vendredi 3 novembre 2023

Le candidat démocratique est allé à la pêche à Mar del Plata [Actu]

"Comme au cinéma" dit le gros titre
avec l'image de Massa posant avec le collectif
Cinéma argentin uni pour la démocratie
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Lourde journée hier pour Sergio Massa qui a d’abord assisté à la séance solennelle du Congrès qui a confirmé les noms des deux candidats admis au second tour avant de partir pour Mar del Plata, à plus de 300 km au sud de Buenos Aires pour assister à l’ouverture du festival, rencontrer le collectif des gens de cinéma qui militent pour maintenir et développer l’investissement public dans le 7e Art puis dîner avec des chefs de petites et moyennes entreprises dans un grand hôtel pour des échanges sur les réformes dont a besoin le secteur.

La photo montre l'hémicycle hier pendant le vote
Massa est dans la galerie, très digne, déjà présidentiel
Mileí est juste en-dessous, près de la porte, adossé au mur
A droite, un titre secondaire annonce qu'il persiste dans son
idée d'abandonner le peso au profit du dollar et que des tensions
se font jour entre lui et Macri
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Il a ainsi récolté de nouveaux soutiens publics à sa candidature tandis que son adversaire continue à s’enferrer dans ce qui semble bien être ses éternelles impasses comme la disparition de la Banque centrale et le passage au dollar au détriment de la devise nationale. Par ailleurs, l’association des professeurs de droit pénal des universités nationales d’Argentine vient de publier un communiqué où ces juristes appellent à voter pour lui et à écarter Mileí et son programme de recul social et politique.

"Avec Mileí, il n'y aura plus une seule PME en vie",
dit ce gros titre, citant le président de la Confédération
Générale Economique de la province de Buenos Aires
qui a reçu hier à dîner le candidat-ministre de l'Economie
Une de l'édition de Página/12 à La Plata
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Fait notable : sous le titre L’espérance l’a emporté sur la rage, La Prensa, qui d’ordinaire ne relaie pas la parole des candidats de ce côté-là du spectre politique, publie l’interview que Sergio Massa lui a accordée hier à Mar del Plata.

"Massa promet aux entrepreneurs de travailler
toujours avec du bon sens", dit le gros titre
sur une photo du candidat au Festival de Cinéma
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De l’autre côté, Mileí vient de recevoir un autre appui ignoble : celui de Sandoval, ce criminel de la dictature qui s’était fait oublier en France où il a fait une belle carrière universitaire et obtenu la nationalité avant d’être extradé en Argentine et d’y être condamné à une lourde peine de prison qu’il purge actuellement. C’est de sa cellule qu’il a lancé son appel à voter pour le candidat libertaire et néofasciste. Lire à ce propos l’article de Página/12.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de une de Página/12 intitulé : L’attaque contre la culture est un tir contre l’âme des Argentins
lire l’article de Página/12 sur le message de Massa aux patrons de PME
lire l’article de Página/12 sur la prise de position des pénalistes universitaires
lire l’interview de Sergio Massa dans La Prensa
lire l’article de La Nación sur la visite de Massa au Festival international de cinéma de Mar del Plata

Ajouts du 8 novembre 2023 :
Un collectif de musiciens appelle à voter contre Mileí. Lire à ce sujet l’article de Página/12
Finalement, Mileí a décidé de déserter la rencontre prévue avec les industriels : la UIA, l’union des industriels d’Argentine, qui ont déjà fait savoir les craintes que leur inspirait le programme frappa-dingue du libertaire, avait invité les deux candidats à deux dîners successifs au Cercle Rouge, leur siège. Seul Massa s’y rendra, comme il le fait avec tous les secteurs de la société quand Mileí ne va que là où il est à peu près sûr d’être bien reçu. Une tactique qui pue la lâcheté et conduit rarement à la victoire électorale, sauf aux États-Unis quand c’est celle de Trump.
Pour aller plus loin :
lire l’article de Página/12


Mileí a aussi renoncé à son déplacement d’hier à Bahía Blanca, une station balnéaire du sud de la province de Buenos Aires, où trop peu de ses partisans avaient annoncé leur présence. La plupart d’entre eux sont en effet des élus (et ils ne sont pas nombreux dans ce cas) et il y a du travail parlementaire à Buenos Aires.
Lire à ce sujet
l’article de Página/12.


Au même moment, un scandale éclate dans la presse de droite : il pourrait éclabousser l’actuel gouvernement, notamment le président, la vice-présidente et plusieurs parlementaires de leur majorité : il y aurait en effet existé un programme d’écoutes illégales et clandestines au détriment de juges chargés des dossiers dans lesquels Cristina Kirchner est inculpée. Il faut toutefois se montrer très prudent avec cette information d’abord parce qu’elle sort à un moment un peu trop opportun pur être honnête alors que la droite a déjà perdu l’élection en s’en faisant éjecter dès le premier tour (pour la première fois de son histoire) et en ayant bien du mal à imposer son accord bancal avec Mileí et parce que ce genre de manœuvre frauduleuse a bel et bien été pratiquée par Mauricio Macri qui devrait avoir à en répondre devant la justice (il a fait espionner des journalistes, des avocats et des ayant-droit des sous-mariniers morts en mission à bord du San Juan, façon écoutes de l’Elysée).

Ajout du 11 novembre 2023 :

Quarante-cinq personnalités politiques, morales et culturelles du monde principalement hispanophe viennent d’appeler les Argentins à voter pour Sergio Massa pour «poner un freno a las posturas antidemocráticas de Milei y a sus propuestas neoliberales que en el pasado han resultado letales para la sociedad argentina y toda la región» : pour freiner les postures antidémocratiques de Mileí et ses propositions néolibérales qui par le pasé ont donné des résultats mortels pour la société argentine et toute la région (traduction © Denise Anne Clavilier).
Enrico Letta, ancien président du Conseil de la République italienne, Anne Hidalgo, maire de Paris d’origine espagnole, Yanis Varoufakis, économiste et ancien ministre de l’Économie de la République hellène, ont également signé cette lettre ouverte ainsi que deux personnalités brésiliennes, dont le théologien Léonardo Boff (notons que Mileí a d'ores et déjà annoncé, entre autres folies furieuses, que s'il était élu, il romprait les relations diplomatiques avec le Brésil, dont il estime qu'il est tombé dans le communisme avec le retour de Lula au pouvoir).
Pour en savoir plus loin :
lire l’article de Página/12

Ajout du 13 novembre 2023 :
Une poignée d’anciens chefs d’État ou de gouvernement de droite appuie la candidature de Mileí. Lire à ce propos l’article de La Prensa

jeudi 2 novembre 2023

Ouverture du Festival de cinéma de Mar del Plata [à l’affiche]

Affiche du festival
Elle reprend à gauche l'emblème de l'Argentine : el sol de Mayo
(le soleil de mai)
C'est aussi celui de la plage, de l'été et les faisceaux de lumière du projecteur


Cette année, le festival a pour thème les quarante ans de la démocratie en Argentine. Il se tient du 2 au 12 novembre 2023 à Mar del Plata, la cité balnéaire et portuaire la plus importante du pays.

Plusieurs compétitions entrent en jeu : une sélection internationale, une autre latino-américaine et une sélection du cinéma argentin, entre autres.

L’ouverture se fera ce soir avec la projection de la version restaurée d’un film de 1962, Hombre de la Esquina Rosada, basée sur une nouvelle qui relate un fait divers lié à la célébration du premier Centenaire du pays en 1910.

Les projections auront lieu dans cinq salles, dont le Teatro Colón, le grand théâtre local, où les places seront gratuites.

Une du supplément culturel de Página/12
"Films en contexte"
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Pour représenter la France, il y aura comme pièces de collection parmi d’autres le Jeanne d’Arc de Dreyer et La Grande Illusion de Renoir. En plus des films, anciens ou actuels, le festival propose des tables-rondes, des conférences, des présentations d’ouvrages, des ateliers, des programmes de courts et de moyens métrages, bref tout ce qui fait ce rendez-vous des cinéphiles argentins de début du printemps, pour lancer la saison touristique dans la ville qui vit naître Piazzolla.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

Massa gagne des soutiens, Mileí perd les siens [Actu]

(Boisson sanglante)
On sent que les beaux jours arrivent
et que ce vin aux fruits est déjà de saison !
En haut, sous le titre "Mercado Pago", un article
sur le commerce d'organes que Mileí veut instituer
avec cette femme, sa promotrice, comme ministre des Affaires étrangères
Le titre parodie le nom d'une grande plateforme argentine de vente en ligne
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Il est probable que les politiques élus sous l’étiquette LLA (la libertad avanza), le pseudo-parti de Javier Mileí, n’avaient pas vraiment envie d’arriver aux affaires mais plutôt de ficher le bazar partout dans les institutions et de s’en amuser. En effet, ils viennent en grand nombre d’annoncer qu’ils se désolidarisaient de leur leader parce qu’il a conclu un accord électoral avec Mauricio Macri « pour de simples raisons électoralistes ».

Comme si pour gagner un second tour, Mileí aurait pu faire autrement que de s’allier à l’autre candidat de droite arrivé derrière lui au premier tour.

On assiste donc de ce côté-là à un sauve-qui-peut qui ferait un très bon gag dans un vieux film de Woody Allen !

Pendant ce temps-là, le candidat arrivé en tête, Sergio Massa, encaisse les soutiens et les déclarations hostiles à son opposant. Página/12, toujours capable de faire de l’humour, même dans l’angoisse qui étreint ce côté du spectre politique argentin, s’en amuse ce matin en une.

"Mileí et Massa s'affrontent au sujet de la
proposition d'un marché d'organes", dit le gros titre
En-dessous, les supporters de Boca Juniors sont à
Rio, à Copacabana, pour voir jouer leur équipe
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L’ancien ministre de la culture de Mauricio Macri, Pablo Avelluto, vient de marquer, non sans un brin d’humour, son désaccord avec le rapprochement entre ce qui fut son mouvement et celui du demi-dingue échevelé qui prétend représenter le libéralisme avec des positions outrancières qui puisent dans le répertoire fasciste et antisocial. L’ancien ministre parle de la drogue anti-kirchneriste à laquelle il dit s’être shooté pendant longtemps avant de s’en sevrer en s’apercevant que cela ne faisait pas avancer le schmilblik. Qui plus est, il a appris que depuis sa prison, l’un des condamnés pour crimes contre l’humanité pour sa participation à la répression militaire de la dictature appelait précisément à voter pour Mileí. Avelluto appelle donc à ne surtout pas choisir ce bulletin, lui qui se souvient de son adolescence sous le régime putschiste. Il annonce qu’il ira voter et qu’il votera blanc.


"Il n'y a pas de place pour la neutralité", dit le gros titre
sur cette photo de la présidente du parti socialiste
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Après plusieurs jours de réflexion, le parti socialiste, lui aussi traditionnellement et sévèrement hostile au péronisme, appelle à voter non pas blanc mais pour Sergio Massa.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de une de Página/12
lire l’article sur Pablo Avelluto dans Página/12 : « Pablo Avelluto, il était macriste mais il se soigne »
lire l’article de Página/12 sur le parti socialiste (édition de Rosario)

mercredi 1 novembre 2023

Le barrage se met en place : artistes, intellectuels et politiques appellent à voter Massa [Actu]

"Ensemble, c'est de la dynamite", dit le gros titre
avec des photos de Patricia Bullrich et de Javier Mileí
En haut à droite, l'amorce d'un article
sur les déchirements à l'intérieur de l'équipe de Mileí
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Il aura donc fallu dix jours (après le KO debout des résultats du premier tour) et le quarantième anniversaire de l’élection de Raúl Alfonsín, le président du retour à l’ordre démocratique et constitutionnel, sans parler de nombreuses déclarations aberrantes et stupides au dernier degré de Patricia Bullrich, du candidat à la présidence Javier Mileí et de sa co-listière, candidate à la vice-présidence, Victoria Villaruel, une négationniste des crimes de la dictature militaire proche de Vox (l’extrême-droite xénophobe espagnole), pour que se forme (enfin) un front unique en vue de faire barrage à la candidature libertaire et néofasciste de celui-ci avec divers appels à voter pour Sergio Massa qui proviennent de tous les côtés de l’éventail politique argentin.

Depuis le début de la semaine, des pétitions de toutes origines sont publiées en ligne et dans les journaux. Des réunions publiques se tiennent désormais avec la participation d’intellectuels et d’artistes connus pour leurs prises de positions anti-péronistes antérieures. Ils sont désormais très nombreux à argumenter en faveur du vote blanc et même, pour certains et parmi les plus éminents, en faveur de la candidature de l’actuel ministre de l’Economie en mettant en avant le bien de l’État de droit en Argentine, le futur économique et politique du pays, sa réputation à l’étranger et la démocratie. Il était temps. Il est vrai que les Argentins n’ont que quarante ans de recul en matière de vie démocratique. En Europe, nous avons une plus longue expérience en la matière.

En haut : la suite de la campagne de S. Massa (3e à partir de la droite)
qui adapte les allocations aux inactifs et propose
à l'organisme patronal des PME industriels et manufacturières
de rejoindre son équipe gouvernementale s'il est élu
La Prensa est un journal de l'ultra-réaction catholique
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Une des leaders des mouvements politiques qui forment ou formaient Juntos por el Cambio (JxC), la sociale-démocrate Margarita Stolbizer, peu représentative sur le plan électoral mais forte d’une honnêteté intellectuelle que tout le monde peut lui reconnaître dans le combat politique, n’a pas encore franchement appelé à voter pour Massa mais elle lui a promis une coopération sans faute au Congrès si, élu le 19 novembre, il proposait une politique cohérente de développement économique.

Clarín reste très opposé à Massa et lui chercher toute sorte de défaut
Il ne peut toutefois pas passé sous silence l'adhésion d'une partie
importante du parti le plus antipéroniste, les radicaux, à sa candidature
(titre secondaire à droite à la hauteur de la photo de une)
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Le président de la société de fret ferroviaire a rappelé publiquement la catastrophe qu’a représenté pour le pays la privatisation du chemin de fer en Argentine sous Carlos Menem dans les années 1990, alors que Mileí a promis de tout reprivatiser. Il insiste sur la nécessité d’un fort investissement de l’État dans ce secteur, comme le montre l’expérience du développement partout dans le monde.

A La Plata, un conseiller municipal de JxC a pris position publiquement contre le maire sortant de sa propre couleur politique parce que celui-ci refuse de reconnaître sa défaite devant son adversaire UxP (Unión por la Patria) qui a pourtant bel et bien gagné l’élection, même si la différence entre eux est seulement de quelques centaines de voix : il l’accuse de porter atteinte à la démocratie en s’accrochant ainsi à un pouvoir qu’il a perdu dans les urnes.

Le maire radicale d'une ville de la province de Buenos Aires
appelle à voter Massa
une de l'édition provinciale de Página/12 ce matin
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De l’autre côté, à droite et chez les libéraux, respectables ou extrémistes, le spectacle est lamentable entre Mileí qui insulte la mémoire de Raúl Alfonsín, sa co-listière qui s’enferre dans ses calomnies contre les associations de victimes de la dictature militaire et Patricia Bullrich qui, en direct sur un plateau de télévision, a formulé très clairement il y a deux jours son souhait que l’économie de l’Argentine vole en éclats avant le second tour pour que cela profite à son poulain. Certes quelques minutes plus tard, elle s’est rendu compte de l’énormité de ses propos et elle a tenté de corriger le tir mais personne, même dans la presse de droite, ne croit à sa rectification. Ajoutez à cela qu’une autre négationniste, Cecilia Pando, plutôt jeune et très connue pour se battre bec et ongles afin de faire libérer les bourreaux de la dictature définitivement condamnés à de longues peines de prison, profite de l’occasion et du chaos pour reprendre du service en déclarant qu’elle espère la victoire de Mileí car elle devrait lui procurer l’élargissement de ses protégés.

Par-dessus le marché, Macri introduit actuellement dans l’entourage de Mileí certains de ses affidés, ceux-là même qui lorsqu’il était président ont monté la politique économique désastreuse qui a conduit le pays dans un nouvel endettement comme il n’en avait encore jamais subi et dans lequel il est en train de se débattre pour éviter la noyage. Au grand dam de l’équipe du candidat qui voit gros comme une maison que cette monstrueuse erreur stratégique pourrait leur valoir la défaite, et qui plus est avec des résultats des plus humiliants.

Un gros titre pour parler du retour progressif
du carburant dans les stations service
Les pétroliers retenaient les livraisons
et Sergio Massa a négocié pour qu'ils arrêtent leur manège
Une de l'édition de Santa Fe de Página/12
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Or tout cela fleurit dans le débat public au moment même où l’ouverture des archives de la CIA permet de comprendre le rôle déterminant et terrible joué par les États-Unis dans la mise en place et le soutien dans la durée des dictatures qui ont ensanglanté l’Amérique du Sud dans les vingt dernières années de la guerre froide.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article principal de Página/12
lire l’article de La Prensa sur l’explosive énormité de Patricia Bullrich à propos de son rêve le plus cher
lire l’article de Clarín sur un ministre des finances de Macri qui se désolidarise des positions de pompier-pyromane de l’ancien président
lire l’article de La Nación sur la prise de position de l’activiste des droits de l’Homme résolument anti-péroniste Graciela Fernández Meijide qui va, elle aussi, voter Massa

vendredi 27 octobre 2023

La présidente du Sénat nous fait visiter la Confitería del Molino [Actu]

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La Confitería del Molino était un superbe monument art-déco abandonné depuis de nombreuses années dur Plaza del Congreso alors qu’elle avait accueilli un restaurant et un salon de thé qui avaient accueilli l’élite politique du pays puisqu’elle se trouve à deux pas du palais du Congrès.


C’est Cristina Kirchner qui a voulu récupérer le bâtiment au sein de la Direction du Patrimoine national pour le restaurer, ce qui a pris des années mais est maintenant chose faite.


Elle a donc fait une visite dans ce témoignage de l’art-déco argentin et en publie des photos sur ses réseaux sociaux. On peut voir le brillant travail des restaurateurs. On attend encore l’ouverture définitive au public de l’établissement.

© Denise Anne Clavilier

Sur la terrasse qui domine Buenos Aires
en arrière-plan : la très belle tour qui fait l'angle du bâtiment
et supporte un peu plus bas les ailes du moulin
(comme au Moulin-Rouge à Paris)

Festival de la Fraise à Florencio Varela [à l’affiche]

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Ce week-end se tiendra sur deux jours la Fiesta de la Frutilla à Florencio Varela, une commune située au sud de Buenos Aires.

Les différents fraisiculteurs des environs y ont rendez-vous pour proposer leurs fruits au public, au milieu de toutes sortes d’activités en plein air.

La manifestation serait reportée à une autre date s’il devait pleuvoir ! C’est le printemps de l’autre côté de l’équateur.

A la mi-novembre, une foire similaire se tiendra dans une petite bourgade rurale de la province de Santa Fe, au nord de celle de Buenos Aires.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Info Cielo (info locale)
lire l’article de Viví el Oeste (info locale)

jeudi 26 octobre 2023

Bullrich a fini le boulot : bouquet final façon JxC [Actu]

Gros titre : "Ça a explosé"
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Avant-hier, au cours d’un très discret dîner à son domicile, auquel il avait invité Javier Mileí et la sœur de celui-ci, l'ancien président Mauricio Macri a entraîné la candidate malheureuse Patricia Bullrich dans ce qui sera la dernière dérive politique et éthique de Juntos por el Cambio (JxC), la coalition électorale et gouvernementale qu’il avait mise sur pied il y a dix ans pour gagner l’élection présidentielle et qui vient de se fracasser sur un échec franc et massif au premier tour.

"Deux pôles idéologiques viennent de naître
autour de Massa et de Mileí", dit le gros titre
avec une image de dessin animé employé hier à la télé
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Hier, toute honte bue, Patricia Bullrich a appelé à voter pour Mileí puis elle est allée sur un plateau télé confirmer cette posture avec force sourires et embrassades avec son adversaire politique devenu son grand copain. La convocation du bureau de JxC avait été repoussée à plusieurs reprises tout au long de la journée et n’a finalement jamais été ni réuni ni consulté. La décision a été arrêtée sans autre forme de procès entre ces quatre convives et eux seuls.

Dans les minutes qui ont suivi la publication de cette position, la coalition s’est dispersée façon puzzle : l’UCR (le centre-droit), Horacio Rodríguez Larreta, actuel chef de Gouvernement de la Ville Autonome de Buenos Aires, et Elisa Carrió, fondatrice de Coalición Cívica, organisation elle-même issue d’une scission antérieure de la UCR, ont fait savoir qu’ils refusaient catégoriquement de vendre ainsi leur âme au diable pour un plat de lentilles ou un portefeuille ministériel. Ils appellent à voter blanc ou, en toute cas, à ne pas voter pour Mileí, dont quelques uns déclarent franchement qu’il met en danger la patrie (ce qui est vrai).

Sont-ils pas mignons, tous les deux,
avec leur allure de jeunes mariés ?
Le gros titre ne rigole pas :
"Le soutien à Mileí divise JxC : Macri et Bullrich
sont pour, la UCR, Larreta et Lilita contre"
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Les neufs gouverneurs déjà élus sous l’étiquette JxC dénoncent eux aussi cette stratégie court-termiste, suicidaire et anti-démocratique de Macri, depuis longtemps séduit par les outrances de Mileí au point d’avoir saboté coup sur coup les deux candidatures présidentielles de JxC, celle de Larreta, éliminé en août, puis celle de Bullrich, éliminée dimanche dernier, faute d’avoir pu lui-même présenté sa propre candidature.

Les critiques fusent de toutes parts et elles sont cinglantes contre l’ancien président, dont c’est sans doute la dernière félonie qu’il commettra à l’égard de ces et de ses alliés, et contre Patricia Bullrich, la candidate battue qui n’a pas su lui tenir tête et a montré par là-même qu’elle aurait fait une exécrable Cheffe d’État.

Là aussi, une image de jeunes mariés
mais nettement moins nunuche.
"Macri et Bullrich soutiennent Mileí
et Juntos por el Cambio se brise"
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Plusieurs journaux publient aujourd’hui les premiers sondages sur les intentions de vote du second tour. Massa creuse l’écart avec son adversaire : il avait huit points d’avance à la fin du dépouillement et il lui en a déjà pris deux supplémentaires. Quant aux électeurs de Mileí, ils lui resteraient fidèles à 91 % seulement tandis que Massa conserve 98 % des siens. Le report des voix semble donc fonctionner en faveur de la démocratie, de l’État de droit et de la souveraineté nationale avec le maintien de l’ensemble des domaines régaliens (monnaie, armée, justice, sécurité, stabilité diplomatique, fiscalité).

Página/12 se frotte les mains : avant-hier, le journal de gauche prévoyait déjà l’explosion de la droite de gouvernement avec un dessin en une. Sans doute la rédaction ne pensait-elle pas voir ses pronostics validés aussi tôt. Elle reprend donc ce matin le même dessin avec un gros titre qui se lit à la suite de celui d’hier. La droite pourrait bien payer très cher la médiocrité de son comportement dans les urnes à la mi-novembre.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :


Ajouts du 27 octobre 2023 :
Pendant que JxC se déchire à belles dents, Sergio Massa affiche tranquillement l’unité de son camp en réunissant autour de lui les 19 gouverneurs élus sous l’étiquette UxP (Unión por la Patria) ou sous celle de partis locaux qui soutiennent UxP au niveau national.
Pour aller plus loin :
lire cet article de une de Página/12
lire cet article de La Prensa

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Pendant ce temps, la UCR prend un peu partout position contre le ralliement de Macri et Bullrich à Mileí. Página/12 en a fait la une de son édition de La Plata, Buenos Aires/12.
Pour aller plus loin :
lire l’article de la une de Buenos Aires/12

"Nous nous positionnerons contre Mileí", dit le gros titre
C'est une déclaration solennelle de la UCR
dans  la province de Buenos Aires
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mercredi 25 octobre 2023

Mama Antula monte aux autels du monde entier : la première sainte argentine [ici]

La sainte par l'un des tout premiers peintres argentins,
Fernando García del Molino, qui ne l'a pas connue
(il est né en 1813, quatorze ans après sa mort,
mais il avait peut-être un modèle sous les yeux)
C'est en tout cas la plus ancienne représentation de Mama Antula
et elle est déjà comme le veut l'imagerie pieuse :
livre en main et croix dans les bras


María Antonia de La Paz y Figueroa, plus connue sous son surnom populaire de Mama Antula, qui lui avait été donné de son vivant par les Indiens quechuas de sa province natale, Santiago del Estero, dans le nord-ouest argentin, est une religieuse issue de la plus haute aristocratie coloniale qui a rétabli, dans ce qui était encore le Vice-Royaume du Río de la Plata, les exercices spirituels de saint Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de Jésus, qui avait été expulsée de tous les territoires espagnols par le roi Carlos III en 1767.

Depuis Santiago del Estero, elle est allée à pied, avec quelques compagnes, jusqu’à Buenos Aires, la capitale vice-royale, pour y implanter ces exercices malgré l’opposition des autorités impériales et religieuses. A Buenos Aires, elle parvint à force de conviction à faire construire une Maison des Exercices telles que les jésuites en avaient partout avant la suppression de leur ordre et comme ils en ont à nouveau dans toutes les provinces ecclésiastiques où ils sont présents, ce qu’on appelle à Buenos Aires la Casa de los Ejercicios. Le bâtiment, à peu près tel qu’elle l’avait imaginé et animé et qui appartient depuis près d’un siècle au patrimoine national, se dresse toujours dans Avenida de la Independencia, du côté du numéro 1000, c'est-à-dire dans le centre historique de la Ville.

Elle a été enterrée dans l’église Nuestra Señora de la Piedad.


La Casa de los Ejercicios photographiée dans les années 1970
Elle appartient au patrimoine national depuis 1942.
On voit très bien ici les différents corps de bâtiment qu'elle a dû
faire construire au fur et à mesure que ses retraites spirituelles attiraient les foules
le tout sur un plan typiquement colonial, comme on en a conservé, hélas,
très peu de témoignages à Buenos Aires

Le Pape vient d’autoriser la publication du décret de reconnaissance du second miracle (guérison physique inexplicable dans l’état actuel des connaissances) attribué à la bienheureuse, béatifiée en 2016.

La congrégation des Filles du Divin Sauveur,
celle qu'a fondée Mama Antula à Buenos Aires,
remercie Dieu et le pape François pour l'élévation
de leur fondatrice aux autels.
La formule finale est une reprise de la devise des jésuites :
Ad Dei majorem gloriam (pour la plus grande gloire de Dieu)
Ce message a été publiée sur sa page Facebook par
l'archidiocèse de Buenos Aires ce matin

La célébration de la canonisation devrait avoir lieu à Rome, place Saint-Pierre, comme le veut la tradition, au début de l’année prochaine, en présence d’une importante délégation argentine dans laquelle il est probable que prendra place le nouveau président, en tout cas si celui-ci est Sergio Massa. En cas de victoire du super-dingue, ce sera difficile eu égard à son torrent d’injures contre le Saint-Père et son mépris affiché pour toute espèce de politique sociale d’assistance aux secteurs défavorisés de la société, une activité traditionnelle de l’Église dont la Sor María Antonió de San José, appelée aussi Beata Madre de son vivant, est l’un des plus beaux témoignages à la fin du 18e siècle(1).

En haut : "Un autre Macri dans notre [chère]
Cité Autonome de Buenos Aires"
En bas : "La première sainte argentine"
sur fond de statue de la sainte, représentée
ici telle qu'on décrit son arrivée à Buenos Aires,
un livre de prière en main et une grande croix dans les bras

Mama Antula devient la première sainte argentine. Elle est aussi l’un des toutes premières grandes figures promotrices des cultures amérindiennes en Argentine (et Dieu sait si c’était audacieux à son époque, surtout pour une femme).

Le pays a déjà deux saints (un prêtre et un infirmier laïc) et plusieurs autres en attente…

Procession d'une effigie de la bienheureuse et sans doute d'une relique
à Santiago del Estero en 2016 à l'occasion de la béatification

La nouvelle arrive à pic juste avant les fêtes de la Toussaint. La journée n’est pas fériée ordinairement en Argentine mais il n’est pas impossible qu’à Santiago del Estero (province de la naissance) et à Buenos Aires (ville du décès) les pouvoirs publics fassent un petit effort pour l’occasion.

© Denise Anne Clavilier


Pour aller plus loin :

lire l’article de Página/12
lire l’article de La Prensa (journal catholique ultra-conservateur)
lire l’article de Clarín
lire l’article de La Nación
lire la dépêche de l’agence de presse de la Conférence épiscopale argentine (AICA).




(1) Mama Antula (1730-1799) a été une guide spirituelle exceptionnelle pour la plupart des futurs révolutionnaires argentins à la tête de la Revolución de Mayo del 1810, qui marqua l’abolition de la vice-royauté et lança le processus politique et militaire qui devait aboutir six ans plus tard à l’indépendance de fait et de droit du pays. La nouvelle sainte a donc une place importante dans la première partie de la biographie que j’ai consacrée à Manuel Belgrano, sous le titre Manuel Belgrano, l’inventeur de l’Argentine, parue aux Éditions du Jasmin en février 2020, à l’aube du Bicentenaire de la mort de ce général, juriste, économiste et homme d’État auquel on doit plusieurs victoires décisives et un drapeau, l’actuel albiceleste qui identifie l’Argentine.

Jorge Macri gagne Buenos Aires par KO [Actu]

Le gros titre dit : "Qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse"
(littéralement : n'importe quel bus lui convient)
Le panneau indicateur des bus ressemble à une grille de loterie
En haut, en vert, la photo du candidat défait
avec ce titre : "Stratégie visant le gouvernement national"
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Après une longue réunion qu’il a eue hier avec Sergio Massa, Leandro Santoro, le candidat à la tête de l’Exécutif de la Ville Autonome de Buenos Aires pour Unión por la Patria, a accepté de se retirer de l’élection municipale dans laquelle, au premier tour dimanche dernier, il était arrivé très loin derrière Jorge Macri, le candidat de la droite libérale, la coalition Juntos por el Cambio, qui avait presque atteint les 50 % + une voix.

Leandro Santoro n’avait en effet aucune chance de remporter le second tour. Il préfère donc jeter l’éponge et recevoir la promesse d’un ministère en cas de victoire de Sergio Massa à l’élection présidentielle. Il semblerait que nombre d’électeurs qui en août avaient voté pour Horacio Rodríguez Larreta, l’actuel chef de Gouvernement de Buenos Aires (équivalent du maire), aient dimanche dernier glisse dans l’urne le bulletin portant le nom de Massa. Patricia Bullrich est décidément imbuvable pour beaucoup de monde !

L'info fait l'objet d'un titre secondaire
en haut de la colonne de droite
Tout en haut à droite, nécrologie d'un chanteur
de rock metal qui revendiquait ses idées fascistes
En gros titre : les manœuvres d'entre deux tours
dans la droite libérale prête à vendre son âme à Mileí
En bas, une saisie spectaculaire chez la maîtresse d'un ancien maire
péroniste du Gran Buenos Aires dans la tourmente depuis quelques semaines
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Jorge Macri a donc célébré sa victoire certes par défaut mais qui n’aurait pas manqué d’advenir dans trois semaines. Un représentant de la famille Macri, très bien placée dans le tissu économique argentin (travaux publics et services financiers), revient donc à la tête de la capitale argentine.

Voilà bientôt vingt ans que ce côté-là de l’échiquier politique règne sur la Ville et creuse l’écart de qualité de vie entre les beaux quartiers au nord et les quartiers populaires au sud. Cet écart se voit à l’œil nu. La culture elle aussi souffre : il n’y en a que pour la culture de l’élite (opéra, musées d’art moderne, écoles privées) tandis que la culture populaire est de plus en plus abandonnée à son triste sort. Il ne paraît guère vraisemblable qu’on assiste à un renouvellement politique avec cet autre Macri, qui a déjà montré ce qu’il savait faire dans ces domaines à la tête d’une municipalité du Gran Buenos Aires.

© Denise Anne Clavilier


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