jeudi 16 juillet 2026

La Mano de Dios à la sauce 2026 [Actu]

Une fois n'est pas coutume : c'est donc la Une
de La Prensa qui ouvre cet article...
pour cette pointe d'humour dont le journal n'est pas coutumier
Il a osé paraphraser l'hymne national pour faire un jeu de mot
Si, si !
Le dernier vers de la strophe principale :
A sus plantas rendido un león
([avec] un lion à ses pieds)
Et en plus, on peut le chanter (la métrique est parfaite)
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Quarante ans après, les équipes d’Argentine et d’Angleterre se retrouvaient hier dans une coupe du monde.

"Pour les Malouines,
Pour Diego,
Pour le dernier [Mundial] de Leo"
clame le gros titre
avec une structure de Une bousculée
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En 1986, au Mexique, quelques années après la fin de la guerre des Malouines (mai-juin 1982) et la victoire militaire de la Grande-Bretagne qui avait repris le contrôle territorial de l’archipel, Diego Maradona avait utilisé sa main pour marquer un but et l avait expliqué ensuite aux journalistes qu’il s’agissait de la « main de Dieu », une allusion politique très claire à sa prise de position en faveur du droit inaliénable de l’Argentine sur ces îles, prises par la force, par surprise et sans déclaration de guerre par une escadre de la Royal Navy en janvier 1833.

"La manivelle de Dieu", dit le gros titre
de ce quotidien du ballon rond du groupe Clarín

Aujourd’hui, Maradona n’est plus et Messi va prendre sa retraite de joueur international à l’issue de la compétition. Le score d’hier, 1 pour l’Angleterre et 2 pour l’Argentine, sonne donc comme une nouvelle victoire qui compense, sur le terrain de foot, la cruelle double défaite sur le champ de bataille en 1833 et en 1982.

Une photo de Mike Steward pour l'agence AP

Malgré les interdictions prononcées par la FIFA, qui refuse les déclarations politiques au cours de ses compétitions mais offre à Donald Trump un prix de la Paix créé pour lui, les joueurs argentins ont étendu sur la pelouse d’Atlanta une toile sur laquelle on lisait clairement la formule argentine rituelle : Las Malvinas son argentinas. Or il se trouve que Milei est hostile à cette revendication, qu’il ne cache pas son admiration et sa tendresse pour feue Margaret Thatcher, celle-là même qui a lancé sa marine contre l’Argentine en 1982, et tente actuellement de capituler en douce devant Londres : il est visiblement prêt à abandonner la souveraineté nationale de jure sur ces îles et à reconnaître comme légitime la situation de facto.

Vignette de Miguel Rep pour Página/12 ce matin
"Pardon, ma chère Margaret. Pardon. Des vrais sauvages",
déplore Milei
Traduction © Denise Anne Clavilier

D’où un malaise palpable du côté présidentiel, chez lui et chez sa sœur, ainsi que pour le reste du gouvernement tandis que la vice-présidente, en froid avec eux, a profité de l’événement pour faire entendre sa voix divergente et essayer de récolter du même coup un peu d’approbation populaire. Quel spectacle lamentable !

Miracle au football, maintenant, pour la 4e fois,
dit le gros titre
sur une Une elle aussi déstructurée
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Milei a annoncé qu’il ne ferait pas le déplacement aux États-Unis pour assister à la finale contre l’Espagne. Pour quelqu’un qui prétend avoir été gardien de but, c’est particulièrement minable. Dimanche, le roi Felipe, qu’on a vu récemment dans la télé, chez lui, fêter la victoire sur la France, en compagnie de la reine, de la princesse des Asturies et de l’Infante, tous les quatre revêtus du maillot de la sélection, sera donc probablement le seul chef de l’État dans les tribunes.

Nul besoin de traduire
Encore une Une déstructurée pour l'occasion
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Inutile de vous dire qu’en Argentine, tous les titres de presse consacrent plusieurs pages à l’événement. Si l’heure n’est évidemment pas à l’humilité, les jeux de mots se bousculent sur les Unes triomphantes.

"Las Malvinas son argentinas", projection sur le balcon de
l'ancienne présidente de gauche, Cristina Kirchner,
qui est sortie pour saluer la foule
régulièrement présente au pied de son immeuble pour la soutenir,
depuis qu'elle est détenue à domicile, pour un dossier vide contre elle
La carte de l'archipel accompagne la formule rituelle
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© Denise Anne Clavilier


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