Michel Rolland (ci-dessus), qui vient de mourir à 78 ans en Argentine où il avait fini par se fixer, était un œnologue français très réputé. Dans les années 2000, il avait travaillé à donner du prestige à quelques riches caves argentines, surtout dans la province de Mendoza, en « francisant » leurs vins. Ce qui ne fut pas sans susciter des polémiques un peu partout dans les provinces vinicoles en Argentine. C’est la raison pour laquelle aujourd’hui je romps avec ma tradition de ne faire qu’un seul article au décès d’une personnalité.
Michel Rolland avait fini par acheter des terres à Mendoza, il y avait planté un vignoble qu’il exploitait lui-même et il y avait fait construire une cave sous la forme d’un bâtiment immense, un bloc massif et arrogant, assez peu respectueux des magnifiques paysages de la province et tournant le dos au marché local. Cette cave conduit en effet une politique de haut de gamme du dernier chic comme on en voit aussi en France, dans le Bordelais et en Bourgogne, comme une mode de luxe qui est en train de ravager la Provence, laquelle risque maintenant de tomber dans la mono-production de rosé, le tout à destination de l’exportation (la destination visée, c’était les États-Unis, un plan quelque peu mis à mal depuis un an par Trump). La seule différence avec l’Argentine, c’est que là-bas, cette tendance se développe sans aucune racine locale, comme plaquée artificiellement sur ce sol de plus en plus affectée par le changement climatique (sécheresses à répétition en particulier).
La presse de droite lui rend hommage dès aujourd’hui. Pour ce secteur de la société, c’est un grand monsieur qui disparaît puisqu’il aurait donné ses lettres de noblesse à la production vinicole nationale et en particulier au cépage emblématique de l’Argentine, le malbec, importé au 19e siècle de la région de Pau… Cette stratégie vinicole est un peu comme la cuisine aristocratique anglaise qui s’efforce d’imiter les recettes françaises. C’est snob et pas très authentique mais ça rapporte !
Pour
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