Affichage des articles dont le libellé est Pape François. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Pape François. Afficher tous les articles

lundi 27 avril 2026

Commémoration de la mort de François à la UCA ce soir [Actu]

Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution


Ce soir, lundi 27 avril 2026, à 17 h, la Universidad Católica Argentina, université pontificale dont le cardinal Jorge María Bergoglio fut recteur en sa qualité d’archevêque de Buenos Aires, jusqu’à son élection à Rome, mais où il n’a cependant jamais étudié lui-même, lui rendra hommage dans le cadre des célébrations entourant le premier anniversaire de son décès, le 21 avril 2025.

Située dans ce qui fut le port de Buenos Aires transformé à présent en une très agréable promenade dans un environnement plutôt luxueux (le prix des restaurants et des cafés, dans le coin !), la UCA clôt ainsi le cycle commémoratif commencé il y a dix jours.

© Denise Anne Clavilier

mardi 21 avril 2026

L’hommage au pape François dans la presse en ce jour anniversaire [Act

Annonce de l'archidiocèse de Buenos Aires
pour la messe qui sera célébrée ce soir à 20h
à San José de Flores


Aujourd’hui marque le premier anniversaire de la mort de François. La presse argentine publie donc des articles commémoratifs de diverses natures tandis que plusieurs messes sont célébrées aux quatre coins du pays et principalement à Luján, la grande ville mariale argentine, et à Buenos Aires, dans la basilique de Flores où tout jeune homme, Jorge Bergoglio avait reçu sa vocation sacerdotale, un 21 septembre, qui correspond à la fête du printemps dans l’hémisphère sud.

Programme de la journée à San José de Flores
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution


A Flores, la messe sera accompagnée de la plantation d’un olivier et du dévoilement d’une œuvre murale en style mosaïque représentant François, qui sera d’ici quelques jours installée dans la station de métro la plus proche, celle qui porte le nom de ce quartier, pour que tout le monde en profite. La même chose existe en hommage à Carlos Gardel dans le centre de Buenos Aires à la station Abasto, quartier où le chanteur a grandi, où il a fait ses débuts artistiques et où il a vécu adulte, avec sa mère, jusqu’à la fin.

La dernière interview accordée à La Nación
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution

Pour l’occasion, La Nación a puisé dans ses archives et en a ressorti la dernière interview donnée par le Saint-Père à Elizabetta Piqué, sa correspondante en Italie. L’entretien a eu lieu en 2023 dans la bibliothèque de l’appartement pontifical et il a été filmé. Le défunt pape y aborde en particulier son hostilité à la « théorie du genre », étrange attitude que la sienne puisque la dite théorie n’existe nulle part. Il ne s’agit que du nom - erroné - que les médias ou certaines officines réactionnaires ont donné à un ensemble de phénomènes sociaux et culturels touchant les évolutions récentes de la conception des identités sexuelles des hommes et des femmes dans les pays de culture européenne, américano-européenne, japonaise et sud-coréenne et le regard nouveau qu’une partie croissante de ces sociétés porte sur le mal-être dont elle constate qu’une minorité de leurs membres souffre en lien avec l’identité sexuelle qui leur a été assignée à la naissance.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de La Nación sur Manuel Adorni, le Premier ministre toujours englué dans les scandales immobiliers et patrimoniaux, qui prendra la tête de la délégation gouvernementale pour assister à la célébration eucharistique de Luján. Pour l’anecdote, rappelons que l’ancien archevêque de Buenos Aires était l’un des grands dénonciateurs de la corruption qui ravage les institutions publiques en Argentine et que le même homme, après son élection au trône de saint Pierre, a poursuivi ce combat au Vatican.

lundi 20 avril 2026

Entre teuf et rave : l’hommage à François devant « sa » cathédrale [à l’affiche]

"François vit dans la rencontre", telle est le nom de la fête


Samedi 18 avril 2026, on a fait la fête sur Plaza de Mayo au bord de laquelle se dresse la cathédrale de Buenos Aires : il s’agissait de rendre hommage au pape François, qui fut aussi l’archevêque de la ville, à l’occasion du premier anniversaire de sa disparition, le 21 avril 2025, un Lundi de Pâques au petit matin.

Vue de drone de Plaza de Mayo
En bleu profond : la scène de DJ Padre Guilherme
En bleu clair, le Cabildo, l'hôtel de ville colonial,
aujourd'hui musée de la Révolution
Le fronton de temps grec à gauche, c'est la façade de la cathédrale
(la façade est inspirée de la Madeleine à Paris)

La fête, énorme et très populaire, faisait partie d’une tournée mondiale d’un prêtre DJ, un Portugais dont la vie et la mission religieuse ont été transformées, dit-il, par l’enseignement du pape argentin. Avec ses platines et ses montages de pensées spirituelles, au milieu des jeux de lumière et des projections aux couleurs éclatantes, DJ Padre Guilherme a fait danser jusqu’à pas d’heure une foule dense (100 000 personnes estimées), en préambule de quatre jours pendant lesquels les catholiques argentins se recueillent dans le souvenir du pontife défunt.

Une des projections géantes de la soirée :
"Merci, pape François. Intercède pour nous"
On est ici dans une formule de prière qui tend à introduire
une future démarche pour faire reconnaître le Saint Père défunt
comme Serviteur de Dieu, la première étape du procès de canonisation

Les célébrations culmineront demain, le 21 avril 2026, à la basilique de Luján, où l’on vénère la sainte patronne du pays, une Vierge miraculeuse qui a choisi de faire sa demeure dans ce coin perdu d’Argentine au 17e siècle. Tous les évêques du pays se retrouveront sur place pour une messe solennelle. Ils y tiennent déjà l’assemblée générale de la Conférence épiscopale argentine. Luján se trouve à 70 km environ à l’ouest de Buenos Aires. C’est une sorte de Lourdes argentine.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Clarín sur la fête de samedi dernier
lire l’article de Infovaticana sur le même sujet
lire l’article de Página/12 sur les différentes célébrations du premier anniversaire de la mort de François

Ajout du 24 avril 2026 :

Sans Torquemada, cet hommage au pape argentin eut été incomplet, n’est-il pas ? C’est donc le journal de droite réactionnaire La Prensa qui nous offre, sur un plateau d’argent, la touche florentino-fondamentaliste qui nous manquait sous la forme d’une acrimonieuse lettre ouverte à la Conférence épiscopale argentine, conclue de surcroît par la devise jésuite en orthographe latine archaïsante, s’il vous plaît, Ad maiorem Dei gloria (pour la plus grande gloire de Dieu). Déjà en soi, le latin, ce n’est pas la pointe de la modernité mais avec cette graphie en prime !
Par-dessus le marché, l’auteur ne se présente même pas comme membre de la Compagnie de Jésus. S’il l’était, cela l’autoriserait à emprunter sans forfanterie cette formule que pouvait employer à juste titre le pape François, puisque, avant le conclave, il était jésuite (il a cessé de l’être après).
A ce sujet, lire le billet d’opinion de La Prensa

Ajout du 27 avril 2026 :
Torquemada bis.
Lire
ce nouveau billet d’opinion paru dans La Prensa, et cette fois-ci adressé à l’archevêque de Buenos Aires et uniquement lui.

jeudi 9 avril 2026

Sortie simultanée en Argentine et en Italie d’un documentaire bilingue sur François [à l’affiche]

Affiche de Rosario 3
pour présenter le documentaire
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution


La Argentina de Francisco est un long-métrage documentaire, tourné en espagnol en Argentine sur les pas du pape François décédé le lundi de Pâques, l’année dernière, sous-titré en italien, dirigé par un réalisateur italien et produit par le dicastère de la Communication du Vatican (institué par François) et la chaîne télévisuelle catholique italienne Telepace (comprenez la télé de la Paix, celle du Christ naturellement). D’autres partenaires, notamment plusieurs diocèses, se sont joints au projet.

Le film retrace le parcours spirituel et pastoral du futur pape dans son pays d’origine, depuis sa vocation sacerdotale, lorsqu’il était adolescent et qu’il a reçu l’appel au sacerdoce dans la basilique San José de Flores, dans son quartier, jusqu’à sa mission d’archevêque à Buenos Aires, qui osa ériger en doyenné les paroisses présentes dans les quartiers périphériques et abandonnés, les bidonvilles qu’on appelle en Argentine las villas miserias, qui se caractérisent pas l’absence de services publics (pas d’école, pas de transports, pas de pharmacie, pas de cabinet médical, pas d’enseigne de la grande distribution mais des échoppes branlantes, pas d’infrastructures de sport mais un terrain vague où les gamins tapent dans les boîtes de conserve, pas de réseaux d’énergie mais de la débrouille à tous les étages et sous toutes les formes). Le film revient aussi sur la façon dont, spirituellement et pastoralement, cet archevêque peu ordinaire a investi le football et en particulier son club de prédilection, le San Lorenzo de Almagro, fondé par des religieux de l’ordre de saint Jean Bosco au début du 20e siècle, pas très loin de son quartier natal (aujourd'hui en grande difficulté administrative). Puisqu’il avait dans l’Italie du nord des cousins et des cousines de sa génération qui avaient eux-mêmes des enfants et qu’il a pu fréquentés pendant toute la durée de son pontificat, cette partie de sa famille a elle aussi participé au documentaire.

L'affiche officielle, made in Vatican

La Argentine de Francisco, c’est donc la genèse d’un pontificat disruptif qui devait bousculer l’Église universelle pendant treize ans comme l’homme avait bousculé son diocèse natal, avec toutefois un retentissement médiatique bien moindre, puisque la gauche argentine l’a toujours pris pour un réactionnaire fou furieux et ne l’a découvert et adopté qu’une fois qu’il vivait à Rome, tandis que la droite catholique lui en a beaucoup voulu de n’avoir pas privilégié l’Argentine au cours de son pontificat, comme si le Conclave en le choisissant aurait dû en faire un pape pour l’Argentine plutôt que pour le monde.

Ce film est le premier d’une série de documentaires, actuellement en tournage ou en post-production, dont la sortie est prévue en ce premier semestre 2026 autour du premier anniversaire de sa disparition.

Pour ma part, j’ai le souvenir de l’avoir brièvement rencontré au cours d’une messe de semaine (vingt paroissiens à tout casser) dans l’église de son baptême, dans le quartier de Almagro, alors qu’il était l’archevêque du lieu et j’ai été très heureuse lorsque son nom a été prononcé au balcon de Saint-Pierre et si j’ai rejeté ses déclarations répétées et plus qu’ambiguës sur la guerre de la Russie contre l’Ukraine et ses positions absurdes et si dépourvues de sens politique sur la réalité de la guerre dont, à rebours d’une tradition de morale politique ininterrompue depuis l’Antiquité, il refusait qu’elle puisse être « juste », ce qui revient dans les faits à condamner les peuples agressés à se laisser faire sans se défendre, cet irénisme à la Gandhi, lequel avait, de très loin, il est vrai, l’Inde, conseillé aux juifs de l’Europe occupée de ne pas résister aux nazis, j’avoue que François me manque bigrement avec son attention aux injustices socio-économiques et géopolitiques du temps présent et sa manière, au quotidien, d’envoyer valser le protocole impérial adopté par la Curie romaine depuis un Moyen-Age européen dont il ignorait à peu près tout - sauf saint François d’Assise - mais auquel son successeur, au demeurant fort sympathique et très courageux, fait beaucoup de concessions, qui n’ont pourtant rien à voir avec l’Évangile auquel on pourrait peut-être revenir au 21e siècle, maintenant que Charlemagne, saint Louis, Charles Quint, Louis XIV et quelques autres ont quitté cette vallée de larmes...

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

mercredi 17 décembre 2025

Ce soir, concert en mémoire François à la basilique de La Merced [à l’affiche]

Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution


Ce soir, mercredi 17 décembre 2025, Pedro Chemes, le Coro Nacional de Másica Argentina et el Ensamble Interaméricano Contemporáneo offrent un concert gratuit à la mémoire du pape François en prenant pour prétexte l’anniversaire de sa naissance. Ce concert de musique religieuse se tiendra à 20h dans la basilique La Merced, dans le cœur historique de Buenos Aires.

La Merced est une église de la fin du 17e siècle, conçue par un architecte italien de l’ordre des jésuites à qui l’on doit plusieurs bâtiments laïcs et religieux, dont quelques uns, comme cette église, sont encore debout. La Merced a été le centre pastoral que fréquentait la meilleure société portègne dans le dernier siècle de la colonisation. C’est là qu’a été baptisé le général Manuel Belgrano (1770-1820) et que s’est marié le général José de San Martín (1778-1850). Ses registres sont une manne précieuse pour l’historien, on y retrouve tous les grands personnages historiques de l’époque révolutionnaire et indépendantiste.

Le programme de ce soir se compose de trois œuvres, deux du début du 18e siècle, dans la veine de la musique liturgique baroque italienne (comme l’église elle-même) très appréciée dans l’Empire espagnol de cette époque, un chant de Noël de Roque Ceruti, qui finit ses jours à Córdoba, dans un domaine de la Compagnie de Jésus, les psaumes des vêpres, de Doménico Zipoli, ainsi qu’une œuvre contemporaine, de Pedro Chemes, qui est né à Buenos Aires en 1964.

Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Pedro Chemes s’est en effet emparé d’un texte mystique écrit au Mexique en 1556 dans la langue náhuati par un érudit autochtone, qui raconte l’apparition de la Vierge de Guadalupe à saint Juan Diego, un Amérindien qui est le premier saint du Nouveau Monde. Pedro Chemes en a fait une cantate d’aujourd’hui dont ce sera ce soir la création et qui sera chantée dans cette langue originelle. La Vierge de Guadalupe est la sainte patronne de l’Amérique hispanique et le pape François lui a tous les ans offert une grand-messe en espagnol dans la basilique Saint-Pierre.

Entre musique baroque et musique contemporaine, la soirée musicale et spirituelle de ce soir n’aura rien d’artificiel : depuis son enfance, Pedro Chemes a formé son oreille avec l’œuvre de Roque Ceruti...

De nombreuses institutions se sont jointes à cet hommage à un pape qui, pour les Portègnes, fut d’abord et avant tout l’un de leurs archevêques et qui fut aussi un grand amateur de musique, même s’il n’assista jamais aux concerts officiels donnés au Vatican à certaines dates traditionnelles, tout comme il cessa, après son élection, de regarder les matchs de foot à la télé, lui qui avait pourtant le ballon rond dans le cœur. C’est donc un bel hommage que ce concert.

D’ailleurs, Pedro Chemes avait informé le pape de son travail et il en avait reçu, sur la fin du pontificat, une lettre de Noël en réponse.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 (tant qu’il reste en ligne)
lire l’article de Barriada, un magazine en ligne sur l’actualité des quartiers de Buenos Aires
lire l’article de Global Buenos Aires, autre magazine en ligne sur l’actualité locale
lire l’article (en espagnol) de Info Vaticana

mardi 5 août 2025

La semaine de San Cayetano [Actu]

Une de Cash dimanche dernier
avec un Mileí faussement christique
tel qu'il vient de se présenter
devant un think tank d'extrême-droite
Cliquez sur l'image pour une meilleure rsolution


Depuis 1982, le 7 août, un grand pèlerinage, très encadré par les autorités diocésaines, conduit des foules denses un peu partout en Argentine vers les principaux sanctuaires de San Cayetano (pour nous, saint Gaëtan). En Argentine, il est le patron du pain et du travail. Au long des années, le pèlerinage s’est donc transformé en baromètre social puisqu’il rassemble tous les précaires du pays, les chômeurs, les travailleurs laissés pour compte, les retraités auxquels Mileí est en train de retirer le pain de la bouche, les sans-abris aussi, de plus en plus nombreux puisque des gens se font expulser de leur logement.

C’est aussi au cours de cette semaine que la Conférence épiscopale argentine célèbre ses journées de réflexion sociale avec, cette année, des ateliers très fournis en thématiques et en grands témoins.

Ces jours-ci, Página/12 consacre à ce sujet trois articles de fond. Pas les journaux de droite, qui sans doute feront quelques reportages pittoresques le 8 sur les rassemblements religieux de la veille, d’autant que cette année, ils s’accompagneront d’hommages au défunt pape François, qui sut si bien et si fort parler des laissés pour compte du monde capitaliste et du dérèglement économique croissant.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 sur la marche de San Cayetano 2025
lire l’article de Página/12 sur le programme des journées sociales de l’Église
lire l’article de Página/12, dans le supplément économique Cash, sur la planification du chaos qu’est la politique anti-sociale menée par Mileí

vendredi 20 juin 2025

Un documentaire de La Nación récompensé par le Rey de España 2025 [à l’affiche]

Visuel de présentation du documentaire
(Il s'agit d'une procession à Santiago del Estero)


Le documentaire de moyen métrage, Mama Antula, una historia del milagro argentino ‑ Cómo fue la vida de la santa que sorprendió a Occidente, raconte la vie et l’œuvre spirituelle de la première canonisée argentine, portée sur les autels par le pape François le 21 février de l’année dernière.

Native de Santiago del Estero, dans le nord-ouest argentin, et morte à Buenos Aires, où elle fut immédiatement canonisée par la vox populi, Mama Antula a permis à la spiritualité ignacienne de survivre à l’expulsion des jésuites à la toute fin du régime colonial, sous Carlos III, et de prospérer. Son activité pastorale et missionnaire intense et couronnée de succès, notamment dans les élites du vice-royaume, avait surpris les théologiens et les prélats qui en entendirent parler en Europe, jusqu’au sein de la Curie romaine.

Le documentaire, de Matías Boela et Cecilia Miljiker, produit par La Nación, pour la chaîne de télévision du groupe, a été tourné, en 2024, à Santiago del Estero, Río Gallegos, Buenos Aires et Rome, où le pape François a bien voulu apporter sa propre contribution, grâce à l’entremise de la correspondante en Italie du journal, Elizabeta Piqué, une excellente journaliste qui avait un accès privilégié auprès du Saint-Père, privilège de leur nationalité commune.

Le portrait de la nouvelle sainte
pendu à l'un des balcons de la basilique Saint-Pierre de Rome
le jour de la canonisation


Le film est distingué pour sa narration innovante, sa rigueur historique (1) et sa qualité cinématographique, dans la catégorie Journalisme culturel.

Cecilia Miljiker a reçu le prix à Madrid des mains du roi d’Espagne, accompagnée de son épouse, elle-même ancienne journaliste de télévision. C’est la deuxième production de La Nación qui reçoit cette distinction, ce dont le premier quotidien historique de l’Argentine s’enorgueillit à juste titre.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :
lire l’article de La Nación
visionner le documentaire sur la chaîne Youtube de La Nación



(1) Pourtant dès les premières images, on voit que le film tombe dans le piège de l’éternel cliché concernant Mama Antula : un gros plan de deux pieds nus, parfaitement propres, marchent à même la terre. C’est la représentation traditionnelle de Mama Antula, en image pieuse, en statue, en tout ce que vous voulez... La sainte a été décrite par les contemporains, notamment lorsqu’elle a fait son entrée dans Buenos Aires, comme « descalzada », déchaussée en français, ce qui veut dire qu’elle vivait pieds-nus dans des sandales, en signe de pauvreté, d’humilité et de renoncement, au lieu d’être « calzada », chaussée, ce qui voulait dire à cette époque porter bas de soie et souliers fermés, comme le faisaient ordinairement ceux qui, hommes comme femmes, en avaient les moyens, y compris dans les rangs du clergé séculier et chez certains ordres réguliers qui ne refusaient pas ce confort ordinaire à leurs membres. Comme d’habitude, les Argentins, qui nagent toujours dans les anachronismes, même quand ils sont des historiens patentés, ont interprété cette indication de manière littérale. Et pour leur retirer cette image du cerveau et la corriger, il faut se lever de bonne heure !

vendredi 9 mai 2025

Le Nouveau Monde habite la fumée blanche [ici]

"Le chemin de François" dit le gros titre
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution


Chicago, Chiclavo, Rome !

Le nouveau pape est binational : il est né aux États-Unis, il en porte donc la nationalité, et sa vocation l’a conduit au Pérou, où il a gouverné le diocèse de Chiclavo et où il s’est fait naturaliser, avant d’être appelé à Rome par son prédécesseur pour y diriger le dicastère qui administre les parcours des évêques.

"Par le même chemin", dit le gros titre
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Ce qui a frappé les commentateurs dans la presse argentine, c’est d’abord et avant tout la double continuité avec François : une continuité d’origine géographique, le continent américain, et une continuité pastorale et spirituelle, que Léon XIV a rendu manifeste par le choix de son nom, une référence au pape Léon XIII qui inventa la doctrine sociale de l’Église (et, soit dit en passant, invita les catholiques français à rallier la République alors qu’ils soutenaient jusqu’alors diverses formes de monarchie).

"Un progressiste proche de François qui a conquis
l'aile conservatrice", dit le gros titre
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Fâché de n’être pas à la une de l’actualité hier, Mileí a choisi de faire scandale pour se rappeler au bon souvenir du monde entier. Misérable imitateur de Trump, il a osé s’impliquer dans le choix du nouveau pontife en se représentant sur les réseaux sociaux sous la figure d’un lion (il adore s’identifier à cet animal) doté de la mitre et de la grande étole des bénédictions Urbi et Orbi. Dans son commentaire posté sur X pour expliquer ce montage hideux, il laisse entendre que l’élection d’hier est en lien avec la sienne et qu’il y a entre les deux une relation logique et symbolique voulue par Dieu lui-même.

"Un pape dans les pas de François", dit le gros titre
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Ignoble, comme d’habitude. Ce triste sire ne sait pas se comporter autrement.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :
lire l’article principal de Página/12
lire l’article principal de La Prensa
lire l’article principal de Clarín
lire l’article principal de La Nación

lundi 28 avril 2025

L’adieu au pape François dans la presse argentine [Actu]


Toute la presse argentine, nationale et régionale, faisait hier, comme il se doit, sa Une sur les obsèques du pape François. L’événement a occupé la majeure partie des éditions papier, avec parfois des reportages sur les hommages organisés en Argentine même, lesquels ont connu un succès de fréquentation indéniable.

"Adieu, François. Repose en paix", dit le gros titre
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Pour l’Argentine, c’est une page qui se tourne. Douze années d’un pontificat dont le pays n’aura guère su profiter pour se donner de la visibilité internationale et gagner en soft-power. C’est bien dommage. Il est peu probable que cette opportunité se représente d’ici peu au pays...

"A Rome, une grande foule a fait ses adieux
au pape argentin", dit le gros titre
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Lors de mes séjours sur place, j’avais souvent été sidérée par le désir exprimé par un bon nombre d’Argentins pratiquants de réduire le pape à leurs enjeux locaux, dans une méconnaissance très désagréable du reste du monde. Une attitude aussi détestable que lamentable. Sans parler des récriminations partisanes permanentes des catholiques de droite, qui ne supportaient pas que François entretienne des relations avec les gouvernants argentins de gauche et vice-versa et qui interprétaient systématiquement ses prises de position publiques à travers une grille de lecture argentino-argentine. Comme si la religion catholique devait, sous ce pontificat, être leur propriété exclusive. Heureusement cette fermeture d’esprit ne se retrouve que très sporadiquement dans les pages consacrées ces jours-ci au défunt.

"Un héritage éternel"
"Emouvant adieu à François", dit le gros titre
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

Ce soir, un Plenario avec une petite pensée pour François [à l’affiche]


Ce soir, lundi 28 avril 2025, à 18h30, au siège de la Academia Nacional del Tango, se tiendra le deuxième Plenario de l’année. Il sera consacré à la présentation d’un ouvrage écrit par un académicien correspondant en Espagne et installé dans la Communauté de Valencia, sur la Costa Blanca.

Comme il est d’usage, le tango rituel qui ponctue chacune de ces soirées gratuites et ouvertes à tout le monde sera San José de Flores, par Osvaldo Pugliese et son orchestre (1). Ce tango a été choisi parce qu’il évoque Flores, le quartier où le pape François a passé son enfance et la basilique mineure, San José, où il a reçu sa vocation. Il est question au gouvernement de la Ville de donner rebaptiser du nom du pape récemment disparu la station de métro San José de Flores qui débouche au pied de cette grande église de style baroque.

Peu après son élection, François avait fait parvenir à la Academia Nacional del Tango des petits souvenirs qu’on vent dans les magasins touristiques du Vatican : des petites reproductions de la basilique Saint-Pierre avec les deux bras du Bernin. J’en avais vu une sur le bureau de Horacio Ferrer et sur les bureaux de plusieurs permanents au premier étage. Chacun avait eu son petit presse-papier de la part de l’ancien archevêque exilé à Rome…

© Denise Anne Clavilier



(1) San José de Flores fait partie du corpus de tangos classiques et modernes que j’ai rassemblés et traduits dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, disponible aux Éditions du Jasmin.

mercredi 23 avril 2025

Les Unes qui manquaient encore [Actu]

Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Tard dans la journée d’hier, La Prensa a mis à jour son site en publiant la Une du jour, où l’on voit le pape boire un mate au cours de son bain de foule du mercredi sur la place Saint-Pierre au début de son pontificat. Ce type de mate s'appelle un mate imperial parce qu'il est très gros. Un Papa bien argentino.

Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Ce matin, Hola Argentina, un hebdomadaire people du mercredi dont le numéro était sans doute déjà presque bouclé lundi matin lorsque la mort du pape a été connue, consacre sa couverture au disparu mais l’intérieur est décevant : juste quelques pages loin derrière les infos les plus superficielles. Hola Argentina appartient au groupe La Nación.

© Denise Anne Clavilier

mardi 22 avril 2025

¡Hasta siempre, Papa Francisco! ~ Adieu, François ! [ici]

Une du quotidien sportif du groupe Clarín
"Notre Père, Jorge Bergoglio (1936-2025)"
Padre Nuestro est la forme religieuse de l'expression
le premier verset de la prière chrétienne du même nom
Cliquez sur l'image pour une haute définition


La nouvelle est arrivée trop tard à Buenos Aires hier. Non seulement le bouclage était chose faite depuis longtemps mais les éditions papier des journaux étaient déjà dans tous les kiosques. Les unes montraient presque toutes quelque chose des Pâques pontificales : soit la bénédiction Urbi et Orbi au balcon de la loggia de Saint-Pierre, soit le bain de foule à bord de la papamobile. En Argentine comme ailleurs, personne n’était préparé à ça !

Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution


Et puis c’est arrivé et ce matin, toute la presse rend hommage au disparu national et mondial. Le pape François occupe environ la moitié des pages de tous les journaux d’aujourd’hui.

Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Même un journal comme La Prensa, la voix de la droite catholique ultra-réactionnaire, qui détestait son engagement préférentiel pour les pauvres et les marginalisés, lui rend hommage à peu près à la hauteur de l’événement.

"Un Pape tel qu'on n'en verra plus jamais",
dit le gros titre
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Mileí fera le déplacement vendredi pour les funérailles.


De l'autre côté du Río de la Plata,
le premier journal du pays, El País
"Mort du pape qui a ouvert l'Eglise"
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Un deuil national de sept jours commence dans tout le pays.

A l'heure où je publie cet article, La Prensa n'a toujours pas publié en ligne sa Une d'aujourd'hui. Le site conserve la Une d'hier. La Prensa est un journal qui s'adapte difficilement à l'ère numérique.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :
lire cet article de Página/12
lire cet article de La Prensa
lire cet article de Clarín
lire cet article de La Nación

lundi 12 février 2024

Santiago del Estero et Rome en fête [Actu]

Le président et sa sœur (derrière lui à sa droite) tentent de se signer
pendant la messe de canonisation
Seul le ministre Francos (à droite) semble savoir le faire correctement
Photo Clarín
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution


Dans la presse argentine de ce matin, la canonisation de la première sainte du pays hier dans la basilique Saint-Pierre se trouve reléguée au second plan par la rencontre entre le président Mileí, d’extrême-droite anti-sociale, homophobe, machiste et anarcho-capitaliste (le mot est de lui), et le pape François, Argentin et militant pour des politiques d’ouverture morale et de redistribution sociale, en faveur par conséquent d’un État qui établisse la justice économique. Tout ce que Mileí exècre.

"L'électricité en panne. Les factures, non", dit le gros titre
En haut, la photo que toutes les rédactions ont retenue
de la rencontre entre Mileí et le pape en fin de cérémonie
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution 

C’est pourtant une haute figure historique (1) qui a été canonisée hier : Mamá Antula (1730-1799), née dans une grande famille descendant d’un consquistador venu du Pérou pour fonder Santiago del Estero, dans l’actuel nord-ouest du pays, a relevé en Argentine et dans l’actuel Uruguay la spiritualité ignatienne disparue après l’expulsion des jésuites de toutes les terres du roi d’Espagne en 1767. Elle, femme, renonçante, bilingue espagnol-quechua, ayant plus d’une fois dû combattre les réticences de plusieurs évêques que le courage n’étouffait pas, a réinstauré la pratique des exercices spirituels de saint Ignace, notamment à Buenos Aires où existe toujours, sur Avenida Independencia, la maison des Exercices qu’elle a fait bâtir pour y réunir toute la société coloniale de la ville et de ses environs dans les retraites qu’elle organisait et animait.

Photo souvenir : Mileí avec son geste emblématique (très chic, non ?)
à droite, la ministre du "Capital humain"
à gauche, le chef de gouvernement de la Ville de Buenos Aires,
un cousin de Mauricio Macri (digne, lui)
Derrière l'homme au centre, on reconnaît la chevelure blonde
de Karina Mileí, l'inénarrable sœur du président.
Photo Clarín
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution

Une maison des Exercices qui a accueilli pendant plusieurs années tous les révolutionnaires qui allaient mettre fin à l’Ancien Régime, le 25 mai 1810, et lancer le processus historique menant à l’indépendance. C’est elle qui les a formés sur le plan religieux.

"[Ils] s'entendent très bien", dit le gros titre
en citant les commentaires du président à la sortie de la messe
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Outre l’indéniable dimension spirituelle de cette femme exceptionnelle dont la sainteté était déjà connue et reconnue de son vivant, c’est aussi la figure prérévolutionnaire sur laquelle les chercheurs se penchent de nos jours. Son action a en effet été l’un des tout premiers signes de la distance politique qui grandissait alors entre l’Espagne des Lumières, grande puissance impériale, et la colonie qu’était alors le bassin du Río de la Plata qui aspirait de plus en plus à la souveraineté des côtes de l’Atlantique jusqu’au pied des Andes.

Le gros titre porte sur la politique intérieure :
après l'échec de sa loi au Congrès, Mauricio Macri
tente de s'emparer d'un gouvernement qui ne fonctionne pas
mais il tombe sur un os : Mileí qui ne le laisse pas faire.
En dessous : les photos du grand cirque
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Dans les journaux, les nouvelles singeries (2) de Javier Mileí (3) hier matin dans la basilique, imité par sa frangine, dont le speaker du Vatican a cru qu’elle était sa femme (4), et quelques autres accompagnants (mais pas tous toutefois), éclipsent aujourd’hui la figure de la nouvelle sainte.

"Un geste fort entre le pape et Mileí
avant leur première rencontre officielle", dit le gros titre
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Serait-il permis, en passant, d’émettre l’hypothèse, certes saugrenue, je le confesse, que, comme il s’agit d’une femme et non d’un homme, la presse argentine a pu aggraver le déséquilibre du traitement qu’elle entendait réserver d’une part à la cérémonie et ses multiples significations religieuses et historiques et d’autre part à ces à-côtés institutionnels, diplomatiques et tout aussi grotesques que la crise de larmes au pied du Mur des Lamentations la semaine dernière ?

A nouveau, le ministre Francos (issu du PRO de Macri) est le seul
à se tenir dignement sans faire semblant.
Il est là à titre officiel, pas en qualité de pèlerin
Photo Clarín
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution

Il faut croire que le Saint-Siège n’est pas tout à fait l’aise avec tout ce cirque présidentiel au-dessus de la tombe de saint Pierre car son service de communication n’a pas tardé à livrer au public la vidéo des embrassades entre le pape (en fauteuil roulant) et le président avec le son de leur dialogue que les téléspectateurs du direct n’ont pas entendu dimanche matin. On peut clairement y constater que l’initiative de toute cette comédie est venue de Mileí et de lui seul, François ne faisant que lui répondre en y mettant toute la chaleur humaine qu’il montre systématiquement lorsqu’il rencontre quelqu’un qui l’a gravement insulté (et en la matière, Mileí a fait très fort pendant sa campagne électorale avant de changer de braquet d’un seul coup d’un seul après son élection).

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 (le seul journal à s’intéresser à l’humble petit village où la sainte est née en 1730 et qui hier a fait une des plus belles fêtes de ces trois derniers siècles)
lire l’article principal de La Prensa sur la canonisation (le seul journal à s’y intéresser un tant soit peu, c’est normal : c’est le journal de la « Vieille Argentine », catholique et réactionnaire)
lire l’article principal de Clarín (généreuse galerie de photos en ligne comme d’habitude)
lire l’éditorial (excédé) de La Nación devant ce président éruptif et incohérent, qui laisse en permanence ses émotions prendre le dessus sur toute réaction un tant soit peu réfléchie et responsable.




(1) C’est à ce titre que je me suis assez longuement étendue sur la vie et l’action de cette femme dans la biographie que j’ai consacrée à Manuel Belgrano (1770-2820) aux Éditions du Jasmin : Manuel Belgrano, l’inventeur de l’Argentine. La nouvelle sainte a joué un rôle certain dans la vie spirituelle et la formation de la pensée politique et sociale du général qui a donné à l’Argentine ses frontières nord actuelles (restées presque à l’identique depuis) et son drapeau national.

(2) Après le bazar à Jérusalem pour se faire passer pour un pieux juif observant, voilà maintenant toute la panoplie des génuflexions catholiques et autres signes de croix, sans oublier, à l’intérieur d’une église consacrée, le selfie tête baissée avec ses accompagnants comme aurait fait une bande d’ados dissipés et mal élevés ! Quel manque de dignité pour un chef d’État !
(3) Sans parler aujourd’hui du cadeau qu’il a fait au Saint Père à l’occasion des échanges diplomatiques et symboliques qui accompagnent toute visite officielle de chef d’État à chef d’État : le fac-similé d’une lettre historique, un exemplaire de l’édition philatélique de Correo Argentino sortie à l’occasion de la canonisation (tiens donc ! Un service public du courrier, cela sert donc à quelque chose !) et surtout une boîte d’alfajores industriels, à l’avant-veille du Carême en prime ! (Les alfajores sont des petits gâteaux traditionnels argentins, c’est ultra-gourmand mais c’est très commun lorsque ça sort d’une usine : en Argentine, ces produits inondent les magasins des aéroports et des boutiques de souvenirs pour touristes).
(4) Il faut dire qu’en public, tous les deux s’affichent ensemble comme s’ils étaient mariés. Avant-hier, au Colisée, ils ont posé ensemble pour la photo souvenir (et franchement, si vous n’êtes pas au courant qu’ils sont frère et sœur, je vous mets au défi d’y voir autre chose qu’un couple en bonne et due forme). Ce matin, ils ont remis le couvert lors de l’audience pontificale, où ils ont osé poser tous les deux seuls, l’un à la gauche et l’autre à la droite du pape, ce que font traditionnellement les couples présidentiels, princiers et royaux reçus dans le cadre de ce même protocole diplomatique… Inouï ! Elle usurpe la place d’un ministre ou d’un ambassadeur !
Pardon, j’avais oublié : actuellement, c’est le carnaval en Argentine. Ceci expliquerait-il cela ?