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| La salle immense d'hier... Sans commentaire ! Cliquez sur l'image pour une haute résolution |
Le gouvernement libertarien argentin a introduit dans les programmes scolaires une initiation à la spéculation financière. Javier Milei veut des Argentins qui jouent à la bourse et aux crypto-monnaies pour s’enrichir au lieu de produire des biens et des services nécessaires à la communauté nationale.
Hier, des lycéens, issus du public et du privé, étaient donc rassemblés au nombre d’environ 12 000 dans une gigantesque salle, la Movistar Arena, pour écouter pérorer des traders et autres investisseurs en bourse. Quand soudain s’est présenté sur scène le PDG de Cocos Capital, une société soupçonnée d’avoir trempé dans l’escroquerie de $Libra, cette crypto-monnaie dont le président avait fait la publicité sur ses réseaux sociaux officiels, l’année dernière, et qui s’était effondrée au bout de quelques heures, tandis que ses initiateurs empochaient tout ou partie des mises des épargnants. L’enquête suit son cours en Argentine et aux États-Unis, où il y a aussi des victimes hispanophones.
Les milliers de gamins l’ont aussitôt sifflé et hué, le traitant de vende patria (en français, on parlerait de « quelqu’un qui vendrait son père et sa mère »). Le financier, vêtu d’un jean et d’un blouson, peut-être pour faire croire à ses spectateurs du jour qu’il était l’un des leurs, a tenté de se défendre et de s’expliquer mais la bronca des adolescents l’a obligé à se taire. Il n’aura finalement pas pu faire son numéro de bonimenteur up to date.
L’avenir de l’Argentine n’est peut-être pas perdu si les gamins qui n’ont pas encore leur bac refusent qu’on leur fasse prendre des vessies pour des lanternes.
Pour aller plus loin :
lire l’article
de Une de Página/12
lire l’article
de Clarín
lire l’article
de La
Nación
