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Vendredi dernier,
le gouvernement de Javier Milei et ses tristes alliés ont refusé le
concours de la puissance
publique à la famille de
El Indio Solari pour organiser ses
funérailles à la hauteur de la demande et pour
assurer la sécurité des
personnes et des biens, malgré les besoins plus qu’évidents. Le
président de la Chambre, le gluant arriviste Martín Menem, qui
n’est autre que l’un des petits-enfants de
feu l’ancien président
Carlos Menem, celui que Milei respecte le plus et auquel il aimerait
tant ressembler, a refusé tout net de mettre à disposition de la
veillée funèbre les
locaux du Congrès en
prétextant que ce bâtiment ne se prêtait pas à ce genre de
manifestation. Ce qui est totalement faux : le Congrès a
accueilli les hommages populaires et nationaux au président Néstor
Kirchner en 2010, à la chanteuse et compositrice Mercedes Sosa et à
Diego Maradona, quelques années plus tard. Les trois veillées ont
attiré une foule immense, démonstrative
et brisée de chagrin sans qu’aucun incident n’ait été à
déplorer. Le bâtiment est
parfait pour accueillir ce genre d’événement grâce à
l’immense
place qui le jouxte et où
les forces de l’ordre
peuvent
canaliser la foule et les
moyens de secours être
déployés.
Devant une telle mauvaise
volonté, aussi cruelle que méprisante, c’est Máximo Kirchner, le
fils de Néstor et Cristina Kirchner, aujourd’hui leader d’un des
mouvements péronistes (un peu extrémiste sur les bords pour être
franche) et grand ami personnel du chanteur et de sa famille, qui
s’est chargé de trouver une solution. Surmontant
ses différends politiques
et sa rivalité avec d’autres dirigeants péronistes tout aussi
ambitieux que lui, il a pris son téléphone
pour appeler le gouverneur
de la Province de Buenos Aires puis
le maire de Avellaneda, une
ville de la banlieue
populaire et
ouvrière sur la limite
sud de la capitale
fédérale. Les trois hommes ont désigné à la hâte un lieu
capable d’accueillir la foule et ils ont mis sur pied le dispositif
de sécurité nécessaire en faisant appel aux forces de
l’ordre provinciales. Le
cercueil fermé, autopsie oblige, a alors été
transféré au Centre Multisport Gatica de Villa Domínico, à
Avellaneda.
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Samedi soir, dès que le lieu de
la cérémonie a été
connu, on a vu se former une file d’attente sur la route qui
relie Buenos Aires au
Gatica, une file longue de sept kilomètres et
d’environ un million de
gens de tous âges, attendant debout, à pied, de rendre un dernier
hommage à l’artiste disparu, malgré la pluie et le froid qui
auraient pu arrêter plus d’un pèlerin. Les fans portaient des
vêtements
à l’effigie de leur idole disparue, des pancartes et
des banderoles pour le remercier de ce qu’il a été pour eux,
certains ont dessiné son visage à même la chaussée ou sur les
murs environnants, et ils ont ainsi cheminé jusqu’à la chapelle
ardente où ils se sont recueillis dans le calme et une
dignité à l’argentine
devant un cercueil en
bois aux reflets dorés au-dessus duquel flottait la mention « Indio
1949-∞ » en
lettres de lumière.
La chapelle devait ouvrir ses
portes hier, dimanche,
à 11 h du matin. Il a fallu avancer l’ouverture à 9 h
et c’est seulement ce matin, lundi, à 8 h que la famille a
estimé devoir conclure la veillée publique pour procéder aux
obsèques proprement dites dont elle n’a révélé ni les modalités
ni le lieu, afin de se réserver un peu d’intimité.
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| En photo principale, la foule des fans à l'approche du Gatica Cliquez sur l'image pour une haute résolution |
Ce matin, l’épouse (depuis 45
ans) et le fils de El Indio ont publié sur les réseaux sociaux un
texte serein et très beau pour remercier tous ces inconnus qui se
sont déplacés pour rendre
ce dernier adieu. Ils les invitent à faire perdurer la vie du
disparu à travers sa musique à jamais vivante.
Ce matin aussi, tous les journaux d’envergure nationale ont tenu à évoquer et à mettre à leur Une cet événement exceptionnel auquel ce gouvernement de sinistres brutes a choisi délibérément de tourner le dos.
Pour aller plus loin :
lire l’article de La Prensa
regarder l’album de 106 photos publié par Clarín
lire l’article de La Nación





