L’historien Norberto Galasso est décédé hier à l’âge de 90 ans. L’homme, qui s’était formé initialement à la comptabilité, laisse derrière lui une prolifique œuvre d’histoire engagée dans laquelle il a porté toute son attention et une grande partie de son énergie sur les personnages historiques méprisés par les historiens de droite, lesquels tiennent le haut du pavé en Argentine où peu d’historiens parmi ceux qui parviennent à publier des livres savent traiter leurs sujets avec objectivité (ceux qui ne publient que des articles scientifiques, c’est autre chose).
Norberto Galasso était la figure de proue du courant historique dit « revisionista », dont les membres s’efforcent de casser la lecture conventionnelle de l’histoire nationale. Ce mouvement est né au début du siècle chez les radicaux, le premier parti nationaliste argentin (aujourd’hui passé à droite), puis les péronistes, dont Galasso, s’en sont emparés, ce qui l’a complètement transformé en une des nombreuses formes du militantisme du péronisme de gauche.
Son travail a le mérite de secouer les idées toutes faites et de gêner le ronron des discours mémoriels, qui privilégient le narratif à l’analyse des événements. En revanche, l’œuvre de Galasso est assez peu lisible pour les Européens s’ils ne connaissent pas déjà très bien le contexte interne argentin. Autrement dit, il s’agit d’une œuvre strictement locale, sans vocation universelle.
Página/12 consacre au disparu plusieurs articles et republie la dernière interview qu’il avait accordée au journal. Dans le reste de la presse, l’information est très peu présente.
Pour aller plus loin :
lire l’article de La Nación
