mercredi 28 octobre 2026

L’Argentine a aidé Flávio Bolsonaro à fuir son pays [Actu]

"Il a perdu, il a fui, on lui accorde un visa",
dit le gros titre conçu avant la communication
officielle argentine
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Auparavant, il n’y avait que la Russie poutienne pour faire des coups pareils : accueillir sur son sol un homme public fuyant la justice de son pays ! Maintenant, les États-Unis s’y mettent aussi, et dans le cas présent, ils ont été assistés par Javier Milei et le gouvernement argentin.

"C'est la fête pour Lula : Bolsonaro s'exile
aux Etats-Unis", dit le gros titre
Dans le texte qui l'accompagne, le journal
ne cache pas son mépris pour le président
de la Cour suprême brésilienne. A vomir !
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Celui-ci a commencé par nier toute entrée du fugitif et de sa famille sur le territoire national mais, une fois qu’il a été confirmé que Bolsonaro, sa femme et leurs deux filles avaient bien atterri en Floride ou étaient en passe de le faire, le ministre des Affaires étrangères, un homme d’affaires sans scrupule et sans aucune culture diplomatique, a fait confirmer, au tout début de cette journée du 28 novembre, avant le bouclage des principaux quotidiens, que le sénateur brésilien battu à l’élection présidentielle s’était présenté à un poste-frontière tout ce qu’il y a de plus officiel pour entrer dans la province de Misiones où un jet privé attendait la famille sur le tarmac de Puerto Iguazú depuis mardi matin. Tous les quatre sont entrés en Argentine à 23 h 30 et leur avion a décollé à 0 h 21 en direction de l’Équateur pour ce qui semble avoir été une escale technique, avant de redécoller cette fois pour les États-Unis, lesquels venaient d’annoncer qu’ils leur accordaient des visas, comme ils l’avaient déjà fait en faveur d’Eduardo Bolsonaro, l’autre fils de Jair, lui aussi parti en exil pour échapper à une lourde condamnation de prison ferme pour des atteintes à la probité et une complicité dans la tentative de coup d’État du 8 janvier 2023.

"Avec l'aide de Trump, Bolsonaro a fui le Brésil
et il est arrivé aux Etats-Unis", dit le gros titre
La photo principale concerne la réaction surdimensionnée
de la Chine contre Kylian Mbappé
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Le ministère des Affaires étrangères argentin prétend que les passeports des fugitifs étaient en règle et que la police des frontières n’avait donc aucune raison de ne pas les laisser entrer alors que le président de la Cour suprême du Brésil avait déjà communiqué publiquement dès lundi matin que Bolsonaro disposait de 24 heures pour remettre son passeport aux autorités et qu’il n’avait plus le droit de quitter le territoire national, à cause d’une affaire de corruption dans laquelle sa responsabilité pénale est engagée. La police des frontières ne pouvait pas ne pas savoir (c’est son métier et sa responsabilité). Elle aurait donc pu laisser entrer l’épouse et les filles et elle aurait dû empêcher le père de franchir la frontière. Il se trouve que Página/12 a découvert sans trop de retard que le propriétaire du jet qui attendait à Puerto Iguazú n’est autre que l’un des hommes d’affaires argentins impliqués dans le scandale de la ANDIS, l’agence nationale qui assiste les handicapés et sur laquelle existe une enquête vieille de plusieurs mois sur des factures de médicaments aux montants astronomiques, avec des écarts correspondant à des montants qui ont comme par hasard atterri sur les comptes en banque de certains proches du président Milei. Je ne sais pas vous mais moi, je trouve ça un brin curieux !

Sans foi ni loi, sans honneur ni courage, à l’instar de leur père, les deux frères Bolsonaro ont donc abandonné celui-ci derrière eux, alors qu’il est condamné à de longues années de prison et qu’il pourrait, à son âge, ne jamais retrouver la liberté, même si personne ne peut le plaindre dans la mesure où il vit aujourd’hui dans des conditions confortables et même luxueuses, puisqu’il purge sa peine en assignation à résidence chez lui, une mesure dont Lula, pourtant plus âgé, n’avait pas bénéficié.

"Bolsonaro a fui aux Etats-Unis après
que la Cour lui a interdit de quitter le Brésil",
dit le gros titre
tandis que la photo principale est réservée
aux élections ratées en Israël, qui se retrouve
sans majorité de gouvernement
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En revendiquant son forfait haut et fort, l’Argentine vient donc officiellement de basculer sans vergogne dans la catégorie des États voyous, aux côtés des États-Unis qui y sont déjà tombés il y a plusieurs mois et qui pourraient peut-être en sortir la semaine prochaine, si les électeurs se déplacent en masse aux urnes et s’ils choisissent les bons candidats dans les cinquante États où se tiennent les élections de mi-mandat.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article principal de Página/12, mis à jour en ligne après que le ministère a revendiqué sa participation à l’organisation de la fuite du leader de l’extrême-droite brésilienne
lire l’article de Página/12 sur la participation de l’Argentine à cette fuite obscène
lire l’éditorial de Página/12 sur cette fuite qui, en décapitant l’opposition d’extrême-droite et en la couvrant d’opprobre, pourrait bien jouer en faveur de Lula puisque celui-ci pourra facilement démontrer qu’en son temps, poursuivi, à tort, dans le procès Lava Jato, il a fait face à la justice de son pays et ne s’est dérobé ni à son procès ni même à la peine de prison alors qu’il est désormais établi qu’il était innocent et qu’il avait déjà connu la prison dans sa jeunesse, quand il luttait contre la dictature militaire
lire l’article de Clarín (dont la Une montre que la rédaction a bouclé son édition papier juste après la communication du ministère)