vendredi 6 novembre 2026

Milei avait pris Peña pour modèle… Pas de bol ! Peña s’effondre [Actu]

Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Javier Milei semble avoir très mal choisi ses modèles et ses références politiques et économiques. Orban, sorti par le suffrage universel ! Netanyahu, sorti ou en passe de l’être par le suffrage universel ! Trump, sorti, et en beauté, par le suffrage universel ! Et maintenant Santiago Peña, le jeune, très droitier et très affairiste président du Paraguay, pays limitrophe situé au nord de l’Argentine, vient d’être poussé à la démission par la colère de ses compatriotes après la faillite d’une grande banque privée avec laquelle il a conservé et cultivé des conflits d’intérêt. A en croire Milei, Peña était pourtant le meilleur d’entre les meilleurs, celui qui fournissait un modèle que l’Argentine devait suivre, un modèle du déploiement de la liberté (économique) sans entrave que Milei adore comme on adore une idole.

"Scandale financier au Paraguay : démission refusée
et début d'un procès de destitution", dit le gros titre
Cliquez sur l'image pour una haute résolution

Avec l’effondrement de la plus grande banque du pays, ce sont des millions de Paraguayens qui sont menacés de perdre toutes leurs économies comme cela s’est passé à Noël 2001 en Argentine. L’ex-président est soupçonné d’avoir pris part à une escroquerie pour s’enrichir personnellement au détriment de ses compatriotes.

Malgré sa démission, Peña va devoir comparaître dans les jours prochains, voire aujourd’hui même, devant une commission d’enquête parlementaire pour répondre de tout cela. Le Congrès paraguayen tient en effet à cette procédure de destitution qu’il avait déjà engagée peu avant la démission car c’est la seule façon d’empêcher que Peña puisse prétendre à un statut de sénateur à vie, comme c’est le cas des chefs d’État après leur mandat.

"Asunción en feu", dit le titre secondaire
tandis qu'au premier plan, on lit : "Le Messager de la Paix
arrive aujourd'hui en Uruguay"
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Le scandale atteint Milei alors qu’il se trouve à Madrid pour assister (en pointillés) à un sommet international où il s’est fait remarquer par ses indélicatesses diplomatiques habituelles. En Argentine, l’opposition le critique pour son soutien appuyé au mandataire déchu comme à Trump.

"Chute du président Peña à cause des millions
d'épargnants victimes de ses fonds", dit le gros titre
La photo montre quant à elle le moment où Sánchez et Milei
ont échangé une poignée de mains très rapide, hier,
sous les yeux du roi Felipe qui n'en perd pas une miette
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

La semaine dernière, la cour de Cassation avait semblé dégager son horizon en prononçant un inadmissible non-lieu en faveur de tous les suspects impliqués dans l’escroquerie $Libra, une crypto-monnaie promue par Milei, soutenue par sa sœur et qui s’est effondrée dans les heures qui ont suivi son lancement sur les réseaux sociaux, faisant des milliers de victimes parmi les investisseurs hispanophones quelque peu imprudents. Mercredi dernier, dès que l’Argentine a appris le revers électoral subi par Trump, un juge a accepté de rouvrir l’enquête et de faire cas aux plaintes que différentes personnes avaient déposées en quelques jours contre ces non-lieu. Milei n’est donc pas encore sorti d’affaire, lui non plus.

C’est ainsi que le Pape arrivera d’ici quelques jours en Argentine dans ce contexte politique on ne peut plus délétère, alors que Milei aimerait bien dériver un peu de son prestige sur lui-même, histoire de se refaire une santé...

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article principal de Página/12 qui fait de ce scandale sa Une du jour
lire l’article de La Prensa (Une du jour)
lire l’article de Clarín (Une du jour)
lire l’article de La Nación (Une du jour)