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vendredi 29 décembre 2017

Francisco de Miranda dans la Revue du Souvenir Napoléonien [Disques & Livres]

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En octobre 2016 (voir mon article du 26 septembre 2016), j'ai fait à la Mairie du 8ème arrondissement une conférence sur Francisco de Miranda (1750-1816), dans le cadre du programme du Souvenir Napoléonien, délégation de Paris-Ile de France, laquelle avait été approchée par l'Ambassade du Venezuela qui souhaitait marquer, à Paris, le bicentenaire de sa mort, dans une prison de Cadix, alors que ce héros caraquègne avait été l'un des généraux de la Première République Française, combattant à Valmy et dans l'Armée du Nord, et qu'à ce titre, le roi Louis-Philippe, qui avait servi sous ses ordres avant de faire défection devant la Terreur, fit graver son nom sur l'un des piliers de l'Arc de Triomphe.

A l'issue de cette soirée, qui avait beaucoup intéressé l'auditoire, le délégué parisien du Souvenir m'avait demandé d'en faire un article à publier dans la revue de l'association. Ce qui fut fait.

Lors de ma conférence sur Miranda, le 20 octobre 2018, à Paris

L'article, sous le titre Miranda, héros de trois révolutions, vient de sortir dans le numéro 513 (octobre-novembre-décembre 2017) de cette belle publication, en vente au siège national de l'Association et auprès de certaines des délégations régionales, au prix de 15 €. Il est possible de s'abonner (la revue est d'une grande qualité, tant pour son contenu que pour la qualité de sa fabrication). L'abonnement peut être lié à une adhésion. Les délégations régionales proposent toutes un programme culturel, avec des conférences, des sorties, des voyages, autour des thèmes liés à l'ensemble des napoléonides et surtout des deux empereurs, Napoléon 1er et Napoléon III, étudiés sous tous les angles (politique, militaire, artistique, économique, sociologique, juridique, institutionnel etc.).

Hommage à Miranda, sous l'Arc de Triomphe, en juillet 2016
Ambassade du Venezuela, Délégation du Venezuela à l'UNESCO et Souvenir Napoléonien

C'est au titre de ce programme culturel que je donnerai à Strasbourg, le mercredi 7 mars 2018, une conférence sur le général José de San Martín (1778-1850), à quelques jours du bicentenaire de la victoire chilienne de Maipú (5 avril 1818).

Une lettre de Miranda, adressée en français à Madison,
aux Etats-Unis, en 1806
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Pour en savoir plus et trouver la délégation la plus proche de chez vous, en région ou à l'étranger, visitez le site Internet de l'association (qui est reconnue d'utilité publique en France).
La revue est en vente en ligne.
Attention, pour le moment, trêve des confiseurs oblige, c'est encore le n°512 qui s'affiche.
Il est aussi possible d'adhérer en ligne.

lundi 26 septembre 2016

Miranda, héros de trois révolutions : ma prochaine conférence à Paris [ici]

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Cette statue parisienne de Miranda est une copie de celle qui a été
érigée sur le champ de bataille de Valmy

Le jeudi 20 octobre 2016, à 18h, je donnerai une conférence sur Francisco de Miranda, dans le cadre du programme culturel du Souvenir Napoléonien, délégation de Paris-Ile de France.
Ce sera l'hommage de Souvenir à ce révolutionnaire exceptionnel, à l'occasion du bicentenaire de sa mort, le 14 juillet 1816, dans un cachot d'une forteresse militaire espagnole, à Cadix. Cette conférence fait suite au dépôt de gerbe en juin dernier à l'Arc de Triomphe à l'intérieur des arches duquel son nom est inscrit parmi ceux des généraux de la Révolution et de l'Empire depuis le règne de Louis-Philippe.

Miranda est le seul Sud-Américain qui ait participé à la Révolution française et le seul personnage politique de cette époque mouvementée à avoir participé aux trois événements fondateurs de l'ère contemporaine pour l'Occident : la guerre d'indépendance des Etats-Unis, la Révolution française et l'émancipation de l'Amérique hispanique.

Ce sera à la mairie du VIIIème arrondissement, 3 rue de Lisbonne, à Paris.
La conférence est ouverte à tous.
Entrée libre et gratuite.

L'émouvante épitaphe inscrite sur le cénotaphe de Miranda à Caracas, sa ville natale
"Le Venezuela pleure le chagrin de ne pas avoir pu retrouver les restes du général Miranda
qui se sont perdus dans la fosse commune de la prison
où a expiré ce grand martyr de la liberté américaine.
La République les auraient gardés avec tous les honneurs qui leur sont dus
dans ce lieu qui leur avait été assigné par décret du président,
le général Joaquín Crespo, en date du 22 janvier 1895"
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Extrait du communiqué de presse diffusé par le Souvenir Napoléonien :
"Pour tous les pays de l'Amérique hispanique, Francisco de Miranda, né à Caracas en 1750, est le Précurseur de leur émancipation.
Lieutenant-colonel, il a combattu aux Etats-Unis au sein du corps expéditionnaire espagnol qui soutint les insurgés, avec les troupes de La Fayette.
Maréchal de camp puis général de division, il servit la première République française et contribua aux victoires de Valmy et de Jemappes avant d'être arrêté à Neerwinden par les menées de Dumouriez qui, en provoquant cette défaite, occultait son ralliement aux émigrés.
Après Trafalgar, grâce à une aide parcimonieuse de la Grande-Bretagne, Miranda déclencha les premiers troubles à Caracas et à Buenos Aires, en 1816. En 1811, il revint au Venezuela où il conduisit la révolution avec son disciple, Simón Bolívar.
Tombé aux mains des absolutistes espagnols en 1812, il mourut prisonnier, à Cadix, le 14 juillet 1816.

Page de garde d'une édition offerte par le Venezuela à la France
pour le centenaire de la Révolution de 1789
Il s'agit des archives concernant Miranda et la France
avant la découverte en 1927 de la collection complète de documents
que Miranda avait constituée toute sa vie durant
et qui avait été sauvée par un agent britannique en poste à Caracas
au moment de la capture du général par les Espagnols en 1812
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Ecrivain érudit et polyglotte, mélomane et connaisseur des beaux-arts, grand voyageur, il mit sa fortune et son intelligence au service de son idéal. Charismatique et flamboyant, connu sur tout le continent, l'homme impressionna ses contemporains, jusqu'à Frédéric de Prusse et Catherine de Russie, ne laissant pas non plus indifférent le Premier Consul en personne. Parmi les penseurs des Lumières, il n'y a pas d'autre Hispano-Américain que lui. Il est aussi l'unique acteur politique à avoir participé aux trois révolutions qui ont fondé l'Occident contemporain.

Injustement oublié en Europe mais mentionné parmi les généraux français sur l'Arc de Triomphe, il est devenu un mythe pour les hispanophones du Nouveau Monde."

Couverture d'un des plus célèbres livres politiques de Miranda
publié à Londres grâce à un prête-nom
quelques mois avant de s'embarquer pour la révolution de Caracas
Miranda y justifie son activité révolutionnaire
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jeudi 23 juin 2016

Le souvenir de Francisco de Miranda sous l'Arc de Triomphe [Retour sur Images]

C'est moi qui ai souligné le nom sur la photo prise hier soir par temps menaçant sur Paris

Deux cents ans après la mort du Précurseur de l'indépendance du continent, à Cadix, le 14 juillet 1816, alors qu'il avait soixante-six ans et quelques mois, la communauté vénézuélienne et sud-américaine de Paris a bravé le ciel d'orage pour célébrer la mémoire de Francisco de Miranda, un Caraquègne qui vint mettre son talent militaire au service de la France pendant la levée en masse de la première République.

Le drapeau vénézuélien côtoyait hier soir à 18h30 le bleu-blanc-rouge de la France

C'est une société savante française, le Souvenir Napoléonien, qui avait facilité cette démarche officielle : dépôt de gerbes et cérémonie quotidienne du ravivage de la Flamme sur la tombe du Soldat Inconnu, à quelques mètres sous le nom de Miranda gravé dans la pierre de l'Arc de Triomphe parmi ceux des généraux de la Révolution et du Premier Empire.
Du côté vénézuélien, l'Ambassadeur auprès du Gouvernement français ainsi que son attaché militaire (avec son bâton de commandement et toutes ses décorations) et l'Ambassadeur auprès de l'UNESCO présidaient la délégation.

Sans Miranda, l'indépendance de tout le continent aurait eu un autre visage. Ce personnage haut en couleurs au caractère plus que trempé (1) a intégré l'Olympe civique de l'ensemble des pays de l'Amérique du Sud et de l'Amérique centrale.

Le secrétaire général du Souvenir Napoléonien et le plus jeune des adhérents présents sur place
déposent une gerbe sur la tombe du Soldat Inconnu,
assisté par les chargés de protocole de l'association La Flamme sous l'Arc de Triomphe
dirigés par le général d'armée Bruno Dary

Sans l'épopée napoléonienne, ni Simón Bolívar ni José de San Martín n'auraient pu imaginer leurs plans de libération continentale, en tout cas tels qu'ils les ont conçus, l'un au nord, à partir de Caracas, l'autre au sud, à partir de Buenos Aires, tant pour l'un comme pour l'autre, Napoléon fut non pas un modèle mais une référence constante de ce qu'il est possible de faire...

Le 20 octobre 2016, à la Mairie du 8ème arrondissement de Paris, le Souvenir Napoléonien poursuivra sa coopération avec l'Ambassade du Venezuela dans le cadre de l'hommage à ce héros que se partagent la France et le Nouveau Monde, avec une conférence que je donnerai sur ce personnage hors du commun, à la fois officier, homme de lettres et de science et voyageur inlassable, qui parcourut, de ville en ville, de village en village, toute l'Europe, jusqu'en ses confins, l'Islande au nord, Constantinople au sud, la Russie à l'est et l'Angleterre à l'ouest....

De Miranda, ses contemporains disaient qu'il n'était qu'amour pour la Liberté.

Il est la seule figure historique impliquée dans trois révolutions, celle de l'indépendance des Etats-Unis pour laquelle il combattit au sein du corps expéditionnaire espagnol, aux côtés des Français et des insurgés, celle de la République Française juste avant la Terreur et celle de l'Amérique du Sud, qu'il ne connut que sur la côte du futur Venezuela. Un conflit politique très grave l'opposa à celui qui avait été son disciple, Simón Bolívar, qui le livra finalement aux Espagnols, en 1812, le condamnant ainsi à une fin misérable et christique, la prison dans une forteresse du port de Cadix.



(1) Ses archives, inscrites au patrimoine documentaire de l'humanité, permettent de percevoir un homme pas commode tous les jours. Mais il est rare que les génies soient faciles à vivre !

mardi 21 juin 2016

Hommage au Précurseur Francisco de Miranda à l'Arc de Triomphe [ici]

Iconographie partiellement apocryphe de Miranda,
dans sa jeunesse et l'époque de la Révolution du 19 avril 1810 à Caracas

Le général Francisco de Miranda, précurseur de l'indépendance de l'Amérique du Sud, sans qui aucun des actuels Etats du sous-continent n'existerait dans sa forme actuelle, a servi sous les drapeaux français dans l'Armée du Nord, sous la première République française. Il figurait, comme général de brigade (maréchal de camp) parmi les vainqueurs de Valmy et de Jemmapes en septembre et novembre 1792, puis d'Anvers avant d'être arrêté, par la trahison de Dumouriez, devant Neerwinden, en mars 1793, alors qu'il était devenu général de division.

Né à Caracas, le 28 mars 1750, Francisco de Miranda est mort, en prison, à Cadix, comme rebelle au roi d'Espagne, le 14 juillet 1816, il y aura deux cents ans dans quelques jours.

Miranda à l'époque où il servait la France

En partenariat avec le Souvenir Napoléonien, l'Ambassade du Venezuela viendra lui rendre hommage une heure avant la cérémonie quotidienne de ravivage de la Flamme du souvenir, demain mercredi 22 juin 2016, à 17h30, au pied de l'Arc de Triomphe où son nom est gravé parmi ceux des généraux de la Révolution et de l'Empire.

J'y serai en qualité d'historienne spécialisée sur l'Amérique du Sud. En effet, sans Miranda, il n'y aurait eu ni Simón Bolívar, ni Bernardo O'Higgins, qu'il forma tous les deux, ni José de San Martín, tous trois ses disciples, directement ou indirectement.

Le film du bicentenaire au Venezuela : Miranda revient [à Caracas en 1810]
Remarquez l'anachronisme de la robe de la femme à l'arrière-plan

Et pourtant ils sont très peu nombreux, les chercheurs européens, à s'intéresser, dans les institutions scientifiques, à ce personnage hors normes et à le faire connaître, lui qui fut le seul acteur politique à avoir participé à trois révolutions, d'abord aux Etats-Unis (on parlait alors des Treize Colonies), ensuite en France et enfin en Amérique du Sud, où il ne vit pas son rêve se réaliser. Un rêve pour lequel il avait sillonné le vieux monde en tout sens pour collecter tous les savoirs disponibles : modes de gouvernement, pratiques militaires, botanique, agriculture, élevage, artisanat et manufacture, arts, philosophie... Il nous a légué un important fonds d'archives qu'il a constitué tout au long de sa vie et que le Venezuela a fait inscrire il y a quelques années au Patrimoine documentaire de l'Humanité : le Colombeia, que la Bibliothèque nationale d'Espagne a récemment mis en ligne pour les besoins des historiens (dans l'édition effectuée de 1929 à 1950 grâce à des imprimeries situées à Caracas, à La Havane, à Buenos Aires et à Santiago du Chili). Physiquement, ces dossiers sont entreposés à Caracas, sous la garde de l'Académie nationale d'histoire.

Miranda est le seul Sud-Américain qui ait participé au mouvement des Lumières.

"Miranda n'est plus l'homme d'un seul pays, écrivait son avocat, Claude-François Chauveau-Lagarde (1) au lendemain du 9 Thermidor. Il est devenu une sorte de propriété commune, inviolable."

C'est à cet homme exceptionnel que l'hommage sera rendu à l'heure où la flamme est rallumée tous les jours sous l'Arc de Triomphe, dans ce Paris qu'il a tant aimé.

Pour mes lecteurs sud-américains, voici les accès au site Internet de l'Arc deTriomphe et à celui de la Flamme du souvenir.



(1) Claude-François Chauveau-Lagarde (1756-1841) fut l'avocat ultra-courageux de Marie-Antoinette et de Charlotte Corday et tenta d'être celui de Madame Elisabeth, la sœur de Louis XVI, mais elle fut condamné sans l'assistance d'un défenseur ni même avoir pu rencontrer le moindre avocat. Il fut également le défenseur de Miranda, dont il participa à l'acquittement en 1794, ce qui faillit lui coûter la liberté (peut-être la vie, puisque le principe même de la défense fut supprimé pendant la Terreur et les avocats dans son genre devinrent des suspects). C'est à peine tiré lui-même du danger qu'en tant qu'avocat il s'exprimait ainsi, anonymement toutefois, quelques jours après la chute de Robespierre. Ce juriste hors pair repose au cimetière de Montparnasse où sa tombe est toujours soignée, surtout par les royalistes à la cause desquels il se lia en 1795, ce qui ne l'empêcha pas de reprendre sa profession sous le Consulat et de ne plus avoir à y renoncer jusqu'à sa mort.