« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme », écrivait François Rabelais au 16e siècle, au moment où les premiers Espagnols mettaient le pied sur une terre qui allait devenir l’Argentine.
Dans un billet d’opinion publié
hier par The Financial Times, le président Javier
Milei vient d’annoncer que son pays va légiférer por que
l’intelligence artificielle y trouve un terrain dénué de toute
réglementation pour y développer toutes ses possibilités (y
compris les plus dangereuses [c’est moi qui commente]). Pourtant,
Trump vient d’être contraint d’émettre un décret énonçant un
minimum de règles pour encadrer les pratiques d’IA. Même Trump !
A Buenos Aires, on murmure (très fort) que cette initiative du gouvernement vient directement de Peter Thiel, le patron et co-fondateur de Palantir, qui a récemment fait savoir qu’il s’installait définitivement à Buenos Aires où sa famille vient de le rejoindre dans la luxueuse résidence qu’il y possède et où l’on croyait jusqu’à il y a peu qu’il était juste venu passer quelques semaines. Il a été reçu au moins à deux reprises par Milei à la Casa Rosada, loin du regard des journalistes, et on ne sait pas ce que les deux hommes ont manigancé, aussi fascinés qu’ils sont par les théories néo-fascistes et libertariennes l’un comme l’autre. Maintenant, on l’imagine un peu mieux.
Au programme du projet de loi :
dérégulation à gogo, avantages fiscaux à gogo aussi, facilités
d’implantation et d’installation, création du statut de personne
morale non-humaine (société commerciale virtuelle où aucun être
humain n’assumera les responsabilités légales du dirigeant), etc.
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C’est tellement énorme que cela fait causer toutes les gazettes. Il faut dire aussi que pour un président argentin, surtout celui-ci, toujours en quête égotique de reconnaissance sociale (et qui parle anglais comme une vache espagnole, en prime), signer dans FT, c’est le Graal.
Le même jour, le ministre de la Dérégulation, qui co-signe le billet présidentiel, a proposé, dans une interview télévisée, de remettre le permis de conduire sans examen contre le paiement du droit y afférent. Il se réfère à une pratique dans un des États fédérés du Mexique où cette pratique aurait fait baisser la corruption. En Argentine, ce qui est certain, c’est que cette pratique augmentera la dangerosité au volant. Or le taux d’accidents de la route est déjà très élevé dans le pays (lire à ce sujet l’article de Página/12).
Pour aller plus loin :
lire l’article de La Prensa
lire l’article de Clarín
lire l’article de La Nación
lire l’article de La Nación sur les critiques de Elisa Carrio, femme politique à moitié retirée et connue pour son caractère volcanique (elle est très excessive en général mais il lui arrive de dire la vérité, même si son expression est assez peu pacifiée)
lire l’article de El Economista, journal spécialisé argentin

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