samedi 18 octobre 2014

Mercedes Sosa au Ciné Club de la Maison de l'Argentine [ici]


Mardi 21 octobre 2014, à 20h, la Maison de l'Argentine propose au Ciné Club argentin la projection d'un documentaire sur l'auteur-compositeur interprète folkloriste Mercedes Sosa, réalisé par Rodrigo Vila en 2013, sur une idée originale de Fabián Matus, fils de la grande artiste.

Mercedes Sosa est l'une des plus prestigieuses représentantes et créatrices de la musique du Nord-Ouest argentin. Elle était née à Tucumán. Elle est décédée en octobre 2009 et son corps a été veillé au Congrès national à Buenos Aires (voir mon article du 5 octobre 2009).

Le film dure 1h30 et il sera projeté en VO. Il relate l'art de la musicienne mais aussi l'engagement politique et sociale de la citoyenne qu'elle fut et qui dut s'exiler pendant la dictature des années 70.

Ce documentaire a déjà reçu un prix, celui du public au Festival de Panamá de l'année passée.

Maison de l'Argentine, Cité Internationale Universitaire de Paris, M° ou tramway Cité Universitaire.
Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles.

Pour changer un peu des milongas du Micro-Centro, la pratique de Patricios [à l'affiche]


Voilà une pratique de tango argentin, installée en plein air, avec de la musique vivante, dans le quartier de Parque Patricios, animée par une association dans la mouvance authentiquement populaire du tango nuevo : la Práctica Patricios, tous les samedis de 16h à 21h (donc à la lumière du jour maintenant que le printemps est là et bien là), avec un cours ouvert à 16h30.

Le même collectif culturel, qui entend créer du lien social dans la collectivité locale, prépare pour le week-end prochain trois jours de festival, avec concerts, ateliers, cours, milonga, etc...

Ils ont choisi d'être présents sur Facebook. Vous pouvez vous connecter.

vendredi 17 octobre 2014

Retour à Don Torcuato pour Patricia Barone et Javier González [à l'affiche]


Demain soir, le samedi 18 octobre 2014, à 20h, la chanteuse Patricia Barone et le guitariste compositeur Javier González, accompagnés de leurs musiciens, se produiront à Tertulia, Libros y algo más, à Don Torcuato, au nord de Buenos Aires.

Ils y présenteront le répertoire de leur prochain disque, intitulé Complicidad.

Dîner-spectacle à 220 $ par personne (c'est bon marché), avec menu unique (empanada aux quatre fromages avec un verre de mousseux, cassolette de poisson blanc, verre de vin ou de soda, crumble aux pommes, thé ou café). C'est ce qu'il faut pour bien dîner sans détourner l'attention de la musique.

Bon spectacle ! Ces musiciens sont parmi les meilleurs de l'actuelle scène du tango.

Redécouvrir les années 20 à la Academia Nacional del Tango lundi soir [à l'affiche]

Lundi prochain, 20 octobre 2014, à 19h30, pour le second Plenario du mois, le public est invité à redécouvrir le tango des années 20 grâce à une causerie musicale de Enrique Binda, membre de l'institution.

Tango rituel de cette soirée : Patotero Sentimental, de Manuel Jovés et Manuel Romero, composé en 1922 et enregistré par Carlos Gardel (chant) et Guillermo Barbieri (guitare).

Mis tardes con Gardel lundi soir [à l'affiche]


Nouvelle soirée musicale gratuite ce lundi 20 octobre 2014 à 18h30 au Museo Casa Carlos Gardel, Jean Jaurés 735.

La chanteuse Livia Comerci se présentera avec deux guitaristes, Benito Grande et Juan María Paez.

Ces concerts du lundi en fin d'après-midi ont lieu dans le patio couvert du musée et sont d'accès libre et gratuit, dans la limite des places disponibles (et Dieu sait si le musée, qui n'est autre qu'une demeure privée de la classe moyenne des années 1920, est petit).

Lucho Repetto ce soir à la Academia Nacional del Tango [à l'affiche]


Ce soir, sous le titre Viernes de Tango (vendredi de tango), le pianiste et trompettiste, compositeur et arrangeur, Lucho Repetto se produira avec ses musiciens à la Academia Nacional del Tango, dans le cadre des soirées payantes pour lesquelles l'institution propose ses locaux. Ce sera ce soir, vendredi 17 octobre 2014, à 20h, au premier étage du siège social, Avenida de Mayo, 833.

Place : 80 $ par personne (ce qui comprend la visite du Museo Mundial del Tango, qui occupe la moitié de l'étage et mérite d'être vu).

Lucho Repetto
dans le Salón Dorado de la Legislatura Porteña
joue sa version de Tinta Roja au piano

Pour en savoir plus sur Lucho Repetto
vous pouvez aller visiter son blog (qui n'a pas été mis à jour depuis longtemps) ou vous connecter à sa page Facebook.

Un nouveau spectacle du cycle narratif au Museo Casa Carlos Gardel [à l'affiche]


Le Museo Casa Carlos Gardel propose demain samedi, 18 octobre 2014, à 18h, un nouveau spectacle de son cycle narratif : cette fois-ci, il s'agit d'un concert de tango qui raconte la ville de Buenos Aires à travers les textes des chansons, avec la chanteuse Verónica Rapela et le guitariste Agustín Conejeros.

Entrée libre et gratuite au 735 rue Jean Jaurès, dans le quartier dit de l'Abasto, à quelques centaines de mètres au nord de Avenida Corrientes.

jeudi 16 octobre 2014

Jacqueline Sigaut et Pepo Ogivieki continuent l'hommage à Troilo à Salta y Resto [à l'affiche]


De retour de Montevideo, où ils se sont produits dimanche dernier, au Museo del Vino, la chanteuse Jacqueline Sigaut et le pianiste et compositeur Pepo Ogivieki reprennent leur récital, maintenant bien rôdé, du Centenaire Troilo à Salta y Resto, ce samedi 18 octobre 2014, à 21h dans la rue Salta (au n° 755).

Droit au spectacle : 100 $ (peso argentin). A quoi il faut ajouter le repas dans ce restaurant dit français de Monserrat.

L'année dernière, Jacqueline a sorti un sixième disque entièrement consacré à des reprises de chansons composées par Troilo, avec des arrangements très modernes, totalement originaux : Desde el recuerdo te vuelvo a ver.

mardi 14 octobre 2014

San Martín existe, je l'ai rencontré. Deux fois ! [Retour sur Images]

San Martín (ou son double) harangue les congressistes le jeudi matin
Ce cliché fait partie des images publiées par le Ministère de la Culture de Mendoza

Depuis le mois d'août dernier, la ville et la Province de Mendoza sont entrées dans deux années de bicentenaire pour fêter le gouvernorat du général José de San Martín à Cuyo, qui allait changer radicalement le sort et la vie de cette bourgade rurale de 3500 âmes en 1814. San Martín, venu de l'Andalousie de Carlos IV, a réorganisé toute l'économie de cette vaste province qui regroupait les actuelles états fédérés de Mendoza, San Luis et San Juan, l'a tournée vers la guerre d'indépendance à l'échelle continentale (il arrive avec l'idée déjà aboutir de faire sauter le verrou colonial de Lima) et y a jeté les bases d'une agriculture prospère et d'en valoriser les routes commerciales vers Buenos Aires, vers le nord (Salta, Tucumán) et surtout de rétablir les échanges avec Santiago, qui sera libéré depuis Mendoza. Il est le premier à avoir promu le vin de Mendoza (suivi beaucoup plus tard par Domingo Faustino Sarmiento qui y fera acclimater un cépage qui en fera la gloire aujourd'hui, le malbec, originaire du sud-ouest français). Pour loger les vétérans de l'Armée des Andes, que San Martín forma avec les paysans et les notables cuyains pour rendre sa liberté au Chili, il a fondé plusieurs agglomérations autour de Mendoza, dont l'actuelle petite commune de San Martín où il avait sa maison de campagne entourée d'une vaste propriété agricole où il a longtemps rêvé vivre en paix (dans les documents historiques comme dans San Martín à rebours des conquistadors, il s'agit de Los Barriales, qui est resté le nom de la zone).


Dans le hall du Centre Julio Le Parc ; la musique militaire joue
pendant qu'un programme de Pakapaka,
la chaîne éducative pour les tout-petits,
passe sur l'un des grands écrans du centre.

A Mendoza, San Martín n'est pas le même héros que celui qu'on vénère à Buenos Aires. Et ça commence par la tenue vestimentaire : à Mendoza, toujours et partout San Martín se présente en poncho et l'uniforme disparaît sous le plaid de laine tissée ! Et puis, il y a le souvenir tenace de sa femme, Remedios de Escalada (1797-1823), et encore plus de leur fille, Mercedes (1816-1875), qui ne vécut pourtant qu'à peine deux années au pied des Andes. Mais c'est là qu'elle est née et comme je vous l'ai raconté dans un autre article, à Mendoza, la fête des pères est fixée au 24 août, pour marquer l'anniversaire de sa naissance en 1816. A Mendoza, San Martín est un homme plus fraternel, plus proche, plus humain, plus concret qu'à Buenos Aires. C'est un chef de guerre mais c'est aussi un formidable organisateur économique, technique et social. Son charisme est encore sensible dans la manière chargée d'affectivité dont les Mendocins en parlent deux cents ans plus tard !


Dans le cœur historique de la capitale provinciale,
une plaque signale l'emplacement de la maison de San Martín

Ce lien avec l'enfant du pays, que son père avait surnommée La Mendocina, est si fort que le musée San Martín de Mendoza, tenu par une confrérie féminine sans aucune qualification académique en histoire ou en muséologie, les Damas Pro Gloria, descendantes de certains officiers de l'Armée des Andes, exhibe une curiosité incroyable : une descente de lit crème, immaculée, sur laquelle Remedios de Escalada aurait accouché. Et il y a juste un hic : placée dans la vitrine à côté de l'objet, sa légende nous dit qu'il a été tissé et brodé pour San Martín par les dames de Lima. Or San Martín n'a pris le contrôle de Lima qu'en juillet 1821, il est donc impossible que les Limègnes lui aient offert quoi que ce soit avant cette date, or Mercedes est donc née le 24 août 1816. Cherchez l'erreur ! C'est énorme (1).


Réplique de la Chacra de San Martín dans la ville homonyme
La maison originale a été détruite en 1861.
Une autre a été rebâtie avec deux dômes au lieu des cinq que comptait celle du général
Une technique architecturale pour réguler la température intérieure.
La maison vient d'être cédée par ses propriétaires privés au département de San Martín
Elle est donc en travaux de restauration et d'adaptation muséographique
pour un bon moment.
C'est pourquoi le toit est temporairement en tôle blanche.
A la fin des travaux, cette galerie retrouvera ses tuiles romaines traditionnelles.

Le ministère du Tourisme de Mendoza avait gâté les congressistes réunis à l'Espacio Cultural Julio Le Parc pour les trois jours decette réunion internationale et j'ai donc eu la chance de participer, seule Française au milieu d'Argentins excités comme des gamins, à deux des visites proposées, toutes deux animées par de fins connaisseurs de la région et de son histoire. L'un était un artiste plastique de grand talent, Israel Pérez Hugas, qui nous guida à Junín et San Martín, et l'autre une retraitée de l'enseignement et du tourisme, dont je n'ai pu capter que le prénom, Edith. Tous deux s'avérèrent de véritables puits de science.


Le Cerro de la Gloria (le mont d'honneur) dans le parc San Martín
sur une des hauteurs qui dominent la capitale provinciale

Je rapporte donc quelques photos pour vous montrer que j'ai bien rencontré San Martín en personne et je l'écris sans rigoler le moins du monde !


Cerro de la Gloria, détail du monument
Ce bas-relief représente les travaux de l'arsenal, dirigés par Luis Beltán
L'homme s'était alors défroqué mais il est représenté dans l'habit franciscain de ses vœux.

Tout a commencé le jeudi 11 septembre, au matin, à l'ouverture du congrès, avec l'acteur provincial chargé d'incarner le héros dans toutes les manifestations officielles (voir plus haut). Il est légèrement trop âgé pour le rôle (2) mais il lui est fidèle. Il a donc fait irruption dans la salle pour nous haranguer en bonne et due forme. J'étais l'une des très rares spectatrices que ce moment de théâtre, totalement incongru dans une telle manifestation en Europe, faisait sourire et j'ai tâché de me contrôler comme j'ai pu pour ne pas choquer mes voisins.


Le moulin dit d'Orfila, que San Martín fit construire près de sa chacra (aujourd'hui à Junín)
pour alimenter en farine l'Armée des Andes et toute la zone en temps de paix
Ce bâtiment, d'habitation et de bureau, est l'une des rares constructions qui aient survécu en 1861

Le samedi soir, à la nuit tombante, le car de la dernière sortie a déposé notre groupe de congressistes, auquel aucun historien professionnel n'avait daigné se joindre, devant une petite maison des années 70 ou 80 promise à une prochaine démolition : elle est bâtie sur le lieu où s'élevait en 1814 la maison où s'installa San Martín pendant toute la durée de son gouvernorat (voir plus haut). Pour nos beaux yeux, cette cuadra avait été coupée à la circulation par la police : nous avions toute la rue pour nous !


Le Canal de la Patria, le plus large que San Martín fit creuser
pour compenser la sécheresse du climat.
C'est lui qui alimente le moulin situé à la gauche de la photo,
derrière ce palmier que les riverains n'entretiennent pas

Comme presque la totalité de la ville, la maison originale a été démolie par le tremblement de terre de 1861. L'actuel pavillon vient d'être exproprié et quelques fouilles ont déjà été entreprises dans le sous-sol. Elles sont prometteuses. Pour l'heure, une simple plaque, scellée au milieu des dalles du trottoir, signale qu'à cet endroit s'élevait la demeure de San Martín, la maison natale de la princesse locale, Mercedes de San Martín Escalada. Un homme jovial, la cinquantaine enrobée dans le costume traditionnel des pampas cuyaines, nous attendait. Don Diego, le propre intendant du général, figurez-vous ! Le numéro est si vivant et si bien conçu qu'on finit par y croire. Nous n'avons pas pu entrer, parce que le bébé (toujours Mercedes, elle est partout, tout le temps !) dormait, la maîtresse de maison (doña Remedios) était partie chez la voisine broder le drapeau de l'armée des Andes (en hiver, ça ne tient pas la route, vu que cette bannière (3) a été brodée entre Noël et l'Epiphanie, donc en plein été) et le patron, don José, était allé au Cabildo signer des papiers...


Exposition des archives de San Martín pour marquer le bicentenaire
au siège des Archives générales de la Province
dans la gare désaffectée de Mendoza
Ici, des courriers de San Martín en faveur de la liberté de plusieurs esclaves

L'idée est jolie : elle consiste à répartir sur les points historiques de la ville, tous très rapprochés les uns des autres, des acteurs qui accueillent les touristes et leur rendent sensibles les distances et les localisations, dans un paysage urbain où il est bien difficile de se repérer puisqu'il n'a plus grand chose à voir avec celui qu'il était à l'époque de l'épopée fondatrice. Nous avons ainsi pu nous rendre compte de l'extraordinaire proximité entre le logis privé du général en chef et l'arsenal, à 150 mètres de là, où des équipes civiles travaillaient jour et nuit pour fabriquer le parc d'artillerie de la future armée de libération du Chili. Lorsque don Diego nous laissa remonter dans notre bus, il nous annonça qu'il nous devancerait sur l'ancienne Plaza Mayor, aujourd'hui Zona fondacional, et c'est ce qu'il fit ! Et je ne sais pas comment il s'y est pris tant le chemin est court d'un point à l'autre.
La tombe de Mercedes, son mari Mariano et leur fille aînée, María Mercedes
dans la basilique franciscaine de Mendoza.
La tombe venait d'être fleurie lors d'un hommage des corps constitués avant l'ouverture du Congrès
Les rubans mêlent les couleurs argentines et françaises puisque tous trois sont morts à Paris

Et là, je me doutais bien qu'à un moment ou à un autre, on allait se trouver nez à nez avec don José ! Et j'ai failli croire que j'avais eu tort car c'est tout d'abord une jeune comédienne qui s'est avancée vers nous et vers don Diego et je me suis dit que ça ne pouvait pas être Remedios. En l'absence de San Martín, ça aurait fichu par terre tous les effets patiemment construits par cette mise en scène à la construction dramatique et pédagogique savamment étudiée. Et en effet, ce n'était pas Remedios, c'était sa grande copine, Laureanita Ferrari, à qui elle écrivit le 4 janvier 1817 au soir un petit billet qui est l'unique manuscrit qui nous soit parvenu d'elle et que j'ai inclus et traduis dans San Martín par lui-même et ses contemporains. Et puis après la jeune dame et un nouvel exposé de don Diego, que j'écoutais en ayant de plus en plus de mal à conserver mon sérieux devant une mise en scène qui pour moi était à la fois excellente et super-téléphonée (4), j'ai vu arriver du fond de la place un type fin, très grand, le chapeau de paysan sur la tête, le poncho sur le dos et des bottes aux pieds. Cette fois, si, c'était bien lui ! (5)


A gauche San Martín, à droite son majordome, don Diego
sur l'ancienne Plaza Mayor de Mendoza qui joua un rôle si important à l'époque révolutionnaire.
Comme vous le constatez, on a tenu à nous montrer un San Martín musicien
très différent du San Martín martial et impavide que connaissent les Portègnes

Le plus étonnant, ça a été après, lorsque San Martín s'est retiré et qu'après l'avoir applaudi, alors que l'acteur continuait son chemin et que don Diego reprenait la parole, les membres de notre groupe, tous argentins, après quelques secondes d'hésitation, l'ont rappelé à grands cris pour prendre des photos. Et là, il y a eu une joyeuse bousculade, très sympathique par ailleurs, à qui pourrait se placer le plus près de lui, à sa droite et à sa gauche. A part trois étudiantes et une toute jeune diplômée, ces hommes et ces femmes étaient tous des adultes d'âge mûr, voire retraités mais ils étaient tous comme des gamins de six ans autour du Père Noël ou de San Nicolas, après les quelques secondes de sidération et de légère angoisse devant LE personnage mythique... Ce fut une scène indescriptible. Et très vite, d'un coup, une Mendocine m'empoigna aux deux bras, me plaça à la droite de l'acteur à qui elle expliqua que j'étais française et que cette place me revenait donc de droit. Il y a eu plusieurs flashes mais je n'ai aucune de ces photos. L'acteur a bafouillé deux ou trois mots sans avoir eu le temps de bien comprendre pourquoi on me précipitait ainsi contre lui et jusqu'à la fin de ma vie, je ne saurai jamais si cette dame si accueillante et si aimable à mon endroit pendant toute cette après-midi m'a présentée à un comédien ou si elle m'a présentée à San Martín.

Et je penche vaguement pour la seconde solution. Depuis lors, le roi (Fernando VII) n'est pas mon cousin !


La Virgen del Carmen de Cuyo,
dont San Martín fit la générale et la sainte Patronne de l'Armée des Andes
dans la basilique San Francisco, le dimanche juste avant la messe.
Si vous cliquez sur l'image, vous pouvez voir qu'elle a en main un bâton de commandement.
C'est celui de San Martín que le général lui remit en 1818, après la victoire de Maipú
Il avait une dévotion marquée (mais de nature indéfinissable) pour Notre-Dame du Carmel.


(1) Qui plus est, il est peu probable qu'en 1816 on ait laissé les femmes, même de très bonne société, accoucher sur du linge de maison un tant soit peu précieux et encore moins dans la maison d'un général aussi spartiate que San Martín. C'eût été bien trop difficile à « ravoir » à une époque où la lessive était une opération des plus lourdes en l'absence de la poudre miracle qui lave plus blanc que blanc !
(2) A Mendoza, San Martín n'avait pas encore quarante ans et il paraissait de surcroît plus jeune que son âge.
(3) L'authentique Drapeau de l'Armée des Andes est actuellement à Mendoza, dans un mémorial qui lui est consacré tout près du siège du gouvernement provincial. Je n'en ai pas de photo pour la simple et bonne raison qu'il est interdit d'en prendre dans cette pièce dont l'éclairage, l'hygrométrie et la température sont soigneusement calculées pour permettre la conservation de la relique nationale. On y entre comme dans un lieu de culte, en silence, sans bousculade. Tout y invite au recueillement, même les explications qui nous furent délivrées par le directeur du lieu, lui-même congressiste, et un officier du régiment d'infanterie de haute montagne qui en assure la garde d'honneur tout au long de l'année. Le Drapeau lui-même est éminemment émouvant avec ses auréoles formées par les taches de sang de la bataille de Chacabuco (12 février 1817) et les accrocs subis par les broderies pendant le combat. Ce drapeau, qui a servi au feu et qui a été confectionné là, à Mendoza même, par les arrière-arrière-arrière grands-mères des Damas por Gloria, est l'un des tout premiers symboles de la naissance d'une nation. Même s'il est beaucoup plus récent dans le temps, il est aussi émouvant que la tapisserie de Bayeux ou les puissants soubassements de la forteresse du Louvre, sous la pyramide de Pei.
(4) En revanche, je ne suis pas sûre que c'était le cas des Argentins parce qu'ils connaissent très mal l'histoire réelle de San Martín et qu'ils ont donc du mal à anticiper dès qu'on quitte la légende creuse qui a bercé leur enfance pour l'histoire documentée, que l'historien(ne) connaît par cœur.
(5) L'acteur est jeune, peut-être un peu trop, et on sentait que symboliquement, le rôle était très lourd à porter. Il n'était pas vraiment à l'aise dans ce costume et il m'a semblé que ce léger manque d'aisance apportait la juste dose de distanciation, en tout cas pour moi, car j'ai pu mettre de côté tout ce que je savais comme historienne et entrer avec lui et avec le reste du groupe dans la geste locale et l'admiration qu'elle suscite dans les cœurs quand on se trouve sur ce point-là du globe. Pour les comédiens, il est clair que don Diego ou doña Laureanita sont des rôles beaucoup plus faciles à tenir.

Musas Orilleras à La Paila samedi soir [à l'affiche]


Le duo Musas Orilleras présentera son nouveau récital, ce samedi 18 octobre 2014, à 21h précises, au premier étage du restaurant La Paila, Costa Rica 4848, dans le quartier de Palermo.

Ce duo s'est récemment produit au Museo Casa Carlos Gardel. Il fait partie de ces artistes qui mêlent le répertoire reconnu et les créations d'aujourd'hui.

Droit au spectacle : 50 $ (peso argentin) à quoi il convient d'ajouter le prix du repas, avec les spécialités de la gastronomie du nord-ouest argentin (Salta, Jujuy, Tucumán).

Pour en savoir plus :
vous connecter à leur espace Facebook.

mercredi 8 octobre 2014

Dernière présentation de l'année pour Cardenal et Argañaraz [à l'affiche]


Le chanteur Javier Cardenal Domínguez et le guitariste Ariel Argañaraz présenteront pour la dernière fois de la saison leur disque commun, Alucinado, au CAFF, Sánchez de Bustamante 764, après-demain, vendredi 10 octobre 2014, à 22h.

Entrée : 100 $.

Comme vous le voyez sur leur affiche, ils ont invité quelques camarades, dont deux éminentes représentantes du flamenco à Buenos Aires, la chanteuse Montse Ruano, qui chante aussi du tango en arrangement flamenco (allez écouter ça!), et la danseuse et chorégraphe Hebe Zacco. Voilà plusieurs années maintenant que tous ces artistes partagent la scène du CAFF et partagent des projets musicaux trans-génériques.

Le trio Reinaudo-Roosens-Zanelli en tournée au Benelux [ici]


La violoniste belge Ananta Roosens et ses partenaires argentins, le guitariste Hernán Reinaudo et le pianiste Lalo Zanelli (franco-argentin), s'apprêtent à réaliser une tournée en Belgique et aux Pays-Bas, avec deux concerts en zone francophone, les 23 et 24 octobre 2014, respectivement à Louvain-la-Neuve et à Bruxelles...

Ils présenteront leur nouveau travail conjoint. N'hésitez pas à aller les écouter, ils sont représentatifs du tango nuevo, ouvert et métissé, actuellement en plein essor sur les rives du Río de la Plata.

Carlos Saura prépare un film sur le folclore argentin [à l'affiche]


Après ses longs métrages sur le tango, le flamenco et le fado, le cinéaste espagnol Carlos Saura, 82 ans, a entamé le tournage à Buenos Aires d'une co-production hispano-argentine sur le folclore argentin. Ce documentaire, dépouillé de toute intrigue dramatique, devrait s'intituler Zonda, Folclore Argentino, et rassembler quelques unes des plus grandes célébrités du genre, dont quelques redoutables représentants du folclore for export comme El Chaqueño Palavecino (super-grosse vedette équipée d'un super-tourneur de super-star qui lui monte partout sur le continent des shows super-clinquants à la Johnny Hallyday) ou Los Nocheros (un groupe vocal qui joue à fond la carte du pittoresque et se présente sur scène dans des tenues aussi chamarrées et bucoliques qu'un packaging de yerba mate).

Ces monstres du show-bizz côtoieront des artistes beaucoup plus personnels comme Liliana Herrero et Jaime Torres, Pedro Aznar et Luis Salinas (lequel est bien plus un jazzman qu'un folkloriste tant et si bien que je me demande ce qu'il vient faire dans cette affaire).

Le pianiste Lito Vitale est de l'aventure puisqu'il assure la direction musicale du tout. Dans le mélange, devenu habituel chez Saura, Vitale sera peut-être un gage de cohérence musicale.

Certains cinéphiles adorent ce style un peu fourre-tour du Saura de l'après-franquisme (et qui, à mon humble avis, manque un peu de discernement artistique, voire politique, comme si la transition espagnole avait vidé le cinéaste de l'esprit critique acéré qu'il manifestait sous la dictature, du temps où il était le gendre de Charlie Chaplin) mais il en faut pour tous les goûts et ma foi, si ce nouveau film permet de découvrir un pan de la musique argentine dont nous ne connaissons presque plus rien (1) en dehors de l'Espagne, tant mieux...

Página/12 consacre au cinéaste et à son nouveau film le premier article de ses pages culturelles, avec interview à la clé. Et photo en couverture.


(1) Nous en connaissions quelque chose dans les années 70 lorsque Mercedes Sosa et Atahualpa Yupanqui vivaient en exil, notamment en France, et jouaient dans nos salles et sur nos plateaux de télévision.

mardi 7 octobre 2014

Hommage à Troilo ce soir au Teatro Maipo [à l'affiche]


Ce soir, mardi 7 octobre 2014, à 20h30, hommage à Aníbal Troilo, le compositeur, en cette année du centenaire de sa naissance, au Teatro Maipo, sous la direction artistique de Gabriel Soria.

Quatorze des plus grands bandonéonistes de l'heure ont répondu à l'appel du centenaire, parmi lesquels Raúl Garello, Néstor Marconi, Ernesto Baffa, Juan Carlos Caviello, Julio Pane, Ernesto Franco, Walter Ríos... Tous joueront avec l'instrument de Pichuco lui-même, celui que Zita de Troilo, sa femme, offrit après la mort de son mari à Raúl Garello...

Prix des places : de 100 $ à 250 $ (peso argentin), entre les différentes corbeilles, le parterre et l'orchestre de la grande salle de ce traditionnel théâtre à l'italienne, situé rue Esmeralda au n° 443, tout près de l'avenue Corrientes, au cœur du quartier du spectacle à Buenos Aires.

Pour en savoir plus :

Un cycle tango à Radio Nacional [à l'affiche]


Aujourd'hui, mardi 7 octobre 2014, à 21h, démarre à Radio Nacional (pour la station Nacional Rock), Maipú 555, au nord de Monserrat (à la limite avec San Nicolás), un cycle de tango nuevo qui se tiendra le premier mardi du mois. Ce soir, le lancement se réalise avec l'orchestre Ciudad Baigón, un orchestre typique très tanguero aux accents rock (il s'est baptisé d'un titre de chanson du défunt groupe Los Redonditos de Ricota – entendez "les raviolis au fromage") (1).

Le cycle est intitulé Es sólo tango pero me gusta (ce n'est que du tango mais j'aime ça). Le pero est très intéressant : il en dit beaucoup sur la relation encore compliquée et ambiguë qu'entretiennent les Argentins avec ce genre musical, dont ils ont mis très longtemps à admettre qu'il participe à la construction identitaire nationale.

Dans les mois suivants, viendront chacun à son tour Altertango et la Orquesta Típica La Vidú. Pour la suite des opérations, on verra plus tard, car à Noël c'est le début des grandes vacances d'été et la fin de la saison radiophonique. La rentrée se fera en mars, avec une nouvelle grille sur les stations du groupe public.

Cette nouvelle série de concerts est une initiative conjointe de Radio Nacional et du collectif El tango será popular o no será nada (2), qui dispose d'un site Internet et d'une page Faceboook, que je vous engage à consulter.

L'entrée à l'auditorium est libre et gratuite dans la limite des places disponibles. Arrivez avant 21h car le concert devrait commencer à l'heure.

Vous trouverez le site Web de Radio Nacional dans les liens permanents de la Colonne de droite, à la rubrique Ecouter. Mais depuis quelques mois, ce site connaît des bugs à répétition liés à un accident informatique ancien dont il n'est pas encore complètement remis (3).

Pour aller plus loin :


(1) Lire le texte de Ciudad Baigón, cette chanson de Carlos El Indio Solari que revendiquent comme signe de ralliement les musiciens de l'orchestre homonyme.
(2) Appropriation très respectueuse d'un célèbre aphorisme du Père de la Patrie, le général José de San Martín (1778-1850) : Serás lo que debes ser o no serás nada (tu seras ce que tu dois être ou tu ne sera rien). Peut-être y a-t-il aussi (mais c'est vraiment beaucoup plus douteux) un rappel de celui attribué à André Malraux : le vingtième siècle sera religieux ou il ne sera pas.
(3) C'est la raison pour laquelle j'ai mis en ligne directement sur mon site Web plusieurs de mes interviews, en français et en espagnol, données depuis quatre ans à RAE (Radiodifusión Argentina al Exterior). Elles devraient être encore en ligne sur le blog de RAE mais l'incident a détruit beaucoup de liens, dont ceux vers les documents audios de la sonothèque générale (onglet mediateca).

Noelia Moncada et Matías Alvarez entament l'enregistrement en public du prochain disque [à l'affiche]


La chanteuse Noelia Moncada et le pianiste Matías Alvarez invitent à assister à un concert en public, à Salta y Resto, Salta 755, les jeudis 9, 16 et 23 octobre 2014, à 21h.

Droit au spectacle : 90 $ (comptez les consommations en sus, il s'agit d'un restaurant).
Il est conseillé de réserver au 4381 7164 ou à info@saltayresto.com.ar.

Les deux musiciens ont invité un artiste chaque soir : ce jeudi, c'est ni plus ni moins que le Maestro Raúl Garello, compositeur et bandonéoniste, l'un de ceux qui ont distingué Noelia au début de sa carrière et lui ont donné sa chance. Les deux autres semaines, se succéderont Lorena Astudillo et Lidia Borda.

Pour en savoir plus sur la chanteuse,
connectez-vous à sa page Facebook
visitez le site Internet de Salta y Resto (qui se veut un restaurant français)
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Quand Miguel Rep se moque de la mode de l'auto-développement [Disques & Livres]

En Argentine, et singulièrement à Buenos Aires, une ville qui a connu depuis l'entre-deux-guerres une fantastique croissance de la psychanalyse et de la psychothérapie, il existe une forte production éditoriale dans le domaine de l'auto-développement (autoayuda) et une vulgarisation à tout crin de la psychologie en tout genre et surtout des pratiques comportementalistes à la sauce Etats-Unis. Les auteurs font assaut de théories, les unes sérieuses les autres tout à fait fumeuses, et les éditeurs assaut de marketing pour vanter le caractère révolutionnaire de la dernière révélation en date, celle de leur auteur, celle qui apportera au lecteur la solution éprouvée à tous ses problèmes existentiels...

Miguel Rep s'en gausse ce matin dans la vignette qu'il publie sur Página/12, en faisant, comme à son habitude, parler les livres d'une bibliothèque aux trois plus hautes étagères rangées à la va comme je te pousse :


- Il faut faire ce que je dis.
- Ah non ! Tout l'inverse !
- Je me suis vendu à des milliers d'exemplaires. Pourquoi voulez-vous qu'on ne me suive pas, moi ?
- C'est moi qui ai la solution.
- Et moi, en tant que livre, qui va m'aider ?
- Moi, comme ouvrage de la catégorie essai, je préfère les livres d'autodestruction.
- Moi, il n'y a plus personne pour me lire.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Le Festival Guitarras del Mundo fête ses vingt ans [à l'affiche]

Le Festival Guitarras del Mundo, fondé par le guitariste et compositeur argentin Juan Falú, commence ce soir et se prolongera jusqu'au 16 octobre prochain, avec plus de deux cents concerts gratuits répartis sur tout le pays, soit quatre-vingt salles différentes et de très nombreuses villes.

Des guitaristes du monde entier y participent, avec une plus forte représentation de l'Argentine. Rien de bien surprenant bien entendu. Le Festival rendra cette année hommage au musicien de flamenco espagnol Paco de Lucía, dont le décès inopiné le 24 février dernier, au Mexique, où il s'était installé, a beaucoup frappé les musiciens argentins.

Le programme jour par jour et ville par ville est disponible sur le site Internet du festival et sur sa page Facebook.


La une de Cultura y Espectaculos, Página/12 du 7 octobre 2014

Juan Falú a répondu aux questions de la journaliste Karina Micheletto pour Página/12 de ce matin, qui en fait la une de ses pages Culture et Spectacles.
Dans cette interview, le directeur artistique-fondateur insiste sur le caractère collectif, multiculturel et pan-musical de la manifestation qui rassemble des musiciens de tango, de folklore, de jazz, de rock et de guitare classique, la moins connue de toutes sans doute. Il insiste aussi sur le caractère identitaire de l'instrument en Argentine, où il se partage à égalité entre musique des villes et musique des champs, où il réunit donc dans une même émotion ces deux populations encore très différenciées que sont les ruraux et les citadins.

A lire aussi : la dépêche de Télam sur l'ouverture du festival.

lundi 6 octobre 2014

Présentation demain du nouveau livre de Eugenio Mandrini [à l'affiche]

Le poète Eugenio Mandrini a intégré il y a quelques temps le corps professoral de la Academia Nacional del Tango et il est l'un des écrivains qui animent le Séminaire de paroliers (letristas) Homero Expósito.

Demain, mardi 7 octobre 2014, à 19h30, il présentera son nouveau recueil de poème, intitulé Con voz de perro lunar, publié aux éditions Milena Caserola.

Il sera entouré de Matías Mauricio et du duo Luna-Tobaldi, qui interprétera des œuvres du répertoire contemporain.

La présentation se fait dans le cadre des activités ouvertes du Séminaire. Entrée libre et gratuite, Salón de los Angelitos Horacio Ferrer, au premier étage du siège de la Academia, Avenida de Mayo 833.

Pour en savoir plus :
lire la critique parue en septembre dans Tinta Roja.

Fran Prioul et Esteban Riera à Mis tardes con Gardel [à l'affiche]


Invitation double cet après-midi comme d'habitude au Museo Casa Carlos Gardel avec Fran Prioul et le chanteur Esteban Riera, invité par Nazareno Altamirano et son trio.

Le récital partagé commence à 18h30, dans le patio du musée, Jean Jaurès 735.

Entrée libre et gratuite.

Concert pour la Diversité à San Ignacio [à l'affiche]


Avant-hier, samedi 4 octobre, à 18h, sous la direction du pianiste Lito Vitale, a eu lieu un concert intitulé Hermano Sol dans les ruines de la réduction jésuite de San Ignacio, dans la Province de Misiones (1) : un concert pour la foi dans la diversité, qui se composait de musiques religieuses de plusieurs confessions (chrétienne, juive, musulmane) avec une forte présence de la culture guaranie, telle que les jésuites avaient pu la faire fleurir dans leurs missions.

Dimanche prochain, 12 octobre, on fêtera le Jour de la Diversité culturelle dans toute l'Argentine, pour l'anniversaire de la découverte du Nouveau Monde par Christophe Colomb.

Le concert d'hier était une opération du programme national Igualdad Cultural, co-organisé par le ministère de la Culture et celui de la Planification fédérale. L'Argentine est un Etat sous concordat où la religion a sa place dans les institutions nationales.

Une vingtaine d'artistes avaient répondu à l'appel, dont Bruno Arias, Chango Spasiuk, le groupe Tonolec, etc. L'événement a été retransmis par la télévision publique.

Página/12 y revient ce matin dans ses colonnes culturelles ainsi que l'agence Télam qui publie un document vidéo.
Voir aussi le communiqué du Ministère de la Culture sur l'événement.



(1) Après l'expulsion de la Compagnie de Jésus des territoires espagnols en 1767-1773, bientôt suivie par sa dissolution dans le monde entier par le Pape (puis sa reconstitution par son successeur, il y a tout juste deux cents cette année), les administrateurs coloniaux se ruèrent sur cette région et la dévastèrent, incendiant tout sur leur passage. Il reste donc peu d'éléments de la culture métissée, fortement guaranie, qui s'était épanouie pendant cent cinquante ans sur ce vaste territoire qui correspond aux actuelles provinces argentines de Misiones, Corrientes, Entre-Ríos et l'ensemble du Paraguay ainsi qu'une grande partie du nord de l'Uruguay.

jeudi 2 octobre 2014

Du retard au décollage mais un bel hommage à l'Académie [à l'affiche]

Susana Rinaldi, en août 2011, dans le studio de Cadena 3 (en Argentine)

Rien à voir avec la grève des pilotes d'Air France : Susana Rinaldi, Académicienne d'honneur de la Academia Nacional del Tango, recevra lundi 6 octobre 2014 un hommage mérité avant de décoller pour Paris où elle est attendue à l'Ambassade comme nouvelle attachée culturelle...

Ce sera le thème central du Plenario du premier lundi d'octobre.

Rendez-vous à 19h30 au premier étage du Palacio Carlos Gardel, avenida de Mayo 833. Entrée libre et gratuite et à mon avis, il va y avoir du monde !

Le tango rituel de la soirée sera Tango del otro mundo, de Astor Piazzolla et Horacio Ferrer, un extrait de l'oratorio El Pueblo Jóven, des mêmes auteurs, enregistré par Susana Rinaldi sous la direction de Juan Carlos Cuacci et la participation de Walter Ríos au bandonéon solo (c'est une merveille !).

L'hommage à Aníbal Troilo se poursuit également, donc on projettera quelques extraits cinématographiques et télévisuels de notre centenaire.

Et une table-ronde réunira Susana Rinaldi, Juan Carlos Cuacci (son beau-frère chef d'orchestre et pianiste), Alfredo Piro (son ex-mari, bandonéoniste, chef d'orchestre et compositeur), Inés Rinaldi et Gabriel Soria, premier vice-président de l'Académie. Il est prévu que Susana Rinaldi chante au cours de la soirée... Tout de même. Et puis après, nous l'attendons de ce côté-ci de l'Atlantique !

Bienvenue, Madame.

A lire : l'article consacré à la nomination de la chanteuse dans Clarín le 11 septembre 2014.

A regarder et à écouter : La última curda (1), chantée par Susana Rinaldi, le 29 avril 1978, chez les Carpentier, sur TF1, à Paris (archives INA).


(1) Ce tango fait partie du corpus que j'ai traduit en français dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, publié aux Editions du Jasmin en mai 2010 et que je dédicacerai à partir de demain au salon du livre du Mans (ce pourquoi il n'y aura sans doute aucune mise à jour de ce blog pendant les trois jours à venir).

mercredi 1 octobre 2014

Festival des Musiques des Provinces jusqu'à dimanche [à l'affiche]


Du 2 au 5 octobre 2014, à EcuNHi (1) et à Técnopolis, se tiendra un festival des musiques rurales de toutes les provinces argentines pour la dixième édition successive.

De très grosses vedettes sont attendues comme le guitariste jazzman Luis Salinas, la chanteuse Liliana Herrero, le guitariste compositeur Juan Falú, et des jeunes comme l'orchestre de folklore de l'école de musique populaire d'Avellaneda...

Le programme complet. Cliquez sur l'image pour lire le contenu.


A côté des concerts, il y aura des stages, des cours, des conférences, des démonstrations chorégraphiques et des bals, des stands divers et variés...

L'entrée à toutes les activités est libre et gratuite sur les deux sites. Página/12 consacre la une de ses pages culturelles à l'événement (ci-dessus).


Pour en savoir plus :
consulter le site Internet du Ministère de la Culture, organisateur de la manifestation.


(1) Juste avant sa nomination au Gouvernement, Teresa Parodi, chanteuse, compositrice de folklore (Province de Corrientes), était la directrice de ce centre culturel dépendant de l'ONG Madres de Plaza de Mayo, dans le complexe de l'Ex-ESMA, à Palermo.