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mardi 8 septembre 2026

La gauche souverainiste dit adieu à Norberto Galasso [Actu]


L’historien Norberto Galasso est décédé hier à l’âge de 90 ans. L’homme, qui s’était formé initialement à la comptabilité, laisse derrière lui une prolifique œuvre d’histoire engagée dans laquelle il a porté toute son attention et une grande partie de son énergie sur les personnages historiques méprisés par les historiens de droite, lesquels tiennent le haut du pavé en Argentine où peu d’historiens parmi ceux qui parviennent à publier des livres savent traiter leurs sujets avec objectivité (ceux qui ne publient que des articles scientifiques, c’est autre chose).

Norberto Galasso était la figure de proue du courant historique dit « revisionista », dont les membres s’efforcent de casser la lecture conventionnelle de l’histoire nationale. Ce mouvement est né au début du siècle chez les radicaux, le premier parti nationaliste argentin (aujourd’hui passé à droite), puis les péronistes, dont Galasso, s’en sont emparés, ce qui l’a complètement transformé en une des nombreuses formes du militantisme du péronisme de gauche.

Son travail a le mérite de secouer les idées toutes faites et de gêner le ronron des discours mémoriels, qui privilégient le narratif à l’analyse des événements. En revanche, l’œuvre de Galasso est assez peu lisible pour les Européens s’ils ne connaissent pas déjà très bien le contexte interne argentin. Autrement dit, il s’agit d’une œuvre strictement locale, sans vocation universelle.

Página/12 consacre au disparu plusieurs articles et republie la dernière interview qu’il avait accordée au journal. Dans le reste de la presse, l’information est très peu présente.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

jeudi 21 janvier 2021

Norberto Galasso ou le mérite de la clarté [Disques & Livres]


L’historien revisionista (c’est-à-dire péroniste) Norberto Galasso, 85 ans, vient de sortir un nouveau livre sur un personnage historique vénézuélien considéré à gauche comme une figure de la Patria Grande (le rêve d’une Amérique du sud hispanophone qui ne formerait qu’un seul pays).

Il donne aujourd’hui une interview à Página/12 (ci-dessus), qui professe une grande admiration pour son œuvre. Il affirme clairement que faire de l’histoire, pour lui, est et doit être une activité militante. Ce en quoi il ne fait que constater la pratique en vigueur en Amérique du Sud où la seule histoire scientifique est l’histoire longue (une histoire thématique abordée de façon pluridisciplinaire, à partir de l’anthropologie, de l’économie, de la sociologie, etc). L’immense majorité des ouvrages d’histoire événementielle édités en Amérique du Sud ne relève pas de cette méthodologie scientifique (1) mais de l’exposition d’une vision politique du pays ou du continent.

Dans son interview, Galasso pose l’analyse que la vision dominante de l’histoire en Argentine, forgée au milieu du 19e siècle par Bartolomé Mitre (1821-1909), vise à former l’opinion publique (la classe moyenne, dit-il) en lui imposant la vision libérale de la droite des affaires. Là encore, ce n’est pas faux mais il n’y a là rien de scandaleux. Ce n’était ni une tromperie ni un complot de l’oligarchie : au 19e siècle, l’histoire n’était pas encore une science mais une philosophie de la politique et de la vie, élaborée et très codifiée, que seuls les tenants de la culture dominante pouvaient pratiquer. Les autres faisaient (voire font toujours) des chansons et des contes oraux (2).

Il est vrai aussi que les historiens mitristes d’aujourd’hui (il y en a beaucoup) sont très loin d’avoir tous conscience d’être otages d’une pensée dominante avec laquelle ils ne prennent pas de distance, sinon à la marge.

Aujourd’hui, en Amérique du Sud, l’histoire événementielle n’est donc rien d’autre qu’un champ de propagandes opposées les unes aux autres et où se forgent les récits nationaux des différents pays, très loin des réalités historiques, toujours beaucoup plus complexes que ces mythologies performatives dont ont besoin tous les pays pour se projeter dans le temps et l’espace et dont les pays neufs sont encore dépourvus.

Ce qu’un lecteur européen peut regretter dans les propos de Norberto Galasso ou ce dont il peut s’agacer, c’est que la méthode scientifique, en tirant le chercheur en dehors de la militance et de ses confortables croyances (ou du moins en l’incitant à en sortir et en l’aidant à le faire), met au jour un passé infiniment plus nuancé et plus complexe, donc beaucoup plus intéressant, que la vision simplifiée et schématique qu’il en donne lui-même dans ses ouvrages où il a pourtant le double mérite de revendiquer son engagement politique, partisan et idéologique (au moins, il n’y a pas tromperie sur la marchandise) et de développer un raisonnement argumenté qui cite souvent des sources directes, ce que font peu d’historiens argentins (en histoire événementielle), lesquels se contentent trop souvent de citer Mitre comme un prêcheur cite les Saintes Écritures dans ses homélies.

© Denise Anne Clavilier 

Pour aller plus loin sur ces enjeux qui traversent la discipline historique en Argentine :



(1) Il faut voir les difficultés que rencontrent les historiens scientifiques de l’Instituto Nacional Belgraniano pour accéder au grand public. Ils ne sont pas très nombreux et pour l’heure, ils parlent surtout entre eux (de surcroît, la pandémie les a privés, tout au long de l’année dernière, de s’adresser au grand public alors que 2020 était l’Année Belgrano) et ils s’efforcent de sensibiliser le corps enseignant des écoles primaires et secondaires, lequel s’approprie ou non, en les trahissant ou non, de leurs kits pédagogiques.

(2) C’est ce que j’ai montré dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins et dans Contes animaliers d’Argentine (tous deux aux Éditions du Jasmin).

mercredi 2 août 2017

Août : le mois sanmartinien [Coutumes]


En Argentine, août est le mois sanmartinien puisque José de San Martín, el Padre de la Patria, est décédé, en France, à Boulogne-sur-Mer, le 17 août 1850. Il avait un peu plus de soixante-douze ans.

Pour l'occasion, le Groupe Octubre, propriétaire du quotidien Página/12, a choisi de consacrer un dossier à San Martín dans son mensuel, qui reprend le titre d'un grand hebdomadaire historique qui a durablement marqué de son empreinte le monde du magazine dans le pays, Caras y Caretas. Le numéro d'août joue le pluralisme avec un édito du directeur de la publication, l'historien très médiatique et revisionista (1) Felipe Pigna, un article de Rodolfo Terragno (2) et une interview de Norberto Galasso (3).

Pour aller plus loin :
le site Internet ne publie qu'une page et renvoie à l'achat du numéro pour lire la suite.
Pas bête, la technique marketing !



(1) Revisionismo : en Argentine, ce terme désigne un courant historiographique qui conteste le récit imposé à la fin du XIXème siècle par Bartolome Mitre (1821-1906) et ses suiveurs et imitateurs. Aujourd'hui, le revisionismo est presque exclusivement péroniste. En l'occurrence, Felipe Pigna est un sympathisant kirchneriste et Norberto Galasso est un péroniste historique totalement engagé. Pigna est aussi historien au CONICET (le centre national de recherche et de technologie) et à l'UNSAM, l'Université National de San Martín dans la banlieue ouest de Buenos Aires.
(2) Rodolfo Terragno est lui un radical (le radicalisme est en opposition historique au péronisme, depuis l'irruption de Perón dans la vie politique argentine en 1943). Rodolfo Terragno est aussi depuis un peu plus d'un an l'ambassadeur argentin auprès de l'UNESCO. Rodolfo Terragno est également académicien à l'Instituto Nacional Sanmartiniano et à l'Academia Argentina de Historia.
(3) Norberto Galasso avait jeté un pavé dans la mare il y a quelques années en publiant une biographie du général, aussi documentée que partisane : Seamos libres y lo demás no importa nada (une phrase de San Martín longtemps peu exploitée mais dont les péronistes ont fait grand usage pendant la dernière dictature militaire, qui les persécutait violemment).

lundi 6 février 2017

Réédition d'une biographie de Enrique Santos Discépolo [Disques & Livres]

Pour une meilleure résolution, cliquez sur l'image

Página/12 a publié hier, dans son supplément dominical Radar, qui fait cette semaine sa une sur Juan Tata Cedrón, un article sur la réédition de la biographie de Sergio Pujol, excellent historien de la musique, avait consacrée en 1997 à l'auteur-compositeur, comédien et cinéaste Enrique Santos Discépolo, à qui l'on doit des chef d'œuvres du répertoire du tango comme Uno, Esta noche me emborracho, Confesión, Cafetín de Buenos Aires, Victoria, etc. (1)

Pour en savoir plus sur cette réédition, lire l'article de Página/12.

Deux autres biographies du même artiste peuvent être conseillées : celle de Norberto Galasso, Discépolo y su época, Corregidor, 1995 et celle de Horacio Ferrer et Luis Sierra, Discepolín, Poeta del hombre que está solo y espera, Editorial Sudamericana, 2004.

Pour découvrir Discépolo et son apport au tango, vous pouvez visiter les pages qui lui sont consacrées dans l'encyclopédie argentine spécialisée en ligne Todo Tango.



(1) Plusieurs de ces titres sont présentés en version bilingue dans Barrio de Tango, mon anthologie parue en mai 2010 aux Editions du Jasmin.

dimanche 2 février 2014

A l'heure de San Lorenzo (le combat, pas le foot !) [Histoire]

Générique de l'émission

Aujourd'hui, les festivités de commémoration de la victoire de San Lorenzo (pas à Almagro, il ne s'agit pas d'un tournoi sportif !) commencent dans la localité du même nom, dans le département de San Martín et la Province de Santa Fe. Victoire militaire remportée par José de San Martín, en un quart d'heure (sic), sur un détachement montévidéen de soldats fidèles au dernier vice-roi, renversé le 25 mai 1810 à Buenos Aires par la Revolución de Mayo.

On fête cette année le deux cent-unième anniversaire de ce combat qui, sous l'impulsion du futur général San Martín, libéra le littoral du Paraná, des incursions contre-révolutionnaires d'un seul coup et presque définitivement. Et c'est aussi la clôture du bicentenaire de ce glorieux épisode de la guerre d'indépendance qui commençait à peine et qui allait durer jusqu'en 1816 puis se transformer en guerre civile à partir de 1819.

"Les bienfaits du Couvent de San Carlos sont trop bien gravés dans mon cœur pour que ni le temps ni la distance puissent les effacer.
[…] Dites un million de bonnes choses à ces vertueux religieux.
Assurez-les que je les aime de tout mon cœur
et que ma reconnaissance durera aussi longtemps que ma vie."
José de San Martín
lettre au Révérend Père franciscain Pedro García, gardien de ce couvent
16 mai 1813

Les frères franciscains avaient accueilli San Martín et ses hommes dans le couvent pour la préparation du combat et ils avaient ensuite administré les secours spirituels et médicaux aux soldats et aux prisonniers légitimistes.

Sur Canal Encuentro, la chaîne culturelle du service public argentin, une excellente chaîne, qui joue un peu le rôle que tient dans l'Hexagone France 5, une émission d'histoire animée tout en rondeurs et en fausse bonhomie par Pacho O'Donnell (1), militant du courant revisionista (entendez hostile à l'interprétation oligarchique du passé argentin), pose rituellement la question de ce qu'il se serait passé si... tel événement n'avait pas eu lieu.

Il existe donc une émission sur le combat de San Lorenzo. Elle est présentée en intégralité sur You Tube.

L'émission a été en partie tournée devant et dans la caserne du Régiment des Grenadiers à cheval (RGC), protagoniste collectif des célébrations de San Lorenzo, à Palermo (Buenos Aires) et à San Lorenzo (Provincia Santa Fe) (2). On y voit intervenir plusieurs intellectuels péronistes ou sympathisants de la cause, comme Felipe Pigna, professeur d'histoire à l'Unsam (Université nationale San Martín) et le sociologue Horacio González, qui préside aux destinées de la Bibliothèque Nationale argentine. Vous remarquerez que les péronistes ou pro-péronistes ne portent pas la cravate (trop connotée politiquement pour eux) alors que Terragno, qui ne fait pas partie de ce sérail, en arbore une (et fort voyante). Or il n'est pas présenté comme historien (et que fait-il donc là, s'il n'est pas historien ?) mais comme avocat et écrivain (ça lui apprendra à ne pas être du bon côté, et toc !).

Vous repérerez votre lot de silhouettes immobiles et impassibles, en uniforme marine à liseré rouge, l'uniforme des grenadiers, si cher au cœur des Argentins. Si vous ne les remarquez pas, vous avez un problème ophtalmique... Un plan sur l'authentique sabre courbe de San Martín dans son reliquaire de la caserne de Palermo, dans le hall d'honneur, et un autre, avec O'Donnell à côté comme le ferait un touriste ou un gamin en visite scolaire, sur la copie du drapeau de l'armée des Andes, dans une autre vitrine, tout près du sabre (l'original est à Mendoza). Et enfin, le cheval de San Martín est bien entendu blanc, du début à la fin, sur toutes les images, picturales ou cinématographiques, alors qu'il ne s'agit là que d'une très classique recette d'artiste bien formé, pour construire un tableau dans les règles de l'art. Ce cheval blanc ne correspond en rien à la réalité.

Bref, la symbolique est aussi chargée que dans un épisode de Secrets d'histoire de Stéphane Bern, sur notre service public français. Quant à la géographie européenne, elle est comme d'habitude des plus approximatives : la route maritime empruntée par la Santa Balbina, frégate qui conduit la famille San Martín en Espagne en 1784, trouve Cadix en Galice et le navire anglais qui amène San Martín à Londres en 1811 le fait débarquer en Ecosse (3).

Vingt-cinq minutes d'un documentaire très bien fait sur le plan cinématographique, impeccable pour découvrir la caserne des Grenadiers à Buenos Aires, à déguster en savourant un bon mate bien chaud accompagné d'un conito Havanna ou d'un alfajor Jorgito (c'est moins cher mais plus industriel) (4)... Profitez qu'on est en hiver. A San Lorenzo, par ces chaleurs, le conito Havanna fond dans la main avant d'avoir atteint la moindre bouche !

Pour aller plus loin :
visiter le site Internet de l'Institut Manuel Dorrego (je raccourcis à dessein une dénomination interminable) et sa page Facebook



(1) Depuis quelques années, Pacho O'Donnell préside les destinées de l'institut d'histoire révisionniste Manuel Dorrego, fondé par l'actuel gouvernement, pour soutenir les thèses historiques alternatives (c'est peu dire que cette fondation a créé du scandale dans le milieu académique argentin, surtout pour le choix hyper-partisan du président en question). En Argentine, l'histoire est toujours un lieu de contentieux idéologique et politique et n'est pas encore celui du débat méthodologique et scientifique qu'elle est devenue en Europe ou en Amérique anglo-saxonne. Il faut donc prendre ce que dit Pacho O'Donnell avec des pincettes : c'est un historien qui a tendance à adapter les événements à ses désirs et non l'inverse. Et ce qu'il dit nous en apprend plus sur ce que pourrait bien l'Argentine demain ou après-demain que ce qu'elle a été, ou telle qu'on peut la considérer avec l'objectivité qui s'impose à l'historien.
(2) La caserne de Palermo abrite le Musée du Régiment. Nous le visiterons au cours du voyage que je propose avec Human Trip : le Roman national argentin, voyage culturel, humain et solidaire, du 24 avril au 8 mai 2014.
(3) Ce ne sont pas les seules erreurs. Le commentaire dit par une voix féminines nous sert deux grosses âneries auxquelles même certains historiens révisionnistes sérieux, comme Norberto Galasso, ont tordu le cou : la mort de Bermúdez qui se serait taillé les veines après le combat de San Lorenzo pour ne pas avoir suivi parfaitement les ordres du colonel (le pauvre officier est mort d'une amputation. Vous pensez si, à cette époque, pour mourir après l'amputation d'une jambe, on avait encore besoin de s'ouvrir les poignets !), Cabral qui serait un esclave (si cela avait été le cas, il n'y a pas le moindre doute qu'on en trouverait trace dans le rapport sur les morts au combat rédigé par San Martín après la bataille, vu les positions résolument abolitionnistes qui étaient les siennes) et enfin que Cabral a été promu sergent post-mortem, ce qu'on verrait aussi dans les documents officiels dans les mois de février ou mars 1813. Non, Cabral a été fait sergent par la vox populi, notamment dans sa province natale de Corrientes, peut-être plus simplement encore par des propagandistes postérieurs, comme Bartolomé Mitre, qui construisaient déjà la légende en s'éloignant de l'histoire ou enfin, tout simplement, par le letrista de la Marcha de San Lorenzo, dont je vous parlerai demain et qui a été composée alors qu'il ne restait plus en vie aucun témoin de l'événement.
(4) Le conito Havanna, c'est un petit cône de dulce de leche recouvert de chocolat qui fait deux bouchées et pas une de plus, le tout dans une marque très chère. L'alfajor de Jorgito, c'est le bon vieux choco-BN de l'Argentine : deux sablés collés ensemble par une couche de dulce de leche (ou de pâte de fruit), le tout recouvert d'un glaçage blanc ou de chocolat noir. Miam miam !

mercredi 31 juillet 2013

Norberto Galasso à la tête d'un séminaire d'histoire optionnel à l'UBA [à l'affiche]

Dans dix jours, le samedi 10 août 2013, alors que commence le deuxième quadrimestre de l'année universitaire, qui se partage en deux sessions, l'économiste et historien Norberto Galasso, le Passionario de l'histoire dite révisionniste (1), entame un séminaire ouvert aux étudiants (à titre d'option pédagogique) et au grand public (auditeurs libres) à l'Université de Buenos Aires (UBA) dans les locaux de la Faculté de Philosophie et de Lettres, rue Puán 480, de 13h à 17h (Caballito).

L'intitulé, Los movimientos de liberación en la Argentina, est typique de ce courant historiographique, hyper-idéologisé, un brin binaire, fort intéressant au demeurant pour son combat fervent contre l'histoire scolaire, linéaire et simpliste, toujours et encore influencée par les grands intellectuels libéraux de la fin du XIXème siècle (Sarmiento et Mitre, en tête), qui imprègne aussi la plupart des guides touristiques publiés sur l'Argentine, notamment dans l'hémisphère nord (2). Un enjeu politico-scientifique dont j'aurai à traiter le 21 août au CCC lorsque j'y présenterai mes propres travaux sur San Martín, personnage central de l'identité argentine vu depuis la France. (3)

Norberto Galasso, octogénaire plein d'une émouvante bonhomie mais qui ne s'en laisse pas compter et parle avec la fougue d'un militant trentenaire, sera entouré d'une équipe d'historiens appartenant à l'UBA.

Le quotidien kirchneriste Página/12 ne pouvait pas manquer de signaler l'événement. Voici le début de l'article, pour vous donner le ton :

“La historia es un arma de combate contra la sacralización de las clases dominantes.” La frase, una especie de estribillo existencial ineludible, pertenece a Norberto Galasso. El historiador y ensayista continúa refutando y demoliendo los candorosos santuarios erigidos por el liberalismo en cada artículo que escribe, en cada una de las páginas que integran una obra prolífica y arriesgada, en las numerosas charlas y debates en los que participa, en cada clase en que su figura menuda y su dicción serena se agigantan con estocadas implacables.
Página/12

"L'histoire est une arme de combat contre la sacralisation des classes dominantes". La phrase, une espèce de refrain existentiel incontournable, appartient à Norberto Galasso. L'historien et essayiste continue à réfuter et à démolir les sanctuaires candides érigés par le libéralisme dans chaque article qu'il écrit, dans chacune des pages qui font partie intégrante d'une œuvre prolifique et risquée, dans les nombreux débats et conférences auxquels il participe, dans chaque cours où sa figure grêle (4) et sa diction tranquille grandissent avec ses implacables estocades.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Les inscriptions seront ouvertes à partir du 5 août. Elles se font en ligne. Voir la dernière ligne de l'article de Página/12.


(1) Entendez surtout péroniste. En Argentine, cet adjectif n'a rien à voir avec la négation des crimes nazis.
(2) Véritable collection de préjugés d'un autre âge.
(3) C'est même le thème d'une de mes conférences sur l'histoire de l'Argentine (voir la page consacrée aux conférences sur mon site Internet).
(4) Norberto Galasso est de petite taille mais "menuda", c'est difficile à traduire en français pour qui veut rester exact. C'est un petit bonhomme rondouillard avec des faux airs de Grand Schtroumpf.