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mercredi 6 juillet 2011

Quand Gabriel Plaza présente trois espoirs du Tango Nuevo aux lecteurs de La Nacion [à l'affiche]

Cela va nous changer des remugles mal odorants de la campagne électorale... Le chroniqueur tango de La Nación, qui est aussi DJ de milonga, Gabriel Plaza, nous offre ce matin un portrait de trois jeunes compositeurs et chefs d'orchestre de tango : Agustín Guerrero (23 ans), Nicolás Tognola (23 ans) et Hernán Cabrera (30 ans), et leurs formations respectives, la OTAG (Orquesta Típica Agustín Guerrero), Hojarasco et Ciudad Baigón. L'article présente les concerts qu'ils donnent au Teatro Orlando Goñi, un hangar plus qu'une salle de concert digne de ce nom.

"Lo bueno de esta generación es que para nosotros vale todo y no tenemos que rendirle cuentas a nadie. No estamos esperando la aprobación de nadie ni del ambiente del tango. Hacemos lo que se nos canta. Pienso que mucha gente de nuestra generación siente lo mismo", define Hernán Cabrera, de la orquesta Ciudad Baigón, grupo que tomó su nombre de un tema del Indio Solari.
"Nuestros viejos eran de la generación del rock y pensaban que el tango era cosa de viejos, y tenían razón. Pero ahora el tango pasó a ser parte de nuestra generación. Cada vez hay más propuestas de tango distintas, cada vez hay más grupos, es como exponencial el crecimiento. Algo va a pasar con todo esto", sostiene Agustín, el conductor de la OTAG, una "banda" de quince músicos que sorprendió con su disco debut, Resurgimiento.
"Estamos como en la refundación de algo, como pasó con el rock nacional acá, que empezaron unos cuantos grupos y artistas como Tanguito y después empezaron las ramas, los estilos y cada uno con su propia ruta, pero todos juntos a la vez como movimiento. En el tango actual está pasando algo parecido", relata como un biógrafo de la nueva época el bandoneonista Nicolás Tognola, director de Hojarasco, orquesta que mutó a una atípica eléctrica con piano, batería, fueye y guitarra.
Gabriel Plaza, La Nación

Ce qu'il y a de bien dans cette génération, c'est que pour nous, tout est bon et nous n'avons de compte à rendre à personne. Nous n'attendons l'approbation de personne, pas même du monde du tango. Nous faisons ce qui nous chante. Je pense que beaucoup de gens de notre génération pense la même chose, affirme Hernán Cabrera, de la Orquesta Ciudad Baigón, groupe qui a pris son nom d'un morceau de Indio Solari.
Nos vieux appartenaient à la génération du rock et ils pensaient que le tango était un truc de vieux, et ils avaient raison. Mais maintenant le tango est devenu partie prenante de notre génération. Il y a de plus en plus de propositions de tango différentes, il y a de plus en plus de groupe, la croissance est comme exponentielle. Il va se passer quelque chose avec tout ça, soutient Agustín, qui dirige la OTAG, une bande de quinze musiciens (1) qui a surpris avec son tout premier disque, Resurgimiento.
Nous sommes comme à la refondation de quelque chose, comme ça s'est passé avec le rock nacional ici, qui ont commencé à quelques groupes et quelques artistes comme Tanguito et après ont commencé les ramifications, les styles et chacun sur sa propre route, mais tous ensemble en même temps comme mouvement. Dans le tango actuel, c'est quelque chose de semblable qui se passe, relate, comme un biographe de la nouvelle époque, le bandonéoniste Nicolás Tognola, chef de Hojarasco, orchestre qui est devenu une atypique électrique, avec piano, batterie, soufflet et guitare (2).
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Gabriel Plaza fait une place dans son article aux aspects économiques et sociaux qui caractérisent ces jeunes formations de la nouvelle vague tanguera à Buenos Aires. Des thématiques qui ont été souvent abordées ici, notamment autour du Festival Indépendant de Tango qui a tenu sa deuxième édition en mars, cette année (voir mes articles sur cette manifestation estivale).

"Si no sos independiente y no generás tu espacio, no existís. No somos independientes sólo por elección, como eran Los Redonditos de Ricota, sino porque no nos queda otra si queremos hacer lo que nos gusta. Aprendimos eso del rock", proclama Cabrera
La Nación

Si tu n'es pas indépendant et si tu ne crées pas ton propre espace, tu n'existes pas. Nous ne sommes pas indépendants que par choix, comme l'étaient les Redonditos de Ricota (3) mais parce qu'il ne nous reste pas d'autre solution si nous voulons faire ce que nous aimons. Nous avons appris ça du rock, proclame Cabrera.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

"Para mí esa gente que se autodenomina «la gente del tango» no significa nada. ¿Qué saben ellos de todo lo que tuve que estudiar y dedicarle al tango para que después me vengan a criticar? Para mí no existen", dice, imparable, el pianista Agustín Guerrero
La Nación

D'après moi, ces gens qui s'autoproclame "le monde du tango", ce n'est rien. Qu'est-ce qu'ils savent, eux, de tout ce que j'ai eu à étudier et à donner au tango pour venir après me critiquer ? Pour moi, ils n'existent pas, dit, sans qu'on puisse le stopper, le pianiste Agustín Guerrero.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

"Contrario a lo que se dice o se cree, el tango es una música de jóvenes, no de viejos -levanta la voz Agustín-. Me refiero, también, a que fue gestado por gente joven de pensamiento, aunque coincidió en la mayoría de las veces que eran jóvenes de edad. Troilo cuando armó su orquesta tenía alrededor de 23 años. Y de alguna manera lo que hicieron esos músicos con el tiempo fue continuar lo que empezaron de jóvenes hasta que se murieron, como Osvaldo Pugliese. Pero el tango es música de jóvenes, de tipos que miran para adelante y quieren aportar algo a lo que los maestros les dejaron."
"Desde ese mismo concepto -interviene el pianista Hernán Cabrera-, pienso que el tango es una música joven porque apenas tiene cien años y recién empieza. Todavía no se lo puede poner en un museo porque no sabemos su final. Por eso, las búsquedas y los nuevos caminos que está tomando el tango hoy van a tener su importancia en la historia, aunque ahora no lo veamos."
La Nación

Contrairement à ce qui se dit ou à ce que l'on croit, le tango est une musique de jeunes, pas de vieux, dit Agustín. Je me réfère aussi au fait qu'il est né chez des gens jeunes dasn leur pensée, même si ça s'est trouvé que la majeure partie du temps, ils étaient jeunes par leur âge aussi. Troilo, quand il a monté son orchestre, avait autour de 23 ans. Et d'une certaine manière, ce qu'ont fait ces musiciens avec le temps, ce fut de continuer ce qu'ils avaient commencé dans leur jeunesse, jusqu'à leur mort, comme Osvaldo Pugliese. Mais le tango est une musique de jeunes, de types qui regardent vers l'avant et qui veulent contribuer en quelque chose à ce que les maîtres leur ont laissé.
Dans le même ordre d'idée, intervient le pianiste Hernán Cabrera, je pense que le tango est une musique jeune parce qu'elle a à peine cents ans et qu'elle vient tout juste de commencer. On ne peut pas encore la mettre dans un musée parce que nous ne connaissons pas sa fin. Pour cette raison, les recherches et les chemins nouveaux que le tango est en train de prendre aujourd'hui, vont avoir leur importance dans l'histoire, quand bien même nous ne le voyons pas maintenant.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Pour en savoir plus :
plongez-vous dans l'article de La Nación

(1) Un groupe de 15 musiciens, c'est un orchestre énorme pour les standards actuels. La Orquesta Escuela de Tango Emilio Balcarce, qui est financée par les deniers publics, ne compte sur scène que 17 musiciens (en fait, ils sont 19, puisqu'il y a deux pianistes et deux contrebassistes qui alternent pendant les concerts). Alan Haksten Grupp, c'est 11 musiciens, et c'est déjà un beau groupe bien imposant. La OTFF (la Fernández Fierro, qui officie tous les mercredis et un samedi sur deux rue Sánchez de Bustamante, au CAFF et dont je vous parle souvent dans ce blog) se compose de 12 musiciens, chanteur compris. A El Arranque, ils sont 8, en tout et pour tout.
(2) La orquesta típica est une formation qui compte obligatoirement un piano, un violon, une contrebasse et un bandonéon. Un certain nombre d'autres instruments peuvent s'ajouter sans détruire le caractère típico d'un ensemble, mais les 4 instruments cités sont indispensables. Ce type de formation est apparu dans les années 1910 et a été consacré comme traditionnel dans les années 1920, grâce à un pionnier de la radio, qui avait le sens de la formule et qui a trouvé cette expression, qui a fait fortune.
(3) Entendez Les rondelles de Ricotta. Ce groupe a pris le nom d'une sorte de gros cannelloni fourré qu'on fait à la maison ou qu'on achète tout prêt à enfourner, en tranches, chez les fabricants de pâtes fraîches qui sont à Buenos Aires aussi nombreux que dans n'importe quelle ville italienne.

vendredi 9 juillet 2010

Alan Haksten Grupp et Hojarasco au CC Julián Centeya samedi [à l’affiche]

La orquesta típica Alan Haksten Grupp (acoustique) et la electrorquesta típica Hojarasco (électronique comme ils le revendiquent eux-mêmes) partageront la scène du Centre Culturel Julián Centeya à 20h samedi 10 juillet 2010 pour un concert a la gorra (au chapeau, en français, mais les Argentins préfèrent utiliser une casquette, allez savoir pourquoi !).

Le Centro Cultural Julián Centeya se trouve dans le quartier de Boedo, avenida San Juan 3255 (c’est écrit sur l’affiche diffusée par Alan Haksten).

J’ai déjà parlé plusieurs fois de la formation très jeune de Alan Haksten depuis cette Noche de los Museos où ils se sont produits à la Academia Nacional del Tango. En revanche, j'ai encore très rarement mentionné Hojarasco. Une petite présentation s’impose donc :

La direction du groupe de neuf musiciens est assurée par le bandonéoniste Nicolás Tognola Harder. Le groupe compte aussi un chanteur, Marco Bellini, un pianiste, Gaston Harisquiry, un contrebassiste, Tomas Falasca, un altiste, Andrés Hojman, deux violonistes, Hernán Diaz Karish et Tomás Quindi, un violoncelliste, Julián Arellano, et un batteur, Guido Bronfman.

Pour en savoir plus sur Alan Haksten, dont ce n’est pas le premier article que j’écris sur lui, cliquez sur son nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.

Pour découvrir leur musique, connectez-vous à leur espaces sur le Web :

mardi 2 décembre 2008

1er festival d’orchestres coopératifs au CCC Floreal Gorini [à l’affiche]



Comme vous l’indique cette belle affiche que m’a fait parvenir Walter Alegre, le coordinateur de la Ciudad del Tango du CCC, les mercredis 3 et 10 décembre, le Centro Cultural de la Cooperación fait intervenir en deux soirées quatre orchestres constituées en coopératives :

Agua Pesada dont le répertoire est composé de musique originale,

Misteriosa Buenos Aires qui continue à faire vivre le lien entre danse et musique (beaucoup d’orchestres contemporains après Piazzolla délaissent la danse, qui elle même se passe d’eux en utilisant plus volontiers les services de DJ qui puissent dans les enregistrements des années 40 ou de leurs imitateurs qu’elle ne recourt à de la musique vivante et c’est bien dommage aussi),

La Vidú, qui dispose de ses propres arrangements des grands classiques,

Electro Orquesta Hojarasco, qui cherche a interpréter la musique des années 40 avec les sonorités et la technique de ce début de 21ème siècle.

Prix des places : 20$ (il y a deux orchestres à chaque fois, ce qui explique le montant inhabituel au CCC).