mardi 23 septembre 2014

Lucio Arce à Paris ce mercredi [ici]


L'auteur-compositeur interprète argentin Lucio Arce sera demain, mercredi 24 septembre 2014, à 19h, à La Timbale, une brasserie-restaurant typique, installée au coin de la rue Versigny, au numéro 2, dans le dix-huitième arrondissement, M° Jules Joffrin.

Lucio Arce, vous le connaissez déjà si vous êtes lecteur de ce blog depuis quelques mois (cliquez sur son nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus, pour ouvrir les articles le concernant). C'est un ami personnel, qui a la mauvaise habitude bien argentine de me prévenir au dernier moment, trop tard sans doute pour que je puisse profiter de son passage... Ces Argentins sont incorrigibles !

Mais vous, les Parisiens, profitez-en si vous en avez l'occasion ! C'est un artiste qui en vaut la peine...

La Timbale dispose d'une page Facebook à laquelle vous pouvez vous connecter.

Susana Rinaldi revient à Paris [ici]

Susana Rinaldi, un soir d'août 2010, à Clásica y Moderna
J'avais la chance d'être admirablement placée - merci à Amelita Baltar, qui avait fait le nécessaire !

La nouvelle date déjà d'il y a quelques jours, je l'avais d'ailleurs aussitôt partagée sur ma page Facebook depuis Mendoza, où je ne disposais guère de temps pour en parler dans ces colonnes.

Voici que Susana Rinaldi, la Tana (l'Italienne - mais elle est née en Argentine, comme tout le monde !), la chanteuse, la femme de scène, la musicienne, la vice-présidente de l'AADI (1), la militante avertie et subtile de la démocratie, nous revient comme Attachée culturelle à l'Ambassade d'Argentine à Paris. C'est une excellente nouvelle car Susana Rinaldi n'est pas une diplomate ordinaire. Hormis le fait qu'elle est elle-même une artiste hors pair, qu'elle connaît de l'intérieur les métiers de la culture, leurs vicissitudes et leurs enjeux techniques et sociaux, elle est aussi une vraie militante de l'authenticité argentine. Elle a également une solide expérience politique avec son double mandat de députée portègne, à la Legislatura de Buenos Aires, dans un groupe socialiste, c'est-à-dire dans l'opposition à l'actuel gouvernement municipal de Mauricio Macri, qu'elle a combattu avec ténacité, conviction et cohérence, assumant la présidence de la commission de la culture et soutenant, entre autres, le Programa de Orquestas Infantiles de Claudio Espector dont je vous ai parlé plus d'une fois.

Il y a quelques semaines, au début de l'hiver austral, elle a organisé dans les locaux parlementaires une fête française, pour rendre hommage à un pays que de toute évidence elle aime profondément et qui l'a accueillie, elle ainsi que beaucoup d'autres artistes et intellectuels, pendant la dictature militaire.

Elle quitte donc son siège législatif, ce qui n'est pas sans surprendre et même choquer ses électeurs, pour venir dynamiser ici les relations bilatérales entre nos deux pays et elle aura fort à faire. Espérons qu'elle pourra nouer de fructueuses relations avec le Quai d'Orsay ainsi qu'avec notre nouvelle ministre Fleur Pellerin, qui donne ce soir une interview au Monde (2). Et La Tana pourra aussi compter sur pas mal de bonnes volontés chez nous et parfois aussi sur quelques compétences. Elle prend ses fonctions au début du mois d'octobre.

Rentrée en fanfare donc et au champagne pour les amoureux de l'Argentine dans l'Hexagone !

Pour aller plus loin :
lire l'article paru dans Página/12 le 12 septembre dernier
lire (en français ! Ouf, ça fait du bien de temps en temps, non ?) l'article de Libération, du 14 septembre.
Vous pouvez également vous connecter sur la page Facebook de l'artiste-diplomate qui parle d'ailleurs un excellent français...


(1) AADI : association argentine des interprètes, que préside le Maestro Leopoldo Federico. Tous deux ont sorti il y a quelques années un disque d'anthologie et répondu ensemble à quelques interviews. Quel duo !
(2) Attention : Le Monde ne met pas ses articles en ligne mais uniquement les deux ou trois premiers paragraphes. Pour accéder à l'ensemble d'un article, il faut s'acquitter d'un droit (très élevé d'ailleurs, 2 € l'article) ou s'abonner au journal.

Le Museo Casa Carlos Gardel accueille le Conservatoire Manuel De Falla [à l'affiche]


Poursuivant la politique entamée par Horacio Torres, qui préside désormais aux destinées au Museo de la Ciudad, où ce conservateur a fort à faire, avec une collection débordante et encore très mal exploitée, le Museo Casa Carlos Gardel maintient sa série de concert organisé par le conservatoire supérieur Manuel de Falla pour présenter ses diplômés, lauréats et meilleurs élèves et professeurs.

Jeudi 25 septembre 2014, à 18h30, nouvelle matinée-soirée gratuite à la charge de cette école de musique qui fait référence en Argentine.

Comme toutes ces activités au musée, le spectacle est libre et gratuit dans la limite des places disponibles.

lundi 22 septembre 2014

Guitares et voix ce soir au Museo Casa Carlos Gardel [à l'affiche]


Vous connaissez désormais très bien ces soirées gratuites de musique à 18h30 au Museo Casa Carlos Gardel, rue Jean Jaurés n° 735. C'est tous les lundis d'avril à décembre, sous le nom de Mis tardes con Gardel.

Ce soir, 21 septembre 2014, deux guitaristes, un chanteur et une chanteuse dans ce petit patio, que tous les mercredis après-midi, Carlos Gardel ouvrait au voisinage pour des répétitions en public et gratuites bien entendu.

Tous les chemins mènent à New York [Actu]

El voto 125 (le 125e vote) fait allusion à une résolution proposée par l'Argentine
et acceptée par 124 voix à l'ONU, en faveur de la maîtrise par les Etats membres
du remboursement de leur dette.

En route pour New York, où elle entame des conversations autour de l'Assemblée générale de l'ONU, avec un projet porté sur l'Argentine sur la protection des dettes souveraines, Cristina Fernández de Kirchner a fait un saut à Rome, pour rencontrer... le Pape (argentin, on le saura!), avec une suite nombreuse qui comptait des maires, des députés et des sénateurs, plusieurs ministres et des représentants de la société civile, dont des militants des droits de l'homme.

Un gros titre neutre. De la part de Clarín, c'est à marquer d'une pierre blanche.

D'après la présidente argentine, François soutient les efforts du pays pour lutter contre les dérives du capitalisme financier à courte vue, qui privilégie les intérêts privés à court terme aux intérêts publics des nations souveraines. Selon leur couleur politique, les journaux interprètent en bien ou en mal les propos de la mandataire lors de sa conférence de presse à l'issue d'une réception qui aura duré deux heures, déjeuner compris. Mais l'audience entre les deux chefs d'Etat n'aura duré que quinze minutes d'après ce que dit Radio Vatican.

On peut se faire une idée de ce qui s'est passé à la veille du voyage pontifical en Albanie, en lisant les articles de Página/12 hier (et ceux de Clarín, La Nación et La Prensa, dont les sites Web sont en lien permanent dans la rubrique Actu de la Colonne de droite) et celui de Vatican News, qui a fait le minimum syndical, en français (et rien en espagnol, et c'est souvent le cas lorsqu'il s'agit de l'Argentine).

Un gros titre très polémique de La Prensa,
où la rédaction suggère un désaccord plutôt agressif de la part de la présidente

A noter que pour l'occasion, Cristina a renoué avec le noir, non pas celui de son long deuil de son mari mais celui du strict protocole pontifical, qui précise que les femmes ne peuvent porter que du noir ou du blanc et que seules les princesses royales et impériales catholiques peuvent se présenter vêtues de blanc devant le Saint Père. Depuis l'accession de François au trône de saint Pierre, de nombreuses femmes ont manqué à cette règle sans que cela ne soulève de scandale, à part dans quelques journaux strictement catholiques et assez rétrogrades, notamment en Espagne (pour ce que je peux lire). En dehors de ces quelques cas de figure, le monde semble être d'accord avec le Pape pour rendre caduques ces règles d'un autre temps.

Après Merlieux, Le Mans et sa vingt-cinquième heure du Livre [ici]

Après la fête du livre de Merlieux, ce dimanche 28 octobre 2014, je me rendrai au tout début octobre, la semaine suivante, à celui du Mans, pour une nouvelle rencontre avec le public. Je dédicacerai en effet mes livres à la 25ème Heure du Livre du Mans, qui se tiendra du 3 au 5 octobre 2014, dans de nouveaux lieux. Cette année, le salon quitte la vieille muraille romaine pour se distribuer entre le tout nouveau complexe culturel Les Quinconces, le musée d'archéologie et d'histoire Le Carré Plantagenêt et la Mairie.

Les exposants du salon se répartiront entre le Boulevard des Editeurs et le Carré Plantagenêt. Le vendredi, l'unique stand des Editions du Jasmin se situera sur le Carré Plantagenêt. C'est là qu'il est prévu que je me tienne au cours de cette première journée, même si dans le programme ce site accueille essentiellement les éditions pour la jeunesse (1). J'y présenterai comme d'habitude mes trois livres sur le tango (dont celui publié chez Tarabuste Editions) et les deux autres consacrés à don José de San Martín, le grand héros de l'émancipation sud-américaine, que les fidèles lecteurs de Barrio de Tango ont désormais appris à connaître. Un personnage historique hors du commun, pour son génie politique comme ses qualités humaines, un profil plutôt inattendu chez un général argentin (la période de la dictature a imprimé dans nos têtes de terribles préjugés !). Le samedi et le dimanche, je déménagerai pour aller présenter mes ouvrages sur le stand de Jasmin Littérature, stand B78, sur le boulevard des Editeurs, comme l'appellent les organisateurs. Toujours chez le même éditeur mais uniquement avec les collections pour les adultes cette fois-ci.

Dans toute la mesure où cela sera possible, j'offrirai le mate à nos visiteurs, comme à mon habitude, tout simplement parce que sur un salon comme chez moi (par exemple en ce moment alors que j'écris pour ce blog), je carbure au maté... C'est une autre expérience de l'Argentine, une expérience qui passe par le palais et l'odorat. Dépaysant !

Avis aux amateurs de romans : la collection Jasmin Littérature aura donc cette fois-ci son propre stand, le samedi et le dimanche. Cette collection récente propose des romans courts dans des formats originaux qui tiennent effectivement dans la poche sur un grand choix de thématiques. Toutes ces œuvres s'adressent à un public adulte, elles dérouteraient sans doute un adolescent, à moins qu'il ne s'agisse d'un grand lecteur. Les Editions du Jasmin proposent par ailleurs un choix varié de romans jeunesse, dont des romans policiers à partir de 10-12 ans, de la science fiction (adolescents), des aventures du bout du monde (dès que les enfants savent lire) et ce sera sur l'autre stand, au Carré Plantagenêt, pendant toute la durée de la manifestation (et sur le stand unique, à Merlieux, le 28 septembre).

Pour en savoir plus sur ce salon du livre :
connectez-vous sur sa page Facebook.
Pour découvrir le riche catalogue du Jasmin, vous pouvez visiter leur site Internet (en français).
Pour acheter les livres depuis l'Argentine, vous pouvez passer par la librairie francophone de Buenos Aires (Las mil y unas hojas), qui dispose d'un volet de vente en ligne.



(1) Mes livres s'adressent certes aux adultes mais le musée d'histoire et d'archéologie est un lieu dans lequel ils ne seront pas déplacés puisqu'ils traitent tous d'histoire, que ce soit au sujet du tango (envisagé dans son épaisseur historique et anthropologique et non pas dans sa dimension de loisir ou de spectacle chorégraphique) ou au sujet de la Révolution de 1810 et de l'indépendance.

vendredi 19 septembre 2014

Osvaldo Peredo nommé Personalidad destacada de Buenos Aires [Actu]


Le chanteur Osvaldo Peredo sera distingué lundi 22 septembre 2014 par la Legislatura Porteña qui, lors d'une cérémonie solennelle, lui remettra le titre de Personalidad Destacada de la Cultura ("personnalité remarquable"). Elle se tiendra à 18h dans le Salón Dorado (entrée par Perú 160).

Osvaldo Peredo est né en 1930 dans le quartier de Boedo. Par bien des aspects, c'est un véritable titi portègne et comme tous ses pareils, c'est un passionné de football. A plus de quatre-vingts ans, le bonhomme garde une voix splendide et peut partager la scène avec des cadets en pleine maturité.



Si vous avez la possibilité d'aller l'applaudir en cette occasion, n'hésitez pas !

Filipelli Intimo à nouveau à Clásica y Moderna [à l'affiche]


Luis Filipelli reprend son nouveau tour de chant ce mercredi 24 septembre 2014, à 21h, à Clásica y Moderna, Callao 892.

Il sera accompagné par Leonardo Andersen qui assure la direction musicale du concert. Il a aussi invité Melania Pérez à partager avec lui cette soirée dans l'un des bares notables les plus fameux de la capitale argentine.

Il est prudent de réserver à l'avance, ne serait-ce que pour connaître le droit au spectacle que cette salle n'annonce jamais autrement et à quoi il faudra ajouter les consommations (pour des Européens de la zone euro, ça ne devrait pas monter bien haut).

jeudi 18 septembre 2014

Autre écho de mes présentations à Buenos Aires au micro de Radio Nacional [Chroniques de Buenos Aires]

 

L'émission Siempre Argentina - Conexión español, du groupe public Radio Nacional, vient de diffuser sur les ondes courtes de Radiodifusión Argentina al Exterior (RAE) une interview que j'ai enregistrée, en espagnol, le 4 septembre dernier, dans les studios de Maipú 555, à Monserrat.

L'interview était conduite cette année par le journaliste Leonardo Liberman, qui l'a mise en ligne il y a quelques heures sur son propre blog, El Mirador Nocturno, patchwork culturel et musical que je vous invite vivement à découvrir sur le Net.

Vous pouvez y télécharger gratuitement toutes les interviews accordées au journaliste, comme vous le savez si vous suivez l'actualité de Barrio de Tango et encore plus ma page Facebook, où je partage régulièrement les conversations avec quelques uns des grands acteurs de la culture portègne.

Ecouter l'émission sur El Mirador Nocturno.

Ce soir, Mariel Martínez chante au Centro Cultural San Martín [à l'affiche]


La chanteuse portègne Mariel Martínez, établie à Madrid et en tournée en Argentine depuis le début du mois, se produira ce soir, jeudi 18 septembre 2014, à 20h, au Centro Cultural San Martín, salle Enrique Muiño, Corrientes . Elle sera accompagnée par le trio La Porteña, conduit par le guitariste et arrangeur Alejandro Picciano.

Entrée libre et gratuite, par la rue Sarmiento au numéro 1551 (et non par l'avenue Corrientes).

Le concert fait partie d'un cycle lié au label indépendant de Litto Nebbia, Melopea Discos, producteur des cinq disques de cette artiste.

Pour en savoir plus, lire la note publiée par le site Internet du complexe théâtral.

Ce soir, séance ciné au Museo Casa Carlos Gardel [à l'affiche]



Les hommages à Aníbal Troilo, dit Pichuco, continuent en cette année de son centenaire dans sa ville natale et l'ensemble du pays.

Ce soir, jeudi 18 septembre 2014, à 19h (les jours rallongent), avec entrée libre et gratuite, projection du documentaire Pichuco, de Martín Turnes, dont je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises, au Museo Casa Carlos Gardel, Jean Jaurès 735, dans le cadre des jeudis cinématographiques Tango, Pasión de Celuloide.

Dimanche 21 septembre à la Maison de l'Argentine [ici]

Dimanche 21 septembre 2014, à 18h, concert du violoniste Pablo Agri et du pianiste Juan Esteban Cuacci à la Maison de l'Argentine, à la Cité Internationale Universitaire de Paris, 27 bld Jourdan, face à la station de RER Cité Universitaire.

Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles.

Allez-y si vous en avez l'occasion : ce sont d'excellents musiciens et très authentiques.

Le concert, intitulé Sans filet, est l'une des deux participations du pavillon argentin aux Journées européennes du Patrimoine, les 20 et 21 septembre 2014.


Hommage à Beba Bidart à Taconeando ce soir [à l'affiche]

Beba Bidart et Tito Lusiardo
dans un film mené par Carlos Gardel
de 1934
La danseuse et chanteuse Beba Bidart, née en 1924 et décédée en 1994, a fondé le cena-show Taconeando, connu aussi sous le nom de Vereda del Tango, à la limite sud de Monserrat (mais ça fait plus tango de parler de San Telmo).

Le ministère de la Culture de la capitale argentine inaugurera ce soir, jeudi 18 septembre 2014, à 18h, une statue sur ce trottoir de la rue Balcarce à la hauteur du n° 725, tout près de avenida Independencia.

La Academia Nacional del Tango prend part à cette manifestation d'hommage à une grande dame de la nuit portègne.

La Semaine de Boedo bat son plein à Buenos Aires [à l'affiche]


Comme tous les ans à l'approche du printemps, Boedo fait la fête pour vivre son identité de quartier tanguero et populaire... La manifestation est organisée par des réseaux fonctionnant en autogestion et fortement implantés sur le terrain. Actuellement, cette semaine qui a commencé samedi dernier, le 13 septembre, et se conclura le 28, et durera donc une quinzaine, se présente comme un acte de résistance à l'actuel gouvernement municipal qui ferme les uns derrière les autres tous les lieux culturels fonctionnant sous le modèle participatif et local.

En plus cette année, c'est la dixième édition et Boedo a un très beau palmarès en matière de culture populaire. C'est là que le dramaturge et poète anarchiste José González Castillo (1884-1937), père du poète et compositeur Cátulo Castillo, a fondé l'université populaire de Boedo. C'est là que se rassemblait un groupe d'intellectuels et d'artistes qui réfléchissaient sur le thème de l'identité culturelle argentine, le Groupe Boedo, pendant, partenaire et en même temps concurrent du Groupe Florida, auquel appartenait Jorge Luis Borges.

Vous pouvez vous connecter à la page Facebook et visiter le site Internet de la Red Cultural Boedo pour suivre le programme des festivités.

Sur ma conférence à Buenos Aires [Chroniques de Buenos Aires]

Capture d'écran (détail)

Le blog argentin Caminos Culturales, sous la plume de Gonzalo Busquets, a publié le 13 septembre dernier un compte-rendu de la conférence que j'ai donnée le mardi 2 septembre au CCC Floreal Gorini, accompagnée par l'historienne mendocine Fabiana Mastrangelo, pour présenter San Martín par lui-même et par ses contemporains, publié en France en mai de cette année aux Editions du Jasmin.

De toute évidence, nous avons capté l'attention du chroniqueur ! Et il est vrai que je n'ai vu que des visages radieux à l'issue de le présentation : les Argentins sont à la fois très surpris et presque désorientés d'apprendre que leur grand héros est à ce point inconnu en Europe (et encore plus en France alors que c'est là qu'il est mort et que son œuvre politique et militaire mériteraient d'habiter notre mémoire universelle) et ravis d'en entendre parler comme nous autres Européens pouvons le faire, avec un rapport à l'histoire qui diffère sensiblement de celui qui prévaut en Argentine dans les activités accessibles au grand public. Ce qui lui arrive en effet en la matière relève plus de l'historiographie, de la mythologie ou de l'hagiographie que de l'histoire au sens scientifique que nous donnons à ce terme.

L'article peut être lu dans son intégralité (deux pages environ) sur le blog de la revue et sur sa page Facebook et bien entendu, il est rédigé en espagnol.
Mes lecteurs de longue date savent qu'ils peuvent trouver dans la Colonne de droite, en bas, le traducteur en ligne Reverso qui peut les aider dans cette lecture dans une langue étrangère.

mardi 16 septembre 2014

Reprise de collier à Merlieux le dimanche 28 septembre ! [ici]


Après cet intermède, prestigieux, festif et académique que je viens de vivre à Mendoza, au pied des Andes, je reprends mes habitudes européennes avec ce qui est désormais pour moi un rendez-vous de rentrée : la Fête du Livre de Merlieux et Fouquerolles dans l'Aisne, soit un dimanche entier consacré au livre, qu'il fasse beau, qu'il pleuve ou qu'il vente (il n'a encore jamais neigé depuis 22 ans que la manifestation existe). Tout se tient en plein air, dans la rue principale de ce joli et très accueillant village picard.

J'y présenterai mes cinq ouvrages sur la culture argentine, tous éditeurs confondus, dont les deux plus récents, publiés au Jasmin,et dont je viens de parler en Argentine, dans le cadre du bicentenaire du gouvernorat de San Martín à Cuyo, le tout en attendant le sixième livre, sur un autre sujet inédit, en préparation pour une parution au premier semestre 2015.

Comme d'habitude, je me tiendrai sur le stand des Editions du Jasmin. Comme d'habitude encore, le mate sera offert, à la mode de Buenos Aires et de Mendoza (mais aussi de Montevideo), aux lecteurs audacieux qui voudraient tenter l'aventure gustative et exotique de ce qui est la boisson nationale argentine et sud-américaine, une infusion longue en bouche, à l'amerture tannique très caractéristique (1). Cette année, j'envisage d'apporter en notre belle Picardie une yerba mate que j'ai moi-même découverte il y a quelques semaines, sur le marché de San Telmo, une yerba fumée selon une technique traditionnelle et artisanale, à Oberá. La Obereña, qui la produit et la commercialise, est une coopérative de la Province de Misiones et sa yerba, conditionnée à l'ancienne en sacs de jute, pourra peut-être relever d'ici quelques années d'une appellation d'origine contrôlée tant la notion de terroir et de méthode traditionnelle y est développée (2).

La fête du livre commence vers 10h le matin et s'achève vers 18h, le dimanche 28 septembre 2014, à Merlieux (02). L'entrée y est naturellement libre et gratuite puisqu'il s'agit d'un village entier qui nous ouvre ses portes et son cœur.
Un parking est mis à disposition des visiteurs.
Du côté de l'école communale, face à l'église, un stand casse-croûte propose sandwiches, frites et boissons à des prix très raisonnables et quelques exposants vendent eux-mêmes des spécialités locales, dont un excellent boulanger et un non moins sympathique fromager si mes souvenirs sont bons...

Pour aller plus loin :

Pour connaître mon programme de rencontres et de salons jusqu'aux fêtes, vous pouvez consulter l'agenda de mon site Internet (www.denise-anne-clavilier.fr).


(1) Le mate présente un certain nombre de vertus organoleptiques. Il produit un léger effet de coupe-faim mais aussi d'excitant car il contient de la matéine, cousine de la caféine et de la théine. Il stimule le système digestif et semble être efficace contre l'apparition des caries, qu'il limiterait significativement. Il est utilisé dans nos infusions drainantes et amincissantes mais son goût, qui ne nous est pas familier, est alors couvert par des puissants arômes de fruits rouge, de pomme-cannelle ou de menthe... Au Bon Marché, je l'ai vu proposé sous forme de feuilles hachées et grillées mêlées à un parfum de chocolat. Le résultat me paraît désastreux mais il doit avoir ses adeptes, sans quoi les dégustateurs de cette épicerie de luxe ne se seraient pas risqués à placer ce mélange sur les étals du magasin parisien.
(2) En Argentine, ces notions restent encore embryonnaires. L'effort est porté sur la quantité avant de l'être sur la qualité dans beaucoup de domaines agro-alimentaires mais ici et là, on voit poindre depuis quelques années des modes de pensée plus matures chez certains producteurs audacieux, hélas encore fort mal distribués. Toujours est-il que celui-ci est sur le marché de San Telmo où il faut juste le dénicher, l'acheter et le goûter. Le tour est alors joué : vous l'adoptez !

dimanche 14 septembre 2014

Prochain retour à la normale sur Barrio de Tango [Chroniques de Buenos Aires et d'ailleurs]

D'ici quelques jours, Barrio de Tango retrouvera son rythme habituel, après ma participation à ce congrès international d'histoire qui s'est clos hier samedi à Mendoza, la ville de San Martin ! C'est de là que je publie ce soir (cet après-midi à l'heure argentine) mon article de rentrée : un Mis tardes con Gardel de derrière les fagots qui aura lieu lundi 15 septembre au Museo Casa Carlos Gardel, Jean Jaurès 735, à 18h30, entrée libre et gratuite comme toujours !


dimanche 7 septembre 2014

Il y a deux cents ans aujourd'hui, San Martín s'installait à Mendoza [Bicentenaire]


Le 7 septembre 1814, José de San Martín, nommé Gouverneur-intendant de la Province de Cuyo le 10 août (voir mon article à cette date cette année), arrivait dans la capitale, Mendoza.

Très vite, il allait écrire à sa femme, Remedios de Escalada, de le rejoindre, elle qui, à 17 ans, vivait encore chez ses parents à Buenos Aires et ne l'avait bien évidemment pas suivi dans sa campagne dans le Haut-Pérou (aujourd'hui la Bolivie et une petite partie du territoire du nord-ouest argentin). Il lui demandait de le rejoindre aux pieds des Andes. Et il faut croire qu'il était passablement impatient de la retrouver si l'on en croit le ton apaisant du Directeur suprême de l'heure, Gervasio Posadas, dans un courrier qu'il lui envoya de Buenos Aires et que je vous ai présenté, pour vous parler d'elle, le 9 mars dernier.

San Martín arrivait de Córdoba, où il avait passé sa convalescence après une grave crise d'asthme doublée d'un ulcère à l'estomac qui l'avait saisi à Tucumán. Il pensait sans doute alors se consacrer pleinement à un vaste plan de libération du Pérou par la mer, ce Pérou qui restait le point d'amarrage de la colonisation espagnole dans l'Amérique du Sud. Hélas, le 3 octobre suivant, une catastrophe arrivait de l'autre côté de la cordilière : la défaite des révolutionnaires chiliens et la reconquête du Chili par les troupes vice-royales. Tout son programme changeait : ses deux années à la tête de cette grande province (aujourd'hui Mendoza, San Juan et San Luis) allaient être consacrées à la fois au projet continental et à la défense du territoire ci-andin.

Imaginez la situation : c'est la fin de l'hiver, Mendoza compte 3500 habitants en tout et pour tout et soudain, du 4 au 7 octobre, c'est 2000 réfugiés chiliens qui dévalent de la montagne enneigée et qu'il faut héberger, organiser, nourir et réconforter. Ils ont tout perdu. De l'autre côté, leurs biens, quand ils en ont, ont déjà été confisqués. Ils n'ont plus de chef légitime tant la discorde est forte entre les deux leaders révolutionnaires, Carrera d'un côté, O'Higgins de l'autre. Il va lui falloir écarter ce factieux de Carrera, ses deux frères et les 500 partisans qui ne jurent que par lui, pour bâtir, avec l'aide de Bernardo O'Higgins et son demi-millier d'hommes de troupe, une vraie armée capable de traverser les Andes et de l'autre côté, de reconquérir le Chili, d'en assurer l'indépendance définitive et il n'a encore aucune ressource sur place. Il faut tout faire. Il va tout faire.

C'est cette aventure extraordinaire que va célébrer le Congrès international d'Histoire qui se tient la semaine prochaine à Mendoza (Espacio Cultural Julio Le Parc) et auquel j'aurai l'honneur de représenter la France, avec mes deux ouvrages sur ce personnage historique qui mérite une célébrité universelle (voir Colonne de droite)  ...

Pour en savoir plus :
lire l'article d'hier dans le quotidien Los Andes
lire le communiqué du ministère de la Culture du gouvernement de Mendoza

voir le programme de la manifestation sur le site Web de l'Espace culturel hôte.
Vous pouvez également vous connecter à la page Facebook de l'Espace Julio Le Parc.

samedi 6 septembre 2014

Centenaire de la Grande Guerre : El Marne de Arolas [Troesmas]

Il y a cent ans, sur les bords de la Marne, à l'est et au nord de Paris, l'armée française, qui a déjà dû battre en retraite devant l'avancée impériale et que vient soutenir l'allié britannique, arrivé avec un corps expéditionnaire qui laissera beaucoup de morts dans la terre de France, défendait la capitale avec l'énergie du désespoir pour lui éviter le funeste sort que venait de subir Bruxelles, occupée, malgré la vaillance de sa minuscule armée de pays neutre, par des forces allemandes qui ne respectaient rien ni personne et se comportaient, c'est le cas de le dire, en pays conquis, faisant régresser, malgré l'institution de la Croix-Rouge, les pratiques militaires en temps de guerre à ce qu'elles avaient cessé d'être depuis le milieu du XVIIIe siècle. En Belgique, l'armée impériale allemande faisait preuve d'un comportement que, tout juste un siècle plus tôt, après les deux défaites successives de Napoléon, même les troupes d'occupation alliées n'avaient jamais montré dans la France reprise par les Bourbons.

Au premier jour de ce nouvel affrontement, un lieutenant de réserve, qui était dans le civil un immense poète, Charles Péguy, meurt au champ d'honneur, le 5 septembre, dans une opération d'avant-garde, sur le canal de l'Ourcq, pour barrer la route à l'une des armées allemandes.

Cette longue bataille du 5 au 12 septembre 1914, rendue célèbre chez nous et ailleurs par la réquisition des taxis parisiens pour emmener au front des troupes aux uniformes encore atrocement voyants et chatoyants, avait profondément ému les Argentins et surtout les Portègnes, aux premières loges des nouvelles.

Eduardo Arolas, surnommé el Tigre du Bandoneón (1), l'un des tout premiers musiciens professionnels de cet instrument, en fit un tango. Un magnifique tango. El Marne.

A écouter sur Todo Tango, enregistré par Osvaldo Fresedo et son orchestre le 27 juin 1980. Et vous pouvez le voir aussi en vidéo intégrée. Et lire la partition (et même la télécharger en résolution non imprimable). Et consulter la liste des enregistrements répertoriés et vue l'exhaustivité de ce site encyclopédique, il est peu probable qu'une piste leur ait échappé...

Eduardo Arolas, natif du quartier de Barracas à Buenos Aires, est mort à Paris, à l'hôpital Bichat, d'un mélange d'alcoolisme et de tuberculose, dix ans plus tard, le 29 septembre 1924. Il avait trente-deux ans. Ses cendres ont été rapatriées beaucoup plus tard. Il repose désormais dans sa cité natale.

Un taxi parisien de 1914 exposé au Musée national des Invalides à Paris



(1) ce qu'il faut comprendre comme La bête du bandonéon, le fortiche, l'as du bandonéon. Sur tous ces détails, je renvoie l'internaute à mon livre paru en mai 2010, Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, Editions du Jasmin.

vendredi 5 septembre 2014

L'Argentine pleure un ange du rock nacional [Actu]


Une file ininterrompue et dense d'un kilomètre de long s'était déjà formée hier soir vers 22h aux alentours de la Legislatura pour rendre un dernier hommage à un chanteur de rock de 55 ans qui est décédé hier matin, après quatre ans de coma. Même la menace sérieuse de pluie et d'orage (1) n'aurait pas fait reculer ces gens très jeunes pour la plupart qui patientaient autour de deux manzanas successivement avant d'accéder à la chapelle ardente de Gustavo Cerati. Rentrant moi-même, en compagnie de la journaliste francophone Magdalena Arnoux, de l'enregistrement de mes interviews à Radio Nacional, plus dans le nord de la ville, j'ai été surprise du calme qui régnait dans toute la zone malgré la foule et les camionnettes de toutes les chaînes de télévision du pays, toutes parquées au pied du monument à Julio Argentino Roca, devant la Manzana de las Luces...


Très belle voix et grand talent que je découvre moi-même à l'occasion de cette triste nouvelle qui bouleverse les Argentins.

La presse fait sa une sur l'artiste ce matin. Et pour une fois, c'est Pagina/12 qui rate (à mon goût) sa une...


Gustavo Cerati avait connu le succès dès les années 80 et 90. Un AVC en mai 2010 l'avait fait disparaître de la scène, reclus dans un coma irréversible. Ecoutez-le dans Me quedo aqui, dans un clip mis en ligne par son canal You Tube officiel, en 2008, donc sur la fin de sa carrière.



Pour en savoir plus, il vous suffit d'aller consulter n'importe lequel des quotidiens dont vous trouverez l'hyperlien permanent dans la Colonne de droite, à la rubrique Actu.


(1) Il a plu à plusieurs reprises des trombes pendant la nuit et cela continue ce matin. Au moment où je publie cet article, le tonnerre roule au-dessus de San Telmo et j'entends sur le toit le bruit de mitraillette de la pluie.

samedi 30 août 2014

Présentation de mes travaux sur San Martín à Mendoza, pour le Bicentenaire [Chroniques de Buenos Aires... et d'ailleurs]



Du 10 au 14 septembre 2014, je serai à Mendoza, la capitale de la Province homonyme, pour y présenter, dans un cadre académique prestigieux et au pied de sommets sans doute fort impressionnants, mes travaux de recherche sur le général José de San Martín, Père de la Patrie argentine et co-fondateur, avec Manuel Belgrano, des valeurs des droits de l'Homme dans ce pays (sans parler du Chili et du Pérou).

Mendoza fête actuellement et pendant deux ans le Bicentenaire de son gouvernorat de la Province de Cuyo, qui fut plus tard éclatée en trois provinces, Mendoza, San Luis et San Juan, entre 1814 et 1816. Ceux d'entre vous qui ont lu San Martín à rebours des conquistadors, que j'ai publié en décembre 2012 aux Editions du Jasmin, ou qui sont Sud-Américains, savent que c'est de cette région enclavée et alors indigente qu'il a organisé la plus ample opération militaro-politique de l'émancipation du continent, la traversée des Andes, pour aller libérer le Chili, retombé en octobre 1814 aux mains des contre-révolutionnaires opposés à l'indépendance des pays américains.

Ce que San Martín a réalisé dans cette Province qui occupe le flanc andin du Cône Bleu y a laissé un souvenir puissant jusqu'à nos jours. Vous en trouverez un résumé magistral dans la lettre que le Cabildo de Mendoza avait adressée au gouvernement central en 1816 et que j'avais publiée et traduite dans ces colonnes le 6 novembre 2012.

Ce vaste congrès universitaire et mémoriel est co-organisé à el Espacio Cultural Julio Le Parc, par el Instituto Nacional Sanmartiniano (site Web) et la Province de Mendoza (site Web du Ministère mendocin de la Culture). El INS est un organisme fondé par un historien qui était venu faire sa thèse à Paris, en Sorbonne (je l'ai retrouvée dans les archives - très émouvant), José Pacífico Otero, dans le but de créer une sorte de temple dédié à la mémoire de San Martín. Il est longtemps resté un cercle hermétique, hyper-institutionnel, formel, amphigourique, compassé (il en reste encore des traces) et surtout quasi-religieux, avec à sa tête bien souvent des généraux sans compétence particulière en histoire. Mais depuis quelques années, l'Institut se transforme, à une vitesse grand V, en un authentique centre de recherche et d'animation culturelle consacré à la vie, à l'œuvre et au contexte historique de San Martín, avec expositions (il y en a une actuellement, petite et bien faite), accords-cadre avec des acteurs de la vie sociale (universités, Provinces, syndicats...), tandis qu'un autre institut de même nature s'occupe de l'autre personnage historique fondateur, Manuel Belgrano.

L'INS a son siège à Palermo, sur Plaza Grand-Bourg, dans le coin dont l'urbanisme est le plus authentiquement parisien (ce qui n'est pas le cas de Avenida de Mayo qui postule au titre pourtant). J'ai d'ailleurs eu l'occasion de vous l'expliquer dans le programme du séjour culturel que je vous propose à Buenos Aires, avec l'agence de voyage solidaire et équitable Human Trip.
L'INS assure la direction universitaire du congrès, accorde leurs accréditations aux conférenciers et organise le programme de la manifestation. L'INS a voulu sur ces quatre jours offrir deux espaces différents, un espace universitaire réservé à la prise de parole des chercheurs confirmés et un espace participatif ouvert aux historiens amateurs, aux enseignants du primaire et du secondaire, aux associations, aux enfants et aux adolescents, aux artistes, pour des projets originaux, didactiques, théâtraux, radiophoniques ou cinématographiques...

Pour ma part, j'interviendrai à deux reprises, successivement dans l'un et l'autre espaces, pour exposer mes apports à la documentation sanmartinienne grâce aux trouvailles que j'ai eu la chance de faire en langue française (Gazette de Lausanne, Voyages autour du Monde et L'Investigateur, dont je vous parlais dans un article du 4 mai dernier) et pour parler des problématiques propres à la présentation de ce personnage historique dans le monde francophone européen qui ignore encore jusqu'à son nom. Je présenterai mes deux livres, la biographie et l'anthologie de documents historiques.

C'est la raison pour laquelle depuis lundi dernier, j'ai mis ce blog en sommeil pharmacologique, car mes deux communications devront donner lieu à publication, avec celles de tous les orateurs inscrits, sans doute en 2015, dans les actes du congrès et, avant de les publier, comme dirait monsieur de La Palisse, il faut d'abord les écrire et cela ne se fait pas tout seul, même en Argentine. Qui plus est, il faut aussi organiser le voyage (1000 km en car, tout confort je vous rassure !) et assurer le service minimum ici dans la capitale, être présente à deux ou trois moments-clés, comme mercredi dernier la fête pour les cent ans de Zita de Troilo organisée à la Academia Nacional del Tango par ses petits-enfants et neveux que je connais et qui sont des amis (chers et émus !), le Plenario d'après-demain qui sera consacré au tango pour les enfants... Le reste de mes sorties pour la semaine n'est pas encore fixée, à part bien entendu ma propre conférence avec Fabiana Mastrangelo, une historienne de l'Université San Martín de Cuyo (Mendoza), avec le patronage de la Casa de Mendoza, mardi soir au CCC Floreal Gorini, qui sera suivie de l'enregistrement d'un reportage de La Lupa y el Lapiz, une émission de la radio en ligne Red Digital Argentina 365 et plus tard, jeudi, l'enregistrement des deux interviews annuelles à RAE, l'une en français avec Magdalena Arnoux, l'autre en espagnol avec Leonardo Liberman et un entretien préparatoire à Mendoza avec le président de l'INS (une journée bien occupée).

Nul doute qu'à mon retour en France, j'aurai fait quelques provisions d'idées mendocines pour Human Trip. C'est qu'il y a de quoi faire avec les routes du vin, celles de l'huile d'olive et bien entendu les Rutas Sanmartinianas, les cinq pistes empruntées par l'Armée des Andes à travers les montagnes et qui font la gloire de cette région, que les Argentins appellent aussi la Méditerranée, parce qu'elle se situe en plein milieu des terres !

Alors quittons-nous en musique (à défaut d'un verre de malbec rouge).
Cuyo est la patrie de la tonada et d'un groupe vocal, los Trovadores de Cuyo, qui viennent de renouveler leurs effectifs du tout au tout et qui ont créé, il y a bien longtemps, cet hymne sanmartinien gentiment bègue qu'est Los sesentas granaderos, une cueca de Hilario Cuadros, qui s'est inspiré, pour écrire ce joli texte, d'un épisode de l'épopée cuyaine de San Martín que je vous laisse découvrir dans sa biographie (aux pages consacrées à l'été 1820). C'est pour cela que je l'ai écrite : pour que vous découvriez le bonhomme !

Los Trobadores de Cuyo, troupe historique
sur des images de films avec une vision cuyaine de l'épopée
et les paysages, ce qui ne gâche rien.


Ante el Cris, ante el Cristo Redentor
se arrodi, se arrodillaba un arriero
y roga, y rogaba por las almas
de los bra, de los bravos granaderos

Devant le Christ Rédempteur,
un bouvier s'agenouillait
et il priait pour les âmes
des braves grenadiers (1)
(Traduction Denise Anne Clavilier)



(1) Soixante hommes triés sur le volet et qui avec courage et dévouement prirent la route de la montagne, en secret, pour sauver la vie de leur général et le mettre à l'abri, du côté chilien.

Le marché mondial des capitaux se prémunit de la jurisprudence Griesa [Actu]

En ce samedi, un mois après la déclaration artificielle de default de l'Argentine du fait d'un juge new-yorkais quelque peu suspect sur sa capacité interprétative du droit dans un Etat du même nom, le quotidien Página/12 fait sa une sur la décision que vient de rendre publique une fédération internationale d'opérateurs de marché qui prend des mesures pour que les accords de rééchelonnement d'une dette de fonds souverain soient appliqués en fonction de la majorité des créditeurs et non pas d'une minorité, comme c'est le cas dans la décision du juge Griesa.
Y a-t-il besoin d'une traduction ? Je ne le pense pas !

L'article est à lire en ligne et en espagnol.

Et comme dit le gros titre du journal, c'est une question qui intéresse désormais l'ensemble du monde, puisque tous les Etats empruntent sur le marché privé et sont menacés par la jurisprudence Griesa qui leur avait fait perdre une partie de leur liberté de décision en termes de gestion de la dette et donc une part de souveraineté monétaire et budgétaire. Ce jugement les mettait dans les mains d'une poignée de spéculateurs sans foi ni loi ou plus exactement qui n'ont pour toute boussole que le profit le plus à court terme possible et mettait aussi les créditeurs de bonne foi à la merci de quelques voyous en col blanc, disposés à tout pour empocher du fric au détriment du reste de la planète.

En Argentine, la belle (presque) unanimité qui s'était fait jour les 31 juillet et 1er août dernier, aura eu le mérite d'exister mais n'aura pas tenu longtemps. L'opposition n'a pas tardé à couvrir le gouvernement en fonction de propos fort peu gracieux et de noms d'oiseaux (pas très variés), dénonçant sa soi-disant mauvaise politique sans jamais proposer quoi que ce soit à la place. La Présidente l'a d'ailleurs fait remarquer dans un récent discours : qu'ils critiquent autant qu'ils le veulent, mais qu'ils disent aux Argentins ce qu'ils feraient s'ils étaient au pouvoir. Et là, j'attends de voir, parce que pour l'heure, cela ressemble beaucoup au sktech du Sar Rabindrana Duval, de Pierre Dac et Francis Blanche, jusques et y compris dans les bas-fonds triviaux et paillards dans lesquels ils aimaient bien s'ébattre...



Francis Blanche, en turban : - Votre Sérénité, est-ce que vous pouvez dire le numéro de compte en banque de Madame ?
Pierre Dac, en position du lotus : Oui !
Francis Blanche : Vous pouvez le dire ?
Pierre Dac, concentré : Oui !
Francis Blanche : Vous pouvez le dire ?
Pierre Dac, péremptoire : Oui !
Francis Blanche : Il le peut ! (applaudissements et éclat de rire)

Un discours tautologique et absurde que le duo de une, Daniel Paz et Rudy, n'ont pas manqué de stigmatiser ce matin, avec leur humour de toujours :



L'opposant à lunettes (vous remarquerez au passage que pour une fois, notre oligarque à moustache et à gros sourcils s'est mis en congé) : Pour quelle raison voulons-nous à tout prix accepter le verdict de Griesa ?
L'autre opposant : pour faire ch... le gouvernement.
L'opposant à lunettes : Mais la dette, il faudra bien que le prochain gouvernement la paye.
L'autre opposant : Qu'il aille se faire f..., le prochain gouvernement.
L'opposant à lunettes : Mais si c'est nous ?
L'autre opposant : Tu te f... de moi ou quoi ?
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Une remarque en passant : voyez comme le vocabulaire révèle l'immaturité démocratique de la société argentine. Tout se passe comme si les institutions constitutionnelles n'étaient pas le pays lui-même. Voilà deux cents ans que l'on confond obstinément gouvernement et Etat, gouvernement en fonction et donc partisan et République, laquelle devrait être au-dessus des désaccords conjoncturels. La dette n'est pas celle du gouvernement. C'est une réalité comptable qui s'impose à la Nation entière, à chaque contribuable. Et cela, dans le vocabulaire de l'actuelle majorité et notamment celui de la Présidente, juriste de formation, c'est une chose très claire, qui ne souffre pas l'ombre d'un doute. En revanche, chez l'homme de la rue, même s'il est très cultivé, ce n'est pas clair du tout et chez les caciques de la politique, dans l'opposition, qu'elle soit de droite ou de gauche, c'est un super jeu langagier d'enfumage à grande échelle. Pour le moment, les Argentins ont du mal à reconnaître la supercherie. C'est en cela que ces deux humoristes font un travail d'éducation civique pour adultes d'une grande utilité. Et en plus, c'est drôle.