mercredi 4 novembre 2026

Trump au tapis, Milei dans les cordes : la vague bleue dans la presse argentine [Actu]

"Le long adieu", titre Página/12
sans jeu de mot pour une fois
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Après le Canada, qui avait voté pour un nouveau Premier ministre libéral après que Trump avait eu , dès sa prise de fonction, la peau de Justin Trudeau qu’il traitait de « gouverneur » du 51e État, après la défaite cinglante de Victor Orbán, après la défaite finale de Netanhyahu qui ne pourra pas former le nouveau gouvernement en Israël, après la défaite de Alexandar Vučić en Serbie, chassé du pouvoir par la mobilisation des citoyens inspirés par les étudiants en lutte contre la corruption, après la toute récente victoire de Lula contre un candidat soutenu (à grand renfort d’argent et de désinformation) par la Maison Blanche et désormais si « courageusement » réfugié à Miami (1), c’est donc Donald Trump qui prend un uppercut de la gauche et se retrouve au tapis, tellement proche du K.O. que dès la soirée électorale, il a dû s’avouer vaincu, sans doute pour la première fois de sa vie (2).

Dessin de Alfredo Sábat ce matin dans La Nación
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Comme quoi, il n’y a pas de fatalité (en France pas plus qu’ailleurs) (3) et tout l’argent des oligarques de la tech et des autres secteurs ne peut pas acheter les voix des électeurs, si tant est que ceux-ci soient opposés à la corruption et attachés à la démocratie, à la vérité de l’information et à la liberté en général et en particulier.

"Vote sanction contre Trump", dit le gros titre
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Pour Javier Milei, qui a mis tous ses œufs dans deux paniers qui n’en fait plus qu’un, Trump et Netanhyahu, la situation politique se complique, surtout s’il veut se succéder à lui-même dans un an comme il l’a déjà crié sur les toits.

Dessin de Daniel Paz et Rudy, ce matin, à la Une de Página/12
Milei (à gauche) : Je suis en train de me préparer à la visite du Pape...
et c'est plutôt difficile
Le journaliste : Vous essayez d'être dans la sobriété et l'empathie ?
Milei : Non, j'essaye d'insulter en latin
Traduction © Denise Anne Clavilier
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Aujourd’hui, il atterrit en Espagne pour participer au Sommet hispanique qui rassemble l’Espagne et tous les pays de l’Amérique latine qui ont autrefois appartenu au même gigantesque empire colonial. Il est déjà prévu que Milei s’y entretiendra en particulier avec le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, qu’il avait couvert d’insultes lors de son dernier séjour dans la Péninsule et qu’il avait refusé de rencontrer, en violation de toutes les règles diplomatiques. Côté Zarzuela, il est prévu qu’il ne soit pas reçu en audience particulière par le roi qui avait déjà refusé de le recevoir lors de ce dernier passage en Espagne alors que Milei avait osé de lui demander, à l’improviste qui plus est.

"Etats-Unis : les démocrates très proches
du contrôle du Congrès", dit le gros titre
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Le président argentin est donc d’ores et déjà, et à raison, un paria diplomatique et ce n’est pas la défaite de Trump qui va améliorer sa situation. C’est donc dans ce contexte assez peu favorable que « Jamoncito » (petite tranche de jambon), comme aiment à le surnommer ses adversaires politiques en reprenant une comparaison osée de l’actuelle vice-présidente tout en se moquant de sa prétendue future conversion au judaïsme le plus rigide, s’apprête à recevoir en grande pompe le pape Léon alors que ce dernier tient à effectuer une visite pastorale en veillant bien à éviter toute récupération politique (comme dans tous les pays où il se rend).

"Trump subit un dur revers électoral
et perdrait le contrôle du Congrès", dit le gros titre
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Ce matin, la presse argentine rend compte de tout cela mais les journaux ont bouclé bien avant que le dépouillement permette de parler de victoire dans les deux chambres du Congrès. Les nuances observables dans les articles et sur les Unes reflètent les obédiences politiques des quotidiens (un est à gauche, deux sont situés à droite, la droite constitutionnelle de gouvernement, un autre est la voix de l’extrême-droite catholique et anti-sociale, désormais très minoritaire dans le pays).

Vignette de Miguel Rep aujourd'hui pour Página/12
à regarder en haute résolution

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article principal de Página/12
lire l’article de La Prensa
lire l’article principal de Clarín
lire l’article de Clarín sur la situation politique de Milei au Sommet ibérique
lire l’analyse politique de La Nación sur la situation politique de Milei après cette élection aux États-Unis illustré par une caricature très drôle de Alfredo Sábat, l’un des dessinateurs de presse du quotidien




(1) Le président du Paraguay, le pays frontalier au nord de l’Argentine, est lui aussi en mauvaise posture puisqu’une banque privée dans laquelle il a des intérêts indus vient de faire faillite, privant les clients de leurs économies. La banque centrale vient d’en prendre le contrôle pour amoindrir la catastrophe et elle a fermé l’agence commerciale, suscitant des troubles graves à Asunción, la capitale. Tous les membres du Conseil d’administration sont déjà derrière les barreaux. Lire à ce sujet l’article de Página/12 et celui de son supplément Latinoamérica piensa (L’Amérique latine réfléchit).

(2) avant de rétropédaler assez rapidement en faisant publier sur son réseau social l’image d’une casquette MAGA transformée en casquette VETO.
(3) En librairie, hier, j’ai découvert (et acheté bien sûr) un très intéressant ouvrage collectif élaboré par une cinquantaine d’historiens de premier plan qui entendent dénoncer les falsifications de l’histoire que l’extrême-droite française répand à l’envi pour gagner des parts de ce qu’elle voit comme un marché, le gros gâteau électoral de la présidentielle à venir : Les faussaires de la nation, aux Éditions Philippe Rey, coordonné par Vincent Duclert et Maria Malagardis.