mardi 26 mars 2024

Ils osent tout, c’est même à cela qu’on les reconnaît ! [Actu]

Estela de Carlotto a droit à sa photo juste
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Ils osent tout ! Un procureur (de droite) de Mar del Plata vient de mettre en accusation Estela de Carlotto, la présidente de Abuelas de Plaza de Mayo (Grands-Mères de la place de Mai), pour incitation au coup d’État…

La droite ne lui pardonne pas le texte qu’elle a lu dimanche pendant la manifestation de commémoration du coup d’État de 1976. Elle a terminé son allocution en parlant de l’affreux président qui casse tout à la Casa Rosada en insultant tout le monde en ligne en prime. « Faisons quelque chose pour qu’il change ou qu’il s’en aille et le plus tôt sera le mieux » avait-elle conclu alors que Mileí, en poste depuis un peu plus de cent jours, détruit le droit du travail, la recherche publique, les universités nationales, la santé publique comme le montre en ce moment la terrible épidémie de dengue qui fait des morts et contre laquelle le gouvernement refuse de généraliser la vaccination, le secteur de la culture, la petite agriculture familiale, la lutte pour limiter le réchauffement climatique qui fait des ravages dans toute l’Argentine avec des inondations, des méga-feux, des sécheresses, des canicules et la fonte des glaces australes, et menace de relâcher dans la nature les criminels de la Dictature militaire qui ont été condamnés lors de procès équitables à de lourdes peines, souvent à perpétuité.

Là aussi, une photo tout en haut !
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Clarín n’hésite même pas à titrer que l’accusation est portée à la demande du président par un procureur à sa botte.

La Nación est le moins généreux des trois
L'info est traitée tout en bas à droite
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La presse est effarée par l’affaire qui annonce une nouvelle fois une dangereuse régression de la liberté d’expression dans le pays où il ne fait décidément pas bon ne pas être d’accord avec le pouvoir en place. Ce traitement de l’information est d’autant plus étonnant que la presse de droite ne porte pas dans son cœur l’association des Abuelas de Plaza de Mayo beaucoup trop proche de la gauche à son goût et que la cause elle-même ne paraît pas toujours légitime à tout le monde (pas mal de gens à droite ne voient pas pourquoi on va ainsi bouleverser la vie des « braves » familles qui ont adopté des enfants qui n’étaient pas les leurs… De « bons » chrétiens qui croient ou feignent de croire que « la vérité vous rendra libres » comme il est dit dans l’Évangile). Pourtant la personnalité mesurée de Estela et son sourire rayonnant sont appréciés un peu partout au-delà des clivages idéologiques et partisans en Argentine, sans parler de l’étranger.

Paradoxalement, c’est Página/12 ce matin qui se trouve le seul quotidien national à ne pas avoir inscrit l’affaire à sa une.

© Denise Anne Clavilier


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