Affichage des articles dont le libellé est Espagne. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Espagne. Afficher tous les articles

vendredi 24 juillet 2026

L’image de l’Argentine ruinée par le Mundial et Milei [Actu]

"La patrie en danger", dit le gros titre tout en haut
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Hier, Página/12 consacrait deux articles en ligne à la détérioration récente et brutale de l’image de l’Argentine dans l’opinion publique internationale, une détérioration qui s’est spectaculairement aggravée pendant et depuis la Coupe du Monde de football, où l’équipe nationale a gagné le mépris de très nombreux spectateurs, et à la politique débridée de Javier Milei, dont les décisions lui ont aliéné la plupart des gouvernements africains (à cause de son refus de voter la résolution de l’ONU visant à condamner le commerce triangulaire et l’esclavage qui en a résulté) ainsi que le monde arabo-musulman (à cause de son alignement sans réserve sur Trump et Netanyahu).

Aujourd’hui, La Prensa fait sa Une sur ce phénomène inquiétant pour les Argentins sans que l’article correspondant soit disponible sur son site Internet.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 sur la politique de Milei
lire l’article de Página/12 sur l’hostilité dont les Argentins font l’expérience à l’étranger (l’article parle surtout d’événements intervenus à Barcelone).

lundi 27 avril 2026

Le cinéma argentin passe de deuil en deuil : Adolfo Aristarain nous a quittés [Actu]

Cinéaste authentique, dit le gros titre
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution


Né dans le quartier de Parque Chas, dans l’ouest de Buenos Aires, en octobre 1943, le cinéaste Adolfo Aristarain est mort dans sa ville natale sans que les raisons de son décès n’aient été rendues publiques. Il avait quitté le monde du spectacle en 2004, après un grand succès cinématographique, son dernier film, Roma, qui compte aujourd’hui parmi les grands classiques argentins.


Plus que bousculé par l’instabilité constitutionnelle dans son pays tout au long de sa vie, il a vécu tantôt en Argentine tantôt en exil et il a travaillé en Espagne et à Hollywood, la patrie d’un de ses maîtres, John Ford.


On lui doit onze films qu’il a réalisés, dans des productions argentines ou internationales, et trente autres, dont il était l’assistant-réalisateur. Plus souvent récompensé à l’étranger que dans son propre pays, il y a toutefois accumulé les nominations.

Ce film a reçu une récompense en Espagne

Adolfo Aristarain a touché à de nombreux genres, dont le film policier, avec La parte del león en 1978, le romantisme militant des horizons immenses et des racines, avec Un lugar en el mundo (1992) (comprendre : quelque part dans le monde), dont l’action se passe dans les Andes de la province de San Juan, et, en 1995, le film d’aventure sur fond historique avec La ley de la frontera (où tout se passe dans les années 1910 entre la Galice espagnole et le Portugal).

Il a aussi travaillé sur la série des Pepe Carvalho, produite par la télévision espagnole, d’après les romans policiers de l’écrivain barcelonais Manuel Vázquez Montalbán.


On l’avait vu pour la dernière fois en public en 2024 lorsqu’il avait été récompensé par l’Académie du cinéma en Espagne.

A l’heure de sa disparition, la presse argentine et les médias espagnols lui rendent hommage avec la même affection et la même émotion.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

En Argentine :
lire l’article de Página/12, qui lui consacre la Une de son supplément culturel quotidien, Cultura y Espectáculos
lire l’article secondaire de La Nación
Tous les titres nationaux argentins et plusieurs titres régionaux ont mis sa photo à la Une dont le gros titre se partage toutefois entre l’attentat raté d’avant-hier contre Trump et la démonstration de F1 en plein Buenos Aires par Colapinto, le nouveau Fangio, pour qui les Argentins deviennent fous d’admiration.

En Espagne (sélection) :

lire l’article de El País
En Espagne, les unes ne parlent pas de cette disparition.

vendredi 24 avril 2026

Deux Argentines portent plainte en Espagne pour l’exil forcé de leur aïeul, un combattant républicain [Actu]

"Grand-père Luis", dit le gros titre
au-dessus du document attestant la qualité
de combattant mobilisé du républicain espagnol
réfugié en Argentine
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution


Deux argentines de la Province de Buenos Aires ont porté plainte contre l’État espagnol, devant un tribunal de Barcelone, pour l’exil auquel leur grand-père, Luis Francisco Robles (Barcelona, 1905 – Avellaneda, 1984), versé dans une brigade républicaine pendant la guerre civile, a été contraint à l’exil par la répression menée par Franco et ses acolytes après leur victoire sur les institutions constitutionnelles espagnoles.

C’est une première et donc un précédent judiciaire. Les deux femmes, dont l’une est historienne et dirige le musée des Malouines de Avellaneda, dans la banlieue de Buenos Aires, s’appuient sur la loi espagnole de la mémoire démocratique de 2022, lorsque le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a décidé d’expulser le corps de Franco du mausolée de la Valle de los Caídos, qu’il a fait convertir en une nécropole pour les victimes des deux camps alors qu’il était consacré depuis 1975 à la seule gloire du Caudillo et de ses sbires, et d’exhumer l’histoire de la guerre civile espagnole ainsi que les blessures encore vives causées par les crimes contre l’humanité commis par la dictature franquiste, puisqu’ils sont inaliénables. Or l’exil de ce monsieur, en 1939, avec un grand nombre de Barcelonais et autres Catalans qui avaient combattu ou simplement milité pour la République espagnole, fait partie, pour ses petites-filles argentines, de ces crimes perpétrés contre la population locale.

Comme de bien entendu, seul Página/12 rend compte de cette information qui ouvre en Argentine une autre malle à souvenirs traumatiques, cette fois-ci pour les descendants des républicains espagnols qui ont pris le bateau pour débarquer à Buenos Aires en 1939 et les années suivantes. La dernière vague de migrants espagnols à venir former le peuple argentin. Qui descend des bateaux, selon une plaisanterie bien connue !

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 (édition nationale)
lire l’article de Buenos Aires/12, édition locale de la Province de Buenos Aires

mardi 21 mai 2024

Le voyage de Mileí tourne à la crise diplomatique grave [Actu]

Jeu de mot habituel : "Très franc",
titre Página/12 sur un montage qui dit
tout autre chose
Tous les lecteurs du journal reconnaissent
le dictateur espagnol Franco
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution


Invité d’honneur à Madrid du grand raout de l’extrême-droite européenne, tous courants confondus, qui s’est tenu dimanche dans le cadre de la campagne électorale pour les élections parlementaires du 9 juin, Javier Mileí commet offense diplomatique sur offense diplomatique. La plupart de ses insultes, il les a réservées à l’Espagne, le pays qui l’accueillait, ses dirigeants et ses institutions mais il a aussi arrosé d’autres pays de l’Union européenne et l’Union elle-même, censée être dominée par le « cancer du socialisme ».

Du jamais vu d’une part entre des démocraties et d’autre part entre les pays hispanophones ! Lundi, le ministère des Affaires étrangères espagnol a donc convoqué l’ambassadeur argentin et rappelé, sine die, son ambassadrice, pour sonsultation, en attendant des excuses publiques de la part des autorités argentines. Dans les protocoles diplomatiques, le rappel d’un ambassadeur constitue l’avant-dernière étape avant la rupture des relations diplomatiques lorsqu’un pays retire tous ses diplomates et son personnel consulaire et confie la sauvegarde de ses intérêts à l’ambassade d’un pays tiers. Or de retour dans son pays, Mileí a repris de plus belle ses insultes et ses accusations absurdes, gratuites et tous azimuts.

"Dure condamnation de Mileí par les entreprises
espagnoles : il a recommencé à critiquer Pedro Sánchez",
dit le gros titre de La Nación

En Espagne, les chefs d’entreprise, tous investisseurs en Argentine et fort peu suspects d’être « socialistes », qui avaient rencontré Mileí durant son séjour et avaient posé avec lui pour une photo souvenir, ont critiqué durement ses prises de position et ses déclarations contre le gouvernement « de notre pays ». Or ils représentent des entreprises qui comptent en Argentine. C’est par exemple le cas de Telefónica, l’un des principaux fournisseurs de téléphonie portable. Dans cette réunion, il y avait aussi des industriels et des acteurs d’import-export entre l’Argentine et le marché européen. Ces sociétés donnent du travail à beaucoup de gens, à un moment où les licenciements collectifs se succèdent dans tout le pays. Il se trouve qu’en l’espèce, ces hommes d’affaire se sont montrés plus patriotes et plus fidèles aux institutions démocratiques que le chef de l’opposition parlementaire, le président du Partido Popular (la droite constitutionnelle) aigri par son incapacité à organiser une coalition qui l’aurait porté à la tête du gouvernement l’année dernière : il a rejeté sur les autorités en place l’origine de la crise (1).

Depuis six mois, cette conflictualité permanente qu’entretient Mileí à coup d’insultes et d’accusations délirantes contre les dirigeants des principaux voisins ou partenaires politiques ou économiques de l’Argentine (Cuba, Nicaragua, Venezuela, Mexique, Brésil, Colombie, Chili, Chine et maintenant Espagne), on avait tendance à l’attribuer tantôt à une pathologie ou une immaturité psychique dont il souffrirait (ce qui n’est pas exclu), tantôt à son incompétence ou son ignorance et celle de plusieurs personnes de son entourage institutionnel (sa sœur, sa ministre des Affaires étrangères, son porte-parole, etc.). A présent, les observateurs envisagent que le président argentin pourrait bel et bien être en train de mettre en œuvre un programme politique préconçu et poursuivi en toute connaissance de cause, d’abord pour faire parler de lui sur la scène internationale, ce qui flatte son ego démesuré (comme Trump), et ensuite pour combattre partout dans le monde la démocratie et l’État garant du bien-vivre (2) qui est une réalité en Europe et une aspiration dans de très nombreux pays, les uns issus du système communiste et les autres, dont l’Argentine, du système colonial.

"Mileí a traité Sánchez de lâche et l'a accusé
de travailler avec les K [kirchneriste] pour
saboter son gouvernement", titre La Nación
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Aujourd’hui, en début d’après-midi, Madrid a annoncé que l’Espagne retirait définitivement son ambassadrice. La diplomate, désormais de retour en Espagne, ne retournera pas à Buenos Aires. Quant au reste du personnel qui travaille à la représentation officielle espagnole en Argentine, il y reste jusqu’à nouvel ordre mais sous l’autorité d’un simple chargé d’affaires. En diplomatie, les usages étant la réciprocité, si le gouvernement argentin persiste à ne pas vouloir rappeler son ambassadeur, il est possible que celui-ci soit bientôt déclaré persona non grata à Madrid. Il vient d’être nommé et d’arriver en poste et la fête nationale argentine tombe samedi prochain !

Quant à Mileí, qui avait annoncé dimanche un nouveau voyage en Espagne, pour recevoir l’un de ces prix qu’il affectionne et que lui remettent des instistutions confidentielles un peu partout dans l’hémisphère nord, il est plus que probable qu’il en sera empêché : il sera très certainement déclaré lui-même persona non grata.

L’ambassadeur précédant, Ricardo Alfonsín, le fils de Raúl Alfonsín, président du retour à la démocratie en 1983, a publiquement fait part de sa stupeur devant le comportement absurde du président argentin dans le pays que l’Amérique hispanique continue d’appeler la « Madre Patria ».

C’est la première fois depuis la reconnaissance de l’indépendance de l’Argentine par l'Espagne en 1863 que les deux pays n’ont plus d’échange d’ambassadeurs.

Ce qui reste incompréhensible et rend l’intempérance de Mileí d’autant plus inquiétante, c’est qu’il prétende accélérer l’accord UE-Mercosur, soutenir l’Ukraine (il veut faire ça en s’en prenant à un gouvernement engagé dans les coalitions d’aide militaire à ce pays ?) et faire adhérer l’Argentine à l’OTAN, alors que, géographiquement, le pays se situe en Atlantique sud et que politiquement, il est en train de s’éloigner des stricts critères de respect de l’État de droit et de lutte contre la corruption qui sont des préalables à l’adhésion ! La même chose peut être dite de la candidature de l’Argentine à l’OCDE...

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 ce matin, avant l’annonce du ministre des Affaires étrangères espagnol, comme tous les autres articles cités ici
lire l’article de La Prensa (le journal n'a pas traité l'affaire en une, la rédaction n'a pas dû comprendre la gravité de l'incident)
lire l’article de La Nación sur la réaction de Alberto Fernández, non moins stupéfait que son ancien ambassadeur à Madrid. L’ex-président a d’ailleurs lui aussi fait les frais des aboiements de son successeur auxquels il a répondu avec beaucoup de calme et de dignité, malgré l’acharnement de Mileí contre lui.
Clarín réserve ses articles en ligne à ses abonnés.




(1) Ce n’est pas sérieux : le ministre des Transports espagnol, sur le sol national, a récemment traité Mileí de « fou » qui avait « sans doute fumé la moquette ». Ce n’est pas amical, c’est entendu, mais c’est un ministre de second rang, qui n’a aucune compétence en matière de diplomatie et qui s’exprimait dans son pays, hors de toute rencontre internationale. Dimanche, Mileí s’exprimait à l’étranger, comme chef d’État, sur le sol du pays dont il insultait les gouvernants. Mettre les deux choses sur le même plan, c’est de la mauvaise foi pure et simple.

(2) Je préfère cette expression à celle d’« État Providence » qui donne l’idée d’un État tout puissant, ce qu’il n’est pas, bien sûr. Les Argentins traduisent l’expression anglophone Welfare State (Estado del Bienestar).

vendredi 17 mai 2024

Un petit tour chez les franquistes espagnols aux frais de la princesse [Actu]

Caricature signée Alfredo Sábat, parue ce matin dans Clarín
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Hier après-midi, abandonnant les affaires d’État en suspens, toujours incapable de bâtir un consensus parlementaire sur ses réformes, Javier Mileí s’est envolé pour Madrid à bord d’un avion de la flotte présidentielle afin d’assister à un meeting électoral du parti franquiste et anti-européen Vox, fruit d’un schisme récent au sein de la droite constitutionnelle, le Partido Popular.

Mileí qui prétend se rapprocher de l’Union européenne contre l’UNASUR, dont il veut retirer l’Argentine, et qui voudrait que son pays intègre l’OTAN (sic) va donc participer à un meeting où les institutions de l’Union vont se voir copieusement conspuer et qui va appeler les Espagnols à lutter contre toute cette « perte » de « souveraineté », que symboliserait le drapeau azur à ronde étoilée, et de « grandeur » de je ne sais quelle Espagne « fidèle au Christ », allant des Rois catholiques au Généralissime. Toute cette démarche miléienne est incohérente au dernier degré mais cela semble le cadet des soucis du président argentin. Pour une raison dont j’ignore les tenants et les aboutissants, Meloni et Orban, qui étaient invités, se seraient décommandés. Mileí devrait donc être le seul chef d’Exécutif étranger présent à ce rassemblement de la campagne pour l’élection du Parlement européen. Président en fonction d’un pays d’Amérique du Sud, il se mêle donc de ce qui ne le regarde pas.

En haut, la photo de Abascal sur fond de drapeaux espagnols
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Le 10 décembre à Buenos Aires, Santiago Abascal, le président de Vox, était la seule personnalité politique espagnole présente à l’investiture de Mileí. A côté de Bolsonaro, il était d’ailleurs en « charmante compagnie ».

Mileí doit aussi profiter de ce séjour, qui se poursuivra jusqu’à dimanche inclus, pour présenter, avant Buenos Aires, son nouveau livre dont Planeta a pourtant retiré du marché l’édition espagnole à la suite du scandale déclenché par le rabat de l’ouvrage qui présentait des informations biographiques mensongères (Mileí usurpait certains titres universitaires).

En haut, à droite de la vignette de Paz et Rudy,
le titre de l'article sur le voyage "présidentiel"
avec cette photo de Mileí dans le couloir d'embarquement
"Le chemin du libertaire sans photo avec les mandataires",
dit le titre de l'article
Le gros titre est consacré à la chute vertigineuse
de l'économie argentine (production et consommation)
Cliquez sur la photo pour une meilleure résolution

Présenté comme un voyage du président ès qualité, ce séjour en Espagne ne comporte aucun rendez-vous avec aucune des autorités constituées du pays. Quelle indélicatesse diplomatique ! Mileí ne verra ni Pedro Sánchez, qu’il méprise et qu’il hait peut-être aussi, ni le roi (qu’il ne doit pas avoir en très haute estime) ni aucun ministre ou parlementaire espagnol. Il ne verra que l’ambassadeur argentin ! C’est bien maigre pour un déplacement aussi lointain et supposé revêtu d’un caractère officiel, surtout lorsque l’on considère que c’est au moins la troisième fois en six mois que Mileí se permet ainsi, sur le trésor public, d’aller se balader dans le monde sans aucun enjeu diplomatique, pour le seul plaisir de cultiver, à l’étranger, ses engagements idéologiques personnels ultra-capitalistes, anti-sociaux et passablement anti-démocratiques, et de s’adonner complaisamment, en compagnie de sa frangine, au culte de soi (il a déjà reçu, notamment aux États-Unis, des prix décernés par des institutions privées confidentielles qui semblent avant tout à se servir de sa vanité pour développer leur notoriété).

Et pourtant, il paraît que « no hay plata » (il n’y a pas d’argent).

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12
lire l’article de La Prensa
lire l’article de La Nación
lire l’éditorial de La Nación qui s’intéresse aux questionnements de la presse états-unienne sur la conduite à tenir pour rester fidèle à la démocratie devant le risque de réélection de Trump et qui prend visiblement ces réflexions pour les siennes devant un président argentin dont le comportement apparaît de plus en plus comme dangereux pour l’ordre démocratique.
Clarín a lui aussi fait un article mais sur le site du journal, il est réservé aux abonnés.


"Le livre le plus cher du monde", prétend le titre
du volume en or, eu égard au prix du voyage de promotion
réalisé par son auteur mégalomane
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution

Ajouts du 18 mai 2024 :

lire cet article de Página/12 sur la présentation du bouquin qui s’est tenue à Madrid, en présence de Santiago Abascal qui avait fait la surprise à son pote de venir à son spectacle
lire cet article de La Prensa (journal catholique réactionnaire) sur la plainte posée par l’extrême-gauche trotskyste contre le président et ses dispendieux voyages privés déguisés en missions officielles
lire cet article de La Nación sur la présentation et les propos insultants tenus par le président sur le sol espagnol (« je suis un libéral dans un pays de gauchistes »)


La présentation (en photo) a eu lieu au siège du
quotidien espagnol La Razón, un journal de droite,
qui appartient au géant de l'édition Planeta
RTVE, le groupe audiovisuel public, aurait été
seule à ne pas en parler dans les journaux du soir
La Razón est pourtant le seul quotidien national
à traiter l'événement à la une
Le reste de la presse a choisi d'autres sujets,
dont les 20 ans du mariage du couple royal !
 Cliquez sur l'image pour une haute résolution

mardi 14 novembre 2023

Dimanche, Mileí s’est carbonisé [Actu]

"Il se fait tirer l'oreille" [par Macri], titre
Página/12 histoire de rigoler un peu
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution


Lula, président du Brésil en fonction, et Pepe Mujica, ex-président de gauche de l’Uruguay, viennent d’apporter leur soutien politique à Sergio Massa. S’il pouvait parler, il n’est pas sûr que l’actuel président uruguayen, issu de la droite libérale, dirait une seule parole en faveur de Javier Mileí (photo ci-dessus). Mais il ne peut pas s’exprimer actuellement : son gouvernement est empêtré depuis une dizaine de jours dans un épouvantable scandale de distribution de passeports à des narco-trafiquants.

"Un jeune Adolf Hitler, apprenti peintre, essuie un refus de l'Académie des Beaux-Arts
de Vienne, ce qu'il attribue à des professeurs juifs."
"Le jeune Mileí se voit refuser le renouvellement de son stage à la Banque Centrale."
Dessin de Miguel Rep dans Página/12 ce matin
Traduction © Denise Anne Clavilier
(Ce stage raté à la Banque Centrale a été évoqué par Massa lors du débat télévisé)

En Espagne, Pedro Sánchez, qui est sur le point d’être réélu président du gouvernement du pays, vient d’envoyer une vidéo pour soutenir Massa (lire l’article de La Prensa sur le sujet).

"Elle a fait tuer nos camarades", dit ce titre
de l'édition de La Plata de Página/12
Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution

Une pétition vient d’être publiée appelant à voter pour Massa afin que les Argentins ne détruisent pas ce que leur pays a su construire pendant ces quarante ans de démocratie : le prestige du seul pays de la région qui ose affronter son passé et condamner en justice les bourreaux de la dictature et du Plan Condor, l’affermissement d’une vie constitutionnelle apaisée, l’animation d’un projet diplomatique de pacification et de prospérité pour le continent… Ce sont plusieurs centaines d’argentinistes de toutes nationalités qui font de la recherche dans des universités du monde entier qui viennent de signer cet appel qui reste ouvert à d’autres signataires.

"Il ne manquait plus que cela : le toux-gate";
dit le titre supérieur
En-dessous, la campagne électorale de Macri
dans le secteur du football !
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Les anciens combattants de la guerre des Malouines prennent eux aussi la parole pour condamner Mileí qui a osé, au cours du débat dimanche soir, chanter les louanges de Margaret Thatcher et comparer la guerre de 1982 à un simple match de football ! Tollé compréhensible.

Pendant ce temps, Mileí discute avec Macri et avec Macri seul, lequel semble lui avoir pris des mains les rênes de sa campagne au moment où, de son côté, il tente de reconquérir la présidence de Boca Juniors, le club de foot d’où, il y a plusieurs décennies, il avait lancé sa propre carrière politique. Une trajectoire qui n’a laissé que des souvenirs amers, y compris à ses propres électeurs. Un soutien dont Mileí devrait donc se méfier comme de la peste.

-Qui a gagné le débat ? demande Mileí devant
-Bon ! On pourrait dire que d'une certaine manière, le candidat
de la majorité avait plus de bouteille politique tandis que
celui de l'opposition s'est trouvé coincé d'une manière très intéressante
-Réponds-moi par oui ou par non. Est-ce que j'ai gagné ?
Dessin de Paz et texte de Rudy, Página/12 ce matin
Traduction © Denise Anne Clavilier

Mileí a tenté de se trouver des excuses pour son flop d’avant-hier : il prétend que dans la salle du débat, les partisans de Massa ont toussé pour le déconcentrer. Même à droite, les journalistes et les observateurs n’arrivent pas à prendre ces explications au sérieux. A la rédaction de Página/12, il doit y avoir quelques fous rires dans les couloirs et les bureaux.


© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12 sur le rendez-vous entre Mileí et Macri
lire l’article de Página/12 sur les explications "tussives" de Mileí
lire l’article de Página/12 sur l’appel des universitaires du monde entier
lire l’article de Página/12 sur la réaction des anciens combattants de Malouines
lire l’article de La Prensa sur la déclaration de la sénatrice JxC sur le vote Massa
lire l’article de La Prensa sur le soutien de Lula à Massa
lire l’article de La Prensa sur le soutien de Mujica à Massa
lire l’article de Clarín sur l’appel de la sénatrice JxC
lire l’article de La Nación sur le malaise qui règne à droite

mercredi 26 octobre 2022

Mar del Plata s’apprête à faire sa fête au 7e art [à l’affiche]

Cliquez sur l'image pour une haute résolution


Le 3 novembre 2022, jeudi en huit, le 37e festival international de Mar del Plata lèvera le rideau sur une programmation cinématographique marquée par une très forte représentation de la production argentine et une moindre présence de celle des autres pays.

Néanmoins, les États-Unis, la France, l’Espagne et l’Italie se taillent comme toujours la part du lion pour ce qui est de représenter l’hémisphère nord.

Pour l’Amérique latine, le Chili, le Brésil et le Mexique occuperont une belle place.

Le Japon sera là aussi sous la forme d’une rétrospective Kinuyo Tanaka.

Un hommage à Jean-Luc Godard ouvrira la manifestation avec, sans surprise, la projection de A bout de souffle, le grand classique que toute la presse argentine a cité lorsqu’on a appris la mort du cinéaste franco-suisse.

Aucun film russe. Pas non plus de film ukrainien. En revanche, un court-métrage cubain sera projeté ainsi qu’un long métrage iranien dans la catégorie cinéma d’auteur. Au titre de l’exotisme, les festivaliers pourront découvrir un film australien et un autre issu d’une coproduction argentino-sud-coréenne !

Ce matin, seul Página/12 parle déjà de ce festival encore un peu lointain pour le rapport au temps des Argentins. Les autres journaux vont attendre un peu pour se pencher sur le programme.

Comme tous les ans, ce grand rendez-vous lance la saison culturelle estivale dans la grande station balnéaire argentine qu’est Mar del Plata. Ce sont les prémices de l’été !

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

jeudi 6 octobre 2022

L’initiative footeuse lusitano-hispanique fait de l’ombre au Cono Sur [Actu]

Photo EFE


Hier, les comités d’organisation de la Coupe du monde de Football 2030 du Portugal et de l’Espagne ont présenté officiellement leur candidature jointe en y associant... l’Ukraine. Le secret avait été bien gardé, tout comme celui de l’actuelle contre-offensive, et la surprise est totale.

En Argentine, ça n’a pas vraiment fait sourire car cette candidature multiple, en plus avec l’Ukraine, pourrait bien faire de l’ombre au projet conjoint que l’Argentine, le Chili, le Paraguay et l’Uruguay avaient présenté et soigné aux petits oignons dès le mois d’août ! La crainte que la concurrence européenne suscite témoigne au moins que, malgré le peu d’allant de ces pays à soutenir la cause de l’Ukraine, celle-ci n’en a pas moins acquis, qu’on le veuille ou non, un prestige tel qu’il sera difficile d’y résister.

Les quatre pays pourraient l’avoir très mauvaise si la candidature européenne était en effet retenue : ils s’étaient associés pour présenter un projet très solide et s’assurer de célébrer comme il le fallait le centenaire de la compétition, dont la première édition s’était tenue, en 1930, en Uruguay en l’honneur du centenaire de l’indépendance du pays (acquise en 1830) et que toute l’Europe, furieuse que le championnat se joue hors du Vieux Continent, avait boycottée, sous prétexte que c’était la crise et que le voyage était trop cher ! Or à cette époque, la quasi-totalité de l’Asie et de l’Afrique était encore colonisée. En dehors de l’Europe et de l’Amérique latine, il n’y avait donc pas beaucoup de nations footeuses ! L’Uruguay a remporté sa première étoile cette année-là, contre l’Argentine, mais le pays et le continent tout entier n’ont toujours pas digéré la bouderie européenne.

Et voilà que cela recommence ! Et qui plus est, le coup vient de l’Espagne et du Portugal, les deux anciennes puissances coloniales du continent !


Et pour couronner le tout, les Ukrainiens ont encore réussi un coup de maître dans la communication internationale et le soft power : vous avez vu ce logo ?

© Denise Anne Clavilier
www.barrio-de-tango.blogspot.com


Pour aller plus loin :

lire le communiqué minimaliste d'Ukrinform, l’agence de presse ukrainienne (le lien renvoie au texte en anglais, mais vous pouvez l’avoir sur le site dans d’autres langues).

jeudi 25 août 2022

Soirée d’hommage ce soir à la Academia Nacional del Tango [à l’affiche]


Ce soir, jeudi 25 août 2022, à 19h, la Academia Nacional del Tango se mettra sur son 31 pour fêter deux artistes du tango qui vivent à l’étranger.

Le bandonéoniste et compositeur Daniel Binelli recevra le prix Gobbi de Oro pour l’ensemble de son travail.

La pianiste et cheffe d’orchestre Polly Ferman se verra décerner le titre de Académica Correspondiente en Valencia, pour le travail qu’elle mène en Espagne, où elle s’est établie.

Comme d’habitude, l’entrée est libre et gratuite, au siège de l’institution, Avenida de Mayo 833.

© Denise Anne Clavilier


lundi 9 août 2021

Un Messi en pleurs écrase toutes les unes dans son pays natal [ici]

"J'ai fait tout ce qu'il était possible pour rester"


Les larmes de Messi, contraint de quitter Barcelone où il vit et travaille depuis vingt ans parce que son club n’a plus les moyens économiques de le garder, a touché les rédactions argentines. L’image est à la une d’à peu près tous les quotidiens du pays et écrase une grande partie du reste de l’actualité.

"Le jour le plus triste pour Messi"
Cliquez sur l'image pour une haute résolution


"Paris de souffrance"


Le supplément hebdomadaire sportif de Página/12, Líbero, l’a mis en vedette ce matin. En revanche, le quotidien sportif du groupe Clarín, Olé, a choisi de ne lui consacrer qu’un titre secondaire.


"Humilité et respect"
Cliquez sur l'image pour une haute résolution

Sur les sites internet des quotidiens, des articles sont consacrés au voyage du roi du ballon rond à Paris avec photos des supporters du PSG attendant aux abords des pistes du Bourget.

Cliquez sur l'image pour une haute résolution

© Denise Anne Clavilier

Pour aller plus loin :