mardi 31 octobre 2017

Conférence sur San Martín en Normandie [ici]

Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Le 23 novembre 2017, à 20h30, à Fleury-sur-Orne, dans le Calvados, je donnerai une conférence sur le général José de San Martín, héros de l'indépendance de l'Amérique du Sud, dans le cadre de la Semaine Argentine, organisée par le comité de jumelage avec la ville de Mar del Plata.

Cliquez sur l'image pour une haute résolution

La conférence sera suivie d'une vente-dédicace de mes ouvrages sur laculture argentine (Editions du Jasmin). Elle se tiendra à l'Espace N. Oresme.


Entrée libre et gratuite.

Pour en savoir plus :
écouter mes conférences en français ou en espagnol sur mon site Internet
ou mes interviews (dans l'une et l'autre langues) radio et télévision

Une nouvelle identification pour Abuelas en cadeau d'anniversaire [Actu]


Jeudi dernier, Abuelas de Plaza de Mayo célébrait ses quarante ans d'existence et la présidente, Estela de Carlotto, en a profité pour annoncer l'identification d'une 125e personne, la fille de Lucía Rosalinda Victoria Tartaglia, une étudiante en droit native de la province de La Pampa et qui militait à la Jeunesse Universitaire Péroniste. Elle avait 24 ans lorsqu'elle a été enlevée le 27 novembre 1977. Le nom du père de son enfant ne figure pas parmi les informations fournies par l'organisation des grands-mères.

La fête s'était tenue à la Ballena Azul, l'un des très grands espaces disponibles au CCK, un lieu que l'association avait réclamé à grands cris pour cette date, d'après le témoignage qu'avait donné Estela de Carlotto elle-même, au début du mois, lorsqu'elle a donné une conférence à Paris, à la Maison de l'Amérique Latine (voir mon article du 25 septembre 2017).

Le lendemain, l'affaire a été traitée dans presque tous les quotidiens.

Pour en savoir plus :
lire l'article de Página/12, qui, pour une fois, n'a consacré à cette nouvelle qu'une manchette (le journal nous a pourtant habitués à lire ce genre d'information sur sa une). Cette fois-ci, après ladécouverte du corps de Santiago Maldonado, qui se serait noyé dans le Río Chubut, le journal d'opposition a préféré entretenir ses accusations contre le gouvernement en place, qu'il continue de rendre responsable de ce décès, dont pour le moment on a lieu de penser qu'il a été accidentel et non pas criminel ni politique (1)
Le lendemain, Página/12 est revenu sur le sujet avec une interview de la famille maternelle de la jeune femme identifiée.



(1) Le jour même, un éditorialiste de Clarín dénonçait en termes à nouveau très durs l'acharnement de l'opposition à attribuer ainsi aux forces de l'ordre le décès du malheureux sous le titre "La post-vérité dans l'affaire Maldonado".

Las Violetas élu meilleur Bar Notable par les portègnes [Actu]


A la suite d'un vote organisé auprès de la population de Buenos Aires, le café-salon de thé Las Violetas, du quartier de Almagro, devient le meilleur café remarquable (bar notable) de la capitale argentine.

Un coup de cœur pour moi puisque cet établissement a été plusieurs années mon lieu favori pour y rencontrer un certain nombre d'artistes qui sont maintenant devenus des amis. C'est là en particulier que j'ai fait la connaissance de Luis Alposta, en août 2008, et il s'en souvient lui aussi avec émotion. Ce premier contact s'était prolongé quelques jours plus tard par un dimanche en famille, chez lui, avec son épouse et leurs quatre enfants, qui sont tous des adultes à présent.
Quelques mois plus tard, Luis acceptait de postfacer mon premier livre, Barrio de Tango, Recueil bilingue de tangos argentins (Editions du Jasmin).


Las Violetas est un lieu charmant à Buenos Aires. Les en-cas et les desserts y sont délicieux. Le café et le submarino (1) aussi.

Pour aller plus loin :



(1) Submarino (sous-marin) : lait chaud dans lequel on laisse fondre un gros carré de chocolat noir.

Démission de la procureure générale d'Argentine [Actu]


Depuis presque deux ans que Mauricio Macri s'est installé à la Casa Rosada (10 décembre 2015), la procureure générale de la Nation argentine était dans le collimateur du gouvernement qui cherchait à la pousser à la démission après avoir tenté toutes les autres voies. Alejandra Gils Carbo avait en effet été nommée par le gouvernement précédent et elle passait, à ce titre, pour une fervente tenante de l'idéologie kirchneriste.

Le 22 octobre, le premier tour des élections législatives de mi-mandat ont conforté l'actuelle majorité et le président en a profité pour relancer ses projets les plus radicaux.

Cliquez sur l'image pour une plus haute résolution

La magistrate a fini par rendre les armes. Depuis le 20 octobre, elle est inquiétée dans une affaire de corruption qui a émergé fort tard (peut-être fort opportunément), qui pourrait la conduire à comparaître devant une cour pénale et qui a éloigné pour longtemps une solution en interne (révocation à la suite d'un jugement par ses pairs). Elle avait menacé de défendre son maintien dans son poste jusque devant des juridictions internationales. Le score électoral de la majorité il y a dix jours aura eu raison de sa résistance.

En même temps que Alejandra Gils Carbo annonce sa démission, afin, dit-elle, de protéger le parquet national contre une réforme en projet qui lui ferait perdre de l'autonomie, on lit aussi que le président a démis de ses fonctions le ministre de la santé pour le remplacer par le second du même ministère.

Pour une haute résolution, cliquez sur l'image

La démission de la procureure est vue comme le triomphe d'une collusion entre le gouvernement, la majorité au Congrès et une partie du corps judiciaire (celle qui serait à droite).

Pour aller plus loin :
lire l'article sur les raisons "secrètes" de la démission, analysées par La Nación.

Ajout du 9 novembre 2017 :
la réaction des militants des associations de gauche n'a pas tardé. Lire l'article de Página/12 sur la manifestation qu'ils ont organisée au Congrès de la Nation hier, avec, en tête, Estela de Carlotto et l'ex-juge à la Cour Suprême Raúl Zaffaroni.

jeudi 26 octobre 2017

Festival de Tango ce week-end à Parque Patricios [à l'affiche]


A partir de ce soir et pour trois jours, l'Espace Culturel Benigno et la Milonga Pública de Parque Patricios organisent un mini-festival de tango dans le sud de Buenos Aires avec des concerts, une exposition de photos, des cours de danse, une expo-vente, des milongas en plein air (c'est le printemps à Buenos Aires).
Les activités sont toutes gratuites. C'est un grand moment de convivialité à travers tout le quartier puisque le festival se déplace à l'intérieur du territoire, à la rencontre des habitants.

Un bel article dans le journal du quartier (en date du 19 octobre dernier)
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution

La Milonga Pública de Parque Patricios a été distinguée par la Legislatura de Buenos Aires qui l'a déclarée d'intérêt culturel.

Pour en savoir plus :

Jacqueline Sigaut et Victor Simón s'en vont jouer bien loin de Palermo [à l'affiche]


Ce samedi 28 octobre 2017, à 21h30, la chanteuse Jacqueline Sigaut et son pianiste préféré, Victor Simón, se produiront à Gualeguay, dans la Province de Entre Ríos, qui appartient à ce nord-est argentin qu'on appelle là-bas le Litoral, à cause des deux cours d'eau géants qui le bordent, le Río Uruguay et le Río Paraná.

Le pays du chamamé et du général Urquiza, le premier président d'une Confédération argentine qui se réunissait en 1852, après trente ans d'éclatement institutionnel et de guerre civile.

Le récital se tient au Club Social, rue du 1er Mai au numéro 83.

Entrée : 200 $ ARG.

Noelia Moncada chante les rythmes noirs d'Argentine à la Usina del Arte [à l'affiche]


Demain, vendredi 27 octobre 2017, à 20h, la chanteuse Noelia Moncada se produira dans le cadre d'une série de concerts consacrés aux racines noires de la musique populaire du Río de la Plata.

Pour ce récital gratuit, elle sera accompagnée de Pablo Fraguela au piano, de Juan Pablo Navarro à la contrebasse, de Ariel Argañaraz à la guitare et de Facundo Guevara et Gaspar Tytelman aux percussions.

Ce sera à la Usina del Arte, la grande salle municipale située au cœur du quartier de La Boca, au sud de la ville.

Samedi, Chiflados + Cantoras propose un récital de Viviana Scarlassa [à l'affiche]


L'Espacio Cultural Benigno (EC Benigno) propose depuis le début de l'année une série de concerts avec des voix féminines. Ce samedi 28 octobre 2017, à 21h30, ce sera la chanteuse et comédienne Viviana Scarlassa qui viendra se produire dans cette salle de Parque Patricios (avenida Chiclana 3045).

Entrée : 150 $ ARG

mercredi 25 octobre 2017

Duel argentin autour des Droits de l'Homme [Actu]

La délégation du gouvernement argentin pendant l'audition

Ces jours-ci, à Montevideo, se tiennent les audiences de la Commission Interaméricaine des Droits de l'Homme (CIDH) sur la situation de l'Argentine.
Les syndicats, les associations de victimes de la dictature militaire des années 70 (1) et les défenseurs de Milagro Sala (retournée en prison il y a quelques jours, malgré l'avis de la CIDH - voir mon article du 30 septembre 2017) sont entendus par la Commission. Le gouvernement argentin aussi.
Et les accusations se croisent et s'entrechoquent. Du côte de l'opposition (syndicats, associations et comité de défense de Milagro Sala) accusent le gouvernement de faire régresser la démocratie et les droits sociaux des salariés et, en général, de violer les droits de l'Homme. De son côté, Claudio Avruj, le Secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme, à la tête de la représentation officielle de l'Argentine, a fait valoir les distorsions des faits et les manipulations partisanes qui vicient les argumentations de l'opposition kirchneriste.

Les responsables des différentes centrales syndicales à la même place pendant l'audience
Derrière, on voit des activistes brandir des photos de détenus,
qu'ils tâchent de faire passer pour des prisonniers politiques

Il y a quelques minutes, Página/12 n'hésitait pas à publier une photo prise dans une école où l'on voit des lycéens (qui sont mineurs) (2) et leurs professeurs (qui eux sont majeurs) poser devant l'appareil avec des panneaux qui réclament Justice pour Santiago Maldonado, dont il apparaît après autopsie qu'il s'est noyé sans avoir été brutalisé (voir mon article du 21 octobre 2017). Quelle justice voulez-vous rendre, en faisant pression sur l'instruction, à ce qui apparaît comme un accident ?

La salle d'audition en entier.
On reconnaît la chevelure toute blanche de Estela de Carlotto (Abuelas de Plaza de Mayo)

Les journaux prennent partie, mais de manière inégale. Página/12 ne publie pas moins de trois articles sur le sujet, Clarín et La Nación un seul chacun – mais dans les deux cas, les papiers concernés sont d'authentiques catalinaires contre l'opposition, dont les résultats électoraux viennent de révéler la faiblesse politique dans l'ensemble du pays.

Pour vous y repérer :
lire l'article de Página/12 sur la situation de Milagro Sala, en prison, à Jujuy – elle est présentée par son comité de défense et par toute la gauche kirchneriste comme une prisonnière politique
lire l'article de Página/12 sur les représentations des syndicats devant la CIDH
lire l'article de Página/12 sur les revendications des associations de victimes de la Dictature militaire des années 70
lire l'entrefilet de Página/12 sur la prise de position de Claudio Avruj sur le cas de Milagro Sala, dont il a déclaré devant la Commission qu'il estimait que cette dame devait vivre en résidence surveillée (conformément aux recommandations de la CIDH) et non derrière les barreaux, derrière lesquels elle a été renvoyée par la cour d'appel de la Province de Jujuy il y a quelques jours
lire l'article de Clarín sur les arguments développés par le gouvernement
lire l'éditorial de La Nación, où Marcos Novaro tâche d'éclairer la genèse de l'affaire Santiago Maldonado, dans laquelle il voit un mensonge délibéré construit à dessein par l'opposition pour réveiller les vieux fantômes de la dictature, pour faire retentir dans le débat public la notion atroce des disparus, inspirer la peur politique pour faire reculer le vote Cambiemos et tenter de reprendre le pouvoir par les urnes.
Si c'est bien la stratégie suivie, elle a lamentablement échoué dimanche dernier (voir mon article du 23 octobre 2017).

Ajouts du 26 octobre 2017 :
Página/12 ne lâche rien !
lire l'article sur l'affaire Maldonado et le maintien des accusations contre l'Etat (en fait, le gouvernement, la confusion est habituelle en Amérique du Sud), qui serait coupable de la mort du jeune tatoueur militant pro-mapuche
lire l'article sur les suites du dossier Milagro Sala
Pendant ce temps, les journaux de la majorité (La Nación, Clarín) font leurs choux gras de la levée d'immunité parlementaire de l'ancien ministre de Cristina Kirchner, Julio De Vido, qui, aussitôt le vote acquis au Congrès, a été mis en prison préventive en attente de son procès pour corruption. Cette levée d'écrou et ce procès sont un véritable feuilleton depuis de nombreuses semaines.



(1) Elles se présentent comme des ONG des Droits de l'Homme mais c'est une qualité qui leur est de plus en plus déniée, à cause de leurs prises de position partisanes, leur interventionnisme dans le débat politique courant, qui les éloignent très souvent et de plus en plus de l'objet initial de leur lutte. Il s'agit des associations Madres de Plaza de Mayo, Abuelas de Plaza de Mayo, H.I.J.O.S. ou le CELS (présidé par le très controversé éditorialiste de Página/12, Horacio Verbitsky).
(2) Il est vrai qu'il y a quelques années, Cristina Kirchner a accordé le droit de vote (non obligatoire) aux mineurs, dès l'âge de 16 ans révolus. Les enfants sont donc parfois politisés en Argentine, au sein même de l'école, et ils le sont par le courant kirchneriste. Les actuels membres de l'alliance Cambiemos, qui est au pouvoir depuis près de deux ans, ont voté contre cette loi. Le kirchnerisme, à son tour, accuse le gouvernement d'une propagande sournoise et un formatage des esprits à droite, à travers le choix des contenus des programmes scolaires.

mardi 24 octobre 2017

Ma nouvelle interview en ligne – à la télé cette fois-ci [à l'affiche]

Après l'enregistrement
Entre Esteban Ocampo et Nolo Correa
Puesta en linea de una nota televisiva que me hizo Nolo Correa en su programa Por el Tango, el 6 de septiembre del 2017, en el Café La Poesía en Buenos Aires. Compartí este espacio con el historiador Esteban Ocampo, especialista destacado del Cruce de los Andes. Hablamos de San Martín y la investigtación histórica.

* * *

Por el Tango vient de mettre en ligne le numéro 719 de ce programme produit et animé par Nolo Correa. Il m'y avait invitée le 6 septembre 2017 dans l'après-midi, pour enregistrer au premier étage du Café La Poesía, à l'angle des rues Chile et Bolívar, dans le centre historique de Buenos Aires. Il s'agit d'un très beau café inscrit au patrimoine de la ville.

L'émission consiste en un entretien de l'invité avec Nolo Correa et son co-animateur. C'e'st la deuxième fois que Nolo Correa m'invitait. La première fois, c'était en 2011, dans un tout autre lieu (un ancien cinéma de La Boca, dans le sud de la ville).

L'interview à deux voix portait donc bien entendu sur San Martín, sur la Traversée des Andes, sur les problématiques de recherche historique et de vulgarisation de qualité. Sur Radio Rivadavia, j'avais aussi été l'invitée de Nolo Correa sur les mêmes sujets la veille et il me reste encore à préparer les enregistrements mp3 pour une mise en ligne sur mon site Internet (1) (voir mes articles du 23 septembre 2017, du 1er septembre 2011 et du 2 octobre 2013).

En ce qui me concerne, j'avais suggéré à Nolo d'inviter l'historien militaire Esteban Ocampo, que j'avais rencontré à San Juan, au Congrès d'histoire organisé par la Province et le Cercle d'Etutdes Historiques de la ville (Junta de Estudios Históricos de San Juan). Esteban Ocampo est aussi un reconstitueur qui a fait à quatre reprises déjà la Traversée des Andes dans les conditions d'il y a deux cents ans. C'est un historien très sérieux qui travaille sur les sources, ce qui n'est pas le cas de la majorité des auteurs qui se présentent comme des historiens en Amérique du Sud.



L'émission est donc à découvrir sur le canal You Tube de TV Arg, ci-dessous ou en cliquant sur le lien. En espagnol, comme de bien entendu. Elle s'ouvre sur des images de Nolo Correa en croisière fluviale sur la Seine à Paris !



(1) Pour le moment, je suis très occupée par un prochain accrochage d'une exposition sur la Traversée des Andes dans la presse francophone de 1817 que prépare, sur ma suggestion, la directrice du Museo del Regimiento de Granaderos a Caballo, pour la Casa San Martín de Boulogne-sur-Mer.

lundi 23 octobre 2017

Macri conforté par les élections de mi-mandat [Actu]

Clarín fait sa une sur un phénomène qui surprend beaucoup
un citoyen français : la fête au QG de Cambiemos à l'annonce des résultats
Le président du pays y prend part, en reprenant sa casquette partisane
Pour une haute résolution, cliquez sur l'image

Hier, les élections de mi-mandat ont confirmé Cambiemos, l'alliance actuellement au pouvoir. Dans la Province de Buenos Aires, la liste conduite par Cristina Kirchner décroche un siège (le sien, au sénat) mais son adversaire, Esteban Bullrich, l'ancien ministre de l'Education nationale, arrivé deuxième aux primaires (PASO), rapporte les deux autres sièges à pouvoir.

Il semble que Cristina aura du mal à se relever de cette nouvelle défaite même si elle a tenu hier soir un discours très triomphaliste où elle s'est présentée comme la nouvelle tête de l'opposition au sein du Congrès. Mais on verra ce qu'il en sera vraiment car ses camarades de militance la contestent de plus en plus ouvertement et l'un des cadres du kirchnerisme n'a pas hésité hier à la mettre en cause dans les trois défaites consécutives du courant, en 2013 (élections de mi-mandat de sa seconde présidence), en 2015 (élection de Mauricio Macri à la présidence en lieu et place de Daniel Scioli qu'on disait vainqueur jusqu'à la veille du premier tour) et à nouveau cette année.

Página/12 reprend la vieille expression raciste européenne anti-chinoise
en affichant en gros titre "Le péril jaune", une allusion à la couleur du logo du PRO,
le parti du président Macri, dont vous pouvez admirer le swing lorsqu'il danse sur scène
sous la pluie de confettis !

Le succès de Cambiemos est si clair que dans plusieurs provinces historiquement péronistes, comme Salta ou Santa Cruz (le fief des Kirchner), ce sont là aussi les candidats Cambiemos qui siégeront au Congrès.

Même des régions très pauvres, des faubourgs populaires, des zones rurales démunies, habitées par des populations qu'on aurait pu croire acquises à la politique sociale de Cristina, ont donné la majorité à Mauricio Macri et ses alliés.

La Nación a fait un peu plus sobre
La photo de une rassemble les deux vainqueurs de la région capitale :
le président et la gouverneure de la Province de Buenos Aires
Pour  une haute résolution, cliquez sur l'image

Du coup, ce matin, à la Casa Rosada, le président a relancé sa politique d'union nationale en délivrant un discours solennel où il a appelé tous les courants politiques à composer une unité nationale plurielle autour de quelques réformes dont le pays a manifestement besoin. Pourtant, hier, l'un des éditorialistes de La Nación analysait encore que ce grand projet du mandat avait du plomb dans l'aile à cause de la fracture creusée par les kirchneristes qui ont exploité contre le gouvernement en place et autant qu'ils l'ont pu, l'affaire Maldonado, du nom de ce jeune militant pro-mapuche disparu le 1er août et dont le corps sans vie a été repêché la semaine dernière dans le Río Chubut dans des conditions qui semblent exonérer la gendarmerie de toute responsabilité pénale (1).

Pour en savoir plus :
lire l'article de Página/12, qui sonne le tocsin en prévoyant des coupes sévères dans les aides sociales et une politique de rigueur dans les ministères économiques
lire l'article de La Prensa sur le discours présidentiel
lire l'article de La Nación sur le discours de Mauricio Macri
lire l'article de La Nación sur les résultats du scrutin
lire l'article de Clarín sur l'appel de la Casa Rosada
lire l'article de Clarín sur les résultats du scrutin, province par province.



(1) Le jeune homme, tombé (pour des raisons qui restent à éclaircir) dans un cours d'eau glacial en plein hiver (1er août), serait mort par noyade et hypothermie.

samedi 21 octobre 2017

Dénouement tragique mais sans surprise dans l'affaire Maldonado [Actu]

La Nación consacre son gros titre à l'affaire
mais choisit de mettre en valeur la reconnaissance internationale
du groupe de musiciens humoristes Les Luthiers, hier soir, à Oviedo, en Espagne
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

A minuit, le juge d'instruction qui a récemment repris l'enquête sur la disparition de Santiago Maldonado (1) le 1er août dernier, a donné la nouvelle tragique mais attendue (2). C'est bien le jeune militant de gauche qui a été retrouvé dans le Río Chubut mercredi, vers midi, sur une partie du cours d'eau dont certains disent qu'elle avait déjà été fouillée et d'autres affirment le contraire.

Les premières données de l'autopsie, qui a duré douze heures, indiquent que le jeune homme serait mort noyé et que son corps aurait séjourné dans l'eau (très froide dans cette région sud de la Patagonie) plus de deux mois.

La nouvelle éclate au milieu de la période de réflexion, qu'on appelle en Argentine la veda electoral, alors que les candidats ont l'interdiction de s'exprimer publiquement et que la campagne électorale est close. Le scrutin se tient demain. Ce sera le premier tour des élections législatives de mi-mandat, pour renouveler la moitié de la Chambre et le tiers du Sénat.

Página/12 choisit le visage éprouvé de Sergio Maldonado,
cette nuit, alors qu'il annonçait à la presse avoir identifié son petit frère,
et un gros titre qui accuse la gendarmerie au présent de l'indicatif

Les politologues s'attendent à une confirmation de la majorité actuelle à moins que ce rebondissement dans une disparition qui a été particulièrement instrumentalisée par l'opposition ne change la donne.

Le quotidien Página/12 n'hésite pas à dénoncer la responsabilité de la gendarmerie dans le drame qui vient d'être confirmé.
Les autres journaux n'affirment rien et attendront (ou feront mine d'attendre) les résultats définitifs des examens de médecine légale qui devraient être connus dans quinze jours. Une longue, très longue attente, due aux procédures du code pénal argentin.

Le président Mauricio Macri a appelé la mère du disparu et ce faisant, il a déclenché les foudres du fils aîné de celle-ci, fils aîné qui s'est fait depuis plusieurs semaines le porte-parole de sa famille. Ceci dit, si le président était resté muet, l'opposition aurait aussi trouvé moyen de le lui reprocher et de critiquer son indifférence et son insensibilité.

Pour en savoir plus :

Depuis la découverte du corps, tous les journaux consacrent chaque jour plusieurs articles à l'affaire dans chacune de leurs éditions.

Ajouts du 22 octobre 2017 :
lire cet éditorial de La Prensa de ce matin.
L'auteur pose un diagnostic extrêmement sévère (et injuste sur plusieurs points) sur le rôle des "intellectuels de gauche" dans cette affaire qu'ils ont - c'est exact- largement manipulée pour y impliquer les pouvoirs publics à travers la Gendarmerie (un peu à la façon dont les catalanistes peignent Mariano Rajoy et Madrid, qu'ils fantasment à plaisir en ennemis franquistes qui n'existent plus depuis longtemps).
Cet éditorial met noir sur blanc une interprétation très commune dans l'électorat (fort diversifié) de Mauricio Macri.
Il faut lire ce texte pour se faire une idée de la profondeur du malentendu qui prospère entre les deux pôles de la politique argentine : une gauche, plus ou moins péroniste, accrochée aux traumatismes de la Dictature (et qui n'est pas toujours la championne de la démocratie qu'elle voudrait être) et le reste du spectre politique (qui va de la gauche à la droite, comme au temps de Perón), qui veut se projeter vers l'avenir tout en dépassant les atrocités du passé dont il prend acte (ce n'est pas si simple, puisque l'histoire de la dictature n'est toujours pas faite ni les procès terminés ni tous les disparus identifiés et enterrés ou rendus à leur famille lorsqu'il s'agit d'enfants volés devenus aujourd'hui quarantenaires).
L'article est illustré d'une photo de la manifestation de gauche qui s'est tenue hier, sur Plaza de Mayo, en pleine trêve électorale (et là, encore, ce n'est pas qu'une manifestation de deuil, c'est aussi une manière, pour l'opposition, de peser sur le scrutin, de se compter, de se mobiliser pour le vote d'aujourd'hui. On peut se rendre compte du caractère ultra-organisé de la marche du fait des grandes banderoles qui sont exhibées sur tout le parcours).
lire l'article de La Nación sur le soulagement du gouvernement qui estime que le diagnostic de mort par noyade exonère sans doute la gendarmerie. L'autopsie a bien fait apparaître que le corps ne porte aucune lésion, ni blessure ni marque de strangulation. Il paraît donc difficile de maintenir l'accusation légale de desaparición forzada (disparition par contrainte [par les forces de l'ordre]).
Le très mordant éditorialiste de La Nación, Joaquín Morales Solá, fait une analyse proche de celle publiée par La Prensa mais il va plus loin, car il aborde aussi les stratégies politiques qui vont changer dans l'immédiat.
Quant à Clarín, qui a décidément accès à beaucoup de documents de source judiciaire ces derniers temps, il publie les tout premiers résultats de l'autopsie, qui révèlent que le jeune artisan est mort noyé dans une eau très froide qui a causé non seulement l'étouffement propre à la noyade mais aussi une hypothermie létale, ce qui n'a rien d'étonnant dans le grand sud, en plein hiver (le 1er août). Quiconque tomberait dans le Río Chubut à cette époque de l'année aurait du mal à y survivre.

Ajouts du 2 novembre 2017 :
les associations des droits de l'homme (qui rassemblent les victimes de la Dictature militaire et non pas des militants en tant que tels) ne lâchent rien. La manifestation à laquelle elles ont appelé hier autour du frère de Santiago Maldonado a fait le plein sur Plaza de Mayo, à Buenos Aires, et on a à nouveau entendu les slogans confiscatoires habituels à la gauche kirchneriste ("la place nous appartient"). Ces associations persistent dans leurs accusations contre les pouvoirs publics.
Lire à ce sujet l'article de Página/12 qui en fait la une du jour
lire l'article de La Nación
lire l'article de Clarín, qui reprend les propos de Sergio Maldonado qui refuse d'instrumentaliser la mort de son frère pour semer la discorde en Argentine (pourtant, c'est sans doute ce à quoi il s'est prêté hier).



(1) Le premier juge a été récusé par la famille et la cour fédérale lui a donné raison.
(2) Même la famille du disparu était déjà convaincue depuis longtemps qu'il n'était plus de ce monde.

jeudi 19 octobre 2017

Hernán Genovese au Borges [à l'affiche]


Le chanteur Hernán Genovese se produira ce dimanche, à 20h30, au café Borges, situé dans la rue du même nom, au numéro 1975, à Palermo. Il sera accompagné du pianiste et chef d'orchestre Oscar De Elía, bien connu pour sa direction de l'Orchestre national de musique populaire Juan de Dios Filiberto.

Entrée : 180 $ ARG

Il est indispensable de réserver auprès de la salle, comme indiqué sur la communication visuelle.

Le Borges dispose d'une page Facebook que vous pouvez visiter. L'établissement accueille toutes sortes de propositions culturelles.

mercredi 18 octobre 2017

Rendez-vous à Dourdan le 18 novembre sur le stand des Editions du Jasmin [ici]


Le 18 novembre 2017, je dédicacerai mes ouvrages sur la culture argentine sur le stand de mon éditeur, Les Editions du Jasmin, au Salon du Livre et des Auteurs, organisé à Dourdan, dans le sud de l'Essonne, par les associations Fête de l'Art et Livre d'Orge, qui rendra hommage à la grande plume locale, le scénariste et génial dialoguiste Michel Audiard, auquel nous devons nombre de nos grandes répliques du cinéma des années 50 à 70.

Entrée libre et gratuite, de 10h à 18h, au Centre Culture René Cassin.
Un programme nourri d'activités culturelles pour les grands et les petits enrichit la manifestation autour des exposants.

Comme d'habitude sur un salon du livre, je proposerai de déguster un authentique mate argentin, que je prépare avec une yerba mate en provenance de coopératives artisanales situées dans les provinces de Corrientes ou de Misiones, ce qu'en Argentine, on appelle le Litoral parce que la région est bordée par deux grands fleuves, le Paraná à l'ouest et l'Uruguay à l'est. Une vraie découverte gustative pour nos papilles européennes.

Plus d'informations sur le site Web des organisateurs.

Les visiteurs qui viendront de loin en profiteront pour découvrir le patrimoine de cette vieille cité médiévale que le roi Philippe Auguste avait dotée d'une forteresse qui a survécu au cardinal Richelieu qui abattre toutes les murailles fortifiées privées dans le royaume de France ! A découvrir sur le site Internet de l'office du tourisme de la ville.

Découverte d'un condor préhistorique en Province de Buenos Aires [Actu]

Image créée par l'équipe de recherche pour donner à voir ce pré-condor géant
Les deux hommes sur la photo font partie de l'équipe des inventeurs de fossiles

A Marco Paz, une agglomération du département de La Matanza, à quelques kilomètres de la capitale fédérale argentine, dans la Province de Buenos Aires, plus connue pour ses plaines à hauteur de l'océan que par ses hauts sommets andins, une équipe de paléontologues du Musée argentin des Sciences Naturelles Bernardino Rivadavia et du CONICET (centre national de recherche scientifique et technologique) a découvert les fossiles d'un gigantesque rapace qui appartient à la même famille que l'emblématique vautour condor, le plus grand oiseau volant dans le monde, qui hante les altitudes de la cordillère des Andes.

L'oiseau découvert vivait il y a trente mille ans. Il mesurait 2,50 m d'envergure (ailes déployées) et possédait des serres encore plus puissantes que celles, pourtant impressionnantes, de son lointain descendant andin. L'animal a été baptisé Emperador de la Pampa (empereur de la Pampa).

Les premières découvertes ont eu lieu en 2013 et le travail s'est poursuivi dans la discrétion depuis.

La découverte fera prochainement l'objet d'une publication dans la revue scientifique du Museo Argentino de Ciencas Naturales Bernardino Rivadavia, une grande institution portègne.

Pour en savoir plus :

samedi 14 octobre 2017

Daniel Melingo au Teatro Avenida ce soir [à l'affiche]


Ce soir, samedi 14 octobre 2017, à 21h, l'auteur-compositeur interprète Daniel Melingo présente son nouveau disque, Anda, au très prestigieux Teatro Avenida de l'avenue de Mai (avenida de Mayo 1222), avant de venir en tournée en Europe (il sera en France, au Havre, le 17 novembre).

Página/12, qui aime bien ce rebelle du rock et du tango, en profite pour publier ce matin une interview du chanteur, compositeur et instrumentiste qui entend inventer son propre tango (ce sont ses mots).

Ce soir, l'entrée est très chère : le billet oscille entre 200 et 800 $ ARG. Ce n'est pas donné !

Pour en savoir plus :

Fusion entre folklore et tango demain au CAFF [à l'affiche]


Demain, dimanche 15 octobre 2017, à 20h, le CAFF, Sánchez de Bustamante 772, offre sa scène à un nouveau duo, récemment formé, entre la chanteuse Victoria Morán et le bassiste et arrangeur Willy González, qui propose un tour de chant mélangeant les grands classiques de la ville (tango) et des champs (folklore).

Entrée : 150 $ ARG.

vendredi 13 octobre 2017

Un peu de tout demain chez Jacqueline [à l'affiche]


C'est une soirée de musique qui mélangera tous les genres populaires de l'Argentine et de tout le sous-continent que la chanteuse Jacqueline Sigaut propose, chez elle, à Palermo, avec son invitée du jour, la chanteuse Mariana Grisiglione, qui sera accompagnée aux percussions par Germán Gómez et au piano par Riki Proz : musique populaire brésilienne, tango, folklore argentin et latino-américain...

Comme d'habitude, il faut s'inscrire à l'avance, comme indiqué sur le visuel.

mercredi 11 octobre 2017

L'Argentine sauvée in-extremis [Actu]

Le génie de Messi nous envoie au Mundial

Grâce à un match de barrage qui l'opposait hier à l'équipe nationale de l'Equateur, la sélection argentine vient d'arracher de haute lutte sa place au Mundial qui se tiendra en Russie à l'été 2018. L'équipe a fait peur à tout le pays pendant un an. L'explosion de joie s'affichait ce matin sur toutes les unes des quotidiens.

Ce calembour, tout le monde l'a fait un peu partout dans le monde du ballon rond.
En espagnol, en français et même en anglais, ça marche !

C'est Leonel Messi qui a marqué les trois buts de cette victoire extrême et le coach vient de sauver son poste ! De son côté, le voisin transandin n'a malheureusement pas eu cette chance : les footballeurs chiliens ne participeront pas à la Coupe du monde.
En ces années de bicentenaire de l'association des deux pays dans la guerre d'indépendance (1814-1818), c'est bien triste.

 C'est La Nación qui fait le plus sobre des gros titres
"Merci, Messi
En trois buts, il emmène l'Argentine en Russie"

Pour en savoir plus :
lire l'article de Página/12 qui n'a pas résisté au jeu de mot hyper-téléphoné entre le patronyme du "meilleur joueur du monde" et le titre hébreu du Christ
Il va sans dire que chaque journal consacre plusieurs papiers à l'événement.

Ariel Prat revient ce soir à Los Chisperos [à l'affiche]

Le titre du spectacle est un jeu de mots sur le gentilé des habitants du Río de la Plata (rioplatenses)
Un reo, en Argentine, c'est un brigand (en Espagne, un accusé)

Ce soir, mercredi 11 octobre 2017, à 21h, l'auteur-compositeur interprète Ariel Prat, bien connu comme murguero, partagera la scène du restaurant Los Chisperos, Pasaje San Lorenzo 365, avec son complice, le charanguiste Omar Gianmarco. Ils viennent de mettre au point un tour de chant commun qu'ils présentent à Buenos Aires pour la seconde fois.

Prix d'une place : 150 $ ARG.


Et puis samedi, Ariel Prat se produira à nouveau, mais cette fois-ci dans le quartier de Flores, à 21h30, au café La Forja, Bacacay 2414, autour de la thématique de la musique afro-américaine, où le répertoire de Juan Carlos Cáceres, dont il fut un ami proche, aura une belle place.

Prix d'une place : 180 $ ARG.

A noter les changements de tenue chez Ariel Prat : pour le premier spectacle, il a troqué son habituel foulard catalan noué derrière la tête pour une casquette posée à l'envers et il a repris son foulard pour Ariel Prat y los perdidos.