mercredi 13 janvier 2021

Caras y Caretas rend hommage au n° 10, el Diez [Disques & Livres]

"La gauche de Dieu" titre ce numéro très spécial


Dimanche dernier est paru le premier numéro 2021 de la revue mensuelle Caras y Caretas, du groupe Octubre. En l’occurrence, elle accompagnait le numéro dominical du quotidien Página/12 : elle est en effet ce mois-ci entièrement consacrée à la légende de Diego Maradona, El Zurdo (ici, le gaucher) (1), El Diez, disparu un mois avant Noël.

Le ban et l’arrière-ban des journalistes, chroniqueurs et autres intellectuels de gauche figurent au sommaire. Il s’agit d’observer le phénomène sous toutes les coutures : football, social, politique, enjeux internationaux sans oublier les dimensions artistiques, avec les grandes envolées lyriques qui les accompagnent.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :





(1) Cela peut aussi vouloir dire "le gauchiste" et dans ce cas-là, cela sonne plutôt comme une insulte.

Precios Cuidados : le programme continue en 2021 [Actu]

Sous le logo de l'opération, un jeu de mots en guise de gros-titre :
"Le soin n'a pas de prix"

Precios cuidados (prix soignés/prix sur lesquels on veille), le programme de lutte contre l’inflation des prix à la consommation, lancé par Cristina Kirchner et qui a survécu tant bien que mal à Mauricio Macri, est reconduit une nouvelle fois cette année. Il a permis à plusieurs marques nationales d’élargir leur clientèle et de survivre dans le cadre de la crise sanitaire. Il a aussi permis à des consommateurs de continuer à consommer malgré la crise économique et le chômage qui a augmenté dans des dimensions encore inconnues (environ la moitié des travailleurs argentins ont des activités non déclarés, souvent sous la contrainte de leurs employeurs ou leurs clients).

Jusqu’à la fin mars, l’autorisation d’augmentation des prix est de 5,6 % en moyenne sur l’ensemble des produits inscrits alors que l’inflation annuelle en 2020 se situe autour de 30 % (on n’a pas encore les chiffres définitifs). Les produits alimentaires vont augmenter de 6,35 %, les produits ménagers de 4,4 % et ceux d’hygiène personnelle de 5,1 %. Dans ces deux dernières catégories, on a développé l’offre concernant la prophylaxie du covid-19 : eau de javel, gel hydroalcoolique, savon, etc. Quant aux produits alimentaires, ils souffrent d’une hausse plus élevée parce que les prix ont flambé au cours de l’année dernière, notamment ceux de la viande (+ 74 % en 2020) et ceux des fruits (54,8%) et légumes (89,5%) de saison

Pour cette nouvelle saison, 660 produits constituent le programme. Certains appartiennent aux toute premières marques nationales, d’autres à des producteurs de taille plus modeste. La nouvelle liste élargit aussi le programme puisque 260 produits ont été ajoutés à la mise à jour d’octobre, ce qui correspond à 65 % de plus.

Dans tout le pays, 54 enseignes, dont toutes les grandes chaînes, participent à l’opération, depuis la supérette de quartier jusqu’à l’hypermarché de périphérie.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

Report sine die de la Feria del Libro 2021 [Actu]

L’événement majeur du secteur du livre sud-américain, le Salon du Livre de Buenos Aires (Feria del Libro), qui se tient tous les ans à l’automne, en avril-mai, est d’ores et déjà reporté sine die par l'organisme qui le produit et l'organise, la Fundación del Libro.

Actuellement, ce qui est envisagé est un report de la manifestation au mois d’octobre mais rien n’est sûr pour autant.

Cette date lointaine présente l’avantage de permettre la tenue de l’événement en plein air, sur de simples bâches pour éviter le fort soleil comme la pluie éventuelle, à un moment où l’on peut espérer qu’une grande partie de la population sera vaccinée.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

Remède de cheval contre le covid-19 [Actu]

Le président au centre
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Photo Casa Rosada


La Universidad Nacional San Martín (UNSAM), en partenariat avec le laboratoire privé Inmunova, l’Instituto Biológico Argentino, l’Instituto Malbrán, l’un des piliers de la recherche médicale publique en Argentine, et le CONICET (centre national de recherche et de technologie), a développé et produit un médicament à base de sérum de cheval que l’autorité d’homologation commune aux deux secteurs (alimentaire et sanitaire), la ANMAT, vient de valider.

Avant-hier, le président Alberto Fernández s’est rendu à San Martín, dans la banlieue ouest de Buenos Aires, pour visiter les laboratoires qui sont le théâtre de cette importante avancée pharmaceutique puisqu’il y a encore fort peu de médicaments efficaces contre cette nouvelle maladie.

Or ce sérum fait baisser de 45 % le taux de mortalité chez les malades gravement atteints et permet d’alléger les protocoles de soin en diminuant de 24 % le nombre de jours passés en soins intensifs et de 36 % l’usage de respirateurs. Il est le résultat de l’un des projets lancés en mars 2020 à la suite d’un appel du gouvernement à tous les chercheurs, médecins, ingénieurs et pharmaciens du pays pour contribuer à la lutte contre la pandémie.

Le médicament va désormais être distribué dans tous les centres hospitaliers du pays, publics comme privés, alors que, pour lutter contre la remontée de l’épidémie, une grande partie de l’Argentine est sous un couvre-feu plus léger que les nôtres (là-bas, c’est l’été, on est en pleines vacances, la mesure ne couvre donc qu’un quart de la journée, au plus noir de la nuit).

A la une de Página/12, Paz et Rudy ont profité de l’occasion pour se payer une fois de plus leur tête de Turc préférée, l’ancien président Mauricio Macri, étoile déclinante et décriée du néolibéralisme argentin.


Mauricio Macri : Pas fou ! Pas question de prendre le sérum de cheval !
Le binoclard qui lui file le train : Pourquoi ça ?
Mauricio Macri : Après, tu te mets à aimer l’équité*.
Traduction © Denise Anne Clavilier
*Jeu de mot comme d’habitude entre le substantif equidad (équité) et l’adjectif equino (équin).

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :