mercredi 26 novembre 2014

Cien Troilos de María José Mentana [à l'affiche]


L'un des derniers épisodes du Centenaire Troilo : la sortie du nouveau disque de la chanteuse María José Mentana, Cien Troilos, qu'elle présentera demain, jeudi 27 novembre 2014, à 21h, au Centro Cultural Torcuato Tasso, Defensa 1575, dans le quartier de San Telmo.

Elle sera accompagnée par de très grands musiciens comme Atilio Stampone, Leopoldo Federico, Osvaldo Berlingieri, Raúl Garello, Ernesto Baffa, Carlos Buono, Hugo Rivas et Litto Nebbia (grand admirateur de Pichuco à qui il a dédié des chansons), plus quelques autres qu'elle n'a pas nommés dans son blog.

Pour l'occasion, la Academia Nacional del Tango prête le bandonéon de Pichuco, qu'elle expose au Museo Mundial del Tango, pour qu'il sonne à nouveau en cette soirée exceptionnelle.

Le disque comporte quinze pistes, dont six interventions parlées de Horacio Ferrer, Leopoldo Federico, Ernesto Baffa, Litto Nebbia, Atilio Stampone et Raúl Garello et neuf chansons (1), toutes des grands classiques, dont Patio mío et Una canción.

Entrée : 100 $ ARG (comptez les consommations en plus, le Torcuato Tasso est aussi un restaurant, très sympathique soit dit en passant).

Pour en savoir plus :
consultez le blog de la chanteuse, son site Internet (attention au son qui se déclenche dès l'ouverture de la page d'accueil) et sa page Facebook
écoutez son interview par Leonardo Liberman, sur Siempre Argentina conexión español, de RAE (Radio Nacional) et téléchargeable sur le blog du journaliste, via Ivoox.
lire la dépêche de Télam sur la sortie du disque.


(1) Cinq d'entre elles font partie du corpus que j'ai traduit dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, que j'ai publié en mai 2010 aux Editions du Jasmin, et que je continue de présenter sur de nombreux salons du livre régionaux et locaux : María, Sur, Barrio de Tango, Garúa et Che Bandoneón. Avec le livre est offert un disque original, produit par Litto Nebbia en partenariat avec l'éditeur français. Comme tous les livres, il peut être obtenu chez n'importe quel libraire connaissant son métier. Il suffit de le lui commander (il est impossible aux libraires de disposer de tous les volumes qui paraissent en France, il y en a trop !)

Buenos Aires active la candidature du fileteado à l'UNESCO [Actu]

Photo Clarín
Le Ministère de la Culture de la Ville Autonome de Buenos Aires présente cette année à l'UNESCO la candidature du filete porteño au Patrimoine culturel immatériel de l'Humanité, comme je vous le racontais le 16 juin dernier dans les colonnes de Barrio de Tango.

Un portail Internet consacré à cette candidature et bilingue espagnol-anglais, a été ouvert par la Ville et plusieurs manifestations ont déjà été organisées pour la soutenir, après les deux succès de 2009 (avec le tango) et en 2014 (avec la voie inca, Qhapaq Ñan, dans les Andes).

Cette année encore, le Museo de la Ciudad a ouvert dans ses murs un espace physique réservé au Fileteado, un café public situé à l'angle de la manzana qu'il occupe dans Monserrat, face au couvent franciscain. Un lieu chaleureux que je vous recommande, tout au nord de la rue Defensa.

Aujourd'hui, Clarín consacre un article au sujet, avec une courte interview du ministre Hernán Lombardi, qui avance l'hypothèse que la candidature devra une fois encore être portée conjointement par les deux capitales rioplatenses, Buenos Aires et Montevideo (1), à la demande de l'UNESCO cette fois-ci. Pas sûr que l'idée enchante tous les fileteadores argentins, souvent à cheval sur le caractère exclusivement portègne de leur pratique.
A suivre.


(1) Il avait déjà fallu se partager pour la candidature du tango, ce qui n'avait pas été sans poser des problèmes, d'autant que de son côté Montevideo présentait seule la candidature du candombe, un genre qui existe aussi à Buenos Aires (mais dont la revendication portègne est la particularité de la gauche, et le Gouvernement de Buenos Aires est exclusivement à droite).

Echos strasbourgeois dans la presse argentine [Actu]

Quatre gros titres ce matin pour La Nación
les ennuis judiciaires de la Présidente
le Pape à Strasbourg,
les chefs argentins étoilés en réunion à Buenos Aires
et les ennuis du Club River Plate

Il y aura finalement eu peu d'échos dans la presse argentine des deux discours du Pape François à Strasbourg, dont le premier pourtant, adressé au Parlement de l'Union Européenne, puissance invitante, ne manquait pas de franchise à l'égard de nos institutions qui peinent à s'ancrer dans la réalité vécue par les citoyens de l'Union.

Il est vrai que pour la presse d'opposition argentine, il existe des sujets plus brûlants et qui ont la priorité : le retour aux affaires de la Présidente, qui relève d'une maladie infectieuse particulièrement longue et difficile à soigner (et de cela tout le monde convenait), les affaires judiciaires qui cernent ses investissements hôteliers en Patagonie (1) et les sempiternels sujets footeux dont Clarín, La Nación et La Prensa se repaissent à longueur d'année.

Página/12, qui a fort apprécié le discours au Parlement (2), en dresse une analyse approfondie, sous la plume de son correspondant à Paris, Eduardo Febbro. Pour ma part, je retrouve bien le contenu de ce que j'ai moi-même entendu en direct et en italien (je me demandais s'il n'allait pas parler en espagnol – ça aurait peut-être fait que les journalistes argentins soient plus nombreux à en parler, comme la semaine dernière avec la FAO, où ils ont tous embrayé).

Dans la presse d'opposition, il faut en général fouiller le site Internet du canard pour tomber sur des articles un tant soit peu développés sur le sujet. Clarín se contente d'une galerie photos ! La Nación publie trois articles et celui qui est mis en avant sur le site aborde d'autres sujets (comme le scandale de pédophilie qui secoue depuis deux jours l'archidiocèse de Grenade en Espagne, un scandale dans lequel le Pape est intervenu personnellement à la demande de la victime). Les deux autres, qu'il faut chercher, sont l'un un digest très léger des propos pontificaux concocté à partir de dépêches d'agences et l'autre, rédigé par la correspondante à Rome, Elisabetta Piqué, revient convenablement sur le contenu de deux discours, dans un style un peu plus enrobé que celui de Febbro (3).
La Prensa regarde ailleurs.

Pour aller plus loin :
lire l'article de Página/12, qui ne cache pas son accord avec le Pape
lire l'article de Elisabetta Piqué dans La Nación
lire l'article de La Nación sur la conférence de presse à bord de l'avion (où il est question du scandale grenadin)
lire l'article de dépêches qui est, comme celui de Elisabetta Piqué, agrémenté d'une vidéo de la standing ovation reçue par le Pape à la fin d'un discours qui pourtant ne ménageait pas les eurodéputés (que pour ma part j'ai trouvé très revigorés par ces propos, comme s'ils correspondaient au rôle qu'ils aspirent à jouer dans des institutions qui restent peu démocratiques, trop bureaucratiques et pas assez politiques au regard des enjeux. Le plus enthousiaste était bien Martin Schultz – Il est vrai qu'ils sont les seuls représentants légitimes des peuples européens, les seuls directement issus d'un scrutin populaire, quand bien même celui-ci a été boudé par les électeurs).
Bien entendu, vous pouvez aussi aller admirer la galerie de photos de Clarín mais vous aurez aussi bien, sinon mieux, sur le site d'information du Vatican.
Lire le discours intégral du Pape traduit en français par les services de la Secrétairie d'Etat (Card. Parolin) et le compte-rendu de la conférence de presse aérienne (en français).
A noter que le compte-rendu en italien est différent.


(1) Voilà quinze jours environ que le scandale a commencé. Mes autres activités, écriture, salons du livre, Unesco...) ne m'ont pas permis d'y porter l'attention voulue, mes fidèles lecteurs s'en sont peut-être rendu compte avec le contenu des articles que j'ai publiés dans cette période sur Barrio de Tango. Ne voulant pas répercuter des âneries, j'ai donc préféré m'abstenir jusqu'à y voir un peu plus clair. Pour ce que j'ai compris à cette heure, un juge a dans le collimateur, à tort ou à raison, le groupe hôtelier dont Cristina Kirchner est la principale actionnaire, un investissement entamé par Néstor Kirchner au Calafate, dans sa Province natale de Santa Cruz. A force de perquisitions répétées, le juge chercherait à prouver que cette activité hôtelière abrite de la fraude fiscale, un trafic de fausses factures et du blanchiment d'argent. En revenant aux affaires hier, la Présidente a dit qu'elle ne se laisserait intimider ni par l'acharnement des fonds spéculatifs de New York ni par l'acharnement judiciaire. Depuis le début de cette semaine, Página/12 rapporte les péripéties du dossier alors que pendant une dizaine de jours, seule la presse d'opposition en parlait (en s'en gargarisant avec une délectation vraiment suspecte). Comme pour les poursuites contre le vice-président Amado Boudou, il est difficile de savoir quelle est la part de l'impartialité théorique des juges telle qu'elle est établie dans la constitution du pays et celle de la curée d'une classe sociale, la magistrature, majoritairement et traditionnellement, pour ne pas dire dynastiquement, à droite toute, contre des gouvernants en fin de mandat et qui ne se représenteront pas en 2015. Or la Présidente s'en est déjà prise dans sa politique à ces pratiques ataviques d'une justice de classe qui caractérisent encore le système judiciaire argentin plus de trente ans après le retour de la démocratie, il est humain, mais illégitime, que les juges ne l'aient pas à la bonne.
(2) moi aussi, vous l'avez compris.
(3) Tant et si bien qu'on se demande pourquoi le journal publie cette bouillie rédactionnelle du second article. Car de deux choses l'une : ou ils attendent l'article que leur journaliste sur place va leur envoyer une fois rentrée chez elle à Rome (en fin de matinée pour les lecteurs argentins) ou ils se lèvent tôt pour écouter eux-mêmes en direct le discours pontifical retransmis sur Radio Vatican-CTV et ils font le boulot depuis Buenos Aires. C'est le métier, que je sache !

Le Club des Cinq sur la piste de la gastronomie argentine [Actu]

Photo publiée par La Nación
où l'on voit que c'est bien le printemps en Argentine : fraises et petits artichauds !

Il s'agit de cinq chefs argentins, dont trois vivent et travaillent à l'étranger (Espagne, France et Uruguay), tous les cinq à la tête d'établissements de luxe. Ce n'est pas leur première rencontre de travail. Ils se sont déjà retrouvés sur la Côte d'Azur. Leur but avoué est de trouver l'identité de la cuisine argentine et de lui donner une image internationale, comme il en existe pour la cuisine française ou espagnole (avec quelques chefs originaux et mondialement connus, malgré le fait que leur cuisine s'est parfois révélé aussi immangeable que recherchée et chère), et à l'échelle du continent latino-américain, la cuisine péruvienne (bien présente à Buenos Aires) et mexicaine. C'est La Nación qui s'empare de la rencontre pour en faire un article très argentino-centré et passablement bling-bling où les réputations internationales des cuisines nationales sont très mal évaluées (1).

On est loin de la fête populaire d'il y a un mois à Tecnópolis (voir mon article du 31 octobre dernier et comparer la photo emblématique du festival avec celle, ci-dessus, qui illustre l'article de La Nación ce matin) ou de l'émission de la TV Pública Cocineros Argentinos, tout en jovialité et en embonpoint plébéien. Cet article nous donne à voir, d'une manière presque chimiquement pure, la manière dont la classe sociale supérieure argentine et principalement portègne se forge son identité culturelle dans la référence perpétuelle à celle des pays de l'hémisphère nord. Pourtant dans les deux cas, au Festival Raíz comme dans cet article de La Nación, il s'agit bien de dégager l'identité gastronomique du pays, originale, populaire et paysanne dans un cas, chichiteuse, hyper-urbaine et copiée sur celles de l'étranger dans l'autre.

Pour aller plus loin :


(1) Pas un mot sur les cuisines chinoise, indienne ou italienne, pourtant mondialement connues. Toutefois, les deux premières restent quasiment inconnues à Buenos Aires. La cuisine italienne est sans doute jugée trop vulgaire par les maîtres-queux concernés. Elle est arrivée en Argentine dans les maigres bagages d'une armée d'immigrants que les tout premiers lecteurs de La Nación, dans les années 1870-1900, méprisaient copieusement. Pas un mot non plus sur la cuisine japonaise, malgré la mode des sushis qui gagne peu à peu la ville de Buenos Aires.

mardi 25 novembre 2014

Cucuza et La Vidú à Monserrat [à l'affiche]


Ce vendredi 28 novembre 2014, à 20h, la Orquesta Típica La Vidú, que mes lecteurs commencent à connaître assez bien, s'associera au chanteur Cucuza Castiello, lui-même accompagné à la guitare par son fils, Mateo, pour un concert, dans la Sala Guastavino, du Centro Nacional de Música, situé dans la rue México, au numéro 564, dans le quartier de Monserrat, à quelques cuadras de la Manzana de las Luces.

Concert gratuit, dans la limite des places disponibles.


Ces artistes sont connus de mes lecteurs, qui peuvent retrouver une bonne partie de leur actualité traitée en français, en cliquant sur leur nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.

Deuxième festival Fado et Tango de Buenos Aires [à l'affiche]


A partir de demain, 26 novembre 2014, et jusqu'à samedi inclus, Buenos Aires fait son deuxième festival de Fado y Tango, pour souligner les cousinages culturels et notamment musicaux entre Buenos Aires et Lisbonne, deux ports fluviaux, à l'extrémité de leur continent respectif.

Le festival se déploiera sur trois lieux différents mais très liés, avec une longue histoire de coopération événementielle : le CCC Floreal Gorini (demain), Corrientes 1543, le Sanata Bar, Sarmiento 3501 (jeudi, avec un master class de guitare portugaise et un micro ouvert de tango chanté), au CAFF, Sánchez de Bustamante 764 (vendredi et samedi, où de nombreux musiciens des deux genres se partageront cette scène autogérée en deux soirées distinctes).

Participent à l'événement la chanteuse Karina Beorlegui, chanteuse de fado et de tango qui appartient à la Ciudad del Tango, au CCC, les chanteurs Cardenal Domínguez, Walter Hidalgo, Cucuza Castiello, Osvaldo Peredo, Luis Filipelli, les guitaristes Los Primos Gabino, Paulo Valentim, Bruno Costa, la pianiste Noelia Sinkunas, les groupes Coimba, Almalusa, Garras dos Sentidos et Fadeiros.
La chanteuse Patricia Slukich représentera le fado tel qu'on le pratique à Mendoza !

Pour en savoir plus :
écoutez l'interview de Karina Beorlegui animée par Leonardo Liberman en espagnol sur Siempre Argentina Conexión Español sur RAE (Radio Nacional), que vous pouvez écouter et télécharger gratuitement sur son blog, El Mirador Nocturno

lundi 24 novembre 2014

Mar del Plata prépare l'été et fait son cinéma [à l'affiche]


Du 22 au 30 novembre 2014, Mar del Plata est pour la 29ème édition la capitale argentine et sud-américaine du cinéma. Le festival a soixante ans cette année et présente une importante sélection internationale, avec une large place laissée aux films argentins et latino-américains.

Un événement qui va être relayé toute au long de la semaine dans les grands quotidiens nationaux, dont vous avez les liens permanents dans la rubrique Actu de la Colonne de droite.

Le Festival Internacional de Cine de Mar del Plata est sur Facebook et dispose d'un site Internet particulièrement développé, bilingue espagnol-anglais. Vous admirerez au passage l'élégant lion de mer qui sert de mascotte emblématique à ce festival de l'Atlantique sud, quand Berlin exhibe un ours et Venise un lion (de terre), celui de son saint patron, l'évangéliste saint Marc.

Comme le fait son homologue cannois pour la Côte d'Azur, le festival marplatense marque le coup d'envoi de la saison estivale sur la côte (1) argentine.


(1) à ne pas confondre avec le Litoral. En Argentine, le Litoral est une région du nord du pays et se réfère aux rives de deux fleuves, le Paraná et l'Uruguay, qui forment à la hauteur de Buenos Aires le Río de la Plata.

dimanche 23 novembre 2014

Avant-dernière dédicace 2014 au Salon du Livre africain de Clichy-la-Garenne [ici]


Les Editions du Jasmin, installées dans la ville de Clichy, participeront le premier week-end de décembre au Salon du Livre jeunesse africain et caribéen, organisé à Clichy par l'association D'un livre à l'autre, les vendredi 5 décembre 2014 après-midi et le samedi 6 décembre, dans la salle Heidenheim, 6 place du Marché (M° Mairie de Clichy).

L'Afrique du Nord et subsaharienne est en effet amplement représentée dans le catalogue du Jasmin, pour la jeunesse comme pour les adultes, et la culture des Antilles y a aussi une place, au milieu des univers orientaux et occidentaux, des contes, des albums illustrés, des essais et des romans, allant de 9 ans à 99 ans et plus si affinité. Pour connaître cette maison d'édition qui sort une quinzaine d'ouvrages par an, n'hésitez pas à consulter son site Internet. Vous pouvez commander tous les titres chez n'importe quel libraire qui connaît son métier, au moins dans la zone francophone (dans une autre langue, l'obstacle linguistique est parfois fatal).

Lieu idéal que ce salon pour présenter Tango Negro, dont j'ai publié la version française en avril 2013 (traduction et commentaires du manifeste de Juan Carlos Cáceres sorti à Buenos Aires en juin 2010). Mais mes autres livres y seront aussi : Barrio de Tango, parce qu'il constitue, pour le public francophone, un important complément aux thèses soutenues par Cáceres et les deux ouvrages sur José de San Martín, ce héros des droits de l'homme, fervent abolitionniste de l'esclavage en terre américaine qui sut mettre en pratique ses convictions partout où il passa avec son armée pour libérer le continent du joug colonial et de l'Ancien Régime, San Martín à rebours des conquistadors et San Martín par lui-même et par ses contemporains (1).

L'entrée est libre et gratuite. Conférences, tables-rondes et musiques sont au programme.
Restauration africaine et caribéenne disponible sur place.
On vous attend nombreux.

Pour en savoir plus :


(1) La communication académique que j'ai présentée à ce sujet à Mendoza le 12 septembre dernier fera très bientôt l'objet d'une publication en espagnol en Argentine. Sans doute à l'automne de Buenos Aires, après la rentrée générale du 1er mars 2015.

vendredi 21 novembre 2014

L'appel du Pape François à la FAO retentit dans son pays [Actu]


Hier matin, le Pape François a visité la FAO qui tient en ce moment sa deuxième conférence mondiale sur l'alimentation. Il y a lancé un appel à réviser de fond en comble les circuits de production et de distribution pour que les denrées alimentaires (qui existent en abondance pour tous) soient équitablement accessibles pour tous, puisque ce ne sont pas des marchandises comme les autres, sur lesquelles les hommes aient le droit de spéculer comme ils le font aujourd'hui.

Avec l'art des phrases bien tournées qui est le sien, il a insisté sur le fait que les pauvres exigeaient la dignité et ne demandaient pas l'aumône. Il a aussi invité la communauté internationale à prendre soin de la création, dont il a parlé en bon Argentin qu'il est, laissant transparaître la notion de Pachamama (1), citant la sagesse d'un vieux monsieur rencontré il y a plusieurs années et qui lui avait déclaré : "Dieu pardonne toujours, les hommes pardonnent parfois mais la Terre ne pardonne jamais."
Les deux phrases ont été chaleureusement applaudies par les délégations.

Et comme ce premier discours a été tenu en espagnol, ce matin les journalistes argentins s'en régalent dans le texte et ne cachent pas la fierté nationale qui les saisit devant ce discours tenu dans la langue du pays devant une instance internationale.
Certains quotidiens préfèrent néanmoins mettre en avant des spéculations tapageuses sur la sécurité du Pape, la mafia, les méchants drones et les vilains loups solitaires que redouteraient Garde Suisse et Gendarmerie pontificale. C'est le cas de La Nación et de Clarín, mes lecteurs accoutumés l'avaient deviné.

Le second discours, en italien, a été délivré devant le personnel de la FAO dans une salle adjacente.

Dans quelques jours, le Souverain Pontife s'adressera au Parlement européen. Il sera intéressant de voir comment la presse argentine rapporte ses propos et son déplacement.

Sur le discours du Pape :
En français, vous pouvez accéder aux informations du Vatican qui donnent un résumé des propos du Pape et renvoie à sa traduction italienne (pour le texte intégral) avec vidéo (donc en espagnol) (2).
Texte intégral du discours en espagnol (sources Vatican).


(1) La Pachamama est un terme qui désigne la terre (presque) déifiée telle qu'on la connaît dans le Nord de l'Argentine où il s'agit d'une notion aborigène.
(2) La vidéo commence avec la fin du discours de la reine d'Espagne, doña Letizia.

En visite à Salta, Evo Morales revisite son enfance [Actu]

Le président bolivien Evo Morales est en visite dans le Nord de l'Argentine où il a vécu au sein d'une famille indienne immigrée dans l'enfance. Lorsqu'il est arrivé en Argentine, à l'âge de six ans, il ne parlait pas encore un mot d'espagnol et c'est en Argentine qu'il a appris à lire et à écrire grâce au système scolaire public, dont les Argentins sont si fiers.

Evo Morales et son ancienne institutrice (photo Télam)

Hier, il a revu son institutrice à Salta.

Aujourd'hui, de nombreux Boliviens sont des réfugiés économiques en Argentine et ils ne sont pas toujours ni partout les bienvenus. Surtout dans les grandes villes où la xénophobie fait des ravages dans certaines classes sociales défavorisées.

Il serait bon que cette visite améliore l'accueil des étrangers là où celui-ci est si détérioré.

Pour aller plus loin :

jeudi 20 novembre 2014

Bonne nouvelle patrimoniale : le CEPAN prend en charge la Confitería El Molino [Actu]

Une photo d'archive non datée,
avant la pose des ailes de moulin sur le pan coupé

Le CEPAN, Centre d'Etudes du Patrimoine architectural national, organisme nouvellement créé au sein du tout récent Ministère de la Culture, dirigé par Teresa Parodi, a annoncé à la fin de la semaine dernière qu'il prenait possession d'un vénérable chef d'œuvre Art Nouveau qui fut une grande institution bourgeoise du centre de Buenos Aires : la Confitería El Molino. Ce café-salon de thé-restaurant chic avait été fondé au milieu du XIXème siècle dans un autre endroit de la ville, plus ancien, et il y a un siècle, son patron, le pâtissier Cayetano Brenna a eu la bonne idée d'aller s'installer à côté du Congrès. C'est là, de l'autre côté du trottoir latéral, que l'immeuble dresse l'élégante et impressionnante structure de fer qui lui donne son cachet inimitable et dont on doit les plans à l'architecte italien, d'origine piémontaise, Francisco Terencio Gianotti, né en 1881 à Lanzo, au Piémont, et décédé à Buenos Aires en 1967 (1). Le bâtiment que l'on connaît aujourd'hui et dont quelques pans menacent de tomber sur la chaussée (2), a été construit de 1914 à 1916 par l'entreprise GEOPE et il est entré en fonction en 1917, l'année même où Carlos Gardel devenait le premier chanteur de tango de l'histoire, sous la première présidence de Hipólito Yrigoyen, une période fastueuse et démocratique qu'on appelle la République Radicale (1916-1930).

La fléche dans un état récent, sans les filets de protection
On voit très bien les ailes de moulin qui servaient d'enseigne

Hélas depuis de très nombreuses années et malgré un emplacement idéal en plein centre-ville, le salon de thé a fermé ses portes et le bâtiment, noirci par la pollution et les intempéries (il pleut autant à Buenos Aires qu'à Londres), se dégradait irrémédiablement, laissé à l'abandon complet par ses propriétaires, de nombreuses fenêtres éventrées... Un spectacle de désolation en pleine ville.

Et pourtant l'édifice avait été déclaré monument historique national en 1997.

Vendredi dernier, le Congrès national argentin a voté l'expropriation du bâtiment et l'a confié au CEPAN, qui a maintenant la mission de le restaurer dans sa splendeur première. Il va falloir faire appel à de nombreux corps de métier car les techniques d'architecture d'intérieur sont nombreuses : colonnes à stuc, appliques en bronze pour les luminaires, vitraux et mosaïques.

Le bâtiment dans son environnement.
La coupole verte est celle du Congrès (vaguement inspiré du Congrès des Etats-Unis)
Les voitures jaunes sont des taxis.
Dans le centre de Buenos Aires il y a plus de taxis que de voitures particulières.

On pourra peut-être un jour, dans quelques années, commander à nouveau un submarino et une medialuna assis dans ce luxueux décor, face à Plaza del Congreso et sa statuaire patriotique monumentale.

Pour en savoir plus :
connectez-vous à la page Facebook du CEPAN
lisez son très riche blog institutionnel (il s'agit de la page d'une émission de la Télévision publique intitulée Patrimonio y Nación - Memorias del futuro, qui rassemblent sous forme de moyens métrages mis en ligne sur Youtube l'intégralité des documentaires – un vrai régal pour découvrir le patrimoine du pays, du nord au sud, d'est en ouest. Un seul inconvénient : il faut bien entendu maîtriser l'espagnol pour comprendre le commentaire).
lire la fiche consacrée à Gianotti sur le site argentin Arquitectura.


(1) Buenos Aires lui doit plusieurs des immeubles qui font son identité architecturale si bigarrée, notamment les Galerías Güemes qui donnent sur la rue Florida, un des bâtiments les plus baroques de la Diagonal Norte (à l'angle avec Florida). Plusieurs de ses œuvres ont malheureusement été démolies au fur et à mesure que la ville se développe. Buenos Aires comme toute l'Argentine commence à peine à concevoir qu'elle dispose d'un patrimoine qui la distingue de n'importe quelle autre ville et qu'il convient de le protéger.
(2) En août dernier, j'ai eu le cœur serré en passant non loin de là pour me rendre à un rendez-vous et donc sans avoir le temps de m'arrêter (encore que en Argentine, arriver en retard est à peine mal élevé). L'immeuble était tout emmailloté dans des filets d'un gris crasseux et isolé du trottoir, d'ailleurs impraticable, par des palissades protectrices. des morceaux de revêtement étaient accrochés dans les filets et des plâtras jonchaient sur la partie découverte du trottoir comme on aurait pu en voir pendant des travaux. Et pourtant il n'y avait absolument aucune activité. Un véritable crève-cœur.

Fête communautaire de défense du quartier Marechal [à l'affiche]



A partir de ce samedi 22 novembre 2014, une quinzaine festive s'empare du sud du quartier de Balvanera à Buenos Aires, autour de l'école Mariano Acosta. Cette manifestation est née le 27 avril 2013 comme une opération de reprise en main du quartier par ses habitants et elle a été placée sous l'autorité intellectuelle d'un grand écrivain argentin, Leopoldo Marechal, qui avait fréquenté les bancs de l'école Mariano Acosta dans ce même quartier. L'année dernière, ce circuit avait été déclaré d'intérêt éducatif et culturel par la Legislatura de Buenos Aires et affichait une marraine d'exception, la chanteuse et députée socialiste Susana Rinaldi, aujourd'hui revenue à Paris comme attachée culturelle à l'Ambassade de son pays.


Pendant deux semaines, les différentes parties prenantes de cette fête, les écoles Mariano Acosta et Général Zapiola, la faculté de psychologie de la UBA (Université de Buenos Aires), les départements folklore et arts du Mouvement de la UNA (Université Nationale des Arts) (1), les théâtres Luisa Vehil, La Otra Orilla et Anfitrión, le Centre de l'enfance La Balsa, l'association galicienne Sociedade Galega Arantey Vilamarin e A Peroxa, les cafés Bien Bohemio La casa de Titi Rossi et No Me Olvides, le syndicat des télécommunications FOETRA, les ateliers artistiques de Luciano Dates et Enrique Hofman.

Le CETBA (centre éducatif du tango de Buenos Aires) apporte lui aussi quelques contributions, avec des activités enfantines autour du tango et de la peinture.

La chanteuse Jacqueline Sigaut donnera un concert le dernier jour.

A noter : une exposition sur les disparus de la dictature dans l'école Général Zapiola (2).


Les moyens techniques qui appuient la manifestation ont été obtenus par un accord cadre signé entre les organisateurs et le Ministère de la Sécurité de la Nation. C'est une manifestation de l'opposition municipale.

Pour en savoir plus :
connectez-vous à la page Facebook du Circuito Marechal.



(1) L'institution vient de changer de nom. On la connaissait jusqu'à il y a peu comme le IUNA (Institut Universitaire national des Arts). C'est maintenant une université de plein exercice. Elle tient lieu d'école d'architecture et de conservatoire national. En Argentine, toutes les formations supérieures relève du monde universitaire, qu'il soit public ou privé.
(2) Zapiola était l'un des compagnons d'armes de José de San Martín, l'un des tout premiers officiers du régiment des Grenadiers à cheval. Comme il est mort très âgé, il a transmis un certain nombre de ses souvenirs à Bartolome Mitre, qui fixa la légende orthodoxe de cette période historique fondatrice dans les années 1860 (une légende aujourd'hui fortement remise en question comme il est légitime). C'est à lui aussi que l'on doit le peu d'information sur la loge secrète qu'il forma à Buenos Aires, dès le mois de mars 1812, avec Alvear, Posadas et bien entendu San Martín mais son grand âge à l'époque rend ces confidences quelque peu suspectes à certains historiens.

Marcapiel et Los Periplos demain soir au CAFF [à l'affiche]


Demain soir, vendredi 21 novembre 2014, à 22h, nouveau concert du septuor Marcapiel, au CAFF (Club Atlético Fernández Fierro), Sánchez de Bustamante 764. Répertoire original composé majoritairement par le guitariste et animateur du groupe, Alan Haksten.

Marcapiel partagera la scène avec le trio Los Periplos, une formation de cinq ans d'âge (c'est plus vieux que le Beaujolais qui nous arrive aujourd'hui) qui définit sa musique comme du "Twist Alternatif".
Au jeu du portrait chinois, ça nous donnerait : si c'était une voiture, ce serait une conduite sportive ; si c'était une conduite, ce serait "à fond les gamelles" et si c'était un fond de gamelle, ce serait une Spontex (parce qu'elle récure à fond la caisse). Dans la version originale de cette brève présentation, il s'agit d'une série de jeux de mots qui s'appuie sur la vie quotidienne en Argentine et dont je vous donne ici une traduction nécessairement bancale.

Donc une fois qu'on a rigolé avec leurs jeux langagiers, il faut goûter leur musique et aller faire un tour à l'Abasto, si vous avez la chance de passer novembre au printemps portègne.

Il ne m'a pas été possible de trouver le montant de l'entrée. J'imagine qu'il ne faut pas compter moins de 80 $ARG et qu'on peut retirer les places avant ce soir au Musetta Cafe, Billinghurst y Tucumán. A vérifier sur place.

mercredi 19 novembre 2014

Un nouveau logo sur ma carte de visite : celui du CID [Agenda de Barrio de Tango]

Il y a quelques jours, à ma plus grande surprise (1), Alkis Raftis m'a contactée à travers un réseau social et le lendemain même, il m'a nommée membre du Conseil International de la Danse auprès de l'Unesco, qu'il préside depuis ses fonctions à Athènes, tandis qu'un Secrétariat Général a son siège à Paris, dans les locaux internationaux de la rue Miollis, dans le 15ème arrondissement. Un honneur que je n'avais même pas imaginé en rêve !

Ce Conseil, qui travaille en partenariat avec l'Unesco, a été fondé en 1972 par un groupe de danseurs professionnels issus des plus grandes scènes lyriques du monde ; avec juste raison, ils voulaient donner leurs lettres de noblesse au ballet de répertoire et à la création chorégraphique contemporaine, qui, à cette époque, rassemblait des tendances aussi variées que celles de Maurice Béjart, Merce Cunningham, Pina Bausch, George Balanchine, Jerome Robbins, Martha Graham, Carolyn Carlson, Alvin Ailey, John Neumeier, sans oublier les pesantes créations, désormais trop datées, du réalisme socialiste soviétique ou maoïste.

Il y a quinze ans, sous l'impulsion de l'actuel président, Alkis Raftis, cadre supérieur d'entreprise converti en expert des vieilles traditions locales grecques que menaçait insensiblement l'intégration à la Communauté européenne (et on sait à quelle catastrophe elle a fini par conduire le pays à peine sorti de la dictature des colonels), l'ONG a connu une sorte de révolution copernicienne en s'ouvrant d'un coup à toute la palette des danses qui existent dans le monde, dans toutes les dimensions de l'art : danses populaires d'identité régionale, danses communautaires d'Afrique, d'Asie ou d'Océanie, bals (et milongas bien sûr), danses des rues ou issues de traditions religieuses diverses, comédie musicale, danses anciennes, danses disparues (comme celles de l'Antiquité méditerranéenne ou du Moyen-Age)...

Comme à chaque fois que dans un cercle fermé, à vocation académique et élitiste (2), reconnaissance est accordée à des expressions culturelles qui viennent d'autres couches de la société, ce fut un séisme. D'autant plus violent que, dans leur propre monde, les danseurs classiques souffrent beaucoup de ce que, sur presque toutes les scènes lyriques du monde, ils doivent céder la préséance à l'opéra et aux chanteurs, qui font globalement des carrières plus longues et plus rémunératrices (du moins les vedettes).

La page sismique est désormais tournée et le CID est bien devenu un lieu d'échanges, de rencontre et de coopération entre les différents genres chorégraphiques, les professionnels internationaux et les amateurs, les compagnies et les écoles, les praticiens et les chercheurs universitaires, avec un jour international de la Danse, animé par les initiatives des membres répartis dans le monde entier, et un congrès mondial annuel, dont la dernière édition s'est tenue en juillet 2014 dans la capitale grecque.

Le logo de l'ONG s'affiche donc désormais en bas de la Colonne de droite de Barrio de Tango, avec les autres, ceux de la Academia Nacional del Tango, de la Société des Gens de Lettres et du Bicentenario Aníbal Troilo. Il apparaîtra très prochainement sur la page d'accueil de mon site Internet, le temps pour moi de me retourner entre plusieurs salons du livre les week-ends à venir. Et d'ici quelques jours, quand les documents m'auront été livrés par la Poste, on me verra porter le badge sur les salons du livre et du tourisme auxquels je participerai et dans un bon nombre de mes conférences, dont la prochaine est prévue le 20 janvier à Cherbourg (3).

Pour en savoir plus sur le Conseil International de la Danse-CID :
consulter le site Internet (en anglais – le site en français n'est pas du tout à jour)
connectez-vous à la page Facebook.
En ce qui concerne la danse à Buenos Aires et en Argentine, vous disposez dans la partie basse de la Colonne de droite d'un certain nombre de liens permanents avec des revues et magazines spécialisés sur ce thème, dans la rubrique Eh bien ! dansez maintenant.


(1) Oui, je sais ! On dit ça et puis en fait... Mais en l'occurrence, promis, juré, craché, c'est vrai. Ça m'est tombé du ciel sans crier gare.
(2) En Argentine, c'est exactement ce que el Instituto Nacional Sanmartiniano est en train de vivre depuis deux ans. D'un cercle très fermé de savants distingués qui avaient la réputation de disputer à l'infini sur la couleur des cravates du "General" quand il vivait à Bruxelles, on est passé avec l'arrivée de Eduardo García Caffi à un institut qui s'ouvre au grand public et à l'ensemble des acteurs de la recherche sur San Martín en Argentine. Et ce faisant, il se heurte encore à l'image rétrograde dans laquelle il s'était complu pendant trois quarts de siècle. Coïncidence qui me fait sourire : le CID a fait sa révolution avec un président, qui se trouve être directeur d'un théâtre de référence (le Dora Stratou Dance Theater à Athènes) tandis que l'INS fait la sienne avec un président qui a été directeur de Radio Nacional et dont le frère dirige actuellement le Teatro Colón, c'est-à-dire l'Opéra de Buenos Aires. C'est pas mignon, ça ?
(3) Elle portera sur San Martín et les droits de l'Homme dans le cadre du Festival des Cultures hispaniques organisé par l'association normande La Mancha. De telle sorte que, dans cette nomination, tous mes centres d'intérêt convergent en deux points : la culture populaire argentine et la danse (à travers le tango, bientôt à travers le folklore, et même à travers San Martín, dont tous les contemporains admiraient l'élégance avec laquelle il savait danser autant l'aristocratique menuet que la plus révolutionnaire valse).

mardi 18 novembre 2014

Taquetepa revient en orchestre au Petit Bouchon [ici]

Eux mêmes se présentent comme "un groupe de malfaiteurs qui interprètent de la musique argentine sans aucun respect des traditions" (1). A leur répertoire, de la musique de Daniel Perez pour l'essentiel, avec de la chacarera, de la zamba, du tango, de la murga et d'autres rythmes du Cône Bleu.


Le groupe se compose de Daniel Pérez à la guitare électrique, Marie Crouzeix à la flûte alto, Didier Audinet au bugle, François Arbon au saxo basse et Gary Kiser au tuba. Un tel orchestre est pour le moins insolite dans le paysage argentin. Raison de plus pour vous précipiter si vous êtes du côté de Michelin-City !

Vendredi 21 novembre 2014, au Bar Le Petit Bouchon, 18 avenue Marx Dormoy à Clermont-Ferrand.
Entrée libre et gratuite (mais n'oubliez pas de consommer).



(1) Ce n'est pas parce qu'ils le disent qu'il faut les prendre au pied de la lettre. Pour faire ce qu'ils font, il faut en connaître un morceau sur la tradition.

Sonia Ursini présente son nouveau disque au Palacio Carlos Gardel [Disques & Livres]


La Academia Nacional del Tango vous invite à venir découvrir le nouveau disque de la compositrice, pianiste et chanteuse Sonia Ursini, une artiste à part dans le monde du tango nuevo.

Elle travaille le tango avec toute la tradition de la musique classique, dans laquelle elle a été formée au plus haut niveau et qu'elle enseigne elle-même en conservatoire. Ses admirateurs disent d'elle qu'elle est un orchestre à elle toute seule et il y a du vrai.

Beaucoup de Piazzolla dans ce nouveau disque ainsi que des morceaux originaux de sa composition.

A découvrir, à n'en pas douter.

La présentation aura lieu jeudi 20 novembre 2014, à 19h, dans le Salón de los Angelitos Horacio Ferrer, au premier étage du Palacio Carlos Gardel, le siège de l'institution, avenida de Mayo 833.

Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles.

Et pour découvrir l'artiste, rendez-vous sur son site. Attention, la page d'accueil est musicalisée.

Raquel Buela présente son nouveau disque au Tasso [Disques & Livres]


Demain soir, mercredi 19 novembre 2014, à 21h, la chanteuse Raquel Buela présentera son nouveau disque, Y voy cantando al andar (et je chante en chemin), au Centro Cultural Torcuato Tasso, Defensa 1575.

Elle sera accompagnée à la guitare par Osvaldo Burucuá et Pancho Rodríguez et elle a invité plusieurs artistes surprise.

Droit au spectacle : 70 $.

Comptez en plus les consommations. Le CC Torcuato Tasso propose un service de bar et une restauration simple (grillades, pâtes, pizzas, salades, croque-monsieur qu'on appelle tostadas en Argentine).

El Balcón demain soir à Circe [à l'affiche]


Le dúo El Balcón se produira ce mercredi, 19 novembre 2014, au bar Circe, avenida Córdoba 4335, à 21h30. Ce duo chanteuse-guitariste proposera son répertoire original de chansons portègnes mêlé à quelques classiques du tango.

Le même soir, le chanteur-guitariste Guille Airoldi partagera la même scène avec eux. Son répertoire, original, puise dans la tradition du folclore argentin mais aussi d'autres pays d'Amérique Latine, comme le Mexique et l'Equateur.

Entrée : 60 $ ARG.

lundi 17 novembre 2014

Compte-rendu de la Noche de los Museos à faire pâlir la Nuit Blanche [à l'affiche]


Fête éminemment que cette nouvelle Nuit des Musées qui s'est tenue ce week-end dans la capitale argentine. Elle aurait réuni 880 000 personnes (1), de tous âges, dans toute la ville, qui est immense. Le ton est très différent entre l'article, à forte symbolique nationaliste (2) et péroniste, de Página/12, qui fait la part belle à l'affluence dans les espaces culturels et muséographiques de l'ex-ESMA et un clin d'œil à une image historique (celle des péronistes installés dans la fontaine de Plaza de Mayo le 17 octobre 1945) (3), et celui, plus réduit, de La Nación, qui préfère parler d'abord du Museo Nacional de Bellas Artes et du Malba (musée d'art latino-américain de Buenos Aires), mais finit tout de même par mentionner le succès spectaculaire des propositions développées à l'ex-ESMA.

Pour en savoir plus :


(1) Rappelons que Buenos Aires stricto-sensu compte 3 millions d'habitants. C'est donc considérable.
(2) Attention : en Argentine, le nationalisme est une valeur de gauche. Il existe à droite une exaltation patriotique que l'on peut difficilement appeler du même nom et qui n'a guère d'équivalent en Europe. Cette disposition se caractérise par un haut degré d'hostilité ou de dédain pour les pays limitrophes et/ ou par un fort mépris pour la manière dont le pays fonctionne, doublé d'un regret clairement exprimé qu'il ne ressemble pas aux Etats-Unis ou à l'Europe.
(3) Dans la soirée du 17 octobre 1945, une foule immense s'assembla à Buenos Aires sur Plaza de Mayo pour réclamer le retour au gouvernement de Perón qui venait d'être déposé par une révolution de palais. Le groupe des officiers unis (GOU) qui avait fait le coup d'Etat de 1943 pour maintenir la neutralité d'une Argentine soumise à très forte pression par les Etats-Unis, qui voulaient coûte que coûte la voir entrer en guerre du côté des Alliés. Aussitôt la guerre achevée sur les deux fronts, les différences idéologiques qui avaient toujours existé entre les officiers putschistes, qui n'avaient d'uni que le nom qu'ils s'étaient donné, éclatèrent au grand jour et plusieurs courants firent alliance pour tenter d'écarter le beaucoup trop populaire et charismatique Juan Domingo Perón. En pure perte. Devant la marée humaine qui, quelques heures plus tard, avait envahi la place devant le palais présidentiel, les conjurés durent rappeler Perón du bagne militaire dans lequel ils venaient de le jeter et le secrétaire d'Etat au Travail apparut vers minuit au balcon de la Casa Rosada. C'est sans doute dans cette nuit du 17 octobre 1945 que Perón conquit son écrasante victoire électorale de l'année suivante, où il fut élu président de la Nation au premier tour avec 56% des voix, au cours d'élections libres et sincères. Depuis le 17 octobre est une grande fête péroniste, c'est le Día de la Lealdad (fête de la loyauté).

samedi 15 novembre 2014

Le Pape François ne viendra pas à Tucumán fêter le Bicentenaire [Actu]


En décembre de l'année dernière, la joie avait été grande lorsque l'équipe de football du Club San Lorenzo de Almagro avait annoncé la venue du Saint Père en Argentine, à Tucumán, en juin ou juillet 2016, pour le Bicentenaire de l'Indépendance du pays. C'était à l'issue d'une audience au Vatican après la victoire historique du Club à la Copa Libertadores (voir mon article du 13 décembre 2013 à ce sujet).

Une du site de l'AICA ce matin

Hélas, la déception est grande. L'information n'avait jamais été confirmée par le Vatican et il y a un mois, la Conférence épiscopale d'Argentine avait fait savoir que le Pape lui annoncerait en novembre s'il pouvait maintenir ou non ce voyage. La nouvelle est tombée hier : il n'y aura pas de visite pontificale en Argentine de toute l'année 2016, l'agenda du Saint-Père ne le permet pas, et aucune date n'a été fixée pour les années suivantes.

La nouvelle se retrouve dans tous les journaux ce matin. C'est Página/12 et Clarín qui mettent en avant l'information. Sur La Prensa ou La Nación, il faut vraiment la chercher pour la trouver et pourtant La Prensa met la nouvelle en une. On sent que la nouvelle affecte la presse, qui se préparait peut-être déjà à faire des tirages exceptionnels en juillet 2016. Et il est vrai aussi qu'une telle visite à une telle date aurait aussi aidé l'Argentine à faire connaître un peu son histoire au reste du monde. En ce sens, au-delà des intérêts économiques des périodiques argentins, qui y perdent beaucoup en "vaches, cochons, couvées", c'est une véritable occasion manquée pour le pays tout entier, dont le Bicentenaire en 2010 n'avait eu que très peu de retentissement en dehors du continent. On ne peut avoir que des regrets.

La nouvelle arrive alors que Clarín, qui n'a aucun scrupule à exploiter le filon commercial, distribue avec son journal une série de fascicules d'éducation spirituelle pour les petits, intitulée Avec François à mes côtés. On en est au cinquième numéro, qui est porte sur l'estime de soi. La série a même son propre site Internet. Et on peut gagner un voyage à Rome. On ne recule devant rien pour faire de l'argent et attirer le bambin !

Copie d'écran du site Internet Con Francisco a mi lado

Pour aller plus loin :