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vendredi 5 juin 2026

Mundial de la Yerba Mate à Buenos Aires ce week-end [à l’affiche]


Entre aujourd’hui, vendredi 5 juin 2026, et dimanche prochain, tous les jours à partir de 14h, se tient à Buenos Aires, au Museo del Mate, sur Avenida de Mayo, le premier Mundial de la Yerba Mate où de très nombreuses marques élaborées en Argentine, en Uruguay, au Paraguay et au Brésil vont être goûtées, évaluées, jugées et classées, comme on le fait avec les vins, par un jury de 43 experts provenant de onze pays différents.

Les dégustations se feront à l’aveugle. 400 produits participent au concours. Sur inscription préalable, le public pourra lui aussi participer et goûter les produits participants.

A côté du concours stricto-sensu, ce Mundial propose aussi des conférences, des tables-rondes, des ateliers et des expériences interactives, tant au Museo del Mate qu’à la Academia Nacional del Tango, dont le siège est juste à côté, ce qui permettra d’accueillir plus de monde.

La manifestation est ouverte au public dans la mesure des places disponibles. Il vous en coûtera 28 000 pesos argentins pour une demi-journée avec dégustation ou 54 000 si vous optez pour un forfait couvrant les trois jours.

Cette fiche consacrée à la production de la yerba mate
a été rédigée par un ancien directeur de l'INYM
(Instituto Nacional de la Yerba Mate, un organisme
presque entièrement détruit par Milei,
privé d'argent et d'une partie de ses compétences),
le regretté Roberto Montechiesi, un spécialiste
de haute volée.
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Un seul regret pour moi : il semblerait que ma marque préférée ne participe pas à la manifestation. Il s’agit de La Obereña, une marque assez confidentielle (on ne la trouve ni dans la grande distribution ni même dans les supérettes, uniquement dans les magasins spécialisés ou chez les commerçants passionnés). Il s’agit d’une yerba mate bio, fumée, très équilibrée qui donne à la boisson une impressionnante longueur en bouche avec une amertume discrète. La Obereña est la marque d’un producteur-récoltant familial et artisanal qui intègre toutes les étapes de la production, depuis la plantation et la cueillette jusqu’à la mouture finale des feuilles et leur conditionnement (très original, en sacs de tissu ou de toile de jute), en passant par le séchage, la fermentation et le fumage. La marque porte le nom du lieu de la production : Obera, une localité de la province de Misiones, à la frontière avec le Paraguay et le Brésil. La famille produit aussi du thé et du roboois.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

vendredi 7 novembre 2025

Ce week-end, une nouvelle Noche de los Museos [à l’affiche]


Ce samedi soir, dans la nuit du 8 novembre 2025, de 19h (et parfois un peu plus tôt encore) à 3h du matin le lendemain, tous les musées de la ville de Buenos Aires ouvrent leurs portes gratuitement à tout le monde.

Plus de trois cents institutions participent cette année à la manifestation, des musées publics, fédéraux (la plupart sans un sou) et municipaux, comme privés, des centres culturels aussi et même, pour la première fois cette année, un petit nombre de Bares Notables, ces cafés distingués par la Ville pour le rôle culturel qu’ils jouent depuis plusieurs décennies.

L'affiche de la nuit sur le compte Instagram
du Teatro Colón

Pour l’occasion, la Ville de Buenos Aires garantit la gratuité des transports à toutes les personnes qui voudront bien télécharger le Passe de la manifestation. Les bus, le métro et même les bicyclettes en libre-service pourront être utilisés sans débourser un peso.

Espacio de la Memoria

Pour le métro portègne, sur la ligne A, ce sera aussi l’occasion de ressortir les vieux wagons de l’inauguration du réseau en 1913, les wagons de La Brugeoise, l’atelier belge auquel la ville les avait commandés et qui ont encore fière allure avec leurs banquettes en bois et leurs laitons étincelants. Cela grince parfois un peu mais c’est vraiment très joli !

En hommage à Carlos Gardel,
grande milonga nationale avec orchestre
sur Avenida Corrientes, l'avenue des théâtres et de cinémas


L’Ambassade de France sera de la partie avec une nouvelle édition de La Feria Francesa (la fête du croissant et du macaron pour les Portègnes).

Entrée du Museo del Mate

2025 verra enfin pour la première fois un nouveau musée s’associer à cette Nuit : le musée du mate, qui a ouvert il y a peu sur Avenida de Mayo, entre la Plaza de Mayo où s’est produite la Révolution, le 25 mai 1810, et le Congrès, né de la constitution, un demi-siècle plus tard. Ce Museo del Mate, situé ainsi au cœur de l’histoire argentine, se veut être le kilomètre 0 de la Ruta del Mate, un circuit touristique et gastronomique qui serpente dans les provinces de Corrientes et de Missiones, tout au nord du pays. Le musée présente une riche collection, constituée par un particulier, le grand-père de l’actuel très jeune conservateur, de tout ce qui tourne autour de l’infusion nationale : ustensiles, paquets de yerba mate anciens et plus récents, photos d’Argentins préparant ou buvant le mate dans toutes les circonstances imaginables. En temps normal, l’accès au musée est payant.

Une vue de l'exposition dans les ateliers du Teatro Colón
(photo extraite du site Internet de l'institution)

Autre curiosité à voir : les ateliers des décors et des costumes du Teatro Colón, l’opéra de Buenos Aires. Des splendeurs à voir, à contempler, à admirer…

Toute la semaine, les journaux ont multiplié les articles pour préparer la manifestation qui, depuis sa création, rencontre toujours un immense succès de participation.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 sur le programme proposé par Espacio Memoria, l’une des institutions situées sur le domaine de l’ex-ESMA, un ensemble consacré aux droits de l’Homme et à la mémoire des victimes de la dictature militaire des années 1976-1983 dont Javier Mileí et sa vice-présidente aimeraient réhabiliter les tortionnaires (l’ensemble du parc est lui-même menacé dans son existence même, certaines personnes au gouvernement ayant émis l’idée de rendre à l’endroit sa destination antérieure, celle d’une école supérieure de mécanique marine militaire) ;
lire l’article de La Prensa sur la nouvelle édition de La Feria Francesa ;
lire l’article de La Prensa sur le programme du Museo Casa Carlos Gardel ;
lire l’article général de Clarín ;
lire l’article de Clarín sur quelques uns des lieux à visiter au cours de la Nuit des Musées ;
lire l’article de Clarín sur le Museo del Mate de Buenos Aires (il en existait déjà un à Tigre, dans la lointaine banlieue résidentielle du nord de la capitale argentine) ;
lire l’article général de La Nación ;
lire l’article de La Nación sur les Bares Notables
lire l’article de La Nación sur les ateliers du Teatro Colón
visiter les pages Noche de los Museos du portail de Buenos Aires
visiter le site Internet du Museo del Mate
visiter le site Internet du Teatro Colón

Ajout du 10 novembre 2025 :
Le succès de la manifestation ne s’est pas démenti puisqu'elle a attiré 1,2 million de personnes sur les 300 sites participants et Página/12 en a fait la Une de son supplément culturel quotidien, Cultura & Espectáculos, de ce jour.
Pour en savoir plus :
lire l’article de Página/12

"La nuit des musées ne dort pas" dit le gros titre
en allusion à l'un des surnoms de Buenos Aires,
la ville qui ne dort jamais
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mardi 2 avril 2024

La loi de la jungle règne sur le mate [Actu]

"Ni yerba de ayer secandose al sol"
le gros titre est une citation de Enrique Santos Discépolo
(Célèbre tango Yira yira que j'ai intégré
dans Barrio de Tango, recueil bilingue de tangos argentins)
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Depuis hier, les prix dans le secteur de la yerba mate sont libres. L’Institut National de la Yerba Mate (INYM) ne peut plus fixer de prix plancher en-dessous duquel aucun industriel du secteur ne pouvait acheter la récolte de feuilles de cet arbre de la famille du houx dont les Argentins tirent une infusion qui est devenue un must de leur culture et de leur art de vivre, ainsi que de celui des Paraguayens, des Uruguayens, des Brésiliens dans l’extrême sud du pays et de nombreux Chiliens.

Cette régulation du prix depuis un peu plus de vingt ans avait permis à des petits producteurs de s’en sortir et de développer des produits originaux, de qualité supérieure. Toute une série de coopératives et de familles avaient fleuri dans le secteur, essentiellement dans les provinces de Corrientes et de Misiones.

C’est fini. Désormais, les producteurs seront à la merci des géants du marché qui les obligeront à vendre à vil prix la récolte s’ils ne la transforment pas eux-mêmes. Et ils pourront faire une guerre des prix aux producteurs-transformateurs de plus petite taille. Il est à craindre que de nombreuses marques disparaissent des rayons à plus ou moins longue échéance et que le bas de gamme gagne de la place dans les gondoles en même temps que les prix vont grimper à toute vitesse.

Clarín a préféré consacrer ses gros titres
à d'autres affaires mais le scandale
a droit à un appel d'article à droite
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De plus, il est peu probable que le reste de l’alimentation échappe à une forte dégradation du marché, à commencer par la viande et les produits laitiers, eu égard au fanatisme économique de ce gouvernement. C'est tout un patrimoine que le gouvernement refuse de protéger et de développer au bénéfice du profit de quelques grosses fortunes de l'agro-industrie !

Comme l’Uruguay dépend entièrement de la production argentine (et un tout petit peu de celle du Brésil), il y a fort à parier que cette décision se fera sentir aussi de l’autre côté du Río de la Plata.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

samedi 3 décembre 2022

Salon du Mate à La Rural ce week-end [Actu]


Hier, à Palermo, dans le grand domaine de la Sociedad Rural, se tient jusqu’à demain le salon du maté, Matear.

L’entrée est libre et gratuite. C’est donc une grande foire commerciale à laquelle participent tous les producteurs du pays.

Rappelons que le mate est très officiellement l’infusion nationale. A découvrir d’urgence si vous ne connaissez pas encore ! Les Uruguayens en sont eux aussi de grands consommateurs alors que leur pays n’abrite aucune plantation professionnelle mais seulement une production particulière pour la consommation familiale.


© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

mercredi 30 novembre 2022

La presse célèbre la fête du mate [Coutumes]

Une des très jolies pièces du Museo del Mate de Tigre
Photo Lucía Merle (Clarín)


Depuis quelques années, le 30 novembre est le jour, très officiel, de la fête nationale du mate, l’infusion nationale argentine.

L'astre du foot est amateur, lui aussi
Cette forme de mate, très gros, s'appelle "Imperial"

C’est aussi, comme le monde entier le sait, le jour où l’équipe nationale de football d’Argentine joue son va-tout au Qatar contre la Pologne. Ce soir, ça passe ou ça casse !

Tout ce qu'il faut pour prendre le mate à l'ancienne :
dans la vitrine, toutes les formes de bombilla (pipettes filtrantes)
en dessous un échantillon des mates de toutes formes, toutes matières et toutes tailles
En-dessous encore, les "pavas" (bouilloires)
Museo del Mate de Tigre
Photo Lucía Merle (Clarín)

Página/12 a donc conjugué les deux enjeux avec cette photo de Messi buvant son mate à partir d’un récipient aux couleurs nationales.

Clarín a préféré emmener ses lecteurs au Museo del Mate, qui se trouve à Tigre, au nord de Buenos Aires, en bord de rivière… Très joli !

Toute la variété des yerbas mate produites et vendues en Argentine
On en trouve quelques unes dans le commerce en France

Peu à peu, la yerba mate authentique, qui sert à confectionner la boisson, arrive dans quelques épiceries fines et boutiques alimentaires spécialisées dans les produits d’Amérique latine ou d’Amérique du Sud, en France et en Belgique. Ce sont des débuts modestes mais ils ont le mérite d’être là.

Bon match ! En France, c'est sur TF1 à 20h.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

jeudi 4 novembre 2021

Les bienfaits du mate : une enquête de l’INYM pour le 43e festival à Apóstoles [Coutumes]


Hier à Apóstoles, une bourgade de la province de Misiones, à l’extrémité nord-est de l’Argentine, s’est ouvert le 43e Festival national et international de la Yerba Mate, la principale culture de la province dont la tradition agricole remonte aux missions jésuites installées dans les années 1710 (comme vous l’avez compris, la ville a conservé le nom que les pères jésuites qui l’ont fondée lui avaient donné : les Apôtres).

Le festival avec son lot de spectacles dominés par le chamamé (la musique typique de la région), de repas en plein air, de dégustations, de stands artisanaux et de conférences sur le travail agricole et artisanal de la yerba mate se tient pendant quatre jours jusqu’à dimanche prochain. Cette manifestation désormais traditionnelle sera couronnée par l’élection de la reine nationale de la yerba mate et de ses deux dauphines ainsi que des réceptions annuelles dans l’ordre de la yerba mate (qui ressemble à nos confréries gastronomiques et localistes).

L’entrée à la feria est gratuite mais la plupart des spectacles sont payants (500 $ ARG par personne), ainsi que les repas (1 500 $ ARG par personne) et la soirée pour l’élection de la reine et de ses dauphines (il y a 1 000 chaises à 3 000 $ ARG chacune).

A cette occasion, l’Instituto Nacional de la Yerba Mate (INYM) a publié le résultat d’une étude multiple, conduites par des chercheurs dans différentes universités, sur les bienfaits de la boisson nationale - l’Argentine est en effet le premier producteur de yerba mate dans la région (1).

L'ensemble du programme
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Cet ensemble d’études, réalisées en laboratoire et non en phase clinique humaine, met en avant les effets bénéfiques du produit consommé à la manière sud-américaine (2) : il facilite la digestion et régule la glycémie (chez les souris sur lesquelles les expériences ont été menées) ; il régule le cholestérol, il renforce la densité minérale des os ; contrairement à ce que peuvent faire croire son amertume et son astringence (caractéristiques des yerbas mate d’entrée de gamme), la boisson ne détériore nullement la muqueuse gastrique ; il prévient le cancer du colon et du sein et diminue le risque de maladie de Parkinson grâce à des « propriétés neuro-protectrices ». Ces résultats demandent encore une évaluation scientifique et expérimentale chez l’homme.

Dans les organismes humains, on sait déjà et depuis très longtemps que le mate régule le transit et qu’il est légèrement coupe-faim et excitant, comme le thé et le café.

Tout cela fait cause et offre une bonne occasion de relancer le marché qui souffre de l’infernale hausse des prix qui déferle aujourd’hui sur l’ensemble de l’Argentine. Et puis, les festivals, c’est bon pour le moral, pour tout le monde.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lire l’article de La Nación
lire le communiqué de l’INYM
lire le communiqué de l’INYM sur sa participation (ingénierie agricole) à la Fiesta Internacional y Nacional de la Yerba Mate
consulter le programme de la Fiesta sur le site Internet de la manifestation



(1) Trois pays produisent à échelle commerciale : l’Argentine, le Paraguay et le Brésil (dans le sud du pays). La production uruguayenne, à toute petite échelle, convient surtout à la consommation familiale du producteur. La yerba argentine arrose le marché uruguayen et chilien. Avant la guerre civile en Syrie, ce pays était le plus important débouché à l’exportation en dehors de l’Amérique du Sud grâce à des contacts très étroits cultivés par les Syriens immigrés en Argentine au début du XXe siècle et leurs familles restées au pays.

(2) En Europe, il faut se méfier du produits vendus hors des épiceries spécialisées en produits sud-américains. Les magasins bio en particulier vendent un truc sans intérêt souvent sous le nom fantaisiste de « mate » qui ne désigne pas le produit mais l’infusion qu’on en tire (un peu comme de parler de cacao pour désigner le chocolat). Ce qui démontre parfaitement le caractère artificiel de cette exploitation. Ces hachis végétaux sont souvent associés à des mentions santé et leur emballage ne comporte aucune indication géographique précise (la marque se contente d’un vague « Amérique du Sud »). Je ne sais pas ce qu’il y a exactement dans ces paquets mais force est de constater que cela donne breuvage insipide, sans aucun rapport avec celui qu’on apprécie tant en Argentine, en Uruguay, au Paraguay, au Chili et dans quelques coins du sud du Brésil. En Europe, si vous souhaitez boire du mate « comme là-bas », il faut donc s’adresser à un épicier latino-américain et lui acheter un produit indiquant le nom et l’adresse du producteur (pas seulement celui du distributeur ou de l’importateur) et vérifier que cette adresse se situe bien dans l’un des trois pays producteurs. C’est assez facile : en façade et sur le côté ou l’arrière du paquet, on lit la mention Industria argentina / uruguaya / brasileira (ou brasileña si le produit a été conditionné en vue de son exportation, ce qui est souvent le cas quand il arrive en Europe). En France, on trouve un peu de bio, la plupart du temps en provenance d’Argentine. Sur le plan gustatif, il n’y a guère de différence avec les autres modes de production (conventionnel ou raisonné).

lundi 30 novembre 2020

A la saint-André, bois du mate ! [Coutumes]

Mate et medialunas (petits croissants plus briochés que feuilletés)

Pour la cinquième année consécutive, en Argentine, c’est la fête nationale du maté, cette boisson emblématique que partagent quatre pays voisins, l’Argentine, le Paraguay, le sud du Brésil et l’Uruguay. Cette année, pour la première fois, la fête se célèbre avec la recommandation ferme de ne pas partager la boisson pour éviter la contagion !!!!

Clarín nous offre toutefois un longue article sur la meilleure façon de pratiquer (il y a toute une orthodoxie en la matière) et quelques recettes de pâtisseries traditionnelles pour accompagner l’amertume du breuvage.

La Nación quant à elle propose un véritable documentaire, en plusieurs épisodes intégrés à son site Internet, sur l’histoire de cette pratique gastronomique qui remonte aux tout premiers hommes qui se soient installés dans la forêt tropicale qui couvre la région productrice.

Mate accompagné de chipá, une gourmandise salée originaire
de Misiones et du Paraguay
La recette est aussi dans l'article de Clarín

La date avait été choisie en 2014 pour rendre hommage à Andresito, le héros des guerres d’indépendance qui s’est battu dans les années 1820 pour rattacher l’actuelle province de Misiones à l’actuelle Argentine alors que cette région avait été placée sous l’autorité du gouverneur et de l’évêque d’Asunción après l’expulsion des jésuites en 1767. En 1811, le traité de paix conclu par Manuel Belgrano avec le Paraguay qui prenait son indépendance avait validé le statu quo mais il ne tint pas longtemps parce que la région de Misiones s’était prononcée dès 1810 pour la révolution de Buenos Aires (25 mai 1810).

© Denise Anne Clavilier

Pour en savoir plus :

lire l’article de Clarín et aux fourneaux !
lire et regarder l’article de La Nación

Ajout du 2 décembre 2020 :
lire l'article de La Prensa sur le mate et sur Andresito

samedi 23 mai 2020

Maté et covid : les conseils de l’Instituto Nacional de la Yerba mate [Coutumes]

Le maté de toujours avec la bouilloire et les galletas (petits biscuits salés)
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L’INYM, qui fédère l’ensemble de la filière du mate en Argentine, depuis les producteurs jusqu’aux grossistes et aux courtiers, vient d’éditer un petit guide avec des visuels plutôt chouettes et des conseils de bon sens (qui valent pour n’importe quel aliment en ces temps d’épidémie).

Toutes les consignes pour tout laver à la javel diluée
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En Argentine comme partout où se consomme cette boisson, le maté se partage ! Tout le monde boit à la même bombilla (pipette) et c’est le même récipient qui passe de main en main dans le groupe d’amis qui partagent un bon moment de convivialité. Bien entendu, par les temps qui courent, la pratique est à bannir mais elle est si fortement ancrée dans les mœurs que ne plus partager le mate, c’est comme en France ne plus se serrer la main. Il y a de quoi devenir fou ! Et sans doute, le volume des ventes dans le pays a-t-il baissé. Sans parler de l’exportation qui doit avoir fortement baissé.

Des idées pour varier les plaisirs avec la yerba maté
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Et en ce long week-end de fête nationale, c’est un symbole à mettre en avant, comme on porte la cocarde blanche et ciel à la boutonnière. Soutenons ce secteur emblématique.

Remarquez la malice des auteurs du guide :
ils n'ont pas mis de mate sur les Malouines,
pauvres îles habitées depuis 1833 par des sauvages
qui ne savent pas ce qui est bon
et préfèrent leur hautaine cup of tea à la seule vraie boisson indigène du continent !
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Pour ceux d’entre vous qui aiment se frotter à l’espagnol, voilà une manière originale de travailler sur la langue version argentine… Le livret en pdf est téléchargeable gratuitement sur le site Internet de l’institution.

Pour aller plus loin :
télécharger le guide Guia Matear

samedi 29 février 2020

Paraná commence l’année avec la Fiesta Nacional del Mate [à l’affiche]

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Le week-end prochain, les 7 et 8 mars 2020, la ville de Paraná, capitale de la province de Entre Ríos, propose la Fiesta Nacional del Mate, un grand festival qui permettra à de nombreux artistes de folklore de se produire devant 17.000 visiteurs attendus, si le Covid 19 ne vient pas jouer les troubles-fêtes ! Les infrastructures hôtelières sont déjà remplies à 80 % d’après le directeur du tourisme de la province.

Pendant toute la semaine, des animations auront lieu chez les commerçants pour préparer cette fête qui succède aux festivités du carnaval.

Des activités rassemblées sous le nom de Matecito (le petit maté) seront aussi proposées aux plus petits.


Le clou des concerts aura lieu le dimanche, c’est-à-dire le 8 mars : les femmes seront donc à l’honneur. Parmi les artistes attendues, l’auteur-compositeure interprète de la province limitrophe de Corrientes, Teresa Parodi, et plusieurs ensembles féminins locaux.

Un grand patio de comida (des stands de restauration), à prix modérés, sera animé par les clubs athlétiques locaux (les clubs de foot) et un concours de service du maté (cebadores de mate) aura lieu comme les années précédentes (à qui saura mieux verser l’eau chaude à la température optimale pour faire ressortir toute la richesse gustative de la yerba mate utilisée : ça a l’air de rien comme ça pour des Européens mais c’est un art, comme celui de tirer la bière).


La province et la municipalité ont ajouté au programme des visites guidées du centre historique de la ville (qui a vu passer Manuel Belgrano en 1811) (1) et de nombreuses activités nautiques, qui sont l’un des atouts de la région et de la boucle du Paraná qui sépare les deux provinces voisines, Entre Ríos et Santa Fe.

Pour en savoir plus :
lire l’article de Clarín ce matin.



(1) Je vous recommande l'épisode épique de la traversée du Paraná dans la biographie que je viens de sortir aux Editions du Jasmin. J'ai même pu trouver une illustration où l'on voit les techniques de traversée de ces fleuves immenses en l'absence de pont ! Digne des effets spéciaux de Hollywood.

samedi 22 février 2020

Une Soirée Argentine à côté du Panthéon à la Saint-Patrick [ici]

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Le 17 mars 2020, à l’Espace L’Autre Livre, de 18h30 à 20h30, j’animerai une rencontre à bâtons rompus autour d’un maté (1) et de mes ouvrages sur l’histoire et la culture argentine, à l’occasion de la sortie de mon dernier livre, Manuel Belgrano – L’inventeur de l’Argentine (Éditions du Jasmin) (2), qui sera présenté le 27 février 2020 à l’Ambassade de la République argentine à Paris.

L’Espace L’Autre Livre se situe au n° 13 de la rue de l’École Polytechnique, sur la montagne Sainte-Geneviève, au cœur du Quartier Latin.

Entrée libre et gratuite. Rencontre ouverte à tous.

Lire le communiqué de L'Autre Livre.



Ajout du 9 mars 2020 :
Pour que notre vie culturelle et sociale puisse continuer son cours, au lieu d'avoir peur, soyons vigilants et respectons les consignes données par les pouvoirs publics partout et tout le temps.
C'est juste un pli à prendre. Cela n'a rien de difficile.
Pour ces raisons, je n'anime plus aucune dégustation de mate jusqu'à la levée de ces consignes.


Ajout du 13 mars 2020 :
pour des raisons indépendantes de notre volonté mais de notoriété publique, la soirée est reportée sine die. Nous reprendrons ce programme lorsque le pays et le continent y verront plus clair dans cette crise sanitaire particulièrement pénible.



(1) J’ai dans l’idée de vous proposer une dégustation de plusieurs yerbas mate et de différentes façons de l’accommoder mais mon programme de ce côté-là n’es pas complètement défini !
(2) La souscription reste ouverte jusqu’au 27 février grâce au bon à télécharger sous ce lien. A l’Ambassade, le livre pourra être acquis à son prix public, 24,90 (au lieu de 20 en souscription).

samedi 19 janvier 2019

Grand circuit culturel en Argentine avec Odeia et... moi [ABT]

Jeudi dernier, lors d’une longue et chaleureuse après-midi de présentation aux clients et prospects dans une très belle et très vaste crypte de l’église Saint Ferdinand, à Paris, l’agence de voyage Odeia (Paris, 17e) a publié sa proposition 2019 d’un grand circuit en Argentine que j’aurai l’honneur d’accompagner, du 7 au 24 novembre prochain, et que j’ai enrichi pour en faire un parcours original, conforme à l’esprit de l’agence.

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Jusqu’au mois de juin, j’aurai l’occasion de vous en présenter les différentes facettes, l’une après l’autre : histoire, gastronomie, beaux-arts, musique, merveilles de la nature.

Au programme de ce périple de 18 jours, au départ de Paris (Roissy Charles de Gaulle / vol direct Air France) :
  • trois jours non consécutifs à Buenos Aires, le premier consacré à la découverte de l’histoire nationale, avec ces deux géants que furent les généraux José de San Martín (1778-1850) et Manuel Belgrano (1770-1820), tous deux pères de la patrie, le second aux beaux-arts avec la visite de trois musées (1) et le dernier au tango, dont la diversité des dimensions structure la culture de cette mégalopole trois fois plus grande que Paris ;
  • trois jours dans la province de Misiones au nord-est du pays, avec la visite de deux sites inscrits au patrimoine de l’Unesco -les inévitables chutes d’eau d’Iguazú et les ruines de la mission jésuite San Ignacio Miní-, un petit bout de chemin sur la Ruta de la Yerba Mate (RYM) avec un arrêt dans une plantation pour y découvrir les secrets de cette infusion nationale qui allie la tradition guaranie et l’acculturation de la Compagnie de Jésus, et, enfin, une soirée autour du chamamé, la musique locale qui constitue le vecteur culturel de toute la région, en Argentine et au-delà (Uruguay, sud du Brésil et Paraguay) ;
  • cinq jours dans le Nord-Ouest et plus précisément dans les provinces de Salta et de Jujuy, à la découverte des beautés naturelles des Andes, dont ce Mont des Sept Couleurs, un site inscrit lui aussi au patrimoine de l’Humanité et actuellement au centre d’une guerre picrocholine (2), de l’architecture ancienne (superbe basilique San Francisco de Salta, par exemple), des vestiges d’une citadelle inca, du vin d’altitude, de la musique locale (la chacarera, en tout premier lieu, avec son instrument emblématique, le charango) et des faits historiques qui ont marqué la région : la conquête espagnole qui est venue du Pérou au 16e siècle, apportant avec elle le baroque européen qui s’est très vite mêlé à la culture précolombienne, et cet épisode de la guerre d’indépendance que l’histoire a surnommé la Guerra Gaucha, à la tête de laquelle se trouvait Miguel Martín Güemes (1785-1821), le gouverneur révolutionnaire de Salta ;
  • et enfin trois jours en Patagonie, dans les provinces de Tierra del Fuego, dont la capitale est Ushuaía, et de Santa Cruz, où se trouve le Lago Argentino et ses glaciers, dont le formidable Perito Moreno, un ensemble qui constitue la plus grande étendue d’eau douce du monde, avec son musée de glaciologie ultramoderne. La spécialité culinaire de cette région, très récemment annexée à la République argentine (3), est l’agneau de Patagonie. Les Argentins disent qu’il est supérieur à celui de nos prés-salés… On goûtera et on verra bien si la comparaison se soutient !

A tout cela s’ajoute des journées de voyage aérien d’une région à l’autre, que je n’ai pas incluses dans les paragraphes précédents.

Sur place, nous serons logés dans des hôtels haut de gamme (de toute façon, il n’y a pas d’autres standards d’hôtellerie acceptables en Argentine) et nous serons accompagnés, à chaque étape, par un guide local qui me complétera. C’est du grand luxe ! D’autres guides prendront le relais dans les parcs naturels nationaux où les visites doivent obligatoirement être accompagnées par un membre du personnel, préservation de la nature oblige.

Odeia (filiale de Wagran Voyages) reçoit dès à présent les inscriptions, par courrier ou en ligne (www.odeia.fr). Le groupe devra se composer d’au moins 15 personnes et restera, quoi qu’il en soit, de taille raisonnable (20 personnes environ). Sinon, ce n’est plus un groupe, c’est un troupeau et on ne savoure ni ne retient rien...



(1) En Argentine, les musées sont beaucoup plus modestes en taille que nos grands musées européens, de type Louvre, National Gallery, Prado, Offices, Ermitage ou Rijksmuseum. Les musées argentins sont tous des musées spécialisés. Ce n’est donc pas une prouesse que d’en parcourir trois dans une seule journée. Qui plus est, ils exposent des grands artistes nationaux dont nous ne possédons pas d’œuvres.
(2) Voir mes articles du 27 décembre 2018 et du 16 janvier 2019.
(3) Longtemps ignorée et presque inexplorée, la Patagonie a été rattachée à la République argentine dans les années 1860, grâce à une expédition militaire sans scrupule qui a mis en œuvre un véritable génocide contre le peuple mapuche. La politique de peuplement est venue au bout de nombreuses années. L’un de ses vecteurs a été le terrible bagne de Ushuaía (1901-1947), dont il ne reste plus que le pénitencier en étoile, aujourd’hui transformé en musée historique et maritime. L’autre a été l’exploitation pétrolifère , qui n’est pas la plus équitable des activités économiques. La Patagonie a connu encore d’autres malheurs qui l’ont marquée au fer rouge : la répression sanglante des ouvriers anarchistes de Santa Cruz en 1920 et 1921 (peu après cette Semaine Tragique dont, il y a peu, on célébrait le centenaire – voir mon article du 7 janvier), puis le nid de criminels hitlériens qui s’est formé à San Carlos de Bariloche, dans une autre province, et qui s’est dispersé lorsque les chasseurs de nazis sont allés les débusquer au milieu de leurs chalets bavaro-alpins planqués dans les Andes, et enfin le massacre des prisonniers politiques de Trelew, en 1972, quelques années avant le sinistre coup d’État de Rafael Videla, en mars 1976. Cette Patagonie au passé traumatique n’a donc pas encore de musique emblématique. Qui plus est, elle est la moins peuplée de toutes les régions d’Argentine.

lundi 11 juin 2018

Le mate bientôt en emoji [Actu]

Le mate, le récipient traditionnel dans lequel on prépare et on boit la plus emblématique infusion de l'Amérique du Sud, figurera au catalogue international des emoji d'ici un an.

"La bombilla et les autres détails"
"L'illustration comporte [même] des bulles"

Le quotidien La Nación s'en est enorgueilli avec un article sous forme de planche illustrée et légendée (en espagnol bien sûr) à découvrir sous ce lien.

mercredi 17 janvier 2018

Un retour en grâce pour le modèle coopératif ? Article n° 5500 [Actu]

Image institutionnelle de la coopérative Liebig

Depuis la prise de fonction de l'actuel gouvernement argentin, les coopératives en ont pris plein la figure dans tous les secteurs, alors que ce modèle d'entreprise avait depuis plusieurs années montré son efficacité économique et managériale, avec des travailleurs satisfaits de leurs conditions de vie et de travail.

Ce matin, La Nación, journal clairement libéral et soutien du gouvernement actuel, publie -on est en plein été, tous les lecteurs ne sont pas au rendez-vous, deux articles élogieux sur ce modèle collectiviste. L'un porte sur la bonne santé d'une coopérative de Corrientes, fondée en 1926 par des immigrants allemands, qui produit et commercialise d'excellentes yerbas mate assez bien distribuées en supérettes, super et hypermarchés, Playadito et ses différentes marques, les plus communes étant Playadito jaune (yerba nature) et Playadito vert (yerba aromatisée avec un mélange d'autres plantes) et le très haut de gamme de Liebig doré (yerba con palo, avec les tiges de la feuille de mate) et Liebig rouge (yerba sin palo, moins goûteuse), sans oublier le mate cocido en sachets, commercialisé sous la charte graphique de Playadito jaune.


Cette coopérative participe à la Ruta de la Yerba Mate, la RYM, un circuit gastronomique à travers les provinces de Corrientes et Misiones, au nord-est de l'Argentine. Le pays natal de San Martín et celui du chamamé, dont c'est actuellement le festival international dans la ville de Corrientes.



L'autre article est une analyse du modèle managérial qu'est la coopérative. Le rédacteur reconnaît que ce modèle fait des salariés épanouis et productifs mais il finit sur une fausse note, en classant les réunions parmi les inconvénients, le danger de la réunionite, alors que c'est ce qui fait la force même du modèle : l'autogestion et la voix délibérative de tous les travailleurs de l'entreprise.

On ne se refait pas ! Capitalistes ils sont, capitalistes ils demeurent.

Pour aller plus loin :
lire l'article de La Nación sur Playadito-Liebig
lire l'article de La Nación sur le modèle coopératif
visiter le site Internet de la Cooperativa Liebig, où vous pourrez même déguster de la musique litoreña (du Litoral) si vous êtes curieux. Avant d'y aller, faites chauffer la pava (bouilloire), remplissez le mate (de yerba Playadito ou Liebig, bien sûr) et armez la bombilla. C'est indispensable pour une bonne écoute !