mercredi 22 février 2017

Samedi, San Martín clôt la Fiesta del Sol [Bicentenaire]


Dans trois jours, samedi 25 février 2017, ce sera la clôture de la Fiesta del Sol, le grand rendez-vous festif et culturel de San Juan, au pied des Andes.

Dans l'autodrome El Zonda, les spectateurs, sanjuaninos et touristes, pourront assister à un méga-show intitulé General San Martín, 1817-1850, Sueños de libertad el cruce de los Andes. Cela se présente comme des dates de vie mais ce n'en est pas : la date de 1817 signale la Traversée des Andes (cruce de los Andes) et l'épopée de la reconquête du Chili par les révolutionnaires et 1850 est bel et bien l'année de la mort du héros, qui a fini ses jours en plein été septentrional, à Boulogne-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais.

Le père et le fils face à face et déjà dans la peau du personnage, semble-t-il

Et ce sont le père et le fils qui vont interpréter le rôle du héros national, l'un dans la vigueur de ses quarante ans et l'autre dans ses vieux jours, sur la Côte d'Opale, Benjamín et Guillermo Kuchen. Tous les deux se ressemblent et c'est à eux que l'idée est venue de relever ce défi, pour saluer cette année du bicentenaire. Benjamín Kuchen n'est pas acteur de profession, contrairement à son fils, qui fait une belle carrière dans sa province natale. C'est un universitaire, qui a été recteur de l'Université Nationale de San Juan et s'est même présenté au gouvernorat provincial, sans réussir à être élu.

Sur scène, samedi, il y aura 400 personnes pour évoquer les grands moments de la vie du général, qui est encore un peu plus aimé dans cette région de Cuyo qu'il a gouvernée entre 1814 et 1816, qu'il ne l'est dans le reste du pays, et parmi ces 400 comédiens, une bonne partie de la famille Kuchen.

En coulisse
(le père se fait déjà la tête de l'emploi, le fils se contente des favoris fournis du Gran Capitán)

Les deux interprètes ont avoué à Diario de Cuyo que le personnage était bien lourd à porter et les écrasait quelque peu du poids symbolique qu'il porte dans tout le pays : jouer le rôle du "Padre de la Patria", il y a de quoi avoir un peu le trac !

Malheureusement, sur les photos des répétitions, on voit nettement que la Fiesta del Sol a opté pour évoquer le José de San Martín qui n'a jamais existé, un personnage autoritaire, peu chaleureux, au visage revêche. Un stéréotype que tous les Argentins traînent dans leur imaginaire et qui ne correspond en rien au San Martín de l'histoire, qui était un homme charmant, au sourire ravageur, cordial, courtois, toujours fraternel et aimable.


Alors pourquoi cette image d'Epinal en type pas commode du tout, limite patibulaire ? Parce qu'aucune des représentations que nous avons de lui de son vivant ne le montre souriant et que sur les deux seuls daguerrotypes qui nous soient parvenus et qui datent tous les deux de la même séance de photographie, il montre un air très sévère... Mais essayez donc de sourire pendant la longue pose devant l'appareil de Daguerre, sans créer une impression de flou !
Cette image est si prégnante que souvent les Argentins n'arrivent même pas à s'imaginer que San Martín avait de l'humour. Ce qui est d'autant plus regrettable qu'il en avait beaucoup ! Il savait aussi imiter les gens, il était capable de jouer des tours pendables à ses amis, de faire de véritables sketches lorsqu'il était en société et en confiance... Mendoza garde en mémoire cette anecdote où il remplaça les étiquettes des bouteilles de vin qu'il allait faire servir à table pour prouver à ses hôtes qu'ils avaient bien tort de critiquer la qualité des vins mendocins dans lesquels ils allaient croire reconnaître le bouquet caractéristique d'un vin de Malagá, nettement mieux noté chez les notables argentins de 1823. Ajoutez que ces portraits sévères furent une convention de la peinture occidentale jusque dans les années 1850 et la généralisation des minoteries qui donnèrent aux boulangers la farine industrielle, beaucoup plus pure et de meilleure qualité diététique. Comment voulez-vous représenter des sourires à une époque où la farine, même la plus fine, comporte 10 à 20% de sable, produit par l'usure des meules du moulin ? La plupart des gens avaient les dents gâtées par la nourriture et le peu d'efficacité des soins dentaires. La convention était donc de donner à tout le monde une expression sévère. Quelques peintres nous ont laissé deviner le sourire de leurs modèles mais ils sont très rares. Parmi ceux-là, le peintre belge qui a réalisé le portrait de San Martín que j'ai choisi pour la couverture de San Martín par lui-même et par ses contemporains (Editions du Jasmin)...

Le vrai San Martín est là et non pas dans ces mines renfrognées que Benjamín et Guillermo Kuchen préparent à San Juan, à grand renfort de grimages en tout genre, pour ce dernier week-end des grandes vacances d'été.

jeudi 16 février 2017

Ce soir, le Juglar fait sa rentrée au CAFF [à l'affiche]


En cette période de carnaval, l'auteur-compositeur interprète murguero Ariel Prat à la coiffure de pirate fait sa rentrée au CAFF, rue Sánchez de Bustamante 772, ce soir, jeudi 16 février 2017, à 21h30.

Il reprendra le même spectacle le 23 février.

Pour le moment, Buenos Aires fait son carnaval tous les week-ends de février. La fête culminera pendant les quatre jours précédant l'entrée en carême, les dimanche, samedi, lundi et mardi gras, à la fin du mois.

Pour en savoir plus sur Ariel Prat, cliquez sur son nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.

La Academia Nacional del Tango a repris le collier [Actu]

L'affiche concernant l'atelier d'initiation à la musique continue
avec cette image de flûte qui évoque la carte de l'Argentine
La Academia Nacional del Tango vient de rouvrir ses portes pour préparer la rentrée du début mars. Elle a ouvert les inscriptions pour le premier quadrimestre des ateliers grand public en musique et en poésie de la nouvelle année scolaire 2017.

Ces séminaires de formation entre dans leur onzième année.

L'atelier de formation des futurs paroliers

Les personnes intéressés doivent résider à Buenos Aires ou dans sa proche banlieue pour participer aux cours à partir du mois d'avril prochain.

Le deuxième séminaire d'initiation à la musique ne peut être suivi
que par les stagiaires ayant déjà fait le premier niveau

dimanche 12 février 2017

Il y a deux cents ans aujourd'hui, San Martín et O'Higgins rendaient sa liberté au Chili [Bicentenaire]

Edition spéciale de la Gaceta de Buenos Aires, le 27 février 1817
pour faire connaître à toutes les Provinces Unies le succès des armes de la Patrie !
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Le 12 février 1817, l'Armée des Andes, sous la direction de San Martín, arrivée la veille dans les hauteurs qui surplombent Santiago, battait à plate couture les forces coloniales favorables à l'Ancien Régime, après une traversée de trois semaines dans la montagne... Le rapport de victoire que San Martín envoya à Buenos Aires à cette occasion est repris intégralement et traduit dans San Martín par lui-même et par ses contemporains, que j'ai publié aux Editions du Jasmin. Aussitôt ce rapport reçu, la Gaceta de Buenos Aires le publiait et mettait la victoire en une de son édition.

Le centenaire de la Traversée des Andes à Mendoza
dans Caras y Caretas du 24 février 1917
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Aujourd'hui, le bicentenaire est célébré sur le champ de bataille, en présence des deux chefs d'Etat, Michelle Bachelet pour le Chili et Mauricio Macri pour l'Argentine. Les deux chefs d'Etat ont prévu de joindre l'utile à l'agréable en tenant une rencontre politique dans l'après-midi, au palais de la Moneda à Santiago même.

On est dimanche et la presse argentine ne s'intéresse guère à cet anniversaire.

Reportage de Caras y Caretas
sur la reconstitution du centenaire de la Traversée
Edition du 3 mars 1917
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Il y a cents ans, l'hebdomadaire illustré Caras y Caretas n'avait pas non plus rendu compte du centenaire. D'abord parce que le Chili, cela n'intéressait guère le public à cette époque-là ! Après tout, le Chili était plus l'ennemi qu'autre chose. Ensuite, parce que l'actualité était chargée en février 1917 : entrée en guerre des Etats-Unis, villégiature à Mar del Plata de l'aristocratie nationale, carnavals aux quatre coins du pays... Sachons gérer les priorités !

A la page suivante
Dans la photo du dessous, on voit encore l'hôtel du Puente del Inca qui était encore exploité
Aujourd'hui, ce très bel établissement thermal est abandonné et tombe en ruine

Pour aller plus loin :
lire l'article de La Nación qui parle de la visite de Macri au Chili mais fait le service minimum sur l'histoire
lire l'article de El Zonda de San Juan, de la province homonyme, nettement plus intéressé à la commémoration
lire l'article de Los Andes, qui, à Mendoza, a choisi de publier un article de vulgarisation historique de bonne qualité.

jeudi 9 février 2017

La rentrée de Jacqueline Sigaut [à l'affiche]


La chanteuse Jacqueline Sigaut se produire à Circé ce samedi 11 février 2017, avenida Córdoba 4335, et comme d'habitude, elle sera accompagnée par son pianiste fétiche, Victor Simón.

Dans le paysage d'été de Buenos Aires, c'est un récital qu'on ne peut que recommander !

mardi 7 février 2017

La Villa 31 devient un quartier comme les autres [Actu]

Photo Matías Repetto, pour GCBA

Le gouvernement de Horacio Rodríguez Larreta, successeur de Mauricio Macri à la tête de la Ville Autonome de Buenos Aires, est en train de réussir là où son prédécesseur ne semblait même pas bouger. Les électeurs de Macri que je connais m'explique qu'il était empêché d'agir par les bâtons que Cristina Kirchner lui mettait systématiquement dans les roues depuis la Casa Rosada. Il faut croire que cela peut être la bonne explication.

Le chef de gouvernement portègne a reçu hier la livraison des premiers travaux de viabilisation du bidonville Villa 31 dans le quartier de Retiro, près de la gare routière : la rue a été cimentée, des trottoirs ont été dallés comme ils le sont dans le reste de la ville, des réverbères ont été installés ainsi que l'eau courante et le tout-à-l'égout.

Photo GCBA publiée par La Nación

C'est un rêve qui devient réalité, a déclaré le chef de gouvernement, justement fier de ces progrès pour les 2.300 Portègnes qui vivent dans les rues 104 et 12 et il est vrai que les photos qui ont été publiées nous montrent un quartier méconnaissable.

Pour en savoir plus :
lire le communiqué officiel du Gouvernement de la Ville de Buenos Aires.

lundi 6 février 2017

Réédition d'une biographie de Enrique Santos Discépolo [Disques & Livres]

Pour une meilleure résolution, cliquez sur l'image

Página/12 a publié hier, dans son supplément dominical Radar, qui fait cette semaine sa une sur Juan Tata Cedrón, un article sur la réédition de la biographie de Sergio Pujol, excellent historien de la musique, avait consacrée en 1997 à l'auteur-compositeur, comédien et cinéaste Enrique Santos Discépolo, à qui l'on doit des chef d'œuvres du répertoire du tango comme Uno, Esta noche me emborracho, Confesión, Cafetín de Buenos Aires, Victoria, etc. (1)

Pour en savoir plus sur cette réédition, lire l'article de Página/12.

Deux autres biographies du même artiste peuvent être conseillées : celle de Norberto Galasso, Discépolo y su época, Corregidor, 1995 et celle de Horacio Ferrer et Luis Sierra, Discepolín, Poeta del hombre que está solo y espera, Editorial Sudamericana, 2004.

Pour découvrir Discépolo et son apport au tango, vous pouvez visiter les pages qui lui sont consacrées dans l'encyclopédie argentine spécialisée en ligne Todo Tango.



(1) Plusieurs de ces titres sont présentés en version bilingue dans Barrio de Tango, mon anthologie parue en mai 2010 aux Editions du Jasmin.

La professionnalisation de l'administration est en marche [Actu]

La Nación a mis l'information en une (sans photo)
Pour lire la page, cliquez dessus

Mauricio Macri l'avait non pas promis mais largement envisagé pendant la période de transition en novembre et décembre 2015, juste avant sa prise de fonction présidentielle : il voulait un personnel d'administration de l'Etat qui soit professionnel et donc instituer des carrières dans ce domaine.

C'est ce qui devrait se concrétiser à partir de cette année : le gouvernement argentin vient d'annoncer un plan pluriannuel de formation diplomante pour les salariés de l'Etat fédéral. Les agents publics devront se soumettre à ce parcours et passer des examens, dont les résultats seront sanctionnés sur le bulletin de salaire par des primes en cas de réussite et des baisses en cas d'échec.

C'est le ministère de la Modernisation de l'Etat qui est chargé de mettre en œuvre ce plan qui lui avait été demandé par le Président au cours de l'année passée.

Cette année 2017, 85 000 agents publics de l'administration centrale devraient se former. Ils travaillent à la présidence, dans les ministères, au Trésor Public, au PAMI (le système social pour les retraités) et à l'INCAA, l'institut national du cinéma et de l'audiovisuel.

Ce programme exige une réorganisation complète de l'Institut National d'Administration Publique, créé en 1973 et qui n'a pratiquement jamais servi à grand chose. L'INAP est doté cette année d'un budget de 60 millions de pesos pour mettre en place 216 formations, dont 42% en groupes (le reste pouvant être dispensé sous forme de cours par correspondance). La plupart des cours en groupes seront donnés à Buenos Aires, dans un bâtiment en rénovation situé sur Avenida Belgrano (cela tombe bien : Manuel Belgrano (1770-1820) a fait beaucoup lui-même en son temps, entre 1794 et 1810, pour que les agents publics aient une expertise effective).

Pour aller plus loin :

vendredi 3 février 2017

Hier, reconstitueurs à la frontière [Bicentenaire]


Hier, 2 février 2017, les reconstitueurs qui refont la Traversée des Andes, dans des conditions nettement améliorées, ont atteint la frontière entre l'Argentine et le Chili. Cela a donné lieu à de grandes festivités, avec force musique, force danse et beaucoup de toasts, entre deux régions viticoles de part et d'autre de la cordillère !

L'armée de terre argentine a publié un petit clip vidéo de ce beau moment de partenariat entre les deux pays qui se sont si longtemps regardés en chiens de faïence après cette grande épopée émancipatrice.

On a dansé sur les sommets !

La ministre argentine Patricia Bullrich, qui participe à l'expédition, a pleuré d'émotion en passant par l'endroit où San Martín et O'Higgins sont passés eux-mêmes il y a deux cents ans...

Pour en savoir plus :
lire l'article de El Tiempo de San Juan qui reprend la prise de parole de Patricia Bullrich (difficile à comprendre bien à cause du vent qui souffle en altitude et qui trouble la prise de son comme celle de l'image).

vendredi 27 janvier 2017

Ce week-end, San Juan fait SON Bicentenaire [Bicentenaire]

Un des 11 précédents du Cruce de los Andes a lomo de mulas

Ce soir, San Juan lance les manifestations de SON bicentenaire de la Traversée des Andes avec la présentation à la presse des 230 membres de la 12ème Traversée des Andes à dos de mule, une reconstitution en tout petit de l'événement historique de l'été 1817, suivie de l'inauguration de la nouvelle configuration du couvent des dominicains, où José de San Martín disposait d'une cellule, classée au patrimoine, où il rencontrait les responsables politiques de la révolution indépendantiste dans la ville, Francisco Narciso Laprida, José Ignacio de La Roza et Fray Justo Santa María de Oro (1).

La nouvelle entrée du couvent historique, sur la rue Laprida, à San Juan
Photo Diario de Cuyo

La Traversée des Andes se réalise depuis douze ans sur le chemin emprunté par la colonne principale de l'Armée des Andes, menée par San Martín lui-même, dans le sud de la province. Les expéditionnaires, comme on appelle les participants, sont traditionnellement des montagnards et des cavaliers civils (dont de nombreux touristes, argentins, chiliens et d'autres coins du monde) ainsi que des militaires qui se joignent à ce qui ressemble à une forme de pèlerinage patriotique. Ils sont assistés par des hélicoptères qui leur apportent alimentation et les secourent en cas de coup dur. Comme les héros de l'indépendance, les expéditionnaires subissent l'amplitude thermique entre le jour, environ 30°, et la nuit, vers – 10° et comme leurs ancêtres monteront à mulet et non à cheval (l'armée des Andes a emporté des chevaux mais ne les a pas fait travailler, car ces animaux, fragiles, n'auraient pas survécu aux rigueurs de l'altitude). Là s'arrêtent toutefois les ressemblances. La traversée version 2017 ne durera que 5 jours contre les trois semaines de la traversée historique. Les participants seront équipés avec la technologie d'aujourd'hui, ils seront habillés et chaussés comme il convient de nos jours. Ils auront une nourriture variée et équilibrée et la liste n'est pas finie.
Cette année, pour le bicentenaire, des reconstitueurs vont se mêler à l'expédition. Ils feront le chemin dans des uniformes copiant ceux de leurs ancêtres et porteront le paquetage reconstitué de l'Armée des Andes (c'est lourd !). L'équipée à dos de mule part dimanche, 29 janvier, et arrivera à San Felipe, au Chili, le 2 février. Un détachement de l'armée de terre chilienne, d'une trentaine de membres, est arrivé à San Juan pour participer à l'expédition. Il a été accueilli par le gouverneur Uñac lui-même hier. Cette traversée rituelle ne suivra pas exactement le chemin historique, ce qui est de toute manière impossible maintenant, tant pour des raisons matérielles que des principes de sécurité : c'est à Chacabuco, beaucoup plus au sud, que l'Armée des Andes a touché au but, le 11 février.

Carte proposée par le Diario de Cuyo
L'image de gauche est censée représenter les routes sanmartiniennes historiques mais c'est très approximatif
L'image de droite décrit les chemins que vont prendre
les pèlerins en haut à dos de mule (sur le territoire sanjuanino, en jaune pâle),
en bas à pied (sur le territoire mendocin, en gris).

Cette année, on attend des ministres nationaux au départ de l'expédition. Le ministre de l'Education vient de s'excuser (il serait retenu par d'autres obligations). Il était pourtant prévu qu'il part à dos de mulet avec les expéditionnaires. La ministre de la Sécurité devrait être là. On attendait le Président Macri et la Présidente Michelle Bachelet, mais il est plus que probable, eu égard aux incendies tragiques qui dévastent le Chili, que la mandataire transandine ne fera pas le voyage prévu. Partant, Mauricio Macri devrait lui aussi s'abstenir si tant est qu'il était véritablement attendu.

Le Camino de los Patos historique,
avec son départ de Mendoza et son arrivée à Chacabuco

Après la présentation des expéditionnaires, les autorités provinciales et municipales iront inaugurer la nouvelle porte d'entrée du couvent, qui a été percée dans ce qu'il restait du mur du cloître, plutôt que sur le côté comme c'était encore le cas en août lorsque j'ai pu faire ma conférence sur San Martín et Sarmiento, dans ce monument historique très émouvant. La nouvelle porte permet au public qui passe dans la rue d'avoir la vue sur la porte des pièces principales où San Martín résidait et tenait ses réunions de travail lorsqu'il était en visite à San Juan, l'une des deux sous-capitales de la province de Cuyo dont il était alors le gouverneur-intendant immensément populaire.

L'ancienne salle capitulaire qui accueillait les réunions de travail des quatre hommes
en août dernier, quelques minutes avant ma conférence à San Juan

Pour en savoir plus :
lire l'article du Diario de Cuyo sur la Celda Histórica (cellule historique)
lire l'article du Diario de Cuyo sur la Traversée à dos de mule
consulter le dossier thématique sur la Traversée dans le Diario de Cuyo
lire l'article de Tiempo de San Juan sur la venue de la ministre
lire la dépêche de Télam sur la 12e Expédition à dos de mule



(1) Laprida et de Oro étaient tous les deux députés de Cuyo au Congrès de Tucumán. De La Roza était le sous-gouverneur. Tous les trois ont donné leur nom à des rues, des avenues et des places dans la capitale provinciale ainsi qu'à des agglomérations.

mercredi 25 janvier 2017

La Vuelta a San Juan ou pédaler sous le soleil [à l'affiche]

Le gros titre est pour la cérémonie du bicentenaire à Mendoza
mais la photo centrale montre le peloton sur un pont traversant une spectaculaire retenue d'eau
et Tom Boonens soulevant son trophée hier soir
Cliquez sur l'image pour obtenir une haute résolution

Après le Giro del Sol (voir mon article du 6 janvier 2017), voici depuis lundi la grande course cycliste de San Juan, le tour (vuelta) de la province, avec ses paysages merveilleux sous des températures torrides (33° au thermomètre mais un ressenti beaucoup plus élevé). C'est la trente-cinquième édition de cette belle compétition internationale.

Le peloton à travers le paysage aride typiquement cuyain
Imaginez un instant que ce sont ces montagnes qu'il y a deux cents ans
l'armée des Andes a traversées pour aller libérer le Chili
Photo Diario de Cuyo

La deuxième étape a été remportée hier par le Belge Tom Boonens. Elle avait des airs d'étape du Mont-Ventoux par beau temps !
Au classement général, la première place revient à l'Italien Elia Viviani.
D'où l'impression du journaliste du Diario de Cuyo d'avoir assisté dans les paysages sanjuaninos à une étape du Tour de France (en français dans le texte) ou du Giro (en italien dans le texte).

Et il y a du monde sur la route !
Vous avez remarqué ? Les spectateurs semblent plus disciplinés que ceux du Tour de France !
Photo Diario de Cuyo

Pas mal, le paysage, non ?
Je vous assure que quand vous êtes sur la route, elle est impressionnante, la montagne !
Photo Diario de Cuyo

Aujourd'hui, la troisième étape, très courte (11,9 km), contourne la capitale provinciale, San Juan, par l'ouest, et fait un aller-retour sur le boulevard périphérique (avenida de Circunvalación), avec des problèmes horribles de circulation pour les citadins qui ne s'intéressent pas à la petite reine !

Sans commentaire !
Photo Diario de Cuyo

Revivez les exploits des coureurs et réchauffez-vous en suivant cette belle course estivale sur le site Internet du Diario de Cuyo.

Pour en savoir plus :
lire l'article de la une de ce matin sur le site Internet du Diario de Cuyo
consulter le dossier thématique sur la course
Vous pouvez également regarder l'intégralité des étapes en direct puis en différé sur la chaîne Youtube de la Vuelta a San Juan.

L'étape d'aujourd'hui. Départ à 16h30 (il fait déjà 33° sur place)
Schéma Diario de Cuyo

Hier, c'était LE bicentenaire pour Mendoza [Actu]

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Ce qui frappe tout d'abord dans les échos de cette fête qui s'est tenue hier à Las Heras, dans la proche banlieue de Mendoza, c'est le silence de la presse nationale à son propos. Le seul quotidien qui la fait figurer sur sa une, La Prensa, n'a même pas pris la peine de mettre l'article sur son site Internet ! Un peu comme il y a deux cents ans, Buenos Aires se contrefiche de ce qu'il se passe au pied des Andes (1).

Cliquez sur l'image pour une haute résolution
Le quotidien titre étrangement avec de la cuisine
sur photo de décoration de drapeau !

La cérémonie était présidée par le chef de l'Etat entouré des deux gouverneurs des Routes Sanmartiniennes, Cornejo pour Mendoza et Uñac pour San Juan, ainsi que des maires de Mendoza et de Las Heras. La vice-présidente était là aussi. Le Chili et le Pérou étaient représentés, en souvenir de l'objectif de cette grande expédition : libérer l'ensemble du sud du continent du joug absolutiste et colonial. La manifestation a rassemblé 10 000 personnes dans le relativement petit parc public qu'est devenu cette partie du camp d'instruction de l'Armée des Andes qui a échappé à l'urbanisation de la ville de Las Heras. C'est un beau succès dans cette modeste cité de banlieue.

Au sortir d'une tente de reconstitueurs, Mauricio Macri semble apprécier
l'empanada mendocina dans laquelle il a déjà mordu
Photo Casa Rosada

Grand déploiement de troupes en uniforme de parade sur le Camp d'Instruction du Plumerillo, aujourd'hui site-musée Campo Histórico El Plumerillo, suivi d'un verre d'honneur accompagné de l'empanada (2) nationale. Les officiels ont fait le tour des quelques bâtiments spartiates de ce camp que soixante-dix reconstitueurs, hommes, femmes et enfants, faisaient revivre.

La Casa Rosada a publié sur son site Internet une synthèse du discours du Président Mauricio Macri qui a fait, comme d'habitude, un parallèle entre l'événement historique et les défis auxquels l'Argentine doit faire face pour inventer son avenir en développant l'esprit d'équipe et la coopération aux dépends du chacun pour soi encore de mise un peu partout dans le pays.

Pour aller plus loin :
lire l'article de Diario Uno (Mendoza)
lire l'article de La Nación, le seul quotidien qui évoque la célébration - il n'est sans doute pas inutile de rappeler que le journal a été fondé par Bartolomé Mitre (1821-1906), qui fut le premier historien argentin de la Révolution de Mai 1810 et de l'épopée de San Martín...



(1) En 1814-1817, San Martín a eu un mal fou à impliquer le gouvernement national des Provinces Unies du Sud, qui ne voulait rien savoir de ce plan continental du général alors que Buenos Aires était obsédée par la politique fédéraliste développée par José Gervasio Artigas, le leader uruguayen, contre la tendance centralisatrice de la capitale portègne. Cela n'a pas empêché toutefois la gazette révolutionnaire de Buenos Aires de rendre compte de l'avancée des troupes et de la belle victoire de Chacabuco, une dizaine de jours après la tenue de la bataille le 12 février 1817.
(2) Chausson à la viande. Chaque province a sa recette.

mardi 24 janvier 2017

Bicentenaire de la Traversée des Andes : el Campo Histótico accueille un nouveau héros [Bicentenaire]

Portrait et signature de O'Brien
tirés du tome 3 de Album Militar de Chile (1810-1879)
par Pedro Pablo Figueroa (Santiago del Chile, 1905)
En 1980, sous la dictature militaire, on avait retiré du Campo Histórico del Plumerillo les restes du général Gerónimo Espejo, qui était à la fois l'un des acteurs de la Traversée des Andes et son tout premier historien. La tombe était éventrée et l'administration du site n'en prenait guère de soin. Les restes du général furent donc déplacés et reposent maintenant dans les jardins du lycée militaire de Mendoza, qui porte son nom. Un déplacement qui est très contesté aujourd'hui eu égard aux circonstances politiques qui lui sont associées.


Hier, dans le cadre des célébrations officielles du bicentenaire de la Traversée, le grand exploit de l'armée des Andes, organisée en Argentine (mais uniquement grâce à l'obstination de San Martín et au dévouement des Cuyains) pour aller libérer le Chili et assurer l'indépendance au niveau continental, la Province de Mendoza a négocié avec Buenos Aires de pouvoir enterrer dans ce haut-lieu de l'histoire nationale et locale les restes du général Juan O'Brien (1786-1861), qui récupère pour l'occasion ses noms irlandais complet, John Thomond O'Brien. Thomond est le nom du fief de la famille, qui descend d'anciens rois d'Irlande, antérieurs à la conquête de l'île par les Anglais. Depuis 1935, il reposait au cimetière de la Recoleta, à Buenos Aires. Il était décédé à Lisbonne, le 1er juin 1861, alors qu'il s'apprêtait à s'embarquer vers sa chère Argentine. Il était à 25 jours de ses 75 ans.

Il y a deux cents ans, John O'Brien, né à Wicklow, en 1786, avait gagné l'Amérique du Sud à l'âge de vingt ans, avec un petit bagage militaire et une longue tradition familiale agricole, en quête d'un moyen de vivre après la perte de la fortune héritée de son père, engloutie par de mauvaises affaires dans l'élevage de chevaux de course. Installé à Buenos Aires comme clerc dans un comptoir de commerce britannique, il put s'enrôler en 1812 dans l'escadron d'élite des grenadiers à cheval que San Martín avait obtenu l'autorisation de former le 16 mars, une semaine après son arrivée dans la capitale révolutionnaire. En 1817, l'Irlandais était capitaine dans ce qui était devenu un régiment complet et il occupait auprès de San Martín les fonctions d'aide-de-camp. C'est lui qui l'accompagna aussi sur le chemin du retour, après la victoire de Chacabuco et la libération presque complète du Chili (12 février 1817) lorsque San Martín fit le voyage jusqu'à Buenos Aires pour négocier l'aide du Directeur Suprême, Juan Martín de Pueyrredón, en faveur de la poursuite de la campagne continentale et pour solliciter le soutien des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne (1). Par la suite, O'Brien a servi au Chili et au Pérou et sa bravoure lui a valu le généralat. Après sa carrière militaire, il retourna au travail agricole malgré les difficultés politiques qu'il eut à traverser.

L'urne du général a été exposée à la Legislatura de Mendoza
recouverte d'une copie du drapeau de l'armée des Andes (qui est aussi le drapeau provincial)
veillé par deux soldats du 11e régiment d'infanterie de montagne,
qui trouve son origine dans le batallón 11 de l'armée des Andes

Les restes du général O'Brien reposent à présent dans une urne en métal de canon d'un poids de 240 kg, qui a été déposée dans une fosse au milieu des arbres qui égayent le site et l'ombragent dans les grandes chaleurs de l'été.
L'arrière-arrière petit-fils de John O'Brien avait fait le voyage pour participer à la cérémonie.

Le Camp d'Instruction de El Plumerillo, site musée de la commune de Los Heras, limitrophe avec l'actuelle Mendoza, est désormais prêt à accueillir ce soir, vers 19h, le Président Mauricio Macri qui présidera l'acte officiel de commémoration, lors d'une cérémonie rapide puisque le chef de l'Etat ne doit passer qu'une heure sur place...

Pour aller plus loin :



(1) Ce qui se traduisit par l'arrivée à Buenos Aires dans les mois qui suivirent d'éclaireurs diplomatiques qui vinrent observer ce qu'il se passait et rendirent des rapports favorables, qui à leur tour conduisirent ces pays à reconnaître les nouveaux Etats en moins de dix ans.

La grande fête de Cosquín a démarré ce week-end [à l'affiche]


Le festival de folklore de Cosquín, le grand rendez-vous de toute la culture rurale argentine qui se tient dans la province de Córdoba depuis 57 ans, s'est ouvert le week-end dernier.

Programmation de ce soir mardi à jeudi prochain

Au programme de cette dizaine de jours (on parle de lunas à Cosquín), des spectacles tous azimuts, des conférences, des ateliers, des activités de rues, des défilés, des bals populaires, un salon du livre, un salon de l'artisanat, un déploiement gastronomique, des ateliers et autres séances d'initiation à tout ce qui existe comme expression culturelle des campagnes.

Programmation des trois dernières lunas

Le festival de Cosquín est un événement national qui, il y a plus d'un demi-siècle, a sauvé la petite ville de Cosquín après la généralisation de la pénicilline en médecine et la fermeture des sanatoriums pour tuberculeux qui avaient développé l'agglomération au climat continental réputé excellent pour ces malades.

Pour en savoir plus :
consulter la page Facebook de la manifestation

Les producteurs argentins parmi les premières victimes de Donald Trump [Actu]

Photo institutionnelle publiée par Federcitrus, la fédération argentine des producteurs d'agrumes
Il y a un mois, le 23 décembre, le gouvernement argentin, appuyé par le gouverneur de la province de Tucumán, avait réussi à ouvrir le marché des Etats-Unis aux citrons argentins, qui sont d'excellente qualité (on les trouve d'ailleurs sur nos étals en Europe). Aux Etats-Unis, il est possible que le gouvernement sortant, en prenant cette décision, ne pensait pas que la vindicte de Donald Trump irait aussi loin dans le revirement et la remise en cause des engagements internationaux du pays.

Parmi les premières décisions de Trump, il y aura donc eu hier celle de repousser de soixante jours l'autorité d'importation des fruits argentins sous prétexte d'un examen sanitaire, complémentaire à la norme signé par le service d'inspection de salubrité animale et végétale, le 23 décembre. On voit donc bien qu'il s'agit d'une pirouette pour remettre en cause un accord commercial avec le sud du continent.

La Gaceta veut être optimiste :
le journal titre sur les espoirs des gouvernements national et provincial
sur cette photo de Trump brandissant le décret de retrait des Etats-Unis
de l'accord de libre-échange de la zone pacifique

Les producteurs de Tucumán croyaient avoir trouvé un débouché pour 10 à 15 tonnes de leurs fruits qui vont leur rester sur les bras, comme nos producteurs de poires et de pommes qui ont vu il y a quelques temps le marché russe se fermer brutalement devant eux.

Cela faisait 16 ans que le marché des Etats-Unis s'était fermé aux produits argentins et le gouvernement actuel avait profité de l'amélioration des relations avec l'Oncle Sam, symbolisé par le voyage officiel de Barack Obama en mars dernier (voir mon article du 25 mars 2016), pour débloquer la situation, ce qui était tout à son honneur.

Dans les instances gouvernementales argentines, on espère que dans deux mois, la norme sera validée et le marché à nouveau ouvert. L'Ambassade argentine à Washington, que Mauricio Macri a confiée au socialiste Martín Lousteau, qui ne cache pas qu'il veut se présenter aux prochaines élections à l'exécutif de la ville de Buenos Aires, d'ici trois ans, a intérêt à réussir son coup...

L'insolente et horripilante une de Página/12
avec son jeu de mot sur "limonade" transformé en  "citron-rien"

Toute la presse argentine s'en fait l'écho ce matin et Página/12 use à son tour de la mauvaise foi qu'il reprochait autrefois à l'opposition, devenue la majorité. Au lieu de se solidariser avec les producteurs nationaux, il fait, artificiellement, de ce revirement nord-américain une défaite du gouvernement actuel.

Pour aller plus loin :
Consulter le site Internet de Fecercitrus la fédération argentine des producteurs d'agrumes, qui dispose d'une page Facebook.

jeudi 19 janvier 2017

Dédicace au Salon du livre d'histoire de Bourges en février [ici]


Comme tous les premiers week-ends de février depuis treize ans, l'association Agora Défense, qui défend et promeut le lien entre défense et culture, organise à Bourges, dans le Berry, son salon du livre d'histoire, au siège du Conseil départemental du Cher, dans la Salle du Duc Jean, superbe salle historique qui reste le seul témoin de la splendeur du palais ducal médiéval.


Dans cette très belle ville de garnison et d'écoles militaires (logistique de l'armée de Terre), qui porte l'histoire de France dans chacun de ses murs, avec sa splendide cathédrale gothique Saint-Etienne, son musée, son palais Jacques Cœur et ainsi de suite, j'aurai l'honneur de présenter mes livres sur l'histoire de l'Argentine, en mettant l'accent sur le recueil Contes animaliers d'Argentine et les deux ouvrages consacrés au général José de San Martín, San Martín à rebours des conquistadors et San Martín par lui-même et par ses contemporains, aux Editions du Jasmin, en ce mois de février qui est aussi celui du bicentenaire de la Traversée des Andes, qui s'est conclue par la victoire indépendantiste de Chacabuco, au Chili, le 12 février 1817.

Palais Jacques Cœur à Bourges (détail)
Ne quittez pas la ville sans visiter cette merveille

Entrée libre et gratuite, les 4 et 5 février 2017, de 15h à 18h30 le samedi et de 10h à 17h le dimanche.
Dégustation gratuite de mate argentin à ma table de dédicace.


Pour en savoir plus sur l'organisateur : consulter le site de Agora Défense.

Le palais Jacques Cœur,
un témoignage précieux de l'architecture française entre Moyen-Age et Renaissance
Préparez votre visite en consultant le site Internet de ce musée national