Beaucoup de gens en avaient la
conviction mais il manquait encore la preuve matérielle. On vient de
la trouver : un accord entre Javier Mileí et l’escroc qui a
créé la crypto-monnaie $ Libra que le président avait accepté de
promouvoir, un accord pour un dessous-de-table de 5 millions de
dollars. Rien que ça ! Le texte de l’accord se trouvait dans
le dossier des notes prises sur le téléphone d’un trader qui
s’est entremis entre l’escroc et le président.
Pendant qu’en Argentine, le pot-aux -oses est mis à jour, le chef de l’État suspect de corruption se
trouve en Espagne, où il assure la conclusion d’une grande
rencontre d’extrême-droite autour d’une thématique économique.
Comme à son habitude lorsqu’il est dans la Péninsule, il a
abondamment insulté Pedro Sánchez, chef de l’exécutif espagnol.
Il a aussi insulté les industriels argentins qu’il couvre
d’injures depuis plusieurs jours. En revanche, comme à son
habitude aussi, il a couvert d’éloges le locataire de la Maison
Blanche en le remerciant d’être « en train de débarrasser
le monde du socialisme » (or il se pourrait bien que tout ce
chaos provoqué par Trump redonne des couleurs à la gauche et au
centre aux États-Unis
comme en Europe).
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| "Révélation : un accord pour 5 millions de dollars pour lancer $ Libra", dit le gros titre Cliquez sur l'image pour une haute résolution |
Ce trader en crypto-monnaie, un
certain Novelli, était aussi le conseiller de Javier Mileí dans ce
domaine. C’est le même homme avec lequel il a multiplié les
échanges écrits dans la nuit du 14 au 15 février 2025 au moment où
$ Libra a été lancée publiquement et s’est effondrée en
quelques heures, au bénéfice de ses promoteurs qui ont empoché les
investissements des épargnants hispanophones qui avaient fait
confiance à la recommandation de Mileí.
L’accord prévoyait des
versements en trois étapes, d’abord 1,5 millions à l’accord de
Mileí, 1,5 millions lorsque Mileí aurait lancé son message de
recommandation sur les réseaux sociaux et 2 millions par la suite
lorsqu’un contrat aurait été signé en personne par Mileí
lui-même. Le document implique le gouvernement argentin et la sœur
du président, censé apporter leur appui à l’opération.
D’un autre côté, comme le montre la Une de La Nación qui en fait son gros titre, le gouvernement a modifié les domaines de compétences des services du renseignement national : désormais, la SIDE aura le droit de surveiller les opposants, les journalistes et les économistes, c’est-à-dire tous ceux qui ont l’autorité de mettre à mal les stratégies du président qui, comme son homologue à Washington, use et abuse du mensonge et de l’invraisemblance. Le 24 février prochain, l’Argentine va commémorer le 50e anniversaire du coup d’État militaire de Videla et consorts !
Pour aller plus loin :




