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mardi 20 octobre 2026

Milei se prend les pieds dans son propre tapis [Actu]

"Dormir avec l'ennemi", dit le gros titre
Cette image des deux hommes dans le même lit
fait allusion à une expression idiomatique argentine.
Lorsque le gouvernement se soumet aux Etats-Unis,
on parle de "relaciones carnales" (relations charnelles)
pour assimiler cette soumission au péché et à la prostitution
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Il y a quelques semaines, pour s’opposer au nouveau Premier ministre britannique qu’il ne peut pas plus voir en peinture que son prédécesseur, Donald Trump a menacé de retirer à la Grande-Bretagne le traditionnel et discret appui de la supposée neutralité des États-Unis sur la souveraineté des Malouines. Le président argentin a aussitôt saisi l’occasion pour s’emparer d’une thématique très populaire dans son pays : le fait que l’archipel fait partie de jure du territoire national au terme de la Constitution de 1853, remaniée depuis sur un grand nombre de points mais jamais, au grand jamais, sur celui-là. Retournant sa veste avec l’élégante discrétion d’un éléphant dans un magasin de porcelaine, l’inénarrable homme à la tronçonneuse a adopté du jour au lendemain le discours traditionnel et constitutionnel de tous les présidents argentins et, à la tribune des Nations-Unies, il est allé clamer que Las Malvinas son argentinas, une revendication mise en avant quelques semaines auparavant par la sélection nationale juste après la victoire sur l’Angleterre en demi-finale de la coupe du Monde de football, et que Javier Milei avait alors publiquement désapprouvée, au plus grand scandale de la population, tous courants politiques confondus.

En gros titre, au-dessus de la photo sur les saccages
en France : "Les Etats-Unis exigent que la loi des Malouines
n'affecte pas leurs entreprises"
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En effet, l’archipel, « découvert » par un explorateur malouin, a été offert par Louis XV à son cousin espagnol, le roi Carlos III, qui en a confié la garde au gouverneur de la province de Buenos Aires, lui-même placé sous l’autorité directe du vice-roi du Pérou, installé à Lima. Plus tard, au premier frémissement de la guerre d’indépendance des États-Unis, la division de cet ingouvernable et gigantesque ensemble colonial donna naissance au vice-royaume de La Plata, avec pour capitale la « bonne ville de Buenos Aires ». Le roi d’Espagne entendait ainsi profiter des difficultés de Londres dans ses colonies pour installer un pouvoir militaire plus fort et plus efficace en face du Brésil, alors bastion de l’Angleterre en Amérique du sud puisque la « Perfide Albion » avait complètement vassalisé le Portugal et son empire, s’en rendant maîtresse de fait.

Lorsque, sous le nom de Provinces Unies du Río de la Plata, le vice-royaume de La Plata déclare à son tour, en 1816, son indépendance vis-à-vis de l’Espagne, les Malouines, Malvinas en espagnol, font partie du territoire du nouvel État indépendant que le parlement de Londres va reconnaître au printemps 1824, avec échange de diplomates à la clé peu de temps après. Aussi lorsqu’en janvier 1833, sans déclaration de guerre, une escadre de la Royal Navy se présente devant l’archipel et canonne les îles, protégées par une minuscule garnison d’infanterie dont les missions sont de maintenir l’ordre et d’aider les navires (de tout pavillon) à faire escale et à se ravitailler sur place avant d’entreprendre le périlleux voyage jusqu’aux ports de l’Océan Pacifique dans le sud du Chili, l’affaire est vite réglée sur le plan militaire. Les Britanniques s’emparent des Malouines qu’ils rebaptisent Falklands. Eu égard aux distances et aux dissensions intestines qui paralysent alors son gouvernement, Buenos Aires est dans l’incapacité de reprendre le contrôle de ce très lointain archipel dont Londres ne tarde pas à faire une colonie de peuplement pour des éleveurs d’origine britannique dont les descendants habitent toujours ces terres très peu hospitalières et toute proches du cercle polaire. Or tout cela, tous les Argentins l’apprennent à l’école depuis que l’instruction a été rendue obligatoire en 1883, à travers leurs cours d’histoire répétés de niveau en niveau tout au long de leur scolarité et à travers les cartes de géographie affichées au tableau et sur lesquelles il est illégal d’oublier les Malouines. C’est vous dire s’ils y sont attachés.

En haut de la colonne de droite :
"Frein suggestif à la Chambre sur la loi des Malouines
après l'objection des Etats-Unis", dit le titre
La photo centrale représente le Premier ministre
des Pays-Bas et son compagnon argentin qui viennent
de rendre public l'annonce de leur futur enfant
conçu avec une mère porteuse
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Pourtant, dès son arrivée à la Casa Rosada, Milei avait laissé entendre qu’il allait (horresco referens) négocier avec les Britanniques (pouah !!!!) pour que les insulaires se prononcent eux-mêmes (et eux seuls) sur leur avenir : voudraient-ils passer dans la République argentine ou demeurer au sein du Royaume-Uni ? Le résultat d’un tel référendum serait couru d’avance. D’ailleurs il a déjà eu lieu et l’option Royaume-Uni l’a alors emporté haut-la-main. Les Argentins ont pour cette solution une sainte horreur. A leurs yeux, les insulaires ne sont que des colons, des occupants illégaux d’un territoire volé. Leur solution (par ailleurs totalement impraticable dans la réalité) est donc le rattachement pur et simple, ou plus exactement le retour effectif de l’archipel à la République argentine avec application immédiate de la législation argentine sur toutes ces îles, qui font déjà partie de jure de la province de Tierra del Fuego. Il n’y a donc rien à négocier. Avec son idée saugrenue, Milei n’a fait que s’attirer les critiques acerbes de la population qui n’avait pas hésité à lui accoler l’épithète infamant de « vendepatria » (traître à la patrie), qui au demeurant lui va comme un gant. Les menaces de Trump étaient donc, a-t-il cru, une occasion à ne pas manquer pour se refaire un brin de légitimité en vue des élections de l’année prochaine, où il compte bien obtenir un nouveau mandat. Aussitôt, le voilà donc qui adopte un ton des plus patriotiques, pour ne pas dire martial et belliqueux, pour clamer haut et fort la revendication séculaire des Argentins, sans que sa cote de popularité ne regagne le moindre point pour autant (personne n’y croit). Dans son élan, il dépose sur le bureau de la Chambre un projet de loi visant à sanctionner les pays qui oseraient se mettre en travers du chemin de l’Argentine dans la reconquête de ses territoires perdus. Un projet de loi qui menace entre autres les intérêts à très court terme du Chili, récemment embarqué dans un projet d’exploitation des ressources naturelles de l’archipel dans une joint-venture chilo-britannique. Le Chili pourtant gouverné par celui que l’on croyait jusqu’à présent être un pote idéologique de Milei, le très pinochetiste Kast. Le Chili qui, pour beaucoup d’Argentins de droite, est aussi leur ennemi préféré au-delà des frontières (avec, ne les oublions surtout pas, le Paraguay, la Bolivie et le Pérou, tous ces pays habités par des « sang-mêlé » déshonorés par l’existence de leurs ancêtres amérindiens ou africains, re-pouah !!!). Comme quoi, ces prétendus souverainistes d’extrême-droite, dont l’union transnationale fait tant peur à nos démocraties, s’entre-dévorent à belles dents dès qu’ils arrivent au pouvoir, en se roulant dans la boue infecte de leurs fantasmes xénophobes (l’exemple de Mussolini et d’Hitler nous l’a d’ailleurs déjà montré).

Au milieu de la Colonne de droite :
"Malouines : les Etats-Unis demandent
la dissolution d'un comité clé"
La photo représente le couvre-feu à Paris
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Et c’est à ce moment-là que Milei s’est pris les pieds dans le tapis puisque Trump n’a, bien entendu, pas tardé à changer de cap. Depuis sa sortie inconsidérée sur les Malouines, l’occupant de la Maison-Blanche a trouvé d’autres misères à faire à la Grande-Bretagne et le thème est donc sorti de l’actualité, laissant Milei dans une position quelque peu inconfortable. Mais il y a pire encore : samedi dernier, les États-Unis ont exigé que les sanctions que le Congrès argentin pourrait voter ne touchent pas les entreprises américaines, lesquelles pourraient en effet être (très) intéressées par les gisements de pétrole que les Britanniques s’apprêtent à exploiter dans les eaux territoriales des Malouines et dont le Foreign Office a dû toucher deux mots à Trump pour le ramener dans le droit chemin de la Relation privilégiée et de l’Otan. Bien joué, les diplomates ! Ça marche, votre truc… Le gouvernement argentin vient donc de demander à la Chambre de geler l’examen du projet de loi, le temps d’y voir sans doute un peu plus clair, pendant que, toujours sur la lancée impérialiste propulsée par Trump au profit des Kushner, Wittcoff et autres businessmen désireux de s’enrichir au détriment du contribuable américain, les États-Unis viennent d’exiger de l’ONU qu’elle dissolve le Comité Spécial de lutte contre le colonialisme, organe international qui rassemble tous les États-membres qui ont traditionnellement toujours appuyé la revendication argentine sur les Malouines (soit la quasi-totalité des pays décolonisés d’Asie, d’Afrique et bien sûr d’Amérique latine).

Or, par esprit de discipline et par servilité insigne, depuis sa prestation de serment il y a près de trois ans, Milei fait toujours voter l’Argentine exactement comme les États-Unis à l’ONU.

La vie diplomatique serait-elle un sketch ?

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Clarín sur la position des États-Unis sur le Comité de lutte contre le colonialisme
lire l’article de Clarín sur l’embarras au Congrès argentin
lire l’article de La Nación

jeudi 11 juin 2026

Provocation de Milei et Cie : des militaires en armes dans un musée de l’ex-ESMA [Actu]


Hier, pour marquer le jour de l’Affirmation du Droit de l’Argentine sur les îles Malouines, sous autorité britannique depuis le coup de force de la Royal Navy en janvier 1833, le gouvernement argentin s’est autorisé une provocation contre les associations des droits de l’Homme qui, depuis des années, ont installé leurs centres culturels respectifs, tous consacrés à la mémoire des victimes de la dernière dictature militaire, sur l’ancien campus de l’École supérieure de mécanique de la Marine (ESMA en espagnol).

Sur ce terrain de l’ex-ESMA, où se trouve aussi un musée consacré aux Malouines, une poignée de soldats en tenue de combat et lourdement armé a garé deux véhicules militaires sur le parking avant de pénétrer dans le musée alors qu’aucun militaire armé n’est autorisé à fouler le sol de ce complexe culturel, placé d’ailleurs sous le parrainage de l’UNESCO, à l’exception de la garde d’honneur des Grenadiers à cheval, le seul régiment qui s’est tenu à l’écart des pratiques criminelles de la Junte puisque ce corps historique, fondé par le général San Martín pour garantir l’indépendance du pays et dissous en 1826, a été reconstitué en 1903 comme escorte présidentielle et symbole d’unité de la nation afin d’assurer la sécurité des personnalités et des établissements nationaux, dont ce musée fait partie.

Cette intrusion, peu discrète qui plus est, constitue une violation délibérée des règles établies par la démocratie et une provocation destinée à imposer par le fait accompli le négationnisme de ce gouvernement nostalgique de la Junte au détriment du travail de mémoire opéré par les associations et les historiens depuis le retour à la démocratie, le 10 décembre 1983. Le symbole est très lourd. Ni les soldats ni les véhicules militaires n’ont pas le droit d’entrer dans cette enceinte consacrée à la mémoire de toutes les victimes de la répression de la dictature puisque la Marine avait installé là un centre de détention, de torture et d’exécution extrajudiciaire qui a été actif de 1976 à 1983. La règle est d’autant plus ferme que la ex-ESMA se situe à proximité des deux régiments historiques du pays, la caserne du premier régiment d’infanterie dit des Patricios (1807), lequel a combattu les Britanniques aux Malouines, et le quartier des Grenadiers à cheval dit du Général José de San Martín (1812). Pour autant que j’arrive à voir l’écusson sur les portières des véhicules, ces soldats n’appartiennent à aucun de ces deux corps.

Tout cela est d’autant plus choquant que Javier Milei se contrefiche royalement de la souveraineté de son pays sur l’archipel qu’il s’est montré prêt à marchander avec la Grande-Bretagne jusqu’à la victoire de l’actuelle majorité travailliste qu’il hait et méprise de toutes ses forces et à laquelle il tourne le dos. En revanche, si jamais le Royaume-Uni devait passer sous la coupe de Reform UK et de Nigel Farage, la revendication constitutionnelle de l’Argentine sur les Malouines aurait du souci à se faire !

Contre cette mise en scène odieuse, Abuelas de Plaza de Mayo a publié un communiqué dans lequel l’association tient à honorer la mémoire de tous les disparus sous la dictature, celle des opposants mais aussi celle des pioupious du contingent tués pendant la guerre des Malouines en avril 1982.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12, le seul quotidien à rapporter l’incident
lire le communiqué de Abuelas

Ajout du 12 juin 2026 :

La justice se saisit de l’incident pour acte illégal de la part du ministère de la Défense.
A ce sujet, lire l’article de Página/12

jeudi 3 avril 2025

Un discours scandaleux au pied de la statue de San Martín [Actu]

Su mejor alumno, traduit littéralement en anglais ici,
signifie "Son disciple le plus fidèle"
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Hier, 2 avril, comme tous les ans, l’Argentine commémorait l’anniversaire de la guerre des Malouines (1982) et honorait les soldats qui y ont trouvé la mort et les anciens combattants. Traditionnellement, le chef de l’État choisit cette date pour rappeler dans son discours d’hommage les revendications nationales sur l’archipel, dont il faut rappeler qu’il a été pris par la force et par surprise par un raid de la Royal Navy en 1833, sans déclaration de guerre, à une époque où il était inconcevable de lancer sans cet acte juridique des hostilités contre un pays où l’agresseur disposait d’une représentation diplomatique.

"Le mieux serait que les insulaires votent
comme les autres Argentins", dit le gros titre
en blanc sur fond bleu
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En somme, l’Argentine n’a jamais cessé de définir ce qu’il s’est passé en 1833 comme nous voyons aujourd’hui ce qu’il s’est passé en Crimée en 2014 ! Certes, les événements de 1833 n’étaient pas une raison en 1982 pour déchaîner des opérations militaires surprises contre ces îles pastorales mais l’Argentine se trouvait alors sous la coupe d’un dictateur qui perdait du terrain et qui a cherché par cette guerre à redorer son blason en récupérant un archipel qui figure sur les cartes de géographie officielles, notamment dans toutes les écoles, comme partie intégrante du territoire national argentin.

Hier, Mileí, entouré de sa garde d’honneur, a donc prononcé un discours sur Plaza San Martín. Une immense place à laquelle pour la première fois depuis le retour à la démocratie il y a 39 ans le public n’avait pas accès. Ni le public général ni même les anciens combattants. Discours donné donc dans un lieu public, en petit comité et devant les caméras de télévision. On a vite compris la raison de cette disposition si inhabituelle : dans des propos scandaleux au regard de la Constitution et de l’opinion généralement admise dans le pays, Mileí a délibérément abandonné la revendication territoriale et appelé de ses vœux le moment où les habitants des Malouines, citoyens britanniques que le droit argentin considère comme des occupants, les kelpers, et que Mileí appelle les Malvinenses, désireraient devenir argentins puisque le pays serait devenu une grande puissance attirante, une transformation qui n’est pas prêt de se réaliser mais que Mileí utilise pour justifier son injustifiable politique de destruction de l’État argentin.

En haut à droite : "Virage politique de Mileí
sur les Malouines, avec un clin d'oeil aux insulaires"
dit le titre
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Página/12 en conclut qu’il est le plus fidèle disciple de Thatcher, ce qui est une insulte en Argentine, surtout le 2 avril, mais on peut ne pas être d’accord. Il semble que ce que Mileí imite là, ce sont d’abord et avant tout de manière beaucoup plus contemporaine les délires mégalomaniaques et l’ignorance crasse de l’histoire et du droit de son copain, Donald Trump, dont le président argentin est aller aujourd’hui quémander la bénédiction et des sous, à Mar-a-Lago. Des fois que Trump, en pesant de tout son poids sur le FMI, pourrait lui en faire verser.

"Mileí a lancé une polémique au sujet des insulaires
des Malouines"
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Le discours n’a pas seulement choqué à gauche. Il a aussi choqué à droite même si le cirque d’hier dans la roseraie de la Maison Blanche a offert un agréable dérivatif à Clarín et à La Nación qui ont donc ainsi pu éviter d’en faire leur gros titre à la Une.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :
lire l’article principal de Página/12
lire l’article de La Prensa
lire l’article principal de Clarín
lire l’article principal de La Nación

vendredi 5 avril 2024

Mileí revendique le vieux fond raciste colonial [Actu]

"Avec le visage de Roca", dit le gros titre
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Mardi, 2 avril, Javier Mileí présidait sa première cérémonie d’hommage aux combattants des Malouines qui se tient tous les ans au jour anniversaire du début de la guerre en 1982. Il a profité de l’occasion pour exprimer son admiration sans borne pour « la baronne Margaret Thatcher » (sur l’ordre de qui un navire baptisé General Belgrano a été coulé, faisant près de 400 morts argentins, sans parler de l’amitié de la dame pour Pinochet !). Pire encore sans doute, loin d’être le « meilleur Premier ministre britannique de l’histoire », elle en a sans douté été le pire puisqu’à sa mort, trente ans après son dernier jour au pouvoir, les Britanniques ont été très nombreux à manifester contre elle, y compris le long du cortège funéraire, alors que ce grand nombre d’années, avec le changement de génération, fait d’ordinaire taire les contentieux, au moins pendant le deuil et rassemble les gens autour du catafalque.

Non content de son effet, Mileí a ajouté une provocation de plus à la déjà très longue liste de ses insolences : il a nommé comme l’un de ses modèles historiques le général Julio Argentino Roca, celui qui, à la fin du dix-neuvième siècle, a conduit une expédition militaire d’une cruauté sans nom et reconnue aujourd’hui comme de nature génocidaire (encore que la notion n’existait pas encore), la dite Campaña del Desierto, un nom de propagande pour désigner ce qui était en fait la conquête de la Patagonie, alors habitée par les peuples mapuches comme on peut le constater sur les cartes de l’Argentine à la même époque (où la région est nommée comme « République indienne »). Il n’y a pas beaucoup personnages plus honni à gauche et même au centre que Roca, cette espèce de Custer du sud (à qui l’on prête cette formule odieuse : « un bon Indien est un Indien mort ».)

"Une cause nationale qui divise les politiques",
dit La Prensa, dont la plupart des éditorialistes
tiennent des propos très proches de ceux du président
sur les mêmes sujets
La photo représente le monument aux soldats
morts aux Malouines, en contre-bas de la
Plaza San Martin à Buenos Aires
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Une fois la cérémonie achevée, il a persisté dans ses propos par un acte symbolique : il a de nouveau débaptisé une salle d’honneur de la Casa Rosada, le Salón de los Pueblos Originarios, qui portera désormais le nom de Héroes de las Malvínas, le tout en prétextant que les peuples préhispaniques n’avaient aucune civilisation digne de ce nom. Une compréhension du monde dont San Martín et Belgrano eux-mêmes s’étaient déjà défaits au début du 19e siècle ! (1)

Plus de vingt ans d’efforts existants (à défaut d’être couronnés d’un plein succès) pour intégrer dans la nation et dans l’histoire ces peuples victimes de la colonisation, des maladies apportées par les conquérants européens puis de leur répression politique et culturelle que notre siècle reconnaît enfin comme criminelle, réduits à néant, volontairement, sciemment, cyniquement, par ce personnage débordant de haine et qui a voué sa vie au culte de l’argent et du profit…

L'étreinte hypocrite du président et de la vice-(présidente
devant le monument aux soldats morts aux Malouines
Ils ne se supportent pas et ne peuvent pas le cacher.
"Milei appelle à une réconciliation avec les Forces Armées",
dit le gros titre d'un journal dont la rédaction a autrefois
collaboré de bon coeur avec la Junte militaire
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Une nouvelle fois, l’Argentine, qui montrait la voie à tout son continent en matière de droits de l’homme, livrée à une régression dont elle aura du mal à se remettre.

Même idée pour cette autre une :
"Lors de l'hommage pour la guerre des Malouines,
Milei a appelé à une réconciliation avec les Forces Armées"
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Mileí a aussi appelé à une réconciliation nationales avec les forces armées, en confondant volontairement les bourreaux dûment condamnés avec l’ensemble des militaires du pays, ce qui au bout de quarante ans de démocratie est une confusion que les Argentins ne font plus, et alors que sa vice-présidente, catholique traditionaliste et elle-même fille d’un militaire qui a trempé dans la dictature, veut voir tous les condamnés amnistiés.

La plaque de la salle d'honneur dans la Casa Rosada

© Denise Anne Clavilier
www.barrio-de-tango.blogspot.com


Pour aller plus loin :



(1) Mileí n’a aucune considération pour les deux Pères de la Patrie qui pourtant réunissent tout le monde en Argentine. Sans doute parce qu’ils font l’unanimité et qu’il déteste cela dans son pays.

mardi 14 novembre 2023

Dimanche, Mileí s’est carbonisé [Actu]

"Il se fait tirer l'oreille" [par Macri], titre
Página/12 histoire de rigoler un peu
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Lula, président du Brésil en fonction, et Pepe Mujica, ex-président de gauche de l’Uruguay, viennent d’apporter leur soutien politique à Sergio Massa. S’il pouvait parler, il n’est pas sûr que l’actuel président uruguayen, issu de la droite libérale, dirait une seule parole en faveur de Javier Mileí (photo ci-dessus). Mais il ne peut pas s’exprimer actuellement : son gouvernement est empêtré depuis une dizaine de jours dans un épouvantable scandale de distribution de passeports à des narco-trafiquants.

"Un jeune Adolf Hitler, apprenti peintre, essuie un refus de l'Académie des Beaux-Arts
de Vienne, ce qu'il attribue à des professeurs juifs."
"Le jeune Mileí se voit refuser le renouvellement de son stage à la Banque Centrale."
Dessin de Miguel Rep dans Página/12 ce matin
Traduction © Denise Anne Clavilier
(Ce stage raté à la Banque Centrale a été évoqué par Massa lors du débat télévisé)

En Espagne, Pedro Sánchez, qui est sur le point d’être réélu président du gouvernement du pays, vient d’envoyer une vidéo pour soutenir Massa (lire l’article de La Prensa sur le sujet).

"Elle a fait tuer nos camarades", dit ce titre
de l'édition de La Plata de Página/12
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Une pétition vient d’être publiée appelant à voter pour Massa afin que les Argentins ne détruisent pas ce que leur pays a su construire pendant ces quarante ans de démocratie : le prestige du seul pays de la région qui ose affronter son passé et condamner en justice les bourreaux de la dictature et du Plan Condor, l’affermissement d’une vie constitutionnelle apaisée, l’animation d’un projet diplomatique de pacification et de prospérité pour le continent… Ce sont plusieurs centaines d’argentinistes de toutes nationalités qui font de la recherche dans des universités du monde entier qui viennent de signer cet appel qui reste ouvert à d’autres signataires.

"Il ne manquait plus que cela : le toux-gate";
dit le titre supérieur
En-dessous, la campagne électorale de Macri
dans le secteur du football !
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Les anciens combattants de la guerre des Malouines prennent eux aussi la parole pour condamner Mileí qui a osé, au cours du débat dimanche soir, chanter les louanges de Margaret Thatcher et comparer la guerre de 1982 à un simple match de football ! Tollé compréhensible.

Pendant ce temps, Mileí discute avec Macri et avec Macri seul, lequel semble lui avoir pris des mains les rênes de sa campagne au moment où, de son côté, il tente de reconquérir la présidence de Boca Juniors, le club de foot d’où, il y a plusieurs décennies, il avait lancé sa propre carrière politique. Une trajectoire qui n’a laissé que des souvenirs amers, y compris à ses propres électeurs. Un soutien dont Mileí devrait donc se méfier comme de la peste.

-Qui a gagné le débat ? demande Mileí devant
-Bon ! On pourrait dire que d'une certaine manière, le candidat
de la majorité avait plus de bouteille politique tandis que
celui de l'opposition s'est trouvé coincé d'une manière très intéressante
-Réponds-moi par oui ou par non. Est-ce que j'ai gagné ?
Dessin de Paz et texte de Rudy, Página/12 ce matin
Traduction © Denise Anne Clavilier

Mileí a tenté de se trouver des excuses pour son flop d’avant-hier : il prétend que dans la salle du débat, les partisans de Massa ont toussé pour le déconcentrer. Même à droite, les journalistes et les observateurs n’arrivent pas à prendre ces explications au sérieux. A la rédaction de Página/12, il doit y avoir quelques fous rires dans les couloirs et les bureaux.


© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 sur le rendez-vous entre Mileí et Macri
lire l’article de Página/12 sur les explications "tussives" de Mileí
lire l’article de Página/12 sur l’appel des universitaires du monde entier
lire l’article de Página/12 sur la réaction des anciens combattants de Malouines
lire l’article de La Prensa sur la déclaration de la sénatrice JxC sur le vote Massa
lire l’article de La Prensa sur le soutien de Lula à Massa
lire l’article de La Prensa sur le soutien de Mujica à Massa
lire l’article de Clarín sur l’appel de la sénatrice JxC
lire l’article de La Nación sur le malaise qui règne à droite

vendredi 9 décembre 2022

Une expo pour clore l’année consacrée aux Malvines [à l’affiche]

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Sí, yo estuve ahí (pour sûr, moi, j’étais là-bas), tel est le titre de l’exposition photographique qui se tient actuellement à la galerie Arte x Arte, Lavalleja 1062, dans le quartier de Villa Crespo.

Les photos de la guerre et de ces îles ont été prises en avril-mai 1982 par vingt-cinq conscrits qui avaient alors une vingtaine d’années. Le parcours prend environ une heure. Pour la plupart de ces appelés, ils foulaient un sol mythique. Tous les Argentins grandissent en effet face à cette carte de géographie, à côté du tableau, laquelle comprend toujours et obligatoirement les îles ultra-découpées de l’archipel fiché au large de la côte patagonienne.

Entrée libre et gratuite jusqu'au 22 décembre prochain.

L’exposition est ouverte du mardi au vendredi de 14h à 20h et le samedi de 14h à 19h.
Fermée les dimanches et jours fériés (c’est le cas ces jours-ci où l’Argentine fait le pont après l’Immaculée Conception !)

La silhouette si reconnaissable de l'archipel
photographiée par un soldat depuis un avion de transport des troupes

Ce conflit, qui ne s’est jamais réglé, s’est produit il y a quarante ans. A cette occasion, le président a placé cette année sous le sceau de l’archipel. Occupées par la Grande-Bretagne qui a le droit international pour elle malgré la faiblesse de ses arguments juridiques, les Malouines sont considérées comme faisant partie intégrante du territoire national argentin depuis 1810. L’Argentine les a héritées de l’empire colonial espagnol puisque l’archipel avait été donné par le roi de France à son cousin d’Espagne en 1767 et confié par celui-ci à la garde du gouverneur de Buenos Aires puis du vice-roi du Río de la Plata. En 1833, la Royal Navy s’en est emparée sans déclaration de guerre au détriment d’un pays dont le Parlement de Westminster avait reconnu l’indépendance en 1824. En 1863, la souveraineté de droit de l’Argentine sur ces îles a été inscrite dans la constitution du pays.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 qui l’annonce ce matin en une de son supplément culturel quotidien Cultura & Espectáculos
lire la présentation de la galerie d’exposition.

mardi 31 mai 2022

Un ténor vétéran des Malouines pour clore la série Cine y Soberanía à Caras y Caretas [à l’affiche]

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Ce soir, mardi 31 mai 2022, la salle Caras y Caretas donne la dernière soirée de son festival en souvenir de la guerre des Malouines, dont ce mois de mai marque les 40 ans. Un festival qui a projeté une quarantaine de films consacrés à cet événement traumatique de l’histoire récente du pays.

Et pour finir en beauté, la salle a invité un artiste qui est aussi un ancien combattant de cette guerre. Un homme qui a fait à peu près tous les métiers, dont celui de marin sous les drapeaux. Il a survécu à la submersion du croiseur ARA General Belgrano sur lequel il servait et que la Royal Navy a envoyé par le fonds pendant le conflit.

Aujourd’hui Darío Volonté est chanteur lyrique, un ténor barytonant à la voix puissante. Il a fait une très belle carrière en Argentine et à l’étranger.

Hier, Página/12, qui appartient au groupe Octubre, tout comme la salle de spectacle, lui a consacré la une de son supplément culturel quotidien (ci-dessus) et une longue interview (bien entendu, le quotidien est le seul à en parler).

Dans ses colonnes en ligne, le journal a glissé une admirable vidéo où Volonté répète Aurora, l’hymne au drapeau que tous les enfants des écoles (et les adultes aussi) entonnent autour du 20 juin, jour où les Argentins honorent leur drapeau, en souvenir de ce petit matin de 1820 où le créateur de celui-ci, le général Manuel Belgrano (1770-1820), a rendu le dernier soupir. Aurora est une aria extraite d’un opéra joué au Teatro Colón au gala d’inauguration en 1910. Le morceau a été remanié plus tard pour en faire un hymne.

Darío Volonté en refait un air d’opéra. Écoutez-le, il vous donnera la chair de poule. Surtout maintenant que vous savez ce que cet homme a enduré pour l’honneur de son drapeau ! Il a bien mérité de le chanter alors que l’on va entrer demain dans le mois belgranien par excellence.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

mardi 26 avril 2022

En mai, un festival de cinéma consacré à la Guerre des Malouines [à l’affiche]

"Cinéma et souveraineté - Malouines
40 ans - 40 films"
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Au mois de mai, la Province de Tierra del Fuego, de l’Antarctique et des îles de l’Atlantique sud (dont la compétence territoriale juridique s’étend à l’archipel des Malouines) et la Fundación Octubre (liée à Página/12, lui-même membre du groupe médiatique Octubre) proposent un festival cinématographique consacré à la guerre des Malouines (avril-mai 1982) avec 40 films pour les 40 années qui nous séparent de ce conflit terrible avec la Grande-Bretagne.

La présentation se fait aujourd’hui, à la Casa de Tierra del Fuego, à Buenos Aires, ville où se tiendra la manifestation.

Tous les mardis du mois de mai, un film sera projeté au centre culturel Caras y Caretas, qui appartient au Grupo Octubre, avec entrée libre et gratuite.

Une du supplément culturel quotidien de Página/12
dimanche dernier
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Tout au long du mois, la plateforme Octubre TV diffusera les œuvres du 1er juin au 30 octobre prochain.

Rappelons que l’archipel des Malouines a été cédé par la France à l’Espagne en 1768 (ça ne nous rajeunit pas), que le roi Carlos III d’Espagne a placé ces territoires sous l’autorité du gouverneur de la Province de Buenos Aires puis celle du vice-roi du Río de la Plata à partir de 1776, lorsque ce même roi a créé ce dernier vice-royaume en Amérique du Sud, que les îles sont devenues argentines en 1816 lorsque le pays a déclaré son indépendance et qu’elles ont été saisies en janvier 1833, par un imprévisible coup de main de la Royal Navy, alors maîtresse des mers sur toute la planète mais qui en l’occurrence a agi contre tous les usages reconnus et pratiqués dans la diplomatie à cette époque. En 1853, la première constitution à entrer en vigueur en Argentine a précisé que l’archipel faisait partie intégrante du territoire national. Aux termes de leur texte juridique fondamental, les Argentins considèrent donc que la Grande-Bretagne est aux Malouines une puissance occupante illégale.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

vendredi 22 avril 2022

Juan Carlos Baglietto ce soir et demain au Teatro Opera [à l’affiche]

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Il y a quarante ans, à la fin de la Dictature militaire et au milieu de la guerre des Malouines, l’auteur-compositeur interprète Juan Carlos Baglietto sortait son premier album soliste, intitulé Tiempos difíciles.

Un disque qui a aussitôt rencontré le succès puisque le public, soumis à la censure, à la peur et au deuil, avait compris le message tant sur le plan politique qu’artistique.

Juan Carlos Baglietto sera ce soir, vendredi 22 avril 2022, à 20 h 30, entouré de quelques amis musiciens pour un récital qui marquera ces quatre décennies de carrière et de musique. Ce sera au Teatro Opera, Corrientes 860, dans la section dédié au spectacle de cette grande artère de Buenos Aires. Les artistes reprendront ce même récital demain, samedi, à 21 h.

Le prix des places, toutes vendues, était fixé à partir de 2 465 $ argentins (le théâtre est la propriété d’une société d’assurance) et montait jusqu’à 4 590 (tout cela est très cher pour beaucoup de gens. Comme quoi, le titre reste terriblement d'actualité).

"C'était en avril"
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Le musicien de Rosario a accordé une interview à Página/12 qui en fait la vedette de ses pages culturelles du jour (ci-dessus).

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

lundi 28 mars 2022

Début de la Semaine du souvenir des Malouines [Actu]

"Le long chemin des soldats argentins
qui peuvent enfin reposer en paix", dit le gros titre
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Samedi prochain, ce sera le quarantième anniversaire du début de la Guerre des Malouines, un désastre militaire pour l’Argentine, avec de nombreux morts parmi les appelés envoyés par la dictature militaire sur ce front insulaire, mais aussi un moment historique clé dans la politique argentine visant à récupérer cet archipel saisi par la Royal Navy en janvier 1833 sans déclaration de guerre préalable alors que le Royaume-Uni et l’Argentine entretenaient déjà des relations diplomatiques depuis neuf ans.

Le souvenir de l’événement est le thème national de l’année dans toute l’Argentine, sous le slogan Las Malvinas son Argentinas.

Depuis quelques jours, la plupart des journaux publient des articles spéciaux, parfois consacrent des dossiers entiers à cette guerre, aux soldats morts au combat et enterrés aux Malouines, souvent encore sans avoir pu être identifiés, aux anciens combattants et à leurs terribles souvenirs, à la situation actuelle de l’archipel avec la toponymie originale en espagnol (alors que les Britanniques ont tout rebaptisé dès les premières années de l’occupation).

Hier dimanche, La Nación a consacré à ce souvenir l’intégralité de son supplément culturel hebdomadaire, El Berlinés. Un dossier très émouvant et très éclairant sur ce que représentent l’archipel et la guerre de 1982.

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :

vendredi 14 janvier 2022

50,9 % : le taux définitif d’inflation en 2021 [Actu]

Synthèse générale
Notez le nouveau thème de l'année (2022) :
"Les Malouines sont argentines", pour les 40 ans
de la Guerre des Malouines (avril-mai 1982)
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Le nouveau rapport de l’INDEC sur l’inflation mensuelle ne présente guère de surprise : on s’attendait, depuis plusieurs mois, à ce que l’inflation annuelle dépasse les 50 %. Elle n’en reste pas moins inférieure à celle laissée par Mauricio Macri en 2019, quoi qu’en dise le gros titre de Clarín. Et Macri n’avait pas eu à faire face à la crise sanitaire en prime !

Variations temporelles
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Comme on pouvait s’y attendre au début de la saison touristique estivale, c’est l’hôtellerie-restauration qui produit l’inflation mensuelle la plus importante avec un taux de 5,9 % en décembre, suivie par la rubrique des tabacs et boissons alcoolisées à 5,4.

"Inflation hors de contrôle" annonce le titre
en haut à droite
Tout en haut : le sort réservé au prince Andrew à Londres
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Alors que s’amorçaient les vacances scolaires, ce sont les secteurs de l’éducation (1%) et de la santé (le prix des médicaments a été gelé) qui ont affiché les meilleurs chiffres. Pour les produits alimentaires, avec 4,3 %, l’inflation reste supérieure à la moyenne générale du mois (3,8).

Variations géographiques
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Le rapport permet aussi de constater que malgré sa courbe irrégulière dans les mesures mensuelles tout au long de l’année, l’inflation calculée sur l’année s’est progressivement assagie pendant le dernier trimestre (certes à un niveau très élevé), au moment même où un phénomène similaire frappait très fort le reste du monde.

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Le quotidien de gauche a préféré faire sa une
sur les nouvelles révélations concernant le montage d'affaires judiciaires
contre les syndicats
Tous les jours, il titre sur de nouveaux éléments,
issus de la commission d'enquête parlementaire, de l'instruction judiciaire
ou de ses propres investigations journalistiques.
L'info économique est donc traitée en haut à gauche
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Autre leçon de ce dernier rapport 2021, ce n’est pas Buenos Aires et sa banlieue qui mènent la danse mais la région très touristique du nord-ouest (Tucumán, Salta, Jujuy, pour citer les trois destinations andines les plus courues dans les conditions ordinaires, desquelles Omicron nous prive actuellement). En revanche, la capitale fédérale et sa région présentent une augmentation phénoménale dans les transports publics (14%). Pas donné, le métro, à Buenos Aires !

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :