mardi 3 mars 2015

La grande fierté de Página/12 [Actu]

En ce lendemain d'ouverture du Congrès, le quotidien Página/12 fait un point sur les nationalisations de grands secteurs économiques réalisées par le gouvernement sortant : système de retraite par capitalisation passé en système universel par répartition, la compagnie aérienne Aerolineas Argentinas (une création de Perón, au début de la Guerre froide), la société pétrolière de production et de raffinage YPF (une création de Hipólito Yrigoyen, au cours de la République radicale), un certain nombre de services publics de distribution (eau, énergie, etc.), sans parler de l'opération Football pour tous qui a permis de mettre gratuitement à disposition de tous les téléspectateurs les matches qui s'arrachaient à prix d'or entre quelques réseaux de télévision payante...


Le journal en fait même sa une ce matin, en ressuscitant le logo des chemins de fer argentins !

Cette politique est partagée par plusieurs Etats du sous-continent, surtout à l'intérieur du Mercosur, pour récupérer une part d'autonomie politique loin de l'ingérence des capitaux étrangers sur des points cruciaux pour le développement local, loin du complexe de puissance sans limite du capitalisme sauvage, qu'il soit étranger ou national d'ailleurs, loin de la politique suivie en masse pendant les dictatures militaires des années 1970 et au cours des années 1990 (programme réalisé par Carlos Menem en Argentine).

A noter qu'en Argentine la plupart de ces lois de nationalisation ont été votées au Congrès à une écrasante majorité, rassemblant majorité et opposition comme un seul homme ou presque. A noter aussi que toute cette politique va de pair avec un partenariat grandissant de ces pays avec la République populaire de Chine, qui a fourni en Argentine la plupart des nouveaux matériels ferroviaires mis en circulation depuis trois ans (y compris dans le métro de Buenos Aires).

Pour en savoir plus :
lire l'article principal de l'édition du jour
lire l'article rétrospectif qui suit.

lundi 2 mars 2015

La prise de fonction de Tabaré Vázquez coïncide avec les trente ans de la démocratie uruguayenne [Actu]


Hier, dimanche 1er mars 2015, l'Uruguay fêtait les trente ans du retour à la démocratie, sous les yeux de l'ex-roi Juan Carlos venu, seul, sans doña Sofía, pour représenter l'Espagne, et qui se montra à son habitude, chaleureux et volubile, partageant un déjeuner avec les ex-présidents du pays et manifestant même son souhait de visiter la chacra de Mujica, là où le vieux politique cultive des fleurs...

Schéma récapitulatif du discours présidentiel
par La República
(cliquez sur l'image pour lire)


La République orientale vivait aussi et d'abord le passage de témoin entre les deux présidents, le sortant José Mujica, qui va devenir sénateur, et le nouvel élu, Tabaré Vázquez, qui entame donc son deuxième mandat avec un discours fleuve, où il a présenté, devant la représentation nationale, son programme d'action pour les cinq ans à venir, avant de rejoindre Plaza de la Independencia, pour une fête populaire.
Détail anecdotique : il y a dans son programme la préparation d'une loi pour interdire la violence dans le sport. Luis Suárez n'a qu'à bien se tenir désormais sur le terrain de foot et ailleurs ! Et détail un peu moins anecdotique (encore que...) : le triplement de l'investissement public dans la recherche scientifique et technologique pour atteindre le taux de 1% du PIB (un élan que le gouvernement de Cristina Kirchner avait aussi donné à l'Argentine, en créant notamment un ministère dédié à ces questions d'avenir).



La fête populaire fut belle, chaleureuse et enthousiaste (parfois un peu trop), comme Montevideo en a le secret.

En trente ans, la droite, divisée en Uruguay en deux grands partis, aura gouverné vingt ans et la gauche, rassemblée dans le Frente Amplio, dix. Elle s'apprête à en faire quinze avec le quinquennat qui s'ouvre. Et c'est un programme de gauche que Tabaré Vázquez a annoncé hier et que La República a superbement exposé avec un schéma d'une pédagogie impressionnante ! C'est aussi le quotidien qui publie dans ses pages le discours d'investiture in extenso (un discours que vous pouvez retrouver en vidéo sur le site Internet de la Présidence uruguayenne, avec traduction en langue des signes, et téléchargement gratuit en format mp4 !).


Pour aller plus loin :
les articles uruguayens publiés hier
lire l'article sur les rencontres politiques tenues par don Juan Carlos (El País)
lire l'articlede El País sur les trois décades de démocratie
lire l'article sur les rencontres politiques de don Juan Carlos (La República)

Les articles uruguayens publiés ce matin
lire le texte du discours tel que publié par La República
lire l'analyse du style du nouveau président, vu par El Observador

Les articles argentins d'aujourd'hui
lire l'article de Página/12, qui se penche sur le futur de l'ex-couple présidentiel (Pepe Mujica et Lucía Topolansky, lui issu de la classe populaire, elle de la bourgeoisie, et tous deux militants de gauche depuis leur prime jeunesse)

Même sans victoire argentine, les Oscars 2015 plaisent bien à Miguel Rep [Actu]

Miguel Rep, le dessinateur de Página/12, a raconté à sa façon la cérémonie des oscars de cette fin de semaine : un dessin paru sur son blog, et que je vous traduis ici.


Cliquez sur l'image pour obtenir la résolution originale

"La remise des prix de l'Académie est chaque année plus... inédite :
Des musiciens noirs qui ont remporté l'oscar sont montés en scène et réclamé leurs droits civils
Le documentaire accusatoire sur le cas Snowden a été primé et ses réalisateurs ont tenu un discours instructif [sur le sujet].
L'actrice récompensée pour le meilleur rôle secondaire a parlé du droit du travail pour les femmes dans le cinéma. Il y eu des revendications pour la cause gay. L'Oscar de la réalisation a plaidé en faveur d'un bon gouvernement dans son pays souffrant, le Mexique.
Pour toutes ces raisons, nous pouvons nous attendre dorénavant à cette scène :
And the winner is... la Vérité."
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Gros succès pour Cristina à l'ouverture de la session parlementaire [Actu]

Página/12 a choisi de couper sa une en deux
en haut Cristina répondant aux vivats de la foule
en bas, la foule sur Plaza de Congreso
Hier, c'était l'ouverture de la session parlementaire en Argentine, le 1er mars correspondant à la rentrée après les longues vacances de l'été. Pour Cristina Kirchner, c'était aussi la dernière fois qu'elle présidait la cérémonie et ce fut pour elle l'occasion de dresser un bilan de ses deux mandats comme de présenter les derniers grands chantiers de sa politique (son discours est disponible en vidéo sur le site Web de la Casa Rosada).

Elle s'est félicitée des avancées sociales conquises pendant les sept ans de présidence déjà accomplis, ce que ce matin Página/12 souligne à gros traits et, fait beaucoup plus étonnant, La Prensa revient elle aussi sur une des réussites de ce gouvernement : le recul important de la mortalité maternelle, néonatale et infantile dans le pays grâce à une meilleure couverture vaccinale et différents programmes de surveillance sanitaire (1).

Pour lire les textes, cliquez sur l'image

La présidente a également annoncé un plan de nationalisation de tout le transport ferroviaire de voyageurs, aujourd'hui confiés à plusieurs sociétés privées, lesquelles ont montré à plusieurs reprises d'incontestables défaillances dans le maintien des infrastructures, du matériel et de la discipline dans le personnel roulant, au détriment de la sécurité des clients-usagers mais au bénéfice des actionnaires. La nationalisation concernera aussi les infrastructures du réseau et s'imposera donc au transport de marchandises, dont l'exploitation commerciale restera aux mains des intérêts privés. C'est la renaissance de la société Ferrocarriles Argentinos, de la République radicale (1916-1930), qui conclut une série de nationalisations partielles des chemins de fer que ce gouvernement avait entreprises après le tragique accident de la gare Once, il y a trois ans, à l'été 2012.

Son discours, où elle a aussi abordé le conflit qui l'oppose à une grande partie du système judiciaire, dont elle avait annoncé qu'elle voulait le réformer dès sa prise de fonction en décembre 2008, a été suivi et applaudi par une immense foule réunie sur une Plaza del Congreso bondée au point qu'on voit nettement la foule déborder sur partie de Avenida de Mayo (on aperçoit au loin la tour de l'horloge de la Legislatura Porteña). Un soutien aussi marqué pourrait bien signifier une popularité intacte et un futur succès aux primaires pour son successeur virtuel (Daniel Scioli ?), malgré les récents soubresauts de l'été, avec cette affaire surréaliste autour du procureur Alberto Nisman (d'abord son intention de poursuivre la mandataire en justice pour des faits dont il n'apportait pas la preuve de l'existence puis sa mort violente à son domicile de Puerto Madero et enfin la poursuite effective et le non-lieu pour non commission d'actes illégaux).

Le foot encore et toujours
Clarín n'appartient pas pour rien à un groupe médiatique avec chaînes de télévision


Tous les quotidiens nationaux mettent l'événement en une, avec la même division idéologique que vous connaissez bien entre Página/12, qui soutient le gouvernement aux affaires, et la presse que les démocrates argentins appellent les médias monopolistiques (Clarín, La Nación, La Prensa).

Vous remarquerez que les trois unes réservent une petite place, pas toujours vite identifiable, à la prise de fonction de Tabaré Vázquez de l'autre côté du Río de la Plata.

Sur le discours de la Présidente :

Sur quelques points du discours :
lire l'article de Página/12 sur la nationalisation des chemins de fer
lire l'article de La Prensa sur la baisse de la mortalité materno-infantile.

Et vu de l'Uruguay, qui changeait de chef d'Etat et avait donc d'autres chats à fouetter :


(1) Rappelons qu'au niveau local à Buenos Aires, c'est le contraire qui s'est produit depuis l'arrivée au pouvoir municipal de Mauricio Macri, qui pratique la politique opposée (voir mon article du 14 décembre 2010 par exemple).

samedi 28 février 2015

Cucuza et Cie font leur rentrée au Faro [à l'affiche]

Vendredi 6 mars 2015, à 21h30, le tango revient au Bar El Faro, de la esquina Constituyentes y Pampa, aux limites des quartiers Villa Urquiza, Parque Chas et Villa Pueyrredón.


Pour une fois, la bande à Cucuza a oublié d'indiquer le prix dans sa communication (ça devrait être aux alentours de 100 $ ARG).

Le chanteur, que tous mes lecteurs connaissent bien, Hernán Cucuza Castiello, sera accompagné comme à son habitude depuis plusieurs années maintenant par le bandonéoniste Sebastián Zasali, la pianiste Noelia Sinkunas et le jeune guitariste Mateo Castiello, le fils de Cucuza.

Il a aussi invité le guitariste Hugo Rivas.

Si vous voulez y trouver une place, réservez impérativement (la salle est plutôt petite et le succès est immense) : 15 6198 3206 ou infocucuza@gmail.com.

Discours d'un président sur le départ [Actu]

Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Le Président José Mujica a prononcé hier son discours de fin de mandat, où il a remercié le peuple uruguayen pour sa maturité politique et son soutien, et au milieu de la semaine, il a accordé une grande interview chez lui, dans sa chacra (1) où il n'a pas cessé de vivre pendant toute la durée de sa présidence.

Le gros titre dit : "Nous [l'Uruguay] sommes connus grâce à Suárez [le footballeur] et Mujica".

Les journaux continuent à lui rendre hommage ce matin, pour son dernier jour à la tête du pays.


Demain, dimanche, il remettra l'écharpe présidentielle à Tabaré Vázquez... L'émotion semble grande dans toute la population, chez les rédacteurs et chez l'intéressé lui-même, qui avoue son addiction à la militance et son intention de rester dans le jeu politique, en soutien à son successeur.

Demain Joe Biden ne sera pas là, contrairement à ce qui avait été annoncé : le vice-président des Etats-Unis souffre d'un refroidissement (c'est peut-être vrai, vu le temps qui règne sur la Côte-Est dans l'hémisphère nord). Nicolás Maduro ne se déplacera pas non plus : les troubles au Venezuela exigent que le chef d'Etat reste sur place...

Pour aller plus loin :
lire l'interview dans El País, qui la reproduit aussi en vidéo
voir la vidéo de l'interview dans El Observador, qui ne retranscrit pas les propos
lire l'article sur la cérémonie d'adieux d'hier dans La República.


(1) Traditionnelle propriété agricole. Mujica vit des productions de sa chacra.

Tango de Miércoles reprend cette semaine au CCC [à l'affiche]


Cela sent la fin de l'été : la nouvelle saison de Tango de Miércoles s'ouvre ce mercredi 4 mars 2015 à 20h30 dans la salle Osvaldo Pugliese du rez-de-chaussée, au Centro Cultural de la Cooperación Floreal Gorini (CCC), Corrientes 1543, avec le groupe Monos del Infierno (singes de l'enfer), un sextuor de tango contemporain composé de Lucía Herrera, au violon, Mariano Malamud à l'alto, Marcela Muollo au violoncelle, Julia Peraltaen au bandonéon, Gerardo De Monaco à la contrebasse, le compositeur et arrangeur Fabian Adell au piano et la chanteuse invitée Felicitas Rossi.

Entrée : 70 $ ARG (billets à retirer le jour même ou quelques jours à l'avance au guichet du CCC).

Monos del Infierno dispose d'une page Facebook où vous pouvez découvrir cette formation.

vendredi 27 février 2015

Un dossier qui fait pschitt... [Actu]


Quarante jours après la découverte du corps du procureur Alberto Nisman dans une mare de sang derrière la porte de sa salle de bain et une semaine après l'ouverture d'une procédure pénale contre la présidente Cristina Kirchner, plusieurs de ses ministres et un bon nombre de hauts responsables ministériels, le juge d'instruction Daniel Rafecas vient de clore la phase de première instance avec une ordonnance de non-lieu dont le moins que l'on puisse dire est qu'elle fait beaucoup de bruit dans la presse argentine et qu'elle soulève la colère d'une des instances représentatives juives, ouvertement alignée sur l'opposition de droite.


Les quotidiens consacrent tous des pages et des pages à l'annonce judiciaire, qui pourrait d'ailleurs avoir des suites puisque le procureur a la faculté de faire appel de cette ordonnance. Il avait d'ailleurs refusé de comparaître lundi devant le groupe majoritaire au Congrès qui voulait lui demander d'expliquer sa position. Il avait avancé pour cela des motifs d'ordre procédural : l'instruction devait être couverte par le secret. Les parlementaires avaient trouvé cela curieux : alors que les procureurs et tant d'autres magistrats avec eux parlent à tort et à travers des éléments de l'enquête sur la mort violente de leur collègue Alberto Nisman, quand il s'agit du chef de l'Etat et que le pays est en campagne électorale, il faudrait l'inculper à neuf mois de la fin du mandat et en garder secrètes les raisons...


La presse se partage donc en deux ce matin (pour ne pas changer) : en faveur de la Présidente, Página/12 et contre elle, à des degrés divers de violence et de bonne ou mauvaise foi, La Nación, Clarín et La Prensa.
Página/12 ajoute au dossier l'analyse d'un document préparatoire dans lequel on voit qu'au mois de décembre, soit un mois avant sa mort, Nisman soutenait la politique gouvernementale vis-à-vis de l'Iran jusqu'auprès de l'ONU. Il est pour le moins étrange qu'il ait viré de bord à 180° en quelques semaines à peine, en publiant un réquisitoire contre cette même politique et ses acteurs, avant de demander un revolver à une personne de son entourage et d'être découvert tué par arme à feu le 18 janvier.
Toujours aussi revanchard et acrimonieux, Clarín préfère mettre en avant une autre procédure contre la présidente, qui n'a pour le moment abouti à aucune mise en accusation, une affaire de fausses factures et de détournement de pots-de-vin dans un hôtel que Cristina Kirchner possède en Patagonie (dès avant la mort de Néstor Kirchner, le couple présidentiel avait en effet investi partie de ses avoirs dans le tourisme dans la Province de Santa Cruz).

Un autre fait politique retient l'attention aujourd'hui : un mini-remaniement ministériel pour libérer deux ministres de leurs responsabilités afin qu'ils puissent se consacrer à leur campagne électorale dans leur province respective.

Pour aller plus loin :
lire l'article de Página/12 sur les documents préparés par Nisman
lire l'article de Clarín sur le non-lieu
lire le billet d'opinion que Clarín consacre au scandale supposé Hotesur
lire l'article principal de La Prensa.

Ajout du 28.02.2015 :
Le juge d'instruction a donné une interview à Reuters, où il explique sa décision, fait remarquer que le gouvernement argentin a fait toutes les démarches qui lui incombaient pour que la justice suive son cours en Argentine sur l'attentat contre l'AMIA et qu'il n'a exercé aucune pression sur son travail, qu'il a pu effectuer dans la sérénité. Página/12 reprend le contenu de cet entretien dans son article de une ce matin.

jeudi 26 février 2015

Mujica s'apprête à passer la main dans une forme olympique [Actu]


En Uruguay, le président José Mujica, celui qui dit des gros mots et que l'argent n'intéresse pas, s'apprête à passer le flambeau à son successeur, qui est aussi son prédécesseur, à la plus haute magistrature de la République orientale de l'Uruguay : dimanche 1er mars 2015, Tabaré Vázquez prêtera serment comme chef d'Etat pour la seconde fois.

Six présidents sud-américains sont attendus pour les cérémonies du week-end et autant de vice-présidents, dont Amado Boudou qui représentera l'Argentine.

Pepe Mujica se retire de la vie politique avec une cote de popularité qu'on envierait sans doute à l'Elysée : 65% d'Uruguays se disent satisfait de ce président.

Tous les journaux uruguayens publient ces jours-ci des analyses synthétiques sur ces quatre ans de mandat. C'est le cas de La República qui revient sur ce sondage et sur les différentes apparitions présidentielles prévues pour ces trois prochains jours, souvent en compagnie des autres chefs d'Etat qui sont déjà à Montevideo, comme Evo Morales, le président bolivien, ou Dilma Roussef, la présidente brésilienne.

A partir de lundi, le style changera (Vázquez parle avec un langage châtié) mais la politique suivra la même voie : c'est encore et toujours la gauche du Frente Amplio qui gouverne le pays. Il semblerait que ni la France ni la Belgique ni la Suisse n'ait prévu d'être représentée par un membre de leur gouvernement. Espérons qu'au moins l'Union Européenne sera au rendez-vous en tant que telle (l'Espagne enverra sans doute quelqu'un de quelque rang protocolaire) ! Joe Biden, le vice-président des Etats-Unis, est attendu à Montevideo.

Pour aller plus loin :
lire l'article de La República sur le sondage et les dernières apparitions publiques officielles
lire l'article de La República sur le programme pour la journée du 1er mars.

Rentrée aussi pour Cardenal et Reinaudo [à l'affiche]


Ce soir, jeudi 26 février 2015, à 21h, le chanteur Cardenal Domínguez et le guitariste Hernán Reinaudo reprennent le collier au Café La Trama, Mexico 1500, dans le quartier de Monserrat.

Au programme, un vaste répertoire de tangos, milongas et autres chansons du Río de la Plata et quelques compositions personnelles de Reinaudo.

Participation libre (à la sortie). Indications pour les touristes : entre 80 et 100 $ ARG minimum. Et n'oubliez pas les consommations.

mercredi 25 février 2015

237 bougies soufflées par Fabiana Mastrangelo et Leonardo Liberman dans Siempre Argentina - Conexión Español [Disques & Livres]

Fabiana Mastrangelo à gauche, lorsqu'elle m'accompagnait au CCC en septembre dernier

Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de naissance de José de San Martín, né le 25 février 1778 à Yapeyú, dans l'actuelle Province de Corrientes, dans le nord-est argentin. Le grand héros de l'indépendance du pays. El Padre de la Patria.

En décembre, comme je vous l'avais dit, dans un article du 7 janvier 2015 (1), l'historienne Fabiana Mastrangelo a sorti une biographie du personnage, avec une lecture peu commune : analyser sa trajectoire à travers les valeurs éthiques qu'il mit en œuvre pour accomplir son travail politique et militaire de libération du midi de l'Amérique du Sud. Le journaliste et animateur radio Leonardo Liberman a saisi l'occasion pour l'interviewer et l'entretien, en espagnol, est disponible sur le blog de RAE (Radio Nacional) et sur son blog personnel, El Mirador Nocturno.

Si vous parlez cette belle langue de l'Argentine, précipitez-vous sur ce document : Fabiana Mastrangelo sait parler clair, simple et vivant, ce qui n'est pas l'apanage de tous les historiens sud-américains...

Pour écouter ou télécharger l'interview, faites un tour sur El Mirador Nocturno.


(1) Un article que j'avais préparé depuis deux jours pour ce jour-là et que j'ai tenu à publier, malgré les sinistres événements qui secouaient Paris à quelques kilomètres de chez moi. Les droits de l'homme sont les droits de l'homme !

Les salons se suivent et ne se ressemblent pas [ici]

Après Montmartre, sa séance de signature et sa conférence sur les femmes dans le tango le samedi 7 mars (14h à 18h), je serais à Villemandeur, non loin de Montargis, les 14 et 15 mars 2015 pour présenter mes livres (sur le tango et sur l'histoire argentine) et les signer sur le stand des Editions du Jasmin. Ce sera aussi l'occasion de parler de mon prochain livre à paraître cet été, il portera cette fois-ci sur la culture de l'Intérieur, la culture de ce grand pays rural qu'est l'Argentine.


Comme d'habitude, il y aura dégustation de mate gratuite sur le stand, pour ceux de nos lecteurs qui ont les papilles aventureuses, et, si j'ai le temps de m'en occuper le vendredi précédent, je compte bien apporter des chipá maison pour compléter les dégustations gastronomiques. A côté de la boisson nationale, amère et tannique, des petits pains au fromage originaires du même nord-est argentin où, le 25 février 1778, est né le général José de San Martín, dans l'actuelle Province de Corrientes, loin, bien loin du tango, dans la patrie du chamamé (une autre musique typiquement argentine et participante de son identité culturelle nationale). Il fallait que je me risque à vous le dire : aujourd'hui, c'est l'anniversaire de naissance du héros comme vous le verrez dans un autre article du même jour.

Le salon ouvre dès le jeudi. Le stand du Jasmin sera disponible le samedi de 10h à 19h puis le dimanche de 10h à 18h. Entrée libre et gratuite, au Complexe sportif du Château Blanc.

Nous vous attendons nombreux pour vous présenter un catalogue original et quelques livres en français sur un pays à découvrir...

Pour en savoir plus :
visitez le site Internet de la manifestation et connectez-vous à sa page Facebook.

mardi 24 février 2015

Rentrée à Circe pour Cecilia Bonardi [à l'affiche]


La chanteuse Cecilia Bonardi et son groupe Flores Negras se produiront ce samedi , le 28 février 2015, à 21h, à Circe, Córdoba 4335. C'est la rentrée qui se profile à l'horizon.

Entrée : 80 $ ARG

Pour découvrir l'artiste, vous pouvez visiter son site Web ou vous connecter à son profil Facebook.

jeudi 19 février 2015

Une conférence sur les femmes dans le tango pour la Journée internationale de la Femme [ici]

Le samedi 7 mars 2015, à 16h, je donnerai une conférence sur la femme dans le répertoire du tango argentin dans le cadre d'un salon du livre qui se tiendra tout le week-end à la Halle Saint-Pierre, au pied de la Butte Montmartre, au sein du musée de l'Art Brut, à Paris.



La conférence sera précédée d'une dédicace à partir de 14h. La séance de signature reprendra après la causerie jusqu'à 18h.

La causerie prévue pour durer environ 45 mn portera sur quelques archétypes féminins qui hantent le répertoire du tango depuis 1916 jusqu'à nos jours, à travers quelques chansons du répertoire dont je donnerai les tenants et les aboutissants sociologiques et littéraires.

Le salon du livre accueille une quinzaine d'exposants qui sont autant de petits éditeurs indépendants proposant des catalogues qui sortent des sentiers battus. Mon éditeur de référence sera là : les Editions du Jasmin.


Cliquez sur l'affiche pour une résolution haute

Cette troisième intervention 2015 sera l'occasion pour moi de faire une avant-présentation de mon prochain ouvrage, qui paraîtra aux Editions du Jasmin au début de l'été. J'en ai travaillé le tout premier jeu d'épreuves hier après-midi, juste avant de partir à Versailles pour une conférence qui traitait du général San Martín et de son épopée émancipatrice en Amérique du Sud. Et il y aurait sans doute beaucoup à dire sur San Martín et les femmes un 8 mars à venir...

La Halle Saint-Pierre telle qu'elle aime se présenter elle-même
(Saint-Pierre est le saint paroissial de Montmartre)

A l'heure où je publie cette annonce, le salon du livre n'a pas encore publié son affiche. Mais d'ici qu'il le fasse (très prochainement), vous pouvez découvrir ce lieu culturel qu'est la Halle Saint-Pierre en visitant le site Web du musée ou sa page Facebook.

Marche silencieuse sous la pluie après la mort du juge Nisman [Actu]

Pour lire la une, cliquez sur l'image et obtenez une meilleure résolution

Hier, la marche organisée par l'opposition pour réclamer que toute la lumière soit faite sur la mort du procureur Nisman, il y a un mois, a rencontré un vif succès à travers toute l'Argentine. On estime à près d'un demi-million les manifestants à Buenos Aires (malgré une pluie diluvienne comme l'été portègne en a le secret) et à 15 000 ceux qui se sont rassemblés au pied du Monument à l'Hymne national, à Rosario, la seconde ville du pays, alors que beaucoup de gens sont en vacances. A La Plata, le défilé s'étirait sur un kilomètre (10 cuadras comme disent les Argentins). Il y a aussi eu des marches ou des rassemblements importants à Santa Fe et à Córdoba.


Marches silencieuses, sans pancarte militante, sans insulte proférée contre le gouvernement sur les différents parcours (il en est allé un peu autrement sur les réseaux sociaux). L'ex-épouse du défunt procureur, elle-même juge de profession, s'est jointe au cortège dans la capitale fédérale, avec leurs deux filles mineures et son ex-belle-mère. D'après certains observateurs, c'est leur présence à toutes les quatre qui aurait donné à la marche la solennité, la gravité et la retenue qu'on a pu observer et qui est pour le moins exceptionnelle en Argentine, surtout en période électorale. Il est vrai que l'ex-épouse a exigé vendredi dernier, dans une conférence de presse de l'opposition au Congrès, que l'opposition et les médias cessent de politiser le dossier judiciaire que cette politisation immédiate a sensiblement pollué au point que l'enquête est entravée par les nombreux dysfonctionnements de la procédure criminelle en cours.

Derrière la famille s'avançaient plusieurs carrés de personnalités, organisés sur le modèle de la marche parisienne du 11 janvier : il y avait le carré des juges au plus près de la famille, celui des représentants des institutions juives ainsi qu'un carré de responsables politiques de l'opposition tous plus ou moins candidats déclarés à l'élection présidentielle d'octobre, comme Mauricio Macri (droite libérale issue du monde des affaires), Sergio Massa (Frente Renovador), Hermés Binner (socialiste), Julio Cobos (radical, ex-vice-président de Cristina Kirchner pendant son premier mandat), etc. Aucun membre de la majorité n'a pris part à cette marche qui s'annonçait surtout jusqu'au début de cette semaine comme une manifestation explicitement organisée contre le Gouvernement en place.

Depuis vendredi, pendant ces quatre jours fériés qu'on appelle en Argentine vacances de carnaval qu'elle a prolongées avec le mercredi des cendres hier, la Présidente est restée dans l'intérieur du pays où elle a fait plusieurs déclarations vigoureuses pour affirmer que personne ne la détournerait de son chemin. C'est son côté va-t-en guerre qui la dessert si souvent car il accentue les fractures politiques à l'intérieur du pays au lieu de faciliter la conciliation et le rassemblement (1).


Ce matin, les journaux consacrent près de la moitié de leurs articles en ligne à cet événement. La rédaction de Página/12 se montre quelque peu désarçonnée et même vaguement dépitée de la dignité avec laquelle il s'est tenu (son rôle eût été plus facile si l'opposition avait manifesté son agressivité habituelle sur les parcours).

Trois journaux prennent le temps d'écrire sur l'invitation que le groupe parlementaire FpV (Frente para la Victoria, le parti kirchneriste) a adressée au procureur Pollicita à venir exposer sa démarche judiciaire au Congrès lundi prochain (l'audition sera ouverte au public et pourrait être retransmise en direct sur l'un ou l'autre canal national). Ce procureur vient en effet de lancer une information préliminaire contre la Présidente et divers membres du gouvernement qu'il accuse d'avoir voulu soustraire à la justice les auteurs (iraniens) présumés de l'attentat contre l'AMIA en juillet 1994 (voir mon article du 14 février 2015). Ces quotidiens sont Página/12, La Nación et La Prensa.

Clarín a choisi une plongée sur Plaza de Mayo vue de Avenida de Mayo
(la silhouette du Cabildo est reconnaissable à droite. Derrière, on aperçoit le débouché de la rue Bolívar)

Et presque tous rendent compte d'une brève conversation hier au Vatican, au cours de l'Audience générale, d'une délégation des victimes de l'AMIA avec le Pape pour lui demander d'intervenir auprès de l'Iran (dont François a reçu il y a quelques jours la vice-présidente de la République avec toute une délégation féminine) et d'Israël pour faire la lumière sur l'attentat de 1994. Auprès de l'Iran pour que ce pays livre à la justice argentine ceux de ses ressortissants qu'elle veut entendre dans le cadre de l'instruction et auprès d'Israël dont un ambassadeur en Argentine avait un jour laissé entendre, sans la révéler, qu'il connaissait l'identité des terroristes. Sergio Burstein, le chef de cette petite délégation de trois personnes (2), a tenu par la suite une conférence de presse à l'ambassade argentine près le Saint-Siège, comme c'est désormais la coutume, pour dire qu'il espérait qu'un appel au Pape calme les tensions et les divisions civiles qui menacent en ce moment l'Argentine démocratique. Les quotidiens qui en rendent compte ce matin sont Página/12 (par la plume de sa correspondante Elena Llorente), Clarín et La Prensa. La Nación, quant à elle, a publié son article en ligne dès hier, dès qu'elle l'a reçu de sa correspondante à Rome, Elisabetta Piqué (que les lecteurs de ce blog commencent à bien connaître). Le titre de ce premier article sur cet entretien est pour le moins perfide (mais personne ne peut en rendre la journaliste responsable : ce ne sont pas toujours les auteurs des articles qui les titrent, surtout à 11 000 km de distance).

Pour aller plus loin sur la marche elle-même :
Pour le reste, vous pouvez naviguer dans les sites Web de ces journaux à partir des liens ci-dessus ou vous rendre directement sur leur page d'accueil : un lien permanent avec chaque grand titre de la presse nationale, argentine et uruguayenne, est disponible dans la rubrique Actu de la Colonne de droite (partie inférieure, où j'ai rassemblé les liens vers des sites tiers).


(1) A sa décharge, depuis huit ans qu'elle est à la tête de l'Argentine, elle a eu plus que son compte d'avanies, de médisances et d'insultes, non pas tant pour sa politique que pour le seul fait qu'elle est une femme. Ce genre de harcèlement n'a jamais aidé à développer le tact et la diplomatie chez personne.
(2) Ils étaient trois pour représenter la Asociación 18J Sobrevivientes, Familiares y Amigos de las Víctimas del Atentado a la AMIA (association 18 juillet - Survivants, parents et amis des victimes de l'attentat contre l'Amia), une association tranquille qui ne veut pas entrer dans les jeux parfois pervers des institutions confessionnelles et qui s'est portée partie civile dans l'interminable procédure judiciaire qui dure maintenant depuis plus de vingt ans.

mardi 17 février 2015

Vendredi, c'est carnaval à l'ouest avec Ariel Prat [à l'affiche]


Le murguero Ariel Prat animera toute une soirée de carnaval vendredi 20 février 2015 au Club Agronomia Central, dans le quartier homonyme, à 21h30. L'auteur-compositeur interprète partagera la soirée avec la Orquesta Típica Misteriosa Buenos Aires (ce sera pour le tango) et divers équipes de murga des quartiers de Palermo et de Villa Urquiza.

Entrée : 50 $ ARG.

Un buffet est prévu sur place ainsi que des tirages au sort et on dansera !

La soirée est soutenue par le Ministère fédéral de la Culture, celui conduit par la chanteuse Teresa Parodi.

lundi 16 février 2015

Les habitants de San Telmo défendent leur parc Lezama [Actu]

Manifestation devant le palais municipal en avril 2013 (photo Télam)
En noir sur fond blanc on lit : Pas de grille !
En rouge : Association [de riverains] Parque Lezama

Depuis au moins deux ans, le gouvernement municipal de Buenos Aires enferme systématiquement les petits espaces verts derrière des grilles ce qui enlaidit beaucoup la ville, y fait régner un sentiment d'insécurité fictive (jusque dans des quartiers aussi tranquilles que Palermo, Recoleta ou Belgrano) et complique la vie des habitants qui doivent faire à pied tout un détour pour profiter de l'espace vert qui ne dispose plus que d'un seul point d'entrée et de sortie ou pour le contourner pour atteindre l'une ou l'autre des autres rues qui délimitent la place. Et tout ça dans une ville où marcher sur la pelouse ne lui fait aucun mal : l'humidité est telle à Buenos Aires que la végétation n'a rien à craindre des chaussures des hommes. Rappelons que la ville est bâtie sur une zone marécageuse, le delta du Río de la Plata, lui-même formé par la jonction de deux énormes cours d'eau principaux, le Paraná et l'Uruguay (à quoi il faut ajouter au sud de Buenos Aires même le Riachuelo, dont on voit l'embouchure sur le plan, en bas, à droite : le coude vers l'ouest que l'on aperçoit à l'extrémité des quais de Puerto Maderno, bâti sur le Río de la Plata).

Vue satellitaire légendée du parc en juin 2011
C'est l'hiver, ce qui vous explique le manque de verdure
Au sud, vous reconnaissez une zone industrielle

L'année dernière, j'ai constaté avec stupeur que la place du Chili, qui fait face à la Plaza Gran-Bourg, sur laquelle donne le bâtiment de l'Institut National Sanmartinien, à Palermo, avait subi cet affront : les grilles cassent toute l'harmonie du lieu et du mariage entre les statues des grands héros de la vie de José de San Martín en Amérique et en Europe (pendant son exil), avec les arbres majestueux qui s'épanouissent sur cette place, très sereine, malgré la proximité de l'artère automobile qu'est Avenida del Libertador. La même chose est arrivée au Parque del Centenario à Flores et tant et tant d'autres lieux bucoliques en pleine ville.

L'année dernière encore, je n'avais pas mis les pieds au Parque Lezama dans le sud de San Telmo qui était entouré d'engins de travaux, boueux, abîmé de partout par ces travaux qui semblaient très lourds.

Plan de l'est de Buenos Aires
Le parc est au centre, au sud de l'autoroute vers La Plata et à l'est de l'autoroute Frondizi (orange)
Le grand canal bleu correspond à trois bassins du Vieux Port de Buenos Aires
A l'ouest de l'autoroute Frondizi, on reconnaît le départ de la gare de Constitución (gris)

Il s'avère qu'ils avaient pour but de clore le parc (en fait un grand jardin public, délicieux par ailleurs, à l'extrémité duquel on trouve le Musée national historique pour lui donner son nom en français (Museo Nacional Histórico). Mais les habitants des environs ne l'entendent pas de cette oreille et vont manifester en ces jours fériés des jours gras avec une murga de carnaval bien ancrée dans la lutte politique pour dénoncer cette absurdité urbaine. Página/12 raconte par ailleurs dans un article de ce matin comment ils s'organisent pour bloquer les travaux et la pose des grilles, après que la justice portègne leur a donné raison en faisant suspendre l'opération. Les habitants se sont organisés en association de riverains pour ester en justice et organiser la défense d'un accès libre à cet espace vert et de la manière dont ils l'investissent au quotidien. Le jardin sert en effet de raccourci quand on veut le traverser en diagonale pour aller d'une avenue à l'autre...


C'était un grand progrès d'urbanisme au vingtième siècle que les grilles des espaces verts soient abattues. Mauricio Macri ramène sa ville un siècle en arrière alors qu'il faudrait développer la marche à pied et la bicyclette pour lutter contre la pollution automobile dans toute la capitale. Il fait l'inverse. La même chose peut être dite de sa politique d'enchérissement inflationniste des transports en commun qui pèsent de plus en plus sur le budget des ménages qui voient aussi augmenter les impôts locaux. Il faut croire que trop c'est trop !

Une carte postale du Parque Lezama avant 1931
C'est l'année où l'on a abattu cette enceinte et améliorer la circulation pédestre des riverains