jeudi 28 mai 2015

¡Fútbol, fútbol, fútbol! [Actu]

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Mafalda en manchette en bas à gauche :
La Norvège... Personne ne parle de la Norvège.
Les gens parlent des pays où il y a des bombes, des grèves, des assauts, des canonnades, des crimes, du racisme, des révolutions...
Mais sur la Norvège, pas ça !
On voit bien que la violence est mieux cotée que la morue...
(Traduction © Denise Anne Clavilier)

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Le scandale qui touche la FIFA et qui a été déclenché hier avec l'arrestation de différents dirigeants du football mondial, parmi lesquels un Uruguayen, vice-président de la fédération internationale, met le football à la une de tous les journaux argentins et uruguayens, avec une unanimité étonnante !

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A tel point que Página/12 et Clarín, les deux ennemis irréductibles de la presse argentine, titrent avec la même phrase leur article sur les déclarations de Diego Maradona, qui n'a jamais caché son mépris et son hostilité aux instances internationales de son sport.

Le gros titre reprend une formule de Maradona lors de ses adieux au terrain
au stade de la Bombonera (Boca Juniors) :
J'ai fait des erreurs mais le ballon est resté propre (la pelota no se mancha)
Ici : "Eh bien, si, le ballon est sale !"

El Diez a toujours dit que la FIFA était un repaire de gangsters, une mafia avec pignon sur rue. Depuis la Jordanie où il entraîne l'équipe nationale et dont il soutient l'un des princes à la présidence de la FIFA, D10S (1) s'en est donné à cœur joie hier avec des déclarations explosives qu'on retrouve dans de nombreux quotidiens ce matin. Les deux quotidiens argentins titrent tous les deux sur une phrase : "La FIFA hait le football et la transparence !" C'est envoyé, non ?
Vous pouvez lire à cet égard mon article du 9 février 2009 sur l'église Maradonienne, ses rites et ses prières déjantées (2), une bonne grosse blague très politique qui a pris naissance à Rosario et qui met en évidence la perception par le peuple argentin de ces problèmes de corruption et d'hégémonie néo-coloniale à la tête du football international (3).

Avec l'un de ses représentants en garde à vue en Suisse, l'Uruguay se trouve dans l'œil du cyclone. D'ailleurs l'homme faisait déjà l'objet d'une enquête pour malversations de la part de la justice de son pays. Celle-ci a juste été prise de court par la justice nord-américaine !

De la coupe du monde, il ne reste que le socle.
"Le football volé", titre El Observador

L'Argentine n'est toutefois guère en reste : en effet, l'ancien président de l'AFA, la fédération argentine de football, Julio Grondona, décédé l'année dernière, était dans le collimateur des juges new-yorkais dont l'action vient de déboucher en Suisse. En ce qui le concerne, l'action est bien entendu éteinte mais ses deux fils sont montés au créneau, dès hier, pour soutenir l'honneur de leur père. L'un des deux a cependant reconnu que Grondona avait connaissance de malversations dans les instances régulatrices du football et lui en avait parlé. Voir à ce propos mon article au lendemain de la mort de don Julio, le 30 juillet 2014.

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et lire les articles

Et quatre autres dirigeants argentins du football sont incriminés par l'opération mains propres lancées par New-York. Cette fois-ci, la justice de la ville nord-américaine a les faveurs de Página/12 qui apprécie cette chasse à la corruption dont l'existence était connue de tous...

Tribuna est le titre du supplément sportif quotidien de La República
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Tous les journaux ce matin consacrent de nombreuses pages à cette affaire. Il m'est impossible de vous renvoyer à tous les articles parus. Je me contenterai donc de vous donner le lien avec l'article principal et le cas échéant avec celui relatant les déclarations de Diego Maradona.

Pour en savoir plus :

en Uruguay :
lire l'article de El País sur Maradona, rédigé d'après un article de La Nación ("Je vais me charger personnellement de les flanquer dehors à coups de pompe") ? Ah ! le langage fleuri et nuancé del Diez !
lire l'article de El Observador, qui symbolise l'affaire en faisant disparaître sur sa une la Coupe du Monde dont il ne reste que le socle... Quelle force !
lire l'article de La República, qui n'apprécie que très modérément cejour de juin 2014 où la FIFA avait osé sanctionner Luis Suárez (4) au nom de la morale lors du Mundial au Brésil (vous vous souvenez de cette morsure ?) et qui rappelle que précisément aujourd'hui l'ex-président de la République, José Mujica, est attendu au Vatican pour une audience privée !

en Argentine :
lire l'article sur Maradona dans Página/12
lire l'article de Clarín sur Maradona
lire lien de Clarín vers la mise en accusation à New-York (le journal donne accès à l'ensemble du réquisitoire en anglais, en téléchargement pdf, sans traduction)
lire l'article de La Prensa sur les déclarations de Diego Maradona


(1) Ce surnom est une combinaison entre son numéro de dossard au sein de la sélection nationale, le n°10, et sa célèbre phrase sur le but marqué de la main au Mexique contre les Anglais juste après la guerre des Malouines et le coulage du sous-marin Belgrano, qui vient après tant et tant de contentieux entre l'Argentine populaire et la puissance néo-coloniale britannique en Amérique du Sud : "Fue la mano de Dios" (c'était la main de Dieu).
(2) Ceux de mes lecteurs qui achèteront Contes animaliers d'Argentine, à paraître aux Editions du Jasmin à la fin juin, verront que ce type d'humour, qui s'appuie sur le sacré sans commettre ni blasphème ni sacrilège, est bien ancré dans la culture argentine. En témoigne le conte intitulé Le baptême du perroquet (de la Province de Santiago del Esterro) : c'est dans la même veine !
(3) Voir également les letras de tango sur Maradona dans Deux cents ans après, le Bicentenaire de l'Argentine à travers le patrimoine littéraire du tango, que j'ai publié chez Tarabuste Editions (comme numéro spécial 2010 de la revue Triages). Tarabuste aura son stand comme tous les ans au Marché de la Poésie à Paris, du 11 au 14 juin 2015, et dispose d'une boutique en ligne dont le lien est en permanence dans la Colonne de droite de ce blog.
(4) Voir à ce propos mes deux articles sur le sujet : celui du 26 juin 2014 alors que l'Uruguay était suspendu à la décision de la FIFA et celui du 27 juin 2014, au lendemain de la sanction, quand toute la presse nationale soutenait le joueur exclu à ses yeux injustement...

Cinq copains pour Tobuna dans la lagune Iberá [Actu]

Tobuna dans toute sa splendeur
Photo Karina Sporring

Le monument national naturel (1) est en voie de réintroduction sur le territoire argentin : le jaguar (yaguareté), sorte de félin qui, de loin, et de loin seulement, pourrait rappeler un joli chaton en peluche...

Le plan de réintroduction en milieu naturel se poursuit dans l'immense zone lacustre de la Province de Corrientes, dans le Nord-Est argentin qu'on appelle aussi le Litoral, avec la libération dans les marais de Iberá de cinq fauves pour tenir compagnie au premier spécimen, baptisé Tobuna. C'est ce que nous raconte ce matin La Nación dans ce qu'il lui reste de place pour parler d'autre chose que de football !

Carte téléchargée sur le site Internet de l'IGN (Institut géographique national argentin)
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Iberá est cette vaste zone humide au nord, au centre de la carte

Iberá, d'un nom m'bya (guarani) qui signifie eaux brillantes, est une réserve naturelle qui abrite une intense vie sauvage (silvestre en argentin), avec toutes sortes d'oiseaux, dont de nombreux échassiers et de nombreux migrateurs, des singes, en particulier des singes hurleurs, des caïmans noirs (yacaré), de puissants cochons d'eau, des cervidés de petite taille et quelques jaguars qui avaient complètement disparu du territoire il y a encore quelques décennies. La Province de Corrientes tente de développer un tourisme de qualité, durable et écologique dans ce vaste parc naturel qu'il vaut mieux parcourir avec un guide spécialisé.

"Ils sont arrivés avant
qu'ils ne s'en aillent pas les premiers"
Affiche à l'attention des enfants sur la politique de préservation des espèces
L'image a été téléchargée sur le site du Secrétariat d'Etat à l'Environnement
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Iberá est le cadre d'un des contes que j'ai écrit, à partir d'une source orale traditionnelle, dans Contes animaliers d'Argentine, Le caïman amoureux (Province de Corrientes). On n'y trouve pas notre ami Yaguareté, qui a toutefois sa place et toute sa place dans des contes provenant de Misiones (la province voisine du nord) et de plusieurs provinces du Nord-Ouest.

Pour aller plus loin :
lire mes articles sur Contes animaliers d'Argentine, dont je pourrai vous parler tout le week-end à partir de demain dans la Cour Ovale du château de Fontainebleau qui accueillera le salon du livre du Festival d'Histoire de l'Art en sa cinquième édition.


(1) Comme je vous l'ai dit dans un autre article récent, le jaguar a bénéficié de cette inscription au patrimoine national en 2000.

Présentation à l'Institut National Sanmartinien [Disques & Livres]

Pour prolonger les Fiestas Mayas et cette grande célébration de San Martín qu'a été le transfert de son sabre au Museo Histórico Nacional dimanche dernier de Palermo à San Telmo, voilà une conférence à ne pas manquer à Palermo, dans le quartier des Ambassades.


L'historienne Fabiana Mastrangelo présentera ce soir, jeudi 28 mai 2015, à 18h, son livre sur San Martín et ses valeurs éthiques à l'Instituto Nacional Sanmartiniano sur Plaza Grand-Bourg, à l'angle des rues Mariscal Castilla et Alejandro María Aguado. La soirée est co-organisée par l'INS et par la Asociación Cultural Sanmartiniana du département de San Martín, à l'ouest de Buenos Aires, dans la petite ceinture autour de la capitale argentine.

Elle sera accompagnée dans cette présentation par Miguel Angel De Marco, ex-président de la Academia Nacional de Historia et membre de l'INS, ainsi que par Pina Poggi, artiste peintre et présidente de la Asociación Cultural Sanmartiniana de San Martín.

Entrée libre et gratuite.

Fabiana Mastrangelo est une spécialiste qui sait présenter son sujet avec une clarté peu commune en Argentine sur les grands personnages de la période révolutionnaire et elle va droit au but, sans s'encombrer des querelles idéologiques actuelles. A écouter d'urgence !

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Ariel Prat revient à La Paila demain soir [à l'affiche]


L'auteur-compositeur interprète Ariel Prat, qui s'est fait connaître pour la murga, propose son spectacle intitulé No solo murga (pas seulement la murga) ce vendredi 29 mai 2015, à 22h, au restaurant de Palermo La Paila, Costa Rica 4848.

Droit au spectacle : 80 $ ARG (n'oubliez pas d'y ajouter le prix du repas, avec cette cuisine du Nord-Ouest qui est la plus réputée en Argentine et dont ce restaurant s'est fait une spécialité).
On peut obtenir une réduction pour des groupes de plus de quatre personnes.
Il est conseillé de réserver auprès du restaurant à partir de 18h.

Le spectacle fait partie des deux représentations enregistrées ce mois-ci et qui serviront à la confection du prochain disque de Ariel Prat, qui devrait paraître prochainement sous ce titre, avec un répertoire de poésie, de musique, de libre interprétation et de rythmiques africaines, un héritage colonial auquel l'artiste est très attaché (comme l'était son ami Juan Carlos Cáceres).

Miguel Rep résume la situation du football dans le monde [Actu]

C'est la vignette de Miguel Rep qui orne ce matin la page d'accueil du site Internet de Página/12... Une pensée diablement maradonienne (et sud-américainement vraie) : "Le football naît dans la pauvreté et il meurt dans la richesse".


Retournez la phrase dans tous les sens et vous verrez qu'elle est vraie, au premier, au second, au troisième et jusqu'au Neme degré !

mercredi 27 mai 2015

Grande interview de Teresa Parodi au lendemain des fêtes du 25 de Mayo [Actu]

La semaine dernière, les Fiestas Mayas, comme les Argentins les appellent depuis 1813, ont rassemblé un peu partout en Argentine et en particulier dans la capitale fédérale, Buenos Aires, de grandes foules joyeuses et participatives. Las Fiestas Mayas, ce sont depuis un peu plus de deux cents ans les réjouissances patriotiques qui marquent l'anniversaire de la Révolution de Mai et l'abolition de la vice-royauté dans le pays. Cette année, parce que c'était les dernières Fiestas Mayas présidées par Cristina de Kirchner, en sa qualité de Chef d'Etat du moins, et les premières depuis l'instauration d'un ministère de la Culture à part entière, sous l'autorité de l'auteur-compositrice interprète Teresa Parodi, grande représentante du chamamé, cette semaine festive a été très brillante et très mobilisatrice. Ce succès est d'autant plus significatif que Cristina de Kirchner se tire indemne d'une des pires attaques dont elle ait été la cible depuis sept ans et demi qu'elle occupe la présidence de la Nation, une affaire qui aurait pu ruiner son image, son crédit et sa carrière si elle n'avait été cousue de fil blanc, le scandale à tiroirs qui a surgi le 18 janvier 2015 lorsqu'on a retrouvé le corps sans vie du procureur Alberto Nisman dont tout tend à présent à penser qu'il a été le jouet ou le complice de lobbies affairistes nord-américains (animés par le financier Paul Singer), qu'il était un magistrat corrompu et qu'il s'est probablement donné la mort, pour des motifs qui restent obscurs, le 18 janvier vers midi, seul dans son appartement d'un très luxueux immeuble du quartier bling-bling de Puerto Madero.


Deux jours après la fête nationale du 25 mai, la rédaction de Página/12 obtient une interview de la ministre, avec laquelle le quotidien a une longue relation puisqu'elle était fréquemment dans ses colonnes pour ses disques et ses concerts avant sa nomination gouvernementale.
L'entretien a eu lieu hier, au lendemain de la clôture des festivités.

Extraits :

¿Qué lectura política hace de los acontecimientos de la semana que pasó?
La convocatoria del 25 de Mayo es una de las más grandes que se vio en los últimos tiempos y significó un fuerte apoyo a este proyecto. La gente salió a festejar la fecha patria, pero también a dar un mensaje clarísimo de respaldo a la Presidenta. La apertura del centro de la memoria en lo que fuera la ESMA es algo maravilloso y con un peso político tremendo que se empareja a otras medidas que tomó este gobierno. La devolución del sable de San Martín, con el desfile de granaderos, acompañados por niños y familias, muestra lo que cambió la relación de nuestra sociedad con la historia, que ahora se puede ver desde otro lugar y recuperar a los héroes de nuestro país, que son un espejo para los niños. Imaginate lo que va a ser en el futuro un país conducido por estas generaciones, con esta nueva manera de mirar la historia y la patria. Es una transformación profundísima. La inauguración del centro Kirchner habla de inclusión y de una manera de pensar el Estado, salvaguardando la cultura y abriéndola al pueblo. Por último, el encuentro del pueblo con la Presidenta, que fue como un Cabildo abierto en el que ella habló cara a cara con todos nosotros y nos dijo a todos que es nuestra responsabilidad la continuidad del proyecto. Fue emocionante el silencio con el que el pueblo en las calles escuchaba sus palabras.
Página/12

- Quelle lecture politique faites-vous des événements de la semaine dernière ?
- La mobilisation du 25 mai est l'un des plus importantes qu'on ait vues ces derniers temps et montre un appui fort à notre politique. Les gens sont venus célébrer la fête nationale mais aussi envoyer un message hyper-clair pour soutenir la Présidente. L'ouverture du centre pour la mémoire (1) dans ce qui fut l'ESMA est quelque chose de merveilleux et qui a un terrible poids politique qui va avec d'autres mesures prises par ce gouvernement. Le retour du sabre de San Martín, avec le défilé des Grenadiers, accompagnés par des enfants et des familles, montre ce qui a changé dans la relation de notre société avec l'histoire (2), qu'on peut aujourd'hui voir avec un autre point de vue pour nous réapproprier les héros de notre pays, qui sont un miroir pour les enfants. Imagine ce que sera dans le future un pays mené par ces générations, qui ont cette nouvelle manière de voir l'histoire et la patrie. C'est une transformation très profonde. L'inauguration du Centre Kirchner (3) parle d'intégration sociale et d'une manière de penser l'Etat, en préservant la culture et en l'ouvrant au peuple. Enfin, la rencontre du peuple avec la Présidente, qui a été comme un Cabildo abierto (4) au cours duquel elle a parlé face à face avec nous tous et elle nous a dit à tous que la continuité de cette politique est de notre responsabilité. C'était émouvant le silence dans lequel le peuple dans les rues [alentour] écoutait ses paroles.
(Traduction © Denise Anne Clavilier)

Le journaliste la questionne sur le Centro Néstor Kirchner et la nature du projet culturel qui y préside.

Si bien la magnitud del proyecto fue reconocida, aparecieron planteos sobre la pertinencia de una obra de esta magnitud.
La cultura es una inversión, como la educación, como la salud. Es importante que la Argentina cuente con un espacio como éste. Los argentinos se lo merecen. Es un lugar para el común de la gente, que llama al pueblo a adueñarse del espacio. Nuestra gestión está pensada en ese sentido, con la idea de mostrar la diversidad de la cultura argentina, pero también de que todos puedan disfrutar de la misma forma de esta cultura.
Página/12

- Si la taille du projet a bien été reconnu, on a entendu des questions sur la pertinence de travaux de cette taille.
- La culture est un investissement, comme l'éducation, comme la santé. C'est important que l'Argentine dispose d'un espace comme celui-ci. Les Argentins le méritent bien. C'est un lieu pour le commun des mortels, que invite le peuple à s'approprier l'espace. Notre politique est pensée dans ce sens, avec l'idée de montrer la diversité de la culture argentine mais aussi celle que tous puissent profiter de la même manière de cette culture.
(Traduction © Denise Anne Clavilier)

También se le cuestiona una aproximación demasiado “partidaria”.
El centro Pompidou en Francia se comenzó a construir cuando Georges Pompidou todavía gobernaba ese país y nadie lo cuestiona. Acá se decidió ponerle al centro cultural el nombre del hombre que recuperó un edificio, el del Correo Central, que estaba abandonado; que decidió ponerlo en valor, porque el edificio en sí mismo es una obra de arte. Y además decidió abrirlo para todos, hacerlo verdaderamente democrático, lo que me parece un hecho extraordinario. Cuestionar eso está en las antípodas de lo que planteamos. Cuando se reabrió el Teatro Colón no escuché ningún artículo que saliera a cuestionar lo que costó o si valía la pena hacerlo. El Colón es un orgullo para los argentinos, este nuevo espacio que se abre para todos también es un orgullo. Tener el centro cultural más grande de América latina y el tercero del mundo es algo importantísimo. Allí vamos a poder desarrollar todas nuestras formas expresivas y dejar un lugar para todos, que universaliza el derecho al acceso a la cultura.
Página/12

- On a aussi critiqué une approche trop "partisane".
- Le Centre Pompidou en France a commencé à être construit alors que Georges Pompidou gouvernait encore le pays et personne n'a rien critiqué (5). Ici, on a décidé de donner au centre culturel le nom de l'homme qui a réintégré [dans le patrimoine national] un bâtiment, celui du Correo Central, qui était abandonné, qui a décidé de le mettre en valeur, parce que le bâtiment lui-même est une œuvre d'art. En outre, il a décidé de l'ouvrir à tous, de le rendre vraiment démocratique, ce qui me paraît un fait extraordinaire (6). Critiquer cela c'est aux antipodes de notre démarche. Quand le Teatro Colón a rouvert ses portes, je n'ai pas vu d'article qui mettait en cause ce que ça avait coûté ni si ça valait la peine de le faire. Le Colón est une fierté pour les Argentins, ce nouvel espace qui s'ouvre pour tous est aussi une fierté. Avoir le centre culturel le plus grand d'Amérique latine et le troisième du monde est quelque chose de très important. Là nous allons pouvoir développer toutes les formes d'expression et laisser un espace pour tous qui universalise le droit de l'accès à la culture.
(Traduction © Denise Anne Clavilier)

¿Cómo ve la continuidad de estos proyectos más allá de diciembre?
Yo creo que el proyecto político que vivimos ahora va a continuar. No lo creo alegremente, sino porque el pueblo se ha apropiado de los derechos que ganó, de las políticas que lo incluyeron, de las políticas que profundizan esta transformación de la Argentina en estos años. Lo vemos todo el tiempo en el pueblo y eso garantiza la continuidad de las políticas a futuro. Creo que esto va a continuar y que el Centro Cultural Néstor Kirchner y que el Ministerio de Cultura van a quedar de tal manera en el corazón de la gente que va a haber una continuidad natural. No puedo creer que haya alguien que quiera cerrar un espacio como éste. La alegría que significó para todos la apertura de ese espacio no se puede volver atrás, como no se pueden volver atrás con tantos logros que tuvo el pueblo argentino estos años. Vamos a dejar tan sembrado con políticas concretas este lugar, que la continuidad va a caer de madura. Es un proceso imposible de detener, la misma gente lo va a defender. Anoche la Presidenta fue muy clara, somos nosotros los garantes de que esto siga.
Página/12

- Comment voyez-vous la suite de ces projets au-delà du mois de décembre ? (7)
- Moi, je crois que le projet politique que nous vivons maintenant va continuer. Je ne le crois pas béatement mais parce que le peuple s'est approprié les droits qu'il a gagnés, les politiques qui intègrent les gens, les politiques qui approfondissent cette transformation de l'Argentine ces dernières années. Nous le voyons tout le temps dans le peuple et c'est là la garantie que cette politique continuera dans le futur. Je crois que tout cela va continuer et que le Centro Cultural Néstor Kirchner et que le ministère de la Culture vont s'installer de telle manière dans le cœur des gens qu'il y aura une suite naturelle. Je ne peux pas croire qu'il y ait quelqu'un qui veuille fermer un espace comme celui-ci. La joie qu'a représenté pour tous l'ouverture de cet espace ne peut pas permettre un retour en arrière, comme on ne peut pas retourner en arrière après toutes ces réussites des dernières années pour le peuple argentin. On va laisser des politiques concrètes semées partout à cet endroit que la suite va tomber comme un fruit mûr. C'est un processus impossible à arrêter, les gens eux-mêmes vont le défendre. Hier soir, la Présidente a été très claire, c'est nous les garants de la suite de tout ça.
(Traduction © Denise Anne Clavilier)

Pour lire l'intégralité de l'entretien, cliquez sur le lien.


(1) Un centre culturel inauguré le 18 mai, en ouverture des Fiestas Mayas, sur le campus de l'ancienne école de la Marine ESMA, qui avait servi de centre de détention et de torture pendant la dernière dictature militaire. L'ex-ESMA accueille désormais des espaces culturels consacrés à la démocratie, aux droits de l'Homme, à la liberté d'expression, etc.
(2) Elle a parfaitement raison ! Il faut dire qu'elle est correntine, native de la même province que San Martín, et que le personnage ne peut lui être indifférent, même si la seule manifestation officielle à caractère national à son égard depuis qu'elle est ministre. Les fêtes du Bicentenaire entamées à Mendoza en août dernier sont une initiative du gouverneur de la province andine.
(3) Une autre inauguration de la semaine passée : le plus vaste centre culturel du sous-continent, consacré à l'intégration sociale et installé dans l'édifice historique du Correo Central, près du vieux port de Buenos Aires.
(4) Sous l'Ancien Régime, on appelait Cabildo Abierto une réunion de notables convoqués à l'hôte de ville (cabildo) pour prendre une décision urgente quand les autorités politiques légitimes n'avaient matériellement pas la possibilité ou le temps de donner leurs ordres. La Révolution de Mai a commencé le 22 mai 1810 au cours d'un Cabildo Abierto. C'est à cet événement devenu épique dans la mémoire populaire argentine que la ministre fait allusion ici. 
(5) Elle ne parle évidemment pas d'architecture ici. Elle ignore complètement la dispute esthétique qui a entouré l'édification de Beaubourg et qui continue à exister dans Paris. Elle ne parle que du fait de donner le nom d'un président à un centre culturel consacré à la culture contemporaine.
(6) Là encore, elle émet une évidence. La préservation du patrimoine n'est pas un fait courant jusqu'en 2003 et encore moins sa mise à disposition du public.
(7) Le 10 décembre aura lieu la passation de pouvoir entre la Présidente et son successeur ainsi que les passations entre les gouverneurs sortants et les nouveaux élus.

Grande nuit du tango vendredi à Bragato [à l'affiche]


Dans la bourgade bonaerense de Bragado, dans l'ouest de la Province de Buenos Aires, une agglomération qui s'enorgueillit de ses élevages de chevaux au point d'avoir intégré l'animal dans son blason, le Centro Cultural Florencio Constantino propose un festival de tango avec quelques gloires de la capitale fédérale : le groupe Marcapiel du jeune compositeur et guitariste Alan Haksten, les chanteurs Jesús Hidalgo et Guillermo Fernández (le même qui chantait lundi l'hymne national sur Plaza de Mayo accompagné par l'orchestre El Arranque), le jeune groupe féminin Bramaje, pour la musique, et un couple de danseurs, le tout sous l'animation de Walter Alegre, coordinateur de la Ciudad del Tango au CCC Floreal Gorini de Buenos Aires.

Même si cela n'est pas mentionné, il y a tout lieu de penser que la soirée est gratuite eu égard aux organisateurs : la banque à dimension sociale Credito Cooperativo, le Centro Cultural de la Cooperación (qui promeut le système coopératif partout dans le pays), la ville de Bragato et le Centro Cultural Florencio Constatino.

Luis Filipelli au Fondo Nacional de las Artes [à l'affiche]

Le chanteur Luis Filipelli, avant d'entamer prochainement une tournée en Europe, donnera un récital ce vendredi 29 mai 2015 à 20h30 au Fondo Nacional de las Artes, Casa de la Cultura, Rufino de Elizalde 2831, à Palermo, à quelques mètres de l'Instituto Nacional Sanmartiniano, dans le coin architecturalement le plus parisien de Buenos Aires (en fait le seul coin qui ressemble vraiment à Paris !).


Entrée libre et gratuite.

Exposition sur Virginia Luque au Museo Mundial del Tango [à l'affiche]


Jusqu'à vendredi prochain, 29 mai 2015, de 14h à 19h, une exposition à visiter : El silencio de Virginia, consacrée à la chanteuse et actrice Virginia Luque, disparue en octobre dernier.

Elle a été l'une des actrices à se mettre à chanter le tango à un moment où le genre connaissait sa traversée du désert, du milieu des années 1950 au début des années 1990

Photos, revues, documents divers et manuscrits inédits tirés de ses archives personnelles.

Entrée libre et gratuite.

mardi 26 mai 2015

Te Deum à Luján dans une basilique nationale rénovée [Actu]

Toute de bleu et blanc vêtue, Cristina de Kirchner. De dos avec un début de calvitie,
le Gouverneur de la Province de Buenos Aires, Daniel Scioli
Photo Juan Manuel Foglia pour Clarín

La Présidente Cristina Kirchner était hier à Luján pour le Te Deum du 25 mai. Il semblerait qu'elle ait voulu mettre en valeur le travail de restauration qui a été opéré par l'Etat fédéral sur la basilique nationale pour laquelle elle a une affection particulière. C'est une explication plausible, puisqu'il est évident que depuis l'élection du pape argentin, elle souhaite entretenir de bonnes relations avec l'Eglise et notamment l'épiscopat. Il est possible aussi qu'elle ait voulu s'afficher aux côtés de Daniel Scioli, actuellement candidat putatif à sa succession pour le Frente para la Victoria. Toujours est-il que Mauricio Macri, qui cherche à se poser en chef de l'opposition refusant désormais les alliances, a néanmoins tenté d'exploiter l'idée inverse, polémique que reprend toute la presse d'opposition, d'une manière qui me paraît bien artificielle.

La Chef d'Etat s'est présentée très élégamment vêtue des couleurs nationales, elle s'est fait montrer publiquement le résultat des travaux en direct à la télévision publique (puisque la cérémonie était retransmise en direct) et l'archevêque de Buenos Aires a conclu sa propre homélie en son absence par une allusion à Luján et un très consensuel "Viva la Patria".

De toute évidence, il n'y a pas eu d'exploitation électoraliste de la part de Cristina qui a réservé au meeting (1) de la soirée (2), de retour dans la capitale fédérale, son discours politique où elle a répété une idée forte de sa politique depuis huit ans : le projet pour le pays n'est pas celui d'une personne mais d'un peuple. Elle a renvoyé les citoyens à leurs responsabilités civiques de participer chacun pour sa part au développement du pays et à ses progrès de justice sociale. Tous les célébrants des Te Deum partout dans le pays ont insisté sur la notion de paix sociale et civique et de lutte contre la corruption et l'enrichissement personnel, sans entrer dans des attaques ciblées contre personne.

A gauche, le recteur de la basilique.
A droite, l'archevêque de Mercedes-Luján
Photo Casa Rosada
(cliquez sur l'image pour obtenir la haute résolution originale)

Il semblerait donc que Cristina Kirchner ait plutôt bien réussi ce long week-end festif qui est aussi son dernier 25 mai comme Chef d'Etat. Donc bravo et merci. On verra bien ce que donneront les élections présidentielle et législatives qui viennent.

Pour aller plus loin :
lire l'article de Página/12 sur le Te Deum à Luján
lire l'article de La Prensa sur le même thème
Tous les journaux consacrent aussi un article au Te Deum présidé par le cardinal Mario Poli à Buenos Aires en présence de Mauricio Macri.
Lire également le communiqué de la Casa Rosada, illustré de la très consensuelle photo ci-dessus. Le site de la Casa Rosada vous donne également accès au texte du discours présidentiel dans la soirée et aux vidéos tant du Te Deum à midi qu'au meeting populaire du soir, avec allocution de la Présidente. A travers ces vidéos, vous pourrez admirer vous-même cette basilique néogothique toute rose...


(1) En Argentine, ce rassemblement reste un meeting politique et ce quelle que soit la couleur du gouvernement en place. Cela fait partie des mœurs d'une démocratie récente et qui balbutie encore. Et d'ailleurs, dans nos pays plus anciens, en sommes-nous si loin dans de telles occasions ? Le Président de la République française vient d'en donner un bon exemple en transformant une visite locale en occasion de lancer sa candidature, sans le dire, à la prochaine élection en... 2017 !
(2) Cette soirée a été ouverte par l'hymne national joué par l'orchestre El Arranque et chanté par Guillermo Fernández (le tango était donc à l'honneur et voici l'hymne en arrangement et orchestration tangueros).

lundi 25 mai 2015

Le scoop de La Voz del Pueblo : une nouvelle interview du Pape François [Actu]


Belle réussite journalistique pour ce quotidien de l'Intérieur, le journal local d'une bourgade de la Province de Buenos Aires, Tres arroyos (trois ruisseaux), La Voz del Pueblo, en cette veille de fête nationale qui correspond aussi au dimanche de Pentecôte. Une interview exclusive du Pape François accordée à un journaliste qui a fait le voyage pour cela...

Les propos de François font grand bruit et alimente une partie de la presse nationale : Página/12, La Prensa et La Nación reprennent une partie de l'interview. Seul Clarín boude dans son coin, comme cela devient une habitude dans ce quotidien qui cultive une singularité de plus en plus déplaisante dans le paysage médiatique argentin.

Le journaliste bonaerense, Juan Beretta, a été reçu mercredi dernier, après l'audience générale, en tête-à-tête dans la résidence Sainte-Marthe où le Pape habite depuis le conclave. Beretta a dû s'engager auprès de lui à se montrer « réglo » à son égard puisque depuis son élection un bon nombre de journalistes ont prêté au Pape des propos et des intentions qui n'étaient pas et n'avaient jamais été les siens. A part cela, liberté totale, dit l'intervieweur.

Verbatim

[…] ¿Pero avanzando en el servicio episcopal tampoco fantaseó con esa posibilidad?
Después de que estuve 15 años en puestos de mando en los que me fueron poniendo, volví al llano, a ser confesor, cura… La vida de un religioso, de un jesuita, va cambiando según las necesidades. Y con respecto a la posibilidad, yo estaba en la lista de los papables en el otro cónclave… Pero esta vez, la segunda, por la edad, 76 años, y porque además había gente más valiosa ciertamente… Así que a mí nadie me nombraba, nadie. Además decían que era un “kingmaker” (o hacedor de reyes, como se denomina aquellos cardenales que debido a su experiencia y autoridad son más capaces que otros para pesar en el resultado electoral), que podía influir en los cardenales latinoamericanos para que votaran. Tanto era el asunto que ni una foto mía salió en los diarios, nadie pensaba en mí. En las casas de apuestas de Londres estaba en el número 46 (se ríe con ganas). Yo tampoco pensaba en mí, ni se me ocurría.
(La Voz del Pueblo)

NdT : Le journaliste vient de demander à François s'il avait jamais rêvé devenir Pape et celui-ci lui a répondu un non franc et massif. Beretta insiste.

[…]-  Mais en avançant dans le service épiscopale, vous n'avez jamais songé à cette possibilité ?
- Après avoir passé quinze ans dans des postes hiérarchiques que l'on m'a imposés, je suis retourné à la base, j'étais confesseur, simple prêtre... La vie d'un religieux, d'un jésuite change au gré des besoins. Et pour ce qui concerne cette possibilité, j'étais sur la liste de papabili au conclave précédent... Mais cette fois-ci, la seconde, vu mon âge, 76 ans, et parce qu'en plus il y avait des gens beaucoup plus intéressants c'est sûr... Tant et si bien que personne ne parlait de moi, personne. En plus, on disait que j'étais un faiseur de roi (comme on appelle ces cardinaux qui grâce à leur expérience et leur autorité sont plus capables que d'autres de peser sur le résultat électoral), que je pouvais influencer les cardinaux latino-américains dans leur vote. Et c'était au point que pas une photo de moi n'est sortie dans les journaux, personne ne pensait à moi. Chez les bookmakers à Londres, j'avais le numéro 46 (et il rit de bon cœur). Moi non plus, je ne pensais pas à moi, cela ne me venait même pas à l'esprit.
(Traduction © Denise Anne Clavilier)

¿A pesar de que en 2005 fue el segundo más votado luego de Ratzinger?
Esas son cosas que se dicen. Lo cierto es que al menos en la otra elección estaba en los diarios, aparecía entre los papables. Adentro era claro que tenía que ser Benedicto y hubo casi unanimidad por él y eso a mí me gustó mucho. Era clara su candidatura, en la segunda no había ningún candidato claro. Había varios posibles, pero ninguno fuerte. Por eso me vine a Roma con lo puesto y con pasaje para volver el sábado a la noche y poder estar en Buenos Aires en el Domingo de Ramos. Incluso dejé hecha mi homilía sobre el escritorio. Nunca pensé que iba a pasar.
(La Voz del Pueblo)

- Malgré le fait qu'en 2005, vous avez été le second en voix derrière Ratzinger ?
- Ça, c'est ce qui se raconte (1). Ce qui est vrai c'est que lors de l'élection précédente, oui, au moins, j'étais dans les journaux, je comptais parmi les papabili. Dedans, il était clair qu'il fallait que ce soit Benoît et il y a presque eu l'unanimité pour lui et cela m'a fait très plaisir. Sa candidature était évidente, la dernière fois il n'y avait aucun candidat évident. Il y en avait beaucoup de possible mais aucun vraiment fort. C'est pour cela que je suis venu à Rome avec ce que j'avais sur moi et le billet de retour pour rentrer dans la nuit du samedi et pouvoir être à Buenos Aires pour le dimanche des Rameaux. J'avais même laissé mon homélie écrite sur mon bureau. Je n'ai jamais pensé qu'il allait se passer ça.
(Traduction © Denise Anne Clavilier)

¿Y cuándo fue elegido qué sintió?
Antes de la elección definitoria sentí mucha paz. “Si Dios lo quiere…”, pensé. Y me quedé en paz. Mientras que se hacían los escrutinios, que son eternos, yo rezaba el rosario, tranquilo. Tenía a mi lado a mi amigo el cardenal Claudio Hummens, que en una votación anterior a la definitiva me decía, “no te preocupes eh, que así obra el Espíritu Santo…” (vuelve a reírse).
¿Y lo asumió enseguida?
Me llevaron a la Sacristía, me cambiaron la sotana, y a la cancha. Y ahí dije lo que me vino.
Fue algo natural entonces.
Sí, sentí mucha paz y dije lo que me vino del corazón.
(La Voz del Pueblo)

- Et quand vous avez été élu, qu'avez-vous ressenti ?
- Avant l'élection définitive, j'ai ressenti une grande paix. J'ai pensé : Si Dieu le veut... Et j'ai été en paix. Pendant qu'on procédait aux scrutins qui durent à n'en plus finir, je priais le chapelet tranquillement. J'avais à côté de moi mon ami, le cardinal Claudio Hummens, qui lors d'un tour de scrutin antérieur m'avait dit : ne t'inquiète pas, hein ? C'est le Saint-Esprit qui est à l'œuvre (il rit à nouveau).
- Et vous l'avez assumé tout de suite ?
- On m'a conduit à la Sacristie, on m'a donné une nouvelle soutane, et au boulot ! (2) Et là, j'ai dit ce qui me venait.
- Cela a été quelque chose de naturel par conséquent ?
- Oui, j'ai ressenti une grande paix et j'ai dit ce qui me venait du cœur.
(Traduction © Denise Anne Clavilier)

¿Disfruta de la audiencia pública?
Sí, lo disfruto en un sentido humano y espiritual, las dos cosas. La gente me hace bien, me tira buena onda, como se dice. Es como que mi vida se va involucrando en la gente. Yo, psicológicamente, no puedo vivir sin gente, no sirvo para monje, por eso me quedé a vivir acá en esta casa (en la residencia de Santa Marta). Esta es una casa de huéspedes, hay 210 piezas, vivimos 40 personas que trabajamos en la Santa Sede y los otros son huéspedes, obispos, curas, laicos, que pasan y se hospedan acá. Y eso a mí me hace muy bien. Venir aquí, comer en el comedor, donde está toda la gente, tener la misa ésa donde cuatro días a la semana viene gente de afuera, de las parroquias… Me gusta mucho eso. Yo me hice cura para estar con la gente. Doy gracias a Dios que eso no se me haya ido.
(La Voz del Pueblo)

- L'audience publique, c'est quelque chose que vous aimez ?
- Oui, c'est quelque chose que j'aime dans un sens humain et spirituel, les deux dimensions. Les gens me font du bien, ils m'envoient des bonnes ondes comma on dit (3). C'est comme si ma vie venait s'imbriquer dans celle des gens. Psychologiquement, moi, je ne peux pas vivre sans les gens, j'aurais fait un bien piètre moine (4). C'est pour ça que je me suis installé ici, dans cette maison (la résidence Sainte Marthe). C'est une maison qui accueille des hôtes, il y a 210 chambres, nous sommes 40 qui travaillons au Saint Siège et qui y habitons et les autres sont des pensionnaires, des évêques, des prêtres, des laïcs de passage qui s'arrêtent ici. Et ça, moi, ça me fait du bien. Venir ici, manger dans le réfectoire, là où il y a tout le monde, avoir cette belle messe où quatre jours dans la semaine viennent des gens du dehors, des paroisses (5)... J'aime beaucoup ça. Je me suis fait prêtre pour être avec les gens. Je rends grâce à Dieu de ne pas avoir perdu cela.
(Traduction © Denise Anne Clavilier)

¿Qué añora de su vida previa al papado?
Salir a la calle. Eso sí lo añoro, la tranquilidad de caminar por las calles. O ir a una pizzería a comer una buena pizza (se ríe).
Puede pedir un delivery al Vaticano.
Sí, pero no es lo mismo, la cuestión es ir allí. Yo siempre fui callejero. De cardenal me encantaba caminar por la calle, ir en colectivo, subte. La ciudad me encanta, soy ciudadano de alma. No podría vivir en una ciudad como la tuya por ejemplo, me costaría mucho… No, Tres Arroyos no es tan chico, sí podría vivir ahí. En el campo no podría vivir.
(La Voz del Pueblo)

- Que regrettez-vous de votre vie avant d'être pape ?
- Sortir dans la ville. Cela, oui, je le regrette, la tranquillité de marcher dans la rue. Ou aller dans une pizzeria manger une bonne pizza (il rit).
- Vous pouvez commander à un traiteur au Vatican.
- Oui, mais ce n'est pas la même chose, le truc c'est d'y aller. J'ai toujours été un homme qui aimait la rue. Quand j'étais cardinal, j'aimais énormément marcher dans la rue, prendre le bus, le métro. La ville m'enchante, je suis un citadin dans l'âme. Je ne pourrais pas vivre dans une ville (6) comme la tienne par exemple, ça me pèserait beaucoup... Non, Tres Arroyos n'est si petit, si je pourrais vivre là. A la campagne, je ne pourrais pas vivre.
(Traduction © Denise Anne Clavilier)

¿De noche puede descansar, se desconecta?
Yo tengo un sueño tan profundo que me tiro en la cama y me quedo dormido. Duermo seis horas. Normalmente a las nueve estoy en la cama y leo hasta casi las diez, cuando me empieza a lagrimear un ojo apago la luz y ahí quedé hasta las cuatro que me despierto solo, es el reloj biológico. Eso sí, después necesito la siesta. Tengo que dormir de 40 minutos a una hora, ahí me saco los zapatos y me tiro en la cama. Y también duermo profundamente, y también me despierto solo. Los días que no duermo la siesta lo siento.
(La Voz del Pueblo)

- La nuit, vous pouvez vous reposer, vous déconnectez ?
- J'ai le sommeil si profonde que je m'allonge sur le lit et je m'endors. Je dors six heures. Normalement, à 9h, je suis au lit et je lis presque jusqu'à 10h, quand l'œil commence à pleurer, j'éteins la lumière et je reste jusqu'à 4h du matin où je me réveille de moi-même, c'est un réveil biologique. Evidemment, après j'ai besoin d'une sieste. J'ai besoin de dormir entre 40 minutes et une heure, j'enlève mes chaussures et je m'allonge sur le lit. Et là aussi, je dors profondément et je me réveille tout seul. Les jours où je ne fais pas la sieste, je le ressens.
(Traduction © Denise Anne Clavilier)

¿A qué le tiene miedo?
En general no tengo miedo. Soy más bien temerario, me mando sin medir consecuencias. Eso a veces me da dolores de cabeza porque por ahí se me va una palabra de más (otra vez se ríe con intensidad). En cuanto a los atentados, yo estoy en manos de Dios y en mi oración le hablé al Señor y le dije: “Mirá, si eso tiene que ser, que sea, solamente te pido una gracia, que no me duela” (se ríe), porque soy cobarde al dolor físico. El dolor moral lo aguanto, pero el físico, no. Soy muy cobarde en eso, no es que le tenga miedo a una inyección, pero prefiero no tener problemas con el dolor físico. Soy muy intolerante, lo asumo como algo que me quedó de la operación de pulmón que me realizaron cuando tenía 19 años.
(La Voz del Pueblo)

- Qu'est-ce qui vous fait peur ?
- En général, je n'ai pas peur. Je suis plutôt du genre téméraire, j'avance sans mesurer les conséquences auparavant. Il y a des fois où ça me cause des ennuis parce que ici ou là il m'échappe un mot de trop (il rit une nouvelle fois aux éclats). Et pour ce qui est des attentats, je suis dans la main de Dieu et dans ma prière, j'en ai parlé au Seigneur et je lui ai dit : Regarde, s'il fallait que ça arrive, je ne te demande qu'une seule grâce, que ça ne me fasse pas mal (il rit) parce que j'ai la frousse de la douleur physique. La douleur morale, je la prends sur moi mais la douleur physique, non. J'ai vraiment la frousse là-dessus. Non pas que j'ai peur d'une piqûre, mais je préfère ne pas avoir affaire à la douleur physique. Je ne la supporte pas, je prends ça comme quelque chose qui me reste de l'opération au poumon qu'on m'a faite quand j'avais 19 ans. (7)
(Traduction © Denise Anne Clavilier)

¿Siente presión?
Las presiones existen. Toda persona de gobierno siente presiones. En este momento lo que más me cuesta es la intensidad que hay de trabajo. Estoy llevando un ritmo de trabajo muy fuerte, es el síndrome del fin del año escolar, que acá termina a fin de junio. Y entonces se juntan mil cosas, y problemas hay... Y después están los problemas que te arman, con que dije o no dije… Los medios de comunicación también toman una palabra y por ahí la descontextualizan. El otro día en la parroquia de Ostia, cerca de Roma, voy saludando a la gente, y habían puesto a los ancianos y a los enfermos en el gimnasio. Estaban sentados y yo pasaba y los saludaba. Entonces dije: “Miren qué divertido, acá donde jugaban los chicos están los ancianos y los enfermos. Yo los comprendo a ustedes porque también soy anciano y también tengo mis achaques, soy un poco enfermo”. Al otro día salió en los diarios: “El Papa confesó que estaba enfermo”. Contra ese enemigo no podés.
(La Voz del Pueblo)

- Vous subissez des pressions ?
- Les pressions existent. Toute personne qui exerce un pouvoir subit des pressions. En ce moment, ce qui me pèse le plus, c'est l'intensité du travail. Je soutiens un rythme de travail très soutenu, c'est le syndrome de la fin de l'année scolaire, qui ici se termine à la fin du mois de juin (8). Alors il y a mille choses qui se bousculent et des problèmes, il y en a... Et après il y a les problèmes qu'on te monte, avec ce que j'ai dit ou ce que je n'ai pas dit... Les médias aussi citent un mot et le sortent de son contexte. L'autre jour, à la paroisse d'Ostie, près de Rome, je vais saluer les gens et on avait mis les vieux et les malades dans le gymnase. Ils étaient assis et moi je passais et je les saluais. Alors j'ai dit : regardez comme c'est drôle. Là où les petits jouent, c'est là que sont les vieux et les malades. Et moi je vous comprends parce que moi aussi je suis vieux et j'ai aussi mes petits tracas de santé, je suis un peu malade. Et l'autre jour, les journaux ont dit : Le Pape a reconnu qu'il était malade. Contre cet ennemi-là, tu ne peux rien faire.
(Traduction © Denise Anne Clavilier)


¿Y está encima de todo lo que se publica?
No, no. Diario leo solamente uno, La Repubblica, que es un diario para sectores medios. Lo hago a la mañana y no me lleva más de 10 minutos ojearlo. Televisión no veo desde el año 1990 (se toma el tiempo para responder). Es una promesa que le hice a la Virgen del Carmen en la noche del 15 de julio de 1990.
¿Por un motivo en particular?
No, no, me dije esto “no es para mí”.
¿No ve los partidos de San Lorenzo?
No veo nada.
¿Cómo se entera de los resultados?
Hay un guardia suizo que todas las semanas me deja los resultados y cómo va en la tabla.
(La Voz del Pueblo)

- Etes-vous au courant de tout ce qui se publie ?
- Non, non. Pour les journaux, je n'en lis qu'un, La Repubblica, qui est un journal centriste. Je le fais le matin et je ne passe pas plus de 10 minutes à le feuilleter. La télévision, je ne la regarde plus depuis 1990 (il prend son temps pour répondre). C'est une promesse que j'ai faite à la Vierge du Carmel dans la nuit du 15 juillet 1990.
- Pour un motif en particulier ?
- Non, non, je me suis dit Ce n'est pas pour moi.
- Vous ne regardez pas les matches du San Lorenzo ?
- Je ne regarde rien.
- Comment vous informez-vous des résultats ?
- Il y a un garde suisse qui toutes les semaines me note les résultats et comment ça se passe sur le tableau.
(Traduction © Denise Anne Clavilier)

¿Cómo ve a la Argentina desde el Vaticano?
Como un país de muchas posibilidades y de tantas oportunidades perdidas. Como decía el cardenal Quarracino. Y es verdad. Somos un país que ha perdido tantas oportunidades a lo largo de la historia. Algo pasa, con toda la riqueza que tenemos. Como el cuento de los embajadores de los países que se fueron a quejar a Dios porque a los argentinos le habían dado tantas riquezas y a ellos solamente una, o la agricultura o la minería. Dios los escuchó y les contestó: “No, perdón, para balancear les di los argentinos”.
¿Sigue la evolución de la política en Argentina?
No, para nada, corté acá la recepción de políticos porque me di cuenta de que algunos usaban eso y mi foto, aunque también es cierto que algún otro ni dijo que había estado conmigo y ni se sacó la foto. Pero para evitar eso, los políticos en audiencia privada, no. Si vienen van a las audiencias generales, los saludo. Pero no sé cómo van las elecciones ni quiénes son los candidatos. Me imagino quiénes deben ser los principales, pero no sé tampoco cómo van las tensiones. Sé que en las PASO de Buenos Aires ganó el PRO porque lo vi en el diario, salió hasta en La Repubblica.
(La Voz del Pueblo)

- Comment voyez-vous l'Argentine depuis le Vatican ?
- Comme un pays qui a un grand potentiel et qui a manqué beaucoup d'occasions. Comme disait le cardinal Quarracino (9). Et c'est vrai. Nous sommes un pays qui a manqué tant d'occasions au long de l'histoire. Il y a un truc avec toute la richesse que nous avons. Comme l'histoire des ambassadeurs des pays qui sont allés se plaindre à Dieu parce qu'il avait donné tellement de richesses aux Argentins et à eux seulement une, soit l'agriculture soit des mines. Dieu les a écoutés et il leur a répondu : "Non, pardon, pour compenser, je leur ai donné les Argentins". (10)
- Vous suivez l'évolution de la politique en Argentine ?
- Non, absolument pas, j'ai interrompu la réception des hommes politiques parce que je me suis rendu compte du fait que quelques uns s'en servaient, de ça et de ma photo, même s'il est vrai que tel ou tel n'a même pas raconté qu'il m'avait vu et n'a pas fait prendre la photo. Mais pour éviter ça, les hommes politiques en audience privée, non. S'ils viennent, ils vont aux audiences générales, je les salue. Mais je ne sais pas comme se passent les élections ni qui sont les candidats. J'imagine lesquels jouent les rôles principaux mais je ne sais pas non plus où en sont les tensions. Je sais que dans les primaires à Buenos Aires le PRO a gagné parce que je l'ai vu dans le journal, c'est sorti jusque dans La Reppublica.
(Traduction © Denise Anne Clavilier)

¿Cuáles son los peores males que aquejan al mundo hoy?
Pobreza, corrupción, trata de personas… Me puedo equivocar en la estadística, pero qué me decís si te pregunto ¿qué ítem viene en gasto en el mundo después de alimentación, vestido y medicina? El cuarto son los cosméticos y el quinto las mascotas. Es grave eso, eh. El cuidado de las mascotas es como el amor un poco programado, es decir, yo puedo programar la respuesta amorosa de un perro o de una gatita, y ya no necesito tener la experiencia de un amor de reciprocidad humana. Estoy exagerando, que no se tome textual, pero es para preocuparse.
¿Por qué siempre repite “recen por mí”?
Porque lo necesito. Yo necesito que me sostenga la oración del pueblo. Es una necesidad interior, tengo que estar sostenido por la oración del pueblo.
(La Voz del Pueblo)

- Quels sont les pires maux qui affectent le monde aujourd'hui ?
- La pauvreté, la corruption, la traite des êtres humains... Je peux me tromper dans les statistiques mais qu'est-ce que tu me dis si je te demande : en terme de gaspillage, quel élément vient derrière les aliments, les vêtements et la médecine ? Le quatrième ce sont les cosmétiques et le cinquième les animaux domestiques. C'est grave, ça, non ? Prendre soin des animaux domestiques c'est comme l'amour un peu programmé, je veux dire que je peux programmer la réponse d'amour d'un chien ou d'une petite chatte et que je n'ai plus besoin de faire l'expérience d'un amour de réciprocité humaine. J'exagère un peu là, ne me prends pas au pied de la lettre mais il y a de quoi s'inquiéter.
- Pourquoi répétez-vous toujours "Priez pour moi" ?
- Parce que j'en ai besoin. J'ai besoin que la prière du peuple me soutienne. C'est un besoin intérieur, il faut que je sois soutenu par la prière du peuple.
(Traduction © Denise Anne Clavilier)



Pour aller plus loin :
lire l'intégralité de l'interview sur le site de La Voz del Pueblo
lire l'article du journaliste sur le déroulé de l'entretien
lire l'article de La Prensa sur les propos du Pape sur l'Argentine
lire l'article de La Prensa sur les propos du Pape sur les incidents de football qui ont lieu la semaine dernière à Buenos Aires entre certains supporters de Boca Juniors et les joueurs du River Plata (la guerre civile entre les deux clubs en est venue à des violences physiques sur le terrain)
lire l'article de Página/12
Quant à La Nación, elle a préféré donner la parole au rédacteur en chef de Criterio, José María Poirier, qui analyse à sa façon le présent pontificat avec un article imprimé et une interview d'une vingtaine de minutes en vidéo intégrée sur le site Internet du journal.
Lire aussi le résumé (long) en français effectué par Radio Vatican (texte écrit).
On trouve l'intégralité de l'interview en italien dans l'édition de L'Osservatore Romano datée des 25 et 26 mai 2015. Elle occupe l'intégralité de la page 5 (sur les huit que compte le journal).


(1) Même alors qu'il n'était que cardinal, le Pape François ou le cardinal Jorge Mario Bergoglio (de toute manière c'est le même homme) a toujours refusé de commenter ces rumeurs. Souvent il a rappelé à son interlocuteur le serment que prêtent les prélats en entrant en conclave de maintenir le secret absolu sur ce qu'il s'y passe. Certains vaticanologues distingués disent à qui veut l'entendre qu'ils ont eu des confidences de cardinaux restés anonymes (ben tiens!), lesquels prétendraient que Bergoglio a refusé l'élection lorsqu'elle s'est dessinée lors du conclave qui a suivi la mort de Jean-Paul II. Ils avancent même des détails tels qu'ils pourraient passer pour témoins des scènes qui se sont tenues dans la chapelle Sixtine. Et quand bien même les cardinaux en question auraient ouvert la bouche, leur parole est sujette à caution eu égard au grave manquement à un serment de secret absolu qu'elle constituerait. On ne plaisante pas avec ces notions-là dans l'Eglise catholique !
(2) Il emploie ici une métaphore footballistique. La cancha, c'est le terrain de jeu.
(3) C'est une expression très courante en Argentine pour dire qu'on se sent bien dans une relation avec une personne déterminée.
(4) Dans le vocabulaire de l'Eglise, le moine est cloîtré et ne sort pas du monastère (c'est le cas des chartreux, des bénédictins, des carmes...). Sinon, il s'agit d'un religieux, il vit dans un couvent et en sort régulièrement pour l'exercice de son ministère (dominicains, franciscains ou jésuites).
(5) Du lundi au jeudi, le Pape reçoit des délégations des paroisses romaines à la messe de la férie ou des fêtes (hors solennités) qu'il préside dans la chapelle de Casa Santa Marta, à 7h du matin. Dans la première année du pontificat, il y invitait les salariés du Vatican, service par service, pour faire connaissance avec eux.
(6) Tres Arroyos est une petite bourgade en pleine campagne, une espèce de village à l'échelle de Buenos Aires (ou même de Rome ou Paris ou Bruxelles).
(7) A 19 ans, Jorge Bergoglio a été amputé d'un poumon à cause d'une pneumonie très résistante. Les conditions de traitement de la douleur à l'époque étaient très sommaires et il a souffert le martyr pendant plusieurs mois à l'hôpital. C'est un épisode de sa vie qu'il a raconté dans un livre-interview paru en Argentine pour ses 75 ans, alors qu'on pensait qu'il allait quitter l'archevêché de Buenos Aires puisqu'il était atteint par la limite d'âge mais Benoît XVI a refusé sa démission et l'a maintenu dans sa mission jusqu'à son propre renoncement au ministère pétrinien.
(8) Du fait de l'inversion des saisons entre les deux hémisphères, en Argentine, l'année scolaire et l'année de travail prennent fin quelques jours avant Noël. Donc toutes les années correspondent : l'année civile, la saison artistique, l'école et le monde du travail.
(9) Son prédécesseur à l'archidiocèse de Buenos Aires.
(10) Il aime bien cette blague d'auto-dérision, ce n'est pas la première fois que je l'entends dans sa bouche (la première fois, c'était avant son élection).