La tradition et la politesse voudraient que je commence ce premier article 2026, après ma pause pendant la trêve des confiseurs, en vous souhaitant à vous tous, tous mes lecteurs, une Bonne et Heureuse Année mais je dois avouer qu’il m’est difficile aujourd’hui d’y voir autre chose qu’une formule creuse, alors que le monde s’enfonce dans la violence politique généralisée et que les empires, qu’on croyait condamnés par l’histoire du 20e siècle, refont surface en Russie, en Chine et même aux États-Unis, le grand défenseur pendant plus d’un siècle, au moins dans le discours et parfois dans les faits, de la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes. J’espère donc que l’année démentira ses sombres débuts et que nous parviendrons ensemble, tous les démocrates de tous les pays, à commencer à faire reculer le monstre partout où il se manifeste en ce moment, presque partout en Afrique, le long de la côte occidentale du Pacifique, dans l’Océan Indien, autour de la Mer Caspienne et de la Mer Rouge, sur la rive orientale de la Méditerranée, en Europe, dans l’Océan Arctique et dans toute l’Amérique d’un pôle à l’autre.
Historiquement, en
Argentine et en Uruguay, le
tango a été le véhicule d’une revendication sociale
et politique pour la
liberté de tous dans
les deux pays et une plus juste répartition des richesses et de
leurs fruits. A la fin de
novembre dernier, l’historien
argentin de
la musique et du spectacle
qu’est Sergio Pujol a
publié chez Planeta
Argentina une analyse biographique de plusieurs grands artistes du
genre pour montrer comment cette musique et ses acteurs,
compositeurs, poètes et
interprètes, témoignent
des enjeux de leur temps.
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| Sergio Pujol a ce matin les honneurs de la Une de Cultura & Espectáculos, le supplément culturel quotidien de Página/12 En gros titre : "D'abord il faut savoir", le premier vers écourté de Naranjo en Flor (oranger en fleurs), un tango classique de Virgilio Expósito pour la musique et Homero Expósito, son frère, pour les paroles, un poète anarchiste... Primero hay que saber sufrir Después amar, después partir... D'abord il faut savoir souffrir, et puis aimer, et puis partir... Naranjo en flor fait partie du corpus littéraire que j'ai traduit dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, publié aux Editions du Jasmin Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution |
Cet angle d’attaque n’est pas très fréquent en Argentine où les chercheurs en sciences sociales a du mal à déployer une analyse historique transversale ailleurs que dans de rares articles scientifiques sur des thématiques très strictement délimitées. Cet ouvrage est donc très précieux, surtout dans les temps agités que traverse le pays, notamment en matière d’économie de la connaissance : budget de la recherche réduit à presque rien, monde de la culture abandonné par l’État fédéral, école publique gratuite délaissée au profit de l’école privée payante, politique de la santé laissée pour compte, sous l’impulsion toxique de Javier Mileí qui s’abrite sous l’aile agressive de Donald Trump, que son Congrès peine encore à contraindre.
Pour aller plus loin :
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