vendredi 31 octobre 2014

Le festival Raíz revient régaler son monde [Coutumes]


La grande fête de la gastronomie argentine commence ce midi pour trois jours à Tecnopolis, dans la petite ceinture, à l'ouest de Buenos Aires.

Les différentes traditions de l'asado sont là avec la Patagonie mapuche (Province de Neúquen), Mendoza, Entre Ríos, Catamarca et Santa Fe.

Plein de chefs sont sur place, pour animer des master classes, des dégustations, des ateliers pour les petits et les grands.

Toutes les Provinces ont leur stand et même un certain nombre de pays étrangers seront représentés par leurs spécialités, comme le Japon, l'Italie, la France, les pays arabes, la Thaïlande.

Deux milles produits de l'industrie agro-alimentaire nationale se feront admirer.

Un programme de conférences est aussi disponible, avec de l'histoire et de l'anthropologie...

Bref, c'est une vraie fête !



L'année dernière, le même événement, dont j'avais parlé dans ces colonnes, avait attiré 300 000 visiteurs, 72 restaurants et 50 événements gastronomiques. Le sujet est d'importance car il appartient à cette grande interrogation des Argentins sur la nature de leur identité nationale...

Entrée libre et gratuite, à Tecnopolis (depuis Buenos Aires, on peut passer par le Parque General Paz, dont le Parque del Bicentenario est limitrophe).

Pour en savoir plus :
et se connecter sur la page Facebook de Tecnopolis.

jeudi 30 octobre 2014

China Cruel à Córdoba [à l'affiche]


La semaine prochaine, les 7 et 8 novembre, le quintette féminin China Cruel, conduit par la pianiste, compositrice et parolière Verónica Bellini (1), se produira dans la Province de Córdoba, dans la capitale provinciale (entrée libre et gratuite), au Festival Tango Movimiento Vivo, organisé par la Fondation Che Bandoneón, puis dans la localité de Unquillo (entrée : 70 $).

Au Centro Cultural El Recodo del Sol, il est conseillé de réserver.


(1) Verónica Bellini fait partie des auteurs présentés et traduits dans Deux cents ans après, l'anthologie que j'ai publiée chez Tarabuste Editions à la fin 2010.

Lucrecia Merico présente son disque à la Casa del Bicentenario [à l'affiche]

La chanteuse Lucrecia Merico présente samedi prochain, le 1er novembre 2014, à 19h, son nouveau disque, intitulé Por eso, à la Casa Nacional del Bicentenario, Riobamba 985.

Entrée libre et gratuite.

L'artiste sera accompagnée par le trio de guitares dirigé par Juan Nacho Iruzubieta et par Marisa Wiedmer, aux instruments à vent et à la percussion.

Concert d'instruments à vent ce soir au Museo Casa Carlos Gardel [à l'affiche]


Ce soir, jeudi 30 novembre 2014, à 18h30, dans le cadre du partenariat entre le musée et le conservatoire Manuel de Falla, l'ensemble El Aventón, composé d'élèves et d'anciens élèves du Manuel de Falla et du conservatoire portègne Astor Piazzolla.

Les instruments à vent reviennent actuellement en force dans le monde musical du tango...

Mes lecteurs connaissent par cœur l'adresse du Museo Casa Carlos Gardel, cette maison où l'artiste vécut de 1927 à 1932 : Jean Jaurès 735.

Une nouvelle soirée Tangos para un siglo de cartón à La Paila [à l'affiche]


La même équipe qu'il y a quelques jours, autour du guitariste et compositeur Marcelo Saraceni, se retrouve le 5 novembre 2014 au restaurant La Paila, du quartier de Palermo (Costa Rica, 4848).

La chanteuse Jacqueline Sigaut, le chanteur Hernán Fernández, le bandonéoniste et pianiste Norberto Vogel entourent Marcelo, à la guitare et la basse.

Droit au spectacle : 80 $.
Pensez à inclure au budget le prix du repas (excellent restaurant de cuisine du nord-ouest argentin).
Il est conseillé de réserver. Voir l'affiche (ci-dessus). Cliquez sur l'image pour lire le texte.

mercredi 29 octobre 2014

Halloween avec Ariel Prat et China Cruel et on gagne un maté en coloquinte ! [à l'affiche]

On nous annonce des beaux matés, creux dans des coloquintes aux formes fantaisies et généreuses !
Notez toutefois le slogan anti-yanqui habituel dans de telles circonstances :
"Les citrouilles (1), c'est pas fait pour ça !!"

Murga et Tango ce vendredi 31 octobre 2014 au Almagro Tango Club, Medrano 688, avec le quintette féminin China Cruel et l'auteur-compositeur interprète de murga Ariel Prat...

Droit au spectacle : 70 $ (peso argentin)

Les artistes présenteront de nouveaux morceaux, dont un Nieblas en el Sena (Brouillard en Seine), dont le titre reprend le célèbre Nieblas del Riachuelo (on passe juste de Buenos Aires à Paris), et un ode au Fernet Branca, intitulée Al Negro Branca. Cet apéritif italien et amer est très apprécié des Argentins qui en font un détonnant cocktail en le mélangeant à du Coca Cola (pour le faire encore plus noir que noir).


Et comme ce sera Halloween (admirez la transcription super-gutturale en argentin !), une fête tout aussi peu à sa place à Buenos Aires qu'à Paris, Bruxelles ou Lausanne, la maison organise une tombola : un superbe maté en coloquinte (calabaza) à gagner en prime ! Le plus traditionnel, le plus humble des mate mais dans sa version la plus spectaculaire... A chacun pays ces citrouilles, en fonction de la culture des habitants !


(1) Calabaza : coloquinte. Des cucurbitacées de formes variées dont l'écorce évidée est séchée et traitées pour en faire un récipient supportant le chaud et le froid. Il y en a des grandes, des petites, des parfaitement rondes, des biscornues...

mardi 28 octobre 2014

San Martín : mon interview française et ma conférence "en vivo" en ligne [Agenda de Barrio de Tango]

Depuis ce week-end, vous pouvez écouter en ligne, sur le site de RAE (Radiodifusión Argentina al Exterior), Radio Nacional, mon interview en français, donnée début septembre à Magdalena Arnoux (1).
Cette interview est aussi accessible sur mon site Web (www.denise-anne-clavilier.fr).



Sur mon site, j'ai également mis en ligne, sous l'onglet Conférences-Ateliers, l'intégralité de la conférence que j'ai partagée avec Fabiana Mastrangelo le 2 septembre 2014 au CCC Floreal Gorini. Il s'agit d'une conférence intégralement en français. Le document a été très légèrement nettoyé de quelques silences et bruits parasites pour respecter les contraintes techniques de poids fixées par l'hébergeur du site (2).

Dans les deux cas, ces interventions concernent mon travail d'historienne autour de cette haute figure qu'est José de San Martín (1778-1850), et de mes deux ouvrages, sa biographie en français, San Martín à rebours des conquistadors, et une anthologie de documents d'archives organisée pour proposer un portrait vivant et contrasté, San Martín par lui-même et par ses contemporains (Editions du Jasmin) (3).


(1) Sur Barrio de Tango, pour accéder à l'ensemble de mes interviews, cliquez sur le mot-clé Media dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus. Pour écouter ces interviews, mieux vaut choisir mon site Internet car les archives sonores de Radio Nacional ont longtemps été inaccessibles et le demeurent encore en grande partie.
(2) Eu égard à la sensibilité du micro du CCC, les questions du public restent peu audibles.
(3) Le 20 janvier prochain, j'aurai l'occasion de présenter ce personnage lors d'une conférence à l'Hôtel de Ville de Cherbourg...

Il y aura un second tour en Uruguay [Actu]


Dimanche, les élections en Uruguay ont donné une certaine avance au candidat du Frente Amplio (alliance électorale de tous les partis de gauche), Tabaré Vázquez, qui entend revenir aux affaires pour un second mandat, non consécutif. Il est arrivé en tête à 46%. Il y aura donc un second tour, ce qui, avec le résultat de second tour dans le Brésil voisin, marque une tendance à la normalisation des démocraties sud-américaines, où les écarts étaient jusqu'ici beaucoup plus grands, parce que les enjeux étaient beaucoup plus différenciés entre gauche et droite. Avec la démocratie, survient la complexité des problématiques et les effets secondaires des solutions idéologiques.


Pour ce qui est des élections législatives, la majorité parlementaire est acquise au FA, ce dont se réjouit ce matin le quotidien argentin (de gauche) Página/12.

D'un autre côté, il y avait aussi un référendum sur l'abaissement de l'âge de la responsabilité pénale de 18 ans, âge de la majorité, à 16 ans et les Uruguayens ont dit non à une forte majorité. Exit la solution de la mano dura (l'expression qui désigne le tout répressif).


Pour aller plus loin :

Le site Internet de La República, l'autre grand quotidien uruguayen, ne s'est pas mis à jour depuis samedi.

dimanche 26 octobre 2014

Ouverture des archives diplomatiques en Argentine [Actu]


Le Ministère des Affaires étrangères argentin vient d'ouvrir ses archives pour les années 1976-1983, celles de la dernière dictature militaire.

5830 documents déclassifiés viennent d'être mis en ligne sur le site Internet de la Chancellerie pour permettre la recherche et l'établissement de la vérité historique dans ces dossiers où les Ambassadeurs argentins ont reçu consigne de faire de la désinformation à outrance, notamment en France, d'où venaient un certain nombre de dénonciations des crimes de la Dictature et qui avait donné l'asile politique à de nombreux artistes et intellectuels hostile au régime en place à Buenos Aires. Les diplomates argentins avaient mission d'approcher les personnalités pour les envoyer en voyage ou en tournée en Argentine et les journalistes pour les retourner en faveur de la Junte...

Página/12 s'en réjouit et en fait sa une, avec cette photo très insolite pour le lecteur sud-américain pour lequel le Moyen-Age est un truc vraiment très exotique ! Et le choix d'une gargouille diabolique est bien entendu hautement significatif, puisque la dictature cherchait précisément à diaboliser ses opposants.

Voir également le site Internet de la Chancellerie ou directement l'espace consacré aux documents déclassifiés.

samedi 25 octobre 2014

El tango es puro cuento distingué par la Legislatura [à l'affiche]



Ce livret-disque est un recueil de tangos pour les enfants, écrits et composés par un duo de choc, le chanteur, compositeur et parolier Guillermo Fernández et les compositeurs Luis Longhi et Federico Mizrahi (qui forment le duo Demoliendo tangos). Le titre est un jeu de mots entre les contes pour enfants et une expression qui signifie : le tango, c'est des histoires, c'est du vent, c'est des bobards...

L'ouvrage a été publié en 2011 en coédition par le Centro Cultural de la Cooperación Floreal Gorini et Abrazos Libros. Il est en vente notamment à la librairie du CCC (rez-de-chaussée au fond, près de la cafétéria).



Il sera déclaré d'intérêt culturel par la Legislatura Porteña (voir Trousse lexicale, dans la partie médiane de la Colonne de droite) et présenté dans ce contexte, mercredi prochain, 29 octobre 2014, à 13h, dans l'enceinte du palais législatif, près de Plaza de Mayo.

Pour en savoir plus sur l'ouvrage :
consulter l'article de El Tangauta, qui propose un extrait musical.

Une fête des bares notables au rabais cette année [à l'affiche]



Ce dimanche 26 octobre 2014, de 18h à 22h, un certain nombre de Bares Notables de la Ville de Buenos Aires participeront à l'opération culturo-promotionnelle du Día de los Cafés Notables, au cours de laquelle traditionnellement, si vous êtes quatre, vous pouvez prendre quatre cafés pour le prix de deux dans les établissements participants.

Cette année, la fête commence à 11h, sur une scène installée à Recoleta, devant le café La Biela (avenida Quintana 600), avec un spectacle de la danseuse-chorégraphe Mora Godoy, mais le reste du jour est maigre. Seulement cinq établissements participent alors qu'il y en avait au moins le double lors des précédentes éditions...

L'opération de promotion utilise l'un des symboles du tango,
le rythme 2 par 4...

Le parcours cafetier proprement dit démarrera à l'Esquina Homero Manzi, dans le quartier de Boedo, avec le quintette La Siniestra et se continuera d'heure en heure dans les cinq établissements et plusieurs quartiers. A chaque café, son genre musical (tango, rock, folclore, etc).

A 19h, au Café Monserrat, on remettra les brevets aux onze nouveaux établissements qui intègrent la classe des notables, laquelle semble se dévaloriser (il y a dans la liste des cafés dont on se demande comment ils ont obtenu cette distinction).

L'entrée est gratuite pour chaque spectacle.

Pour connaître le programme officiel, consulter l'agenda culturel du portail de la Ville.

Concert dominical floklore-tango à la Boca [à l'affiche]


Le trio Willy González (folklore) et le groupe Patricia Barone-Javier González partageront demain après-midi, dimanche 26 octobre 2014, à 18h30, la scène de la Usina del Arte, la nouvelle salle de concert de La Boca, à l'angle Caffarena et Pedro de Mendoza.

Le concert sera enregistré en direct.

Entrée libre et gratuite.

Mes lecteurs connaissent déjà bien la chanteuse Patricia Barone et le compositeur et guitariste Javier González dont j'ai souvent parlé dans ces colonnes. Vous pouvez accéder à l'ensemble des articles qui leur sont consacrés ici en cliquant sur leur nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus.

Tabaré Vázquez de retour à la Présidence ? [Actu]

Une de La República hier

Le candidat du Frente Amplio, l'ex-président Tabaré Vázquez, qui avait précédé José Mujica à la tête de la République Orientale de l'Uruguay, est le favori des sondages nationaux, à la veille des élections présidentielles et législatives. Il semblerait qu'il puisse l'emporter facilement au premier tour, demain, 26 octobre 2014. Toutefois le nouveau président ne prendra ses fonctions que le 1er mars 2015. Pepe Mujica, qui ne peut pas se représenter aux termes de la Constitution du pays, s'est déclaré hier fier du travail accompli. Il soutient son prédécesseur, qui revient auréolé du prestige et de la popularité incroyable dont il jouissait à la fin de son premier mandat.

Tabaré Vázquez est un médecin de haut vol. Il a fait sa spécialisation en oncologie à Paris, à l'Institut Gustave Roussy. Il n'a jamais cessé d'exercer son métier, même pendant son mandat, où il a conservé quelques heures de consultation régulière à l'hôpital. Sitôt sorti du palais présidentielle, il a repris ses activités à temps plein, se lançant en particulier dans une grande campagne de prévention du tabagisme... Elégant, orateur distingué, il milite depuis toujours au sein de la gauche unie du Frente Amplio et il a été le premier chef d'Etat uruguayen de gauche.


Aide mémoire, avec l'âge du capitaine en prime !

Avec sa victoire, le FA obtiendrait une étonnante continuité au pouvoir, avec trois mandats successifs soit quinze années de rang.

En revanche, le scrutin s'annonce plus serré au niveau du Parlement où aucune formation n'atteindrait la majorité absolue et où les journalistes et les politologues de tous poils font déjà des plans sur la comète quant aux alliances de gouvernement futur.

Depuis hier soir, l'Uruguay est entré dans la veda electoral, le grand silence des candidats, ce qu'en France on appelle la journée de réflexion.

Une une spéciale élections...

Pour aller plus loin :
lire l'article de La República sur la clôture de la campagne de Vázquez
lire l'article de La Red 21 sur la fin de campagne du favori. Sur ce quotidien en ligne, il faut poursuivre la lecture avec les articles attenants
lire l'article de El País sur les enjeux des élections au Brésil (second tour en faveur de Dilma Roussef) et en Uruguay (où la gauche s'annonce triomphante aussi)
lire l'article de El Obsevator sur les projections tirées des derniers sondages.
Voir également l'article que La Red 21 a consacré aux propos récents du Pape François sur les politiques de répression pénale, positions qui touchent le sujet d'un référendum proposé ce dimanche et qui prétend abaisser de 18 à 16 ans la majorité pénale en Uruguay.

En Argentine, Página/12 espère la victoire de Tabaré Vázquez, pour lequel il a toujours eu de l'affection malgré la ténacité de celui-ci devant les exigences argentines sur toutes les affaires fluviales communes aux deux pays voisins (bassins de l'Uruguay et du Río de la Plata).

vendredi 24 octobre 2014

Viernes de Tango avec Mulenga au Palacio Carlos Gardel [à l'affiche]


Ce soir, vendredi 24 octobre 2014, à 19h30, la Academia Nacional del Tango propose son nouveau concert (payant) du vendredi, Viernes de Tango.

Artistes du jour : le Cuarteto Mulenga dirigé par Carlos Gorrindo et avec un trio d'invités prestigieux de la génération des aînés, les chanteurs Alberto Podestá (qui fit partie de l'orchestre de Carlos Di Sarli dans les années 40 et 50), Héctor De Rosas (qui chanta avec Astor Piazzolla dans les années 60 et 70) et le bandonéoniste et compositeur Ernesto Baffa, qui joua chez Horacio Salgán avant d'arriver, encore adolescent, chez Aníbal Troilo.

Ce jeune quatuor s'est formé il y a deux ans pour faire revivre les styles des orchestres de la grande époque (la época de Oro), entendez les années 30 et 40 jusqu'au renversement de Juan Perón en septembre 1955. On redécouvrira avec eux ce soir les styles des années 1940 (les années où brillaient Pugliese, D'Arienzo, Canaro, Di Sarli et Troilo, pour ne citer que ces cinq monstres sacrés).

Vous trouverez sur leur site Internet des documents audio et des vidéos pour mieux les connaître. Sur leur page Facebook, vous constaterez qu'ils sont déjà venus jouer à Paris (sur leur actuelle photo de profil, ils posent devant la Tour Eiffel).

Entrée : 80 $ (avec visite du Museo Mundial del Tango)
Academia Nacional del Tango, Palacio Carlos Gardel, Avenida de Mayo 833, 1er étage.

jeudi 23 octobre 2014

Cucuza à Agronomia le 25 octobre [à l'affiche]


Le samedi 25 octobre 2014, le chanteur Cucuza Castiello se produira au Club Agronomía Central, Baunes 958, dans le quartier Agronomía, à l'est de Buenos Aires, avec ses compagnons habituels : Sebastián Zasali au bandonéon, Noelia Sinkunas au piano et Mateo Castiello (son fils), à la guitare.

Milonga (avec Cucuza comme DJ) et cumbia en musique live. Buffet bon marché selon la coutume de ce club qui fait partie de l'identité de ce quartier excentré... On peut faire confiance aux musiciens pour le choix très varié de leur répertoire !

Festival de Tango de Parque Patricios : la troisième année consécutive [à l'affiche]


Troisième édition, ce soir, jeudi 23 octobre 2014, de ce festival qui fait la part belle à la danse, avec la première journée qui lui est entièrement consacrée, et qui se déroule sur trois jours, du 23 au 25 octobre 2014.

Comme sur tous les festivals populaires de ce genre dans la ville de Buenos Aires, il y en aura pour tous les goûts : de la musique, de la danse, des cours et des ateliers, dont des activités de peinture, une exposition de projets conduits en autogestion (comme c'est le cas du festival lui-même), du cinéma, des présentations de livres et de disques...

Lucrecia Merico fait partie des artistes invités comme Musas Orilleras et Patricia Malanca.

Le festival, entièrement gratuit, se développe sur trois lieux différents et sort même des frontières officielles du quartir Parque Patricios. C'est un événement organisé uniquement en système D (a pulmón) et qui compte sur la bonne volonté des initiateurs et des festivaliers.

Vous pouvez vous connecter à la page Facebook de la manifestation et vous régaler de tango si vous passez le printemps à Buenos Aires.

Le programme du festival
Cliquez sur l'image pour obtenir une résolution de lecture

mercredi 22 octobre 2014

Vendredi soir, Marcapiel au Teatro Orlando Goñi – Article n° 3900 [à l'affiche]


La formation Marcapiel (du titre de la chanson vedette d'un album phare du rocker argentin Luis Alberto Spinetta), septuor animé par le guitariste et compositeur Alan Haksten, se produira vendredi 24 octobre 2014, à 21h30, au Teatro Orlando Goñi, Cochabamba 2536, dans le quartier de San Cristobal.

La soirée sera partagée entre Marcapiel et La Torivia, autre formation musicale de la movida innovante actuelle, dont le répertoire original mêle rock, musique de chambre et tango, entre Piazzolla, Bach et Los Redondos de Ricota, selon la présentation que ce septuor fait de lui-même.

Entrée : 70 $

Vous pouvez vous connecter à la page Facebook de Marcapiel et à celle de la salle elle-même.

Marcapiel - Combate (en public janvier 2014)

Le tango, la société patriarcale et le genre : conférence au CCC Floreal Gorini [à l'affiche]

Le Centro Cultural de la Cooperación Floreal Gorini (CCC), Corrientes 1543, l'un des bastions de la réflexion intellectuelle et culturelle de la gauche argentine, propose ce jeudi 23 octobre 2014 à 19h, en salle Jacobo Laks (3ème étage) une conférence sur le Patriarcat et ses conséquences dans le tango, avec la sociologue et historienne Dora Barrancos et le chanteur, auteur et compositeur Alejandro Guyot, qui participa à la fondation du groupe El Arranque et chante à présent au sein de l'orchestre 34 Puñaladas.

Dora Barrancos est docteur en histoire. Elle a fait ses études au Brésil et dirige aujourd'hui l'institut interdisciplinaire des Etudes de Genre de la Faculté de Lettres et Philosophie de l'Université de Buenos Aires. Elle intervient également à l'Université Nationale de Quilmes (Province de Buenos Aires).

Cette conférence est organisée par la Ciudad del Tango, unité consacrée au tango au CCC, sous la double houlette de Walter Alegre, coordinateur du département, et Karina Beorlegui, chanteuse et compositrice.

Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles.

Pichuco au CETBA : nouvelle projection en cette fin d'année du centenaire [à l'affiche]


Le documentaire de Martín Turnes, Pichuco, que j'ai eu l'honneur de présenter à Toulouse (1) au cours de cette année du centenaire qui s'achemine vers sa fin, sera une nouvelle fois projeté à Buenos Aires, au Centro Educativo del Tango de Buenos Aires (ex-Université du Tango) dans le cadre du troisième Festival Populaire de Tango de Parque Patricios (FPTPP), une manifestation entièrement gratuite pour le public, déclarée d'intérêt culturel et social par la Legislatura Porteña (voir Trousse lexicale, dans la partie médiane de la Colonne de droite).

Curieusement, et fallacieusement, le CETBA présente cette projection comme la première du film (estreno), alors qu'il a déjà des dizaines de passages à son actif depuis juillet dernier et même avant, puisqu'il avait fait partie de la sélection du festival de cinéma indépendant de Buenos Aires.

La séance est fixée à vendredi 24 octobre 2014, à 19h, dans les locaux du CETBA, Agrelo 3231, dans le quartier de Balvanera.


(1) Malheureusement, la maison de production a choisi une affiche dont la symbolique est indéchiffrable hors du Cône Sud et qui handicape considérablement la diffusion du documentaire en dehors de l'Argentine. C'est d'autant plus regrettable que l'affiche temporaire était, quant à elle, parfaitement identifiable et compréhensible par tout le monde, y compris les Argentins eux-mêmes.

samedi 18 octobre 2014

Mercedes Sosa au Ciné Club de la Maison de l'Argentine [ici]


Mardi 21 octobre 2014, à 20h, la Maison de l'Argentine propose au Ciné Club argentin la projection d'un documentaire sur l'auteur-compositeur interprète folkloriste Mercedes Sosa, réalisé par Rodrigo Vila en 2013, sur une idée originale de Fabián Matus, fils de la grande artiste.

Mercedes Sosa est l'une des plus prestigieuses représentantes et créatrices de la musique du Nord-Ouest argentin. Elle était née à Tucumán. Elle est décédée en octobre 2009 et son corps a été veillé au Congrès national à Buenos Aires (voir mon article du 5 octobre 2009).

Le film dure 1h30 et il sera projeté en VO. Il relate l'art de la musicienne mais aussi l'engagement politique et sociale de la citoyenne qu'elle fut et qui dut s'exiler pendant la dictature des années 70.

Ce documentaire a déjà reçu un prix, celui du public au Festival de Panamá de l'année passée.

Maison de l'Argentine, Cité Internationale Universitaire de Paris, M° ou tramway Cité Universitaire.
Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles.

Pour changer un peu des milongas du Micro-Centro, la pratique de Patricios [à l'affiche]


Voilà une pratique de tango argentin, installée en plein air, avec de la musique vivante, dans le quartier de Parque Patricios, animée par une association dans la mouvance authentiquement populaire du tango nuevo : la Práctica Patricios, tous les samedis de 16h à 21h (donc à la lumière du jour maintenant que le printemps est là et bien là), avec un cours ouvert à 16h30.

Le même collectif culturel, qui entend créer du lien social dans la collectivité locale, prépare pour le week-end prochain trois jours de festival, avec concerts, ateliers, cours, milonga, etc...

Ils ont choisi d'être présents sur Facebook. Vous pouvez vous connecter.

vendredi 17 octobre 2014

Retour à Don Torcuato pour Patricia Barone et Javier González [à l'affiche]


Demain soir, le samedi 18 octobre 2014, à 20h, la chanteuse Patricia Barone et le guitariste compositeur Javier González, accompagnés de leurs musiciens, se produiront à Tertulia, Libros y algo más, à Don Torcuato, au nord de Buenos Aires.

Ils y présenteront le répertoire de leur prochain disque, intitulé Complicidad.

Dîner-spectacle à 220 $ par personne (c'est bon marché), avec menu unique (empanada aux quatre fromages avec un verre de mousseux, cassolette de poisson blanc, verre de vin ou de soda, crumble aux pommes, thé ou café). C'est ce qu'il faut pour bien dîner sans détourner l'attention de la musique.

Bon spectacle ! Ces musiciens sont parmi les meilleurs de l'actuelle scène du tango.

Redécouvrir les années 20 à la Academia Nacional del Tango lundi soir [à l'affiche]

Lundi prochain, 20 octobre 2014, à 19h30, pour le second Plenario du mois, le public est invité à redécouvrir le tango des années 20 grâce à une causerie musicale de Enrique Binda, membre de l'institution.

Tango rituel de cette soirée : Patotero Sentimental, de Manuel Jovés et Manuel Romero, composé en 1922 et enregistré par Carlos Gardel (chant) et Guillermo Barbieri (guitare).

Mis tardes con Gardel lundi soir [à l'affiche]


Nouvelle soirée musicale gratuite ce lundi 20 octobre 2014 à 18h30 au Museo Casa Carlos Gardel, Jean Jaurés 735.

La chanteuse Livia Comerci se présentera avec deux guitaristes, Benito Grande et Juan María Paez.

Ces concerts du lundi en fin d'après-midi ont lieu dans le patio couvert du musée et sont d'accès libre et gratuit, dans la limite des places disponibles (et Dieu sait si le musée, qui n'est autre qu'une demeure privée de la classe moyenne des années 1920, est petit).

Lucho Repetto ce soir à la Academia Nacional del Tango [à l'affiche]


Ce soir, sous le titre Viernes de Tango (vendredi de tango), le pianiste et trompettiste, compositeur et arrangeur, Lucho Repetto se produira avec ses musiciens à la Academia Nacional del Tango, dans le cadre des soirées payantes pour lesquelles l'institution propose ses locaux. Ce sera ce soir, vendredi 17 octobre 2014, à 20h, au premier étage du siège social, Avenida de Mayo, 833.

Place : 80 $ par personne (ce qui comprend la visite du Museo Mundial del Tango, qui occupe la moitié de l'étage et mérite d'être vu).

Lucho Repetto
dans le Salón Dorado de la Legislatura Porteña
joue sa version de Tinta Roja au piano

Pour en savoir plus sur Lucho Repetto
vous pouvez aller visiter son blog (qui n'a pas été mis à jour depuis longtemps) ou vous connecter à sa page Facebook.

Un nouveau spectacle du cycle narratif au Museo Casa Carlos Gardel [à l'affiche]


Le Museo Casa Carlos Gardel propose demain samedi, 18 octobre 2014, à 18h, un nouveau spectacle de son cycle narratif : cette fois-ci, il s'agit d'un concert de tango qui raconte la ville de Buenos Aires à travers les textes des chansons, avec la chanteuse Verónica Rapela et le guitariste Agustín Conejeros.

Entrée libre et gratuite au 735 rue Jean Jaurès, dans le quartier dit de l'Abasto, à quelques centaines de mètres au nord de Avenida Corrientes.

jeudi 16 octobre 2014

Jacqueline Sigaut et Pepo Ogivieki continuent l'hommage à Troilo à Salta y Resto [à l'affiche]


De retour de Montevideo, où ils se sont produits dimanche dernier, au Museo del Vino, la chanteuse Jacqueline Sigaut et le pianiste et compositeur Pepo Ogivieki reprennent leur récital, maintenant bien rôdé, du Centenaire Troilo à Salta y Resto, ce samedi 18 octobre 2014, à 21h dans la rue Salta (au n° 755).

Droit au spectacle : 100 $ (peso argentin). A quoi il faut ajouter le repas dans ce restaurant dit français de Monserrat.

L'année dernière, Jacqueline a sorti un sixième disque entièrement consacré à des reprises de chansons composées par Troilo, avec des arrangements très modernes, totalement originaux : Desde el recuerdo te vuelvo a ver.

mardi 14 octobre 2014

San Martín existe, je l'ai rencontré. Deux fois ! [Retour sur Images]

San Martín (ou son double) harangue les congressistes le jeudi matin
Ce cliché fait partie des images publiées par le Ministère de la Culture de Mendoza

Depuis le mois d'août dernier, la ville et la Province de Mendoza sont entrées dans deux années de bicentenaire pour fêter le gouvernorat du général José de San Martín à Cuyo, qui allait changer radicalement le sort et la vie de cette bourgade rurale de 3500 âmes en 1814. San Martín, venu de l'Andalousie de Carlos IV, a réorganisé toute l'économie de cette vaste province qui regroupait les actuelles états fédérés de Mendoza, San Luis et San Juan, l'a tournée vers la guerre d'indépendance à l'échelle continentale (il arrive avec l'idée déjà aboutir de faire sauter le verrou colonial de Lima) et y a jeté les bases d'une agriculture prospère et d'en valoriser les routes commerciales vers Buenos Aires, vers le nord (Salta, Tucumán) et surtout de rétablir les échanges avec Santiago, qui sera libéré depuis Mendoza. Il est le premier à avoir promu le vin de Mendoza (suivi beaucoup plus tard par Domingo Faustino Sarmiento qui y fera acclimater un cépage qui en fera la gloire aujourd'hui, le malbec, originaire du sud-ouest français). Pour loger les vétérans de l'Armée des Andes, que San Martín forma avec les paysans et les notables cuyains pour rendre sa liberté au Chili, il a fondé plusieurs agglomérations autour de Mendoza, dont l'actuelle petite commune de San Martín où il avait sa maison de campagne entourée d'une vaste propriété agricole où il a longtemps rêvé vivre en paix (dans les documents historiques comme dans San Martín à rebours des conquistadors, il s'agit de Los Barriales, qui est resté le nom de la zone).


Dans le hall du Centre Julio Le Parc ; la musique militaire joue
pendant qu'un programme de Pakapaka,
la chaîne éducative pour les tout-petits,
passe sur l'un des grands écrans du centre.

A Mendoza, San Martín n'est pas le même héros que celui qu'on vénère à Buenos Aires. Et ça commence par la tenue vestimentaire : à Mendoza, toujours et partout San Martín se présente en poncho et l'uniforme disparaît sous le plaid de laine tissée ! Et puis, il y a le souvenir tenace de sa femme, Remedios de Escalada (1797-1823), et encore plus de leur fille, Mercedes (1816-1875), qui ne vécut pourtant qu'à peine deux années au pied des Andes. Mais c'est là qu'elle est née et comme je vous l'ai raconté dans un autre article, à Mendoza, la fête des pères est fixée au 24 août, pour marquer l'anniversaire de sa naissance en 1816. A Mendoza, San Martín est un homme plus fraternel, plus proche, plus humain, plus concret qu'à Buenos Aires. C'est un chef de guerre mais c'est aussi un formidable organisateur économique, technique et social. Son charisme est encore sensible dans la manière chargée d'affectivité dont les Mendocins en parlent deux cents ans plus tard !


Dans le cœur historique de la capitale provinciale,
une plaque signale l'emplacement de la maison de San Martín

Ce lien avec l'enfant du pays, que son père avait surnommée La Mendocina, est si fort que le musée San Martín de Mendoza, tenu par une confrérie féminine sans aucune qualification académique en histoire ou en muséologie, les Damas Pro Gloria, descendantes de certains officiers de l'Armée des Andes, exhibe une curiosité incroyable : une descente de lit crème, immaculée, sur laquelle Remedios de Escalada aurait accouché. Et il y a juste un hic : placée dans la vitrine à côté de l'objet, sa légende nous dit qu'il a été tissé et brodé pour San Martín par les dames de Lima. Or San Martín n'a pris le contrôle de Lima qu'en juillet 1821, il est donc impossible que les Limègnes lui aient offert quoi que ce soit avant cette date, or Mercedes est donc née le 24 août 1816. Cherchez l'erreur ! C'est énorme (1).


Réplique de la Chacra de San Martín dans la ville homonyme
La maison originale a été détruite en 1861.
Une autre a été rebâtie avec deux dômes au lieu des cinq que comptait celle du général
Une technique architecturale pour réguler la température intérieure.
La maison vient d'être cédée par ses propriétaires privés au département de San Martín
Elle est donc en travaux de restauration et d'adaptation muséographique
pour un bon moment.
C'est pourquoi le toit est temporairement en tôle blanche.
A la fin des travaux, cette galerie retrouvera ses tuiles romaines traditionnelles.

Le ministère du Tourisme de Mendoza avait gâté les congressistes réunis à l'Espacio Cultural Julio Le Parc pour les trois jours de cette réunion internationale et j'ai donc eu la chance de participer, seule Française au milieu d'Argentins excités comme des gamins, à deux des visites proposées, toutes deux animées par de fins connaisseurs de la région et de son histoire. L'un était un artiste plastique de grand talent, Israel Pérez Hugas, qui nous guida à Junín et San Martín, et l'autre une retraitée de l'enseignement et du tourisme, dont je n'ai pu capter que le prénom, Edith. Tous deux s'avérèrent de véritables puits de science.


El Cerro de la Gloria (le piton d'honneur) dans le parc San Martín
sur une des hauteurs qui dominent la capitale provinciale

Je rapporte donc quelques photos pour vous montrer que j'ai bien rencontré San Martín en personne et je l'écris sans rigoler le moins du monde !


Cerro de la Gloria, détail du monument
Ce bas-relief représente les travaux de l'arsenal, dirigés par Luis Beltán
L'homme s'était alors défroqué mais il est représenté dans l'habit franciscain de ses vœux.

Tout a commencé le jeudi 11 septembre, au matin, à l'ouverture du congrès, avec l'acteur provincial chargé d'incarner le héros dans toutes les manifestations officielles (voir plus haut). Il est légèrement trop âgé pour le rôle (2) mais il lui est fidèle. Il a donc fait irruption dans la salle pour nous haranguer en bonne et due forme. J'étais l'une des très rares spectatrices que ce moment de théâtre, totalement incongru dans une telle manifestation en Europe, faisait sourire et j'ai tâché de me contrôler comme j'ai pu pour ne pas choquer mes voisins.


Le moulin dit d'Orfila, que San Martín fit construire près de sa chacra (aujourd'hui à Junín)
pour alimenter en farine l'Armée des Andes et toute la zone en temps de paix
Ce bâtiment, d'habitation et de bureau, est l'une des rares constructions qui aient survécu en 1861

Le samedi soir, à la nuit tombante, le car de la dernière sortie a déposé notre groupe de congressistes, auquel aucun historien professionnel n'avait daigné se joindre, devant une petite maison des années 70 ou 80 promise à une prochaine démolition : elle est bâtie sur le lieu où s'élevait en 1814 la maison où s'installa San Martín pendant toute la durée de son gouvernorat (voir plus haut). Pour nos beaux yeux, cette cuadra avait été coupée à la circulation par la police : nous avions toute la rue pour nous !


Le Canal de la Patria, le plus large que San Martín fit creuser
pour compenser la sécheresse du climat.
C'est lui qui alimente le moulin situé à la gauche de la photo,
derrière ce palmier que les riverains n'entretiennent pas

Comme presque la totalité de la ville, la maison originale a été démolie par le tremblement de terre de 1861. L'actuel pavillon vient d'être exproprié et quelques fouilles ont déjà été entreprises dans le sous-sol. Elles sont prometteuses. Pour l'heure, une simple plaque, scellée au milieu des dalles du trottoir, signale qu'à cet endroit s'élevait la demeure de San Martín, la maison natale de la princesse locale, Mercedes de San Martín Escalada. Un homme jovial, la cinquantaine enrobée dans le costume traditionnel des pampas cuyaines, nous attendait. Don Diego, le propre intendant du général, figurez-vous ! Le numéro est si vivant et si bien conçu qu'on finit par y croire. Nous n'avons pas pu entrer, parce que le bébé (toujours Mercedes, elle est partout, tout le temps !) dormait, la maîtresse de maison (doña Remedios) était partie chez la voisine broder le drapeau de l'armée des Andes (en hiver, ça ne tient pas la route, vu que cette bannière (3) a été brodée entre Noël et l'Epiphanie, donc en plein été) et le patron, don José, était allé au Cabildo signer des papiers...


Exposition des archives de San Martín pour marquer le bicentenaire
au siège des Archives générales de la Province
dans la gare désaffectée de Mendoza
Ici, des courriers de San Martín en faveur de la liberté de plusieurs esclaves

L'idée est jolie : elle consiste à répartir sur les points historiques de la ville, tous très rapprochés les uns des autres, des acteurs qui accueillent les touristes et leur rendent sensibles les distances et les localisations, dans un paysage urbain où il est bien difficile de se repérer puisqu'il n'a plus grand chose à voir avec celui qu'il était à l'époque de l'épopée fondatrice. Nous avons ainsi pu nous rendre compte de l'extraordinaire proximité entre le logis privé du général en chef et l'arsenal, à 150 mètres de là, où des équipes civiles travaillaient jour et nuit pour fabriquer le parc d'artillerie de la future armée de libération du Chili. Lorsque don Diego nous laissa remonter dans notre bus, il nous annonça qu'il nous devancerait sur l'ancienne Plaza Mayor, aujourd'hui Zona fondacional, et c'est ce qu'il fit ! Et je ne sais pas comment il s'y est pris tant le chemin est court d'un point à l'autre.

La tombe de Mercedes, son mari Mariano et leur fille aînée, María Mercedes
dans la basilique franciscaine de Mendoza.
La tombe venait d'être fleurie lors d'un hommage des corps constitués avant l'ouverture du Congrès
Les rubans mêlent les couleurs argentines et françaises puisque tous trois sont morts à Paris

Et là, je me doutais bien qu'à un moment ou à un autre, on allait se trouver nez à nez avec don José ! Et j'ai failli croire que j'avais eu tort car c'est tout d'abord une jeune comédienne qui s'est avancée vers nous et vers don Diego et je me suis dit que ça ne pouvait pas être Remedios. En l'absence de San Martín, ça aurait fichu par terre tous les effets patiemment construits par cette mise en scène à la construction dramatique et pédagogique savamment étudiée. Et en effet, ce n'était pas Remedios, c'était sa grande copine, Laureanita Ferrari, à qui elle écrivit le 4 janvier 1817 au soir un petit billet qui est l'unique manuscrit qui nous soit parvenu d'elle et que j'ai inclus et traduis dans San Martín par lui-même et ses contemporains. Et puis après la jeune dame et un nouvel exposé de don Diego, que j'écoutais en ayant de plus en plus de mal à conserver mon sérieux devant une mise en scène qui pour moi était à la fois excellente et super-téléphonée (4), j'ai vu arriver du fond de la place un type fin, très grand, le chapeau de paysan sur la tête, le poncho sur le dos et des bottes aux pieds. Cette fois, si, c'était bien lui ! (5)


A gauche San Martín, à droite son majordome, don Diego
sur l'ancienne Plaza Mayor de Mendoza qui joua un rôle si important à l'époque révolutionnaire.
Comme vous le constatez, on a tenu à nous montrer un San Martín musicien
très différent du San Martín martial et impavide que connaissent les Portègnes

Le plus étonnant, ça a été après, lorsque San Martín s'est retiré et qu'après l'avoir applaudi, alors que l'acteur continuait son chemin et que don Diego reprenait la parole, les membres de notre groupe, tous argentins, après quelques secondes d'hésitation, l'ont rappelé à grands cris pour prendre des photos. Et là, il y a eu une joyeuse bousculade, très sympathique par ailleurs, à qui pourrait se placer le plus près de lui, à sa droite et à sa gauche. A part trois étudiantes et une toute jeune diplômée, ces hommes et ces femmes étaient tous des adultes d'âge mûr, voire retraités mais ils étaient tous comme des gamins de six ans autour du Père Noël ou de San Nicolas, après les quelques secondes de sidération et de légère angoisse devant LE personnage mythique... Ce fut une scène indescriptible. Et très vite, d'un coup, une Mendocine m'empoigna aux deux bras, me plaça à la droite de l'acteur à qui elle expliqua que j'étais française et que cette place me revenait donc de droit. Il y a eu plusieurs flashes mais je n'ai aucune de ces photos. L'acteur a bafouillé deux ou trois mots sans avoir eu le temps de bien comprendre pourquoi on me précipitait ainsi contre lui et jusqu'à la fin de ma vie, je ne saurai jamais si cette dame si accueillante et si aimable à mon endroit pendant toute cette après-midi m'a présentée à un comédien ou si elle m'a présentée à San Martín.

Et je penche vaguement pour la seconde solution. Depuis lors, le roi (Fernando VII) n'est pas mon cousin !


La Virgen del Carmen de Cuyo,
dont San Martín fit la générale et la sainte Patronne de l'Armée des Andes
dans la basilique San Francisco, le dimanche juste avant la messe.
Si vous cliquez sur l'image, vous pouvez voir qu'elle a en main un bâton de commandement.
C'est celui de San Martín que le général lui remit en 1818, après la victoire de Maipú
Il avait une dévotion marquée (mais de nature indéfinissable) pour Notre-Dame du Carmel.


(1) Qui plus est, il est peu probable qu'en 1816 on ait laissé les femmes, même de très bonne société, accoucher sur du linge de maison un tant soit peu précieux et encore moins dans la maison d'un général aussi spartiate que San Martín. C'eût été bien trop difficile à « ravoir » à une époque où la lessive était une opération des plus lourdes en l'absence de la poudre miracle qui lave plus blanc que blanc !
(2) A Mendoza, San Martín n'avait pas encore quarante ans et il paraissait de surcroît plus jeune que son âge.
(3) L'authentique Drapeau de l'Armée des Andes est actuellement à Mendoza, dans un mémorial qui lui est consacré tout près du siège du gouvernement provincial. Je n'en ai pas de photo pour la simple et bonne raison qu'il est interdit d'en prendre dans cette pièce dont l'éclairage, l'hygrométrie et la température sont soigneusement calculées pour permettre la conservation de la relique nationale. On y entre comme dans un lieu de culte, en silence, sans bousculade. Tout y invite au recueillement, même les explications qui nous furent délivrées par le directeur du lieu, lui-même congressiste, et un officier du régiment d'infanterie de haute montagne qui en assure la garde d'honneur tout au long de l'année. Le Drapeau lui-même est éminemment émouvant avec ses auréoles formées par les taches de sang de la bataille de Chacabuco (12 février 1817) et les accrocs subis par les broderies pendant le combat. Ce drapeau, qui a servi au feu et qui a été confectionné là, à Mendoza même, par les arrière-arrière-arrière grands-mères des Damas por Gloria, est l'un des tout premiers symboles de la naissance d'une nation. Même s'il est beaucoup plus récent dans le temps, il est aussi émouvant que la tapisserie de Bayeux ou les puissants soubassements de la forteresse du Louvre, sous la pyramide de Pei.
(4) En revanche, je ne suis pas sûre que c'était le cas des Argentins parce qu'ils connaissent très mal l'histoire réelle de San Martín et qu'ils ont donc du mal à anticiper dès qu'on quitte la légende creuse qui a bercé leur enfance pour l'histoire documentée, que l'historien(ne) connaît par cœur.
(5) L'acteur est jeune, peut-être un peu trop, et on sentait que symboliquement, le rôle était très lourd à porter. Il n'était pas vraiment à l'aise dans ce costume et il m'a semblé que ce léger manque d'aisance apportait la juste dose de distanciation, en tout cas pour moi, car j'ai pu mettre de côté tout ce que je savais comme historienne et entrer avec lui et avec le reste du groupe dans la geste locale et l'admiration qu'elle suscite dans les cœurs quand on se trouve sur ce point-là du globe. Pour les comédiens, il est clair que don Diego ou doña Laureanita sont des rôles beaucoup plus faciles à tenir.