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jeudi 17 septembre 2026

Budget 2027 : table rase pour l’enseignement, la recherche et le soutien aux handicapés [Actu]

"Mileifique", dit le gros titre
sur cette image d'un Milei en Méphistophélès
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Le gouvernement envoie au Congrès un projet de budget qui abaisse encore de 33 % le financement de l’université publique, laquelle, malgré les décisions de justice, n’a jamais reçu le budget qui lui avait été alloué par le Congrès pour l’année en cours et sur lequel Javier Milei a posé son veto, déclaré illégal par les tribunaux.

La recherche scientifique et technologique sort essorée du projet de budget imaginé par ce gouvernement libertarien qui s’acharne contre le secteur non-marchand en général, et en particulier sur l’économie de la connaissance dont dépend pourtant l’avenir du pays, dont Milei semble se soucier comme d’une guigne.

"Le Budget rouvre la bataille pour les fonds
aux universités et au handicap", dit le gros titre
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Milei et ses sbires s’acharnent aussi contre les handicapés dont ce président barbare souhaite couper toutes les sources de soutien financier, prétendant qu’il s’agit là d’une affaire privée et que les familles n’ont qu’à se débrouiller seules.

Son discours constant depuis son arrivée au pouvoir, il y a bientôt trois ans, fait preuve en l’espèce d’une cruauté assez inimaginable chez un chef d’État, pour le dire franchement. Il s’acharne tout particulièrement sur les enfants qui souffrent d’un handicap, n’hésitant pas à les insulter personnellement sur les réseaux sociaux. Aux enfants en général, Milei préfère les chiens et de très loin. Comme me l'a dit l'un de mes amis, c'est une tragédie !

"Le gouvernement lance des changements
dans l'aide sociale et provoque une forte tension
avec ses alliés", dit le gros titre
La photo est consacrée aux manchots du Zoo de Mar del Plata
qui ont été remis à un parc en Patagonie après la fermeture du zoo
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Toutefois, cette fois-ci, cette revendication d’un manque total de solidarité et d’empathie ne passe pas comme une lettre à la poste dans la coalition informelle qu’il a construit avec quelques partis amis. Il y a du tiraillement au sein même du gouvernement et c’est la presse de droite qui s’en fait l’écho ce matin.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

jeudi 30 juillet 2026

La communauté scientifique internationale prend fait et cause pour la recherche argentine [Actu]

Le Conicet en lutte


De nombreux chercheurs scientifiques de plusieurs pays, dont 24 prix Nobel, viennent d’adresser à Javier Milei et son gouvernement une lettre où ils leur demandent instamment de préserver et de financer l’appareil scientifique et technologique du pays, qui perd huit postes de travail tous les mois depuis l’arrivée au pouvoir de l’actuel président.

La pétition continue à rassembler des signatures et le secteur de la recherche et de l’innovation argentin continue quant à lui à s’asphyxier, faute de financement public. C’est donc l’avenir du pays, qui était en pointe sur le continent dans ces domaines, qui est menacé.

L'image réelle de l'étoile de mer
avec tous les paramètres de l'observation (en anglais)

Le personnel du CONICET, le centre national de recherche et de technologie, l’équivalent argentin du CNRS français, est en lutte depuis des mois. Pour symbole de la cause, il affiche une étoile de mer qui a fait le buzz il y a un an lorsque l’organisme diffusait en streaming, y compris sur une chaîne de télévision, les magnifiques images vidéo d’une campagne d’exploration des fonds marins dans le Mar Argentino, dans les eaux territoriales du pays.

En Argentine, tout le monde s’est pris d’affection pour cette estrella culona (culo, c’est les fesses en espagnol d’Argentine – attention : ce n’est pas le cas en Espagne !)

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12, le seul quotidien d’envergure nationale à rendre compte aujourd’hui de cette pétition internationale.

mercredi 10 juin 2026

Un croco de 237 millions d’années [Actu]

Vue d'artiste de notre nouvelle sympathique peluche...


Les chercheurs du CONICET, le Centre national de recherche scientifique et technologique, viennent de découvrir dans la province de La Rioja, dans le nord-ouest du pays, sur les flancs des Andes, des fossiles appartenant à un lointain cousin de nos actuels crocodiles d’il y a 237 millions d’années. Cet animal a donc vécu avant nos amis les dinosaures.

Le reptile mesurait environ 6 mètres de long. Son crâne, qui constitue l’essentiel de la découverte, mesurait 60 cm de longueur et il était haut sur pattes : il marchait, il ne rampait pas (alors que nos crocodiles sont entre les deux moyens de locomotion terrestre).

Photo Conicet

La découverte fait l’objet d’un article scientifique en anglais, publié dans Papers in Paleontology (une revue de University of Michigan). Son contenu n’est accessible que sur abonnement (la lecture requiert donc un accès professionnel à une bibliothèque scientifique du CNRS ou d’une université). Seul un abstract (synthèse de présentation) est disponible en ligne.

Cette nouvelle découverte met à nouveau en évidence l’importance de financer le travail des scientifiques en Argentine, un financement que le gouvernement de Javier Milei refuse obstinément malgré tous les avantages que le pays peut en obtenir, notamment en termes de soft-power et d’échanges internationaux avec les chercheurs de tous les autres pays. Dans ce cadre, l’organisme vient de reprendre la diffusion d’un streaming sur les fonds marins, cette fois un peu plus au sud, sur le littoral atlantique argentin : il maintient ainsi l’intérêt et le soutien de l’opinion publique nationale.

Dans le domaine de la paléontologie, l’Argentine possède en Patagonie l’un des plus importants gisements de fossiles capables de témoigner des tous premiers vertébrés qui ont peuplé notre planète. C’est un précieux avantage non seulement sur le plan scientifique mais aussi sur celui du tourisme. Et le tourisme, c’est des recettes, du développement local et des devises. Il est stupéfiant que ce gouvernement qui ne juge de la valeur d’une chose qu’en fonction de sa rentabilité à court terme ne le comprenne pas !

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lundi 18 mai 2026

L’OMS traite le départ de l’Argentine en plein scandale du hantavirus [Actu]

"Les rats quittent le navire", dit le gros titre
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L’OMS est réunie aujourd’hui en assemblée générale.

A l’ordre du jour de cette session, est inscrit le traitement de la sortie de l’Argentine de l’organisme. En effet, le retrait d’un État-membre n’est prévu dans les statuts de l’OMS que pour les États-Unis qui n’avaient adhéré en 1948 qu’à la condition de pouvoir s’en retirer à tout moment, puisque ce pays toujours eu en horreur les contraintes du multilatéralisme, organismes comme traités internationaux, les autres États-membres, dont l’Argentine de Perón, comprenant parfaitement à cette époque l’utilité d’une telle coopération internationale.

Le retrait de l’Argentine apparaît d’autant plus scandaleux que le monde est suspendu à un risque certes très mesuré mais toutefois bien réel d’une épidémie d’une pathologie pulmonaire virale transmise par des rongeurs qui vivent en Argentine, dans le sud du pays, un agent infectieux dont il existe, en Argentine, des spécialistes en médecine et en biologie, spécialistes reconnus et que Javier Milei a rendus impuissants à faire progresser la connaissance du virus en question puisqu’il les a privés de budget de manière parfaitement consciente et cynique.

Ce retrait de l’OMS correspond à une imitation servile de Milei à l’égard de Trump et à leur mépris partagé pour les sciences et pour la santé publique. L’assemblée générale de l’OMS doit aujourd’hui accepter ce départ pour que celui-ci soit effectif. La déclaration unilatérale de Milei ne suffit pas (malgré ses rêves obscènes, il n’est pas Donald Trump).

La Une de samedi dernier
Sans autre commentaire
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L’OMS a pour objectif d’imaginer et de coordonner entre tous ces membres, soit presque l’ensemble de la planète, des stratégies de santé publique, notamment en cas de pathologies contagieuses, avant qu’elles ne donnent lieu à une épidémie ou après que l’épidémie soit déclarée.

Samedi, Página/12 faisait sa Une sur la réduction draconienne des budgets des programmes de santé notamment dans le domaine du cancer, d’accès aux médicaments de première nécessité, des maladies sexuellement transmissibles et des maladies chroniques. Le secteur de la santé s’apprête à son tour à manifester dans les rues après l’ensemble des universités et de la recherche.

© Denise Anne Clavilier


Pour en savoir plus :

lire l’article de Página/12 qui, hier, en a fait sa Une
lire l’article de Página/12 sur la mobilisation des professionnels de la santé

Chasse aux rongeurs dans la garrigue andine de Tierra del Fuego
(photo La Nación)

Ajouts du 20 mai 2026 :

Malgré les coupes budgétaires et le mépris gouvernemental pour toute recherche, médicale ou autre, l’institut national d’étude des infections contagieuses, el Malbrán, est en Patagonie, avec une équipe de biologistes en tenue de haute protection. Dans le bosquet d’altitude de Tierra del Fuego, ils piègent des rongeurs porteurs de l’hantavirus et analysent le phénomène sanitaire dans un laboratoire de campagne installé sous une tente, alors que l’hiver est déjà mordant dans le grand sud argentin.
A ce propos, lire l’article de La Nación
lire l’article de La Prensa du 18 mai

Retour au camp de base pour les analyses biologiques
(photo La Nación)
Et vive la recherche !

mercredi 13 mai 2026

Marée humaine pour l’université et la science [Actu]

Le gros titre est très difficile à traduire.
On pourrait dire "L'Argentine en grand"
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C’est une marée humaine qui a défilé pacifiquement dans toutes les villes d’Argentine hier, alors que le gouvernement refuse depuis 203 jours de mettre en œuvre la loi votée par le Congrès sur le budget des universités, sous des prétextes fallacieux, dont l’un est que dans les deux grandes universités publiques que sont la UBA (Universidad de Buenos Aires) et la UNLP (Universidad Nacional de La Plata), la moitié des étudiants seraient étrangers et n’acquitteraient pas de droits d’inscription différenciés parce que les conseils d’administration des ces institutions « le refusent par pure idéologie ».

Analyse par La Nación de la composition politique
et syndicale de la manifestation
alors qu'elle arrive sur Plaza de Mayo
Le toit rouge en croix est celui de la cathédrale (18e s.)
La coupole grise sur le flanc est celle
de la chapelle qui abrite la tombe du général José de San Martín
ajoutée en 1880 pour accueillir les restes du héros
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En fait, les chiffres sont d’un peu plus de 4 % toutes disciplines confondues et de 28 % en médecine, signe que la formation médicale argentine est l’une des plus réputées d’Amérique du Sud.

Une manifestante de Salta, d'origine visiblement amérindienne,
raconte que son père est maçon et sa mère simple employée
elle est la première universitaire de sa famille

On estime à 1,5 millions le nombre de manifestants sur l’ensemble du territoire national. Cela fait beaucoup pour une population générale qui n’atteint pas encore les 50 millions d’habitants

Banderole à travers Avenida de Mayo :
"Milei, respecte la loi"
Plus loin, le même slogan mais regardant de l'autre côté

Les banderoles portaient des slogans souvent simples et clairs : « Sans université, pas d’avenir » ou « Mileí, respecte la loi ». Plus émouvant, de nombreux participants portaient des pancartes racontant l’histoire de leur famille : ici, une fille d’ouvriers heureuse d’avoir pu accéder à une formation supérieure grâce à la gratuité de l’enseignement universitaire, ailleurs des descendants d’Amérindiens revendiquant l’ascenseur social qu’est l’université même dans leur lointaine province, ailleurs encore des moqueries contre Adorni et la corruption qui prospère dans les rangs gouvernementaux, tuant le savoir, la recherche et la culture.

"L'opposition s'approprie la revendication universitaire"
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Pendant ce temps-là, plusieurs ministres et autres courtisans se sont réunis au palais pour se plaindre d’y être « assiégés » par des « perturbateurs professionnels » qui « ne veulent pas comprendre » la logique de réduction du déficit public qui présiderait (sans aucune dimension idéologique, vous pensez bien !) à ces coupes claires dans le secteur non-marchand alors qu’en fait, le résultat ciblé par ces mesures est, comme aux États-Unis, l’enrichissement d’une petite coterie d’oligarques dont Javier Milei aimerait bien faire partie un jour et dont les rejetons peuvent aller se former au commerce, au management ou à la haute finance à l’étranger, surtout aux États-Unis, tandis qu’eux-mêmes peuvent y faire soigner leur cancer et tant pis si les pauvres en crèvent !

"Application de la loi du financement universitaire tout de suite" 


Ce qui est intéressant, c’est de constater que contrairement à une tradition tenace jusqu’en 2023, qui voulait que, dans la rédaction des articles comme dans le choix des photos, la presse de droite minimise le succès des manifestations plutôt classées à gauche (et celle-là en est une) et grossissent celui des défilés classés à droite, les journaux, qu’ils appartiennent à l’une ou l’autre partie de l’éventail politique démocratique, tombent d’accord sur plusieurs points d’analyse, reconnaissent et même montrent qu’il y avait vraiment beaucoup de monde dans la rue. Les journaux de droite poussent la loyauté jusqu’à reproduire certaines pancartes assez accusatrices. C’est intéressant parce que cela se répète souvent depuis deux ans que cette politique libertarienne est mise en œuvre et que cette harmonisation soudaine des quotidiens pourrait bien signifier que la droite argentine a conscience que ce gouvernement n’est pas un gouvernement de droite comme les autres et qu’il met bel et bien en danger le pays, sa réputation internationale, sa prospérité, son avenir et sans doute même s’inquiète-t-elle pour la démocratie elle-même.

"Exigence massive en faveur
de la loi du financement universitaire", dit le gros titre
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Acharné à maintenir son cap mortifère, l’exécutif prétend en appeler à la Cour suprême parce que celle-ci s’est toujours montrée opposée aux politiques de redistribution et qu’elle n’est aujourd’hui composée que de trois juges très à droite, tous nommés par Mauricio Macri, président néolibéral, reagano-tatcherien (mais raisonnablement démocrate), qui, de 2016 à 2019, a précédé dans la fonction le centriste de gauche Alberto Fernández (2019-2023).

"Encore une exigence massive des universitaires :
C'est une manifestations d'opposants, dit le gouvernement"
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Les manifestants en ont donc appelé à la haute cour pour qu’elle respecte, comme c’est son devoir et sa raison d’être, le travail du Congrès et la loi qu’il a votée. L’avenir nous dira s’ils auront été entendus.


© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article national de Página/12 sur la manifestation
lire l’article de Página/12 sur les différentes manifestations dans l’Intérieur (comme on appelle tout ce qui n’est pas Buenos Aires)
lire l’article de Página/12 sur la réaction de la Casa Rosada
lire l’article de Página/12 sur la réunion d’une poignée de ministres avec Peter Thiel, le PDG de Palantir, qui réside en ce moment dans une propriété qu’il possède à Buenos Aires, alors même que la foule occupait Plaza de Mayo à 40 mètres de la façade de la Casa Rosada (c’est le deuxième rendez-vous que l’inquiétant milliardaire de la Silicon Valley a avec les décideurs argentins – la première avait été dissimulée au public grâce à un refus d’accès au palais opposé aux journalistes accrédités auprès de la présidence, sous un prétexte cousu de fil blanc et avancé par la maison militaire du président. Il est donc probable qu’ils ne parlent pas seulement recette de la sauce chimichurri !)
lire l’article de La Prensa sur la manifestation
lire l’article de La Prensa sur l’appel des protestataires à la Cour suprême
lire l’article de Clarín sur la manifestation
lire l’article de Clarín sur l’impasse que le gouvernement s’entête à emprunter sur la question universitaire
lire l’article de La Nación sur la participation à la manifestation
lire l’article de La Nación sur l’immobilisme du gouvernement

Ajouts du 20 mai 2026 :

Au lendemain de la grande manifestation pour l’université publique et la recherche, le président, qui ne doute de rien et se prend pour un grand économiste, est allé « donner un cours » dans une université privée de Buenos Aires, la Universidad de San Andrés (UDESA), où il a disserté devant un petit parterre d’étudiants priés de l’applaudir et de quelques personnalités libertariennes. Hier, un bon nombre de professeurs de cette institution lui ont adressé une lettre où ils défendent le système de l’université publique dans lequel ils ont eux-mêmes fait leurs études et sans lequel il n’y aurait pas, affirment-ils, de formation supérieure qui tienne, y compris dans le secteur privé.
A ce propos, lire l’article de Página/12
lire l’article de La Nación

mardi 12 mai 2026

Milei joue avec les nerfs des gens comme un chat avec une souris [Actu]

"Milei appelle à manifester", ironise le gros titre
sur cette reprise d'une photo folle de Milei
un jour où il a ouvert la séance à Wall Street
avec cette expression démente
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Non content de ne pas verser aux universités les subventions prévues par la loi votée par le Congrès l’année dernière et revalidée par les deux chambres après que Javier Milei y avait posé son veto, lequel est donc nul et non avenu, le président argentin vient d’annoncer de nouvelles coupes budgétaires dans le secteur de l’enseignement supérieur et de la recherche. Les universités, le CONICET (équivalent argentin du CNRS français) et la CONAE (l’équivalent du CNES) sont dans son viseur.

"La longue marche", dit le gros titre
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Précisément les institutions dont les personnels et les partisans descendent dans la rue en grand nombre cet après-midi pour une quatrième Marcha Federal depuis que Milei occupe la Casa Rosada, le 10 décembre 2023.

Milei déteste le secteur non-marchand dans son ensemble et la science en particulier. Il s’acharne dessus comme un enfant capricieux et hargneux qui casse les jouets des autres.

"Nouvelle coupe dans les budgets de l'éducation
avant la manifestation des universitaires", dit le gros titre
La photo porte sur les cours donnés au grand public
sur l'espace public, ici à Buenos Aires
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Aujourd’hui des chercheurs, des personnels administratifs et techniques, des étudiants mais aussi des artistes, des journalistes, des intellectuels, des cadres et sans doute aussi des patrons battent le pavé dans toutes les petites et grandes villes du pays, remontés à bloc par cette énième provocation, cruelle et méprisante, du chef de l’État, une décision de restriction budgétaire « vertueuse » qui côtoie des scandales de corruption abyssaux déclenchés par des ministres, des parlementaires, des conseillers et des copains qui affichent le plus parfait cynisme à l’heure de rendre des comptes puisqu’ils affirment qu’ils n’ont jamais rien fait de mal.

"Milei réduit la dépense de presque 2,5 milliards
avec de fortes réductions dans l'éducationet la santé"n
dit le gros titre
En dessous, une photo d'une exposition à New York
sur le scandale Epstein
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Dans leurs pages intérieures, les journaux rapportent la contre-performance du président dans les sondages. Comme son modèle et idole Donald Trump, Javier Milei a désormais perdu le vote d’une grande partie des électeurs qui l’ont porté au pouvoir en octobre et novembre 2023.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12, édition nationale, sur les dernières mesures budgétaires
lire l’article de Página/12, édition de La Plata (province de Buenos Aires), sur les raisons de la manifestation vue de la capitale provinciale (c’est la province la plus dotée en universités publiques)
lire l’article de Página/12, édition de Rosario, sur la mobilisation locale
lire l’article de La Prensa sur la Marcha Federal dont tout le monde s’accorde à dire qu’elle devrait être très fournie
lire l’article de Clarín sur ce sujet
lire l’article de La Nación sur l’attitude belliqueuse qu’adopte le gouvernement et surtout le président face à l’expression du mécontentement populaire
lire l’article de Página/12 sur les mauvais chiffres de popularité (les graphiques des sondages sont assez parlants)
lire l’article de La Prensa sur le même sujet

lundi 11 mai 2026

Manifestation demain pour l’université, l’éducation supérieure et la recherche [Actu]

"Ce ne sont pas les motifs qui nous manquent",
dit le gros titre sur cette photo d'une manifestation précédente
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Demain, 12 mai 2026, tous niveaux, toutes spécialités et tous métiers confondus, les universitaires lancent un appel national à la manifestation pour réclamer du gouvernement qu’il lâche enfin les sous !

Clarín hier : en gros titre, les suites des affaires Adorni
en photo, l'un des universitaires qui boucle son budget
avec des courses de chauffeur de plateforme
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En Argentine, l’enseignement supérieur et la recherche se meurent faute de budget et d’investissement de la part de l’État alors que le pays était leader dans le sous-continent dans ces domaines. Le mépris de ce gouvernement libertarien pour le secteur non-marchand dans son ensemble (culture, santé, recherche, école, infrastructures) menace l’avenir du pays et provoque depuis deux ans une fuite des cerveaux considérable et d’autant plus dramatique que le « marché » est engorgé un peu partout : les Argentins ne sont pas les seuls à tenter d’aller voir ailleurs si la recherche se porte mieux. Les États-uniens le font aussi et en très grand nombre, tandis qu’un peu partout ces budgets nationaux sont en difficulté à cause des transferts d’investissement à réaliser au profit de la défense, qu’on soit au Canada, au Japon, en Corée du sud ou en Europe, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Union Européenne.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 de ce jour
lire l’article de Cash, le supplément économique hebdomadaire de Página/12
lire l’article de Clarín du 8 mai sur les universitaires obligés de cumuler les emplois pour boucler leurs fins de mois

samedi 11 avril 2026

La crème des universitaires fait cours sur Plaza de Mayo [Actu]

L'université de Plaza de Mayo, dit le gros titre
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Comme le gouvernement refuse d’appliquer la loi sur le financement des universités, loi à laquelle le président Javier Milei a mis son veto, veto qui a ensuite été annulé par le Congrès qui a définitivement validé la loi, les organisations universitaires ont décidé d’investir Plaza de Mayo, sous les fenêtres du palais présidentiel, la Casa de Gobierno ou Casa Rosada, et des grands scientifiques argentins y donnent des cours à ciel ouvert à tous ceux qui veulent bien prendre place devant eux…

Et pendant que les universitaires s’efforcent de manifester de façon pacifique, efficace et inventive, on découvre chaque jour davantage l’ampleur de la corruption des membres du gouvernement et des élus qui soutiennent Mileí. C’est une véritable appropriation de la richesse collective. On découvre que des ministres ont bénéficié de prêts très avantageux de la part du Banco Nación, la branche commerciale de la Banque d’Argentine, qui compte une autre société, Banco Central de la República Argentina (qui veille sur la devise nationale et ssur les réserves du pays).

Quant à la femme de Manuel Adorni, dans la tourmente comme son mari pour leur train de vie très luxueux et assez peu en accord avec leurs revenus déclarés, Página/12 révèle aujourd’hui qu’elle a fondé sa propre société de coaching au moment où son mari entrait au gouvernement, qu’elle a pour client des institutions publiques et qu’elle leur vend du vent, comme le font beaucoup de ces sociétés de consulting, sous la forme d’un fatras de conseils bidon et interchangeables, à base de méthodes infantilisantes et ridicules.

L’argent qui ne va pas aux universités et à la recherche n’est donc pas perdu pour tout le monde mais le gouvernement reste muet devant les révélations qui s’amoncellent. Comme s’ils n’avaient pas d’argument pour démonter ces accusations.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin ;

lire l’article de Página/12 sur les prêts avantageux accordés aux dirigeants du pays
lire l’article de Página/12 sur le beurre que se fait la peu scrupuleuse épouse du Premier ministre avec de l’argent public et celui de certaines entreprises privées qui fayottent.
Les autres quotidiens n’évoquent pas cette manifestation sur Plaza de Mayo.
Fermez les yeux et imaginez pendant quelques secondes que cela se soit produit à Paris sur la place de la Bastille ou la place de la République ou à Bruxelles sur la Grand-Place et qu’il n’y ait qu’un seul journal pour en faire mention le lendemain !

Ajouts du 14 avril 2026 :

lire cet article de Página/12 sur les coupures dans les budgets de la recherche, qu’elle soit fondamentale ou appliquée,
lire cet article de Página/12 sur les coupures budgétaires et les licenciements massifs dans le domaine de la sécurité alimentaire

Ajout du 15 avril 2026 :

lire cet entrefilet de La Prensa sur les licenciements massifs à l’INTI

Ajouts du 27 avril 2026 :

lire cet article de Página/12 ces réflexions d’un ministre tout content de la disparition du Service Météorologique National (qui pourtant rendait des services à toute l’économie, à commencer par la sacro-sainte agriculture nationale)
lire cet article de Página/12 sur la concession à des copains de Manuel Adorni et d’autres responsables gouvernementaux du parc public thématique Tecnopolis, qui mêle les sciences, les technologies et l’amusement pour les plus jeunes (et pas seulement eux) à la manière de notre Futuroscope à Poitiers. Depuis l’arrivée au pouvoir de Milei, le parc d’attraction est fermé au public. Il ne sert plus qu’à être privatisé, secteur par secteur, pour des événements festifs ou institutionnels. Il avait été créé sous Cristina Kirchner pour susciter des vocations scientifiques et technologiques et ça marchait plutôt bien. Mais Mileí ne veut ni scientifique ni ingénieur en Argentine. Juste des pions, des exploités et des exploitables. Au profit de deux ou trois oligarques de ses amis.

lundi 8 décembre 2025

Requiem pour la science en Argentine [Actu]

"Sans la science, il n'est pas de futur", dit
la pancarte de la manifestante.
Le masque à gaz est une référence à un classique
de la science-fiction argentine, la bande dessinée El Eternauta,
portée récemment à l'écran avec un grand succès
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Le gouvernement argentin vient d’annuler tous les appels à concours annuels pour les projets scientifiques qui doivent être financés par l’État, comme c’est le cas dans tous les pays civilisés.

Cela veut dire qu’en 2026, il n’y aura pas de nouveaux projets de recherche en Argentine, pays qui se classe au premier rang en Amérique du Sud pour ce qui est de la science et de l’économie de la connaissance.

Il est inutile de dire que cette décision est catastrophique puisqu’elle obère l’avenir du pays. Elle va sans doute accentuer la fuite des cerveaux et faire entrer encore davantage les chercheurs argentins en concurrence avec leurs homologues des États-Unis, lesquels se cherchent eux aussi une porte de sortie au Canada, en Europe, en Océanie, au Japon ou en Corée du sud… Peut-être le Brésil pourra-t-il accueillir quelques voisins.

A cela s’ajoute le fait que le gouvernement n’applique pas la loi de financement universitaire sur laquelle le président Javier Mileí avait posé son veto mais qui a été remise en selle par le Congrès, qui l’a approuvée une nouvelle fois, ce qui rend le veto présidentiel nul et non avenu… à condition que l’Exécutif respecte la constitution. Ce qu’il n’a pas l’intention de faire.

Cela conduit à des premières décisions d’universités qui annoncent d’ores et déjà que les cours ne reprendront pas à la rentrée de mars prochain, après les vacances d’été, faute de budget.

Dans la presse quotidienne nationale, seul Página/12 semble se soucier de cette crise pourtant majeure, à court, moyen et long terme.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 sur la suppression des concours scientifiques
lire l’article de Página/12 sur la non-rentrée programmé à la UTN, l’université technologique nationale. Autant de techniciens et d’ingénieurs qui manqueront sur le marché du travail et pmour le développement souverain du pays lorsque le cauchemar actuel aura enfin pris fi