Actualité culturelle argentine, là-bas à Buenos Aires et sur le Río de la Plata, et ici, en Europe francophone.
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Cultural current affairs, there in Buenos Aires area and here, in French-speaking Europe. Depending on your demand...
La chanteuse Nadia Szachniuk et
le compositeur et guitariste Juan Falú, tous deux de Salta (ci-dessus), dans
l’extrême-nord-est du pays, viennent d’enregistrer un disque en
commun qui présentent des morceaux des deux Falú, celui
d’aujourd’hui, Juan, et celui d’hier, son oncle Eduardo, autre
représentant éminent du folklore saltègne, décédé il y a
quelques années déjà.
Demain, 8 juin 2022, à 19 h,
ils monteront sur la scène du Centre Cultural Kirchner, près de
l’ancien port de Buenos Aires, pour offrir un premier récital de
présentation.
Entrée libre et gratuite, comme
toujours dans cette grande maison publique.
Le concert sera retransmis en
direct sur Radio Sonido Cultura.
Le disque a été enregistré
dans un studio de Técnopolis, le parc d’attraction consacré aux
sciences et aux technologies.
Le
guitariste, chanteur et compositeur de folclore Eduardo Falú est
décédé l'année dernière (voir mon article du 10 août 2013). Ces
jours-ci, sort en DVD un documentaire, Canto al paisaje soñado
(Chant pour le paysage de mes rêves) qui lui est consacré et qui a
la particularité d'avoir été projeté en Europe (Amsterdam, Málaga
et Nyon en Suisse) avant d'être présenté dans le pays natal de
l'artiste.
Bande-annonce du film avec sous-titres en anglais
Hommage
à l'un des plus grands musiciens du Noroeste argentin, puisqu'il
était originaire de la Province de Salta.
Página/12
lui consacre ce samedi l'un des cinq articles principaux de ses pages
culturelles.
Il
avait 90 ans et il vivait retiré depuis plusieurs années.
Eduardo Yamil (1)Falú, né à Salta le 7 juillet
1923, dans une famille de commerçants d'origine syriaque (la
vieille tradition phénicienne !), a été et
demeurera l'un des très grands compositeurs, chanteurs et
guitaristes du folklore argentin, à côté de
figures comme Mercedes Sosa, Ariel Ramírez ou Atahualpa
Yupanqui. Il est une part de la contribution essentielle et abondante
du Nord-Ouest argentin au patrimoine musical national.
Sa
mort, hier, à son domicile de Buenos Aires, laisse toute
l'Argentine de la musique rurale orpheline d'un grand maître.
La Sadaic, société des auteurs et compositeurs, et la
toute jeune Academia Nacional del Folklore lui rendent hommage. La
presse nationale et locale aussi.
L'événement est traité dans la manchette de gauche.
Le reste est consacré à une victoire du CA San Lorenzo contre le Racing (3 à 0 !)
aux élections primaires de demain et aux survivants de la tragédie de Rosario mercredi (a)
Il
avait commencé la guitare à l'âge de 11 ans et la
carrière professionnelle à celui de 15 ans. Vers 1945,
au début du gouvernement Perón par conséquent,
il s'était installé à Buenos Aires. Au cours de
sa longue trajectoire, il aura enregistré une cinquantaine
d'albums. Pour composer ses chansons, il s'associait à de
grands poètes. Il a même travaillé avec Ernesto
Sabato et Jorge Luis Borges, pour des œuvres longues, Romance a la
muerte de Juan Lavalle et José Hernández(2), mais
c'est surtout son partenariat avec Jaime Dávalos qui retient
l'attention des commentateurs aujourd'hui.
Ses tournées l'ont
conduit aux Etats-Unis, en URSS (en 1958), au Japon (1963) mais aussi
en Espagne, en France (1959) et en Allemagne, encore qu'en Europe on
ait vite oublié l'effet qu'il put produire en son temps. Il
s'était engagé dans la défense et la promotion
de la musique populaire dans son pays, exerçant même les
fonctions de vice-président de la Sadaic, où son neveu,
l'autre grand guitariste de folklore, Juan Falú, suit ses
traces.
Clarín préfère réserver au Maestro Falú sa manchette droite.
Et comme vous le voyez, il donne une importance notable à la victoire du San Lorenzo,
ne réserve qu'une manchette verticale aux événements de Rosario
et se mobilise sur l'organisation des élections en évoquant un risque de fraude (b).
Il a
fait des incursions dans la musique de chambre et la musique épique,
participant même à redorer le blason d'un personnage peu
aimable du début du XIXème siècle, le
général Juan Lavalle, qui s'empara de la Province de
Buenos Aires en 1828 en en faisant fusiller le Gouverneur, le fédéral
Manuel Dorrego, tenu pour un grand héros dans l'intérieur
des terres (3)(4).
Tonada del viejo amor, de et par Eduardo Falú, avec Los Fronterizos et Ariel Ramírez, en 1993
De
nombreuses villes l'ont fait citoyen d'honneur (ciudadano ilustre) et
il a été reçu à l'Université de
Córdoba, la plus vieille du pays, en qualité de Docteur
Honoris Causa.
Sa
province natale, Salta, a décrété deux jours de
deuil.
Les
obsèques ont lieu aujourd'hui, au cimetière de la
Chacarita, sans cérémonie ni veillée funèbre
(ce qui est rare). A 14h, heure de Buenos Aires, il sera porté
en terre dans le caveau de la Sadaic.
Eduardo Falú buvant le maté en fumant une cigarette.
(2)
Dont on pourrait dire qu'elles sont au folclore ce que María
de Buenos Aires (Piazzolla-Ferrer) et Oratorio para Gardel
(Salgán-Ferrer) sont au tango. Des œuvres fleuve qui
intègrent leur genre d'origine au répertoire réputé
noble de l'opéra et de la musique de chambre. Un peu comme lorsque
Molière, dans la France du Grand Siècle, est passé
de la farce en un acte et en prose à la comédie en cinq
actes et en alexandrins.
(3)Juan Carlos Cáceres fait allusion à toutes ces musiques
composées depuis sa mort en l'honneur de Dorrego à
travers la légende de son bourreau, dans son ouvrage, Tango
Negro, dont j'ai publié la version française, traduite
et commentée par mes soins, aux Editions du Jasmin, en avril
de cette année. Elles ont une telle force évocatrice
que Cáceres veut y voir des témoignages permettant de
décrypter les événements historiques qui ont
suivi la guerre d'indépendance, entre 1820 et 1852. Romance a
la muerte de Juan Lavalle, composé par Eduardo Falú sur
un livret de Ernesto Sabato, ne peut bien entendu pas entrer dans la
catégorie des documents d'époque mais dit bien le
retentissement de cet épisode historique dans la mémoire
populaire actuelle.
(4)
En général, Buenos Aires a construit son identité
politique dominante (et quelque peu dominatrice) à travers
l'unitarisme tandis que les Provinces intérieures du centre et
du nord du pays (le sud n'existait pas encore en tant qu'entité
politique) l'ont fait à travers les héros de la
fédération. Depuis la fin du XIXème
siècle, la pensée contestataire, notamment les courants
radicaux et péronistes, valorise quant à elle l'épopée
fédérale.
(a) Mercredi dernier, une explosion de gaz a soufflé un immeuble du centre de Rosario, la plus importante ville de la Province de Santa Fe. L'explosion a endommagé gravement plusieurs manzanas des alentours. Elle a fait à ce jour 14 morts, 7 disparus (que l'on a guère d'espoir de retrouver vivants), de nombreux blessés et des centaines de sinistrés sans toit. L'employé de l'entreprise gazière qui travaillait sur une conduite de l'immeuble est sous les verrous. Les dirigeants sont inculpés mais ont été laissés en liberté. Rosario est en deuil pour plusieurs jours.
(b)Clarín est hostile, c'est le moins qu'on puisse dire, au Frente para la Victoria de Cristina de Kirchner que les sondages annoncent comme le grand vainqueur de cette première phase électorale (les vraies élections législatives auront lieu en octobre. Demain on qualifie les candidats).
Cours du peso (ARS) : 1 € = 41 $ au 01.11.18 (1 $ = 100 centavos) Décalage horaire (Paris) : - 5 h Population BsAs : 3 millions Superficie BsAs : 202,4 km2 Pop. Gran BsAs : 12,5 millions Superficie Gran BsAs : 3833 km2
Population totale : 47 327 407 hab (mai 2022) Superficie Argentine : 2.780.400 km2
MONTEVIDEO : infos pratiques
Cours du peso (UYU) : 1 € = 37 $ au 01.11.18 (1 $ = 100 centesimos) Décalage horaire (Paris) : -5 h Pop. Montevideo : 1,3 million Superficie Montevideo : 193 km2 Pop. région Capitale : 2 millions Sup. région Capitale : 525,54 km2 Pop. Uruguay : 3,4 millions Superficie Uruguay : 176 220 km2
Asado : barbecue (du genre monstre, même en petit comité)
Baires : apocope de Buenos Aires
Boliche : tout établissement qui permet de se rencontrer autour d'une consommation solide ou liquide
Bombilla : pipette métalique ou végétale dont on se sert pour boire le mate (voir ce mot) en évitant d'avaler la poussière de yerba mate (voir ce mot). Lorsque le mate est partagé entre plusieurs convives, tous boivent à la même bombilla.
BsAs (ou BA) : initiales de Buenos Aires
Cambalache : Sens premier : dépôt-vente, brocante, voire mont-de-piété. D’où bazar, souk, bric-à-brac.
Candombe : musique d'origine afro-sud-américaine conçue pour les défilés festifs sans doute au 19e siècle au moment de la fin de l’esclavage. Cette musique est restée très populaire en Uruguay où elle est présente tout le temps.
Canyengue : caractéristique des faubourgs
Charla : conférence, causerie
Confitería : café-salon de thé et/ou pâtisserie-traiteur
Cuadra : portion de voie publique entre deux esquinas. Une cuadra faisant la plupart du temps 100 m, elle sert de mesure des distances dans la ville. Tel lieu se trouve à tant de cuadras de tel autre.
Empanada : chausson fourré à déguster chaud
Esquina : croisement de deux voies publiques (rues, avenues...) qui constitue un point de repère fixe dans la ville. On donne une adresse en indiquant sa cuadra (entre telle et telle rue) et sa distance par rapport à la esquina
GCBA : anagramme de Gobierno de la Ciudad de Buenos Aires (Gouvernement de la Ville de Buenos Aires)
Gorra (a la) : littéralement "à la casquette". En français, "au chapeau". Il s'agit d'un mode de rémunération artistique traditionnel dans toute la région du Rio de la Plata
Guampa : récipient pour préparer, boire et partager le tereré (voir ce mot) quand on n'utilise pas un mate classique (voir ce mot). Le guampa est creusé dans une corne de vache.
Guita : l'argent en lunfardo. Désigne aussi la devise nationale (la guita nacional)
Legislatura : nom de l’assemblée législative unicamérale de la Ville Autonome de Buenos Aires
Mate : 1. boisson nationale argentine, uruguayenne, chilienne et paraguayenne, très appréciée aussi dans le sud du Brésil. La boisson est produite par l'infusion de la yerba maté. En Bolivie et dans certaines zones du Pérou, on boit un mate de coca. 2. récipient de toute forme, de toute matière et de différentes contenances dans lequel le mate se prépare, se boit et se partage. (Voir ce mot)
Milonga : 1- musique qui a précédé le tango, toujours très vivante (caractérisée de nos jours par un rythme vif et allègre quand bien même les paroles raconteraient un drame) ; 2- bal de tango argentin
Milonguero : l´homme qui vit la nuit dans le monde dominé par le tango. Contrairement à ce que pensent les Français, le mot ne sert que rarement à désigner le danseur de tango en tant que tel. Attention quand vous employez le mot au féminin : il a longtemps désigné une réalité sociale disparue à la fin des années 50, la cocotte qui dansait dans les cabarets et se faisait entretenir. Danseur se dit la plupart du temps bailarin (bailarina au féminin)
Murga : musique festive de défilé de carnaval et autres grandes fêtes collectives.
Orquesta típica : ensemble musical comprenant au minimum 1 piano, 1 violon, 1 bandonéon et 1 contrebasse.
Peso : devise nationale (non convertible). Sigle : $
Picada : assortiment de fromages et/ou de charcuterie
Plenario : réunions académiques que les Academias organisent dans le cadre de leurs activités culturelles publiques
Porteño : gentilé de Buenos Aires. Se dit de toute personne née à BsAs. Nul n’est jamais vraiment porteño s’il est né hors de la Ville. Sauf à s’appeller Carlos Gardel, et ce quel que soit le lieu de sa naissance.
Show : tout concert, récital, tour de chant, spectacle. Le mot n’est pas réservé aux spectacles de revue ni aux grand événements ultra-marketés drainant des milliers de spectateurs.
Tango baile : le tango dans sa dimension dansée, une dimension parmi d’autres.
Tango salón : tango qui se danse en société (par opposition au tango professionnel, pour la scène)
Tereré : mate préparé avec de l'eau froide ou à température ambiante ou du jus d'orange ou de citron, parfois de pamplemousse, très apprécié par grandes chaleurs.
Troesma : verlan de Maestro (maître)
Yerba mate : feuilles d'un arbuste de la famille du houx, originaire du Paraguay et du nord de l'Argentine et de l'Uruguay. Séchées à l'air chaud ou au four, fermentées puis hachées, elles forment l'ingrédient essentiel du mate et du tereré.
CENTENARIO TROILO (2014)
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