mercredi 21 octobre 2026

Enfin, des dignitaires européens répondent aux insultes de Milei ! [ici]

Photo officielle du roi d'Espagne


Pendant que Trump trahit lâchement l’Ukraine pour mieux courtiser Poutine et insulte la France et son président, Javier Milei est en Espagne pour s’immiscer dans la campagne électorale en prenant parti pour les néo-franquistes de Vox, comme il le fait dès qu’il en a l’occasion depuis sa prise de fonction il y a trois ans. Dès son arrivée sur le sol espagnol, il a annoncé qu’il ne verrait pas Pedro Sánchez qu’il a en outre insulté d’abondance, le traitant notamment de zurdo, ce qui veut dire « de gauche » mais avec une connotation très injurieuse, et ce n’est pas la pire des insultes qu’il lui a lancées à la figure.

Tout cela ne l’a pas empêché d’avoir le culot de solliciter une audience auprès du roi, ce que celui-ci a poliment refusé. Le palais a expliqué qu’un mandataire étranger ne pouvait être reçu par le roi sans rencontrer au préalable le président du gouvernement, ce que Milei avait déjà annoncé refuser de faire. Quoi qu’il en soit, en dehors de ces règles de protocole diplomatique, on voit mal le chef de l’État espagnol recevoir, pendant la campagne électorale, un dignitaire étranger qui vient explicitement s’ingérer dans un processus démocratique aussi capital dans la vie politique du royaume.

Piégé par son abyssale incompétence diplomatique et protocolaire et par l’agressivité de sa démarche, Milei a prétendu que cet échec à rencontrer le roi était dû à une incompatibilité entre son agenda et celui de son hôte officiel. Gros mensonge qui ne trompe personne en Argentine comme le montre la presse qui s’est aussitôt fait l’écho de cet échec très humiliant pour l’insupportable personnage qui sert de président à l’Argentine. La dernière rencontre entre Milei et Felipe VI date du 28 juillet dernier, c’était à Lima à l’occasion de la prestation de serment de la nouvelle présidente (d’extrême-droite elle aussi) et Milei en avait fait des tonnes devant les caméras, courant à la rencontre de Felipe entre deux autres entretiens avec de grandes exclamations assez ridicules : « Votre Majesté ! Quel plaisir de vous revoir... ». Par la suite, il avait assuré aux journalistes qu’il entretenait les meilleures relations du monde avec le roi d’Espagne, qui ne peut évidemment pas le contredire publiquement mais il n’est pas absurde de penser que cette adoration n’est pas pleinement partagée, ne serait-ce qu’à cause de la vulgarité des manières affichées et mises en pratique par Milei dans son comportement protocolaire comme dans son activité politique.


De son côté, avec dignité et calme, Pedro Sánchez a répondu au président argentin en relevant l’insulte pour la revendiquer sur les réseaux sociaux puis, depuis sa voiture sur le chemin de Burgos, en diffusant sur ce même compte X une chanson engagée d’une chanteuse argentine que Milei poursuit de sa haine depuis le début de son mandat.

Alors ¡Viva el Rey! ¡Viva España !
Et Cлава Україні!
Героїам слава!


© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 sur le refus du palais
lire l’article de Página/12 sur les insultes prononcées par Milei
lire l’article de Página/12 sur la réponse de Pedro Sánchez
lire l’article unique (pour l’instant) de La Prensa sur ce énième incident diplomatique
lire l’article de Clarín sur le refus du palais
lire l’article de Clarín sur les insultes de Milei et la réponse de Sánchez
lire l’article de Clarín sur les insultes lancées par Milei contre Clarín et des journaux espagnols
lire l’article de La Nación sur le refus du palais
lire l’article de La Nación sur les insultes de Milei
lire l’article de La Nación sur les réactions des médias en Espagne