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| "Nos vies ne sont pas jetables", dit le gros titre sur cette photo d'une Plaza de Congreso bondée Cliquez sur l'image pour une haute résolution |
Alors qu’un nouveau féminicide, avec un modus operandi sordide, vient d’être découvert à Córdoba contre une petite adolescente de 14 ans, partout dans le pays, les féministes argentines se sont donné rendez-vous dans la rue hier pour une nouvelle manifestation du mouvement lancé il y a onze ans, Ni una menos (Que pas une ne manque). Au moment même où les cortèges s’ébranlaient, on découvrait le corps sans vie d’une autre gamine de 14 ans elle aussi, tuée par son petit ami dont elle était enceinte. Il l’avait enterrée chez lui, sous le patio de sa maison.
Sans surprise, à Córdoba, c’est
l’assassinat de la jeune Agostina qui a été au centre du défilé.
Ce jour était aussi celui de ses funérailles célébrées sans
journaliste, dans l’intimité familiale. Dans cette capitale
provinciale du centre du pays, on a réclamé la démission du
ministre local de la sécurité (en France, on parle de ministre de
l’Intérieur) et celle des procureurs en charge de l’affaire, car
ils n’ont pas mis en œuvre les mesures qui auraient sans doute
protégé la jeune fille, puisque son meurtrier a été immédiatement
identifié et arrêté, comme dans l’affaire de même nature qui,
au même moment, agite la France dans des circonstances très
similaires.
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| Clarín a choisi une photo du cortège de Córdoba Cliquez sur l'image pour une haute résolution |
Les manifestantes (et les manifestants) argentins ont particulièrement dénoncé le machisme de l’actuel gouvernement, son culte de la virilité toxique et son rejet de plus en plus affiché de la catégorie judiciaire des féminicides puisque le président et les ministres choisissent délibérément d’employer le même vocable pour tous les meurtres, celui d’homicide, refusant ainsi de reconnaître les enjeux collectifs de la violence particulière faite aux femmes, laquelle est fondée sur la domination des uns sur les autres et un sens de la propriété sur le corps des femmes, les deux réalités étant profondément ancrées dans la culture et dans les mœurs.
Les manifestations ont envahi les
grandes artères des villes, grandes et petites, et, à Buenos Aires,
elle a abouti à l’occupation bruyante et colorée de Plaza del
Congreso. Or cette place, située devant le parlement fédéral, est
bien plus vaste que Plaza de Mayo (située devant le palais
présidentiel). Sur les photos, on voit du monde à perte de vue et
c’est encore plus impressionnant dans les clichés pris après la
tombée de la nuit.
Cette année, les banderoles présentaient aussi des slogans inclusifs pour intégrer les trans dans cette revendication de liberté et de sécurité (plusieurs personnes ont en effet perdu la vie ces derniers temps du fait d’assassins motivés par une haine irrationnelle que le laxisme présidentiel encourage sans doute à s’exprimer en paroles et surtout en actes).
Pour aller plus loin :


