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samedi 2 juin 2018

Le Fado Tango Club fête ce soir ses 10 ans au CAFF [à l'affiche]


La chanteuse Karina Beorlegui et les Primos Gabino, ses musiciens, fêtent ce soir le dixième anniversaire de leur proposition musicale, le Fado Tango Club, qui réunit la culture portugaise et celle du Río de la Plata. Le spectacle est donné ce samedi 2 juin 2018 à 21h, au CAFF, rue Sánchez de Bustamente 772, le rendez-vous du Club depuis ses débuts.

Prix des places : 250 $ ce soir, au guichet du CAFF.
Les places étaient en vente anticipées depuis mercredi au prix de 200 $.

Pour aller plus loin :
lire l'interview de Karina Beorlegui dans Página/12
consulter le profil Facebook du Fado Tango Club.

mardi 25 novembre 2014

Deuxième festival Fado et Tango de Buenos Aires [à l'affiche]


A partir de demain, 26 novembre 2014, et jusqu'à samedi inclus, Buenos Aires fait son deuxième festival de Fado y Tango, pour souligner les cousinages culturels et notamment musicaux entre Buenos Aires et Lisbonne, deux ports fluviaux, à l'extrémité de leur continent respectif.

Le festival se déploiera sur trois lieux différents mais très liés, avec une longue histoire de coopération événementielle : le CCC Floreal Gorini (demain), Corrientes 1543, le Sanata Bar, Sarmiento 3501 (jeudi, avec un master class de guitare portugaise et un micro ouvert de tango chanté), au CAFF, Sánchez de Bustamante 764 (vendredi et samedi, où de nombreux musiciens des deux genres se partageront cette scène autogérée en deux soirées distinctes).

Participent à l'événement la chanteuse Karina Beorlegui, chanteuse de fado et de tango qui appartient à la Ciudad del Tango, au CCC, les chanteurs Cardenal Domínguez, Walter Hidalgo, Cucuza Castiello, Osvaldo Peredo, Luis Filipelli, les guitaristes Los Primos Gabino, Paulo Valentim, Bruno Costa, la pianiste Noelia Sinkunas, les groupes Coimba, Almalusa, Garras dos Sentidos et Fadeiros.
La chanteuse Patricia Slukich représentera le fado tel qu'on le pratique à Mendoza !

Pour en savoir plus :
écoutez l'interview de Karina Beorlegui animée par Leonardo Liberman en espagnol sur Siempre Argentina Conexión Español sur RAE (Radio Nacional), que vous pouvez écouter et télécharger gratuitement sur son blog, El Mirador Nocturno

mercredi 26 mars 2014

Cardenal Domínguez et Ariel Argañaraz invités de Karina Beorlegui aux Surcos [à l'affiche]

Vendredi 28 mars 2014, à 21h, le chanteur Cardenal Domínguez et le guitariste Ariel Argañaraz sont les invités de la chanteuse de fado Karina Beorlegui, accompagnée de Los Primos Gabino, pour une soirée musicale qui mélangera la guitare criolla et la guitare portugaise, à l'espace culturel Los Surcos (les sillons), Gorriti 496, à San Isidro, dans la banlieue nord, un nouveau lieu de rendez-vous pour la movida artistique du Gran Buenos Aires.

Entrée : 80 $ (ARG)



Si vous avez l'occasion d'y aller, profitez-en. Ce sont tous d'excellents musiciens.

vendredi 15 février 2013

Tango et Fado à El Faro pour l'ouverture de la saison [à l'affiche]



Le Bar Notable El Faro, esquina Constituyentes y La Pampa, que vous connaissez bien si vous suivez l'actualité culturelle sur ce blog, ouvre sa saison 2013 ce soir, vendredi 15 février, à 22h, avec un récital de tango et de fado de la chanteuse Karina Beorlegui, qui sera accompagnée comme à son habitude par Los Primos Gabino, un trio de guitares espagnole et portugaise, guitare basse et cavaquinho (petit instrument à cordes pincées typique de la culture précolombienne du Brésil), Nacho Cabello, Juan Pablo Esmok Lew et Esteban Ruiz Barrea.

Droit au spectacle : 40 $ (peso argentin).

mercredi 23 novembre 2011

Le Festival de la República de la Boca édition 2011 [à l'affiche]


Jeudi 24 novembre 2011, débute le Festival de la République de La Boca avec plusieurs concerts répartis sur différents points de ce quartier sud de la capitale argentine.

Toutes les activités sont d'accès libre et gratuit, avec le concours du Secrétariat d'Etat à la Culture (au niveau du gouvernement national). Ce Festival est l'une des nombreuses manifestations organisées par les artistes, avec le concours des pouvoirs publics, pour compenser la politique culturelle en déshérence du Gouvernement de la Ville autonome de Buenos Aires.

Jeudi 24 novembre, au Teatro Catalinas Sur, à 19h30, une soirée à laquelle participeront différentes formations et solistes, Amores Tango, Orquesta Atípica Catalinas Sur, Ballet Folklórico Nacional, la chanteuse Karina Beorlegui accompagné par los Primos Gabino et la chanteuse Jacqueline Sigaut.

Au Malevaje Arte Club, à 23h30, une soirée de nuit blanche avec les chanteuses María Volonté et Lulú (qui sera accompagnée par le groupe Las guitarras Saavedrinas), le Cordal Trío et ainsi de suite jusqu'à plus soif...

Vendredi 25 novembre, au Malevaje Arte Club, dans le cadre du cycle Tangos Contaminados (tangos pollués, une série de concerts dont j'ai déjà parlé dans ces colonnes) : à 17h30, en présence de Nelly Omar (rien que ça), Leopoldo Federico et l'historien Osvaldo Bayer, inauguration de l'Ecole Populaire du Tango de La Boca, suivie à 19h par une conférence sur l'anarchisme (une grande tradition intellectuelle et politique à La Boca), par Osvaldo Bayer, intitulée (ça se traduit tout seul) Whiskeando con Bayer.

Au Teatro Verdi, à 17h, plusieurs cours de tango-danse à plusieurs niveaux (et plusieurs professeurs), suivi à 21h par la Gran Milonga del Festival, musicalisée par le DJ Marcelo Rojas, avec la participation des champions portègnes de l'année, Natalia Almada et Pedro Ochoa, et des interventions en direct de plusieurs formations (Quinteto Negro La Boca, Tras Cartón, Orquesta Típica La Vidú, Orquesta Típica Esquina Sur).

La suite, samedi et dimanche, fera l'objet d'un autre article avant la fin de la semaine. Il y a trop de participants pour que je puisse intégrer tous les mot-clés dans l'espace prévu à cet effet par Blogger...

Pour plus de détails, visitez le site Internet du Festival.

mercredi 15 juin 2011

Retour de Alejandra Radano à Clásica y Moderna, avec Delirio Gaucho [à l'affiche]

Les vendredis 17 et 24 juin 2010, à minuit et demi, la chanteuse, danseuse et comédienne Alejandra Radano que les Français ont découvert grâce aux spectacles d'Alfredo Arias, créés au Théâtre du Rond-Point à Paris en novembre 2009, revient à Clásica y Moderna, Callao 892, avec un tour de chant de chansons sud-américaines, de tangos, de valses et de monologues, intitulé Delirio Gaucho. Elle sera accompagnée par Los Primos Gabino, les guitaristes Nacho Cabello, Juan Pablo Esmok Lew et Esteban Tibi Ruiz.

C'est tard mais le talent n'a pas d'heure, surtout à Buenos Aires...

mercredi 2 juin 2010

Alejandra Radano à Clásica y Moderna tous les lundis de juin [à l'affiche]

Le public parisien a pu apprécier cet automne et cet hiver les talents multiples de cette artiste complète, tout à la fois comédienne, chanteuse et danseuse. Alejandra Radano jouait au Théâtre du Rond-Point dans la trilogie montée par Alfredo Arias et prolongée jusqu'à la mi-janvier (voir mes articles sur ce triple spectacle). Elle était la femme fatale de Trois tangos, l'affreuse chanteuse flamenca et la Malena bovine de Tatouage et l'une des deux meneuses de revue de Cabaret... Deux des volets de cette trilogie, Tatouage et Cabaret, seront d'ailleurs repris en avril au Théâtre du Rond-Point.

Et pour le moment, Alejandra Radano se produit donc dans ce Bar Notable du sud de Recoleta, tous les lundi du mois, à 21h30, dans un spectacle intitulé Delirio Gaucho, où elle sera accompagnée par les guitaristes du groupe Primos Gabino (les cousins Gabino), à savoir Nacho Cabello, Juan Pablo Esmok Lew et Esteban Tibi Ruiz (que vous connaissez déjà pour leur spectacle de tango et fado présenté au CAFF et qu'ils y reprennent en ce moment même).

Le spectacle est un récital de chansons criollas, de tangos, de valses et de monologues organisé autour d'une idée de Fabián Luca...

A voir !

Clásica y Moderna, Callao 892.

jeudi 17 décembre 2009

Fado et Tango au Parque Centenario [à l'affiche]

C'est le spectacle qui s'est déjà donné au CAFF à plusieurs reprises tout au long de cette année 2009. Demain 18 décembre, à 21h, la chanteuse de tango et de fado Karina Beorlegui, qui a été nommée Prix Clarín comme Révélation du Tango 2009, et les Primos Gabino (Juan Pablo Esmok Lew, Nacho Cabello et Esteban Tibi Ruiz à la guitare, au guitarrón et à la guitare portuguese) se produiront donc à l'Amphithéâtre Eva Perón, au Parque Centenario, pour la clôture de leur première saison.
La soirée sera présentée comme toujours par Luis Alposta, dont je vous ai traduit, dans un article du 10 octobre, l'intégralité d'un des laïus de cette série. Le groupe Fadeiros, des Argentins qui se consacrent à la musique portugaise, et Walter Hidalgo, qui est chanteur et bandonéoniste qui travaillent souvent avec des grands artistes de fado au Portugal, se joindront à la fête.

La soirée est parrainée par l'Ambassade du Portugal en Argentine et la Direction de la Musique de la Ville de Buenos Aires. L'entrée est libre et gratuite (pourvu qu'il ne pleuve pas !).

La soirée est placée sous la devise :

Un puerto musical donde las distancias no existen
Un port musical où les distances n'existent pas

Pour mieux découvrir ces artistes, il faut visiter leurs pages respectives :

la page Myspace partagée par Karina Beorlegui et Los Primos Gabino
la page Myspace de Fadeiros
le site internet de Karina Beorlegui

samedi 10 octobre 2009

Tango et Fado ce soir au CAFF [à l'affiche]

Copie d'écran du mail envoyé par le CAFF

Il s'agit de la troisième soirée 2009 sur ce même thème au CAFF, le Club Atlético Fernández Fierro, nom de la salle dont dispose la Orquesta Típica Fernández Fierro au coeur du quartier de l'Abasto (rue Sánchez de Bustamente 764). Cette soirée réunira Karina Beorlegui, les Primos Gabino (cousins Gabino) et Walter Hidalgo, à 22h, pour un prix d'entrée fixé à 25$ si vous achetez votre place à l'avance (à la Disquería El Atril, l'espace disques à l'entrée de la librairie Ghandi, esquina Corrientes y Callao, très facile à trouver), et à 30 $ si vous achetez votre place le jour même, à l'entrée de la salle.

La dernière soirée du même type avait eu lieu le samedi 8 août. Mais prise par mes préparatifs de voyage, je n'avais pas eu le temps de vous en parler avant de m'envoler vers Buenos Aires. Pourtant le présentateur (de luxe) de la soirée m'avait communiqué le texte de sa présentation. Je vous la traduis ci-dessus (avec retard mais le coeur y est)...
Ce présentateur de luxe n'est autre que le poète et essayiste Luis Alposta.
Acerca del tango y el fado
Esta noche quiero recordar, por venir a cuento, los nombres de cinco géneros musicales que, hermanados espiritualmente, nacieron prácticamente en la misma época y en distintos países. Ellos fueron gestados a lo largo del siglo diecinueve. Y esos cinco géneros musicales son: el fado, el flamenco, el tango, el blues, que yendo más allá de lo azul significa tristeza, y el rebético, nacido en Atenas, y que en lo relativo a penas y nostalgias no le va en saga a los otros cuatro.
(Luis Alposta)

Au sujet du tango et du fado
Cette nuit, je veux rappeler, pour aborder le sujet tout de suite, les noms de cinq genres musicaux qui, frères dans leur esprit, sont nés pratiquement à la même époque et dans des pays différents. Leur gestation a duré pendant tout le 19ème siècle. Et ces cinq genres musicaux sont : le fado, le flamenco, le tango, le blues, qui, pour aller plus loin que le bleu
(1) signifie tristesse, et le rébétiko, né à Athènes (2), et qui pour ce qui est du chagrin et de la nostalgie n'a rien à envier aux quatre autres.
(Traduction Denise Anne Clavilier)
Pero hoy me habré de referir tan sólo dos de ellos, que son el fado y el tango.
Y empecemos ya por intentar una definición de este último:
¿Qué es el tango?
El tango es, esencialmente, un arte de síntesis.
Puede ser una sinfonía, un ballet de pareja abrazada, una novela existencial musicalizada o las tres cosas juntas, sin necesitar para eso más de dos o tres minutos. [...]
(Luis Alposta)

Mais aujourd'hui je n'aurais à me référer qu'à seulement deux d'entre eux, le fado et le tango.
Alors commençons déjà par tenter de définir ce dernier :
Qu'est-ce que le tango ?
Le tango est , par définition, un art de la synthèse.
Il peut être une symphonie, le ballet d'un couple qui s'étreint, un roman existentiel mis en musique ou les trous à la fois, sans qu'il soit besoin pour autant de plus de deux ou trois minutes
. [...]
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Si bien nació alegre y retozón, entre cortes y quebradas, ha sido con el tiempo, y ya con letra y bandoneón incorporados, que nuestra música ha ido perdiendo su originario carácter compadre y bullanguero, para pasar a adoptar una modalidad temperamental severa y cadenciosa.
Y han sido sin duda bandoneón y letristas los artífices de esa radical transformación anímica, que contribuyó a forjarle después un carácter quejumbroso y sentimental.
Me estoy refiriendo al tango y, en este punto, ya tengo la impresión de estar hablando del fado. Y eso sin entrar a detallar los nombres de los cuatro que grabó Gardel o los doce que incorporó a su repertorio la voz sentimental de Buenos Aires, que fue Agustín Magaldi.
(Luis Alposta)

Il a beau être né joyeux et cabriolant, parmi les cortes et les quebradas (3), il s'est trouvé que le temps passant, et déjà avec paroles et bandonéon intégrés, notre musique a perdu peu à peu son caractère originel fier à bras et exubérant pour en venir à adopter une modalité assagie, sévère et cadensée.
Et n'en doutons pas, ce sont le bandonéon et les écrivains
(4) qui furent les vecteurs de cette transformation anémique et radicale, qui a contribué à lui forger par la suite un caractère plaintif et sentimental.
Je fais allusion ici au tango et, arrivé à ce point, j'ai l'impression de parler du fado. Et ce, dans entrer dans les détails des noms des quatres fados qu'enregistra Gardel ni des douze qu'a intégré dans son répertoire la voix sentimentale de Buenos Aires, que fut Agustín Magaldi.
(5)
(Traduction Denise Anne Clavilier)
Pero... ¿qué es el fado?
El fado es música de melancolías y soledades. El fado es destino que tiene como clave emocional la saudade, una esencia de la que los portugueses hicieron símbolo de identidad.
El fado, sin ser “ni alegre ni triste”, como decía Pessoa, es expresión de los estados del alma, de lo que se siente al reír o al llorar.
(Luis Alposta)

Or donc qu'est-ce que le fado ?
Le fado est une musique de mélancolies et de solitudes. Le fado, c'est une destinée qui a pour clé du ressenti la saudade, quelque chose d'essentiel, d'ontologique, dont les Portugais
(6) ont fait le symbole de la identité.
Le fado, sans être ni gai ni triste, comme disait Pessoa, eest une expression des états d'âme, de ce que l'on sent lorsque l'on rit ou lorsque l'on pleure
.
(Traduction Denise Anne Clavilier)
Entre fado y tango se dan en comunión el haber tenido cuna en barrios marginales, y hasta canallescos, y el haber llegado, ambos, a convertirse en músicas universales. De la taberna al mundo. Tales sus sinos, sus hados, sus destinos.
El fado es guitarra y es canto. Sigue siendo la voz de Amalia Rodrigues en la magia del disco.
(Luis Alposta)
Entre le fado et le tango, il y a en commun le fait d'avoir pour berceau les quartiers marginaux et même quelque peu crapuleux et le fait d'avoir réussi, tous deux, à se transformer en musiques universelles. De la gargotte au monde entier. Tels sont leur étoile, leur fée (7), leur destinée.
Le fado c'est la guitare et le chant. Le fado continue d'être la voix d'Amalia Rodrigues grâce à la magie du disque
.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Y esta noche, es la presencia y el arte de Karina Beorlegui, quien ha realizado exitosas presentaciones en escenarios no sólo del país sino también del extranjero, y los Primos Gabino, trío de guitarra, guitarra portuguesa y cavaquinho, integrado por Nacho Cabello, Tibi Ruiz y Juan Pablo Esmok Lew, tres músicos que, magistralmente, abordan ambos géneros.
Con ustedes, los artistas.
(Luis Alposta)

Et cette nuit, c'est la présence et l'art de Karina Beorlegui, qui a réalisé des présentations en scène couronnées de succès non seulement dans ce pays mais aussi à l'étranger et les Primos Gabino, un trio de guitare, guitare portugaise et cavaquinho (8) composé de Nacho Cabello, Tibi Ruiz et Juan Pablo Esmok Lew, trois musiciens qui, magistralement, abordent les deux genres.
On vous écoute, vous les artistes
.
(Traduction Denise Anne Clavilier)

Et maintenant vous n'avez plus qu'une alternative : ou vous êtes à Buenos Aires et vous réservez votre soirée pour aller écouter ce troisième volet de cette série passionnante (saluez Luis Alpsta de ma part, dans ce cas) ou Buenos Aires est trop loin et vous vous fabriquez votre propre concert en suivant les indications données par la présentation de Luis avec ce que vous avez sous la main dans votre discothèque. C'est fou ce qu'on apprend avec ce jeu-là !

(1) azul (bleu) en espagnol (à peu près partout dans l'aire hispanophone), c'est un synonyme de perfection, de réussite telle qu'il n'en existe que dans nos rêves... El principe azul, c'est notre prince charmant. La nota azul que le compositeur cherche lorsqu'il invente une mélodie, c'est la note exacte, celle qui correspond à ce qu'il a en tête pour exprimer ce qu'il veut exprimer... Nous aurions tendance en français à utiliser le rose dans un sens similaire : "voir la vie en rose", "être sur un petit nuage rose".
(2) Luis Alposta vient d'achever un gros travail avec Daniel Melingo autour des thématiques du rébétiko. Il était en plein travail là-dessus quand je l'ai connu en août 2008. Il m'en avait montré quelques textes, en super-avant-première. Une poésie très rude comme la réalité dont elle parle, la réalité carcérale, la réalité des laissés pour compte de nos sociétés fondées sur l'économie de marché. J'imagine que Daniel Melingo introduit tout ou partie de ce travail sur son prochain disque qui est en cours d'enregistrement. Quelques temps avant sa mort, Alorsa avait fait des traductions en espagnol d'authentiques rébétikos athéniens pour Daniel (la famille d'Alorsa est d'origine grecque et il avait conservé un lien très fort avec la langue de ses ancêtres et avec la culture grecque).
(3) Cortes y quebradas : figures choréographiques très osées dans les années 1900 (il s'agissait de glisser une jambe entre celles de la ou du partenaire pour casser le mouvement). Après l'introduction du tango à Paris, au milieu des années 1900, le tango gagna à Buenos Aires une population plus rangée, moins marginale que celle des débuts du genre. Et les cortes et quebradas étaient très mal vus. Francisco Canaro raconte dans ses Mémoires que celui qui voulait faire le malin en glissant une quebrada au nez et à la barbe des responsables de la fête, dans les milongas de patio, les bals que les particuliers organisaient chez eux pour un anniversaire, un mariage, un baptême, se faisaient rudement tancer et s'ils recommençaient, ils se faisaient mettre proprement à la porte par le maître de maison. Aujourd'hui, les cortes et les quebradas s'apprennent dans tous les cours de tango mais il faut déjà posséder une technique assez solide pour le faire sans se faire mal au dos. La mauvaise technique en tango est une cause importante de lombalgies diverses et variées chez les danseurs trop ambitieux pour leur niveau.
(4) Luis Alposta parle de letrista, que je me refuse à traduire par le mot parolier. Chez nous, dans la chanson francophone, les textes sont souvent assez inconsistants. Employer le mot parolier, qui convient tout à fait aux auteurs de nos chansons, seraient assimilés le contenu des tangos à ces rengaines qui font pâle figure à côté de la profondeur et de la beauté des letras de tango, à partir de Pascual Contursi. Ou alors il faudrait que la chanson francophone ne connaissent (mais c'est loin d'être le cas) que des Jacques Brel, des Georges Brassens, des Eddy Mitchell, des Felix Leclerc, des Julos Beaucarne, des Jean Ferrat ou des Gilbert Lafaille (lui, on ne le connaît pas beaucoup et on a bien tort. C'est un très grand, Gilbert Lafaille).
(5) Agustín Magaldi (1898 - 1938). La voz sentimental de Buenos Aires, c'était son surnom. Il s'agit d'un chanteur qui fut très célèbre et très populaire en son temps. Il s'accompagnait lui-même à la guitare comme le faisait Gardel à la même époque. Comme lui il est mort très jeune, à quelques années de distance. Et la gloire de Gardel fait qu'aujourd'hui, il n'est connu que des gens cultivés, que des vrais tangueros qui connaissent leur affaire, comme c'est le cas de Luis Alposta et en général du public du CAFF (comme du public du CCC, du Torcuato Tasso, de Clásica y Moderna, de la Peña del Colorado, de tous ces lieux institutionnels qui font vivre le véritable tango dans la capitale argentine). Agustín Magaldi repose aujourd'hui dans le carré des personnalités artistiques du cimetière de la Chacarita, à côté de Troilo, de Pugliese, de Di Sarli, des frères De Caro, de Quinquela Martín, de Rosita Melo. Mais assez loin de la tombe de Gardel, qui est au milieu des grands caveaux familiaux, dans la partie somptueuse et somptuaire de cette immense nécropole.
(6) Pour les observateurs : vous aurez remarqué que Luis a écrit portugueses avec un p minuscule et que je traduis Portugais avec une majuscule. En Argentine, les adjectifs de nationalité substantivés ne prennent pas la majuscule.
(7) leur fée : Luis parle de hados et non de hadas (fées). Le hado, c'est le destin au sens grec du terme, la fatalité qui vous suit et à laquelle nul ne peut échapper. Dans le contexte, au milieu des trois termes différents (alors que le français ne possède pas autant de nuances dans ce domaine), j'ai préféré tordre un peu le cou au sens littéral et vous livrer une phrase lisible que de partir sur des périphrases sans doute plus fidèles mais vraiment trop peu digestes. Choix cornéliens qui s'imposent aux traducteurs...
(8) Le cavaquinho est un instrument à cordes pincées, qui ressemble un peu à une guitare ou à un luth, une invention portuguaise qui a beaucoup prospéré au Brésil. Il est de la même famille que le ukulelé (qui en serait l'adaptation hawaïenne) ou le charango qui est devenu l'instrument des peuples précolombiens d'Argentine, du Paraguay, de la Bolivie.