mercredi 23 juillet 2008

Exposition temporaire au Museo Casa Carlos Gardel [à l’affiche]


Demain, 24 juillet, dernier jour d’une exposition exceptionnelle destinée à marquer le 73e anniversaire de la mort de Carlos Gardel, porteño de ley * (et Toulousain d’origine, ça c’est pour le cocorico chauvin attribué généralement aux Français et -j’espère- à tort en ce qui concerne les lecteurs hexagonaux de ce blog !)


Depuis le 24 juin, date anniversaire du décès del Morocho del Abasto (1), le Museo Casa Carlos Gardel, situé calle (rue) Jean Jaurès (si, si !), au n° 735, dans le quartier dit de l’Abasto, expose dans ses murs la collection Ángel Olivieri, l’une des trois plus grandes collections du monde concernant le mythique chanteur-compositeur (dessins, tableaux, documents manuscrits de la main de Carlos Gardel et de ses proches, documents audio ou imprimés historiques, tels que disques, pochettes, livres, articles de journaux, invitations, programmes, affiches, etc.).

Le musée est installé dans la dernière maison de Buenos Aires où vécut Carlos Gardel (avec sa mère), de 1927 à son départ en tournée fin 1933 (c’est sur la fin de cette tournée qu’il trouva la mort dans un accident à Medellín, dans les montagnes de Colombie).

Il s’agit d’une maison particulière, très sobre, toute simple, composée d’un rez-de-chaussée avec patio latéral et d’un étage, dans un quartier alors typiquement ouvrier et aujourd’hui toujours très modeste. Elle date de 1920 et elle est caractéristique de l’architecture privée de cette époque et de cette ville. Dans cette maison, la mère de Gardel, Berthe Gardés, est décédée en juillet 1943. L’homme de confiance de Carlos Gardel et son exécuteur testamentaire, Enrique Delfino, en a alors hérité. Elle est passée ensuite de mains en mains jusqu’à son dernier propriétaire privé, Eduardo Eurnekian, qui en fit donation en 2000 à la Ville de Buenos Aires qui l’a fait restaurer à partir de photos de Carlos Gardel et de sa mère, prises dans cette maison. Elle en a fait un musée, profondément émouvant, ouvert au public depuis le 4 mars 2003. L’entrée est payante (1 $, ce qui reste très abordable), sauf le mercredi, où c’est gratuit. Le musée abrite une exposition permanente d’objets ayant appartenu à Gardel, à sa mère ou à des personnes de son entourage et de sa tradition. Il s’y donne des cours de tango-danse et de tango-chant (ouverts à tous et gratuits) et de temps en temps des concerts (La Biyuya s’est produite le 16 mai dans ce lieu chargé d’histoire, où on sait que Gardel répétait le mercredi dans le patio ouvert à qui voulait entrer, qu’il y a travaillé Silencio, son magnifique tango sur la Grande Guerre, en présence du poète Enrique Cadícamo qui rapporte l’anecdote dans ses Mémoires....). Bref, un lieu à ne pas manquer à Buenos Aires.


La page consacrée au Museo Casa Carlos Gardel sur le site de la Ville de Buenos Aires :
http://www.museos.buenosaires.gov.ar/gardelhistor.htm


Silencio, l'enregistrement de 1933 fait à Buenos Aires : http://www.todotango.com/spanish/download/player.asp?id=672



* : les mots signalés par un astérisque font l’objet d’une explication dans la rubrique [Jactance & pinta]
(1) El Morocho del Abasto : un des surnoms de Gardel, datant des débuts de sa carrière, vers 1911, quand il chantait dans les cafés du quartier.