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mercredi 13 mai 2026

La Feria del Libro a connu un vrai succès d’affluence [Disques & Livres]

Contre vents et marées, dit le gros titre
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Un succès que l’on n’attendait pas à ce niveau, eu égard à la morosité de la situation économique du pays et en particulier de celle de la classe moyenne dont le pouvoir d’achat fond comme neige au soleil depuis deux ans et demi alors que le prix des livres grimpe à une vitesse vertigineuse.

1 340 000 visiteurs ont arpenté les allées du centre des expositions de la Rural, à Palermo, pendant les dix-neuf jours qu’a duré la manifestation. C’est un record absolu dans les cinquante ans d’existence du salon. Rappelons que l’événement a perdu ses subventions publiques depuis l’arrivée au pouvoir de Javier Milei. Cette affluence a donc dû aider à renflouer les caisses !

Côté chiffre d’affaires des exposants, les résultats sont inégaux : comme cela se produit souvent en France depuis le covid sur ce genre de manifestation, les grandes maisons d’édition, celles qui sont identifiées comme telles par le grand public et qui raflent souvent les signatures les plus « vendeuses » du marché, ont fait de bonnes, voire de très bonnes affaires. Les maisons de taille moyenne et les petites, indépendantes et artisanales, beaucoup moins, le public hésitant sans doute à prendre des risques avec des ouvrages qui sortent des sentiers battus...

Hier et aujourd’hui, la presse écrite fait le bilan. L’article de Página/12 fait la Une du complément culturel de ce jour, Cultura & Espectáculos, mais sur le site Internet du journal, il est réservé aux abonnés.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

jeudi 30 avril 2026

Disparition d’une maison d’édition emblématique : Ediciones de La Flor [Disques & Livres]

Mafalda sur une photo de la Feria del Libro


Ediciones de la Flor est l’une des rares maisons argentines qui ont pu dépasser les frontières du pays pour arriver dans les librairies de tout le monde hispanophone grâce à plusieurs énormes succès du livre d’humour. Ce sont les Editions de la Flor qui ont publié tous les albums de Mafalda, de Quino. Dans leur catalogue, on trouvait aussi l’humoriste Roberto Fontanarrosa, natif de Rosario, l’auteur Rodolfo Walsh (une figure de l’opposition à la dictature argentine) et Nik, le seul vivant de cette liste, un dessinateur qui a inventé le personnage de Gaturro, qui est à la culture hispanophone ce que le Chat de Philippe Geluck est à la culture francophone.

Le stand de La Flor avant le départ des héritiers de Quino (2025)

Les Ediciones de la Flor ont été fondées en 1966 à Buenos Aires par un couple, Daniel Divinsky (aujourd’hui décédé) et Kuki Miller, qui ont dû se résoudre à l’exil temporaire pour éviter de terminer leurs jours dans un centre de torture clandestin pendant la dictature. Le couple a divorcé en 2009 mais tous les deux sont restés dans la maison que Daniel a finalement quittée en 2015, laissant son ex-femme seule aux commandes.

Le stand cette année

Au cours des dernières années, Nik et les ayant-droits des autres auteurs-phares de la maison ont fait le choix d’un autre éditeur. Ils se sont répartis entre Planeta, le géant espagnol, et Penguin (Sudamericana), le concurrent anglo-saxon. Ils ont laissé tomber la maison qui avait accompagné leurs débuts puis leurs succès ou ceux de leurs père, oncle, grand-père ou grand-oncle. Des choix pour le moins indélicats et très égoïstes car leurs succès permettaient à d’autres auteurs, moins connus, d’être édités.

Quino sur le stand de son éditeur à la Feria del Libro
pour les 50 ans de Mafalda

Kuki Miller n’a pas trouvé de repreneur pour sa société. Sa fille, qui s’est investie dans un tout autre secteur, ne veut pas reprendre le flambeau. Et tous ces départs fragilisent économiquement la maison. Kuki Miller, 82 ans maintenant, a donc choisi d’annoncer sur son stand de la Feria del Libro qu’elle allait mettre fin aux activités de La Flor, qui ne publie déjà plus de nouveaux ouvrages et ne met plus rien sous presse. La Flor ne sera pas vendue. Elle fermera seulement ses portes et cessera d’exister d’ici à la fin de l’année 2026.


Une copie d'écran de La Flor avant le départ de tous ces auteurs
Gaturro est à gauche (le personnage jaune)

C’est une grande émotion pour tout le monde du livre hispanophone dont la presse en espagnol témoigne assez éloquemment ces jours-ci.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

en Argentine :
lire l’article de BaeNegocios (journal économique)
lire l’article de El Diario AR
en Uruguay :
lire l’article de LR21 (ex-La República)
En Espagne :

Miguel Rep profite du 1er mai pour présenter son nouveau livre à la Feria del Libro [Disques & Livres]

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Le dessinateur de presse qui sévit tous les jours sur les pages de Página/12, pour le plus grand bonheur de ses lecteurs, Miguel Rep, qui est aussi artiste peintre, présentera demain vendredi 1er mai 2026, à 16h30, dans la Sala Victoria Ocampo, de la Feria del Libro, à Palermo, le livre qu’il vient de consacrer à un grand auteur-compositeur interprète du rock nacional argentin, Charly García, Charly Absoluto.

Ne bombardez pas Buenos Aires
Bombardez-moi
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L’ouvrage est publié chez Sudamericana, une filiale de Penguin, le géant de l’édition anglosaxone.

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Pour l’occasion, Miguel Rep sera rejoint par un autre grand du rock argentin, Fito Páez, qui considère Charly comme son mentor.

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Charly lui-même ne pourra pas être de la partie. Il est actuellement hospitalisé après une opération assez lourde et sa santé est assez précaire depuis plusieurs années. Il sera dans les pensées de tous les participants à cette présentation.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 aujourd'hui
lire l’article de Rolling Stone, l’édition hispanophone, du 27 avril 2026
lire la présentation du livre sur le site de l’éditeur, Penguin Libros.

Ajout du 2 mai 2026 :

lire le compte-rendu de la manifestation dans Página/12, qui en fait la Une de son supplément culturel quotidien

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Un ancien juge présente son livre sur le terrorisme d’État à la Feria del Libro [Disques & Livres]

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Ce soir, jeudi 30 avril 2026, à 19h, à la Feria del Libro, sur le stand du groupe médiatique Octubre (presse papier, radio, télévision, édition, centre culturel), Adrián Grünberg, ancien juge fédéral, présentera le livre qu’il a écrit à partir de son expérience de magistrat ayant eu à connaître d’un certain nombre de dossiers de crimes contre l’humanité commis par les sbires de la dictature militaire des années 1976-1983.

Ce livre, Manual sobre terrorismo de Estado en Argentina, est sorti aux Éditions Octubre (30 000 pesos argentins, sur le site de l’éditeur).

Adrián Gründberg a eu à juger les agissements des services secrets argentins (la SIDE) pendant la dictature. C’est lui qui a condamné les responsables du Plan Condor, ce système international qui a permis aux dictatures sud-américaines de se débarrasser de leurs opposants en les jetant, la plupart du temps vivants, dans la mer depuis des avions. C’est aussi lui qui a eu à juger les meurtriers Jorge Acosta et Alberto González qui ont sévi à la ESMA, cette école supérieure de mécanique de la Marine maintenant démilitarisée et transformée en un complexe de centres culturels dédiés aux droits de l’Homme, que l’actuel gouvernement s’efforce de vider de leurs contenus.

L’auteur sera rejoint par un panel intéressant : Victoria Montenegro, femme politique et enfant volée puis retrouvée grâce au travail de Abuelas de Plaza de Mayo, Pablo Vassel, ex-secrétaire d’État aux droits de l’Homme de la Province de Corrientes, et la journaliste Luciana Bertoia.

Le cinquantenaire du coup d’État de Videla et consorts étant l’un des thèmes centraux du salon cette année, d’autres débats et tables-rondes se tiennent sur d’autres stands, comme celui dont parle Clarín aujourd’hui.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’entrefilet de Página/12 (Grupo Octubre) sur la présentation de ce soir
lire la présentation de l’ouvrage sur le site de l’éditeur
lire l’article de Clarín sur l’autre table-ronde.

jeudi 23 avril 2026

La Feria del Libro fête ses cinquante ans [à l’affiche]

Une du supplément culturel de Página/12 aujourd'hui
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La Feria del Libro, traditionnel rendez-vous entre lecteurs, éditeurs et auteurs, ouvre ses portes aujourd’hui, à la Rural, le grand parc des expositions situé dans le quartier de Palermo, et fête ses cinquante ans d’existence.

De nombreux auteurs sont invités de très nombreux pays. La France, la Belgique, l’Allemagne et l’Ukraine seront entre autres représentées dans cette édition dont le pays invité d’honneur est le Pérou.

Un thème central cette année : le cinquantenaire du coup d’État de Videla et la mémoire blessée de toute cette société.

La manifestation se tient jusqu’au 11 mai prochain. Un long salon du livre comme on le voit, à faire pâlir d’envie son plus modeste équivalent parisien.

Les entrées sont de 8 000 pesos du lundi au jeudi et de 12 000 pesos du vendredi au dimanche.

Le passe pour trois jours coûte quant à lui 18 000 pesos.

Les visiteurs se voient offrir avec leur entrée payante des bons de réduction pour acheter des livres sur place ainsi qu’un chèque-cadeau de 12 000 pesos pour acheter des livres au cours de l’année, après la fermeture du salon, dans des librairies participantes.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :


Ajouts du 24 avril 2026 :
lire ce compte-rendu de Página/12 sur l’inauguration de la Feria, qui a pris cette année la forme d’une table-ronde entre trois participantes, une nouvelle formule qui remplace le traditionnel discours d’un unique invité d’honneur. Quand il est, comme tous les ans, monté au pupitre, le sous-ministre de la Culture a été passablement chahuté : cris, vociférations, sifflets… Belle prestation en revanche et très applaudie de l’auteur-compositeur interprète de rock Fito Páez en préambule
lire le compte-rendu de Clarín
lire le compte-rendu de La Nación

Ajouts du 2 mai 2026 :
Hier, les Argentins ont profité du vendredi férié pour se ruer à la Feria del Libro.
En témoignent cet article de Clarín
et cet article de La Nación, qui met l’image de la foule à sa Une

vendredi 25 avril 2025

Ouverture chahutée pour la Feria del Libro [Disques & Livres]

Ce matin, l'info a droit à la première place en Une,
tout en haut, à côté du titre
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Comme l’année dernière, le discours du secrétaire d’État en charge de la culture a été couvert par des huées lors de l’inauguration de la Feria del Libro hier à Buenos Aires.

Cette année, un gros nourri d’écrivains arboraient des pancartes présentant une citation de l’historien anarchiste Osvaldo Bayer illustrée par une photo de son visage tel qu’il apparaissait dans le monument de Río Gallegos, dans la Province de Santa Cruz, qui a été détruit à la pelleteuse il y a quelques semaines, sur ordre des pouvoirs publics fédéraux, sans préavis.

Même politique à La Nación : tout en haut, à côté du titre
Le Salon du Livre avec des huées en fond sonore sur le secrétaire
d'Etat à la Culture
En revanche, la photo n'est pas explicite, contrairement à Clarín
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Plus ça va aller, pire ce sera dans ce genre de manifestation culturelle.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12
lire l’article de Clarín sur le discours hué
lire l’article de Clarín sur la manifestation des écrivains en mémoire de Bayer
lire l’article de La Nación

jeudi 24 avril 2025

La Feria del Libro ouvre ses portes à Buenos Aires [Disques & Livres]


La Feria Internacional del Libro de Buenos Aires est le plus grand salon du livre de l’Amérique du sud. Maxi-manifestation de trois grosses semaines précédées de deux journées réservées aux professionnels. Elle se tient à Palermo, sur le domaine de la Sociedad Rural, près de Plaza Italia.

Aujourd’hui, c’est l’ouverture au grand public.

Une de ce jour du supplément culturel de Página/12


L’entrée est payante et sous certaines conditions elle peut être accompagnée d’un chèque-livre de 8 000 pesos à dépenser sur place.

Cette année, la ville invitée d’honneur est Ryad ! Un hommage particulier sera rendu au prix Nobel de littérature péruvien récemment disparu, Mario Vargas Llosa. Et il est très probable qu’un autre hommage sera rendu sous une forme ou une autre au pape François.

L’événement est salué par la presse ce matin. Clarín a réservé son article en ligne à ses abonnés.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12 qui en fait la Une de son supplément culturel quotidien
lire l’article de La Nación
visiter le site de la Fondación El Libro, organisatrice du salon

mardi 14 mai 2024

Ventes en berne à la Feria del Libro [Actu]


D’après la presse, la Feria del Libro a souffert cette année d’une chute sensible de l’affluence (l’entrée était payante la plupart du temps) et d’une chute non moins spectaculaire des ventes. Les différents exposants reconnaissent une baisse de 15 à 40 % de leurs ventes pendant le salon et l’imputent sans une seconde d’hésitation à l’appauvrissement général des classes moyennes, qui forment le gros de la clientèle des librairies et de la manifestation.

Hier, pour la dernière journée d’ouverture des portes, certains stands proposaient jusqu’à 25 % de réduction sur les livres restants.

Un certain nombre d’observateurs attribuent d’ailleurs à cet écroulement du pouvoir d’achat le ralentissement de l’inflation qui depuis trois mois est revenue aux alentours des 10 % mensuels. Devant les signes de faiblesse de la demande, les commerçants baissent leurs prix pour écouler la marchandise et faire rentrer de l’argent dans la caisse. Le gouvernement se vante d’être sur le point de vaincre l’inflation mais ces rodomontades ne convainquent pas ni les analystes ni les journalistes. En revanche, il est possible qu’une partie de l’opinion publique y soit sensible puisque les sondages montrent encore une popularité certaine pour le président Mileí, ce qui laissent bouche bée les éditorialistes et les politologues, même de droite, eu égard aux dégâts sociaux que l’espace public laisse apparents, dans les commerces, dans la rue, dans les files d’attente des services sociaux survivants, dans le succès des manifestations, etc.

Dans la journée, l’INDEC doit publier ses données pour le mois d’avril. Avec le décalage horaire, je regarderai cela demain matin.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

jeudi 2 mai 2024

Le président a ses vapeurs : l’auteur est susceptible [Disques & Livres]

La nouvelle est à la une :
en dessous de la photo principale
"Ils voulaient me saboter, le président
renonce à la Feria del Libro"
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On aborde le mois de mai à peu près comme on avait quitté avril : sur les prétentions du président Mileí relative à la promotion de son bouquin qui sort actuellement chez Planeta Argentina au prix exhorbitant de 26 900 $ ARG. Il en faut, des sous, pour acheter cet essai de 376 pages qui s’efforce de démolir toutes les réalisations de toutes les politiques sociales depuis qu’elles ont montré leur utilité au milieu du 19e siècle.

Clarín aussi a choisi de privilégier les émeutes
universitaires aux Etats-Unis en une
La nouvelle est traitée au milieu à droite
"Mileí renonce à la Feria del Libro après
les controverses avec les organisateurs", dit le titre
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Comme la Feria del Libro a refusé de prendre en charge la présentation de cet ouvrage au dernier jour de sa présente édition, le 12 mai, le président Javier Mileí se retire comme le renard de la fable devant les raisins inaccessibles (« ces raisins sont bons pour les goujats », La Fontaine). Il prétend en effet qu’il y a au salon du livre beaucoup trop d’hostilité « contre ma personne » (pauvre chat !). Il ajoute que les complots « kirchneristes » s’y préparent à « saboter » sa présentation, voire pire si affinités.

Couverture du livre de Mileí
J'ignore où les marketeurs de Planeta
sont allés chercher cette photo en bas
(Cela ne ressemble pas du tout à l'Argentine)
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Il fera donc sa promo au Luna Park, un espace de sport et de spectacle qui est à Buenos Aires ce que le Palais des Sports de la Porte de Versailles ou le palais omnisport de Bercy (que je continuerai à appeler ainsi) sont à Paris. Ce sera le 22 mai prochain. On verra bien qui viendra.

Et si le bouquin vous intéresse, vous pouvez toujours vous renseigner grâce à la notice publiée par l’éditeur.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12, qui se paye la tête du mandataire-auteur
lire l’article de La Prensa
lire l’article de Clarín
lire l’article de La Nación


Ajouts du 3 mai 2024 :

Le « complot kirchneriste » est dévoilé : la Feria del Libro a refusé au président ou à ses partisans l’octroi de cinq mille entrées gratuites pour aller écouter la parole du chef le 12 mai. « Et voilà pourquoi votre fille est muette ! » comme dirait l’autre.
Pour en savoir plus :
lire cet article de Página/12
Quant à cet autre article du même journal, il montre que les exemplaires mis en vente en Espagne, où Planeta a sa holding mondiale, contiennent une notice biographique mensongère qui donne à l’auteur des titres et un parcours nettement améliorés !

Ajout du 6 mai 2024 :

lire l’article de La Nación reprenant l’interview de Mileí à la BBC où le président argentin avoue, en des termes à peine dissimulés, son goût pour la notoriété médiatique que lui valent ses coups d’éclat et il feint de croire qu’il ne doit cette notoriété qu’à la justesse et à la pertinence de sa politique alors que c’est tout l’inverse. Ou il est idiot ou c’est un champion du cynisme. Je penche pour la seconde solution.

Ajout du 11 mai 2024 :

Planeta a décidé de retirer du marché espagnol les exemplaires du livre de Mileí où sa biographie était fausse. La maison d’édition prétend qu’il s’agit d’erreurs. De très nombreuses personnes pensent qu’elle s’est contentée de rapporter ce que Mileí souhaitait que l’on dise de lui, qu’il s’agit donc d’un mensonge. Reste à savoir si Planeta s’est laissé faire sans vérifier.
Comme Mileí est coutumier du fait et que de sucroît, il traîne derrière lui plusieurs accusations de plagiat, on est tenté de penser qu’il ne s’agit pas d’une erreur.
Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12

vendredi 26 avril 2024

La manif s’empare de la Feria del Libro [Actu]

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Comme on s’y attendait, l’inauguration de la Feria del Libro hier, à Palermo, a dû faire siffler les oreilles de Mileí.

Quoique, puisque le président semble paradoxalement se réjouir des critiques qui lui sont adressées. Plus elles sont acerbes, plus il se rengorge sur les réseaux sociaux ! Peut-être par fanatisme libertaire ou peut-être, et c’est plus vraisemblable, parce qu’elles font parler de lui partout dans le monde, une publicité que ses maigres talents ne lui ont jamais permis d’obtenir. Au moins, depuis qu’il est président de l’Argentine, le grand public le connaît partout dans le monde et ses pitreries hantent les media en Argentine comme à l’étranger. Or ce n’est pas le cas de ses prédécesseurs : ni Néstor Kirchner, ni Cristina Kirchner, ni Mauricio Macri, ni Alberto Fernández n’ont jamais joui de la moindre notoriété hors du sous-continent (sauf, et encore à peine, en Espagne) alors que juste de l’autre côté de la frontière, Lula, Dilma Roussef et Bolsonaro, sur ce plan, n’ont vraiment pas à se plaindre !

Avec sa vulgarité, son look moche, son inculture abyssale et son déchaînement idéologique, il a réussi là où, avec des politiques qui restaient dans les clous de la décence démocratique, les autres ont échoué.

Une du supplément culturel quotidien de Página/12
présentant un moment du discours inaugural de Liliana Heker
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Toujours est-il qu’hier le président de la Fundación El Libro, organisatrice du salon du livre, et l’écrivaine Liliana Heker, invitée à délivrer l’allocution inaugurale, n’ont pas ménagé leurs critiques contre la politique anti-culturelle et anti-sociale de l’actuel gouvernement qui menace de faire disparaître entre autres et à court terme tout le secteur du livre, faute de ressources chez les lecteurs désireux d’enrichir leurs bibliothèques. Or ce secteur est une des grandes réussites de l’Argentine en Amérique du Sud, une sorte d’exception culturelle sur le continent. Quant à la Fondation du Livre, ce n’est pas à proprement parler un bastion de la gauche péroniste ! C’est donc l’écrasante majorité du monde de la culture qui se défend contre cette politique imbécile qui mise pour longtemps sur l’ignorance et la perte de tout repère historique et éthique.

Clarín a préféré mettre une photo tirée de la caméra
de sécurité d'une pizzeria qui a subi une attaque armée
hier soir dans Boedo, un quartier tranquille du centre-ville
de Buenos Aires.
La Feria del Libro est traitée en bas à droite
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Dans un discours de bienvenue mémorable, reproduit en intégralité ce matin par La Nación dans son édition du jour (un journal qu’on aurait du mal à définir comme de gauche !), le président de la Fondation a prononcé quatre non retentissants et un oui non moins sonore :

  • Non à la suppression du Fonds National des Arts
  • Non à la suppression de l’Institut National de Théâtre
  • Non aux coupes claires dans le budget de l’Institut National du Cinéma [qui est en train de mourir, NdE]
  • Non à la non-application de la loi de Défense de l’activité de libraire [qui permet entre autres aux librairies de ne pas verser au fisc le montant de la TVA des livres, loi votée il y a plusieurs années mais jamais mise en application, NdE]
  • Oui à l’Université publique, gratuite et pour tous.


L’organisateur a également dénoncé le cynisme et l’absence de toute vergogne du président qui a interdit au ministère de la Culture (redevenu simple secrétariat d’État au sein du ministère du Capital Humain) d’avoir un stand sur le salon sous prétexte que c’était là une dépense inutile pour l’État qui doit faire des économies, alors que le ministère a toujours été présent sur le salon depuis sa première édition, il y a cinquante ans. Et malgré cela, le président a le culot de s’inviter le 12 mai au centre de ce parc d’exposition à l’occasion de la sortie d’un bouquin qu’il a signé pour bénéficier du flux de public que draine la Feria. La Fondation lui a répondu qu’elle ne prendrait en charge ni l’organisation de cette sinistre pitrerie ni les frais liés à sa venue, en particulier le coût de la sécurité. Or vous imaginez sans peine ce qu’il va falloir déployer pour permettre au président de se présenter dans cette manifestation et d’y pérorer pendant une heure alors que tous les exposants lui sont profondément hostiles et que le public ne le porte pas vraiment dans son cœur. No hay plata, lui a répondu le président de El Libro lorsqu'on lui a présenté les desiderata de cet auteur aussi spécial que capricieux. Non sans ironie, il n’a fait que lui retourner la phrase que le gouvernement répète à tout bout de champ et à tout le monde pour refuser de maintenir les budgets du secteur non marchand : « Il n’y a pas d’argent ».

Titre neutre mais belle photo à la une de La Prensa
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Le président devra donc prendre tous les frais sur son budget ou s’abstenir de venir faire sa promo. Ce qui va encore coûter bonbon aux contribuables argentins comme tout le reste dans ce mandat où les élus se votent des augmentations gratinées pour leurs indemnités de mandat, poussant le primat d’Argentine à leur intimer, en chaire et en vain, l’ordre de ne pas le faire, et où les ministères embauchent à tire-larigot copains et parents avec des salaires mirobolants tout en accusant leurs prédécesseurs de gabegie et de concussion en tout genre.

Ce qui n’a pas empêché hier, sur LCI, ici, en France, le journaliste François Lenglet de prendre pour argent content un discours récent et hautement fantaisiste de Mileí, où il s’est vanté à la télévision d’avoir déjà passé le budget de l’État en excédent après des décennies d’un déficit insurmontable. Pur mensonge, comme d’habitude avec lui. Vaguement formé à l’économie dans sa jeunesse dans une université privée d’assez piètre réputation, le président se laisse volontiers donner du Docteur alors qu’il n’a été étudiant que trop peu d’années pour prétendre à pareille qualification(1). Vendredi dernier, comme d’habitude, il a arrangé les faits et les chiffres à sa sauce pour leur faire dire ce qui l’arrangeait, quatre jours avant une manifestation qui s’annonçait gigantesque et qui l’a été, celle de mardi dernier en faveur de l’enseignement supérieur public.

Un montage photo pour se payer la tête
du gouvernement qui ne parvient pas à faire passer
ses lois au Congrès
La Feria del Libro est en bonne place : en haut à gauche
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Quant au chef du Gouvernement de la Ville Autonome de Buenos Aires, un cousin germain de Mauricio Macri, tout aussi de droite que lui, il a annoncé un programme d’aide et de soutien aux bibliothèques populaires dans sa ville ! Cela s’arrose...

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article principal de Página/12
lire l’article de La Prensa
lire l’article principal de Clarín
lire l’article de La Nación reprenant le discours de bienvenue du président de El Libro
lire l’article de La Nación reprenant le discours inaugural de Liliana Heker




(1) Notons que ses prédécesseurs ont de vrais diplômes universitaires à faire valoir : Néstor et Cristina Kirchner comme Alberto Fernández sont tous les trois docteurs en droit et Alberto Fernández était de surcroît, au moment où il a été élu, professeur de droit à la UBA, la plus prestigieuse université du pays. Quant à Mauricio Macri, c’est un authentique ingénieur formé en Argentine puis aux États-Unis. Certes, le diplôme ne fait pas le bon politique mais cela dit au moins quelque chose de l’effort que l’homme ou la femme en question a consenti pour se former.

jeudi 25 avril 2024

Buenos Aires inaugure aujourd’hui sa Feria del Libro [à l’affiche]

Affiche publiée dans la presse cette semaine
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Dans le quartier de Palermo, au domaine de La Rural (la société agricole des grands propriétaires terriens), près de Plaza Italia, s’ouvre aujourd’hui le Salon international du livre de Buenos Aires, pour sa 48e édition. Une édition marquée par la politique anti-sociale, anti-culturelle et anti-étatique du président Mileí, qui s’invite à la manifestation comme auteur, dans les derniers jours, pour présenter un ouvrage où il expose ses thèses libertaires aussi décousues et délirantes que celles qu’il expose dans ses discours bruyants et brutaux. C’est peu de dire qu’il n’y est pas le bienvenu et qu’il risque de rencontrer une hostilité manifeste des exposants et des auteurs présents sur place.

Une de Clarín ce matin avec cette belle photo centrale !
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Le salon dure dix-neuf jours comme tous les ans. Il propose un vaste programme de rencontres avec les auteurs et illustrateurs, les éditeurs et de nombreux autres artistes : conférences, tables-rondes, dédicaces, concerts, projections, ateliers, animations pour le jeune public.

En haut, à droite : titre secondaire consacré à la Feria
Sujet principal : refus du gouvernement de reconnaître
l'ampleur des manifestations de mardi pour l'université
"Ils ne la voient pas"
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Le salon est ouvert officiellement cette année par une autrice octogénaire qui propose un discours très critique sur la situation de la culture et de la recherche actuellement en Argentine, quelques jours après la manifestation spectaculaire pour le soutien au système des universités publiques (et même privées) qui a eu lieu dans tout le pays mardi dernier.

L’entrée au salon est payante.

Une du supplément culturel de Página/12
sur Liliana Heker : "La vie et la parole"
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La manifestation s’ouvre au moment où une chapelle latérale de l’une des plus vieilles églises de Buenos Aires, l’église Santa Catalina, qui date de 1745 et qui était la chapelle du premier monastère féminin de la capitale argentine, aujourd’hui un centre pastoral et un lieu patrimonial. Un bête court-circuit ! Ce feu, qui a détruit la chapelle et endommagé son mobilier et ses statues, symbolise assez bien l’état d’abandon de la culture dans le pays.

A l’avenir, la manifestation est menacée comme l’est aujourd’hui le Festival international du Cinéma de Mar del Plata (novembre).

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’interview de Liliana Heker, en charge du traditionnel discours inaugural, dans Página/12
lire l’article principal de Clarín
lire l’article principal de La Nación
lire le reportage de La Nación sur Liliana Heker et la position qu’elle défend en qualité d’oratrice à la Feria Internacional del Libro