jeudi 26 mars 2026

Condamnation du commerce triangulaire : l’Europe s’abstient, l’Argentine vote contre [Actu]

Trump : Vous avez vu qu'au 18e siècle, on a amené ici
beaucoup d'esclaves pour faire le travail lourd ?
Le journaliste : Oui.
Trump : Bon, ben, maintenant, c'est fait. Ils peuvent s'en aller.
Dessin de Une de Página/12 le 13 février 2026
Traduction © Denise Anne Clavilier
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Hier, à New York, l’assemblée générale de l’ONU a voté une résolution symbolique, sans dimension contraignante, proposée par plusieurs États africains à l’occasion de la journée mondiale contre l’esclavage. Il s’agissait de déclarer que l’esclavage qui a sévi pendant trois siècles à travers l’Atlantique (en oubliant au passage le trafic de même nature entre l’Afrique subsaharienne et le monde arabo-musulman à peu près à la même époque) fut l’un des pires crimes contre l’humanité.

La plupart des États africains, de nombreux États de l’Asie et de la Péninsule arabique (à l’exception notable d’Oman !) et la quasi-totalité des États d’Amérique latine ont voté pour. Sauf l’Argentine, qui a voté contre en alignant son vote (sans aucune autre justification que les préférences personnelles de Mileí) sur ceux des États-Unis et d’Israël, un pays né de le violence antisémite, des pogroms et de la Shoah, et dont le non d’hier est donc particulièrement scandaleux… Quant aux États-Unis, on ne découvre pas à cette occasion que l’actuelle administration utilise des prétextes cousus de fil blanc pour remettre en place des politiques de nature raciste visant les personnes dites de couleur et les descendants d’immigrants venus d’ailleurs que l’Europe du nord.


Tableau du vote d'hier à l'ONU
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Les États européens et les anciens Dominions de l’empire britannique (Canada, Australie, etc.) ont préféré s’abstenir. En général, dans ces pays, on préfère ne pas favoriser cette mise en procès de l’histoire, car elle correspond à des accusations anachroniques (ce n’est pas pour rien que la notion de crime contre l’humanité n’a vu le jour qu’en 1945-1946) contre des hommes et des femmes qui ont vécu il y a plusieurs siècles et ne peuvent donc pas se défendre. Et puis, où s’arrêter dans ce cas ? Faut-il remonter à l’Age de Fer ?

L’Argentine, les États-Unis et Israël auraient donc eux aussi pu s’abstenir plutôt que de [sembler] donner raison aux anciens esclavagistes.

Ce vote s’est tenu au lendemain du cinquantenaire de la dernière dictature en Argentine. Ce choix du pays est donc chargé d’un sens symbolique nauséabond. Et comme par hasard, seul Página/12 s’en fait l’écho dans la presse du jour.

© Denise Anne Clavilier


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