![]() |
| Photo officielle du roi d'Espagne |
Pendant que Trump trahit lâchement l’Ukraine pour mieux courtiser Poutine et insulte la France et son président, Javier Milei est en Espagne pour s’immiscer dans la campagne électorale en prenant parti pour les néo-franquistes de Vox, comme il le fait dès qu’il en a l’occasion depuis sa prise de fonction il y a trois ans. Dès son arrivée sur le sol espagnol, il a annoncé qu’il ne verrait pas Pedro Sánchez qu’il a en outre insulté d’abondance, le traitant notamment de zurdo, ce qui veut dire « de gauche » mais avec une connotation très injurieuse, et ce n’est pas la pire des insultes qu’il lui a lancées à la figure.
Tout cela ne l’a pas empêché d’avoir le culot de solliciter une audience auprès du roi, ce que celui-ci a poliment refusé. Le palais a expliqué qu’un mandataire étranger ne pouvait être reçu par le roi sans rencontrer au préalable le président du gouvernement, ce que Milei avait déjà annoncé refuser de faire. Quoi qu’il en soit, en dehors de ces règles de protocole diplomatique, on voit mal le chef de l’État espagnol recevoir, pendant la campagne électorale, un dignitaire étranger qui vient explicitement s’ingérer dans un processus démocratique aussi capital dans la vie politique du royaume.
Piégé par son abyssale
incompétence diplomatique et protocolaire et par l’agressivité de
sa démarche, Milei a prétendu que cet échec à rencontrer le roi
était dû à une incompatibilité entre son agenda et celui de son
hôte officiel. Gros mensonge qui ne trompe personne en Argentine
comme le montre la presse qui s’est aussitôt fait l’écho de cet
échec très humiliant pour l’insupportable personnage qui sert de
président à l’Argentine. La dernière rencontre entre Milei et
Felipe VI date du 28 juillet dernier, c’était à Lima à
l’occasion de la prestation de serment de la nouvelle présidente
(d’extrême-droite elle aussi) et Milei en avait fait des tonnes
devant les caméras, courant à la rencontre de Felipe entre deux
autres entretiens avec de grandes exclamations assez ridicules :
« Votre Majesté ! Quel plaisir de vous revoir... ».
Par la suite, il avait assuré aux journalistes qu’il entretenait
les meilleures relations du monde avec le roi d’Espagne, qui ne
peut évidemment pas le contredire publiquement mais il n’est pas
absurde de penser que cette adoration n’est pas pleinement
partagée, ne serait-ce qu’à cause de la vulgarité des manières
affichées et mises en pratique par Milei dans son comportement
protocolaire comme dans son activité politique.
De son côté, avec dignité et calme, Pedro Sánchez a répondu au président argentin en relevant l’insulte pour la revendiquer sur les réseaux sociaux puis, depuis sa voiture sur le chemin de Burgos, en diffusant sur ce même compte X une chanson engagée d’une chanteuse argentine que Milei poursuit de sa haine depuis le début de son mandat.
Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12 sur la réponse de Pedro Sánchez
lire l’article unique (pour l’instant) de La Prensa sur ce énième incident diplomatique
lire l’article de Clarín sur le refus du palais
lire l’article de Clarín sur les insultes de Milei et la réponse de Sánchez
lire l’article de Clarín sur les insultes lancées par Milei contre Clarín et des journaux espagnols
lire l’article de La Nación sur le refus du palais
lire l’article de La Nación sur les insultes de Milei
lire l’article de La Nación sur les réactions des médias en Espagne

