lundi 27 avril 2015

Mon prochain salon : Arras le 1er mai [ici]

Le vendredi 1er mai 2015, de 10h à 19h, je serai au Salon du Livre d'expression populaire et de critique sociale qu'organise, sous chapiteau, l'association Colères du Présent, sur la Grand-Place d'Arras, préfecture du Pas-de-Calais.


Je me tiendrai sur le stand des Editions du Jasmin avec l'ensemble de mes livres, dont ceux concernant le général José de San Martín, héros des droits de l'homme en Amérique du Sud (1) et grand homme du département puisqu'il est décédé le 17 août 1850 à Boulogne-sur-Mer, l'une des sous-préfectures du département. Les livres sur le tango seront là aussi, dont Barrio de Tango et Tango Negro, du regretté Juan Carlos Cáceres, grand anarchiste devant l'Eternel (2), un ouvrage dont j'ai assuré la traduction et les commentaires pour le rendre accessible au public européen et compenser le peu de connaissance que nous avons de l'histoire argentine.

Ce sera pour mon éditeur et pour moi l'occasion d'une toute première présentation de mon prochain livre dont la souscription devrait s'ouvrir en cette fin du mois d'avril (pour une date de parution à la mi-juin et une présentation formelle à Paris le 23 juin prochain) : un nouveau livre sur la culture populaire de l'Argentine, la plus authentique, celle issue des campagnes de ce vaste pays, grand comme cinq fois la France, et pour la première fois en ce qui me concerne, un livre qui s'adressera autant aux adultes qu'aux enfants (à partir de 9 ans pour une lecture autonome, plus jeune si ce sont les parents ou les grands-parents qui lisent ou racontent).

Photo extraite de la page Facebook de la manifestation

Ce sera aussi pour les Editions du Jasmin l'occasion de présenter leur toute nouvelle collection, Jasmin Noir, dont le premier roman policier pour adultes (3) vient de paraître : Retour de flamme à l'américaine de Gérard Streiff, qui sera là lui aussi pour dédicacer son ouvrage sur le stand !

Comme d'habitude, je proposerai le mate à qui voudra goûter cette boisson nationale inscrite dans l'héritage guarani du Nord-Est du pays, le long de la rive occidentale du fleuve Uruguay. Et si j'ai le temps de me mettre aux fourneaux jeudi dans la journée, il y aura des chipá, une spécialité de Corrientes, la province natale de San Martín. Comme cela nous unirons le nord-ouest de la France au nord-est de l'Argentine !


Sous le chapiteau, pendant une édition précédente.
Extrait de la page Facebook 

Cette année, cela n'étonnera personne, le Salon mettra à la place d'honneur les auteurs et les dessinateurs de Charlie Hebdo, les disparus et les survivants. L'ouverture de la manifestation, jeudi soir, comptera avec la présence d'Edwy Plenel, dont le journal en ligne, Mediapart, est partenaire du salon...

Pour en savoir plus sur la manifestation :
vous connecter à sa page Facebook


(1) José de San Martín (1778-1850) était un combattant de l'indépendance de l'Amérique latine, un révolutionnaire dans l'esprit de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, un abolitionniste de l'esclavage, un soutien de l'intégration des déportés africains à l'intérieur de la société sud-américaine sans considération de la couleur de peau ni de la religion...
(2) C'est le genre de manifestation qu'il aurait aimée. Je serai donc particulièrement émue d'y représenter son engagement en faveur de la reconnaissance de l'apport africain à la culture argentine, à travers notamment la musique du tango.
(3) Les Editions du Jasmin propose aussi depuis quelques années une collection de romans policiers pour les pré-adolescents qui compte déjà une demi-douzaine de titres.... A découvrir sur le stand sur chaque salon du livre.

Les cours de danse reprennent au Museo Casa Carlos Gardel [à l'affiche]

Vous reconnaissez la photo d'illustration : je vous en ai parlé récemment
Il s'agit d'un extrait de Tango Bar, où Carlos Gardel danse avec Rosita Moreno
Voir mon article de vendredi dernier à ce sujet

Comme tous les ans, le Museo Casa Carlos Gardel offre des cours de tango danse dans le patio couvert de l'ancienne maison habitée par le grand artiste, rue Jean Jaures 735.

Les cours ont lieu le mardi de 18h30 à 21h pour les intermédiaires et avancés, le mercredi aux mêmes horaires pour les débutants et intermédiaires.

Il est vivement recommandé aux Européens de passage à Buenos Aires qui auraient l'envie de s'y inscrire de participer aux cours du mercredi, quelque soit leur niveau ici, et de laisser le professeur déterminer leur véritable niveau tel que lui-même l'établit et le conçoit. Il saura faire !

L'activité est gratuite mais le nombre de participants limité à 50. Ils seront donc intégrés au cours par ordre d'arrivée au musée.

samedi 25 avril 2015

Première projection de Típico Victor à la Biblioteca Nacional [à l'affiche]


Ce soir, samedi 25 avril 2015, à 17h, le documentaire sur la vie du bandonéoniste Victor Lavallen sera projeté Auditorio Borges, Biblioteca Nacional Mariano Moreno, Agüero 2502, dans le quartier de Recoleta.

Típico Victor est un film de Daniel Tonelli et Marcelo Turrisi, produit par l'association The Argentine Tango Society, qui anime également l'encyclopédie en ligne Todo Tango. Il s'agit d'un moyen métrage de 37 minutes, un bon format pour un passage à la télévision argentine par exemple, qui retrace la vie de ce musicien qui a fait le tour du monde avec des productions de grand spectacle.

L'entrée est probablement libre et gratuite.

Pour aller plus loin :
lire la dépêche de Télam, qui intègre la bande-annonce du film

vendredi 24 avril 2015

Carlos Gardel, le danseur, dans Mosaicos Porteños [Troesmas]

Le poète Luis Alposta, grand amateur des mots et des anecdotes de Buenos Aires, nous propose depuis hier dans son blog, Mosaicos Porteños, une tesselle, agrémentée de vidéos, concernant Carlos Gardel, dont le patronyme signifie à présent « parfait ».

Hoy vamos a recordar dos hechos que rescatan a Carlos Gardel como bailarín de tango.
Miguel Ángel Morena, en su libro Historia Artística de Carlos Gardel, refiriéndose a las actuaciones del dúo Gardel – Razzano, en Chile, en 1917, dice lo siguiente: « El 5 de octubre, en el Teatro Olimpo de Viña del Mar, se presentan los cantores, compartiendo los programas con la tonadillera Roxana. Para hacer más interesante la velada del debut como grato número extra Gardel y Roxana bailan el tango “Montevideo” de Roberto Firpo. »
Luis Alposta

Aujourd'hui, nous allons rappeler deux faits qui révèlent Carlos Gardel en danseur de tango.
Miguel Angel Morena, dans son livre História artística de Carlos Gardel, se référant aux représentations du duo Gardel-Razzano au Chili en 1917 dit ce qui suit : Le 5 octobre, au Teatro Olimpo de Viña del Mar, les chanteurs se présentent, partageant l'affiche avec la chanteur de tonada Roxana. Pour rendre plus intéressante la soirée initiale, en guise d'attraction exceptionnelle, Gardel et Roxanan danzse le tango Montevideo de Roberto Firpo.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Le couple de gauche est celui de Gardel et Rosita Moreno.
Photo extraite de Tango Bar

Y otro dato, que considero importante destacar, considerando que lleva la firma de Homero Manzi. Luego del accidente de Medellín, el autor de “Milonga del 900” publicó en la revista Radiolandia un homenaje al cantor que terminaba con estas palabras:
En una de las últimas películas que filmó Carlitos Gardel, en “Tango Bar”, aparece en un determinado momento vestido con el traje característico de los muchachos porteños de hace muchos años: pantalón a cuadritos, saquito con trencilla, el botín enterizo con un taquito en punta, lengue al pescuezo y funghi a lo Massera. Y allí, muchacho lindo, nos hizo el regalo de un tango canyengue bailado por él. Y Gardel era un gran bailarín de tango. En ese aspecto no lo conocía el público, pero en el ambiente de sus colegas y amigos se lo sabía capaz de traducir al tango, también, el compás decidido de sus piernas, moviéndolas sin alardes grotescos, pero con sensibilidad de hombre conocedor de la simpleza en el sentido rítmico.”
En síntesis: ¡Hasta bailando el tango, Gardel era Gardel!
Luis Alposta

Et autre fait, qu'il me semble important de souligner, puisqu'elle porte la signature de Homero Manzi (1). Après l'accident de Medellín (2), l'auteur de Milonga del 900 publia dans la revue Radiolandia un hommage au chanteur qui se terminait sur ces mots :
« Dans l'un des derniers films qu'a tournés Carlos Gardel, dans Tango Bar, il apparaît à un certain moment revêtu du costume caractéristique des garçons de Buenos Aires d'il y a de nombreuses années : pantalon à carreaux, veston avec liseré, souliers fermés avec talon effilé, pochette près du revers et chapeau Massera (3). Et là, quelle classe !, il nous offrit un tango canyengue qu'il dansa lui-mpeme. Et Gardel était un très grand danseur de tango. Sous cet aspect-là, le public ne le connaissait pas mais parmi ses confrères et ses amis, on le savait capable de traduire aussi en tango le rythme décidé de ses jambes, qu'il mouvait sans ostentation grotesque mais avec la sensibilité d'un homme connaisseur en simplicité pour ce qui est du sens du rythme. »
En résumé : même quand il dansait le tango, Gardel était parfait !
(Traduction Denise Anne Clavilier)



(1) Homero Manzi, poète de tango. Il est en particulier l'auteur de Barrio de Tango (musique de Aníbal Troilo).
(2) 24 juin 1935 : mort accidentelle de Carlos Gardel à Medellín en Colombie.
(3) Chapeau de facture italienne très à la mode à Buenos Aires dans les années 20.

Bien Bohemio propose ce samedi une soirée en double [à l'affiche]


Bien Bohemio, idéalement placé dans le quartier de Boedo, est un des endroits préférés des Portègnes pour passer une soirée à écouter du tango : Sánchez de Loria, 745.

La chanteuse Jacqueline Sigaut sera accompagnée par Pepo Ogivieki, pianiste et compositeur. L'autre duo réunit Claudio Araujo, chant, et Ernesto Molina, bandonéon.

Demain soir, 25 avril, à 22h, soirée duo comme tous les quatrièmes samedis du mois.

jeudi 23 avril 2015

Pèlerinage marial pour le Bicentenaire [Actu]

La communauté de l'Emmanuel d'Argentine organise à partir de ce dimanche 26 avril 2015 et jusqu'au 9 juillet 2016 un grand pèlerinage de la Vierge de Luján à travers tout le pays et les pays voisins.


La Vierge de Luján s'est inscrite dans l'histoire religieuse argentine lorsqu'une statue de l'Immaculée Conception, fabriquée en terre cuite par un artisan reconnu de Rio de Janeiro, s'est arrêtée aux abords de l'actuelle ville de Luján. Un beau matin, la caravane à laquelle participaient les hommes qui escortaient cette petite statue de 38 cm de haut jusqu'à l'actuelle Province de Santiago del Estero ne put pas reprendre la route. Les bœufs ne parvenaient pas à ébranler le chariot. Ceci se passait en 1630, cinquante ans après la seconde fondation de Buenos Aires.

Dans ce phénomène inexplicable, les témoins virent un signe du Ciel, un miracle qu'ils interprétèrent comme la volonté de Dieu qu'à cet endroit, près de la rivière Luján, soit institué un sanctuaire consacré à la Vierge et ainsi fut fait. Depuis, la Vierge de Luján est une Vierge pérégrine, la patronne des marcheurs. Elle est aussi la patronne nationale de l'Argentine. Une réplique de la statue (1) va donc faire le tour du pays jusqu'au bicentenaire de la déclaration d'indépendance, votée à San Miguel de Tucumán le 9 juillet 1816...

Le départ du périple est à La Quiaca dans les hauteurs andines de la Province de Jujuy, tout au nord du pays. Il se décompose de six phases distinctes, en Argentine jusqu'en février, puis du Brésil (Rio de Janeiro) à Montevideo puis à Buenos Aires, par la mer et l'estuaire en bateau selon le parcours que suivit la statue en 1630, puis de Buenos Aires les pèlerins rejoindront le lieu du miracle, où ils s'arrêteront avant de gagner l'actuelle basilique de Luján, dans le cœur de la ville. Avant-dernière étape : le pèlerinage prendra le chemin de Santiago del Estero, là même où la statue originale devait être livrée, à Sumampa. C'est là que l'on priera la Neuvaine pour la Patrie, neuf jours sur la Route n° 9, pour saluer le 9 juillet. Et enfin, la statue rejoindra San Miguel de Tucumán pour présider aux célébrations du Bicentenaire et de la naissance d'une Argentine libre et indépendante du roi d'Espagne et de ses descendants et de tout autre pouvoir étranger à tout jamais (en tout cas, c'était là le rêve des constituants du Congrès de Tucumán).

Pour en savoir plus :


(1) L'authentique statue reste à Luján et de toute manière, elle est beaucoup trop fragile pour partir comme ça à l'aventure !

Les livres font la foire : salut de Rep à la Feria del Libro [à l'affiche]

La Feria del Libro, le salon du livre de Buenos Aires, ouvre aujourd'hui ses portes du côté de Plaza Italia, au nord de la ville, avec pour pays hôte le Mexique.

Le peintre et dessinateur de presse qui fait parler les livres, Miguel Rep, nous offre ce matin dans l'édition de Página/12 une vignette rigolote, que je vous traduis.
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution

Le livre, qui lit un livre à gauche : Vous savez pas ? Eh bien un jour comme aujourd'hui, « le 23 avril 1616, Shakespeare et Cervantes sont partis pour l'autre monde ».
Le livre à droite : Et l'Inca Garcilaso aussi !
L'encadré à droite : Sarabande de livres. Bonne fête !
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Et effectivement, ces trois grands auteurs, dont chacun symbolise une nation, sont décédés le même jour, le 23 avril 1616.

William Shakespeare était né le 23 avril 1564 à Stratford upon Avon, selon l'hypothèse la plus répandue, puisque l'identité du grand dramaturge anglais conserve une grande part de mystère. Il est mort dans cette même ville, qui s'enorgueillit de sa tombe, dans son église, malgré la polémique récurrente sur l'identification du mort avec le plus grand auteur du théâtre élizabéthain.

Miguel de Cervantes Saavedra était né le 8 ou 9 octobre 1547 à Alcalá de Henares. Il est mort à Madrid. On vient d'identifier ses restes dans l'église d'un ordre mineur.

Portrait officiel de l'Inca Garcilaso

El Inca Garcilaso de la Vega, de son nom légal Gómez Suárez de Figueroa, était né le 12 avril 1539 à Cuzco, la capitale de l'empire inca (actuel Pérou) : c'était un chroniqueur métis, de naissance légitime ou illégitime selon les biographes (il est possible qu'il ait été légitimement conçu et qu'il ait été par la suite considéré comme bâtard, lorsque son père, sur l'ordre du roi, a abandonné sa mère pour se marier dans la noblesse espagnole). Sa mère était une princesse Inca et son père un conquistador espagnol, Sebastián Garcilaso de la Vega Vargas. Bilingue quechua-castillan, il a écrit en espagnol. Il est né à la fin du demi-siècle pendant lequel l'Espagne a cherché l'alliance des princes aborigènes et où elle traitait les familles royales américaines avec le respect qu'elle manifestait aussi aux dynasties européennes, avant de basculer dans une politique coloniale raciste, despotique et cupide. El Inca Garcilaso est mort à Cordoue, en Espagne, où il était allé réclamer l'héritage de son père et le droit de porter son nom. Malgré le refus qui lui opposèrent les tribunaux espagnols, c'est bien sous le nom de son père qu'il est passé à la postérité et c'est celui avec lequel il signe.

Sa signature dans l'orthographe de l'époque (Y et double s)

En Amérique latine, El Inca Garcilaso est considéré comme le premier écrivain péruvien, c'est aussi le premier auteur latino-américain qui a décrit la conquête du Nouveau Monde du point de vue du colonisé, avec la douleur et le conflit intérieur qu'implique sa condition de métis, d'ascendance royale relégué à la déréliction et à la bâtardise.
Son œuvre majeure, une histoire de l'empire Inca, a fait l'objet d'une traduction en français en 1633 (1). Dans l'ensemble de son œuvre, il s'est efforcé de défendre son peuple maternel, dans l'honneur et la recherche de la vérité, réfutant avec force les accusations de sodomie, de sacrifices humains et d'anthropophagie qui fleurirent très rapidement en Europe pour justifier le tournant brutal que prenait les politiques espagnole et portugaise aux Indes Occidentales. Au début du 17ème siècle, encore tout imprégné de l'humanisme de la Renaissance, cette œuvre a connu des traductions en français, en anglais, en allemand et d'autres langues puis tout a été jeté dans l'oubli pour le reste de l'époque de domination espagnole en Amérique. El Inca Garcilaso fait partie de ces grandes figures autochtones au nom desquelles des gens comme José de San Martín et Manuel Belgrano ont voulu l'indépendance sud-américaine et tout le courant indépendantiste progressiste continental continue de lutter (j'ai eu l'occasion d'en parler au sujet de la disparition de Eduardo Galeano).

Première traduction en français
Il est probable que le traducteur a confondu le nom de l'imprimeur du livre de Madrid
avec celui d'un traducteur quechua-espagnol

Lors de son voyage officiel au Pérou en novembre 1978, le roi Juan Carlos a rendu les restes de l'écrivain à la cathédrale de Cuzco dans laquelle repose désormais ce pieux chrétien, demeuré célibataire sans enfant et mort dans l'habit religieux après avoir servi dans l'armée espagnole comme officier subalterne.
A Lima, une université privée porte son nom.

Actuellement, certains historiens contestent l'identité de date des trois dates, un peu trop remarquable peut-être pour être vraie, pour trois grands hommes dont les noms ont été chargés d'un tel poids de symboles culturels, linguistiques et nationaux.


(1) En 2000, les Editions La Découverte ont publié une traduction en français de ses Commentaires royaux sur le Pérou des Incas. En 1982, le défunt François Maspero en avait fait déjà une édition française, probablement épuisée aujourd'hui.

Une nouvelle journée Adan Buenosayres au Cornelio de Saavedra [à l'affiche]


Le Museo Histórico de Buenos Aires Cornelio de Saavedra, vous invite ce samedi 25 avril 2015, à 9h45 à une promenade guidée à travers les itinéraires urbains du roman Adán Buenosayres, de Leopoldo Marechal, dans les quartiers de Saavedra et Villa Crespo.

Point de rendez-vous matinal : Biblioteca Popular Alberdi, Acevedo 666.
Point de rendez-vous postprandial (à 15h) : Jardins du musée, Crisólogo Larralde 6309, dans le Parque General Paz.

Dans Villa Crepo, le parcours prévu est pédestre. Dans Saavedra, la voiture, la moto ou la bicyclette sont prévues, avec possibilité pour les visiteurs qui n'en disposent pas de s'inscrire auprès du musée, par téléphone, pour partager un moyen de locomotion avec quelqu'un d'autre.

Adán Buenosayres (1848) est considéré en Argentine comme un roman fondateur de la littérature nationale. Leopoldo Marechal (1900-1970), qui appartient à la même génération que Jorge Luis Borges, Homero Manzi et Enrique Discépolo, y voyait un succédané dans un genre très moderne de l'épopée antique en vers... L'ouvrage forme donc une sorte de diptyque avec Martín Fierro de José Hernández (1872), l'un dans l'univers urbain, l'autre dans l'univers rural... Le roman a inspiré un autre romancier, Julio Cortázar, qui développe lui aussi des géographies poétiques et urbaines dans ses œuvres. De tendance radicale, comme Borges et Manzi, Marechal a ensuite penché vers le péronisme, lorsque celui-ci a fait son apparition en 1943 sur la scène politique argentine. On doit aussi à Leopoldo Marechal une Histoire de la rue Corrientes et une cantate profane, très peu connue et pourtant magnifique, qu'il écrivit pour le compositeur Julio Perceval en l'honneur de José de San Martín (il m'a été donné d'en écouter une exécution au Teatro Independencia de Mendoza l'année dernière pour l'ouverture du Bicentenaire là-bas : somptueux !)



Pour aller plus loin :
lire l'article sur Adán Buenosayres dans le blog littéraire La Hoja Cruda

Deux nouvelles matinées avec Antonio Seoane au Museo Casa Carlos Gardel [à l'affiche]


Ce jeudi soir, 23 avril 2015, et la semaine prochaine, nouveaux concerts dans la série Los poetas de Carlos Gardel avec le chanteur Antonio Seoane, au Museo Casa Carlos Gardel, Jean Jaurés 735, à 18h30.

Attention : l'activité n'est pas gratuite.

Entrée : 50 € (comprenant la collation typique, empanadas et verre de vin)

La Poste uruguayenne émet un timbre en l'honneur du cardinal Sturla [Actu]

Photo publiée par l'archidiocèse de Montevideo
A la gauche de Monseigneur Sturla (centre), la présidente du Directoire de l'Administration du Courrier
Madame María Solange Moreira Díaz
Les noirs sont restés une minorité visible en Uruguay

L'Administration nationale du Courrier uruguayen vient de présenter, ce 21 avril 2015, à Montevideo un beau timbre de collection pour marquer l'élévation au cardinalat de Monseigneur Daniel Sturla, le primat du pays.

Le site Web de Correo Uruguayo n'a pas encore mis en ligne l'annonce de cette émission mais devrait le faire prochainement. En revanche, La República en a fait mention le 18 avril et le site de l'archidiocèse de Montevideo a placé l'information en bonne place sur sa page d'accueil ! La Conférence épiscopale uruguayenne (CEU) s'en est elle aussi réjouie, elle qui a plutôt mal vécu la politique sociétale de José Mujica, qui vient de quitter la présidence de la République Orientale.

La Poste uruguayenne va jusqu'au tu veux

Je profite donc de l'actualité religieuse qui s'intensifie sur les rives du Río de la Plata depuis qu'un Argentin a été élu, il y a deux ans, au Saint Siège pour créer une nouvelle rubrique de ressources dans la partie basse de la Colonne de Droite : ces liens vous conduiront vers des sites représentatifs de la spiritualité en Argentine et en Uruguay. Ils seront donc toujours à disposition, quelle que soit l'actualité dans la colonne principale.

mercredi 22 avril 2015

Un dramaturge militant des droits de l'Homme ouvrira la Feria del Libro à Buenos Aires [à l'affiche]


Le dramaturge argentin Roberto Cossa fera demain le discours qui ouvre traditionnellement la Feria del Libro, à Palermo. Página/12 a profité de l'occasion pour lui tendre le micro et publiait ce matin une longue interview de l'artiste.
A découvrir (cet article est particulièrement conseillé aux lycéens de France qui préparent en ce moment les épreuves anticipées du baccalauréat, plongés qu'ils sont dans les révisions pendeant les vacances de printemps : l'univers du théâtre et ses personnages sont au programme, or l'auteur y dit des choses qui pourraient bien nourrir une dissertation là où le thème tombera).

Quelques extraits de l'interview, à lire dans les pages culturelles du quotidien.

“Va a ser un discurso breve, que se queden tranquilos. No creo que dure más de diez minutos. El tiempo lo determina lo que uno quiere decir; se puede hablar mientras se digan cosas que valgan la pena. Es una situación extraña, porque los dramaturgos estamos expulsados de la literatura y que me llamen para abrir la feria de los literatos es un poco sorpresivo e inquietante. La dramaturgia es literatura. Me eligieron a mí seguramente por los años. Pero acá estoy”
Roberto Tito Cossa, in Página/12

"Ce sera un discours bref, n'ayez pas peur. Je ne pense pas qu'il durera plus de dix minutes. Ce qui détermine la durée, c'est le contenu de ce qu'on veut dire. On ne peut parler que tant qu'on dit des choses qui valent la peine. C'est une drôle de situation, parce que nous les dramaturges nous avons été expulsés de la littérature et qu'on m'appelle pour inaugurer le salon des littérateurs a de quoi surprendre et inquiéter. La dramaturgie est littérature. On m'a choisi moi sûrement en raison de mon âge. Mais bon, j'y suis."
(Traduction Denise Anne Clavilier)

¿El teatro es literatura?
Es una manera de la literatura; el teatro es ficción, palabras... El tema es el rol del dramaturgo con el libro, porque un autor teatral no piensa en el libro, piensa en el escenario. No piensa en lectores, piensa en espectadores; sabe que su obra termina en manos de otros. Y lo voy a decir en el discurso: el dramaturgo es un Dios que le entrega su obra al vicario y en estos tiempos que corren el vicario es más importante que Dios; por eso se paga los padecimientos de ser permanente traicionado entre comillas y sólo a veces mejorado. Pero estamos en manos de otros creadores, lo cual hace que sea diferente. No es para llorar. Al contrario, siempre digo que hoy por hoy el Quijote por placer lo lee muy poca gente. Todos los días hay una versión de Romeo y Julieta, pero qué diría William Shakespeare de ese Romeo y Julieta hecho de cualquier manera, cortado... El teatro es una arcilla que está viva. Ese es el privilegio que puede tener el autor y esa continuidad se la da el libro. Un espectáculo termina y la obra queda en el libro, en las páginas. Si la obra tiene suerte y necesita ser representada, vuelve al escenario.
Roberto Tito Cossa, in Página/12

- Le théâtre, c'est de la littérature ?
- C'est une forme de littérature. Le théâtre, c'est de la fiction, des mots... La question, c'est le rôle du dramaturge par rapport au livre parce qu'un auteur dramatique ne pense pas au livre, il pense à la scène. Il ne pense pas à des lecteurs, il pense à des spectateurs. Il sait que son œuvre finit sans des mains étrangères. Et je vais le dire dazns mon discours : le dramaturge est un Dieu qui remet son œuvre à son vicaire et par les temps qui courent, le vicaire est plus important que Dieu. C'est pour ça qu'on paye les souffrances d'être en permanence trahi entre guillemets et seulement quelques fois amélioré. Mais nous sommes entre les mains d'autres créateurs, ce qui fait que c'est différent. Il n'y a pas de quoi pleurer. Tout au contraire, je dis toujours que de nos jours, il y a très peu de gens qui lisent Don Quichotte pour le plaisir. Tous les jours, il y a une nouvelle version de Roméo et Juliette mais que dirait William Shakespeare de ce Roméo et Juliette monté autrement, écourté... Le théâtre est une argile qui vit. Cela, c'est le privilège que peut avoir l'auteur et cette continuité, c'est le livre qui la lui donne. Un spectacle se termine tandis que l'œuvre reste dans le livre, dans les pages. Si l'œuvre a de la chance et a besoin d'être représentée, elle revient en scène.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

¿Habrá alguna reflexión en su discurso sobre el hecho de haber participado de Teatro Abierto, ese movimiento de resistencia contra la dictadura, y lo que significa escribir y hacer teatro hoy con más de treinta años de democracia?
–No, no lo había pensado y como todavía no está terminado mi discurso puedo integrar esa reflexión. Teatro Abierto fue un fenómeno que no hubiera tenido la dimensión que tuvo si las bestias no quemaban el teatro del Picadero. El atentado fue lo que potenció a Teatro Abierto y lo convirtió en un referente ineludible de la resistencia cultural, no sólo acá. He tenido entrevistas con investigadoras de España, de Francia, de Italia, chicas que no habían nacido cuando se hacía Teatro Abierto y venían a preguntar y a estudiar este fenómeno que produjo el teatro. No fue nuestra intención convertirnos en gladiadores. La intención fue más simple: hagamos teatro, salgamos, no nos reconocen, nos prohíben en las salas oficiales y en ese tiempo también nos prohibían en la televisión que era del Estado. Vivíamos en los sótanos, haciendo nuestras experiencias. El teatro, contrariamente a lo que pasó en otros países, no fue censurado directamente: te ponían una bomba, como a Teatro Abierto. No tuvimos la censura previa que había en España, donde tenías que llevar el libro y un censor lo leía y decía: “Esto no, esto sí”. Cuando hicimos Teatro Abierto, no esperábamos una respuesta violenta, pero sabíamos que tampoco era tan inocente. Desde el comienzo nos dimos cuenta de que era un fenómeno político.
Roberto Tito Cossa, in Página/12

- Y aura-t-il dans votre discours une réflexion sur le fait que vous avez participé à Teatro Abierto (Théâtre ouvert), ce mouvement de résistance à la dictature, et ce que signifie écrire et faire du théâtre aujourd'hui trente ans après le retour de la démocratie ?
- Non, je n'y avais pas pensé mais comme mon discours n'est pas encore terminé, je peux inclure cette réflexion. Teatro Abierto a été un phénomène qui n'aurait pas eu la dimension qu'il a eue si les salauds n'avaient pas incendié le théâtre du Picadero. L'attentat a été ce qui a renforcé Teatro Abierto et l'a transformé en un référent incontournable de la résistance culturelle, et pas seulement ici. J'ai eu des entretiens avec des chercheuses d'Espagne, de France, d'Italie, des filles qui n'étaient pas encore nées à l'époque de Teatro Abierto et qui venaient poser des questions et étudier ce phénomène qu'a produit le théâtre. Ce n'était pas notre intention de nous transformer en gladiateurs. Notre intention était plus simple : faire du théâtre, partir, on ne nous reconnaît pas, on nous interdit de jouer dans les salles officielles et en ce temps-là, en plus, nous étions interdits à la télévision, qui appartenait à l'Etat. Nous vivions dans les sous-sols, où nous faisions nos expériences. Le théâtre, contrairement à ce qui s'est passé dans d'autres pays, n'a pas été censuré directement : on te posait une bombe, comme à Teatro Abierto. Nous n'avons pas eu la censure préalable qu'il y avait en Espagne, où il fallait que tu apportes le livre et qu'un censeur le lise et te dise : ça non, ça oui. Quand nous avons monté Teatro Abierto, nous ne nous attentions pas à une réponse violente, mais nous savions que ce n'était pas innocent non plus. Dès le début, nous nous sommes rendu compte que c'était un phénomène politique.
(Traduction Denise Anne Clavilier)


¿Alguna vez escribió una novela o un cuento?
–No, para nada. Soy un actor frustrado, yo quiero el escenario. Me gusta la novela como lector, pero no para escribir. Hay algún poema juvenil olvidable y una obra de teatro para títeres, Una mano para Pepito, que fue lo primero que escribí, pero no la tengo en mis obras completas. No la reconozco; era una cosa muy juvenil. Mi primera obra es Nuestro fin de semana, escrita en 1962 y estrenada en 1964. A partir de ahí las reconozco a todas: algunas me gustan más, otras menos. Mi verdadera vocación era la actuación, pero de cobarde no me animé... Acercarse al teatro es acercarse a la actuación. Todos los autores teatrales que conozco fueron actores o intentaron serlo con mayor o menor suerte. El teatro es esa ceremonia maravillosa en la que se pone el cuerpo. Esta es una de las dolorosas circunstancias del autor. Yo digo siempre que el teatro es una fiesta y el autor come en la cocina; es ajeno, no hay caso...
Roberto Tito Cossa, in Página/12

- Vous est-il arrivé une fois ou l'autre d'écrire un roman ou un conte ?
- Non, jamais. Je suis un acteur raté, j'aime la scène. J'ai le roman comme lecteur mais pas pour écrire. Il y a eu un poème de jeunesse pas inoubliable et une pièce de théâtre pour marionnettes. Un coup de main à Pepito, qui est la première chose que j'ai écrite, mais je ne le compte pas dans mes œuvres complètes. Je le renie, c'est un truc très juvénile. Ma première pièce, c'est Notre week-end, que j'ai écrit en 1962 et qui a été créé sur scène en 1964. A partir de là, je reconnais toutes mes pièces : j'en aime certaines et moins d'autres. Ma vraie vocation, c'était de jouer mais par lâcheté, je n'ai pas osé... Se diriger vers le théâtre, c'est se diriger vers le métier d'acteur. Tous les auteurs dramatiques que je connais ont été acteurs ou ont essayé de l'être avec plus ou moins de chance. Le théâtre c'est cette cérémonie merveilleuse dans laquelle le corps intervient. C'est une des circonstances douloureuses de la vie d'auteur. Je dis toujours que le théâtre, c'est la fête et que l'auteur mange à la cuisine. C'est un étranger, qu'on le veuille ou non.
(Traduction Denise Anne Clavilier)


Pour lire l'intégralité de l'interview, se reporter à l'article en ligne.

Une étude sur une Argentine devenue multi-cultuelle [Disques & Livres]

La journaliste Lorena Oliva, qui s'occupe à La Nación des nouveautés éditoriales (rubrique Enfoques), vient de publier aux éditions Sudamericana (1) un ouvrage qui fait le point sur le paysage religieux dans l'Argentine d'aujourd'hui, plus de trente ans après le retour de la démocratie.


Le livre se présente comme une réflexion sociologique sur chacune des religions majeures qui se développent dans le pays (catholicisme, protestantisme évangélique, judaïsme, islam plus quelques systèmes religieux originaires les uns d'Asie les autres des syncrétismes propre à l'Amérique latine qui mêlent les croyances aborigènes et ouest-africaines). Cet ouvrage complexe est le produit d'un long processus d'interrogation et de recherche, né au moment du débat sur l'ouverture du mariage aux homosexuels (voir mon article du 15 juillet 2010) qui a révélé combien la place de la religion catholique avait évolué en Argentine sur le plan culturel, un phénomène qui avait puissamment mobilisé l'épiscopat, très inquiet de la tournure des événements.

Le débat qui s'en est suivi, à l'intérieur des différentes confessions du pays, a incité l'éditeur à commander cet ouvrage à la toute jeune et brillante journaliste qu'est Lorena Oliva. Mais au lieu de se contenter de suivre les idées préconçues en faisant un simple catalogue, elle s'est mise en chemin pour consulter une grande variété de spécialistes dans plusieurs disciplines. Elle a notamment consulté une théologienne, ce qui dénote une démarche véritablement originale qui s'écarte volontairement des clichés, dans un pays où la parole religieuse est presque un monopole masculin. Elle est parvenu à démontrer que les influences notables du christianisme romain, dans ce pays majoritairement catholique, se sont déplacé mais, contrairement à ce qu'une certaine gauche souhaiterait (notamment celle qui se reconnaît dans les propos laïcards de Página/12), elles sont loin d'avoir disparu. En témoignent d'ailleurs la richesse du salon du livre catholique qui se tient tous les ans en août à Buenos Aires.

Parmi les spécialistes dont Lorena Oliva avait voulu recueillir les analyses, il y avait le cardinal Jorge Bergoglio, archevêque de Buenos Aires, qui avait promis de la recevoir en mars 2013, à son retour de Rome. On se demande bien pourquoi elle attend toujours...

Ce travail caractérisé par le pluralisme et la pluridisciplinarité ne pouvait qu'attirer l'attention de Leonardo Liberman qui vient donc d'interviewer la jeune femme, par liaison téléphonique, dans l'émission Siempre Argentina, conexión español, entretien que vous pouvez donc écouter en ligne sur le blog hispanophone de RAE ou sur le blog, El Mirador Nocturno, fondé et animé par le journaliste lui-même (et sur lequel elle peut être téléchargée gratuitement).

Le 5 avril dernier, La Nación avait publié dans Enfoques un choix d'extraits du livre.

L'article de La Nación, page 5 de l'édition du 5 avril dernier
Cliquez sur l'image pour l'élargir

L'ouvrage, de 192 pages, est disponible en librairie, en Argentine, au prix de 159 $ ARG en version papier (prix éditeur) et 80 $ ARG en version numérique (epub) sur le portail du groupe éditorial.

Pour découvrir les marques éditoriales de Penguin Random House en Argentine, rendez-vous sur leur site Internet et sur la page Facebook de Sudamericana.



(1) Une maison qui appartient au puissant groupe anglo-saxon Penguin Random House qui rivalise sur le marché sud-américain avec le géant espagnol Planeta.

mardi 21 avril 2015

Le procès contre Cristina a vécu [Actu]

"Voili voilou, le chapitre est clos !"

La décision que vient de prendre le procureur auprès de la Cour de Cassation de se désister de l'accusation dont il avait été saisi par son collègue de la Cour d'Appel, Germán Moldes, contre la Présidente Cristina Kirchner et les autres incriminés par le défunt Alberto Nisman met fin à ce procès saugrenu et qui aura fait un mal considérable à la réputation de l'Argentine dans l'opinion publique mondiale, qui a heureusement dans ce cas la mémoire courte.

En effet, si le procureur se désiste, la Cour de Cassation en peut que constater qu'elle n'a plus à se prononcer (il n'y a plus rien sur quoi elle doive statuer) et l'arrêt de non lieu prononcé par la Cour d'Appel deviendra définitif. Sauf à contester la validité du désistement du procureur, ce qui est un fait rarissime et aurait beaucoup de mal à être soutenu dans le cas présent eu égard à l'absence de fondement en droit de la démarche de Nisman, déjà démontrée à trois reprises. German Moldes avait annoncé qu'il monterait jusqu'à la Cour Suprême si la Cour de Cassation confirmait le non lieu ordonné par la Cour d'Appel, mais la situation est différente maintenant et il n'est pas possible de monter jusqu'à la Cour Suprême si la Cour de Cassation ordonne un non lieu à statuer.


"Un procureur kirchneriste congèle la cause ouverte par Nisman"
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Or le procureur désigné pour soutenir la cause auprès de la Cour de Cassation, Javier De Luca, est membre d'une organisation professionnelle de gauche, Justicia Legitima, proche des ONG des droits de l'Homme et favorable à la politique judiciaire du présent gouvernement, qui poursuit les criminels de la Dictature militaire. La droite hurle donc au déni de justice, accusant le procureur d'avoir pris une décision partisane sans que jamais il n'y ait eu la moindre enquête sur les faits incriminés (or les faits incriminés ne reposent sur aucune matérialité ni aucun commencement d'action répréhensible, comme l'ont argumenté le juge d'instruction Daniel Rafecas puis la Cour d'Appel, elle-même composée de juges peu susceptibles de soutenir ce Gouvernement et surtout pas d'une manière partisane, aveugle et malhonnête).


"Il n'y a pas eu de délit", titre La Prensa
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Sentant venir la chose, la mère du procureur défunt, Sara Garfunkel (1), est allée hier faire sa petite manifestation, avec une poignée d'amis, devant le palais de justice de Buenos Aires pour marquer les trois mois de la mort de son fils en exigeant de la Cour Suprême qu'elle veille à maintenir ouverte la cause pénale contre la Présidente. Les photos de presse comme les articles dans les journaux de droite montrent à quel point elle ne dispose plus de beaucoup de soutiens, même dans les secteurs réactionnaires et conservateurs les plus sectaires (autour d'elle, il n'y avait que cinq personnalités publiques, dont le caractère partisan ultra-réactionnaire n'échappe à personne, et parmi lesquelles il n'y avait plus de représentant du monde judiciaire).


"Clôture polémique de la cause ouverte contre la Présidente par Nisman"
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Malheureusement, la Présidente a donné du grain à moudre à ses opposants en prenant parti dès dimanche contre la DAIA, reprenant à son compte les dénonciations d'un ancien Directeur exécutif de la confédération des organisations juives dans les pages de Página/12. Elle aurait mieux fait de garder le silence et de laisser couler : la vérité ne va pas tarder à éclater au grand jour. D'autant que Elisa Carrió, un leader déconsidéré de l'opposition, qui oscille en permanence entre un centre très mou et une droite très dure, montre à nouveau des signes de délire mystico-politique : elle crie à qui veut l'entendre qu'elle est menacée de mort [par le Gouvernement] et qu'elle sait comment Alberto Nisman a été tué (elle est hostile à la thèse du suicide, de plus en plus patente), qu'elle va démontrer urbi et orbi la culpabilité de la présidente dans ces faits et qu'elle ne craint pas le Gouvernement mais Dieu lui seul !

Pour en savoir plus :
en français, vous pouvez cliquer sur le mot-clé Affaire Nisman dans le blog Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus
dans la presse argentine :
lire l'article principal de Página/12 sur le désistement de De Luca
lire le rappel historique du déroulé de l'affaire, toujours dans Página/12
lire l'article de Página/12 sur le démenti de la DAIA
lire l'article de Clarín sur la décision du procureur
lire le micro-entrefilet, toujours de Clarín, sur la manifestation solitaire de Sara Garfunkel, la très sulfureuse mère de Alberto Nisman et ses très polémiques soutiens, le rabbin et député PRO (macriste) et bling-bling Sergio Bergman ou le journaliste hargneux et sentencieux Nelson Castro qui déverse sa haine et son mépris contre la présidente tous les soirs sur la chaîne privée TN (et pourtant Castro est donc un salarié du groupe Clarín)
lire l'article de Clarín sur les démentis de la DAIA contre les propos tenus dans Página/12 (voir mon article de dimanche), repris sans retenue et à contretemps par la Présidente Cristina Kirchner, qui est convaincue que la démarche de Nisman contre elle correspond à une tentative de coup d'Etat de la part de la magistrature (qui reprendrait la cause que l'Armée a délaissée)
lire l'article de La Nación sur le désistement du procureur De Luca, où la rédaction tâche de se faire une raison et d'afficher une attitude respectueuse de la justice (à comparer avec l'article beaucoup plus hargneux publié hier en fin de journée, immédiatement après la publication de la décision de justice)
lire l'entrefilet de La Nación sur la manifestation de Sara Garfunkel et ses soutiens
lire l'article de La Nación sur le contentieux entre la Casa Rosada et la DAIA
lire l'article de La Prensa sur le désistement de Javier De Luca
lire l'article de La Prensa sur les déclarations de Elisa Carrió
lire l'entrefilet de La Prensa sur la tentative de Sara Garfunkel de relancer l'accusation contre la Présidente auprès de la Cour suprême.

Ajout du 22.04.15 :
Jorge Elbaum ne s'en laisse pas compter par la DAIA. Il réplique aujourd'hui par un éditorial dans la grande tradition du débat d'idées juif dans les colonnes de Página/12.



(1) Sara Garfunkel a été entendue par la justice dans le cadre de l'enquête secondaire autour de la mort de son fils et elle a reconnu être la titulaire d'un compte bancaire en commun avec sa fille et un salarié de son fils, compte non déclaré et ouvert à l'étranger, et en avoir eu connaissance bien avant la mort de son fils. Ces aveux ont entraîné une perquisition à son domicile et on y a trouvé une arme à feu détenue illégalement, qui aurait appartenu à son fils du temps où après son divorce il était retourné vivre chez maman. Et il en aurait oublié l'existence au point de demander à son garde du corps et à son informaticien de lui prêter la leur de toute urgence l'avant-veille de sa mort ?

Une semaine d'archéologie chez Liniers [à l'affiche]


Du 15 au 20 avril 2015, s'est tenu au musée Casa del Virrey Liniers une semaine sur l'archéologie à Buenos Aires, avec interventions universitaires, projections de documentaires et visites de certains sites de fouille.

Buenos Aires ne regorge pas de ressources archéologiques. Le peu que les chercheurs parviennent à trouver est donc pieusement recueilli et conservé, pour l'essentiel à la Casa del Historiador, où se trouve le siège de la gestion du patrimoine architectural de la Ville, dans la manzana qui contient la maison du vice-roi français, Santiago (Jacques) de Liniers, qui tint tête aux deux corps expéditionnaires britanniques qui tâchèrent de prendre pied à Buenos Aires, après Trafalgar, en 1806 et 1807.

Cette demeure typique d'une maison patricienne de l'époque coloniale, dont on a retrouvé il y a peu le sol original dans le patio, est situé au cœur de Monserrat, esquina Venezuela y Bolívar. Elle vaut la visite, qui est organisée et guidée (pas de visite libre, eu égard à la fragilité du site).

Pour en savoir plus :
lire la présentation sur le site du ministère de la Culture de la Ville Autonome de Buenos Aires
consulter le site de Aspha Ediciones qui a publié l'année dernière un très beau livre sur les récentes découvertes dans cette maison.

lundi 20 avril 2015

Página/12 consacre son supplément dominical Radar à Eduardo Galeano [Actu]

Le quotidien Página/12 a rendu hommage ce dimanche à son collaborateur, le grand écrivain uruguayen Eduardo Galeano, décédé la semaine dernière à Montevideo, dans un supplément dominical intitulé Radar.



C'est le peintre et dessinateur Miguel Rep, lui aussi de la rédaction, qui a signé la couverture qui fait allusion au premier grand livre du disparu, Les veines ouvertes de l'Amérique Latine, sortie en 1971, juste avant l'épouvantable vague des dictatures sanguinaires soutenues par les Etats-Unis jusqu'au milieu des années 1980.

Le supplément comporte treize articles différents sur l'auteur, l'homme et le militant de gauche que fut Galeano.

Pour aller plus loin :
connectez-vous sur le premier de ces treize articles. La liste apparaît dans l'encadré de droite.

Le BAFICI rend hommage à Isabelle Huppert : interview dans Página/12 [à l'affiche]


Le festival de cinéma indépendant de Buenos Aires, le BAFICI, qui s'est ouvert le 15 avril, rend hommage cette année à Isabelle Huppert, avec une rétrospective qui lui est consacrée. L'actrice française a fait le voyage jusqu'en Argentine et Página/12 en profite pour l'interviewer dans ses pages culturelles...

Les mêmes pages consacrent également un article à la restauration de vieux films argentins qu'a entrepris la Academia de las Artes y Ciencias cinematográficas de la Argentina, présidée par le réalisateur, acteur et scénariste Juan José Campanella (El secreto de sus ojos qui a remporté le premier Oscar du film étranger). La AACCA a récemment investi dans un équipement de pointe pour mener ce travail de sauvegarde d'un patrimoine très important pour le pays, qui a connu un septième art florissant dans les années 30 et 40 et qui voit renaître aujourd'hui une nouvelle vague qui perce au niveau mondial.

Pour aller plus loin :
lire, en espagnol, l'interview d'Isabelle Huppert dans Página/12
consulter le site Web du BAFICI sur le portail des festivals publics de Buenos Aires
lire l'article de Página/12 sur la restauration des films argentins.