mercredi 1 juillet 2015

Deux duos ce soir sala Osvaldo Pugliese [à l'affiche]


Ce soir, mercredi 1er juillet 2015, à 21h (et non pas à 20h30 comme si souvent), au Centro Cultural de la Cooperación Floreal Gorini, Corrientes 1543, deux duos chanteur-guitariste se présenteront sur la scène de la Sala Osvaldo Pugliese, au fond au rez-de-chaussée (derrière la cafétéria-librairie).

Il s'agit d'une part de Alfredo Piro accompagné par Carlos Filipo et d'autre part de Cardenal Domíguez accompagné par Hernán Reinaudo.

L'entrée est fixée à 70 $ ARG (en vente au guichet, sur la façade de l'immeuble).

Une fois que vous serez installés dans la salle, une serveuse viendra vous proposer une consommation, non obligatoire : boisson et/ou empanadas pour se restaurer en se réchauffant. En ce moment, il règne un froid de loup sur Buenos Aires (12° minimum - tout est relatif !).

Patricia Barone et Javier González présentent leur nouveau disque à Palermo [à l'affiche]


Vendredi 3 juillet 2015, à 20h, les deux artistes, entourés de leur quintette musical, présenteront leur nouveau disque, intitulé Complicidad, à la Casa de la Culura del Fondo Nacional del las Artes, Rufino de Elizalde 2831 (derrière l'Ambassade d'Espagne).

Entrée libre et gratuite.

Au programme : des compositions originales de tangos, valses, milongas et candombes.

Le guitariste-compositeur Javier Gonzalez et la chanteuse Patricia Barone sont parmi les leaders du tango nuevo en Argentine.

mardi 30 juin 2015

Demain, nouvel hommage à Horacio Ferrer à Tangopostale [ici]


Demain, mercredi 1er juillet 2015, un hommage à Horacio Ferrer sera rendu par le festival Tangopostale à l'Institut Cervantés de Toulouse, 31 rue des Châlets, à 16h30. Entrée libre et gratuite.

Cet hommage prendra la forme d'une projection, celle du documentaire Horacio Ferrer, poeta del Tango. En fait, plus qu'un documentaire, la représentation filmée d'un spectacle donné à Turin, en Italie, le 11 avril 2007. Horacio Ferrer avait une relation privilégiée avec l'Italie, l'un des très rares pays européens, non hispanophones, où il était reconnu spontanément (et non pas seulement par le biais des Ambassades argentines).

Participaient au spectacle la Orquesta Típica Alfredo Marcucci, une formation italienne, et les danseurs Silvina Agüera et Sebastián Romero. Le tout était patronné par la Academia Nacional del Tango et deux autres institutions péninsulaires, dont l'Académie-fille qu'il avait fondée aussi dans la Botte.

Le DVD est long de 190 minutes. Outre le spectacle, il offre une conférence du poète, Tango, arte y misterio, de 48 minutes, et deux interviews exclusives.

Ce DVD n'est pas commercialisé en France, mais il le sera à titre exceptionnel à Toulouse pendant la durée du festival, grâce au partenariat avec la librairie Ombres Blanches. Il devrait être disponible après la projection au Cervantés. Les contenus, en espagnol, sont sous-titrés en italien, français, anglais et espagnol.
A Toulouse, le film sera projeté avec ses sous-titres en français.

Que la canicule ne vous détourne pas. L'Institut est assez proche du métro et il y aura déjà un peu d'ombre dans les rues arbolées de la Ville Rose !

Pour en savoir plus :
consulter le site Web de la OT Afredo Marcucci (en italien)
consulter le site de Tangopostale (le programme court jusqu'à dimanche prochain)
consulter la page Facebook du festival qui rend compte avec force photos de la grande variété des manifestations organisées dans toute la ville.

Le Gouvernement argentin assure la levée de l'impôt [Actu]

Depuis de nombreuses années, le Gouvernement argentin structure les fondements de l'Etat et organise en particulier la levée de l'impôt dans un pays où la fraude fiscale et l'activité non déclarée sont très largement répandues. Récemment, j'avais relevé qu'il avait su rendre beaucoup plus fiables ou plus difficilement contestables les statistiques nationales.

Il y a quelques temps déjà, le ministère de l'Economie (AFIP) avait ciblé le monde du football, ce qui ne l'empêche pas d'aller inquiéter aussi le monde classique des affaires (banques et grande distribution ont déjà été étrillées).

A quelques semaines de la première étape des élections nationales, le gouvernement sortant ose une nouvelle fois mettre le monde du football devant ses responsabilités fiscales et exiger que les clubs mettent leur comptabilité en conformité avec la loi.

Lors d'une réunion avec le président de l'AFA, la fédération argentine, le ministre a annoncé que si les clubs ne s'exécutaient pas, ils ne pourraient plus participer au marché des joueurs pour la prochaine saison. Prenons-les là où ça fait mal, c'est la meilleure façon de les faire entrer dans le rang.

Seuls Página/12 et La Prensa mentionnent et analysent cette information dans leur édition du jour, Página/12 avec un titre à jeu de mots comme d'habitude, La Prensa avec un ton plus docte comme toujours.



Il y a trois ans, l'AFIP, l'administration fiscale, avait déjà épinglé des agents sportifs, montrant qu'elle ne reculait même pas devant les vaches sacrées du pays. Ce n'est pas le premier article que je publie sur ce sujet (voir celui du 25 août 2012) : l'Argentine, on le voit, s'arme pour fonctionner convenablement (ce que l'Europe critique la Grèce parce qu'elle ne le fait guère).

La démocratie avance lorsque l'impôt peut être collecté correctement et les moyens de l'Etat augmentés et il n'est pas innocent que Clarín et La Nación aient décidé le black-out sur le sujet.

China Cruel ce dimanche au Café Vinilo [à l'affiche]

La formation féminine China Cruel se produira ce dimanche 5 juillet 2015, à 21h, au Café Vinilo, Gorriti 3780, à Palermo.

Entrée : 80 $ ARG.


Ce groupe est un quintette de musiciennes, dirigée par la pianiste et compositrice, Verónica Bellini, complétée par une chanteuse et comédienne, Viviana Scarlassa... Elles sont à découvrir si vous vous trouvez à Buenos Aires.

Página/12 suit de très près la situation en Grèce [Actu]

Gros titre : "Le défi grec"
Dans la manchette au centre en haut : la gouverneure élue de Tierra del Fuego

Sous la plume de son correspondant en France, Eduardo Febbro, Página/12 soutient aujourd'hui la position de Tsipras dans l'enjeu vital que la Grèce affronte depuis ce week-end. C'est d'ailleurs toute la presse argentine qui renvoie ses lecteurs à des images qui restent traumatisantes dans le pays, particulièrement pour la classe moyenne : celle de la Noël 2001, lorsque le contrôle de la totalité des échanges commerciaux et la bancarisation forcée furent soudainement décrétés et finirent de ruiner l'économie du pays, épuisé par dix ans d'une politique ultra-libérale copiée sur des pays industrialisés (les Etats-Unis et la Grande-Bretagne de Margaret Thatcher) et donc totalement inadaptée à un pays agraire et tertiaire comme l'Argentine.

Le ton est rude pour les dirigeants européens qui, pour le journaliste de Página/12, ont donné un "spectacle calamiteux" en se chamaillant et en s'insultant "comme des chats qui se battent".

Regardez la photo choisie : César Milani s'en va, le dos courbé,
sous le regard du ministre qui semble courroucé. Quelle manipulation !
Cliquez sur l'image pour voir les détails

Tandis que Página/12 fait largement écho à l'appui de deux prix Nobel d'Economie à la démarche de Tsipras, les Nord-Américains Krugman et Stiglitz, tous deux économistes alternatifs qui s'écartent du discours dominant en la matière, La Nación préférait reprendre intégralement un article paru dans le Wall Street Journal. A chacun ses Etats-uniens de référence !

La Grèce, c'est l'article en haut à droite,
dans le corps de la une

Seuls Página/12 et La Prensa ont mis ce thème en bonne place sur leur une tandis que Clarín et La Nación préfèrent diriger les projecteurs sur des affaires intérieures : un juge dessaisi (sur l'enquête de l'implication iranienne dans l'attentat contre l'AMIA) qui joue la montre avec la Cour de Cassation puis la Cour suprême, la passation de pouvoir au plus haut niveau de l'état-major (avec un discours bien senti du général Milani, démissionnaire, qui voue aux gémonies les accusateurs qui le poursuivent de leur haine depuis sa prise de fonction) et la Copa América (l'Argentine doit encore gagner sa place en finale, ce qu'elle fera ce soir, à Concepcion, contre le Paraguay alors que le Chili, à domicile, vient d'éliminer le Pérou au ras des moustaches !).

Remarquez l'article en haut à droite : c'est l'avertissement du fisc aux clubs de football
dont je vous parle dans un autre article de ce 30 juin 2015

Pour aller plus loin :
lire l'article de Página/12 sur les positions développées par les deux prix Nobel dans les colonnes du New-York Times
lire l'article propre de La Nación (pas celui traduit du Wall Street Journal)

lundi 29 juin 2015

Conférence ouverte de Patricia Barone [à l'affiche]

C'est l'une des plus brillante chanteuses actuelles qui planchera demain, mardi 30 juin 2015, à 19h30, en ce mois d'hommage au poète Horacio Ferrer, devant les élèves du Seminario de Letristica Homero Expósito, rêvé, voulu et créé par lui, et devant le grand public : la conférence est ouverte et gratuite.

Patricia Barone au Festival de Tango de La Falda en 2010
Photo extraite de son site Internet

Patricia Barone interviendra sur le thème de la poursuite de la création puisque le tango n'est un genre muséifié, qui serait tourné vers le passé, mais un genre où se construit l'avenir culturel d'un pays jeune, en devenir.

Patricia Barone chante depuis 1984 et elle a uni son sort, à la ville et à la scène, au guitariste et compositeur Javier González. Ensemble, ils créent le tango qui correspond à leur génération, à notre aujourd'hui, depuis 1989. Voilà donc de nombreuses années qu'elle trace ce sillon audacieux qui consiste à imposer au public des préoccupations et des esthétiques en perpétuel mouvement. Elle est donc plus que beaucoup d'autres, plus timides, qualifiée pour aborder ce thème : comment construire sa carrière sur un répertoire nouveau et donc inconnu (comme le firent chacun en leur temps Carlos Gardel et Horacio Ferrer, dont ce mois de juin s'est nourri).

La conférence se tiendra au Salón de los Angelitos Horacio Ferrer, Palacio Carlos Gardel, Academia Nacional del Tango, Avenida de Mayo 833, 1er étage.

Pour en savoir plus :
visiter le site Internet que Patricia Barone partage avec son mari, Javier González.

Ajout du 30 juin 2015 (19h heure de Paris) :
L'Académie annonce l'annulation de cette conférence qui sera reprogrammée à une date ultérieure.

Jacqueline Sigaut et Pepo Ogivieki se retrouvent mercredi au Torcuato [à l'affiche]


La chanteuse Jacqueline Sigaut et le pianiste Pepo Ogivieki, par ailleurs compositeur, se retrouveront pour un nouvel hommage à Aníbal Troilo, dit Pichuco. Le tour de chant, arrangé et dirigé par Ogivieki, s'intitule Romance de Barrio. La représentation aura lieu le mercredi 1er juillet 2015 à 21h, au Centro Cultural Torcuato Tasso, Defensa 1575, à San Telmo, l'un des vieux quartiers de Buenos Aires, situé au sud.

Les places sont à 120 $ ARG le jour même (à la caisse de cette salle qui fait aussi café-restaurant. Il faut donc compter les consommations en plus). Mais si vous vous y prenez à l'avance, vous avez un rabais (- 20 $ ARG). Dans tous les cas, par rapport aux prix européens, c'est très bon marché.

Pour en savoir plus sur les artistes, cliquez sur leur nom dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search ci-dessus ou dans la rubriques Vecinos del Barrio, dans la partie haute de la Colonne de droite.

Inscriptions à la Academia Nacional del Tango [Actu]


La Academia Nacional del Tango propose actuellement deux formations pour le second quatrimestre de l'année, conformément au calendrier scolaire et universitaire traditionnel en Argentine qui se compose de deux blocs d'environ quatre mois chacun, de mars à juillet puis d'août à la mi-décembre (tout s'arrête quelques jours avant Noël).

Il s'agit d'une formation musicale pour un public qui n'en a pas nécessairement pour apprendre à écouter du tango, l'apprécier, repérer les bonnes pratiques et donc apprendre à discriminer dans l'ample proposition commerciale (et historique) que le genre suscite.

D'autre part, un autre séminaire s'adresse aux gens de lettres qui aimeraient apprendre à écrire des tangos, des milongas, des valses en espagnol argentin bien entendu. Ce séminaire s'adresse à des personnes qui possèdent déjà une excellente pratique de l'espagnol littéraire, un grand vocabulaire et qui maîtrise les arcanes de la grammaire et de la syntaxe hispanique. Il est animé par une belle brochette des meilleurs poètes que le tango compte à cette heure...


Les deux séminaires sont coordonnés par Alejandro Martino, flûtiste, arrangeur et parolier, ancien directeur de l'Ecole de musique populaire argentine installée à Avellaneda, dans la banlieue sud de la capitale argentine.

Les personnes intéressées doivent s'inscrire auprès de l'institution, à son siège social, Avenida de Mayo 833 (à la hauteur du métro Piedras).

jeudi 25 juin 2015

Trève estivale pour Barrio de Tango [ici]

Comme tous les ans depuis 2008 mais légèrement plus tôt que les années précédentes, Barrio de Tango va marquer une pause et être mis à jour un peu plus lentement que d'habitude.


La faute à la période de vacances qui se profilent à l'horizon des septentrionaux que nous sommes et tout d'abord au festival Tangopostale qui me retiendra une dizaine de jours au bord du Canal du Midi, par des fortes températures (la météo nous promet quelques jours pour fondre au soleil ! Mais ce n'est pas un problème : de nombreuses activités sont prévues au frais, derrière des murs épais et protecteurs). Et ensuite il y aura deux autres rencontres avec le public, à l'Ecole militaire Saint-Cyr Coëtquidan qui organise son Festival International du Livre Militaire les 24 et 25 juillet où je présenterai mes livres sur le général San Martín, puis la séance de dédicaces prévue à la librairie du musée du Quai Branly à Paris et enfin la préparation de mon prochain séjour en Argentine avec de nombreuses présentations qui m'attendent déjà à Buenos Aires et à Mendoza et ça ne va pas se faire tout seul.

Reprise de l'activité normale vers le 15 septembre, comme tous les ans.

Ainsi donc, à compter de demain, le blog se met au repos et son éditrice au boulot (puissance 2).

Mais comptons sur la campagne électorale qui fait rage en Argentine pour nous éviter toute torpeur pendant cet été européen !

Contes animaliers d'Argentine est sorti [Disques & Livres]


Mon sixième livre, Contes animaliers d'Argentine, est disponible depuis hier aux Editions du Jasmin (France), au prix de 12,90 €.

Il sera par ailleurs disponible en stock dès cette semaine à la librairie Ombres Blanches à Toulouse où je ferai une dédicace le samedi 4 juillet 2015, à partir de 14h, dans le cadre des manifestations de Tangopostale, le festival sur la culture du tango et de l'Argentine à Toulouse et sa région.

Dès lundi, au plus tard, il pourra être commandé dans n'importe quelle librairie puisqu'il figurera sur la base de données qui rassemble toutes les publications françaises au service des libraires.

Une deuxième signature est prévue, à la librairie du musée du Quai Branly à Paris, le 4 août après-midi à partir de 14h.


Hormis la vidéo ci-dessus, la première présentation de ce nouveau volume aura lieu à Buenos Aires, et par conséquent en espagnol, le jeudi 20 août 2015, à 19h (heure locale), au Centro Cultural de la Cooperación Floreal Gorini (CCC). J'attends encore d'être sûre de la participation de l'illustratrice argentine, Jimena Tello, qui habite Buenos Aires et me donnera sa réponse d'ici quelques jours.

Le livre s'adresse aux adultes aussi bien qu'aux enfants. Pour les enfants et en lecture autonome, le recueil s'adresse à des lecteurs de neuf ans et plus (tout dépend bien sûr de la pratique de l'enfant, de son plus ou moins de goût pour cette activité).


Pour en savoir plus sur le contenu, voir l'ensemble de mes articles sur le sujet et les pages qui lui sont consacrées sur mon site Internet.

D'ici quelques jours, sans doute après le festival Tangopostale, j'ajouterai une page à la rubrique générale Livres dans mon site. Il est d'ailleurs probable que ma participation à Tangopostale tout au long de la manifestation ralentisse le rythme de la mise à jour de ce blog dès demain.

Nouvel hommage à Horacio Ferrer ce soir à la Academia Nacional del Tango [à l'affiche]


La Academia Nacional del Tango, avenida de Mayo 833, présentera ce soir un nouveau livre sur Horacio Ferrer : Piantao, Balada para Horacio Ferrer, de l'écrivain uruguayen Ruberto Long.

Le titre reprend le mot le plus emblématique de Balada para un loco, le chef d'œuvre de Horacio Ferrer et Astor Piazzolla sortie en 1979, pour révolutionner l'art d'écrire des tangos.

Il s'agit d'un jeu de mot : piantado (le d est élidé dans le texte de Balada para un loco) veut dire à la fois "parti" et "fou" (celui qui est "parti du chapeau"). Et Horacio Ferrer est parti et il aimait dire qu'il était un fou (mais il ne l'était que dans son écriture et son œuvre, pour le reste il avait plus que la tête sur les épaules).

La présentation a donc lieu ce soir, jeudi 25 juin 2015, à 19h30.

Avec le président Gabriel Soria, Ruberto Long évoquera la figure du poète disparu à la fin du mois de décembre et son amitié avec lui pendant de longues années. Horacio Ferrer était né en Uruguay. Depuis 1984, il avait la double nationalité uruguayenne et argentine.

Entrée libre et gratuite.

Et demain, un autre hommage à Carlos Gardel quatre-vingts ans après sa disparition [à l'affiche]


La Academia Nacional del Tango est le lieu emblématique choisi par le Ministère national de la Culture, animé par l'auteur-compositeur interprète Teresa Parodi, pour présenter son programme Tango de mis amores en cette année gardélienne et son hommage à Carlos Gardel (déjà honoré au Museo Histórico Nacional, à San Telmo, avec une belle exposition).

Vendredi 26 juin 2015, à 18h, présentation d'un spectacle théâtral intitulé Todos los pajaros que me saludan tienen la sonrisa de Gardel (tous les oiseaux qui me saluent ont le sourire de Gardel), écrit et composé par Sebastián Irigo et Luis Longhi, qui jouera sur scène.

Le sourire de Gardel, éclatant, est un emblème du charme et de cordialité en Argentine. Il imprègne toute la sensibilité du pays. Quant aux oiseaux, ils évoquent toutes les figures significatives dans l'histoire du pays et bien entendu, le surnom du chanteur, El Zorzal criollo (le zorzal, c'est la grive musicienne. En français, on parlerait de rossignol américain, à cause du masculin, qui doit toujours être associé à Gardel et à sa voix lumineuse de baryton).

Le fil conducteur de la pièce nous montre l'anniversaire d'un certain Antonio et les cadeaux qui lui sont offerts pour lui ouvrir les portes de la culture et de l'histoire de l'Argentine. Les grandes figures apparaissent : Carlos Gardel, Enrique Santos Discépolo, Juan Domingo Perón et Julio Cortázar, dont on fêtait le centenaire l'année dernière...

Le spectacle dure une heure.

Entrée libre et gratuite au Palacio Carlos Gardel, Avenida de Mayo 833, 1er étage.

San Martín au FILM, à l'Ecole Saint-Cyr [ici]


Les 24 et 25 juillet, je serai à l'Ecole militaire Saint-Cyr Coëtquidan, près de Rennes, qui propose pendant ces deux jours son Festival International du Livre Militaire, une des contributions du monde militaire à la culture contemporaine et à l'analyse de l'actualité et de l'histoire.

Une autre façon d'envisager les Forces Armées et leur mission dans ces temps déconcertants que nous traversons.


J'y serai présente, sur un stand individuel, pour présenter mes ouvrages sur le général José de San Martín (1778-1850), grand héros argentin, libérateur sud-américain, héros des droits de l'Homme, héritier des Lumières, né en Argentine et mort en France, à Boulogne-sur-Mer :
San Martín par lui-même et par ses contemporains (Editions du Jasmin, mai 2014)

Des livres que j'avais déja eu l'occasion de présenter à Buenos Aires aux officiers du Régiment des Grenadiers à cheval, l'escorte présidentielle dont la fondation remonte à San Martín qui voulut créer une unité d'élite en mars 1812 et obtint cette mission du Triumvirat alors à la tête des Provinces du Río de la Plata en révolution. Puis l'année dernière, je les ai présentés au Congrès d'histoire à Mendoza, pour le bicentenaire de San Martín en Cuyo (les deux années de son gouvernorat de 1814 à 1816), avant le passage des Andes.

Comme toujours sur un salon, j'aurai le mate avec moi, pour un partage avec qui voudra, civil ou militaire ! C'est la boisson de San Martín, né parmi les plantations de yerba mate, là haut dans le grand nord argentin, et celle de tous les héros de la légendaire traversée des Andes.


La manifestation commence à 15h le 24 juillet et se prolongera toute la journée du samedi. Elle est parrainée par le journaliste Thierry Oberlé. Tous les genres d'écriture sont représentées, y compris le roman et la bande-dessinée. Le salon se tient sous un vaste chapiteau installé à proximité du Marchfeld. Le Centenaire de la Grande Guerre et l'actualité mouvementée de nos forces armées à l'extérieur seront au centre des propositions de dédicaces, de conférences, de projections et autres animations... Je ne sais pas quelle place y tiendra Waterloo.

Entrée libre et gratuite. La manifestation est conçue pour des visites en famille, des activités sont proposées à tous les âges en cette période de grandes vacances.

Le F.I.L.M., dont c'est la sixième édition cette année, dispose d'une page Facebook et d'une page de présentation succincte sur le site Internet du Ministère de la Défense (au titre des Ecoles de l'Armée de Terre de Saint-Cyr Coëtquidan).

mercredi 24 juin 2015

Que s'est-il passé à Medellín il y a quatre-vingts ans ? Revue de presse francophone [Troesmas]

Comoedia était un journal spécialisé dans l'actualité du spectacle
Ce que raconte l'article sur la vie de Gardel est presque drôle tant c'est faux
Le 0,25 en haut à droite c'est le prix en francs.
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Le lundi 24 juin 1935, dans l'après-midi, un drame s'est joué sur le vieil aérodrome de Medellín, aujourd'hui désaffecté et transformé en lieu de mémoire consacré à Carlos Gardel. Quatre artistes ont trouvé la mort : Carlos Gardel, son partenaire de création, le poète et scénariste Alfredo Le Pera, les guitaristes Guillermo Barbieri, à qui on doit entre autres la partition du merveilleux tango Anclao en París, et Angel Domingo Riverol. Sont morts aussi d'autres collaborateurs de Gardel, dont son secrétaire francophone. Le troisième guitariste, José María Aguilar, fut grièvement blessé. Soigné dans un hôpital colombien, il vécut jusqu'en 1951 continuant même sa carrière de musicien, avec deux doigts en moins et des souvenirs très confus de l'accident qui avait coûté la vie à Gardel et en fit un interviewé très recherché par la presse à sensation.


L'Intransigeant, du 26 juin 1935
Un article bien intentionné mais très mal informé !
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Remarquez la confusion entre bandonéon et accordéon...

La nouvelle, diffusée par l'agence Havas, depuis Panama, n'atteignit Paris que le surlendemain dans la nuit du mardi au mercredi. Ce qui fait qu'il fallut attendre les premières éditions du 26 juin pour apprendre la nouvelle, incroyablement déformée. On croyait lire des informations sur le tango et ses artistes dans la presse d'aujourd'hui qui continue de confondre allègrement tango et gauchos, Buenos Aires et pampa, je vous en passe des vertes et des pas mûres. La rédaction est approximative, les faits sont très peu et très mal vérifiés, les mêmes contenus (et les mêmes erreurs) se répètent d'une publication à l'autre. Le tout est d'une grande médiocrité journalistique.


L'Echo de Paris a obtenu l'information à travers son correspondant à Londres
Comme sous la Restauration, quand les journaux français lisaient les gazettes britanniques pour savoir quoi dire sur les événements en Amérique du Sud...
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C'est néanmoins très intéressant :
voyez le choix des morceaux du répertoire de Gardel : il est exécrable. Les chroniqueurs français citent les tangos dont le moins que l'on puisse dire est qu'ils n'ont pas marqué la discographie de l'artiste en Amérique du Sud. S'il est normal de ne pas trouver dans la presse française du 26 juin 1935 Volver, El Día que me quieras ou Por una cabeza,  créés dans des films tournés à New York en 1934 et 1935, qui ne sont jamais sortis commercialement de ce côté-ci de l'Atlantique (sinon très récemment en format DVD), il est significatif que personne ne cite ni Mi noche triste, ni Mano a Mano, ni Anclao en París, ni Milonga sentimental, ni Esta noche me emborracho qui faisaient partie de ses tours de chant en France. Même Silencio, le plus français de ses tangos, composé en 1932 en souvenir des morts de la Grande Guerre, n'a pas été retenu. Pourtant, c'est une chanson puissamment émouvante !


Paris-Soir, à la même date, en deux entrefilets.
Ci-dessus la nouvelle elle-même
Ci-dessous, un micro-portrait du disparu

et pour une fois, l'article est signé
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Vous constaterez aussi qu'en France, toute la presse est au courant que Gardel était français et l'apprend à l'occasion aux lecteurs. Il est fort improbable que les journalistes aient découvert l'information dans la dépêche d'agence annonçant le drame et diffusée depuis le Panama : l'Amérique latine n'a rien su de la naissance de Gardel à Toulouse avant la lecture de son testament (il le déclare sans ambiguïté) et au cours des procès qui ont été intentés en Uruguay pour en contester l'authenticité (l'Uruguay voulait obtenir que le corps du chanteur soit enterré à Montevideo puisque ses papiers officiels le disaient né à Tacuarembó et non pas à Toulouse, comme cela est clairement attesté depuis longtemps, n'en déplaise aux amis Uruguayens).
Or à Paris, toute la presse sait visiblement la vérité depuis de nombreuses années et a gardé jusqu'alors un silence complice. En effet, dès 1924, Gardel se rend à Toulouse et visite sa famille maternelle (il ne connaît pas sa famille paternelle). Toute la Ville Rose est au courant et reçoit l'enfant du pays à bras ouverts : une foule incroyable l'attend à la gare de chemin de fer. C'est qu'il vient de triompher à Madrid et Barcelone et on sait par sa mère, qui en est très fière, que "là-bas, à Buenos Aires" il est une énorme vedette depuis une dizaine d'années. L'info est donc remontée tout naturellement à Paris où Gardel parvient à se produire assez vite, avec un succès immédiat et mémorable, avant de revenir à plusieurs reprises dans la Ville Lumière avec un succès jamais démenti. Cette révélation de sa nationalité occultée (1) va même très loin puisqu'au moins un journaliste en arrive même à croire que Carlos Gardel est l'un de ces faux Argentins qui avaient surgi à Paris après son succès de 1924, onze ans plus tôt, pour se faire connaître en profitant de l'effet d'aubaine et qu'il aurait fini par aller s'installer à Buenos Aires lorsque la mode du tango était passée en France. Le monde à l'envers !


Le Matin
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Les articles, tous publié en une malgré tout, témoignent enfin de la disparition complète de cette grande vogue que le tango avait connue dans les Années Folles lorsqu'il régnait en maître sur la nuit parisienne au lendemain de la Grande Guerre, notamment dans les cabarets argentins de Montmartre (il en allait de même à Marseille). En effet, tandis que l'Europe subit le contrecoup de la Grande Dépression des Etats-Unis et n'a plus l'esprit à s'amuser du pittoresque exotique de ces établissements, en 1934-1935, à Buenos Aires même, le tango est plongé dans une crise profonde, qui sembla annoncer sa mort. Le pays tout entier se trouve dans une triste situation politique, sous la coupe du premier gouvernement putschiste d'une longue série de coups d'Etat militaires qui viennent interrompre un processus démocratique : en septembre 1930, l'Argentine est entrée dans la Década Infame, la "décennie ignoble", avec un coup d'Etat conduit par une faction fascisante de l'armée, qui a renversé le président constitutionnel Hipólito Yrigoyen (UCR) et s'est imposée par la terreur en faisant fusiller un grand nombre d'anarchistes et en jetant en prison les démocrates, dont le poète de tango Homero Manzi, alors militant radical (UCR) et grand admirateur de Yrigoyen. Le coup d'Etat est appuyé par la Grande-Bretagne, qui, en pleine dépression, lorgne déjà sur les réserves d'hydrocarbures qu'on vient de trouver en Patagonie et elle est secondée par les Etats-Unis avant qu'ils ne la supplantent au lendemain de la seconde Guerre mondiale. Le tango a cédé le pas à des danses venues du nord, comme le fox-trot qui fait fureur dans les cabarets de Buenos Aires. La mort de Gardel peut être interprétée par les contemporains, et c'est visiblement l'analyse des journalistes parisiens, comme le coup de grâce qui achève la "musique des pampas" comme on dit à Paris ("pampas", mon œil ! Il n'y a pas plus citadin que le tango, surtout à l'époque). Il faudra donc le coup de génie de Juan D'Arienzo en 1936 pour relever le genre moribond grâce à cet extraordinaire arrangement de La Cumparsita que l'on doit à son partenariat avec son pianiste historique, Rodolfo Biaggi.


Le Petit Journal
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Ces deux années de profonde dépression tanguera sont aussi celles de la grande tournée mondiale de Carlos Gardel, qui se produit alors principalement à New-York, en Espagne et en France, où il a déjà fait de nombreuses apparitions et où il a tournée à Joinville-le-Pont en 1932 Las Luces de Buenos Aires avec une distribution digne d'un Sacha Guitry de l'après-guerre. En 1935, Carlitos effectue un long parcours de retour en Amérique latine, en commençant par Puerto Rico et Cuba puis par l'Amérique centrale, où il souffre beaucoup des conditions climatiques.


Le Petit Parisien
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A noter que Le Figaro n'a pas consacré une seule ligne à l'événement pas plus que L'Humanité (beaucoup trop préoccupée par ce qu'il se passe en Allemagne nazie et en URSS) ou La Croix (un journal d'extrême-droite à cette époque, très hostile aux "métèques" que sont ces artistes argentins supposés de mauvaise vie, et pour lequel l'actualité principale du moment est le voyage du cardinal Verdier, archevêque de Paris, à Prague où il est légat du pape au premier congrès eucharistique européen).
Le Monde et Libération n'existent pas encore. Et d'ailleurs ces journaux nationaux qui ont parlé de la disparition de Carlos Gardel ont tous disparu au cours de la guerre ou peu après.


Le Temps, du 26 juin 1935. Le seul quotidien parisien qui met l'info en page 2
Cliquez sur l'image pour lire le texte

Les autres journaux choisis sont des quotidiens suisses...

Le 24 juin, le chanteur est à environ trois semaines de la fin de cette éprouvante et trop longue tournée, qu'il est bien décidé à ne plus répéter. Sa mère, en vacances dans sa famille à Toulouse, s'apprête à quitter son frère et ses neveux pour retourner à Buenos Aires où son fils et elle prévoient de se retrouver dans leur maison de la rue Jean Jaurès aujourd'hui transformé en musée, le Museo Casa Carlos Gardel.


La Gazette de Lausanne du 26 juin 1935
L'article paraît en page 2
Le ton est très différent et aucune mention de la nationalité de Gardel
En étant plus factuel et moins sensationnel, l'article est plus exact
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Ce lundi, Carlos Gardel quitte Bogotá où il a chanté la veille au soir, dans un concert retransmis en direct à la radio, et s'envole pour Calí où il est attendu dans la soirée. C'est seulement son deuxième voyage en avion et le moins qu'on puisse dire est qu'il n'est guère rassuré. Il faut dire qu'en 1935, il faut être diablement audacieux pour prendre un tel coucou et voyager dans des conditions d'inconfort dont nous n'avons plus aucune idée. L'avion que son agent a affrété pour lui et ses collaborateurs et partenaires doit faire une escale technique à Medellín, sur un aérodrome où soufflent des rafales de vent imprévisibles redoutées par les aviateurs. Et c'est ce qui va se passer à un moment où deux avions vont se croiser sur la piste, arrivant l'un et l'autre en sens inverse. Les deux appareils ont fait le plein de carburant, le choc déclenche aussitôt un incendie que les pompiers colombiens ne pourront maîtriser qu'au bout de plusieurs heures.


La Tribune de Genève du 27 juin 1935
Le journal s'adresse à un lectorat déjà bien au courant
Il y fait allusion à un coup de feu qui va faire naître en Argentine les fables les plus invraisemblables sur les causes de la mort de l'idole !
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Carlos Gardel n'avait pas encore 45 ans. Son parolier Alfredo Le Pera, avec qui il travaillait depuis trois ans, les plus féconds de sa courte carrière, n'avait que 35 ans. Ils furent tous enterrés le lendemain à Medellín et, grâce aux pressions diplomatiques et à l'émotion populaire, le corps de Gardel put être rapatrié à Buenos Aires dès l'année suivante (2), pour être enterré en février 1936 au cimetière de la Chacarita.

Le 24 juin, pendant l'escale à Medellín, il a été reconnu par les rares voyageurs qui choisissent la voie des airs. Des photos ont été prises. Elles le montrent fatigué (il y a de quoi après des mois de travail intensif et un premier vol éprouvant dans le climat colombien auquel l'Argentin n'est pas habitué). Sur quelques unes, on le devine préoccupé (l'avion lui fait peur). Sur la plupart, il arbore malgré tout ce sourire éclatant qui a tant fait pour sa légende...

Comme le redisent nos bons auteurs qui lui rendent hommage de nos jours, il "entre dans l'immortalité".

Dans La última tentación de Gardel, où il identifie l'artiste au Christ de Gethsémani (tel qu'il avait été revu et corrigé par le film La dernière tentation du Christ), le poète Alejandro Swarcman se souvient de ces photos émouvantes et de cet accident mythique quand il écrit dans la seconde strophe :

Quisiera alguna vez
dejar de ser Gardel (3)
huir de mí...
Tal vez no ser eterno
Envejecer... (4)
Cantar peor que ayer, (5)
bajarme del avión
y nunca más partir.
Alejandro Swarcman

J'eusse aimé l'une ou l'autre fois
cesser d'être Gardel (3)
fuir loin de moi...
peut-être n'être pas éternel
Vieillir... (4)
Chanter moins bien qu'hier (5)
descendre de l'avion
et ne plus jamais partir.
(Traduction Denise Anne Clavilier, © Editions du Jasmin,
Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins, p 212)

Pour aller plus loin :
vous pouvez tout d'abord, en français, consulter les bons livres comme on dit vulgairement (j'en ai publié quelques uns, dusse ma modestie en souffrir)
et si vous lisez l'espagnol, vous lirez avec intérêt le très complet dossier disponible sur Todo Tango, avec un article sur ce qu'il s'est passé à Medellín dû à la plume du regretté poète gardélien et uruguayen Ricardo Otsuni.



(1) Il s'agit en fait de sa nationalité de naissance car il s'était fait naturalisé argentin en 1924. Certes avec des documents falsifiés (mais il n'avait pas d'autre solution viable) et les papiers qu'il portait sur lui à sa mort était des papiers authentiquement délivrés par un consulat argentin. Il avait grandi en Argentine depuis l'âge de 2 ans et demi. Avant son succès de 1924, Carlos Gardel n'avait reçu de la France que le mépris que les bonnes gens réservaient alors aux enfants naturels et aux filles mères. C'était un pays qui la traitait très mal que Berthe Gardés avait quitté avec son bébé dans les bras en s'embarquant à Bordeaux en février 1893.
(2) A cette époque, la loi colombienne interdisait le transfert des corps pendant plusieurs années après la première inhumation pour des raisons que les conditions géographiques et climatiques propres à ce pays permettent de comprendre à une époque où les techniques sont encore insuffisantes pour que ces opérations soient réputées sans danger sanitaire pour la population.
(3) Il y a là un jeu de mot. En Argentine, ser Gardel, cela veut dire "être parfait".
(4) Souvenir littéraire de Milonga para Gardel, que l'on trouve à la page 203 de Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins (Editions du Jasmin).
(5) Un dicton populaire portègne (et argentin plus largement) dit de Gardel que Cada día canta mejor – "de jour en jour, il chante de mieux en mieux". Les Argentins apprécient d'autant plus son talent que le temps passe, un peu comme ce qu'il nous est arrivé à nous, en français, avec les artistes du Grand Siècle qui impriment leur marque sur toute notre histoire esthétique.

Ce soir, Oratorio Carlos Gardel au Museo Mundial del Tango Horacio Ferrer [à l'affiche]

Filete du peintre Jorge Muscia pour Oratorio Carlos Gardel
Fonds de  la Academia Nacional del Tango

Ce soir, 24 juin 2015, la Academia Nacional del Tango célèbre les quatre-vingts ans d'immortalité de Carlos Gardel avec une projection unique d'un documentaire fiction qui date de 1990, l'année de la fondation de l'institution, et qui porte sur une œuvre profane conjointe de Horacio Salgán et Horacio Ferrer : Oratorio Carlos Gardel. La projection de ce soir prend place dans une semaine entière consacrée au souvenir du Zorzal criollo, qui a commencé lundi avec Quiero al Tango et continuera demain avec une autre soirée ouverte à tous.

outre les deux auteurs de l'oratorio, le compositeur et le poète, Desde el azul del cielo (tel est le titre du film) rassemble les danseurs Miguel Zotto, Osvaldo Zotto et Milena Plebs, ainsi que l'artiste peintre, Lulú Michelli, la femme de Horacio Ferrer, entre autres intervenants.

Le film reprend pour titre un vers de Alfredo Le Pera, décédé dans le même accident que Gardel, à Medellín, un vers extrait du tango El día que me quieras, écrit et composé pour le long-métrage musical homonyme, le dernier film tourné par Gardel à New York, l'année même de leur mort. Il n'était pas encore sorti lorsque l'accident survint sur cette piste d'aérodrome...

Desde el azul del cielo n'est jamais sorti dans aucun circuit commercial. C'est donc sa toute première projection publique.

Entrée libre et gratuite, un peu avant 19h30, au siège de la Academia Nacional del Tango, Palacio Carlos Gardel, premier étage, avenida de Mayo 833.

Les 80 ans d'immortalité de Gardel vus par la presse rioplantense [à l'affiche]


Ce matin, trois journaux du Río de la Plata faisaient un article, parfois deux, sur les festivités qui entourent à Buenos Aires le quatre-vingtième anniversaire de la disparition physique de Carlos Gardel, que les deux pays riverains se disputent.

Página/12 fait une revue générale de toutes les manifestations, y compris les propositions du Museo de la Ciudad, dirigé depuis deux ans par l'ancien directeur du Museo Casa Carlos Gardel. C'est vous dire s'il est à son affaire dans son nouveau poste : c'est lui qui avait pris en charge le musée de l'Abasto dès son ouverture.

La Nación fait deux articles, l'un sur le quotidien sous la plume de son chroniqueur musical Gabriel Plaza, l'autre dans le supplément rock n'roll, Rolling Stones, sur le disque présenté ce soir au Museo Casa Carlos Gardel (et qui ne me paraît pas bien convaincant) : Rolling Stones offre deux exemples musicaux avec deux versions de Por una cabeza (de Gardel et Le Pera), chantée par Gardel (en vidéo) puis par Kevin Johansen, l'un des artistes de rock qui participe à cet album. Je vous laisse juges...

La tombe de Carlos Gardel, photographiée par  mes soins un jour d'hiver (août 2008)

En Uruguay, El País consacre un long article au plus beau sourire du tango, en présentant comme une vérité historique assurée la légende uruguayenne de la naissance dans la ville de Tacuarembó du grand artiste, une véritable obsession orientale. Le pays tient absolument à affirmer que la date et le lieu de naissance qui figuraient sur les papiers du chanteur que l'on a trouvés sur son corps, à moitié calcinés, lorsqu'on l'a retiré des cendres de son avion. Comme je vous l'ai raconté à plusieurs reprises ici, cette légende s'appuie sur une fausse déclaration de naissance que Carlos Gardel était allé faire en 1920 au consulat uruguayen pour se faire faire des papiers sans passer par la représentation française puisqu'il aurait été susceptible d'être arrêté pour ne pas avoir répondu à la mobilisation générale d'août 1914 (il avait alors 24 ans, il était donc mobilisable mais ce lointain conflit ne concernait pas un homme qui se considérait d'abord et avant tout comme Argentin, même s'il n'en avait pas officiellement la nationalité). Vous retrouverez toute cette histoire en français dans ce blog et dans mon livre, Barrio de Tango (Editions du Jasmin), ainsi que dans les pages Gardel de Todo Tango (mais attention, là, il faut lire l'espagnol).

Comme vous le voyez sur la une de La Nación, l'actualité est assez dense en Argentine aujourd'hui avec la démission soudaine et inattendue du chef d'état-major des forces armées, le général César Milani, qui a demandé et obtenu sa mise à la retraite. L'homme est mis en cause par la mère d'un disparu sous la dictature : elle est persuadée qu'il a livré son fils, un appelé qui lui servait alors d'ordonnance, à la répression politique du moment. Les faits ne sont pas avérés. Le général Milani a avancé des raisons d'ordre strictement privé pour appuyer sa demande. Cela n'en ait pas moins sujet à commérage et à spéculation à n'en plus finir dans toute la presse, des deux côtés de l'estuaire, qu'elle soit de droite ou de gauche. Sans parler des coupures d'électricité qui sont nombreuses dans tout le pays, pour lequel la production d'énergie n'est pas encore suffisante en cas de pics de froid (c'est le cas depuis une bonne semaine dans une grande part du territoire national) et de canicule (ce qui est fréquent l'été).