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vendredi 5 juin 2026

La Cour suprême renvoie Milei à ses chères études [Actu]

L'une des nombreuses manifestations en faveur de l'université publique


A l’unanimité des trois magistrats qui la composent (temporairement mais depuis des années maintenant), la Cour suprême argentine vient de débouter le président Milei qui souhaitait que les juges qui ont décidé que le gouvernement était tenu d’exécuter la loi de financement des universités publiques soient reconnus illégitimes pour se prononcer sur le sujet. En effet, l’Exécutif prétendait que, parce qu’ils exercent une charge de professeur de droit dans diverses universités nationales, ces juges avaient des conflits d’intérêts dans ce dossier, ce qui est d’ailleurs aussi le cas de l’un des membres de la Cour suprême, lequel ne s’est pas déporté pour autant.

La Cour a confirmé la légitimité des juges sur ces dossiers et elle a déclaré qu’il n’y avait là aucun conflit d’intérêts. Il est vrai que si l’on écarte les juges qui sont aussi professeurs, on écartera beaucoup de monde. La plupart des professeurs de droit sont en effet soit magistrats soit avocats. La plupart des enseignants d’université occupent plusieurs postes de travail, autant pour des questions économiques que pour le nombre de personnes qualifiées disponibles pour ces postes. L’élite formée en Argentine n’est pas assez fournie pour couvrir, sans double emploi, tous les besoins du secteur non-marchand dans une dynamique d’État qui, jusqu’à Milei, cherchait, à droite comme à gauche, à assurer une offre très large en matière d’enseignement, de formation et de culture pour que le pays puisse se développer et aller de l’avant. C’est ainsi que dès l’enseignement secondaire, les professeurs se partagent entre plusieurs établissements et courent toute la journée et toute la semaine de l’un à l’autre. On est très loin de la conception du temps de travail à la française, avec des heures payées et officiellement consacrées à la préparation des cours, à la correction des copies et aux rencontres avec les parents d’élèves. En Argentine, on ne rémunère que les heures passées devant les élèves.

La Cour ne s’est donc pas prononcée sur le fonds des dossiers mais elle n’en a pas moins validé la légitimité des décisions de justice auxquelles le gouvernement s’efforce de ne pas se plier.

Le parcours procédural du président devrait s’achever ici. Il ne peut plus avancer de motifs pour continuer à ne pas respecter le vote du Congrès ni appliquer les décisions de la justice désormais validées. Il faut encore attendre pour voir si, dans les jours qui viennent, Milei va verser les subventions que les universités attendent pour continuer les cours (on est à peine à la moitié de l’année scolaire qui va de mars à novembre en deux quadrimestres et les cours pourraient bien s’interrompre ce mois-ci) et les chercheurs pour poursuivre leur travail.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12, le seul quotidien qui ait traité le sujet aujourd’hui.
On aura peut-être d’autres commentaires demain...

mercredi 27 mai 2026

Des lycéens décident d’occuper leur école pour défendre l’université publique [Actu]

Entrée du Colegio Nacional de Buenos Aires, à Monserrat


Des lycéens du Colegio Nacional de Buenos Aires et du Colegio Carlos Pellegrini, deux établissements de haut niveau et de prestige qui dépendent de la UBA, l’un dans l’enseignement général, l’autre dans l’enseignement technique, ont voté l’occupation des locaux (colegio tomado) pour protester contre le refus du gouvernement d’appliquer la loi de financement des universités, dans lesquelles ils sont destinés à continuer leurs études une fois leur bac obtenu.

De leur côté, les enseignants universitaires maintiennent leur manifestation publique : désormais, c’est sur la place de Tribunales, devant le siège de la Cour suprême, qu’ils font classe en plein air qui veut bien venir les écouter. Histoire de faire comprendre aux trois plus hauts magistrats du pays que lorsqu’ils se prononceront sur le refus du président d’appliquer la loi qui a surmonté son veto, ils auront l’avenir du pays au bout de leurs stylos.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 sur la décision des lycéens,
lire l’article de Página/12 sur les cours en plein air devant le palais de justice
lire l’article de La Prensa sur les lycéens
lire l’article de La Nación sur les cours en plein air.

vendredi 22 mai 2026

Opération Plat chaud à la fac de médecine [Actu]


Des étudiants et des diplômés de la faculté de médecine de la UBA (Universidad de Buenos Aires) ont décidé d’organiser une distribution, au pied de la fac, de plats chauds (platos calientes) pour les sans-abris de Buenos Aires, alors que ceux-ci sont confrontés au froid de l’hiver qui arrive et à l’hostilité des pouvoirs publics, qu’il s’agisse de la politique de Javier Mileí ou de celle de la Ville, elle-même gouvernée de plus en plus à droite par un cousin germain de l’ex-président Mauricio Macri.

Les menus sont composés par la section Diététique et nutrition de la faculté et les plats sont cuisinés par des volontaires, lesquels se chargent aussi de les distribuer à la nuit tombée, depuis hier, 18h.

Cremona et pancitos (petits pains)

De son côté, la radio généraliste du Grupo Octubre (auquel appartient Página/12), la AM 750, va accueillir devant son siège, mercredi prochain, une vente à prix raisonnable de produits de boulangerie, pains, brioches, viennoiseries, collectés par La Mesa Economía Social y Popular (la table Économie sociale et populaire). Ils seront vendus au profit des travailleurs jetés à la rue depuis environ huit mois par l’entreprise ILVA dont la fermeture laisse 300 familles sur le carreau. Dans cette terrible crise qui ravage l’économie de tout le pays et voit de nombreuses PME locales réduire leur personnel ou mettre tout simplement la clé sous la porte, ces travailleurs abandonnés par leur employeur bloquent l’accès à leur usine de porcelaine en réclamant leurs impayés de salaire. L’un d’entre eux s’est donné la mort au début de ce mois.


L’opération commencera à 8h et s’achèvera vers 16h, le jour même.

Quelques facturas (viennoiseries) typiquement argentines

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 sur l’opération de la faculté de médecine
lire l’article de Página/12 sur l’opération de la radio.

lundi 18 mai 2026

L’OMS traite le départ de l’Argentine en plein scandale du hantavirus [Actu]

"Les rats quittent le navire", dit le gros titre
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L’OMS est réunie aujourd’hui en assemblée générale.

A l’ordre du jour de cette session, est inscrit le traitement de la sortie de l’Argentine de l’organisme. En effet, le retrait d’un État-membre n’est prévu dans les statuts de l’OMS que pour les États-Unis qui n’avaient adhéré en 1948 qu’à la condition de pouvoir s’en retirer à tout moment, puisque ce pays toujours eu en horreur les contraintes du multilatéralisme, organismes comme traités internationaux, les autres États-membres, dont l’Argentine de Perón, comprenant parfaitement à cette époque l’utilité d’une telle coopération internationale.

Le retrait de l’Argentine apparaît d’autant plus scandaleux que le monde est suspendu à un risque certes très mesuré mais toutefois bien réel d’une épidémie d’une pathologie pulmonaire virale transmise par des rongeurs qui vivent en Argentine, dans le sud du pays, un agent infectieux dont il existe, en Argentine, des spécialistes en médecine et en biologie, spécialistes reconnus et que Javier Milei a rendus impuissants à faire progresser la connaissance du virus en question puisqu’il les a privés de budget de manière parfaitement consciente et cynique.

Ce retrait de l’OMS correspond à une imitation servile de Milei à l’égard de Trump et à leur mépris partagé pour les sciences et pour la santé publique. L’assemblée générale de l’OMS doit aujourd’hui accepter ce départ pour que celui-ci soit effectif. La déclaration unilatérale de Milei ne suffit pas (malgré ses rêves obscènes, il n’est pas Donald Trump).

La Une de samedi dernier
Sans autre commentaire
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L’OMS a pour objectif d’imaginer et de coordonner entre tous ces membres, soit presque l’ensemble de la planète, des stratégies de santé publique, notamment en cas de pathologies contagieuses, avant qu’elles ne donnent lieu à une épidémie ou après que l’épidémie soit déclarée.

Samedi, Página/12 faisait sa Une sur la réduction draconienne des budgets des programmes de santé notamment dans le domaine du cancer, d’accès aux médicaments de première nécessité, des maladies sexuellement transmissibles et des maladies chroniques. Le secteur de la santé s’apprête à son tour à manifester dans les rues après l’ensemble des universités et de la recherche.

© Denise Anne Clavilier


Pour en savoir plus :

lire l’article de Página/12 qui, hier, en a fait sa Une
lire l’article de Página/12 sur la mobilisation des professionnels de la santé

Chasse aux rongeurs dans la garrigue andine de Tierra del Fuego
(photo La Nación)

Ajouts du 20 mai 2026 :

Malgré les coupes budgétaires et le mépris gouvernemental pour toute recherche, médicale ou autre, l’institut national d’étude des infections contagieuses, el Malbrán, est en Patagonie, avec une équipe de biologistes en tenue de haute protection. Dans le bosquet d’altitude de Tierra del Fuego, ils piègent des rongeurs porteurs de l’hantavirus et analysent le phénomène sanitaire dans un laboratoire de campagne installé sous une tente, alors que l’hiver est déjà mordant dans le grand sud argentin.
A ce propos, lire l’article de La Nación
lire l’article de La Prensa du 18 mai

Retour au camp de base pour les analyses biologiques
(photo La Nación)
Et vive la recherche !

mercredi 13 mai 2026

Marée humaine pour l’université et la science [Actu]

Le gros titre est très difficile à traduire.
On pourrait dire "L'Argentine en grand"
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C’est une marée humaine qui a défilé pacifiquement dans toutes les villes d’Argentine hier, alors que le gouvernement refuse depuis 203 jours de mettre en œuvre la loi votée par le Congrès sur le budget des universités, sous des prétextes fallacieux, dont l’un est que dans les deux grandes universités publiques que sont la UBA (Universidad de Buenos Aires) et la UNLP (Universidad Nacional de La Plata), la moitié des étudiants seraient étrangers et n’acquitteraient pas de droits d’inscription différenciés parce que les conseils d’administration des ces institutions « le refusent par pure idéologie ».

Analyse par La Nación de la composition politique
et syndicale de la manifestation
alors qu'elle arrive sur Plaza de Mayo
Le toit rouge en croix est celui de la cathédrale (18e s.)
La coupole grise sur le flanc est celle
de la chapelle qui abrite la tombe du général José de San Martín
ajoutée en 1880 pour accueillir les restes du héros
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En fait, les chiffres sont d’un peu plus de 4 % toutes disciplines confondues et de 28 % en médecine, signe que la formation médicale argentine est l’une des plus réputées d’Amérique du Sud.

Une manifestante de Salta, d'origine visiblement amérindienne,
raconte que son père est maçon et sa mère simple employée
elle est la première universitaire de sa famille

On estime à 1,5 millions le nombre de manifestants sur l’ensemble du territoire national. Cela fait beaucoup pour une population générale qui n’atteint pas encore les 50 millions d’habitants

Banderole à travers Avenida de Mayo :
"Milei, respecte la loi"
Plus loin, le même slogan mais regardant de l'autre côté

Les banderoles portaient des slogans souvent simples et clairs : « Sans université, pas d’avenir » ou « Mileí, respecte la loi ». Plus émouvant, de nombreux participants portaient des pancartes racontant l’histoire de leur famille : ici, une fille d’ouvriers heureuse d’avoir pu accéder à une formation supérieure grâce à la gratuité de l’enseignement universitaire, ailleurs des descendants d’Amérindiens revendiquant l’ascenseur social qu’est l’université même dans leur lointaine province, ailleurs encore des moqueries contre Adorni et la corruption qui prospère dans les rangs gouvernementaux, tuant le savoir, la recherche et la culture.

"L'opposition s'approprie la revendication universitaire"
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Pendant ce temps-là, plusieurs ministres et autres courtisans se sont réunis au palais pour se plaindre d’y être « assiégés » par des « perturbateurs professionnels » qui « ne veulent pas comprendre » la logique de réduction du déficit public qui présiderait (sans aucune dimension idéologique, vous pensez bien !) à ces coupes claires dans le secteur non-marchand alors qu’en fait, le résultat ciblé par ces mesures est, comme aux États-Unis, l’enrichissement d’une petite coterie d’oligarques dont Javier Milei aimerait bien faire partie un jour et dont les rejetons peuvent aller se former au commerce, au management ou à la haute finance à l’étranger, surtout aux États-Unis, tandis qu’eux-mêmes peuvent y faire soigner leur cancer et tant pis si les pauvres en crèvent !

"Application de la loi du financement universitaire tout de suite" 


Ce qui est intéressant, c’est de constater que contrairement à une tradition tenace jusqu’en 2023, qui voulait que, dans la rédaction des articles comme dans le choix des photos, la presse de droite minimise le succès des manifestations plutôt classées à gauche (et celle-là en est une) et grossissent celui des défilés classés à droite, les journaux, qu’ils appartiennent à l’une ou l’autre partie de l’éventail politique démocratique, tombent d’accord sur plusieurs points d’analyse, reconnaissent et même montrent qu’il y avait vraiment beaucoup de monde dans la rue. Les journaux de droite poussent la loyauté jusqu’à reproduire certaines pancartes assez accusatrices. C’est intéressant parce que cela se répète souvent depuis deux ans que cette politique libertarienne est mise en œuvre et que cette harmonisation soudaine des quotidiens pourrait bien signifier que la droite argentine a conscience que ce gouvernement n’est pas un gouvernement de droite comme les autres et qu’il met bel et bien en danger le pays, sa réputation internationale, sa prospérité, son avenir et sans doute même s’inquiète-t-elle pour la démocratie elle-même.

"Exigence massive en faveur
de la loi du financement universitaire", dit le gros titre
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Acharné à maintenir son cap mortifère, l’exécutif prétend en appeler à la Cour suprême parce que celle-ci s’est toujours montrée opposée aux politiques de redistribution et qu’elle n’est aujourd’hui composée que de trois juges très à droite, tous nommés par Mauricio Macri, président néolibéral, reagano-tatcherien (mais raisonnablement démocrate), qui, de 2016 à 2019, a précédé dans la fonction le centriste de gauche Alberto Fernández (2019-2023).

"Encore une exigence massive des universitaires :
C'est une manifestations d'opposants, dit le gouvernement"
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Les manifestants en ont donc appelé à la haute cour pour qu’elle respecte, comme c’est son devoir et sa raison d’être, le travail du Congrès et la loi qu’il a votée. L’avenir nous dira s’ils auront été entendus.


© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article national de Página/12 sur la manifestation
lire l’article de Página/12 sur les différentes manifestations dans l’Intérieur (comme on appelle tout ce qui n’est pas Buenos Aires)
lire l’article de Página/12 sur la réaction de la Casa Rosada
lire l’article de Página/12 sur la réunion d’une poignée de ministres avec Peter Thiel, le PDG de Palantir, qui réside en ce moment dans une propriété qu’il possède à Buenos Aires, alors même que la foule occupait Plaza de Mayo à 40 mètres de la façade de la Casa Rosada (c’est le deuxième rendez-vous que l’inquiétant milliardaire de la Silicon Valley a avec les décideurs argentins – la première avait été dissimulée au public grâce à un refus d’accès au palais opposé aux journalistes accrédités auprès de la présidence, sous un prétexte cousu de fil blanc et avancé par la maison militaire du président. Il est donc probable qu’ils ne parlent pas seulement recette de la sauce chimichurri !)
lire l’article de La Prensa sur la manifestation
lire l’article de La Prensa sur l’appel des protestataires à la Cour suprême
lire l’article de Clarín sur la manifestation
lire l’article de Clarín sur l’impasse que le gouvernement s’entête à emprunter sur la question universitaire
lire l’article de La Nación sur la participation à la manifestation
lire l’article de La Nación sur l’immobilisme du gouvernement

Ajouts du 20 mai 2026 :

Au lendemain de la grande manifestation pour l’université publique et la recherche, le président, qui ne doute de rien et se prend pour un grand économiste, est allé « donner un cours » dans une université privée de Buenos Aires, la Universidad de San Andrés (UDESA), où il a disserté devant un petit parterre d’étudiants priés de l’applaudir et de quelques personnalités libertariennes. Hier, un bon nombre de professeurs de cette institution lui ont adressé une lettre où ils défendent le système de l’université publique dans lequel ils ont eux-mêmes fait leurs études et sans lequel il n’y aurait pas, affirment-ils, de formation supérieure qui tienne, y compris dans le secteur privé.
A ce propos, lire l’article de Página/12
lire l’article de La Nación

mardi 12 mai 2026

Milei joue avec les nerfs des gens comme un chat avec une souris [Actu]

"Milei appelle à manifester", ironise le gros titre
sur cette reprise d'une photo folle de Milei
un jour où il a ouvert la séance à Wall Street
avec cette expression démente
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Non content de ne pas verser aux universités les subventions prévues par la loi votée par le Congrès l’année dernière et revalidée par les deux chambres après que Javier Milei y avait posé son veto, lequel est donc nul et non avenu, le président argentin vient d’annoncer de nouvelles coupes budgétaires dans le secteur de l’enseignement supérieur et de la recherche. Les universités, le CONICET (équivalent argentin du CNRS français) et la CONAE (l’équivalent du CNES) sont dans son viseur.

"La longue marche", dit le gros titre
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Précisément les institutions dont les personnels et les partisans descendent dans la rue en grand nombre cet après-midi pour une quatrième Marcha Federal depuis que Milei occupe la Casa Rosada, le 10 décembre 2023.

Milei déteste le secteur non-marchand dans son ensemble et la science en particulier. Il s’acharne dessus comme un enfant capricieux et hargneux qui casse les jouets des autres.

"Nouvelle coupe dans les budgets de l'éducation
avant la manifestation des universitaires", dit le gros titre
La photo porte sur les cours donnés au grand public
sur l'espace public, ici à Buenos Aires
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Aujourd’hui des chercheurs, des personnels administratifs et techniques, des étudiants mais aussi des artistes, des journalistes, des intellectuels, des cadres et sans doute aussi des patrons battent le pavé dans toutes les petites et grandes villes du pays, remontés à bloc par cette énième provocation, cruelle et méprisante, du chef de l’État, une décision de restriction budgétaire « vertueuse » qui côtoie des scandales de corruption abyssaux déclenchés par des ministres, des parlementaires, des conseillers et des copains qui affichent le plus parfait cynisme à l’heure de rendre des comptes puisqu’ils affirment qu’ils n’ont jamais rien fait de mal.

"Milei réduit la dépense de presque 2,5 milliards
avec de fortes réductions dans l'éducationet la santé"n
dit le gros titre
En dessous, une photo d'une exposition à New York
sur le scandale Epstein
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Dans leurs pages intérieures, les journaux rapportent la contre-performance du président dans les sondages. Comme son modèle et idole Donald Trump, Javier Milei a désormais perdu le vote d’une grande partie des électeurs qui l’ont porté au pouvoir en octobre et novembre 2023.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12, édition nationale, sur les dernières mesures budgétaires
lire l’article de Página/12, édition de La Plata (province de Buenos Aires), sur les raisons de la manifestation vue de la capitale provinciale (c’est la province la plus dotée en universités publiques)
lire l’article de Página/12, édition de Rosario, sur la mobilisation locale
lire l’article de La Prensa sur la Marcha Federal dont tout le monde s’accorde à dire qu’elle devrait être très fournie
lire l’article de Clarín sur ce sujet
lire l’article de La Nación sur l’attitude belliqueuse qu’adopte le gouvernement et surtout le président face à l’expression du mécontentement populaire
lire l’article de Página/12 sur les mauvais chiffres de popularité (les graphiques des sondages sont assez parlants)
lire l’article de La Prensa sur le même sujet

lundi 11 mai 2026

Manifestation demain pour l’université, l’éducation supérieure et la recherche [Actu]

"Ce ne sont pas les motifs qui nous manquent",
dit le gros titre sur cette photo d'une manifestation précédente
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Demain, 12 mai 2026, tous niveaux, toutes spécialités et tous métiers confondus, les universitaires lancent un appel national à la manifestation pour réclamer du gouvernement qu’il lâche enfin les sous !

Clarín hier : en gros titre, les suites des affaires Adorni
en photo, l'un des universitaires qui boucle son budget
avec des courses de chauffeur de plateforme
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En Argentine, l’enseignement supérieur et la recherche se meurent faute de budget et d’investissement de la part de l’État alors que le pays était leader dans le sous-continent dans ces domaines. Le mépris de ce gouvernement libertarien pour le secteur non-marchand dans son ensemble (culture, santé, recherche, école, infrastructures) menace l’avenir du pays et provoque depuis deux ans une fuite des cerveaux considérable et d’autant plus dramatique que le « marché » est engorgé un peu partout : les Argentins ne sont pas les seuls à tenter d’aller voir ailleurs si la recherche se porte mieux. Les États-uniens le font aussi et en très grand nombre, tandis qu’un peu partout ces budgets nationaux sont en difficulté à cause des transferts d’investissement à réaliser au profit de la défense, qu’on soit au Canada, au Japon, en Corée du sud ou en Europe, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Union Européenne.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 de ce jour
lire l’article de Cash, le supplément économique hebdomadaire de Página/12
lire l’article de Clarín du 8 mai sur les universitaires obligés de cumuler les emplois pour boucler leurs fins de mois

mercredi 6 mai 2026

L’accès à l’hôpital public en danger à Buenos Aires [Actu]

La rigueur dans la santé rend malade, dit la banderole
de cette manifestation d'hospitaliers


Après une réunion de leurs instances dirigeantes, ce sont les médecins des six hôpitaux universitaires de Buenos Aires qui sonnent le tocsin depuis quelques jours : la baisse du financement public de leurs établissements et des instituts de formation médicale est si considérable qu’elle menace à très court terme la prise en charge des patients.

En bas, au centre : Hôpitaux en danger, dit le titre
Au-dessus : une affiche électorale de 2023
pour constater la force du soutien du président
à son Premier ministre englué dans les scandales de corruption
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Si rien ne bouge, ces hôpitaux de la UBA (Universidad de Buenos Aires) ne pourront plus soigner personne dans 45 jours, soit vers le 20 juin. Ces hôpitaux soignent environ 700 000 personnes par an. Les patients habitent à Buenos Aires, dans la banlieue et même très loin, ailleurs, dans le pays lorsqu’ils consultent pour des pathologies qui demandent un grand degré de spécialisation.

En bas, à droite : "On tire le signal d'alarme.
Les hôpitaux de la UBA bientôt paralysés"
La photo principale est consacrée au
navire de croisière foyer d'hatavirus
et parti de la Patagonie argentine
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Les conférences de presse données par les médecins n’ont pourtant trouvé que difficilement leur place dans la presse. Un article était en ligne hier sur le site de Página/12 mais il était alors réservé aux abonnés. Le quotidien reprend le thème aujourd’hui et le publie en accès libre. Les articles ne sont guère mis en avant par les journaux, même si Pagina/12, La Prensa et La Nación évoquent la question aujourd’hui en Une, assez discrètement, il est vrai (surtout La Prensa).

Hier, les articles en lien ci-dessous n’étaient pas encore en ligne lorsque j’ai fait ma revue de presse quotidienne.

Les médecins tirent la sonnette d'alarme au pied d'un des hôpitaux

Le modèle politique et économique libertarien n’est pas viable. Tout le monde le sait, sauf Javier Milei et sa clique ainsi que quelques autres dirigeants du même acabit aux États-Unis ou, depuis peu, au Chili.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lundi 27 avril 2026

Commémoration de la mort de François à la UCA ce soir [Actu]

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Ce soir, lundi 27 avril 2026, à 17 h, la Universidad Católica Argentina, université pontificale dont le cardinal Jorge María Bergoglio fut recteur en sa qualité d’archevêque de Buenos Aires, jusqu’à son élection à Rome, mais où il n’a cependant jamais étudié lui-même, lui rendra hommage dans le cadre des célébrations entourant le premier anniversaire de son décès, le 21 avril 2025.

Située dans ce qui fut le port de Buenos Aires transformé à présent en une très agréable promenade dans un environnement plutôt luxueux (le prix des restaurants et des cafés, dans le coin !), la UCA clôt ainsi le cycle commémoratif commencé il y a dix jours.

© Denise Anne Clavilier

samedi 11 avril 2026

La crème des universitaires fait cours sur Plaza de Mayo [Actu]

L'université de Plaza de Mayo, dit le gros titre
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Comme le gouvernement refuse d’appliquer la loi sur le financement des universités, loi à laquelle le président Javier Milei a mis son veto, veto qui a ensuite été annulé par le Congrès qui a définitivement validé la loi, les organisations universitaires ont décidé d’investir Plaza de Mayo, sous les fenêtres du palais présidentiel, la Casa de Gobierno ou Casa Rosada, et des grands scientifiques argentins y donnent des cours à ciel ouvert à tous ceux qui veulent bien prendre place devant eux…

Et pendant que les universitaires s’efforcent de manifester de façon pacifique, efficace et inventive, on découvre chaque jour davantage l’ampleur de la corruption des membres du gouvernement et des élus qui soutiennent Mileí. C’est une véritable appropriation de la richesse collective. On découvre que des ministres ont bénéficié de prêts très avantageux de la part du Banco Nación, la branche commerciale de la Banque d’Argentine, qui compte une autre société, Banco Central de la República Argentina (qui veille sur la devise nationale et ssur les réserves du pays).

Quant à la femme de Manuel Adorni, dans la tourmente comme son mari pour leur train de vie très luxueux et assez peu en accord avec leurs revenus déclarés, Página/12 révèle aujourd’hui qu’elle a fondé sa propre société de coaching au moment où son mari entrait au gouvernement, qu’elle a pour client des institutions publiques et qu’elle leur vend du vent, comme le font beaucoup de ces sociétés de consulting, sous la forme d’un fatras de conseils bidon et interchangeables, à base de méthodes infantilisantes et ridicules.

L’argent qui ne va pas aux universités et à la recherche n’est donc pas perdu pour tout le monde mais le gouvernement reste muet devant les révélations qui s’amoncellent. Comme s’ils n’avaient pas d’argument pour démonter ces accusations.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin ;

lire l’article de Página/12 sur les prêts avantageux accordés aux dirigeants du pays
lire l’article de Página/12 sur le beurre que se fait la peu scrupuleuse épouse du Premier ministre avec de l’argent public et celui de certaines entreprises privées qui fayottent.
Les autres quotidiens n’évoquent pas cette manifestation sur Plaza de Mayo.
Fermez les yeux et imaginez pendant quelques secondes que cela se soit produit à Paris sur la place de la Bastille ou la place de la République ou à Bruxelles sur la Grand-Place et qu’il n’y ait qu’un seul journal pour en faire mention le lendemain !

Ajouts du 14 avril 2026 :

lire cet article de Página/12 sur les coupures dans les budgets de la recherche, qu’elle soit fondamentale ou appliquée,
lire cet article de Página/12 sur les coupures budgétaires et les licenciements massifs dans le domaine de la sécurité alimentaire

Ajout du 15 avril 2026 :

lire cet entrefilet de La Prensa sur les licenciements massifs à l’INTI

Ajouts du 27 avril 2026 :

lire cet article de Página/12 ces réflexions d’un ministre tout content de la disparition du Service Météorologique National (qui pourtant rendait des services à toute l’économie, à commencer par la sacro-sainte agriculture nationale)
lire cet article de Página/12 sur la concession à des copains de Manuel Adorni et d’autres responsables gouvernementaux du parc public thématique Tecnopolis, qui mêle les sciences, les technologies et l’amusement pour les plus jeunes (et pas seulement eux) à la manière de notre Futuroscope à Poitiers. Depuis l’arrivée au pouvoir de Milei, le parc d’attraction est fermé au public. Il ne sert plus qu’à être privatisé, secteur par secteur, pour des événements festifs ou institutionnels. Il avait été créé sous Cristina Kirchner pour susciter des vocations scientifiques et technologiques et ça marchait plutôt bien. Mais Mileí ne veut ni scientifique ni ingénieur en Argentine. Juste des pions, des exploités et des exploitables. Au profit de deux ou trois oligarques de ses amis.