lundi 31 mars 2025

Le gouvernement argentin coupe le budget de la ex-ESMA [Actu]

"La Esma dans le viseur", dit le gros titre
sur cette photo emblématique de ce qui fut le pavillon d'honneur
de l'école supérieure de mécanique de la Marine
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Depuis le le retour de la démocratie en Argentine, le 10 décembre 1983, la politique des droits de l’homme et par conséquent celle de la mémoire des crimes contre l’humanité commis par la dictature militaire des années 1976-1983 est une politique d’État. La justice, l’éducation, la culture, la recherche, la diplomatie argentines participaient toutes de cette politique nationale jusqu’à la prise de fonction de Mileí, le 10 décembre 2023.

Presque aussitôt en poste, le nouveau président a interdit aux diplomates de faire la moindre référence à ces programmes, comme à ceux d’inclusion, de lutte contre la discrimination, contre les maladies infectieuses (notamment la politique de lutte contre le covid) et sur le changement climatique, puis il a engagé une stratégie d’intimidation à l’endroit des associations militantes, des syndicats et de toutes les institutions participant de l’une ou l’autre de ces politiques. Il franchit en ce moment une nouvelle étape en supprimant les budgets nationaux qui faisaient vivre les centres culturels consacrés à la défense des droits de l’homme dans une vaste cité thématique installée, au lendemain du retour à la démocratie, dans une enceinte qui avait appartenu aux forces armées qui y avaient installé un centre de détention, de torture et d’exécutions extrajudiciaires qui a fonctionné pendant toute la durée de la dictature.

Ce budget fédéral démocratique finançait notamment les salaires des personnels travaillant dans les centres culturels, dont celui du ministère de la Justice, le Centro Cultural Haroldo Conti, déjà fermé il y a quelques semaines. C’est désormais le sort qui attend les autres pavillons, avec tous leurs programmes de spectacles, d’expositions, de conférences, de colloques et d’ateliers pour les adultes et les enfants. Des activités gratuites ou à prix très abordables.

C’est Trump sur Río de la Plata. A l’œuvre, la même logique néofasciste et la même utilisation orwellienne du mot « liberté » pour désigner son contraire.

© Denise Anne Clavilier


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