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mercredi 21 février 2024

Une longue et chouette interview de Carla Pugliese ce matin dans La Nación [Disques & Livres]

Carla Pugliese


A l’occasion de la sortie en ligne, sur les plateformes, de son nouvel album, Volvió una noche (une nuit, elle est revenue), vendredi prochain, le 23 février 2024, la compositrice et multi-instrumentiste Carla Pugliese, digne petite-fille de don Osvaldo Pugliese, a rencontré au Teatro Tadron, dans le quartier de Palermo, Pablo Mascareño pour une interview parue ce matin dans La Nación.

Volvió una noche est un disque de cinq morceaux du répertoire, dont ce classique des classiques de Carlos Gardel qu’elle joue sur le bandonéon de Aníbal Troilo, que lui a confié la Academia Nacional del Tango, qui le conserve précieusement comme l’une des plus belles pièces de son musée. Sur (de Troilo), Nostalgía, Uno et La cara de la luna complètent le programme.

Carla Pugliese qui pratique tout dans le tango, danse comprise, s’est d’abord fait connaître comme pianiste et compositrice, comme son grand-père et sa mère, Beba Pugliese. A partir de sa formation en musique classique, elle a peu à peu élargi son éventail professionnel qu’elle a enrichi avec le bandonéon… Plus forte que Piazzolla, qui avait dû abandonner le piano après sa formation à la Cité Internationale des Arts à Paris en 1955 !


Au théâtre Tadron (photo Noelia Marcia Guevara)
Cliquez sur les images pour de hautes définitions

Au cours de l’interview, Carla Pugliese parle de son nouveau disque mais aussi de sa vie professionnelle, et un peu beaucoup de son grand-père, disparu en 1995, dont elle garde de tendres souvenirs.

A lire en espagnol pour découvrir une artiste attachante et accomplie puisqu’elle a su se gagner un prénom. Avec un tel patronyme, ce n’était pas donné au départ même si elle-même ne l’a jamais ressenti comme un handicap. Bien au contraire.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de La Nación (qui propose quelques morceaux de musique en vidéo intégrée)

lundi 18 mars 2013

Trois petits tours à Bâle et puis s'en va [ici]



La pianiste compositrice et depuis peu bandonéoniste Carla Pugliese viendra présenter son nouveau disque, Milonga Sola (voir mon article du 4 janvier 2013), à Bâle, en Suisse alémanique (mais c'est tout près du Haut-Rhin, alors les Rhénans, passez la frontière !), le 29 mars 2013, au festival Oster Tango 2013.

Le concert de Carla est programmé à 21h30.

Le festival commence le 28 mars et se clôturera le 1er avril 2013 : stages de danse, ateliers et pratiques, chaussures de tango, disques et concerts.

Cette fois-ci, Carla Pugliese vient par chez nous accompagnée par le multi-instrumentiste argentin Axel Javier Mastronardi avec lequel elle a l'expérience d'un long partenariat.

vendredi 4 janvier 2013

Milonga sola, le nouveau disque de Carla Pugliese [Disques & Livres]



On ne présente plus Carla Pugliese. Cette pianiste et compositrice, qui fête aujourd'hui même ses trente-six ans (feliz cumpleaños), mène désormais sa carrière musicale de sa propre autorité, même s'il reste des Argentins (et pas seulement des Argentins) pour faire encore et toujours des comparaisons oiseuses avec la carrière et l'œuvre de son grand-père (1), dont elle a su se détacher artistiquement pour développer sa voie personnelle. Il y a quelques semaines, on était encore en 2012, elle a sorti son quatrième disque, Milonga sola, qui vient après Ojos verdes cerrados (2004), La vida y la tempestad (2006) et Eléctrica y porteña (2007). Elle dispose d'ailleurs, depuis la fin de l'année dernière, d'une page dans Todo Tango, l'encyclopédie en ligne sur le tango (en espagnol et anglais), où elle figure dans la Jeune Garde (Guardia Jóven).

Dans ce quatrième album, la musicienne innove considérablement puisque, comme vous le voyez sur la jacquette du disque (ci-dessus), à son piano habituel, elle ajoute désormais le bandonéon, dont il y a plusieurs années elle disait qu'il n'avait guère d'avenir dans la musique contemporaine, qu'il s'agissait d'un instrument dépassé, bref qu'elle ne voulait pas trop en entendre parler ni le voir apparaître dans les formations qu'elle dirigeait. Et puis, récemment, elle a adopté l'instrument, elle s'est mise à son apprentissage, ce qui dénote un intérêt plus que motivé, en en découvrant la sonorité et la singularité pour la composition.

Milonga sola rassemble donc 10 pièces originales, dont elle a signé la partition, seule ou en duo (voir la jacquette ci-dessous), dans des versions instrumentales (certains morceaux disposent aussi d'un texte à chanter mais sont présents ici sans paroles).

Pour une fois et grâce aux merveilles du montage et du mixage, Carla Pugliese est la seule interprète de son album, au piano, au bandonéon et au bombo, sorte de tambour très en usage dans le candombe et la murga. D'où le titre de l'album, qui se réfère à la milonga comme symbole historico-culturel (la milonga dans ce cas est référée à ses racines noires et rurales, par opposition à un tango fixé comme symbole de ville et d'une ville immense assaillie par les immigrants européens qui viennent bousculer la très terrienne et très métissée culture criolla et la font basculer du côté européen, blanc et citadin) (2).


Les enregistrements ont été effectués en juillet de l'année dernière, à Buenos Aires, dans les studios ION, une des grandes adresses techniques appréciées des musiciens argentins. Cela donne toujours des disques aux petits oignons, à condition que la musique et ses interprètes soient bons (à Buenos Aires comme ailleurs, il y a aussi de la très mauvaise musique... Mais j'évite d'en parler sur Barrio de Tango).

Ce disque est donc à découvrir et à apprécier, notamment d'ici quelques jours grâce à la disquerie en ligne Tangostore (Zivals) qui a pour habitude d'offrir la possibilité d'écouter en ligne un court extrait de chaque piste des disques proposés à la vente. Un peu de patience, le temps pour Zivals d'opérer les changements techniques qu'il met en place en profitant de ce début d'été et de la baisse de fréquentation de son site et vous pourrez à nouveau avoir accès au magasin et donc à Milonga Sola, qui, n'en doutons pas, sera inscrit au catalogue de cette institution de la musique à Buenos Aires.


(1) Osvaldo Pugliese (1905-1995). Ces éternelles comparaisons sont une vraie plaie pour les petits-enfants. Voir ce qu'en disait il y a quelques mois Daniel Pipi Piazzolla, au moment de la sortie de son disque consacré à l'œuvre de son grand-père (voir mon article du 22 mai 2011) Il faut dire aussi qu'on a quelques enfants et petits-enfants de grands artistes qui ne font pas le poids mais viennent se pavaner devant caméras et micros comme s'ils avaient vraiment le talent de celui dont ils portent le nom.
(2) C'est une tendance lourde que l'on observe dans cette génération des musiciens à Buenos Aires : revenir vers la tradition musicale d'un autre temps, non par passéisme mais par ressourcement. Comme s'ils éprouvaient le besoin de gommer plusieurs décennies de politique pro-britannique puis pro-nord-américaine, pour revenir à certaines sources proprement nationales et populaires et reprendre un chemin de redéveloppement culturel interrompu en 1930, avec le premier coup d'Etat de l'histoire du pays, qui avait tenté de mettre fin aux grands chantiers ouverts à la fin des présidences radicales (1916-1930) par des artistes comme Homero Manzi et Sebastián Piana, qui étaient en train de réinventer la milonga héritée des payadores, un leg musical disparu en fumée quelques années plus tôt, en 1915 et 1916, avec la mort des deux derniers grands représentants du genre, José Betinotti et Gabino Ezeiza. Dans les choix des artistes pour les programmes de leurs concerts et les conceptions de leurs disques, on sent que quelque chose de très particulier mijote dans le bouillon de culture qu'est l'actuelle movida musicale à Buenos Aires comme à La Plata. Or Carla Pugliese a choisi d'investir tout particulièrement le quartier de La Boca, où elle habite, et qui semble être un quartier-clé pour cette réappropriation dynamique de la tradition.

vendredi 8 juillet 2011

La "OTAG" au Malevaje Arte Club ce soir et sur Página/12 ce matin [à l'affiche]

Ce soir, vendredi 8 juillet 2011, à 21, au Malevaje Arte Club, Garibaldi 1670, se produiront la Orquesta Típica Agustín Guerrero (OTAG) et la pianiste et compositrice Carla Pugliese. La OTAG vient de la banlieue sud. Carla Pugliese, elle, habite le quartier (La Boca).

Entrée : 10 $

Avant-hier, Gabriel Plaza consacrait un article à Agustín Guerrero (et deux autres musiciens de la jeune génération) dans le quotidien de droite La Nación. Ce matin, c'est Cristian Vitale qui l'interviewe dans la quotidien de gauche Página/12. Une interview équilibrée entre propos sur la musique, Guerrero est un admirateur de Horacio Salgán comme on en trouve peu dans cette nouvelle vague tanguera, et sur la situation politique. Il fait partie de ces gens qui veulent lutter pour les droits de l'homme et prendre le pays à bras le corps pour le faire progresser.

“Yo de chico, y por mi viejo, escuchaba mucho a Troilo con Florial Ruiz. Los habré escuchado como treinta millones de veces, igual que los cassettes de Gardel, después fui descubriendo a Pugliese, a Salgán, a Piazzolla. Pero con Salgán me volví loco, fanático. Creo que su obra habla del perfil al que apunta la estética de la orquesta”
Agustín Guerrero, dans Página/12

Tout petit et pour mon père, moi, j'écoutais beaucoup Troilo et Floreal Ruiz (1). J'ai dû les écouter quelque chose comme 30 millions de fois, et pareil pour les cassettes de Gardel. Après, je suis allé découvrir Pugliese, Salgán, Piazzolla. Mais de Salgán, je suis devenu fou, fanatique. Je crois que son oeuvre parle du profil que vise l'esthétique de [mon] orchestre.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Sur le titre qu'il a choisi pour son premier disque, Resurgimiento :

“Por un lado, hay un resurgimiento del tango, yo creo que el género está destinado a ser lo que fue en su momento y más. Creo y pienso eso. Todavía no explotó, pero va en camino. Por otro, el papel activo que está teniendo la juventud, su efervescencia política y social. Retomar de nuevo la militancia y ponerse al hombro el país como no pudieron o no quisieron hacer los pibes en los ’90. A pesar de ser discriminados y rebajados, los jóvenes de hoy nos estamos poniendo el país al hombro.”
Agustín Guerrero, dans Página/12

D'un côté, il y a un renouveau du tango, je crois, moi, que le genre est destiné à devenir ce qu'il fut à son meilleur moment et mieux même. Je crois et je pense ça. Il n'a pas encore exploser mais il est en chemin. D'un autre côté, le rôle actif qu'a la jeunesse en ce moment, son effervescence politique et sociale. Reprendre le chemin de la militance et prendre le pays à bras le corps comme n'ont pas pu et n'ont pas voulu le faire les mômes dans les années 90. Même si nous souffrons de la discrimination et du mépris, les jeunes d'aujourd'hui, on est en train de prendre le pays à bras le corps.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Ils évoquent ensuite une bavure policière, avec mort d'homme, à la fin 2003, une affaire qui l'a beaucoup touché alors qu'il n'était encore qu'un gamin (il a 23 ans aujourd'hui).

“Hace poco se hizo justicia con el caso, metieron preso a los tipos que lo torturaron y lo mataron. Yo admiro a su madre, por el dolor, por la dura lucha que llevó adelante. Pasaron muchas cosas así en este país. En el 2001 casi se revienta en mil pedazos, y yo soy de los que tiene memoria.”
Agustín Guerrero, dans Página/12

Il y a peu, la justice est passé sur cette affaire, ils ont fourré en prison les types qui l'ont torturé et tué. Moi, j'ai de l'admiration pour sa mère, à cause de son chagrin, à cause de la lutte difficile qu'elle a menée à son terme. Et ils s'en est passé des choses de ce genre dans ce pays. En 2001, il a failli exploser en mille morceaux et moi, je suis de ceux qui ont de la mémoire. (2)
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Pour aller plus loin :

(1) Faute de frappe dans le quotidien. Floreal Ruiz fut l'un des chanteurs de l'orchestre de Troilo.
(2) Il fait allusion ici au corralito de décembre 2001, la bancarisation forcée de toute l'économie quand le pays a fait faillite et que les banques ont récupéré tout l'argent disponible.

mercredi 1 décembre 2010

Esquina Sur et Carla Pugliese au Teatro El Verdi ce soir [à l'affiche]

La Orquesta Típica Esquina Sur et Carla Pugliese et ses musiciens jouent ce soir, 1er décembre, à 19h30, au Teatro El Verdi, Almirante Brown 736, à La Boca.

Entrée libre et gratuite (cliquez sur l'affiche ci-contre pour l'agrandir et la lire).

Esquina Sur et Carla Pugliese participaient déjà au 1er Festival de Tango de la República de La Boca à la mi-novembre (voir mes articles sur cette manifestation dans Les Archives de Barrio de Tango, partie haute de la Colonne de droite). Les deux groupes sont installés dans ce quartier sud de Buenos Aires.

Ce sera ce soir le dernier des concerts de cette série de soirées autour de l'orchestre Esquina Sur.

Pour découvrir la musique de ces artistes :
connectez-vous au site de Esquina Sur
connectez-vous à la page Myspace de Carla Pugliese

lundi 15 novembre 2010

Premier festival de Tango de La Boca du 18 au 21 novembre prochain (2) [à l'affiche]

Suite de la liste des artistes participants à cette première édition du Festival de Tango de La Boca (voir l'autre article de ce jour à ce sujet) :

Affiche officielle de la manifestation

Le samedi 20 novembre, à 14h, il sera rendu hommage au grand compositeur et bandonéoniste qui a habité La Boca, le Maestro Pedro Laurenz et au compositeur local (il est né et s'est identifié au quartier), le Maestro Juan de Dios Filiberto, dont vous connaissez au moins un tango : je veux parler du très célèbre Caminito (1). Cet hommage sera rendu à deux endroits différents : sur Garibaldi, cuadra entre Olavaría et Lamadrid dans la maison de Pedro Laurenz ; sur Magallanes entre Irala et Hernandarias, dans la maison de Juan de Dios Filiberto.

A 18h, l'historien Osvaldo Bayer et Javier Campo donneront une conférence sur "L'anarchisme et le tango" (Dieu sait qu'ils ont et font toujours bon ménage), au Malevaje Arte Club, Garibaldi 1670.

Le soir à 20h, plsuieurs artistes se succèderont au Malevaje Arte Club : la chanteuse María Volonté, le Gabriela Elena Trío, l'auteur-compositeur-interprète Juan Vattuone et la pianiste et compositrice Carla Pugliese qui s'est installée dans le quartier comme elle l'a raconté au Monde il y a peu (voir mon article du 15 octobre 2010).

Le lendemain, Gabriela Elena, chanteuse, compositrice et parolière, donnera une conférence sur son père, Quique Elena et ses ascendents génois installés dans le quartier de La Boca, comme de très nombreux Italiens qui furent longtemps plus nombreux dans la zone que tous les autres immigrés entre 1880 et 1920 au moins.

A 17h, ce sera la grande clôture du festival avec les artistes et groupes : Polentaitúm, La Santa Milonga, Guitarra Negra, Lucrecia Merico, La Cuerda Trío, Quiero 24, le Quinteto Negro La Boca. Ce sera sur l'explanade du célèbre pont transbordeur de la Boca (là, aussi, un pont que l'on voit sur toutes les cartes postales du quartier, celui qui apparaît sur l'affiche du festival).

Les vendredi 19 et samedi 20 novembre à 18h, une pratique de danse est ouverte pour les danseurs de tous niveaux, Estudio Borquéz, Pinzón 447. Ce sera la seule manifestation payante mais les organisateurs promettent que le prix sera tout à fait modéré.

Par ailleurs, des expositions d'art plastiques sont organisés dans plusieurs lieux participants...

Entrée libre et gratuite à toutes les activités (sauf pratiques des 19 et 20 novembre à 18h).

Alors allez-y ! Profitez-en...

(1) Caminito : à lire dans le texte et avec ma traduction en français dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, paru aux Editions du Jasmin, en mai 2010 (Clichy, France). C'est à la page 89. Attention : Caminito, le tango, ne parle pas de Caminito, la petite rue hyper-touristique de La Boca, qu'on connaît dans toutes les cartes postales de Buenos Aires. C'est le peintre boquense Benito Quinquela Martín lorsqu'il a tenté de faire de cette ruelle un centre culturel populaire à l'air libre dans les années 1950 qui lui a donné pour nom le titre du tango de son ami et voisin Filiberto, le pianiste anarchiste tout comme lui.

vendredi 15 octobre 2010

Le Monde s’intéresse au tango et à Carla Pugliese [ici]

Petite fierté personnelle en ces jours gris et tristes d’automne : je sais en effet que Barrio de Tango est consulté fréquemment dans la rédaction du grand quotidien français qu’est Le Monde

Dans l’édition de ce soir, datée de demain, comme d’ordinaire, à la rubrique Voyages, Le Monde consacre un article à Carla Pugliese et à la vie du tango contemporain à Buenos Aires. Le ciel soit loué ! Enfin du bon tango actuel dans un média prestigieux…

En revanche, faites vite pour le lire. Les articles du Monde ne restent que quelques jours disponibles sur le site web du quotidien… Pas une minute à perdre par conséquent…

dimanche 12 avril 2009

Carla Pugliese recrute [Disques & Livres]

Carla Pugliese est une pianiste, une compositrice qui dirige sa propre petite formation típica. Elle est même un peu letrista sur les bords. Le nom qu'elle porte à la scène est bien (vous l'aviez deviné si vous ne le saviez déjà) celui de son grand-père maternel, Don Osvaldo, puisqu'elle est la fille de Beba Pugliese, autre pianiste et autre compositrice dont j'ai déjà un peu parlé dans ces colonnes en juillet de l'année dernière.

Carla Pugliese refonde actuellement sa formation musicale et recherche un violoniste et un bandonéoniste.

Dans la précédente configuration (Lautaro Greco au bandonéon, Marcelo Rebuffi au violon, Gerardo Scaglione à la contrebasse, Ernesto Romero sur différents instruments électroniques et elle-même au piano), elle a déjà sorti trois disques chez Fonocal : Ojos verdes cerrados (100% de sa composition), La Vida y la Tempestad (un mixte de classiques de plein de compositeurs sauf l'aïeul et Maman et de morceaux originaux de sa main) et Electrica y porteña (9 pistes, dont 7 d'elle + Nonino de Piazzolla + un morceau de Natalia Simoncini, Como una hojita, comme une petite feuille). Dans Ojos verdes cerrados, Natalia Simoncini est l'une des deux chanteuses que l'on entend dans Ayer vi (hier, j'ai vu) et Hieri ho visto (cela veut dire la même chose mais c'est de l'italien).

Vous pouvez découvrir sa musique. La facture yumbéante, la percussion pianistique et le miaulement de chat écorché des cordes vous rappelleront sans aucun doute quelqu'un, car il y a comme un air de famille, mais vous ne pourrez pas vous y tromper : cette musicienne n'est le clone de personne. Sa personnalité s'affirme dans sa musique comme dans ses arrangements des classiques. Ecoutez sa Pavadita de Anselmo Aieta ou son Gallo Ciego de Agustín Bardi (1) dans La Vida y la Tempestad. Cette pianiste élevée au rock'n roll comme toute sa génération (elle est née en janvier 1977) a l'amour du répertoire qu'elle interprète sans chercher à s'en servir pour briller. Avec le respect dû aux anciens, le respect du style et du compositeur. "Sin protagonizarse", comme on dit en portègne.

Elle s'est véritablement lancée dans la carrière en son nom propre en 2003, elle a déjà fait plusieurs tournées à l'étranger, en particulier au Japon. A Paris, elle a joué devant un public encore confidentiel. Elle s'est aussi produite en Italie. Elle n'est présente sur My Space que depuis janvier 2008. Cette prudence et cette humilité dans la conduite de sa carrière sont une raison de plus pour la découvrir. En illustration de cet article, la couverture d'un de ses disques. Des photos d'elle, vous en trouverez plein sur sa page My Space.

(1) Elle a du courage parce que Gallo Ciego est un des grands classiques de la discographie de Osvaldo Pugliese, qui enregistrait toujours sur un disque une majorité de morceaux qui n'était pas de lui. Sur un disque de Pugliese, il n'y a jamais que un ou deux morceaux de lui. S'il y a plus, vous n'avez pas affaire à un album original mais à une anthologie montée post-mortem à partir des disques qu'il a enregistrés de son vivant.