lundi 25 mars 2024

Grande manifestation des droits de l’homme hier [Actu]

"Nous avons 30.000 raisons de défendre la patrie",
dit le gros titre reprenant le slogan des manifestants
On voit ici la Plaza de Mayo archi-pleine,
jusque dans les rues adjacentes et la percée de Avenida de Mayo
(dans l'axe principal)
Le ruban qui contourne ce qu'on appelle la Pyramide de Mai
reprend les photos de tous les disparus sous la Dictature
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Hier, l’Argentine commémorait le 48e anniversaire du coup d’État de Videla et consorts qui a ouvert sept ans de la pire dictature subie par ce pays qui en a connu plusieurs.

La manifestation à La Plata avec cette jeune femme
figurant la "Liberté" coiffé du bonnet phrygien rouge
telle qu'elle est figurée à Buenos Aires au sommet
de la Pyramide de Mai, un monument érigé
le 25 mai 1811 pour le premier anniversaire de la Révolution
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Les militants de l’opposition et des droits de l’homme ont défilé dans les rues de toutes les grandes villes dans des manifestations géantes comme on en avait peu vues en quarante ans de démocratie.

"Deux sons de cloche", préfère titrer La Prensa
pour éviter de prendre parti
On y voit la Plaza de Mayo de l'autre côté.
La Casa Rosada est tout au fond
En dessous : la foule en deuil à Moscou
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De son côté, le gouvernement n’a rien trouvé de mieux à faire en ce jour particulier que de publier une vidéo ignoble qui met en scène trois ténors du négationnisme des crimes contre l’humanité de la Junte et remet donc en cause, d’une manière particulièrement vicieuse et perverse, les chiffres officiels des victimes de la dictature, soit trente mille adultes disparus et environ quatre cents enfants de moins de cinq ans volés à leurs familles opposantes au régime.

"Le gouvernement a nié les 30.000 disparus
et il a rouvert la polémique", dit le gros titre
sur cette photo de Plaza de Mayo en plongée
avec la statue de la Liberté en haut de la Pyramide
(en fait un pyramidion à la romaine)
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Les journaux de droite (La Prensa, Clarín, La Nación) hésitent entre d’un côté la dénonciation de la démarche scandaleuse du gouvernement, dont ils constatent qu’il fait tout pour semer les germes d’une guerre civile dans le pays, et de l’autre leur combat traditionnel contre ces commémorations d’une époque que la droite préférerait ensevelir dans l’oubli, pour faire comme s’il ne s’était rien passé, prétendant refermer sans bruit la parenthèse afin que tout le monde reprenne sa vie sans jamais parler de rien. L’attitude « secret de famille »… Devant l’affrontement spectaculaire entre les militants du souvenir dans la rue et ce gouvernement délibérément provocateur retranché dans la Casa Rosada protégée hier comme un bunker, ces quotidiens voient bien que quelque chose ne tourne pas rond. Ou plus exactement que le pays est en train de filer un très mauvais cocon sous la présidence de cet homme au comportement fasciste.

"Pour l'anniversaire du coup d'Etat,
le gouvernement plaide pour une mémoire complète"
dit le gros titre sur une vue en plongée
de Plaza de Mayo.
Au premier plan, en bas à droite, le Cabildo
où se sont produits les événements fondateurs du 25 mai 1810
De l'autre côté, la Casa Rosada dont on voit
qu'elle est protégée de la foule qui ne peut l'approcher
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Favorable à la commémoration, à la recherche de la vérité historique et politique et à la condamnation pénale à la suite de procès légaux contre les responsables politiques, militaires et policiers des crimes du régime, Página/12 est quant à lui vent debout contre ce gouvernement, lequel ne prend plus aucune précaution ne serait-ce que pour faire au moins semblant de dissimuler son caractère agressif, anti-social et anti-démocratique.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article principal de Página/12
lire l’article de La Prensa sur les prises de positions des organisations des droits de l’homme
lire l’article de La Prensa sur la vidéo gouvernementale
lire l’article principal de Clarín
lire le seul article de La Nación disponible en ligne sur les manifestations d’hier.