argentine dont il était natif. Il était parti de Valparaíso le 20 août précédent.

Edition du 24 novembre 1820
quand on apprit le départ le 20 août de l'expédition de San Martín
Ce journal était libéral et cette information l'embarrasse beaucoup.
Tout libéraux qu'ils pouvaient être, les Espagnols au pouvoir
pendant ces trois années où le roi avait été écarté du gouvernement
tenaient à conserver leur empire colonial
d'où provenaient toutes leurs richesses
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Dès qu’il eut mis pied à terre, entouré de quelques hommes de son état-major et accompagné de deux bataillons, de deux équipages d’artillerie et d’un détachement de cavalerie débarqués dans la nuit 3, il déclara que le Pérou était d’ores et déjà libre, alors que Lima était encore tenue par son vice-roi, le général Joaquím Pezuela, celui-là même qui à la fin de l’année 1813 avait gagné la confiance du Conseil de Régence en Espagne en délogeant du Haut-Pérou (actuelle Bolivie) le général indépendantiste argentin Manuel Belgrano. Avec cette déclaration provocante, San Martín entamait ce qu’il restait de crédit à Pezuela, l’une des principales tactiques qu’il allait mettre en œuvre pendant les dix mois qui le séparaient de la chute définitive de Lima et de la conversion de ses habitants à l’indépendance.

La côte péruvienne à la hauteur de Pisco (photo Google Earth)
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Pendant ces dix mois, jusqu’à la mi-juillet 1821, San Martín mena une guerre d’usure contre les forces royalistes en évitant autant qu’il lui était possible de verser le sang et en refusant de provoquer la bataille de Lima dont toute l’Europe attendait qu’elle répète son exploit de février 1817 lorsqu’il avait déjà défait les troupes royalistes au Chili, à la bataille de Chacabuco. À bord d’une petite goélette, la Moctezuma, que le directeur suprême du Chili lui avait offerte, pour qu’elle lui serve de domicile jusqu’à la reddition de Lima, il allait parcourir la côte péruvienne du sud au nord et du nord au sud pour affoler les forces ennemies, provoquer des marches et contre-marches qui, en épuisant les hommes, allaient entraîner des désertions en masse et même des ralliements collective à la cause révolutionnaire.

Extrait de l'ouvrage du général Geronimo Espejo,
compagnon d'armes de San Martín depuis la traversée des Andes
Apuntes históricos sobre la Expedición libertadora del Perú, Buenos Aires, 1868

En septembre 1820, Pezuela disposait d’environ 8.700 hommes (ce sont du moins les chiffres qu’il présenta lorsque, de retour en Espagne, il dût rendre des comptes au roi Fernando VII pour la perte de la dernière colonie que la Couronne possédait encore sur le continent sud-américain). San Martín n’en avait que la moitié 4 mais sa stratégie s’avéra payante et ses rangs grossirent au fur et à mesure que le temps s’écoulait.


A partir du 8 septembre jusqu’en septembre 1822, les écrits publics de San Martín allaient porter une double date, le jour selon le calendrier grégorien et, souvenir de la Révolution Française, dont il était l’un des héritiers, l’année de la Liberté du Pérou : Año I de la Libertad del Perú jusqu’en août 1821 puis Año II de la Libertad del Perú jusqu’à sa démission de toute fonction publique, remise aux députés du Congrès constituant qu’il avait convoqué à Lima en septembre 1822.

San Martín quitta le pays avec le titre de Fondateur de la Liberté du Pérou que le Congrès venait de lui accorder et qui figure sur son acte de décès, dressé à Boulogne-sur-Mer le 18 août 1850 et que conservent les archives départementales du Pas-de-Calais.

Une de La Prensa aujourd'hui
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A cette occasion, le quotidien argentin La Prensa a publié aujourd’hui une chronique commémorative du président honoraire de l’Instituto Sanmartiniano del Perú (à lire sous ce lien). Le journal la fait même figurer sur sa une de ce jour. A marquer d’une pierre blanche !



(1) Elle englobait aussi une partie de l’Armée des Andes, majoritairement composée d’Argentins et plus précisément de Cuyains.
(2) soit une douzaine de kilomètres.
(3) Leur mission était de s’emparer de la bourgade de Pisco. En arrivant sur place, ils trouvèrent la place désertée par ses habitants et s’installèrent avec les précautions d’usage. De son côté, le gouvernement vice-royal fit courir le bruit que la ville avait été ravagée par l’ennemi et que les civils avaient souffert des traitements barbares.
(4) 4.118 hommes pour l’armée de terre et 1.900 marins. Très vite, une grande partie de cette armée fut victime du paludisme qui ravageait ces régions et la suite de la campagne n’en fut que plus héroïque et mit à rude épreuve les qualités de stratège et de tacticien du général en chef.