lundi 6 juillet 2026

Barrio de Tango en mode canicule pour l’été [ici]

Un champ de blé mûr dans la province de Santa Cruz,
en Patagonie : les effets du changement climatique !


A Paris, les canicules se suivent et se ressemblent. Comme je le fais tous les jours depuis au moins 2007, je vais rester en veille quotidienne sur l’actualité culturelle, sociale, économique et politique argentine mais le rythme de mes articles sur ce blog va évoluer : il se calera désormais, jusqu’à la fin septembre, sur la météo pour que mon ordinateur ne participe à réchauffer mon domicile lorsque le soleil fait des siennes dehors.

Si quelque chose d’important se produit là-bas pendant une phase de canicule en France, je ferai comme j’ai fait avec la démission de Manuel Adorni : j’en rendrai compte avec quelques jours de décalage. Et en attendant que la météo redevienne plus clémente, une partie de mon temps sera consacrée à améliorer mon apprentissage de l’ukrainien (українська мова), comme certains de mes fidèles lecteurs ont sans doute déjà pu l’observer (une langue très intéressante, une culture à découvrir de zéro, une littérature riche, écrasée par l’ordre colonial russe pendant trois cents ans jusqu’en 1991, des traditions culinaires et gastronomiques à ne plus savoir où donner de la fourchette, une actualité tragique d’une cruelle guerre de décolonisation à contretemps, bref des enjeux qui sont similaires à ceux sur lesquels je me suis penchée depuis vingt ans à propos de l’Argentine et des pays voisins).

Le mate prêt à consommer sur fond de paysage
de la province productrice de Missiones (tout au nord du pays)

En Argentine, pour revenir à elle, c’est une vague de grand froid qui s’est abattue il y a quelques jours notamment sur Buenos Aires et sa région où il a neigé, entre autres à Buenos Aires et à Mar del Plata, ce qui est exceptionnel. A ma connaissance, c’est la troisième chute de neige sur la capitale fédérale depuis le début du 20e siècle (on n’a aucun témoignage de ce phénomène ni dans la période coloniale ni au cours du premier siècle d’indépendance). Cette neige parisienne qui se répète à Buenos Aires (1918, 2007 et 2026) et cette chaleur portègne récurrente à Paris nous disent assez bien que le climat est tout sens dessus-dessous puisque les situations extrêmes se font de plus en plus fréquentes. Il est donc urgent d’agir collectivement et politiquement,au niveau national et européen, au lieu d’attendre les bras croisés comme nous l’avons fait jusqu’ici.

L'Obélisque au centre de Buenos Aires, le 9 juillet 2007 :
la deuxième chute de neige connue sur la capitale argentine
(photo EFE)

Durant cet été qui nous surprend, protégez-vous. N’hésitez pas à fermer les volets si vous en avez et à placer sur vos vitres des couvertures de survie. C’est efficace. Si vous habitez la France des langues d’oïl comme moi, fermez les fenêtres le jour (dans le midi, vous savez tout ça depuis des générations). Ouvrez en grand la nuit lorsque les températures baissent en-dessous de la température qui règne dans votre logement et si vous aimez bricoler, installez un ventilateur plafonnier si vous en trouvez dans le commerce (en ce moment, cela ressemble à une mission impossible). Hydratez-vous. Evitez l’alcool. Préférez-lui l’eau gazeuse (l’effet confort est spectaculaire) et le maté si vous pouvez vous procurer un paquet d’une bonne yerba mate importée d’Amérique du sud (trois pays producteurs : l’Argentine, le Brésil et le Paraguay, la patrie des affreux footeux qui ne connaissent pas le fair-play) mais, attention, préparez votre mate à l’argentine, pas en trempant un sachet tout prêt dans de l’eau chaude (en tisant, c’est l’effet zéro garanti).

Le mate à l'eau chaude (75° C)
Par grosse chaleur, on peut préparer la yerba mate
avec un agrume pressé additionné ou non d'eau froide

Bon été à tous.

On se retrouve à la prochaine vague de fraîcheur sur la Ville-Lumière.

© Denise Anne Clavilier