Actualité culturelle argentine, là-bas à Buenos Aires et sur le Río de la Plata, et ici, en Europe francophone.
Actualidad cultural, allá en Buenos Aires y su zona y acá en nuestras ciudades europeas franco-hablantes. Noticias en español si te gusta más así...
Cultural current affairs, there in Buenos Aires area and here, in French-speaking Europe. Depending on your demand...
Le
jeune premier de la télévision et du cinéma argentin Rodrigo de la Serna vient de
confier à la presse qu'il a été approché par un producteur pour
tenir le rôle de Jorge Bergoglio, aujourd'hui Pape François, dans
un long métrage en préparation.
S'il
est aussi proche de la réalité de son personnage que de San Martín
qu'il est censé incarner dans Revolución, el cruce de los Andes, où il hurle à tout bout
de champ et passe perpétuellement ses nerfs sur son entourage (1) -pour la vérité historique, je vous renvoie à un autre article que je
publie ce jour et en général à tous mes articles portant sur San
Martín-, il faut craindre le pire. Et en général, dans ce genre de
biopic qui surfe sur la mode, le pire est presque toujours sûr, en
Argentine comme n'importe où ailleurs. Et ça s'annonce mal parce que l'acteur annonce déjà qu'il a dû renvoyer le scénariste à ses chères études...
Il
n'en reste pas moins que du côté sérieux, le Pape continue à
nourrir l'actualité y compris en Uruguay. Notamment grâce à sa décision de créer une
Secrétairie Economique au sein de la Curie chargée de traiter
toutes les affaires matérielles et financières du Saint-Siège sous
la responsabilité de l'actuel archevêque de Sydney, qui fait partie
du G8, le conseil de huit cardinaux qui assistent le Saint-Père dans
le gouvernement de l'Eglise universelle. La Nación, Clarín et
Página/12 ont repris et analysé hier l'information passée inaperçue dans les grands médias français (voir l'article en français de Radio Vatican sur le sujet). La disparition
de Carlos Páez Vilaro m'a fait retarder cet article.
(1)
Difficile de savoir à qui la faute. A l'acteur lui-même, c'est peu
probable car il ne fait tout de même que jouer le rôle écrit par
le scénariste et sous la direction d'un réalisateur. Où le
scénariste, entouré d'historiens revisionistas comme il était,
est-il allé chercher cette caricature éructante tout droit sortie
de la plume de Bartolomé Mitre et de ses acolytes mais aussi éloigné du personnage de
chair et d'os que le Pape de Mark Zuckerberg.
Páez Vilaró dans un récent carnaval, jouant du tambour dans une comparsa de Montevideo
Carlos
Páez Vilaró était un grand artiste uruguayen. Passionnément. Il
était à la fois un musicien de candombe, de murga, adepte des
comparsas du carnaval de Montevideo, un artiste plastique dont les
œuvres sont reconnues dans toute la région et un écrivain poète à
ses heures. Il a aussi éphémèrement fait une incursion dans le
cinéma avant de retourner vivre dans et de la peinture, grâce à la
musique de Piazzolla... Toute sa vie, cet homme s'est attaché à
développer et à défendre la dimension populaire et métissée de
la culture orientale, comme on l'appelle sur les bords du Río de la
Plata.
La Cérémonie du Soleil, à Casapueblo,
avec l'hymne au soleil écrit et dit en public par Páez Vilaró et sous-titré en espagnol
Il
est décédé hier, brutalement, au milieu des siens, en début de
matinée, juste après avoir appelé son médecin car il venait de
ressentir une brutale douleur dans la poitrine. Jusqu'à cette
dernière minute, il a conservé une pleine vitalité et toutes ses
facultés physiques et intellectuelles. Il est mort à
quatre-vingt-dix ans dans son musée-atelier de Casapueblo, un
spectaculaire ensemble résidentiel qu'il avait baptisé la Maison du
Soleil. Il avait mis une trentaine d'années à construire cette
sculpture habitable (1), selon sa propre expression, dans un décor
proche du sublime, à quelques kilomètres de la station balnéaire
de Punta del Este, qui est à l'Uruguay ce que Mar del Plata est à
l'Argentine. Il avait l'habitude d'y passer le long été uruguayen
pour profiter de la chaleur, d'y travailler dans un flot de lumière
naturelle et d'y recevoir le public à bras ouverts.
Aussitôt
après sa mort, son corps a été conduit à la capitale pour y être
veillé jusqu'à 11h, heure locale, ce matin.
Cette
disparition, inattendue malgré son grand âge, met en berne les
drapeaux uruguayens et donne lieu à un hommage des plus hautes
autorités politiques du pays. Dans la soirée, on a vu le président
Pepe Mujica et son vice-président Danilo Astori visiter la chapelle
ardente installée au siège de l'AGADU (la société des auteurs
uruguayens) et ce matin, c'est à la Chambre que le corps sera veillé
et d'où il partira pour sa sépulture, dans le caveau de l'AGADU.
L'hommage à Páez Vilaró sous ls titre Le Soleil va le regretter
Carlos
Páez Vilaró était né en Uruguay le 1er novembre 1923
mais il avait passé une grande partie de son enfance et de sa
jeunesse à Buenos Aires. Des six enfants qu'il a eus de ses deux
mariages successifs, trois sont argentins et trois sont uruguayens.
Tant et si bien qu'il y a peu d'artistes qui fassent autant que lui
le lien entre les deux rives de l'estuaire. Il a d'abord gagné sa
vie avec des métiers ouvriers à Buenos Aires puis il est rentré à
Montevideo, pour des raisons de santé et il y est resté. Comme son
homologue et compatriote, Pedro Figari, il s'est penché sur l'apport
afro-américain dans la culture rioplatense : "lui,
disait-il de Figari, il a peint les noirs du souvenir, moi je peins
ceux d'aujourd'hui".
Dans son désir d'approfondir et de s'approprier cet aspect de sa
propre culture, il a beaucoup voyagé en Afrique, dans les années
60, lorsque ces pays accédaient, parfois avec des flambées de
violence, à leur propre indépendance.
La
plus grande épreuve de sa vie aura sans doute été l'accident
aérien dont l'un de ses fils a été victime en 1972 : l'avion
de ligne s'était écrasé dans les Andes. Alors, armé d'une foi
immense dans l'avenir et la vie, il est allé chercher son fils dans
la Cordillère enneigée. Avec toute une chaîne humaine de
solidarité venant de tout l'Uruguay, de Buenos Aires, de Mendoza, de
Santiago. Cette aventure, qui s'est bien terminée puisque son fils
fait partie des survivants de la catastrophe, joue un rôle certain
dans sa notoriété continentale, d'autant plus que les Andes sont un
symbole très complexe et d'une grande force évocatrice pour tous
les Sud-Américains.
Tambores en libertad, méditation historico-musicale
de Páez Vilaro sur le candombe et ses origines afro-coloniales
Et
puis il y a, entre autres peintres, Pablo Picasso et Benito Quinquela
Martín, les deux peintres qui l'ont marqué de leur empreinte, l'un
qu'il a connu à Paris et l'autre qu'il a connu dans son quartier de
La Boca, du côté de Caminito, là où aujourd'hui se tient le Museo
de Bellas Artes de la Boca Quinquela Martín. Et puis aussi Carlos
Gardel, qui fait lui aussi le lien entre les deux rives du fleuve.
Une de ses œuvres est à admirer dans le métro de Buenos Aires, à
l'Abasto, à la station Carlos Gardel. Si vous y passez, pensez à
lui. Il le mérite.
Documentaire sur Carlos Páez Vilaró
produit par Canal A, en 1999 (filmé à Casapueblo)
Toute
la presse uruguayenne (2) et une bonne partie de la presse argentine
lui rend hommage ce matin.
Il
y a quelques jours, j'avais annoncé pour aujourd'hui un nouvel
article en rapport avec mon prochain livre sur San Martín.
Conformément à la règle que, dès le début de ce blog, je me suis imposée et qui est de laisser toute la place au disparu, lorsqu'un décès
majeur frappe les pays du Río de la Plata, je reporte à demain l'article prévu pour ce 25 février, anniversaire de la naissance
du général.
lire
l'article de El Litoral (le quotidien régional de la rive occidentale du fleuve
Uruguay, Santa Fe, Entre Rios, Corrientes et Misiones) – l'article
intègre une interview vidéo.
lire
la dépêche de Télam, avec une petite vidéo intégrée reprenant
des images de ces dernières semaines, notamment de ce qui ressemble
à la fête de ses 90 ans.
(1)
Cette grappe immaculée dévalant la pente pour s'arrêter juste
au-dessus de la mer ne sera pas sans vous rappeler à la fois la
Costa Blanca, Santorin et le palais du Facteur Cheval, chez nous, en
France... Il s'agit d'un complexe qui accueille une maison d'été
pour le maestro, son musée-atelier, un hôtel, un centre de loisirs
offrant toutes sortes d'activités aux touristes du lieu...
(2)
Seul El País manque à l'appel car le site Internet était en
maintenance ce matin et il n'a toujours pas retrouvé sa
disponibilité sur le réseau, peut-être parce que les sites des
journaux uruguayens dans leur ensemble semblent crouler sous le flux
des connexions.
Cours du peso (ARS) : 1 € = 41 $ au 01.11.18 (1 $ = 100 centavos) Décalage horaire (Paris) : - 5 h Population BsAs : 3 millions Superficie BsAs : 202,4 km2 Pop. Gran BsAs : 12,5 millions Superficie Gran BsAs : 3833 km2
Population totale : 47 327 407 hab (mai 2022) Superficie Argentine : 2.780.400 km2
MONTEVIDEO : infos pratiques
Cours du peso (UYU) : 1 € = 37 $ au 01.11.18 (1 $ = 100 centesimos) Décalage horaire (Paris) : -5 h Pop. Montevideo : 1,3 million Superficie Montevideo : 193 km2 Pop. région Capitale : 2 millions Sup. région Capitale : 525,54 km2 Pop. Uruguay : 3,4 millions Superficie Uruguay : 176 220 km2
Asado : barbecue (du genre monstre, même en petit comité)
Baires : apocope de Buenos Aires
Boliche : tout établissement qui permet de se rencontrer autour d'une consommation solide ou liquide
Bombilla : pipette métalique ou végétale dont on se sert pour boire le mate (voir ce mot) en évitant d'avaler la poussière de yerba mate (voir ce mot). Lorsque le mate est partagé entre plusieurs convives, tous boivent à la même bombilla.
BsAs (ou BA) : initiales de Buenos Aires
Cambalache : Sens premier : dépôt-vente, brocante, voire mont-de-piété. D’où bazar, souk, bric-à-brac.
Candombe : musique d'origine afro-sud-américaine conçue pour les défilés festifs sans doute au 19e siècle au moment de la fin de l’esclavage. Cette musique est restée très populaire en Uruguay où elle est présente tout le temps.
Canyengue : caractéristique des faubourgs
Charla : conférence, causerie
Confitería : café-salon de thé et/ou pâtisserie-traiteur
Cuadra : portion de voie publique entre deux esquinas. Une cuadra faisant la plupart du temps 100 m, elle sert de mesure des distances dans la ville. Tel lieu se trouve à tant de cuadras de tel autre.
Empanada : chausson fourré à déguster chaud
Esquina : croisement de deux voies publiques (rues, avenues...) qui constitue un point de repère fixe dans la ville. On donne une adresse en indiquant sa cuadra (entre telle et telle rue) et sa distance par rapport à la esquina
GCBA : anagramme de Gobierno de la Ciudad de Buenos Aires (Gouvernement de la Ville de Buenos Aires)
Gorra (a la) : littéralement "à la casquette". En français, "au chapeau". Il s'agit d'un mode de rémunération artistique traditionnel dans toute la région du Rio de la Plata
Guampa : récipient pour préparer, boire et partager le tereré (voir ce mot) quand on n'utilise pas un mate classique (voir ce mot). Le guampa est creusé dans une corne de vache.
Guita : l'argent en lunfardo. Désigne aussi la devise nationale (la guita nacional)
Legislatura : nom de l’assemblée législative unicamérale de la Ville Autonome de Buenos Aires
Mate : 1. boisson nationale argentine, uruguayenne, chilienne et paraguayenne, très appréciée aussi dans le sud du Brésil. La boisson est produite par l'infusion de la yerba maté. En Bolivie et dans certaines zones du Pérou, on boit un mate de coca. 2. récipient de toute forme, de toute matière et de différentes contenances dans lequel le mate se prépare, se boit et se partage. (Voir ce mot)
Milonga : 1- musique qui a précédé le tango, toujours très vivante (caractérisée de nos jours par un rythme vif et allègre quand bien même les paroles raconteraient un drame) ; 2- bal de tango argentin
Milonguero : l´homme qui vit la nuit dans le monde dominé par le tango. Contrairement à ce que pensent les Français, le mot ne sert que rarement à désigner le danseur de tango en tant que tel. Attention quand vous employez le mot au féminin : il a longtemps désigné une réalité sociale disparue à la fin des années 50, la cocotte qui dansait dans les cabarets et se faisait entretenir. Danseur se dit la plupart du temps bailarin (bailarina au féminin)
Murga : musique festive de défilé de carnaval et autres grandes fêtes collectives.
Orquesta típica : ensemble musical comprenant au minimum 1 piano, 1 violon, 1 bandonéon et 1 contrebasse.
Peso : devise nationale (non convertible). Sigle : $
Picada : assortiment de fromages et/ou de charcuterie
Plenario : réunions académiques que les Academias organisent dans le cadre de leurs activités culturelles publiques
Porteño : gentilé de Buenos Aires. Se dit de toute personne née à BsAs. Nul n’est jamais vraiment porteño s’il est né hors de la Ville. Sauf à s’appeller Carlos Gardel, et ce quel que soit le lieu de sa naissance.
Show : tout concert, récital, tour de chant, spectacle. Le mot n’est pas réservé aux spectacles de revue ni aux grand événements ultra-marketés drainant des milliers de spectateurs.
Tango baile : le tango dans sa dimension dansée, une dimension parmi d’autres.
Tango salón : tango qui se danse en société (par opposition au tango professionnel, pour la scène)
Tereré : mate préparé avec de l'eau froide ou à température ambiante ou du jus d'orange ou de citron, parfois de pamplemousse, très apprécié par grandes chaleurs.
Troesma : verlan de Maestro (maître)
Yerba mate : feuilles d'un arbuste de la famille du houx, originaire du Paraguay et du nord de l'Argentine et de l'Uruguay. Séchées à l'air chaud ou au four, fermentées puis hachées, elles forment l'ingrédient essentiel du mate et du tereré.
CENTENARIO TROILO (2014)
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La Boca de Quinquela et des peintres
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Blogs et sites culturels : Walter Alegre, militant de la culture (BsAs) Pablo Vignali, photographe à Montevideo Melografías, sur l'actualité de la musique argentine(BsAs)
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